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PROPRIÉTAIRES LE MAGAZINE DU RÉSEAU IMMOBILIER COOPÉRATIF L’ADRESSE

N°49 - AUTOMNE 2011 - TRIMESTRIEL

LES INTERROGATIONS

®

DE LA RENTRÉE

CONJONCTURE

Le retour de quelques interrogations

L’ADRESSE

FISCALITÉ

L’immobilier mis à contribution

HISTOIRES D’HABITAT Les immeubles haussmanniens

A LE PLAISIR DE VOUS OFFRIR CE MAGAZINE

U N R É S E AU N AT I O N A L D E

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P R O P R I É T A I R E S , L E M A G A Z I N E D E L ’A D R E S S E

E DITORIAL ’

À

CIEL D AUTOMNE

Par Denis CLAVEL

l’heure de confier mon état d'esprit du moment à l'ordinateur, un titre de film s'est imposé à moi : « La vie n'est pas un long fleuve tranquille » ! La réflexion vaut particulièrement pour l'immobilier. Les effets de la crise de 2008-2009 sont à peine dissipés que, déjà, de nouveaux nuages viennent assombrir le ciel de cet automne.

Il y a d'abord les cumulo-nimbus liés à la situation internationale et aux hautes pressions qu'elle fait peser sur les banques françaises. Pour l'heure, ces dernières se contentent de ne pas répercuter vraiment la baisse des taux directeurs sur ceux qu'elles appliquent aux prêts immobiliers. Mais, si leur situation se prolonge, ne seront-elles pas tentées, comme elles l'ont déjà fait dans un passé récent, de resserrer le robinet du crédit ?

Président Il y a aussi les cumulus qu'apporte le plan de du Réseau rigueur présenté fin août par le gouvernement. L’ADRESSE Nouveau tour de vis sur le Scellier et loi sur les plus-values immobilières auront, à n'en pas douter, un impact sur l'activité de notre secteur. En attendant une réforme plus globale de la fiscalité dont les contours restent, pour l'heure, flous. Pourtant, et vous le constaterez en lisant ces pages, le temps n'est pas aux lamentations. Avec les propositions formulées lors de nos États généraux, les professionnels que nous sommes veulent, au contraire, jouer un rôle d'acteur à part entière dans les évolutions à venir, et que nous appelons de nos vœux. Les pages consacrées à la vie du plus jeune des grands réseaux vous emmèneront d'ailleurs dans une agence où les valeurs que nous défendons et les engagements que nous prenons trouvent leur application chaque jour. Enfin, consacrée au baron Haussmann, la suite de notre série « Histoires d'habitat » nous rappellera que la vie n'a, de fait, jamais été un long fleuve tranquille mais que l'avenir a, de tout temps, appartenu aux audacieux. Bonne lecture et bonne rentrée à tous.

S OMMAIRE ... BRÈVES

CONJONCTURE... DOSSIER...

BRÈVES Actualités de l’immobilier . . . . . . . . . . . . . . . . . page 14 CONJONCTURE Le retour de quelques interrogations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 17 CRÉDIT Petite pause estivale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 19 ÉNERGIE Linky : le compteur nouvelle génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 11

MÉTIERS Une démarche volontariste . . . . . . . . . . . . . . . page 12 VIE DU RÉSEAU 24 heures avec ADJ Gestion . . . . . . . . . . . . page 13 HISTOIRE D’HABITAT L’habitat haussmannien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 15 FISCALITÉ L’immobilier mis à contribution . . . . . . . . page 17 COURRIER DES

PROPRIÉTAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 18

PROPRIETAIRES, le magazine de L’ADRESSE. Editeur : L’ADRESSE DES CONSEILS IMMOBILIERS - 8, rue du Saule Trapu - Le Moulin - 91300 MASSY - 01 64 53 83 83. Directeur de publication : Denis CLAVEL. Rédacteur en chef : Philippe Pierrat. Conception/Rédaction/Réalisation : LORRA 92300 Levallois - 01 57 64 10 05. Reproduction interdite. Parution : octobre 2011. Dépôt légal à parution. N° INDIGO 0 825 811 810. Site internet : www.ladresse.com

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BRÈVES

ACTUALITÉS DE L’IMMOBILIER PTZ+ : objectif en vue.

Le nombre de PTZ+ signés a doublé en deux mois, pour atteindre 200 000 à la mi-juillet. L'objectif initial, 380 000 d'ici la fin de l'année, ne semble donc pas hors de portée. Entré en vigueur le 1er janvier dernier, le dispositif n'est toutefois pas encore assez vert aux yeux de certains observateurs. Le gouvernement envisage d'ailleurs des aménagements dans ce sens et réfléchit à un moyen de conditionner le prêt à la promesse de réaliser des travaux pour les logements les plus énergivores. En outre, le montant moyen des prêts obtenus est à peine plus élevé qu'en 2010 avec l'ancienne formule.

IRL en hausse.

L'indice de référence des loyers (IRL) a progressé de 1,73 % sur un an au deuxième trimestre, selon les chiffres publiés début juillet par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). C'est sa plus forte hausse depuis le premier trimestre 2009. Elle reste toutefois inférieure à l'inflation. Les propriétaires peuvent donc réévaluer les loyers des baux signés au 3e trimestre, dans des proportions toutefois modestes. Le mode de calcul [Montant du nouveau loyer = Montant du loyer actuel x (le dernier indice de révision divisé par l’indice de révision du même trimestre un an plus tôt)] aboutit à une augmentation de 12 euros pour un loyer de 700 euros.

Frein à la mobilité.

Selon une récente étude du Crédoc, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, 7 Français sur 10 refuseraient une progression professionnelle si elle entraînait une hausse des dépenses de logement. Plus de la moitié des personnes interrogées (56 %) affirment par ailleurs que ne pas être obligé de déménager constitue un critère « très important » dans le choix d'un nouvel emploi. Cette préoccupation est particulièrement forte chez les couples propriétaires, quand la mobilité professionnelle de l’un a des effets sur la situation professionnelle de l’autre.

Passeport logement.

