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Écrit par Dante_Sparda_62 pour Metal Gear Generation et Dante_Sparda_62's Novels. Aucune copie sans citer le nom de l'auteur et sans son accord, ni aucune utilisation commerciale ne sauront être tolérées. Ce roman est sous copyleft.

Note de l'auteur : « Ce roman, comme tous les autres romans sur la saga que j'ai écrits, est avant tout un hommage d'un fan au jeu d'Hidéo Kojima. Je ne prétends en rien vous fournir une oeuvre de qualité. Je suis également preneur de toute critique si tant est qu'elle est constructive. En vous souhaitant une bonne lecture, Dante. »


Metal Gear solid Portable OPS par Dante_Sparda_62


Sommaire

I – Une mission pour soi-même ------------------- Page 9 II – Prouver son honneur ---------------------------- Page 21 III – Malaria --------------------------------------------- Page 29 IV – Le pont --------------------------------------------- Page 39 V – Le port ---------------------------------------------- Page 43 VI – Sabotage ------------------------------------------- Page 51 VII – Null ------------------------------------------------ Page 57 VIII – Libération --------------------------------------- Page 61 IX – RAXA ---------------------------------------------- Page 71 X – Frank Jeager --------------------------------------- Page 81 XI – La mort de la Liberté --------------------------- Page 87


I Une mission pour soi-même Dans sa tête, tout était trouble, les rêves se mêlaient aux cauchemars. Il se revoyait abattre The Boss. Puis il revoyait ce type étrange, qui maniait si bien sa machette et son M4, qui lui avait sauté dessus et l’avait assommé. Il sursauta se réveillant soudain tout en ouvrant son œil gauche, seul encore valide depuis la mission Snake Eater, durant laquelle l’autre avait été crevé. Il portait depuis un bandeau qui lui donnait l’air d’un pirate ou d’un mercenaire. Egalement depuis la Mission Vertueuse, il portait un bandana bleu, qu’il avait pris à The Boss avant de faire une terrible chute. Il avait pour seuls vêtements un vieux pantalon aux motifs de camouflage, et des bandes afin de soigner quelques blessures sur son torse nu. Snake était dans une petite cellule à l’aspect malsain, avec un lit aux draps tâchés et jaunis par le temps, des murs qui y ressemblaient et face à lui, une porte. Derrière cette porte, le bruit qui l’avait réveillé s’approchait. Des pas. Un pas sur deux émettait un étrange bruit métallique. L’homme boitait et Big Boss devina qu’il devait être de forte corpulence. Un œil apparut par la petite ouverture de la porte prévue à cet effet, et l’homme parla de sa voix profonde : - Hm… Pile à l’heure, excellent ! Cela fait exactement douze heures que nous t’avons administré le sérum. Tu as fait de beaux rêves, Big Boss ? Dit-il en accentuant ce nom. - De quoi est-ce que vous parlez… ? Demanda Snake, niant son identité bien qu’il savait que c’était inutile. - Je t’en prie, ne joues pas à ça avec moi. Je sais tout de toi, Big Boss. Ou devrais-je dire Naked Snake ? - … C’est bien moi, avoua ce dernier. Qui êtes-vous ? - Lieutenant Cunningham. Il y a encore quatre semaines je travaillais pour la CIA. - Cunningham ? Demanda Snake à qui le nom évoquait quelque chose. Le spécialiste en interrogatoires de l’unité Fox ? - Oh, tu as entendu parler de moi… J’en suis honoré, répondit le Lieutenant. - Et les types qui m’ont attaqué… Ils étaient de Fox aussi ? Demanda Big Boss. - Oui mais oublions ça pour le moment… - Qu’est-ce que tu attends de moi ?! Je me suis retiré de Fox ! Je suppose que ce n’est pas pour une œuvre caritative pour laquelle je dois faire un don !


