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23 /07/10


Le mot de la semaine @minitel.net Le monde merveilleux du digital, j’ai eu la chance de baigner dedans toute petite. En 1964, IBM a fait cadeau à HEC d’une machine de la série 360 qui représentait à l’époque le summum de la modernité en termes d’informatique. La machine occupait tout le rez-de-chaussée d’un pavillon de la résidence des élèves, et pourtant la puissance totale de cet ensemble était bien inférieure aux plus petits des ordinateurs portables actuels. Mon papa faisait partie des privilégiés qui ont pu prendre un cours de programmation en utilisant cette machine. La procédure était de perforer son jeu de cartes, puis de le confier à un opérateur qui empilait les programmes des différents élèves dans le lecteur de cartes perforées de l’ordinateur. Le lendemain matin on donnait à l’élève un listing avec les résultats de l’exécution. Au début, les programmes avortaient dès la première ou la seconde ligne. L’erreur corrigée on pouvait 24 heures plus tard exécuter de nouveau le programme jusqu’à la prochaine erreur. Mon papa me dit que la discipline et la capacité d’abstraction nécessaires lui ont été utiles toute sa vie professionnelle. Il a écrit par la suite un des premiers livres de cours de programmation informatique. Moi, ce qu’il ma surtout transmis, c’est son amour des ordinateurs. Je me souviens enfant avoir passé des heures avec mon meilleur ami à écrire mes premiers programmes en logo pour dessiner une fleur ou un cœur, et de notre émerveillement à voir le motif apparaître à l’écran sous les pas de la tortue. Je me souviens de ma première adresse email (catherinelautier@minitel.net) qui me permettait d’avoir de longues conversations la nuit avec mon amoureux américain (@aol.com). J’ai tant aimé ces heures accroupie la nuit devant le petit terminal marronnasse pendant que mes parents dormaient. Je me souviens de mon premier téléphone portable : un Bibop. Je devais escalader le balcon de ma chambre et me pencher comme une folle pour viser le lampadaire à autocollant rayé – le seul à capter dans ma rue. Je mon souviens de mon premier stage chez Super-secretaire.com dans la pépinière de Republic Alley, un été ou toute ma promo partait s’enfermer chez Deloitte. Je portais fièrement un teeshirt avec un gros ‘S’ vert, façon superman, et je passais mes journées à essayer de sauver ce qui pouvait encore l’être avant l’explosion de la bulle. La pépinière tournait au ralenti et les amis de Plantesetjardins.com nous offraient les plantes invendues. Et pourtant quelle passion dans l’immeuble ! Quelle fierté quand j’ai vendu mes premières bannières ! Quelle joie dans le regard du ‘business angel’ qui nous soutenait ! Plus tard il y a eu la première grosse campagne de bannières mise en ligne chez un annonceur, les premiers tests d’efficacité, les premières campagnes ‘virales’ ou ‘sociales’… Combien de temps passé à taper F5 pour rafraichir l’écran dans l’espoir de voir apparaître ma dernière création ? Cette excitation je l’ai toujours, et j’aime la retrouver chez DDB quand pour la première fois un créatif, un commercial, un planneur imagine sa première campagne ‘digitale’ et ressent ce même émerveillement à la voir enfin en ligne… Je me réjouis à l’idée que le monde merveilleux du digital me réserve sans doute encore beaucoup de premières fois. Catherine Lautier, directrice business intelligence, DDB Paris


“on en parle” Les éditeurs en ligne se rebiffent

NDLR : Dans un communiqué publié cette semaine, le groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE) s’est indigné des ‘violentes attaques’ portées contre Internet par ‘de nombreuses personnalités politiques’ dans le cadre de l’affaire Woerth-Bettencourt. ‘Chaque jour, près de 15 millions de Français s’informent via la presse en ligne. Les politiques ne peuvent aujourd’hui se contenter de mépriser notre profession’ déplore le Geste. ‘C’est vrai qu’il est nécessaire de savoir qui est l’émetteur d’un flux pour savoir quel crédit accorder à son contenu.’ ‘Peut-on faire de l’information sérieuse à flux tendu ? C’est ça la question.’ ‘C’est sûr que maintenant, avec Internet, il faut aller chercher son information soi-même. Et comme c’est plus compliqué, on ne se sent pas forcément plus libre.’ ‘Je me suis débarrassée de ma télé, je pioche de temps à autre sur la toile (peu, c’est chronophage et c’est pour cette raison d’ailleurs que je comprends aujourd’hui l’intérêt de l’abonnement ciblé). Je défends mon modèle dans mon entourage, traditionnel s’il en est, et je fais même quelques adeptes !’ Lire le communiqué du GESTE : http://bit.ly/GESTEcommunique