Déjà testé en Aquitaine, le « Passeport logement étudiants » doit être étendu aux académies de Lille et Lyon, avant d'être généralisé. C'est ce qu'a annoncé Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur. Ce dispositif vient en aide aux étudiants qui souhaitent louer un logement dans le parc locatif privé, mais ne peuvent obtenir un dépôt de garantie ou une caution locative. Ils peuvent alors bénéficier d'une caution solidaire pour les impayés de loyer et/ou d'un prêt équivalent au dépôt de garantie. Les logements proposés à la location doivent par ailleurs respecter des critères d'état, localisation, loyer...

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BRÈVES

Efficacité contestée. La TVA à 5,5 % pour les travaux d'entretien et de rénovation constitue une niche fiscale chère et peu efficace. C'est en tout cas ce qui ressort d'un rapport de 6 000 pages que l'Inspection générale des finances vient de consacrer aux dispositifs de défiscalisation. En octobre 2010, la Cour des comptes était déjà arrivée aux mêmes conclusions. Elle avait estimé entre 75 000 et 135 000 euros le coût de chacun des 30 000 à 50 000 emplois créés grâce à cette niche. Selon le rapport de l'IGF, 19 % des niches fiscales, coûtant près de 53 milliards d'euros chaque année, seraient d'une efficacité discutable.

Extinction

Vieillissement.

La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et l'Agence nationale de l'habitat (Anah) ont signé une convention pour mieux adapter les logements au vieillissement de la population. Le texte comprend, par exemple, une liste unifiée des travaux éligibles aux aides : mise en place d’un escalier ou d'une rampe, adaptation de la salle de bains, fermeture automatisée des portes ou des volets, élargissement de portes, amélioration de l'efficacité énergétique... Aujourd'hui, selon les pouvoirs publics, 30 % des plus de 65 ans habitent dans des logements non adaptés à leur situation de vie.

. Après celles de 100, 75 et 60 watts, les ampoules à incandescence de 40 watts ont disparu des rayonnages début septembre. Entamé fin juin 2009, le remplacement des ampoules à filament par des ampoules basse consommation s'achèvera fin 2012, avec le retrait de la vente, le 31 décembre 2012, des ampoules de 25 W. Selon le gouvernement, ce remplacement devrait permettre à la France d'économiser 8 térawatts-heure de consommation d'électricité, soit deux fois la consommation annuelle des habitants de Paris. Trois à quatre fois plus chères à l'achat, les lampes basse consommation consomment cependant quatre à cinq fois moins d'énergie que les ampoules à filament et durent, en moyenne, sept à huit fois plus longtemps.

Surévalués ? (suite).

Dans la foulée de The Economist, c'est désormais le Fonds monétaire international qui s'inquiète, dans un rapport remis fin août au ministre de l’Économie, d'une éventuelle surévaluation des prix de l'immobilier en France. Les experts du FMI font notamment remarquer que les effets de la première crise financière sont dissipés et que les prix ont retrouvé leur niveau d'avant 2008, qu'ils jugent de 10 à 25 % trop élevés. A l'origine du phénomène, selon eux, le décalage entre l'offre et la demande. Le rapport préconise donc simultanément de construire davantage de logements et de diminuer les aides publiques aidant les acheteurs. Au chapitre des points positifs, le FMI note cependant que le taux d'endettement des ménages reste très nettement inférieur à celui des autres pays comparables et que le marché des prêts immobiliers est sain.

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BRÈVES

Antennes relais. Un rapport, rendu fin août aux ministères de l’Écologie et de l'Industrie, fait un premier état des lieux de l'exposition globale du public aux ondes émises par les antennes relais de téléphonie mobile. Selon les deux ministères, les relevés menés dans neuf quartiers pilotes ont « montré des niveaux d'exposition entre 0,1 et 5 Volt/mètre alors que les valeurs limites réglementaires sont de 41V/m ou supérieurs ». Il existe toutefois quelques points « atypiques, où l'exposition est sensiblement plus élevée que la moyenne, tout en restant inférieure aux valeurs limites ». Des expérimentations visant à diminuer la puissance de plusieurs antennes de certains sites des quartiers pilotes doivent débuter cet automne. Les premières simulations ont toutefois déjà permis d'établir que la dégradation de la couverture pourrait alors être importante, jusqu'à 82 %, à l'intérieur des bâtiments.

Les suites des subprimes. Dix-sept banques et établissements financiers font l'objet d'une plainte, déposée début septembre par un régulateur financier américain, pour des fraudes ayant participé à la crise des subprimes, en 2008. L'Agence fédérale de financement du logement (FHFA) reproche à ces dix-sept banques d'avoir dissimulé certaines caractéristiques des produits financiers, adossés à des crédits immobiliers, qu'elles ont vendus à deux établissements publics de crédits hypothécaires. Elle les accuse en particulier d'avoir menti sur la réalité des vérifications sur la solvabilité des ménages emprunteurs. L'ensemble des pertes enregistrées par les deux organismes, qui assuraient alors 40 % de l'encours des prêts immobiliers accordés aux États-Unis, est estimé à 30 milliards de dollars. Placés sous tutelle publique, ils ont à ce jour coûté 170 milliards de dollars aux contribuables américains. Parmi les banques visées, figure la Société Générale, impliquée selon les autorités américaines à hauteur de 1,3 milliard de dollars.

Coût de la vie. Luanda, la capitale de l'Angola, est la ville la plus chère du monde pour les expatriés. C'est le résultat inattendu d'une enquête réalisée par un cabinet britannique. Peu de changements sont intervenus entre 2010 et 2011 au sein du Top 10, toujours dominé par Luanda devant Tokyo (2e), Ndjamena (3e), Moscou (4e) et Genève (5e).

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Le classement prend en compte le coût du logement, le transport, la nourriture, l'habillement, les loisirs et les appareils ménagers, mais aussi les dépenses liées à la sécurité, ce qui explique le classement des capitales angolaises et tchadiennes. Paris passe de la 17e place du classement l'an dernier à la 27e cette année.

Record du monde.

Selon une étude récente, c'est à Monaco que l'immobilier de luxe atteint le prix moyen au mètre carré le plus élevé du monde. Il faut débourser en moyenne environ 46 000 euros le mètre carré pour emménager dans un bien de luxe. Le ticket d'entrée atteint même 100 000 euros le mètre carré pour un appartement sur l'avenue princesse Grace, en bord de mer. Pour les petits couples qui, à l'image d'Albert et Charlène, débutent dans la vie et s'installent dans leur premier logement, la location demeure donc la meilleure solution, d'autant que les prix ont chuté. Il faut néanmoins compter 3 800 euros/mois pour un deux-pièces de 90m2 terrasse comprise, et 5 500 euros pour un trois-pièces.