- Retiré, hein ? Fit Cunningham. Oui, je suppose que tu l’es, du moins pour le monde extérieur. Ne t’inquiètes pas, je ne suis pas là pour te donner une mission. Je veux simplement te poser une petite question… Il y a six ans, en tant que membre de Fox, tu as réussi à éviter une crise nucléaire qui aurait entraîné le monde dans le chaos. Tu as été reconnu comme un véritable patriote, et le Président en personne t’a remis le titre de Big Boss. Après cela, tu as tourné le dos à l’unité, et tu l’as quittée. Tu as fait disparaître ton nom, ton rang… Etrange, tu ne trouves pas ? Si c’est cette mission qui t’a fait prendre ta retraite… Alors qu’as-tu vu là-bas ? Qu’es-tu vu à Groznyj Grad ? A l’évocation de ce nom, Snake se perdit dans ses pensées l’espace d’un instant. Eva, The Boss, Ocelot, Sokolov… Le Shagohod et l’Héritage… C’est alors qu’il pensait à ce dernier que Cunningham lui posa sa question : - Où est l’héritage ? - L’Héritage des Philosophes ? - Oui… L’énorme somme d’argent amassée par les trois grandes nations durant la seconde guerre mondiale. Où est-il ?! - Si tu cherches l’Héritages, essaie de voir auprès de la CIA. Ce sont eux qui l’ont pris il y a six ans. Alors Cunningham avança dans la cellule de sa démarche clopinante, et il appuya sa jambe métallique contre un point précis en haut de celle de Snake qui était accroupis contre un mur. Ce dernier se senti soudain totalement paralysé et faillit hurler de douleur. - Appliquer le bon type de douleur, au bon degré, et au bon endroit… Ca a toujours été ma méthode de persuasion et tout le monde a fini par y céder. La CIA a seulement reçu la moitié de l’Héritage après la mission Snake Eater, et tu sais où est l’autre moitié ! - La CIA n’a eu… que la moitié ? Répondit Big Boss avec difficulté. - Je t’ai déjà dit de ne pas jouer à ça ! Tu as vaincu The Boss et tu es rentré en vie. Donc, tu dois savoir où est l’autre moitié, et c’est ce que tu vas me dire, Snake ! - Mais je n’en sais rien ! Répondit ce dernier en serrant les dents. - Quel dommage… Fit Cunningham. Je n’apprécie pas de devoir te torturer ainsi… Camarade. Il prit le bâton attaché à sa ceinture, et le claqua contre le coup de Big Boss qui reçut une terrible décharge électrique. Cunningham retira sa jambe, et se retourna alors, marchant vers la porte : - Aucune importance… Nous avons tout notre temps. Tôt ou tard, je suis certain que la mémoire te reviendra.


- Attends ! Lança Snake après que Cunningham ait fermé la porte derrière lui. Ce n’est pas une mission officielle, n’est-ce pas ?! Qu’est-il arrivé au Major Zero ? Demanda-t-il inquiet pour son ami. - C’est une mission officielle de Fox… Pour le moment, ajouta-t-il avec un sourire narquois avant de disparaître en riant. Big Boss se leva peu de temps après, et approcha de la porte. Il était dans une pièce divisée en quatre cellules, dans la cellule d’en face, un homme aux longs cheveux blonds à l’aspect négligé se tenait debout de la même manière que Naked. - Snake… Alors c’est ton nom, hein ? Fit l’inconnu. Ca sonne bien. - Qui es-tu ? Demanda Naked. - Je suis un simple prisonnier, tout comme toi. - Comment est-ce qu’un Américain a pu se retrouver emprisonné dans un endroit pareil ? - C’est une longue histoire, répondit l’homme. Mais ça n’a pas d’importance. Tu veux sortir de là ? - Tu connais un moyen ? Demanda Snake surpris. - Jette un œil sous le lit. Tu vois cette grille ? Naked aperçut en effet une petite grille sur le mur sous l’endroit où était la tête du lit. - En passant par-là, tu arriveras à la cellule voisine, qui est ouverte vu d’ici. - Comment le savais-tu ? Demanda Big Boss. - Parce que c’est moi qui ai découvert ce passage. Mais aussitôt qu’ils l’ont découvert, ils m’ont transféré dans cette autre cellule. Je n’ai pas eu de chance… Quelques secondes auraient suffit. Si tu te sors de là, accorderas-tu une faveur à un prisonnier ? Demanda alors l’homme. - Une faveur ? - Ne t’inquiètes pas, tu en tireras quelque chose toi aussi, rassura le soldat. - D’accord, mais avant tout, j’arrive… Snake marcha vers le lit et s’abaissa. Il sursauta en sentant le froid du carrelage et il se mit à tirer sur la grille qui bloquait l’entrée du conduit. Celle-ci céda facilement, et Naked se glissa dans le conduit glacé, puis il rampa jusqu’au bout, où il arriva à une autre grille qu’il poussa et qui lâcha également. Il sortit et se retrouva comme prévu dans la cellule voisine de la sienne. Il trouva ici posés sur le lit une combinaison de combat et un Mk22,


