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Hardcore Way Of Life

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DOSSIER

TOUTE L’HISTOIRE DE LA CULTURE HARDCORE

INTERVIEW

LE CHANTEUR D’OBSCURA NOUS LIVRE LES SECRETS DE LEUR DERNIER ALBUM

INTERVIEW

LE GRAND TATOUEUR STEPHANE CHAUDESAIGUES SE CONFIE A NOUS


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EDITO

Hardcore Way Of Life El et hitios molorumquis earunti nvelique volorum re, acerio. Nem de pos ipis aut aut harchil ilibus dolorro conecabora delitas aut ma sinimoles qui beria volupta voluptis dolut ommolo exerume ipsunt remporem fugitiumquid quunt. Dus de repreped endi dusa dolorro to mostrundi nulpa quosant fugia doluptio. As re re vel et venis con net qui berum am quatiunt quam alique sequis essunt dusam sima cuptatur, et laccum sequam hari omniendaeped et quunt odi seremquo conecat urionet latum am soluptatum simpore ssitate mporendam aut eatia am liquatu reiusae pratur, optat apidusc ientectas qui dolore est lab ipsaest, comnis enda doloris ute coria etum apiet pre volo berit etus utem voluptur as as rempellestio tem eumquatur, quatibus as ius, officae quamusae di ni net occusap itatis cusaecum arum ne vendebitia pre omnihilique.Temolupitiam que et rero illendu nduciti asimus, sinulla ceaquae rspiet re ipsum, ommo quia est et qui voluptatur, eictiis evenitia voluptatia quatio comnimo tem intur? Ovitate netum ant peligendis evelluptatia doluptatur re ditatia volorumetur, te quis re et qui blabo. Aspelenis exerferist occum quam laborecae planis none maio.


SOMMAIRE

ACTU CONCERT page 6

SORTIES CD pages 8-9

INTERVIEW OSCURA pages 10-11

DOSSIER pages 12-16

PRATIQUE page 17

INTERVIEW STEPHANE CHAUDESAIGUES pages 18-20

BREVE page 21


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Julien Audouard

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TRADUCTION Julien Audouard

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ACTUALITES

CONCERT Ce mois çi ca va être brutal, nous avons sélectionné pour vous les meilleurs concerts qui auront lieu en france, vous êtes prévenus ça va être violent !

THE MOSH LIVES TOUR Emmure Winds of Plague War from a Harlots mouth Iwrestledabearonce We set the Sun 08/05/2011

Le groupe se forme en 2003 à New Fairfield. La formation originale est composée de Ben et Joe Lionetti, Frank Palmeri et Jesse Ketive. Les membres du groupe se sont rencontrés sur internet et ont décidé de monter Emmure. Mark Davis joind ensuite le groupe en tant que nouveau bassiste, le bassiste de la formation originale n’ayant pas pu continuer l’aventure avec le groupe, suite à des problèmes de travail. Au cours de l’année 2006, Emmure sort un EP, The Complete Guide to Needlework, suivi l’année d’après par un premier album studio, Goodbye to the Gallows. L’année suivante, le groupe sort un deuxième album studio, The Respect Issue, qui obtiendra un certain succès commercial, en entrant dans le classement Billboard 200.

SURTUR RISING EUROPEAN TOUR

SUMERIAN RECORDS EUROPEAN INVASION

Amon Amarth est un groupe de death mélodique suédois fondé en 1992 à Tumba. Le groupe est souvent cité comme faisant partie du mouvement viking metal parce qu’il aborde des thèmes reliés aux Vikings et à la mythologie scandinave. Le nom du groupe signifie Montagne du Destin en sindarin, langue inventée par J. R. R. Tolkien. Amon Amarth aborde surtout des thèmes reliés aux Vikings et à la mythologie scandinave. Le groupe se décrit d’abord comme étant un groupe de death metal plutôt mélodique. Cependant, plusieurs classifient ce groupe comme étant du viking metal. On peut noter chez Amon Amarth une réelle sensibilité artistique dans les textes écrits par Johan Hegg, faisant référence à rien.

The Faceless est un groupe américain de Death Metal Technique. Formé en 2007, le groupe a rapidement pris de l’importance au niveau de la scène internationale, par leur death metal carré et ultra technique rappelant le vétéran Necrophagist ou Cannibal Corpse pour leur brutalité. Le chanteur du groupe utilise parfois un vocodeur qui donne un effet électronique à sa voix. On voit aussi, dans certaines chansons, des passages de chant clair qui permettent de donner plus d’intensité au morceaux.

Amon Amarth The Black Dahlia Murder Evocation 22/05/2011

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The Faceless Born of Osiris Veil of Maya Gorod 23/05/2011


CARNIFEX

WHITE CHAPEL ATTACK ATTACK! BRING ME THE HORIZON

THE BLACK DAHLIA MURDER

SAMEDI 13 DECEMBRE 2011 DE 18H A 02H AU BATOFAR


REVIEW

CLASH OF

HARDCORE CD’S Ce mois çi à été chargé en sorties. C’est nouveau, c’est violent mais est ce que ça vaut le coup ? Voici sans plus attendre nos impressions