la bonne idée Just Boom it Type de campagne : Application mobile Le contexte : Nike a développé une gamme complète d’outils digitaux (applis, sites, communautés, coaches…) qui couvrent l’ensemble des problématiques liées au running. Aujourd’hui, Nike souhaite élargir cette démarche digitale à l’ensemble des pratiques sportives où la marque est présente. La problématique : Comment exporter la légitimité et la proximité conso acquises sur le running à d’autres sports ? L’insight : ‘Oui, la performance, j’adore, mais concrètement, je me motive comment ?’ L’idée : Nike Boom. Une application mobile qui vous met en contact ‘personnellement’ avec des athlètes professionnels qui délivrent bons conseils, programmes d’entraînement et encouragements en temps réel. Nike Boom a tout prévu pour vous garantir d’atteindre vos objectifs : l’application synchronise la musique que vous aimez en fonction du rythme de votre entraînement. Le plus : Lorsque vous utilisez NikeBoom, vous pouvez alertez vos amis Facebook et recevoir des encouragements de leur part en temps réel ! Télécharger l’application : http://bit.ly/NikeBOOM


la moins bonne idée Aux USA, McDo tourne parfois en rond

Pour donner envie aux consommateurs américains d’aller découvrir et déguster sa nouvelle gamme de smoothies aux fruits frais dans ses restaurants, McDonald’s a décidé de transformer ces boissons en jouets expérientiels sur le média digital. Le résultat : Spin Art, un jeu créatif qui permet de dessiner son propre smoothie grâce à la rotation d’une spirale que l’on peut colorer et customiser à loisir. L’expérience est vraiment ludique. Il est possible de télécharger son ‘œuvre d’art’ et de la partager sur Facebook avec sa communauté. Seul regret : la palette de couleurs n’est jamais associée aux ingrédients utilisés dans tel ou tel smoothie. Partant, l’expérience ludique n’est jamais reliée au produit. Là où l’enjeu était de créer de la notoriété sur une nouvelle gamme de produits, ce dispositif de communication perd largement de son sens et devient un simple ‘gadget’. Jouer : http://mcd.to/McDoSpinArt


à découvrir Bruno Latour, le web, le virtuel et la Nation

Au hasard d’une session de surf a émergé par sérendipité (voir définition ci-dessous) une interview donnée en 2009 sur France-Culture par le célèbre sociologue et philosophe (directeur scientifique à Sciences-Po Paris) Bruno Latour. Son point de vue sur ce nouveau média est particulièrement juste (quoique déroutant). Pour Latour, l’erreur que l’on fait quand on parle du web, ‘c’est qu’on dit toujours qu’on passe du réel au virtuel’. Le mouvement serait plutôt inverse, explique-t-il, et l’on serait en fait passé de ‘situations virtuelles qu’il faut maintenir dans la tête des gens’ à des situations bien réelles, parce que ‘ce que le web fait, c’est de matérialiser des éléments qu’on ne voyait pas et qu’on ne pouvait pas tracer auparavant’. Pour Latour, l’exemple ultime de cette ‘matérialisation’ qu’implique le web, c’est l’idée de Nation. ‘La toile permet de repenser la Nation, non pas comme un individu qui appartient à quelque chose de très grand, car ça c’est un héritage de l’époque virtuelle, mais de façon tout à fait matérielle, à qui on est abonné, quels sont les avatars qui nous représentent’. Hasard du calendrier, c’est cette semaine que le Service d’Information du Gouvernement a officiellement lancé le nouveau site France.fr (buggé à son lancement, le site ne sera, en fait, consultable qu’à partir de la mi-août) et son corollaire social, la page Facebook ‘France’. L’objectif du dispositif : du service aux citoyens français, le rayonnement de la France à l’étranger. Des objectifs de marque, en somme. De quoi nourrir la réflexion de Latour… La définition de ‘sérendipité’ : http://bit.ly/definitionserendipite L’interview de Bruno Latour (à partir de la 35ème mn) : http://bit.ly/BrunoLatour La page Facebook France.fr : http://www.facebook.com/France


le digital est partout Dis-moi ce que tu tweetes, je te dirai si tu es heureux

Des chercheurs américains ont mis au point un outil de data-visualisation qui permet, grâce à l’analyse des centaines de millions de tweets écrits tous les jours aux Etats-Unis depuis 2006, de déterminer si les Américains sont globalement heureux et où ils le sont le plus. Le principe est simple : passer les tweets au crible d’un système d’évaluation de mots qui les reconnaît comme positifs (‘amour’, ‘paradis’, ‘diamant’ par exemple) ou négatifs (‘suicide’, ‘sombre’, ‘mort’ par exemple). Finalement, les chercheurs ont déterminé la valeur positive ou négative de ces tweets, Etat par Etat et heure par heure, constaté et représenté leur évolution. Surprise : cette évolution est absolument similaire entre la côte est et la côte ouest, décalage horaire mis à part. En savoir plus : http://bit.ly/PulseofTheNation