pistolet tranquillisant. Il enfila la combinaison et se regarda alors et se rendit compte de quelque chose : - Polyamide Aromatique… C’est la nouvelle combinaison d’infiltration de Fox… Qu’est-ce que ce truc fait ici ? Naked approcha de la cellule de l’homme qui l’avait aidé. Il avait l’air malade et semblait blessé à la jambe. - Incroyable… Tu es Snake, donc tu dois être Big Boss… C’est bien ça ? - Tu me connais ? - Ne te moques pas de moi… Tu es une véritable légende dans le monde des opérations noires. (Black OPS) - OPS… Fit Snake. - Qu’est-ce qu’un héros comme toi fait dans un endroit pareil ? Demanda le type. - Je n’en ai aucune idée, et j’aimerais le découvrir…Où sommes-nous ? J’ai l’impression que nous sommes près de l’équateur. Si je devais deviner, je dirais l’Amérique du sud ? - Dans le mille, Big Boss. La péninsule de St Hieronymo, pour être plus précis… Connue sous le nom de « Peninsula de los muertos », la péninsule des morts… C’est assez loin de la côte de la Colombie centrale… Dans les environs du sud de Cuba. - Jamais entendu parler… Avoua Snake. - Normal, elle n'est sous aucune carte conventionnelle. Elle est sous le contrôle de l'Armée Rouge, expliqua l'homme. - L'Armée Rouge ? En Colombie ? - En 1964, les Russes ont aidé – militairement – le FARC, la plus grande faction rebelle de Colombie. En retour, cette dernière offrit cette péninsule aux Russes. - 1964… Mission Vertueuse… Opération Snake Eater… Raisonna Snake. - Deux ans auparavant, les Russes avaient échoué dans leur tentative de construire une base de Missiles Balistiques de Gamme Intermédiaire (IRBM) à Cuba. Dès qu'ils ont réussi à déployer des IRBMs équipés du nucléaire là-bas, toutes les grandes villes Américaines ont voulu se mettre à niveau. - La crise des missiles de Cuba… Comprit Big Boss. - Exactement. Finalement, les Russes ont abandonné cette idée de déployer des missiles à Cuba. Mais les rumeurs disaient qu'ils cherchaient un nouveau site où ils pourraient