WAR FROM A HARLOTS MOUTH In Shoals 18/20

JOB FOR A COWBOY Ruination 14/20

Fascinant organe qu’est l’oreille. Loin de moi l’idée de mettre en doute vos connaissances en affirmant avec un culot et un air de premier de la classe mielleux que c’est par ces deux conduits que vous percevez les sons de la vie quotidienne. Mais saviez-vous que cet organe joue un rôle primordial dans la perception des mouvements du corps et surtout, dans l’équilibre ? C’est sur cette propriété trop souvent ignorée de l’opinion publique que se base WAR FROM A HARLOTS MOUTH pour vous faire chuter. Reprenant le flambeau brulant du Mathcore cédé par THE DILLINGER ESCAPE PLAN, nos cinq berlinois d’origine font honneur à tous les niveaux à ce style bien plus intellectuel qu’il n’en a l’air. Ils avaient déjà sérieusement ébranlé les barrières de ce mouvement à mi-chemin

entre Post-Harcore, Experimental et Free-Jazz avec leur Transmetropolitan de 2007. Avec In Shoals, ce n’est plus dans un train mais dans une fusée que l’on embarque. C’est d’ailleurs incroyable de voir que derrière ces têtes d’intellos ou de bons copains avec qui tu t’autorises un resto huppé en fin de semaine, se dissimule un potentiel artistique que personne ne soupçonnerait. L’inspiration leur vient d’une planète lointaine, avec un sol rose fuchsia, un ciel jaune électrique et dont le nom contient plein de « X » et de « Z » accolés à une suite de chiffres incongrue. Le genre de planète qui ne va pas tarder à être découverte par une équipe tout aussi illuminés. Le voyage est somme toute rapide.

Ang Lee aurait pu choisir JOB FOR A COWBOY pour son Brokeback Mountain mais oubliez alors les mots doux et la vaseline, car JOB FOR A COWBOY, ça tape fort et profond. J’ai découvert JFAC au Hellfest édition 2008 et ce qui a commencé par simplement attirer l’attention d’une oreille distraite a fini par couper le souffle d’un amateur d’émotions fortes… Nombre de mes confrères qualifient désormais la musique des Américains de Brutal Death. Certes. Mais l’élément Core ne saurait être balayé d’un simple revers de la main; à moins de considérer que Core est devenu synonyme de moderne en matière de Metal et qu’il n’est plus utile de le mentionner. Pourtant, le Death pratiqué par JOB FOR A COWBOY n’entretient qu’une parenté éloignée avec un SUF-

FOCATION, MONSTROSITY ou DEICIDE pour ne citer qu’eux. Il est vrai que la formation s’éloigne un peu des rythmes plus typés Core des débuts, mais le Deathcore reste la marque de fabrique de ce Ruination et ce n’est pas pour me déplaire. D’ailleurs, alors qu’elle était presque anecdotique sur Genesis, l’alternance de growls et de vocaux corrosifs revient en force, assurant ainsi sur cet aspect une filiation plus nette avec l’excellente démo Doom même si le combo abandonne, pour mon plus grand regret, les couinements Grind. Ce qui frappe chez ces cowboys, c’est la puissance, plus que la technicité, le groove ou une quelconque atmosphère blasphématoire (d’ailleurs, JFAC a abandonné les interludes instrumentaux afin de créer une ambiance.

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BRING ME THE HORIZON Suicide Season 8/20

BLEEDING THROUGH Declaration 18/20

MISS MAY I Apologies Are For The Weak 15/20

Hip hip hip, hourra ! Du Deathcore ! J’en connais

tympan avec leur gros Deathcore de bourrin.La

un qui va se régaler. Mais comme la tendance

moyenne d’âge du groupe n’est pas bien haute, les

actuelle est au complément « … ou pas ! », je n’ou-

capacités intellectuelles non plus. J’aurais pu avan-

blie pas de le mentionner en toute fin de phrase.

cer que l’opus se déroule dans un foutoir le plus

Hourra. Du Deathcore ! Je vais donc me régaler…

total. J’irais seulement jusqu’à dire qu’il y’a un léger

ou pas, BRING ME THE HORIZON, c’est le genre

manque de tact et de cohésion dans l’ensemble.

de groupe dont t’entends un peu parler. T’as bien

On ne comprend que trop bien pourquoi les anglais

un ou deux copains qui font partie de ceux qui se

ne se démarquent que dans la cours de récré. Leur

collent une mèche rose et noire ridicule sur la face

accueil est des plus insignifiants et vous deviendrez

pour te dire que « BRING ME THE HORIZON c’est

vite exécrés par les vocaux totalement Screamo

trop tueur à donf ! » mais t’as jamais vraiment pous-

d’Oliver Sykes. Il a l’air bien gentil le jeunot (même

sé le vice jusqu’à l’écoute. C’est maintenant chose

si il aime uriner sur ses fans les soirs de concert à

faite avec leur deuxième disque, Suicide Season

Nottingham), mais pour ce qui est du chant, je ne

sorti en octobre 2008 sous la houlette de Visible

lui souhaite que de s’être attrapé une belle angine

Noise. Ces deux là sont faits pour s’entendre. Et

blanche pour m’avoir cassé les oreilles.

dire que cette expérience est singulière n’est pas mentir. Vous serez surpris de voir des jeunes emoboys au visage si angélique vous déstructurer le

BLEEDING THROUGH est le genre de groupe à vous mettre une patate d’enfer pour la journée. Cela équivaudrait à une cure de vitamine, c’est comme aller voir un concert de TOKIO HOTEL avec une machette... Je vous laisse imaginer la scène... Plus sérieusement, le groupe Australien nous offre leur tout dernier album, Declaration, qui est dans la droite lignée de This is Love, This is Murderous ou de The Truth. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès du groupe. Beaucoup de personne on vu dans cette galette, la décadence du groupe. Moi je vois ce que BLEEDING THROUGH peut offrir de meilleur. Déjà, la production impeccable rien à dire. Après, il est vrai que l’intro va surprendre les connaisseurs. Un morceau instrumental digne des meilleurs B.O. des films de Tim Bur-

ton. Voluptueux, aérien, on se pince presque pour ce demander si c’est le bon CD que l’on a mit... Mais la phrase de fin rassure : « We die in Hell »! Et là, c’est toute la puissance de la bande Australienne qui s’abat sur nos oreilles. Je dois dire que ma surprise pour cet opus est la basse de Ryan Wombacher. Nettement plus présente que dans leurs sorties précédentes. Elle se fait guerrière avec des riffs d’une puissance que j’ai rarement entendu. « Declaration (You Can’t Destroy What You Can Not Replace) » et aussi « Germany » suffisent pour nous en convaincre. La basse fait duo avec la batterie, à eux deux, ils posent les rythmes effrénés des morceaux.