CONJONCTURE

LE

RETOUR

DE QUELQUES INTERROGATIONS

S

i l'on en croit l'indice Insee-Notaires publié deuxième semaine de septembre, la hausse moyenne des prix des logements en France métropolitaine atteint 7,7 % sur un an.

C INQUIÈME

L ES

TERRAINS DE PLUS EN PLUS CHERS

TRIMESTRE

DE HAUSSE En province, les prix ont gagné 4,3 % sur un an ; la hausse annuelle atteint 13,5 % en Ile-deFrance, et 22,5 % dans Paris intra-muros. La capitale enregistre ainsi la plus forte progression depuis 20 ans, avec un prix moyen du mètre carré désormais à 8 150 €. De son côté, la FNAIM fait état d'une tendance identique dans sa dernière note de conjoncture : « En glissement annuel (comparaison de la moyenne des prix du 2e trimestre 2011 avec celle du 2e trimestre 2010), la hausse des prix s'établit à +6.8 % en moyenne dans l'ensemble et à +8.6 % sur le marché des appartements et +5.0 % sur le marché des maisons. Au terme de cinq trimestres de hausses consécutives des prix observées sur le marché des professionnels, la tendance annuelle moyenne des prix (juillet 2010 à juin 2011 / juillet 2009 à juin 2010) s'établit à +3.8 % sur un an au 2e trimestre 2011 (contre +1.5 % en 2010 et -4.9 % en 2009). La hausse annuelle moyenne des prix des appartements est plus marquée que celle des maisons (+4.9 % contre +2.6 % sur un an). Au total, les prix retrouvent leur niveau le plus haut atteint en 2007 ».

Entre 2001 et 2010, le prix des terrains à bâtir a au moins doublé dans toutes les régions, à l'exception du Limousin. C'est ce qui ressort d'une note de conjoncture récemment publiée par les notaires de France. Ces prix ont même plus que triplé dans quatre régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Picardie, Centre et Nord-Pas-de-Calais. Au point que le foncier représente désormais au moins 20 % du prix d'une maison individuelle. Conséquence : la surface des parcelles est en chute libre dans les zones les plus chères. La baisse atteint par exemple 33 % en région Paca, région où le prix du foncier est le plus élevé, devant l'Ile-de-France et la Réunion. Les écarts sont d'ailleurs plus importants pour les terrains que pour les lots : pour le m² médian à bâtir, la fourchette va de 1 à 12 entre Limousin et Paca.

P RÉVISIONS MAINTENUES Pourtant, des signes d'inquiétude réapparaissent. Ainsi, dans le dernier indicateur FNAIMIfop sur le moral des ménages vis-à-vis de l'immobilier, 33 % des Français estiment la

conjoncture propice à la vente d'un bien immobilier. Mais ce même indicateur révèle un effritement de la confiance des acheteurs par rapport à l'an dernier. Ils ne sont, par exemple, plus que 29 % à considérer qu'il est

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CONJONCTURE

L A CRISE BOURSIÈRE : QUELS EFFETS SUR LA PIERRE ? La zone de fortes turbulences que traversent à nouveau les places boursières peut-elle avoir des répercussions sur le marché de l'immobilier ? Le souvenir de l'épisode brutal vécu entre fin 2008 et 2009 pourrait le laisser craindre. Chahutées pour leurs activités financières, malmenées à la Bourse, les banques pourraient être à nouveau tentées de limiter les risques dans le domaine de l'immobilier.

facile d'obtenir un crédit et 44 % à penser que les taux sont attractifs, contre 62 % en janvier dernier. D'autant que pression à la hausse sur les prix et remontée des taux, même si ceux-ci se sont stabilisés cet été, se conjuguent pour la première fois depuis une dizaine d'années pour entraîner une dégradation de la solvabilité des ménages. Si l'année 2010 avait vu le volume d'activité augmenter de 25 % par rapport à l'année précédente, 2011 devrait donc s'inscrire sous un angle légèrement moins optimiste. De plus, la toute récente réforme de la fiscalité des plus-values immobilières semble avoir un impact négatif et aurait, de fait, déjà provoqué le retrait de nombreux projets de vente. Pour autant, la Fédération ne modifie pas ses prévisions. Malgré une stabilisation attendue dans les prochains mois, elle continue de tabler sur une hausse globale des prix comprise entre 3 et 6 % cette année, pour un volume d'activité finalement comparable à celui de l'an dernier, essentiellement grâce à des taux encore très favorables et aux effets bénéfiques du PTZ+ sur le marché de la primo-accession.

F ORTE

CHUTE POUR LE NEUF

Dans le neuf, selon les derniers chiffres de la construction publiés par le ministère de l’Écologie, le nombre des mises en chantier entre août 2010 et juillet 2011 atteint 385 000, soit une hausse de 14 % par rapport aux douze mois précédents. Pour ce qui est des autorisations, la hausse est de 10,5 % sur la même période. Mais ces chiffres contrastent avec une autre statistique : au 2e trimestre 2011, seuls 23 000 logements ont trouvé acheteurs, soit une baisse de 22,6 % par rapport au même trimestre de l'année dernière, confirmant la chute de 24 % enregistrée sur les trois premiers mois de l'année. En cause, la réduction de l'avantage fiscal lié au dispositif Scellier, que l'apport du PTZ+ est loin d'avoir compensée. Or, on sait déjà que le coup de rabot sur le Scellier va se poursuivre (voir pages Fiscalité), tout comme se perpétuera sans doute une autre tendance peu favorable aux ventes : sous l'effet

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Pourtant, la donne a changé et les circonstances ne sont pas tout à fait identiques. Malgré la remontée enregistrée depuis l'année dernière, les taux d'intérêt restent à des niveaux particulièrement favorables. Le recul de l'OAT à 10 ans, qui sert de référence pour fixer les taux fixes des crédits immobiliers et qui a perdu presque 50 points de base entre début juillet et mi-août, laisse penser que la tendance ne s'inversera pas à court terme. Finalement, au moins jusqu'à la fin de l'année, les possesseurs de valeurs mobilières pourraient plutôt choisir de troquer des portefeuilles fragilisés contre la solidité d'une pierre qui retrouverait alors un de ses rôles préférés, celui de valeur refuge par excellence.

de l'augmentation des prix des matériaux et des nouvelles contraintes liées aux bâtiments basse consommation, les prix du neuf affichent des hausses importantes : pour les logements collectifs, l'augmentation du prix moyen au m² atteignait 7,7 % en un an.


