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Gully


Entretien avec Gully, artiste d'art urbain Gully est un artiste français né en 1979. Il a pratiqué le graffiti dans les années 2000 notamment à la grande époque de la ligne RER C, mais a désormais changé de nom d’artiste, ne ressentant pas le besoin qu’on associe son travail de rue à son travail sur toile. Il se consacre désormais principalement au travail en atelier, même s’il reconnaît remettre son masque d’antan, l’adrénaline étant un moteur pour toute cette génération. Ses œuvres sont assez rares, car il produit très peu. Il a découvert, il y a quelques années, le courant de l’Appropriation, et s’y intéresse de près, une manière de rendre hommage aux maîtres de l’art. Peux-tu te présenter ?

Gully, amateur d’aérosol et amoureux d’art en général. Peux-tu nous expliquer ton concept ?

Mon concept est tiré d’un mouvement qu’on appelle ‘‘l’appropriation’’. C’est un art conceptuel des années 70-80, avec des artistes comme Richard Pettibone ou Mike Bidlo. En gros je prends les icônes de l’art, et en particulier ceux que je considère comme des maîtres, et je les peins en les faisant se rencontrer dans mes tableaux. Parfois, j’y ajoute des pincées de l’univers qui était le mien, le graffiti et ses artistes. J’ai déjà fait se rencontrer des artistes comme Rockwell, Basquiat, Hopper, Warhol, Koons, Klein, Haring, Prince, Banksy, Os Gemêos, et je continue au fur et à mesure que j’avance et que je suis inspiré par de nouveaux artistes… C’est en quelque sorte un hommage que je me permets de leur faire. Donc on ne peut pas dire que ton travail soit du graffiti sur toile. Penses-tu appartenir au mouvement graffiti ?

Comme on dit dans le graffiti ‘‘Est-ce que tu poses encore ?’’ La réponse est non, ou si je refaisais quelque chose, ce sera sous d’autres ‘‘blazes’’ donc tu ne le saurais pas. Est-ce que j’ai appartenu au mouvement graffiti, oui, ‘‘je crois pouvoir dire qu’on a œuvré pour le hip hop’’. Je n’ai pas demandé qu’on me classe dans le street art, même si je n’ai rien fait contre. Je fais des tableaux plutôt éloignés du graffiti même si j’en introduis dedans mais c’est vrai que je reste issu de la mouvance graffiti. Personnellement, je préfère qu’on ne me considère plus comme venant du graffiti, mais appartenant à l’art contemporain.

Tu n’as pas peur qu’on qualifie ton œuvre de plagiat ?

Je reprends des parties de tableaux, donc si tu observes le tableau, tu vois tout de suite que ce n’est pas le tableau original. Presque tout a déjà été visité et revisité. Quand j’évoluais dans le graffiti, on ne faisait que s’inspirer les uns les autres, avec un style qui venait clairement de New York, en y introduisant des personnages essentiellement venus de la BD… Ce qui comptait ce n’était pas qui avait inventé le style mais la dextérité avec laquelle on le maîtrisait, et surtout, comment, où et dans quelles conditions on l’avait réalisé. Il ne faut pas qu’on oublie qu’on opérait exactement comme les publicitaires, sauf qu’on s’appropriait sans autorisation les espaces publics, tout en restant dissimulés. Le seul but était l’efficacité de ce qu’on avait réalisé, plus c’était vu et plus c’était apprécié techniquement, meilleur on était. Quelles sont les réactions des collectionneurs quand ils voient un de tes tableaux ?

Alors, d’après ce qu’on me rapporte, c’est assez drôle car soit ils détestent soit ils adorent, mais ils passent du temps devant, à analyser la technique. Les tableaux ne laissent personne indifférent et ça pour moi c’est preuve que mon concept et mon travail sont efficaces, qu’ils sortent du lot… J’ai vu que tu t’attaquais à de nouveaux artistes, mais le grand public connait surtout ton travail autour de Hopper et Basquiat.

En fait, je travaille pas mal pour moi dans mon coin, et je travaille sur des d’artistes que je considère comme majeurs dans l’art, j’ai un éventail infini d’inspiration donc je travaille aussi bien sur des œuvres venant de la sculpture, de l’art contemporain, du street, de l’illustration, du conceptuel. Mais je ne laisse pas tout sortir de mon atelier, j’ai besoin d’être sûr à 100%. Les Hopper et les Basquiat sont les premiers qui sont passés en vente publique et qui m’ont donc offert une véritable visibilité, les autres sont restés plus underground. Pourquoi ne veux-tu pas que l’on connaisse ton identité ?

Pourquoi pas ? Plus sérieusement, ce que je fais sur toile sous le nom de Gully, n’a rien à voir avec ce que je faisais dans la rue. Actuellement, je n’écris pas mon nom donc pourquoi lier mon passé à mon présent ? Quand je cherchais du boulot, je n’écrivais pas mon blaze sur mon CV, là je fais des tableaux, je ne suis plus dans le graffiti, donc je n’écris pas mon blaze sur mon tableau. Je vais aussi te faire une confidence, je trouve jouissif d’être à côté de personnes qui te critiquent en bien ou en mal sans qu’ils sachent que tu es l’artiste qui a créé l’objet de leurs critiques. Si tu réfléchis bien c’est encore un des traits que j’ai tiré du graffiti, voir arriver un train que j’avais défoncé, monter dedans et écouter les réactions des gens indignés qui te prennent à partie ! Donc je te confirme que j’irai sûrement voir mes expos, sans qu’on sache que je suis l’artiste !


Dohanos meets Yue Minjun (red army), 2013 Technique mixte sur toile 198 x 195 cm

Rockwell meets Mao and Zhang Xiaogang, 2013 Technique mixte sur toile 245 x 200 cm


Yue Minjun and Delacroix meet urban art, 2013 Technique mixte sur toile 179 x 261 cm


Rockwell meets Hitchkok, Lichtenstein and Picasso, 2013 Technique mixte sur toile 180 x 145 cm

Rockwell meets Lichtenstein, 2013 Technique mixte sur toile 100 x 100 cm


Dohanos meets Lichtenstein, 2013 Technique mixte sur toile 194 x 180 cm


Hommage NTHK 12, Bikers, 2013 Technique mixte sur toile 132 x 244 cm


Hommage SE 2, 2013 Technique mixte sur toile 92 x 141 cm


This is not a Basquiat 7, 2013 Technique mixte sur toile 160 x 130 cm

Richter meets Wool 1, 2013 Technique mixte sur toile 160 x 130 cm


Dohanos and the children meet Banksy, 2013 Technique mixte sur toile 201 x 187 cm

Rockwell meets urban art 3, 2013 Technique mixte sur toile 100 x 100 cm


Dohanos meets Obey, 2013 Technique mixte sur toile 200 x 195 cm

Rockwell meets urban art 2, 2013 Technique mixte sur toile 141 x 132 cm


This is not a Klein 1, 2013 Technique mixte sur toile 100 x 100 cm

Hirst diamond skulls, 2013 Technique mixte sur toile 80 x 80 cm


Caillebotte meets urban art 1, 2013 Technique mixte sur toile 118 x 180 cm


356, rue Saint-HonorĂŠ, 75001 Paris. T 01 42 96 39 00. paris@operagallery.com. Du lundi au samedi de 10h Ă 19h

Catalogue Exposition Gully Opéra gallery Paris Septembre 2013  

Gully, artiste d'art urbain et plus particulièrement issue du mouvement graffiti, a présenté son travail lors d'une exposition, à la galleri...

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