secrètement construire une base. - Et cet endroit était la péninsule de St Hieronymo ? - Ouais… Enfin pas tout à fait. Il semblerait que les plans de construction de la base qui devait servir au lancement aient été abandonnés avant sa construction. - Abandonnés ? Demanda Snake. - A cause de la "détente", répondit l'inconnu. Les US et les Soviétiques avaient des problèmes pour financer leurs énormes budgets militaires, et ils ne pouvaient se permettre de mener une campagne de Guerre Froide comme ils l'avaient fait dans les années 60. L'année dernière, ils commençaient à parler de la limitation des armes stratégiques afin de limiter le nombre de missiles balistiques de chaque pays. - Ce qui veut dire qu'il n'y aurait plus besoin de construire une nouvelle base de missiles. - Exact. Mais comme tu peux le voir, ils ont déjà construit une bonne partie de l'installation. Nous avons été envoyés pour enquêter sur ce qu'il se passait ici. Mais avant qu'on ait l'occasion de le découvrir, ils nous ont tendu une embuscade… - "Ils" ? Demanda Big Boss craignant la réponse. - L'unité Fox… Mon équipe a été massacrée en un clin d'œil… J'ai bien peur d'être le seul survivant. - Mais que fait l'unité Fox dans une base soviétique ? Demanda Snake n'y comprenant rien. - Aucune idée… J'espérais que tu en saches plus que moi sur le sujet, répondit l'inconnu. - Je ne suis plus avec Fox, répondit Big Boss. - Je vois… Bien, je ne sais rien d'autre. - D'accord. Tiens le coup, je vais te sortir de là. Snake tenta de forcer la porte, mais il était encore un peu engourdi par la drogue, et de toute façon elle ne bougerait pas même s'il avait toute sa force. - C'est inutile. J'ai essayé des tas de fois, dit le prisonnier. Il faut une clé spécifique… Maintenant, tu dois te tirer d'ici. Rend-toi au sud-est d'ici et tu devrais trouver une base de communication. J'ai besoin que tu appelles des secours, si tu le peux. - Des secours ? Demanda Snake. - Tu devrais pouvoir communiquer avec les Etats-Unis en passant par leur satellite. Mais le circuit risque d'être sous haute surveillance… Ah, si seulement tu pouvais avoir une communication cryptée…


- Hm… Quelqu'un capable de recevoir une transmission codée et capable de ne pas nous faire entendre… - Une idée ? Demanda le prisonnier. - Je ne sais pas si je vais pouvoir… Mais je vais essayer quelque chose. - Génial, répondit l'homme enthousiaste. Je compte sur toi, Big Boss. - Appelles-moi Snake, répondit ce dernier. - C'est un honneur, Snake. Je suis Campbell. Roy Campbell. Bonne chance ! Naturellement le nom de Campbell n'est pas inconnu des fans de la saga. Mais n'en disons pas plus. Snake regarda à gauche. La sortie de la prison était là. Il passa la porte et arriva dans une cour extérieure. Par chance, le garde qui patrouillait autour des murs du groupe de cellules était de l'autre côté. Naked avança rapidement mais sans bruit comme il savait si bien le faire. Il se rendit compte qu'il avait un couteau rangé sur sa combinaison et eut un sourire en pensant au CQC, Close Quarter Combat, la technique qu'il avait mise au point avec The Boss. Il arriva face à une porte, et entra dans une sorte de hall non gardé en la franchissant. Il traversa rapidement ce hall en direction du sud-est, puis quand il vit la lumière du jour, il s'arrêta. Un garde était debout, dos à lui, arme à la main. Snake avança à petits pas et quand il arriva à quelques centimètres, il attrapa la sentinelle et lui fit une prise de CQC qui l'assomma. Il cacha ensuite rapidement le corps inanimé derrière des poutres en métal qui étaient placées en désordre dans la cour. Il continua sa route pendant une dizaine de minutes, évitant chaque garde, avant d'arriver à une nouvelle section. C'était la base de communication. Il la reconnut en voyant une antenne sur le toît de l'un des bâtiments. C'était à l'intérieur de celui-ci qu'il trouverait le relais qu'il cherchait. Des tas de patrouilles se promenaient dans les environs de la cible de Big Boss. Ce dernier finit par entrer et trouva posée sur une table contre un mur la grosse radio qui lui permettrait de contacter la personne à qui il pensait. Il trouva également une petite radio portable qui lui serait bien pratique. Il en prit une pour Campbell. Il connecta son petit émetteur à la radio principale, qu'il trifouilla quelques secondes afin de crypter le signal. - Est-ce que quelqu'un me reçoit ? Dit-il. Ici Snake, si qui que ce soit entend ceci, qu'il réponde s'il vous plaît ! - Snake ! Répondit une voix féminine. Est-ce que c'est toi ? Le vrai Naked Snake ? - Cette voix… Para-Medic ? Demanda Big Boss pourtant sûr de la réponse. - C'est bien moi ! Ca faisait une plombe, hein Snake ? Naked n'avait eu aucune nouvelle de cette personne qui avait été son médecin par radio lors de la mission Snake Eater depuis l'achèvement de cette dernière.