Du Deathcore ! J’en connais un qui va se régaler.

tympan avec leur gros Deathcore de bourrin.La

Mais comme la tendance actuelle est au complé-

moyenne d’âge du groupe n’est pas bien haute, les

ment « … ou pas ! », je n’oublie pas de le mention-

capacités intellectuelles non plus. J’aurais pu avan-

ner en toute fin de phrase. Hourra ! Du Deathcore.

cer que l’opus se déroule dans un foutoir le plus

Je vais donc me régaler… ou pas, MISS MAY I,

total. J’irais seulement jusqu’à dire qu’il y’a un léger

c’est le genre de groupe dont t’entends un peu

manque de tact et de cohésion dans l’ensemble.

parler. T’as bien un ou deux copains qui font partie

On ne comprend que trop bien pourquoi les anglais

de ceux qui se collent une mèche rose et noire ridi-

ne se démarquent que dans la cours de récré. Leur

cule sur la face pour te dire que « MISS MAY I c’est

accueil est des plus insignifiants et vous deviendrez

trop tueur à donf ! » mais t’as jamais vraiment pous-

vite exécrés par les vocaux totalement Screamo

sé le vice jusqu’à l’écoute. C’est maintenant chose

d’Oliver Sykes. Il a l’air bien gentil le jeunot (même

faite avec leur deuxième disque, Suicide Season

si il aime uriner sur ses fans les soirs de concert à

sorti en octobre 2008 sous la houlette de Visible

Nottingham), mais pour ce qui est du chant, je ne

Noise. Ces deux là sont faits pour s’entendre. Et

lui souhaite que de s’être attrapé une belle angine

dire que cette expérience est singulière n’est pas

blanche pour m’avoir cassé les oreilles.

mentir. Vous serez surpris de voir des jeunes emoboys au visage si angélique vous déstructurer le

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INTERVIEW

OBSCURA MUNDI REVOLUTION Tandis que le guitariste/chanteur Steffen Kummerer est en studio en train de finaliser l’enregistrement du second album de son projet black métal Thulcandra, Under a frozen Sun, normalement prévu pour cet été, l’Allemand prend le temps de se poserquelques instants pour répondre à nos questions sur le troisième album studio de son projet principal, Obscura.

Je me souviens que pour la pochette de Cosmoge-nesis, tu avais voulu une référence très forte à celle de l’album Spheres de Pestilence. Avec Omnivium, ii y a toujours cette touche très futuriste, mais avec des éléments nouveaux, par exemple cette figure centrale qui ressemble vraiment à un spermatozoïde place devant un ovule muni de dents pointues, comme s’il était prêt à le dévorer ? Eh bien les pochettes, tout comme l’ensemble du design de chaque album, les t-shirts, les vinyles et tout ce qui est en relation avec Obscura, sont très important pour nous. En général nous travaillons avec un schéma colorimétrique précis, une couleur clé pour chaque disque. Rétribution était l’album rouge, Cosmogenesis le bleu et enfin Omnivium le vert. J’associe à chaques couleur différents symboles qui sont une partie de notre concept réparti sur 4 albums. Le concept a démarré avec Cosmogenesis, la genèse, l’émergence et la formation de l’univers qui est extrêmement froid et qui trouve son origine dans une sombre énigme qui est très proche de la couleur bleue. Cet album représente toutes ces idée condensées dans l’artwork et j’en suis très satisfait. Pour en revenir à Omnivium, ce deuxieme disque sur les 4 prévus représente l’évolution de façon assez large. C’est pourquoi on peut voir différents symboles, comme le spermatozoïde, l’univers qui est en lien avec Cosmogenesis, une vision futuriste de la vie extra-terrestre combinée aux méduses ordinaires ainsi que d’autres éléments forts. Pour cette évolution qui peut être interprétée de façon positive ou comme un incident négatif, j’ai pensé à la couleur verte qui reste neutre. Je le considère comme un membre à part entière du groupe car sans son concours, l’album ne serait pas ce qu’il est désormais. Ca peut paraître un peu geek, mais j’aime bien travailler sur tous ces petits détails dans les designs et les couleurs. Pour cette évolution qui peut être interprétée de façon positive ou comme un incident négatif, j’ai pensé à la couleur verte qui reste neutre. Je le considère comme un membre à part entière du groupe car sans son concours, l’album ne serait pas ce qu’il est désormais.