CRÉDIT

P ETITE ESTIVALE

A

près avoir gagné pratiquement 1 point entre octobre et juin, les taux des crédits immobiliers ont stoppé leur progression cet été. Même si leurs chiffres peuvent varier à la marge, tous les courtiers observent la même tendance. Tout comme ils partagent une analyse commune : ces taux auraient pu baisser plus franchement.

LA

PRUDENCE DES BANQUES

L’OAT 10 ans, l'indice qui sert de référence aux organismes prêteurs pour déterminer les taux qu'ils appliquent aux prêts immobiliers, a en effet chuté considérablement, passant de 3,73% fin avril à 3,22% fin juillet, puis 2,84% au 31 août dernier. Dans la tempête financière qui les secoue, les banques n'ont cependant que très partiellement répercuté cette baisse et les taux se sont contentés de faire du sur-place ou de diminuer légèrement, avec des taux fixes moyens hors assurance de 3,45% pour un prêt de 10 ans ; 3,75% pour 15 ans et 3,95% sur 20 ans.

PAUSE

R ALENTISSEMENT C'est la première fois que cela arrive depuis octobre 2009, soit près de deux ans : le rythme de croissance des encours de crédits immobiliers a ralenti cet été. Selon les chiffres de la Banque de France, fin juin, le montant total des crédits immobiliers en cours atteignait 829,8 milliards d'euros, soit une hausse annuelle de 8,9%, contre 9,3% le mois précédent. Ces chiffres viennent donc confirmer une tendance constatée depuis déjà plusieurs mois : le ralentissement du rythme de la production de crédits.

P ERSPECTIVES INCERTAINES L'évolution des mois à venir dépendra avant tout de l'attitude des banques. Les critères objectifs militent en effet pour un statu-quo, dans la mesure où la Banque centrale européenne n'a pas de raison particulière de revoir son principal taux directeur à la hausse. Pourtant, attaquées sur le chapitre de leur solvabilité, les banques pourraient être tentées de reconstituer une partie de leurs fonds propres en augmentant leurs marges sur les crédits. En outre, chat échaudé craignant l'eau froide, elles pourraient aussi minimiser les risques en durcissant à nouveau les conditions d'accès à l'emprunt.

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CRÉDIT

I N T E R V I E W

C OUP

DE PROJECTEUR SUR L ' EMPRUNTEUR TYPE Jeune, vivant en couple, gagnant plus de 25 000 € par an et cherchant à financer l'acquisition de sa résidence principale... C'est sous ces traits que le courtier en prêts immobiliers ACE Crédit brosse, à partir des données collectées au sein de son réseau, le portrait-robot de l'emprunteur type. Joël Boumendil est le fondateur et directeur du groupe. Certains des résultats de votre étude vous ont-ils surpris ? L'un d'entre eux a, en tout cas, confirmé une tendance constatée sur le terrain : on voit de moins en moins de célibataires franchir la porte de nos agences. Ils ne représentent en effet plus que 32% des emprunteurs aujourd'hui, contre 45% en 2008. La raison en est simple : depuis une dizaine d'années, les prix ont quand même pas mal monté et, malgré la baisse des taux, il est de plus en difficile de financer seul un achat immobilier. Autre tendance nette : les emprunteurs sont plutôt jeunes... Ce sont souvent des gens qui éprouvent des difficultés à accéder à la location, ou qui trouvent les loyers trop chers et font le choix d'emprunter pour acheter leur logement. Car, paradoxalement, il est souvent plus facile d'accéder à la propriété par le biais d'un crédit, représentant parfois la totalité du prix du bien acheté, que de satisfaire à toutes les conditions exigées pour obtenir une location. Cela dit, plus les années passent et plus les candidats à l’acquisition et au crédit immobilier vieillissent. La part des emprunteurs se situant entre 40 et 49 ans est passée de 17 % en 2008 à 23 % aujourd’hui. Les particuliers achètent plus tard et la part des couples avec un ou deux enfants ne cesse de progresser. Le niveau de revenu est également, bien sûr, un critère essentiel... C'est effectivement devenu de plus en plus difficile pour les classes moyennes, ou un peu en-dessous de la moyenne. Tout récemment, l'exten-

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sion à l'ancien du PTZ+ a un peu aidé les gens aux revenus modestes qui jouent également sur la durée d'emprunt. Il n'empêche que, globalement, les revenus annuels des emprunteurs augmentent. En 2008, 23 % d’entre eux disposaient de 3 000 € après remboursement de leur emprunt, ils sont aujourd’hui 45 %. À quelles évolutions vous attendez-vous ? Ces caractéristiques devraient se maintenir : la demande restant supérieure à l'offre, les prix de l'immobilier continueront d'augmenter. Pour pouvoir acheter, il faudra donc toujours des revenus assez élevés, ce qui amènera des emprunteurs plus âgés, bien installés dans leur vie professionnelle et personnelle. Une autre tendance devrait aussi se confirmer : l'état de tension du marché incite les primo-accédants à attendre de plus en plus avant de revendre leur bien pour une nouvelle acquisition. Actuellement, un emprunteur rembourse en moyenne son prêt au bout de 7 ans pour effectuer un nouvel achat. Ce délai augmente, et il devrait continuer à croître.

L'EMPRUNTEUR EN QUELQUES CHIFFRES 53% des candidats à l'acquisition ont entre 30 et 39 ans (28% ont entre 30 et 34 ans ; 25 %, entre 35 et 39 ans). Les moins de 25 ans et les plus de 60 ans représentent respectivement 2 % et 1 % des emprunteurs.

68% des acquéreurs à la recherche d’un crédit immobilier vivent en couple (mariés, pacsés ou en union libre), toutes tranches d'âge confondues. Ils sont 60 % à ne pas avoir d'enfant, mais seulement 6 % à avoir trois enfants ou plus.