- C'est bon d'entendre à nouveau ta voix, dit-elle. - De même. Cela aurait même pu être mieux si je n'étais pas dans ce trou perdu. Alors tu utilises toujours cette fréquence ? Demanda Snake. - Le Major Zero a voulu que je la laisse ouverte juste au cas ou. Il a dit que si tu allais bien, tu tenterais de nous contacter. Pour être honnête, je n'ai jamais réellement attendu ton appel. Mais je suis contente de l'avoir reçu, dit Para-Medic. - Ouais, moi aussi. Mais pourquoi est-ce toi sur la ligne ? Où est le Major ? - Le Major Zero a été mis en arrêt par les militaires le mois dernier. - Militaires… Le Pentagone a arrêté le Major ? Pourquoi ? Demanda Snake. - Il est suspecté de trahison, répondit Para-Medic l'air sombre. Je ne connais pas les détails, mais il y a un mois, une unité de la CIA a volé une arme top secrète gardée par les militaires et a quitté le pays. Ils accusent le Major d'avoir commandité la révolte… Tu as été accusé aussi, Snake… - Moi ?! Répondit Snake incrédule. - Les militaires croient que tu as commandé cette rébellion. - Tu dois être en train de te moquer de moi, hein ? Je ne suis même plus avec Fox ! Lança Big Boss ne croyant pas ce qu'il venait d'entendre. - Je sais, Snake. Calme-toi et écoute-moi. L'unité de la CIA… Celle qui a volé le prototype de l'arme et a exécuté la révolte… Son nom était Fox. Ce qui signifie que… L'unité Fox est ta prochaine cible, annonça Para-Medic ne croyant jamais avoir à dire ça un jour. - Mais qu'est-ce que… Et après ça ? - Je ne sais pas… Tous les membres de Fox qui n'ont pas participé à la rébellion ont été abattus. L'unité est dans un désordre total. - Je n'y crois pas… Fit Snake. - Je sais ce que tu ressens, consola Para-Medic. Tu sais pourquoi les militaires te suspectent, pas vrai, Snake ? Qui que soit le type qui a déclenché ce trouble, il a réussi à recueillir des membres de Fox spécialisés dans les missions solo et tué tous ceux qui se sont opposés. Or le seul soldat qui pourrait avoir fait ça n'est autre que toi… - … Jugé par ma seule réputation. Tu es la seule à être là ? - Pour le moment, du moins… Confirma Para-Medic. Mais Sigint nous aide depuis l'ARPA.