Le titre de l’album est également assez mystérieux, en latin ii peut signifier «de tous» ? On peut interpréter l’album et le concept des textes et du design de multiples manières. De la même façon que quand je compose de la musique, pour les textes j’essaie toujours de construire une base principale sur laquelle je place plusieurs couches avec diférentes idées jusqu’à ce que je sois satisfait à la lecture. Ici on peut voir l’histoire assez évidente de révolution du singe vers l’homme visuellement. Mais au sein de l’évolution, je vois également un lien très poétique et philosophiques car en tant qh’humains nous développons de nouvelles perspectives et de nouveaux actes, ensuite une troisième couche est formée par la biochimies et enfin la quatrième couche est représentée par des pensées philosophiques supérieures telles que les grandes discussions sur les religions. J’adore jouer avec ces idées et voir comment les lecteurs, amis et fans interprètent chacun à l’eur manière tout cela. Les textes se concentrent donc principalement sur cette philosophie supérieure et les discussions au sein de chaque religion. Pour Omnivium, je me suis basé sur un ouvrage de Friedrich Schelling, Clara, ou Du lien de la nature au monde des esprits, auquel j’ai ajouté mes propres pensées. Je suis persuadé que de parler des textes est probablement la chose la plus ennuyeuse qui soit pour les fans de death métal qui vont me lire, mais peut-être que ça pourra intéresser quelques personnes. Je suis content de pouvoir écrire mes textes pour ces personnes. Sur chacune de mes paroles j’ai une opinion personnelle, une préférence et une vision précise en particulier à propos des religions. Le titre Omnivium est un vortex noir au sein de l’univers, une spirale infinie qui annihile toute matière et la vie pour créer quelque chose de nouveau. On pourrait appeler cela un dieu défini. Détruire pour créer - ce que l’on retrouve dans toutes les religions en regardans bien. Mais au sein de l’évolution, je vois également un lien très poétique et philosophiques car en tant qh’humains nous développons de nouvelles perspectives et de nouveaux actes, ensuite une troisième couche est formée par la biochimie.

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«Relapse - Pias» Christian Weiss

Musicalement je suis d’accord avec ce que tu as dit par rapport à l’ouverture de votre son vers de nouvelles choses. Un titre comme «Océan Gateways», très lourd, par exemple dévoile encore certaines de vos influences et vous emmènes vers une musique toujours plus personnelle aux influences nettement mieux digérées qu’auparavant ? Merci pour ces gentils mots. Ca fait plaisir de voir qu’on ne semble pas deux fois enregistrer la même chose. Je ne suis pas sûr que nous soyons partis dans une nouvelle direction, nous continuons d’incorporer notre identitée dans la musique d’Obscura. Omnivium est peutêtre effectivement un pas dans la bonne direction. Avec l’album précédent, nous voulions créer une musique et surtout un feeling proche du début des années 90, similaires en particulier à des disques tels que Human, Unquestionable Presence et Focus. Notre tout premier album quand à lui était solidement ancré dans toutes nos influences. Musicalement, la première chose que je considère est le feeling, je ne l’analyse qu’après coup. Si je devait comparer Cosmogenesis et Omnivium, je dirai que le nouvel album à une ambiance très sombre relativement proche de ce qu’un groupe comme Emperor a apporté. Leur album Prometheus à été une grosse influence également. Pour créer quelque chose de nouveau, nous avons décidé de ne pas nous caricaturer en évitant de composer un second Cosmogenesis ou un nouvel album de Death. Tout le monde s’est concentré sur ces points forts et Christian s’est chargé d’un nombre plus important de leads afin de me laisser plus de place pour varier mes chants et mes chœurs ce qui accompagne mieux cet album.

Le titre de l’album est également assez mystérieux, en latin ii peut signifier «de tous» ? On peut interpréter l’album et le concept des textes et du design de multiples manières. De la même façon que quand je compose de la musique, pour les textes j’essaie toujours de construire une base principale sur laquelle je place plusieurs couches avec diférentes idées jusqu’à ce que je sois satisfait à la lecture. Ici on peut voir l’histoire assez évidente de l’évolution du singe vers l’homme visuellement. Mais au sein de l’évolution, je vois également un lien très poétique et philosophiques car en tant qh’humains nous développons de nouvelles perspectives et de nouveaux actes, ensuite une troisième couche est formée par la biochimies et enfin la quatrième couche est représentée par des pensées philosophiques supérieures telles que les grandes discussions sur les religions. J’adore jouer avec ces idées et voir comment les lecteurs, amis et fans interprètent chacun à l’eur manière tout cela. Aussi grâce que le pré et les discussions au sein de chaque religion. Tout le monde s’est concentré sur ces points forts et Christian s’est chargé d’un nombre plus important de leads afin de me laisser plus de place pour varier mes chants et mes chœurs.

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DOSSIER

L’HISTOIRE DU HARDCORE Le punk hardcore, souvent simplifié en hardcore, est un sous-genre du punk rock apparu en Amérique du Nord à la fin des années 1970. Il est considéré comme la première vague d’artistes de punks radicalisés et engagés, devenant plus underground ou inconditionnels, accélérant les tempos et raccourcissant les morceaux, notamment en réaction à la commercialisation de certains artistes punk. Le son est plus lourd et les mélodies plus rapides que le style de punk rock des années 1970. Il est caractérisé par des chansons courtes, souvent empruntes d’un message fort.