80% des acheteurs disposent de ressources nettes annuelles supérieures à 25 000 € ; 31 % gagnent même plus de 50 000 €. 38% des emprunts sont compris entre 150000 et 250000 € ; 17 % vont de 100 000 à 150 000 €, et 16 % des acheteurs empruntent plus de 400 000 €.

84% des acheteurs utilisent leur crédit pour financer l'achat de leur résidence principale. 16 % empruntent pour acquérir un bien destiné à la location (15 % vide, 1 % meublé). Seul 1 % des prêts sert à financer une résidence secondaire.


ÉNERGIE

L INKY

LE COMPTEUR NOUVELLE GÉNÉRATION

T

esté chez 250000 clients d'EDF en Indre-et-Loire et à Lyon, le compteur électrique Linky présente, aux yeux de la CRE, suffisamment d'avantages pour les consommateurs pour que sa généralisation rapide soit souhaitable...

DE

NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

La principale caractéristique de Linky, c'est de pouvoir recevoir et envoyer des données sans l’intervention physique d’un technicien. Installé chez les consommateurs et relié à un centre de supervision, il est en interaction permanente avec le réseau. Linky permet ainsi aux fournisseurs d'électricité d'effectuer de nombreuses opérations à distance, sans avoir besoin de déplacer un agent: relever consommation et/ou production, intervenir pour réduire les coupures accidentelles ou régler la puissance... Il permet aussi de facturer les clients sur la base de la consommation réelle et d'adapter offres et tarifs aux besoins précis des abonnés. De leur côté, grâce au nouveau compteur, les usagers pourront connaître leur consommation en temps réel et donc mieux la maîtriser. Selon ERDF, l'utilisation de Linky autorise des économies comprises entre 5 et 15%.

D IAGNOSTIC

Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement et Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement viennent de présenter 6 mesures pour améliorer la fiabilité des Diagnostics de Performance Energétique. Dès le 1er janvier prochain, le nombre de points contrôlés sera doublé et passera de 30 à 60. Le diagnostiqueur devra par ailleurs fournir au propriétaire la liste exhaustive et détaillée des points inspectés. Les professionnels seront obligés d'utiliser un des 11 logiciels agréés par l'Ademe, qui constituera une base de données statistiques à partir des diagnostics effectués. Le niveau des examens pour la certification des diagnostiqueurs sera relevé, et la formation continue va devenir obligatoire. Enfin, la DGCCRF va intensifier le contrôle de l'affichage de la performance énergétique sur les annonces immobilières.

cer les 35 millions d'anciens compteurs – coûtera beaucoup plus cher que prévu. D'abord estimée entre 4 et 5 milliards d'euros, elle pourrait finalement atteindre le double, représentant un coût d'environ 230 euros par abonné. D'où la tentation de demander aux usagers de mettre la main à la poche...

L ES G RATUITÉ

MENACÉE

AMÉLIORÉ

INTERROGATIONS DE LA

C NIL

?

Pourtant, des voix se sont récemment élevées pour s'inquiéter des aspects financiers de cette évolution. En effet, alors que ces services devaient à l'origine être totalement gratuits, EDF les a proposés dans une offre à 3,50 € par mois dans les deux zones de test. Dans la foulée, le ministère de l’Énergie s'est contenté de réaffirmer le principe d'une gratuité, mais uniquement de l'installation du nouveau compteur, qu'une directive européenne impose à la France pour 2020. Or, on sait depuis un an que cette mise en place – il faudra entre 6 et 7 ans pour rempla-

Depuis plusieurs mois, le Bureau européen des unions de consommateurs fait état d'un autre type d'inquiétude : les dérives possibles d'un tel système. La très sérieuse Commission Nationale Informatique et Libertés lui a d'ailleurs emboîté le pas. Dans une note publiée en août 2010, la Cnil observait en effet que « les informations de consommation d’énergie transmises par les compteurs sont très détaillées et permettent de savoir beaucoup de choses sur les occupants. (...) Les distributeurs d’énergie devront donc apporter des garanties sérieuses sur la sécurisation de ces données et leur confidentialité ». De fait, ceux-ci peuvent pratiquement savoir dans quelle pièce se trouvent les occupants d'un logement, et ce qu'ils y font. Le BEUC souhaite donc que les fichiers soient détruits au bout de deux ans et que les clients puissent avoir le droit d'activer le système ou pas.

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MÉTIERS

UVOLONTARISTE NE DÉMARCHE

«N

ous n'avons plus le choix. Plus que jamais il faut se serrer les coudes et renforcer nos professions pendant une période de crise. » René Pallincourt, le président de la FNAIM, n'y allait pas par quatre chemins à l'issue des États généraux des professions de l'immobilier organisés conjointement avec l'Unis.

U NE

LARGE CONCERTATION

Convaincues de la nécessité d’une réforme de leurs métiers pour répondre aux évolutions du marché en France ces quarante dernières années et aux profonds changements dans les attentes des consommateurs, les deux principales organisations professionnelles y ont présenté les réformes qu'elles appellent de leurs vœux, fruits d’une large concertation menée au cours du 1er semestre. Au total, 160 heures de débats ont été organisées dans le cadre de quatre groupes de travail, avec l’audition de plus de 70 parties prenantes du secteur immobilier : associations de consommateurs, garants financiers, assureurs, organismes de formation, universitaires, professeurs de droit, avocats, économistes, experts et professionnels de l’immobilier. Elles ont permis de déboucher sur des propositions concrètes pour une réforme des professions immobilières.

C ONTRÔLE ET FORMATION Ces mesures s'articulent autour de deux axes, (contrôle et formation) et six grands chantiers. FNAIM et Unis préconisent notamment l'instauration d'un Conseil national des professions immobilières, l'entrée en vigueur d'un code de déontologie, la création d'une commission nationale présidée par un magistrat indépendant qui pourrait retirer aux fautifs leur carte professionnelle, ainsi que la mise en place de commissions régionales de conciliation qui interviendraient en cas de litige avec des consommateurs. Pour renforcer les compétences professionnelles, les deux organisations suggèrent : - la création d'une condition d'aptitude professionnelle pour certains collaborateurs, - la mention de spécialités sur les cartes professionnelles, - l'instauration d'une formation professionnelle continue obligatoire pour les dirigeants, les directeurs d’établissements secondaires, les agents commerciaux et les salariés habilités par un titulaire de la carte professionnelle. Objectif, exprimé par Serge Ivars, le président de l'Unis : « Porter ensemble ces propositions auprès des pouvoirs publics pour les faire vivre dans la loi et que le même niveau d’exigence professionnelle s’applique à tous ».