Sigint avait également aidé Snake lors de l'opération Snake Eater, et l'avait conseillé sur les armes et tout ce qui touche à la mécanique. - L'Agence de Recherche de Projets Avancés du Pentagone… - Exact, répondit Para-Medic. Sa fréquence radio est le 148.41. Le "médecin" souhaita bonne chance à son "patient", qui coupa la communication et contacta la fréquence qui venait de lui être donnée. - Yo, Snake ! Ca faisait longtemps, répondit la voix "black" de Mr Sigint. J'ai entendu dire que tu t'étais fourré dans un sale pétrin là-bas. - Mr Sigint… On dirait bien que je vais à nouveau avoir besoin de ton aide. - Pas de problème mec, c'est cool. On en a traversé beaucoup tous les deux. Avec tes talents, ça ne devrait pas être trop dur de te sortir de là… Mais ça ne suffira pas. Tu dois attraper celui qui a déclenché cette révolte. Si tu ne peux pas le prendre vivant, mort suffira. - Hein ? Fit Snake. - Nous avons besoin d'une preuve de ton innocence. Autrement, c'est la cour martiale pour toi… - Je comprends ce que tu dis mais… Je ne peux pas le faire. On ne parle pas de simples membres rebelles de Fox, ici. Ils ont des soldats Russes installés sur la péninsule avec eux. - Oui, c'est aussi ce que j'ai entendu, répondit Sigint. Il semblerait qu'ils aient succédé à la chaîne de commande de l'unité de l'Armée Rouge qui était secrètement installé dans le territoire Colombien. - Succédé à la chaîne de commande… C'est donc ça… Ca me semblait un peu étrange pour une mission militaire officielle. Donc ils ont les soldats qui étaient déjà là avec eux. - Cœurs et esprits… La crème des Forces Spéciales. En tous les cas, à cause de cela, ni les US, ni l'union Soviétique ne peuvent publiquement s'impliquer. Si le monde découvre que les Russes ont construit une base nucléaire en Colombie, ou que l'Amérique s'est fait voler l'une de ses armes les plus avancées, ce serait un sacré bordel. Et l'unité rebelle utilise ces secrets comme moyen de pression pour négocier leur indépendance avec les US et l'union Soviétique. - Ils prévoient de créer une nouvelle nation militaire ? Demanda Snake. Donc en d'autres thermes, ils ont des forces armées suffisamment puissantes pour renforcer cette demande de fou… Et je ne peux espérer aucun renfort de chez nous. Et vous voulez, qu'à moi seul, j'infiltre la base et capture le meneur de la rébellion ? - Et bien… Il n'y a aucune raison pour que tu le fasses seul, répondit Sigint. Si les rebelles ont réussi à prendre l'armée locale sous leur contrôle, qui te dit que tu ne pourrais pas faire


de même ? - Tu veux que je convainque les rebelles et les Russes de se joindre à moi ?! - C'est pas si compliqué, mec ! Dis-toi juste que tu peux te procurer des alliés sur place. C'est bien pour ça que tu es doué, non ? Se procurer les choses sur place… - Tu plaisantes, hein ? Demanda Snake. Ce n'est pas la même chose que de capturer les poissons ou des serpent, tu sais ? - Tu dois essayer, Snake. Autrement tout le monde sera contre toi. Les rebelles, ET le Pentagone… Et tu nous enseveliras, nous et le Major Zero avec toi. -… - Oh, j'ai également de bonnes nouvelles, annonça Sigint. Par chance, nous avons envoyé une unité de scouts dans la péninsule pour recueillir des informations. C'est une unité SFG. - Les Bérets Verts ? Ici ? Demanda Snake pensant soudain à Campbell. - Nous avons perdu le contacte avec eux il y a peu, mais il doit rester quelques survivants. Si tu les sauves, ils t'aideront.

- Ouais… Je crois savoir de qui tu parles. Ok, je vais voir ce que je peux trouver. Big Boss coupa la communication et retourna vers la cellule de Roy Campbell. Il attrapa au passage le gardien de la prison, et lui prit sa clé. - Tu vas bien, Roy ? - Snake, qu'est-ce que tu fais de nouveau ici ? - J'ai trouvé une clé. Je me suis dit qu'elle pourrait t'intéresser… - Tu as appelé à l'aide ? Demanda Roy. - Personne ne vient, annonça Snake. - Quoi ? - Il semble qu'ils croient que je suis le seul à pouvoir ainsi commander Fox… Celui qui aurait décimé ton unité. - Hmpf… C'est insensé… Dit Campbell. - Et tant que mon nom ne sera pas lavé de tout soupçon, je ne rentrerai pas au pays… Et nous pouvons oublier la moindre tentative de sauvetage pour nous.