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Le punk hardcore, originaire de différentes zones en Amérique du Nord, apparaît progressivement entre l’explosion du punk en 1976 et l’apparition du groupe Minor Threat en 1980. En même temps le UK 82, un équivalent britannique, était apparu bien qu’il ne fut pas très connu. Il a postérieurement été nommé hardcore britannique. Les régions principales associées avec les origines du punk hardcore sont généralement Chicago, la Californie, Boston, Détroit, New York City, le Texas, Toronto, Vancouver et la ville de Washington. L’origine du terme punk hardcore est incertaine, quand bien même une théorie est que le groupe D.O.A. de Vancouver rendit le terme officiel avec le titre de son album de 1981 : Hardcore ‘81. Jusqu’à environ à 1983, le terme hardcore a été peu employé. Les adolescents américains qui appréciaient le punk hardcore considéraient simplement qu’ils appréciaient le punk, bien qu’ils n’aient pas été nécessairement intéressés par le punk rock originel de la fin des années 1970. Un caractère très affirmé du punk hardcore (bien plus que le punk originel) a été son approche Faites-le vous-même, en anglais Do It

Yourself (DIY) de la musique. De façon générale (la Californie étant peut-être l’exception) la scène hardcore comptait entièrement sur des enregistrements, fanzines, interventions en radio et concerts DIY. Ils y réintroduisent des paroles critiques et engagées et mettent en avant une éthique plus stricte, moins exubérante, qui se traduit en partie dans l’apparence : les excès fantaisistes du punk avec son abondance de piercings, de couleurs, de pantalons à carreaux, vestes personnalisées et de coupes de cheveux excentriques sont rejetés au profit de simples jeans, T-shirts souvent blancs sans motifs et cheveux coupés courts, voire rasés.

« JUSQU’À ENVIRON À 1983, LE TERME HARDCORE A ÉTÉ PEU EMPLOYÉ. » Le livre de Michael Azerrad Our Band Could Be Your Life retrace la différenciation du hardcore vis-à-vis du punk rock en trois phases qui correspondent à trois groupes. Il appelle Black Flag, formé à Los

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DOSSIER

L’HISTOIRE DU HARDCORE

Angeles en 1976, « les parrains du hardcore ». Azerrad attribue aux Bad Brains, formés à Washington, D.C. en 1977, l’introduction des down tempos, et il appelle Minor Threat, formé à Washington, D.C. en 1980, le « groupe définitif de punk hardcore ». La supposition d’Azzerad pourrait paraître simpliste, mais chacun de ces trois groupes a eu, à sa manière, une forte influence. Certains ont décrit Black Flag comme le premier groupe de hardcore des ÉtatsUnis. Formé en 1976, il a eu un impact majeur sur la scène de Los Angeles, puis sur la plus large scène nord-américaine avec un son brut, conflictuel et la position morale DIY. La formation originelle de Black Flag comprend Keith Morris, qui fonde Circle Jerks par la suite, tandis que la composition finale comporte l’ancien chanteur de State of Alert Henry Rollins. Tandis que leur influence musicale est limitée (peu de groupes actuels ont ressemblé à Black Flag), leur travail inlassable en promouvant leurs propres concerts et réalisant leurs disques eux-mêmes a inspiré d’autres groupes en explorant les possibilités de l’indépendance totale vis-à-vis de la scène musicale de la grande distribution. Bad Brains est un groupe formé par de jeunes afro-américains de Washington DC qui tirent leurs influences du punk rock, du heavy metal et du reggae et sont, à l’origine, un ensemble de jazz-rock fusion. Le groupe, s’est formé en 1977 et a rapidement développé un style

fort et rapide. Leur premier album, à l’origine une simple cassette sortie sur Reachout International Records en 1981, inclut trois pistes de reggae, en contraste aiguisé vis-à-vis du reste de la musique du groupe. Leur single Pay to Cum en 1980 précéde cet album. Le groupe Minor Threat, également de Washington DC, s’est formé en 1980 à partir du groupe Teen Idles. Les membres provenant de Teen Idles sont Ian MacKaye, qui continuera avec le groupe de posthardcore Fugazi puis le groupe Embrace, et Jeff Nelson.

« CERTAINS ONT DÉCRIT BLACK FLAG COMME LE PREMIER GROUPE DE HARDCORE DES ÉTATS-UNIS » Minor Threat a joué une forme de punk agressive et rapide, sous l’influence des Bad Brains. Le groupe est un des fondateurs du mouvement straight edge. Après que les Teen Idles se soient séparés, MacKaye et Nelson mettent l’argent du groupe dans la fondation du label Dischord Records, initialement pour sortir leur maxi Minor Disturbance sur vinyle, mais bientôt pour réaliser la sortie de maxis par Minor Threat et plusieurs autres groupes de Washington DC. Minor Threat demeure aux yeux de nombreux critiques l’avatar le plus accompli du hardcore.

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MAMAN, C’EST QUOI

Plusieurs groupes de Los Angeles des années 1970 ont réalisé des enregistrements très semblables à ce qui allait devenir le hardcore. Un de ces enregistrements est Out of Vogue, maxi de Middle Class en 1978. Un autre disque influent était (GI) de The Germs en 1979, essentiellement un disque de hardcore, non seulement pour ses tempos rapides mais également pour ses rapides changements d’accords. Les Dead Kennedys de San Francisco, qui se sont formés en 1978, ont réalisé leur premier simple «California Über Alles» en 1979. Au moment où ils ont sorti leur maxi In God We Trust, Inc. en 1981, ils jouaient des tempos très rapides. Le premier album des Circle Jerks sorti en 1980 contient plusieurs pistes aux changements d’accords et tempos très rapides. À l’Est, The Misfits du New Jersey étaient un groupe de punk de 1977 impliqués dans la scène du Max’s Kansas City (discothèque) de New York. En 1981, The Misfits ont intégré des chansons thrash à grande vitesse dans leur jeu. Hüsker Dü a été formé à Saint Paul au Minnesota en 1979 comme un groupe de punk hardcore aux morceaux extrêmement rapides et bruts. Mais après un double-album conceptuel (Zen Arcade), le groupe suit sa propre voie, mêlant pop et punk hardcore, dont l’influence s’étend des Pixies à Green Day À partir de 1981, beaucoup des scènes locales influentes et fécondes éclosent, réalisant démos et disques. Beaucoup de groupes impor-

LE DEATHCORE ? Le deathcore (ou death metalcore) est un mélange entre le death metal et le metalcore. Le deathcore est une musique violente et brutale , possédant des « breakdowns » lourds et violents. Les principales influences du deathcore viennent du Death metal, du Grindcore, du Metalcore et Hardcore. Alternant entre des riffs de death metal, une rythmique metalcore et une utilisation fréquente des breakdowns, le deathcore est un style assez polyvalent tout en restant brutal.