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VIE DU RÉSEAU

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HEURES

AVEC ADJ GESTION

«N

ous présentons la particularité de regrouper les trois métiers de l'immobilier au sein du cabinet : syndic de copropriété, gestion locative et transaction. Il m'est donc difficile d'évoquer une journée type, commune à tous les employés de l'agence ».

Une agence dont Patrick Fondacci a pris les rênes, avec son associé, voici maintenant une dizaine d'années et qui emploie quatorze personnes : « En plus de nous deux, le service copropriétés regroupe quatre assistantes et deux comptables. S'y ajoutent le responsable des gestions locatives et son assistante, qui gèrent un peu plus de 320 biens. L'activité transactions, la plus récente, celle qui a entraîné notre adhésion au réseau voici quatre ans, est menée par un responsable et deux consultants immobiliers. Enfin, une personne est chargée de l'accueil général. »

S YNDIC

AVANT TOUT

C'est à la gestion des copropriétés et à la direction de son entreprise que Patrick Fondacci consacre le plus clair de son temps : environ 3 200 logements, répartis sur 80 copropriétés de l'est parisien et du Val de Marne. « Chaque jour est différent... Tout dépend ! Il peut y avoir des rendez-vous au bureau, ou à l'extérieur, en fin de matinée, l'après-midi... Il peut s'agir d'une recherche de fuite, du suivi de travaux de ravalement ou de réfection de couverture, de rendez-vous préparatoires à la tenue d'assemblées générales. Car nos journées sont également rythmées par les AG qui se déroulent

le soir, au plus tôt à partir de 18 h 30, et peuvent nous emmener jusque tard dans la nuit. L'un des intérêts du métier tient dans cette diversité : il présente des aspects juridiques, comptables, sociaux, techniques... » Les consultants spécialisés dans la transaction se réunissent chaque matin pendant une bonne demi-heure et s'informent mutuellement des événements de la veille et des actions de prospection qu'ils mèneront sur le terrain, essentiellement en porte à porte, jusqu'à la fin de la matinée. En général, après le déjeuner, une personne reste au bureau pour s'acquitter des tâches administratives, pendant que les autres ressortent, en prospection, pour des visites de biens, ou pour des rendez-vous d'évaluation ou de prises de mandat. « À cette organisation s'ajoute, une fois tous les quinze jours, une matinée de formation ou de mise à niveau sur un thème précis. Et, tous les jeudis après-midi, une réunion de toute l'équipe permet de faire le point sur l'activité de la semaine écoulée et sur les objectifs du mois. Nous essayons d'instaurer un échange permanent. »

É COUTE

ET PROXIMITÉ

Cette volonté de dialogue se retrouve dans les relations que Patrick Fondacci établit avec ses clients, dont la satisfaction passe par la proximité, l'écoute, la présence sur le terrain et la connaissance de chaque situation particulière. « C'est ce suivi dans le temps qui fait la différence entre un cabinet à taille humaine comme le nôtre et des structures plus impor-

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VIE DU RÉSEAU

employés travaillent essentiellement sur une base de confiance avec les propriétaires bailleurs. « Il y a aussi une notion de service envers les candidats locataires. Notre rigueur et notre organisation permettent à l'agence d'être reconnue pour sa transparence ».

O BJECTIF TRANSACTIONS Le métier est un peu plus difficile en matière de transactions.

tantes. Une bonne partie de nos clients nous font confiance depuis le début, plus de dix ans maintenant, et nous avons la mémoire de la vie des immeubles dont nous nous occupons ». « Les assistantes du service copropriétés sont d'ailleurs associées à la démarche et vont également sur le terrain. Elles sont plus que de simples secrétaires administratives. Ayant suivi des formations juridiques, elles se déplacent et sont impliquées dans les diverses facettes du métier. Elles peuvent par exemple prendre en charge de manière autonome les dossiers assurance, dégâts des eaux ou autres expertises... » Relations dans la durée et proximité caractérisent également les autres activités de l'agence, en particulier la gestion locative, où Patrick Fondacci et ses

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« La difficulté de gestion d’une équipe et mon temps pris en priorité pour le syndic, nous amènent à nous concentrer sur certains enjeux. Notre activité de transactions s'exerce d'abord, pour ne pas dire essentiellement, sur le patrimoine des copropriétés dont nous avons la charge. La plupart du temps, nous retrouvons donc les acquéreurs parmi les copropriétaires pour et avec qui nous travaillons. Mieux vaut donc leur parler vrai, ne rien cacher de l'état de l'immeuble dans lequel ils achètent, et faire preuve d'un professionnalisme qui aille bien au-delà de la simple envie d'empocher une commission. Réaliser des transactions qui satisfont autant le vendeur que l'acquéreur, c'est en principe l'objectif de tout agent immobilier sérieux. Mais c'est encore plus vrai à l'intérieur du réseau ».


HISTOIRES D’HABITAT

L’HABITAT HAUSSMANNIEN

F

ils d'un commissaire des guerres et intendant militaire de Napoléon Ier, petit-fils d'un député de l'Assemblée législative et de la Convention, Georges Eugène Haussmann naît à Paris en 1809. Après des études de droit, il entame une carrière préfectorale en province : Lot-et-Garonne, Ariège, Gironde, Var et Yonne. Mais c'est en 1853, quand il est nommé préfet de la Seine, que le baron Haussmann entreprend un vaste travail sur l'urbanisation en général et l'habitat en particulier.

P ARIS

TRANSFORMÉ

Sous bien des aspects, Paris ressemble alors encore beaucoup à ce qu'était la ville au Moyen-Âge, parcourue d'une infinité de petites rues sombres. S'inspirant des principes d'urbanisation appliqués à Londres deux siècles plus tôt, après le grand incendie de 1666, le préfet Haussmann entreprend de réaménager tout l'espace de la capitale. Il démolit des bâtiments, au point de se faire surnommer Attila par ses détracteurs, creuse des boulevards et des avenues, aménage des parcs et des jardins, fait bâtir des églises, des théâtres, des gares, crée des circuits d'adduc-

tion d'eau, annexe des communes limitrophes... Sa détermination est telle qu'il n'hésite pas à faire détruire sa maison natale ! Les bâtiments qu'il fait ériger sur ces nouvelles artères sont régis par des normes strictes et présentent donc de nombreux points communs : façades similaires, rigoureusement alignées sur toute la longueur des rues, hauteurs identiques, éléments architecturaux d'inspiration classique, avec le petit côté ostentatoire de l'art du Second Empire...