Les marques agissent Prévenir le cancer du sein ou choisir le bon point de contact

Comment engager les hommes dans la prévention du cancer du sein chez la femme ? A priori, c’est compliqué. Une agence de publicité polonaise a décidé de répondre à ce brief en prenant le taureau par les cornes (si l’on peut dire). Une bannière un peu particulière a été discrètement intégrée dans la page d’accueil de plusieurs sites à caractère pornographique. La bannière propose, dans un premier temps, des interactions ‘mammaires’ avec une créature de rêve, avant de dévoiler que le principe de ces interactions correspond en fait à une série de gestes de prévention. Le choix d’un point de contact astucieux et d’une interaction pertinente : une façon vraiment intelligente d’engager la cible. Voir le cas : http://bit.ly/preventioncancer


le www. de la semaine Lacoste digitalise son mythe

La marque Lacoste a décidé de raconter l’histoire de son fondateur mythique, René Lacoste, grâce à un livre virtuel et interactif (un ‘pop-up book’). Le livre est divisé en six chapitres, qui couvrent l’ensemble des événements notables de la vie du ‘Mousquetaire’, champion de tennis, aventurier et inventeur. Textes, vidéos et photos d’époque, animations permettent aux ‘lecteurs’ de s’approprier de façon divertissante le mythe fondateur de la marque Lacoste. Un story-telling complet, fourmillant et élégant, même si on peut regretter sa linéarité, là où le média digital permet justement de sortir des schémas de récits ‘analogiques’. Visiter le site : http://bit.ly/siteLacoste


la vidéo culte Pepsi: un max de publicité comparative

La publicité comparative est de plus en plus utilisée en France mais attention, elle ne doit comparer que ce qui est strictement comparable, et ce, de façon loyale et objective. Ainsi, ce ‘nouveau’ film signé Pepsi (pas si nouveau, puisque c’est en fait le remake d’un film du Super Bowl 1995) ne pourrait pas être diffusé en TV en France, car il ne repose pas sur des critères de comparaison rationnels. Quinze ans plus tard, c’est sa boisson light Pepsi Max que Pepsi souhaite voir entrer en guerre contre Coca Zero. Réchauffé, mais toujours aussi fascinant pour un public français. (NDLR : la musique ne vous rappelle rien ?) Pepsi Max vs. Coca Zero (2010) : http://bit.ly/PepsiMaxCocaZero Pepsi vs. Coca (1995) : http://bit.ly/PepsiCoca


incroyable

500

C’est en millions d’utilisateurs, le cap quantitatif franchit par Facebook cette semaine. Zuckerberg avait prévenu qu’il visait le milliard d’utilisateurs : la moitié du chemin est faite.

Source : Facebook


news du monde digital _Facebook bat monnaie_

Facebook investit dans le développement de sa monnaie virtuelle, les Facebook credits. Un contrat de cinq ans a été signé avec des éditeurs de jeux vidéo sociaux comme Zynga ou Crowdstar pour proposer ses crédits sur leurs platesformes.

_Exit le Nexus One_

Google a annoncé cette semaine la fin de la commercialisation de son téléphone Nexus One. Les ventes n’auront pas été à la hauteur des espérances de Google. Google continuera le support pour les 135.000 personnes qui possèdaient un Nexus One à la mi-mars 2010 (derniers chiffres Google).

_Foursquare cartonne_

Le nombre de checkin sur Foursquare a grimpé de plus 50% en deux mois et atteint désormais environ 1 million de checkin par jour pour 100 millions de checkin en cumulé. La géolocalisation, ça marche.

_Orange et Deezer s’associent_

L’opérateur Orange entend prendre une participation dans le capital du site de streaming musical Deezer, avec lequel il va s’associer dès la rentrée en incluant les services du site dans ses offres. Deezer visait 100.000 abonnés à son offre payante d’ici fin 2010, mais il n’en compte aujourd’hui que quelque 25.000. Quant à Wormee, le site de streaming musical made in Orange, il devrait fermer ses portes très bientôt. 

_Facebook se raconte_

Pour célébrer le demi-milliard d’utilisateurs, Facebook vous invite à partager vos petites histoires sur l’impact du réseau social dans votre vie grâce à la nouvelle application Facebook Stories. Organisé par catégories (causes, amour, sports, etc.), l’outil permet de visualiser sur une carte (disponible en 3D) les histoires par lieux et par thèmes. Les meilleures anecdotes seront ensuite disponible sur une page spéciale dédiée à l’évènement.


Le Digital Post n°23