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Puis, au fil des années, on a pu voir apparaître des groupes ajouter des éléments du Black metal à leur deathcore, en y ajoutant des nappes atmosphériques ou des symphonies à l’aide du clavier. Notamment le groupe Winds Of Plague, avec la sortie en 2008 de leur deuxième full-length intitulé Decimate The Weak. D’autres groupes comme The Breathing Process, Abigail Williams en France font également dans la même lignée.


DOSSIER

L’HISTOIRE DU HARDCORE

LE HARDCORE CA SE DANSE

tants de hardcore des origines n’ont pas réalisé de disques pendant leur existence, et ont été uniquement connus par des concerts, des démos, ou encore par des pistes sur les compilations multi-groupes. Les scènes principales émergentes à l’époque sont : À Boston, des groupes piliers d’une scène hardcore importante, très active et largement straight edge naissent comme DYS, The Freeze, The F.U.’s, Gang Green, Jerry’s Kids, Negative FX, Slapshot, SSD. Negative FX qui était un des groupes de hardcore les plus populaires à Boston au début de 1982, n’a pas réalisé de disques et était inconnu à l’extérieur de leur propre secteur jusqu’à qu’un album posthume n’ait été sorti en 1984. La scène californienne, avec des groupes comme The Adolescents, Circle Jerks, Dead Kennedys, The Germs, Middle Class. La scène New York Hardcore caractérisée par de nombreux enregistrements, incluant des groupes comme 25 Ta Life, Agnostic Front, Biohazard, Madball, Murphy’s Law, Sick of It All, Warzone. D’autres villes nord-américaines ont donné naissance à quelques groupes de hardcore notoires, comme Poison Idea à Portland ou, à Vancouver, D.O.A.. Un grand nombre de groupes originels a eu une existence assez brève mais les plus grand sont encore là.

LE MOSH !

Le hardcore est connu pour sa danse appelée mosh ou moshing. Il s’agit d’une danse saccadée, associant mouvement de bras, de jambe et de tête, coups de pieds et coups de poings dans le vide, pas chassés et moulinets. Et de grands pas en claquant bien les pieds dans le rythme de la grosse caisse. La danse se fait au rythme de la musique et les différents styles ne permettent pas les mêmes styles de mosh. La danse a lieu dans un espace vide au milieu de la foule des spectateurs appelé pit ou fosse. La fosse peut être plus ou moins grande, suivant la taille de la salle, le nombre de

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danseurs et l’importance totale du public. Le mosh est une danse individuelle, bien que certaines figures puissent être réalisées de façon collective. Le mosh est un droit, à partir du moment où l’on ne frappe pas volontairement le public. Il ne faut pas confondre les moshs avec les pogos, le mosh est une danse lourde et saccadée qui est pour beaucoup une danse conviviale, surtout quand elle est caricaturée. Avant que le temps ne se permette d’y attribuer des caractéristiques propres et définies, la danse était à l’image de la musique, libre et explosive avant tout, il est important de le noter.


PRATIQUE

LANDSCAPE UN SHOP QUI T’AIME

C´est le 15 septembre 2007 que la boutique Landscape Rockshop ouvre ses portes à Paris. L´idée de sa création est venue de la passion commune de ses trois créateurs pour la musique, les sports extrêmes et bien sur pour la mode assimilée à ces milieux. Le constat qu´il n´existait pas de shop comme celui-ci poussa donc Ben, Seb et Fab à créer une boutique à leur image et à l´univers unique et original. Landscape Rockshop s´est donné comme but d´offrir en permanence à sa clientèle des collections originales et pointues sans perdre de vue l´éthique qui régit les milieux qui sont chers à ses trois créateurs. La boutique se différencie aussi par une image qui réunit les aspects les plus classes du rock et des sports extrêmes. Landscape Rocks-

hop se veut être le point de rendez vous incontournable de ceux qui cultivent le style et qui veulent sortir du lot grâce à de nouvelles marques.

Ouvert du Lundi au Samedi de 11h à 20h LANDSCAPE ROCKSHOP 16 Rue Keller 75011 Paris 01 43 38 05 43

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INTERVIEW

TATOO ARTIST

STEPHANE CHAUDESAIGUES

Stéphane Chaudesaigues arpente le monde de l’encre depuis maintenant plus de 20 ans. Il le découvre enfant et débute, un dermographe à la main, à 19 ans. Le réalisme et le noir et gris deviennent sa spécialité. Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? J’ai commencé très tôt (11 ans) à me faire piquer. Je voulais marquer ma différence, montrer que je m’appartenais et que personne ne pouvait décider pour moi. Ce n’était pas juste une crise d’adolescence, je suis toujours comme ça. Ensuite vers 18 ans, je me suis acheté du matériel et j’ai commencé à piquer dans le fond de mon appart. J’allais attendre chez les « vieux » tatoueurs de l’époque, pour glaner des infos. Mais c’était dur, rien n’échappait ou presque. Pour me faire la main je me suis d’abord piqué moi-même et puis les premiers clients sont arrivés, d’abord gratos. Mon premier client payant m’a permis d’acheter une paire de kickers à mon fils, je n’avais pas une thune. Je voulais réussir, je voulais être tatoueur. Je suis ensuite parti dans le sud et j’ai ouvert mon premier studio : Graphicaderme et les choses ont vraiment démarré. La je suis entre Avignon et Paris. Mon studio parisien s’appelle Atelier 168 la Bête humaine, en rapport avec le fait