U NE

HIÉRARCHIE SOCIALE

La position de l'appartement dans l'immeuble constitue un signe d'appartenance sociale. Rez-de-chaussée et entresol constituent le soubassement que surmontent quatre étages d'appartements monumentalisés par des colonnes ou des pilastres et un étage de service. Dans une forme de hiérarchisation, l'étage noble se situe donc au premier quand les chambres de bonne sont aménagées dans les combles. Les immeubles haussmanniens se caractérisent également par une nouvelle organisation des logements. Les espaces de vie commune, salon, salle à manger, donnent sur la rue. Chambres et cuisine sont en général plus retirées. Le budget total de la mutation parisienne est estimé à 1 500 millions de francs or de l'époque, l'équivalent de 150 milliards d'euros. Après s'être retiré quelques années en région bordelaise, puis en Corse dont il devient député, le baron Haussmann revient mourir, à 82 ans, à Paris, la ville qu'il a si profondément transformée.

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HISTOIRES D’HABITAT

M ARSEILLE : DE L ’E MPIRE

À LA

R ÉPUBIQUE

L'influence du baron Haussmann dépasse largement la capitale et les façades facilement identifiables des immeubles haussmanniens se retrouvent dans la plupart des grandes villes de France : Bordeaux, Lille, Toulouse, Avignon, Montpellier, Toulon, Lyon, Nîmes, Marseille... Dans la cité phocéenne, la rue la plus emblématique de cette influence est la rue de la République.

UN

CHANTIER PHARAONIQUE La décision de creuser cette rue, initialement baptisée rue Impériale en hommage à Napoléon III qui a autorisé les travaux, est prise en 1862. L'objectif est alors de relier le Vieux Port, au cœur de la ville, et les nouvelles installations portuaires construites une vingtaine d'années plus tôt à la Joliette.

rues et le délogement d'environ 16 000 personnes. Au point que les expropriations représenteront finalement le tiers du coût total d'une opération immobilière qui dépassera les cent millions de francs or.

UN « À l'origine, précise Germain Barral, expertimmobilier FNAIM dont la famille est installée à Marseille depuis au moins sept générations, le projet était même beaucoup plus vaste. Il s'agissait de creuser, au départ d'une place, une étoile à six branches, reliant le Vieux Port, la Mairie, la Canebière, la Cathédrale, le nouveau port et la gare. C'était judicieux, mais cela n'a pas été fini ! » Même pour la seule rue Impériale, le chantier est colossal : en plus d'exiger des percements dans la colline, le creusement de la tranchée, large de 60 mètres et profonde par endroits de 25 mètres, entraîne la démolition de plus de 900 maisons, la disparition totale ou partielle d'une soixantaine de

ACCUEIL MITIGÉ

Malgré leur ampleur, les travaux, menés par 2 000 ouvriers, sont rapides : terrassement et démolition ne prennent pas plus de deux ans et la rue est finalement inaugurée le 15 août 1864. Reste toutefois encore à y construire les immeubles. Pour ramener la bourgeoisie marseillaise vers un centre ville qu'elle a déserté aux profits de quartiers plus excentrés, la future rue de la République se couvre de confortables immeubles haussmanniens, avec eau et gaz à tous les étages. Mais, malgré des commodités inhabituelles pour l'époque, l'opération tourne à l'échec. La proximité du port, les activités et les nuisances qu'il engendre, n'y sont sans doute pas étrangères. « Ce type de logement est d'autre part très éloigné de l'habitat traditionnel marseillais, beaucoup plus modeste, moins haut... ajoute Germain Barral. On qualifie cette architecture d'haussmannienne, mais j'imagine que les Marseillais de l'époque parlaient plutôt d'architecture parisienne ! » La rue de la République sera donc longtemps délaissée. « Il faudra attendre le milieu du XXe siècle, pour que la rue de la République connaisse sa période dorée, avec de beaux commerces, des agences de voyage, des sociétés d'accastillage... Mais une mauvaise gestion de son parc immobilier et la dégradation des activités portuaires ont entraîné une nouvelle traversée du désert ». Sa réhabilitation, entamée en 2005, fait à présent de l'ancienne rue Impériale l'un des axes majeurs du projet Euroméditerranée.

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FISCALITE

L’IMMOBILIER MIS À CONTRIBUTION

P

rincipales victimes du plan d'austérité, les plus-values issues de la vente de résidences secondaires et d'investissement locatif. À l'origine, le gouvernement prévoyait une suppression pure et simple de tous les abattements, hors résidence principale, dès cette rentrée. Les parlementaires ont cependant réussi à amender quelque peu le projet. Finalement, ces plusvalues resteront exonérées après 30 ans de détention. Entre temps des abattements progressifs s'appliqueront à partir de la 5e année.

EN

QUELQUES CHIFFRES

Dans le détail, l’abattement sera limité à 2 % par an entre la sixième et la seizième année ; il passera à 4 % à compter de la dix-septième année, et à 8 % chaque année après vingt-quatre ans. La mesure prendra effet au 1er février prochain, mais les prélèvements sociaux augmentent d'1,2 point dès le 1er octobre. Le régime actuel permettait de réduire la plusvalue imposable de 10 % par an à partir de cinq ans de détention, ce qui aboutissait à une exonération totale au bout de 15 ans. Le tableau cicontre donne quelques illustrations chiffrées des effets de la mesure, sur la base d'une plusvalue de 100 000 €.