que pendant longtemps les gens tatoués ont été considérés comme des bêtes de foire (freaks).C’est aussi un clin d’œil au roman de Zola qui parle de l’atavisme et qui est une notion de la nature humaine qui me touche de façon plus personnelle. Annuellement tu vas travailler à Philadelphie aux US. J’ai l’impression que la culture du tatouage est nettement plus répandue dans les pays anglo-saxons, particulièrement aux Etats- Unis. La concurrence là-bas n’est pas trop rude ? Je vais deux fois par an à Philadelphie, et ce pour plusieurs raisons j’aime cette ville, j’y ai de très bon amis. Il y a une réelle culture du tatouage et c’est un vrai bonheur de voir des gens tatoués partout et dans tous les jobs. Il y a évidemment une « concurrence » là-bas due au fait qu’avec certains tatoueurs nous avons des styles simi-

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laires, comme Shane O’Neill qui se trouve dans le Delaware juste à côté de Philadelphie, mais c’est une concurrence saine et qui n’en n’est même pas vraiment une, car nous échangeons beaucoup sur nos techniques et sur le matériel. J’ai également d’excellentes relations avec mon ami Bill Funk et sa femme Ana Paige chez qui je travaille quand je suis là-bas. J’ai une clientèle qui me suit depuis des années à laquelle se rajoute à chaque voyage de nouveaux clients et challenges. Y a-t-il des choses, des motifs, des endroits sur le corps que tu t’es toujours refusé d’exécuter quel que soit le prix que la personne serait prête à te payer ? Il y a des endroits sur le corps, tel que le visage que je ne veux pas faire car j’ai le sentiment que c’est un suicide social. La personne va être rejetée et ne pourra plus faire marche arrière. Et je ne veux pas être l’instrument d’un acte aussi radical. De plus je vois tellement de gens qui viennent se faire enlever des tatouages dans mes magasins grâce au laser, que lorsque c’est un endroit qui « sort du commun », je préfère que les gens soient sûrs d’eux. Pour ce qui est du reste, ça dépend de l’endroit ou je me trouve. En effet vivre avec le cou ou les mains tatoués aux USA ou en Angleterre est plus facile. En France, à moins que ce ne soit un confrère ou une personne évoluant dans le milieu du marginal (musique, piercing...) je le déconseille car ça pose un réel problème d’intégration dans la société ainsi que pour trouver ou garder un boulot. En ce qui concerne les images, je ne suis pas fan de ce qui exprime des extrêmes politiques ou religieux, ce qui incite à la haine. L’humain n’a pas besoin d’en rajouter il a déjà pris tout le quota de haine à son crédit.

«La bête humaine» 19


INTERVIEW

STEPHANE CHAUDESAIGUES

La plupart des excellents tatoueurs ne se contentent jamais de simplement exécuter une commande d’un client, il s’établit un autre rapport que celui simplement mercantile, et chaque tatoueur à la manière d’un véritable artiste a sa propre sensibilité, sa propre griffe. Comment définirais-tu ta spécificité ? Comme tu le dis, il y a maintenant depuis une quinzaine d’années des « écoles » différentes qui se sont créées, avec des styles très différentes et des artistes imaginatifs et terriblement talentueux. Et les clients, comme je le disais plus haut, s’adressent à u tatouer bien particulier quand ils veulent se faire encrer. Ils viennent chercher un style, une sensibilité et une technique en particulier. Je ne peux pas parler pour tous les autres, , mais ceux que je connais bien comme Shane O’Neill, Bo Tyrrell, Tim et James Kern, Liorcifer et Dans Marshall travaillent à peu près comme moi. C’est-à-dire que le client vient avec une idée, un thème ou même une image et nous explique ce qu’il voudrait et comment il le voit. Ensuite à nous de faire des recherches et des maquettes pour coller à l’idée de base, tout en faisant en sorte que cela corresponde à quelque chose que nous voulons exprimer ou faire voir. Ces clients là veulent un tattoo comme ils achèteraient un Picasso ou un Matisse. Les clients qui s’adressent à moi, viennent car ils aiment mon travail photoréaliste, la façon dont je traite les portraits et la manière dont j’use des couleurs. Je fais du réalisme tant en

couleur qu’en noir et gris. Le fait d’être très précis dans le traitement n’interdit pas d’écouter son esprit ou son inconscient et de faire des images différentes et réelles. En dehors du tatouage, tu sembles être enclin à toucher à d’autres formes artistiques telle la photo, la peinture ou encore le dessin. Ces différentes manières d’exprimer tes idées sont nécessaires pour pouvoir éviter de rester enfermé dans un unique médium qui parfois pourrait être trop limité de par le fait que tes œuvres ne t’appartiennent plus vraiment une fois le tatoué parti ? Ce n’est pas une question d’enferment, c’est au contraire une question d’ouverture. Ça permet d’appréhender le tatouage d’une façon différente. Et puis, c’est un tout, j’utilise la photo, le dessin, la peinture pour nourrir le tattoo. C’est le propre de l’artiste que de créer pour montrer, donner ... Ce qui me plaît particulièrement avec le tatouage, c’est que « l’œuvre » vit réellement, elle est offerte, elle n’est pas un musée, elle est accessible. Il y a certains dessins dont j’ai eu du mal à me séparer, plus parce qu’ils représentaient une partie de ma vie que pour le dessin lui-même. Ce qui est frustrant dans le tattoo, c’est que tu ne peux pas avoir le recul pour profiter de la pièce que tu as faite.