R ENDEZ - VOUS L ’ AN PROCHAIN

Mais ce n'est pas fini. Le projet de loi de finances 2012 contiendra de nombreuses dispositions qui toucheront encore l'immobilier. Plusieurs pistes étaient explorées en fin d'été. Le gouvernement envisage notamment de recentrer les mesures d'aide à l'amélioration de la qualité énergétique des logements, pour privilégier les plus efficaces. Le crédit d'impôt développement durable devrait ainsi être prolongé jusqu'à fin 2015, et l'avantage fiscal pourrait même être augmenté

N OUVEAU TOUR DE VIS SUR LE S CELLIER Selon les Échos, le dispositif Scellier pourrait subir un coup de rabot plus sévère que prévu. Il devait en effet passer de 22 % cette année à 18 % l'an prochain pour les logements BBC. Mais, à en croire le quotidien économique, « le gouvernement a décidé de réduire la voilure plus rapidement que prévu » : la réduction d'impôt serait finalement ramenée à 16 % du prix d'acquisition du logement. Encore ne s'agirait-il, d'après les Échos, que d'un début : l'aide fiscale devrait encore être réduite, pour se limiter à 14 % en 2013. Le gouvernement souhaite ainsi diviser par deux, et ramener de 2,3 à 1,2 milliard d'euros de coûts cumulés pour les investissements réalisés sur une année, le coût du dispositif. Les ménages qui accepteront de louer leur bien en dessous des prix du marché conserveraient toutefois un avantage fiscal de 22 % jusqu'en 2017.

pour les ménages combinant l'installation de plusieurs équipement. Le cumul de ce crédit d'impôt avec un éco PTZ pourrait également être de nouveau autorisé, pour les foyers fiscaux déclarant moins de 30 000 euros de revenus annuels. L'éco-PTZ, justement, pourrait voir sa durée de remboursement portée à 15 ans au lieu de 10. Mais, en contrepartie, la liste des actes ouvrant droit aux aides sera réduite et certaines aides vont donc disparaître. L'installation de double vitrage, par exemple, ne serait plus subventionnée si elle ne s'accompagne pas d'autres travaux. Nombre d'années de détention •1à5 • 10 • 14 • 15 • 20 • 25 • 29 • 30

Taxation d’une vente avant le 01/10/11

Entre le 01/10/11 et le 01/02/12

Après le 01/02/12

31 143,50 € 31 143,50 € 2 973,50 € 0,00 € 0,00 € 0,00 € 0,00 € 0,00 €

32 500,00 € 16 250,00 € 3 250,00 € 0,00 € 0,00 € 0,00 € 0,00 € 0,00 €

32 500,00 € 29 250,00 € 26 650,00 € 26 000,00 € 20 800,00 € 13 000,00 € 2 600,00 € 0,00 €

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COURRIER DES PROPRIÉTAIRES

À L'ABANDON Propriétaire bailleur, comment puis-je retrouver la jouissance d'un logement abandonné par mon locataire ? Hervé M., Marseille (13) La loi Béteille, qui porte réforme des professions de justice, instaure une procédure destinée à permettre à un bailleur de récupérer un logement manifestement abandonné par ses occupants. Elle ajoute notamment un article 14-1 à la loi du 6 juillet 89, selon lequel « lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné par ses occupants, le bailleur peut mettre en demeure le locataire de justifier qu'il occupe le logement ». Cette mise en demeure doit s'effectuer par acte d'huissier de justice. Si le locataire ne lui donne pas suite dans un délai d'un mois, l'huissier peut entrer dans le logement et mettre en œuvre les procédures visant à établir le constat d'abandon : « Pour établir l'état d'abandon du logement (...), l'huissier de justice dresse un procès-verbal des opérations. Si le logement lui semble abandonné, ce procès-verbal contient un inventaire des biens laissés sur place, avec l'indication qu'ils paraissent ou non avoir valeur marchande ». C'est un juge du tribunal d'instance qui prononce ensuite la résiliation du bail et ordonne la reprise des lieux ainsi, éventuellement, que le paiement par le locataire des sommes restant dues au titre du bail. Le bailleur peut alors reprendre possession de son bien et, le cas échéant, se débarrasser des meubles dénués de valeur sur le sort desquels le juge a statué. Le locataire, pour sa part, peut former opposition dans le mois suivant l'ordonnance.

toires mises en œuvre, devra être tenu à la disposition des occupants des lieux. Il sera également remis à toutes les personnes devant intervenir pour des travaux dans l'immeuble. Les propriétaires des parties communes d’immeubles collectifs d’habitation, représentés par leur syndic, ainsi que les propriétaires d’immeubles d’habitation ne comportant qu’un seul logement, devront constituer et conserver un dossier intitulé « dossier technique amiante ». Aux informations contenues dans le dossier sur les parties privatives, s'ajouteront en particulier les recommandations générales de sécurité à l’égard de ces matériaux et produits : procédures d’intervention, de gestion et d’élimination des déchets. Lors de la vente des biens concernés, ces documents devront être joints, en totalité ou en partie, au dossier technique...

TA BL E A U DE BOR D INDICES INSEE DE RÉFÉRENCE INSEE (coût de la construction brut) 1er trim. 2011 (contre 1 508,00 l’année précédente)

Un rejet de la requête par le juge est, en revanche, sans recours pour le bailleur, en dehors des voies de droit commun.

IRL (Indice des loyers) 2e trim. 2011 (contre 118,26 l’année précédente)

120,31

AMIANTE

ILC (Indice des loyers commerciaux) 1er trim. 2011 (contre 101,36 l’année précédente)

102,92

Quelles sont les nouvelles obligations des propriétaires en matière de protection contre les risques liés à une exposition à l'amiante ? Paul R., Mulhouse (68)

Prix à la consommation (hors tabac) (contre 121,94 en juillet) Plafond de la SS (mensuel)

Seuls les immeubles bâtis dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 sont concernés par ces nouvelles dispositions, prises en application de la loi portant réforme de l'hôpital. Selon un décret paru le 3 juin dernier, les propriétaires de parties privatives d'immeubles d'habitation doivent ainsi constituer et/ou actualiser un « dossier amiante-parties privatives ». Ce dossier, qui comprend notamment un rapport consignant les matériaux et produits contenant de l'amiante (calorifugeages, flocages, faux-plafonds...), la date, la nature, la localisation et les résultats des évaluations périodiques, les travaux de retrait ou de confinement effectués ou les mesures conserva-

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1 554,00

122,59 2 946

SMIC horaire (brut au 1er janvier 2011)

9,00

SMIC mensuel brut (base 35 h)

1 365,00

SMIC mensuel brut (base 39 h)

1 536,60

PRÊTS IMMOBILIERS (10 À 30 ANS) Taux fixe Taux révisable

3,7/4,6 % 3,5/4,30 %


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