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TATTOO

DES TATTOOS

TOP&FLOP Les tattoos on aime tous ça, c’est pourquoi on s’est amusés à chercher pour vous ce qui peux se faire de mieux mais aussi de plus horrible!

UNE NANA SEXY UN CHAT AVEC ET TATOUEE DES BONBONS

UN GRAND ARTISTE

C’EST TOUJOURS MIEUX

QU’UN FREAKBOY

QU’UN VRAI CHAT ?

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QU’UN TRUC DE FACHO


CHRONIQUE

HELLFEST EDITION 2010 Record d’affluence battu pour cette cinquième édition du plus gros festival metal français, avec 72 000 entrées sur trois jours. Le combat stérile antiHellfest de la droite chrétienne, en guerre contre la supposée « culture de mort », aura juste crée un buzz appréciable. Dimanche 17h00, au fond de la tente de presse du Hellfest, Ben Barbaud, 29 ans, est fourbu mais ravi. Comme chaque année depuis neuf ans, il achève sa semaine sur les rotules puisqu’il est le co-fondateur du festival qui baissera le pont-levis dans huit heures sur le triomphe annoncé d’un Kiss amenant dans ce coin de bocage toute la démesure d’un show à 300 000 watts et à 500 000€. Un calibre impensable lors des premières éditions. D’ailleurs, Ben Barbaud n’est pas spécialement fan de Kiss. Lui, son acolyte Yoann Le Névé et l’équipe de dix permanents (plus 350 intermittents et 700 bénévoles sur le site) viennent du punk et du hardcore: scènes plus politisées que le metal souvent bêtement consumériste -voir la liste sans fin du merchandising de Kiss, du flipper au cercueil. Mais le duo amateur s’est mué en promoteurs et a fait du Hellfest un des plus gros festivals du pays en cinq ans, à l’instar des Eurockéennes ou de Rock en Seine. Ce en dépit de moins de moyens et plus d’ennemis. Une maigre subvention -âprement discutée- de 20 000€ du conseil régional des Pays de Loire et la fronde d’associations catholiques et d’élus de la droite chrétienne. Mais le Hellfest refuse la polémique. Barbaud, ex-étudiant en œnologie, se définit comme:

« UN PROLO QUI VEUT RESTER À SA PLACE ET NE PAS JETER D’HUILE SUR LE FEU, LE DÉBAT PHILOSOPHIQUE SUR LA DIVERSITÉ CULTURELLE DÉPASSANT DANS LE CADRE DU HELLFEST. »

Il préfère louer le bouche à oreille enchanté de spectateurs qui reviennent à plus de 50% et une affiche de 115 groupes aussi dense qu’éclectique. Eau bénite contre bière par hectolitres : Car depuis 2006, le Hellfest inquiète. Cette année, c’est la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) qui assigne le festival au tribunal de Nantes pour obtenir «les titres des chansons interprétées par les groupes invités» afin notamment de «prévenir toute atteinte aux intérêts spirituels, moraux et matériels des familles». Demande inimaginable qui fera heureusement chou blanc. Les intégristes se sont contentés d’asperger le site d’eau bénite en priant pour l’âme perdue des fans de metal… Dont celle du père Robert Culat du diocèse de Carpentras. L’auteur de l’Age du Metal s’est mêlé aux festivaliers et a pris part à une table ronde sur le metal et la religion le samedi. Prenant acte de la part de provocation du genre, il rappelle que:

« BAUDELAIRE AUSSI FUT INTERDIT SOUS LE SECOND EMPIRE POUR LES PRIÈRES À SATAN CONTENUES DANS LES FLEURS DU MAL. » Quant au soupçon de perversion des jeunes âmes, il plie vite devant l’âge moyen des fans, plutôt proche de la trentaine. Les rares ados étaient impérativement accompagnés par un majeur, seule concession du tribunal à la CNAFC. Et les contrôles étaient drastiques aux portillons. Le relais politique anti Hellfest,

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porté dès mars par Philippe de Villiers et Christine Boutin, s’est lui vite mis en veilleuse. Les deux parlementaires ont eux-mêmes subi leur lot d’avanies. Accusations de viol portées par son fils cadet à l’encontre de son aîné pour l’un, cumul de ses retraites avec le salaire offert pour une mission élyséenne pour l’autre. On ne les a plus entendus tonner contre « la culture de mort » que véhiculerait « ce festival sataniste ». Ce repli aura fait le bonheur de Patrick Roy, député-maire PS de Denain (Nord), venu prendre un bain de foule dans sa célèbre veste rouge. Entre deux photos souvenirs, il s’est posé en lobbyiste du metal, un genre « victime de l’ignorance et qui doit être défendu » que lui-même affectionne. Du côté de l’organisation on est:

« RAVIS DE SA PRÉSENCE, MAIS DÉÇUS DE CONSTATER QUE LE PREMIER POLITIQUE À SE DÉPLACER N’EST MÊME PAS DE LA RÉGION. » Quant à la fameuse « culture de mort », elle fait sourire les locaux qui ont appris à connaître le folklore de cette faune bigarrée mais paisible, consommant près de 90 000 litres de bières en trois jours, assurant par là trois mois de chiffre à certains commerçants. Gendarmes et préfecture constatent que le Hellfest occasionne moins de débordements que nombre de rassemblements. Ici, si on n’aime pas un groupe, on ne va pas agresser ses fans, mais passer son chemin, les quatre scènes sont là pour ça.


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