- Nettoyer ton nom ? Mais comment ? - Attraper le vrai responsable de la rébellion de Fox. -… - Roy. - Quoi ? - J'ai besoin de ton aide pour arrêter tout ça. - Moi ? - Ouais, j'ai besoin de tes talents en tant que Béret Vert. - Ouah, Snake, ne te fait pas de telles idées… - Qu'est-ce qu'elles ont mes idées ? Demanda Big Boss. - Regarde moi. Ma jambe est cassée. Je ne peux marcher qu'en boitant. Et j'ai cette mauvaise fièvre depuis plusieurs jours… - Bien, alors pourquoi ne pas conduire au lieu de marcher ? - Que veux-tu dire ? Demanda Campbell. - Sur une base de cette taille, on a intérêt à se procurer un ou deux moyens de transport. - Et bien… Ouais… Mais… - Et tu n'as pas besoin de ta jambe pour faire feu, pas vrai ? -… - Alors, tu es avec moi ? Demanda Snake. -… - Roy ! - Très bien. Je suis avec toi, annonça Campbell. - Génial. Je t'en dois une. - Qui aurait pensé que le légendaire Big Boss puisse forcer à ce point, murmura Roy assez fort pour que Snake l'entende, un sourire se dessinant sur ses lèvres.


- Je t'ai pris une radio. Garde-la avec toi. Si quoi que ce soit arrive, appelle-moi. Nous utiliserons la frĂŠquence 140.85. - Ok, je te passe un coup de fil si je commence Ă me sentir seul, plaisanta Campbell.


II Prouver son honneur en tant que soldat

Un moment plus tard, dans un camion qu'ils avaient subtilisé à l'ennemi, les deux acolytes étaient garés dans un coin un peu en dehors de la route normale. - Bien. Commençons par le commencement, dit Snake. Tu as été briefé ou quelque chose avant la mission ? - La seule chose que l'on nous ait donnée pendant le briefing de pré mission et qui pourrait être utile est la suivante : Une base de patrouille Soviétique. Ce sera notre première cible pour collecter des informations. Je peux t'y emmener, je vois où ça se trouve par rapport à l'endroit où nous sommes. Du moins… Je sais mieux où elle est située que les autres zones de la péninsule, dont je ne connais absolument pas la position… - Ok. Donc, c'est quoi le plan ? Demanda Naked. - Cette base de patrouille grouille de soldats. C'est la cible parfaite pour notre première mission de reconnaissance. Récupères autant d'infos que tu le pourras. Tu devrais pouvoir apprendre pas mal de choses en espionnant les soldats. - Très bien. On va tenter ça. - Héhé… On dirait bien qu'on va former une bonne équipe, Snake. Ok, en route ! Ainsi donc le camion redémarra, et Campbell nota l'emplacement des lieux qu'ils rencontraient sur la route. Ils passèrent donc la base de communication (la prison était tout à fait au nord-ouest de la péninsule, et la base de patrouille au sud-ouest). Puis un entrepôt d'approvisionnement, et la route continua sans rien de nouveau à signaler sur toute la moitié de la péninsule. Ils arrivèrent bientôt au bout de la route, à la base de patrouille Soviétique. Big Boss se préparait alors que le camion entrait sans bruit dans l'enceinte. Quand ce dernier s'arrêta, Campbell souhaita bonne chance à son équipier, qui descendit doucement du camion. La nuit était tombée, en ce soir du 9 novembre 1970. Campbell le contacta immédiatement par radio à la fois pour tester la ligne et pour récapituler. - Ok, maintenant, essaie de voir la situation. Reste… Campbell ne termina pas sa phrase. - Hein ? Un problème, Roy ? Demanda Snake inquiet. - N… Non, c'est… Je me suis juste senti mal pendant une seconde.


- Tu es sûr d'aller bien ? C'est cette fièvre qui te prend ? - Je vais bien, et il on doit se préoccuper de plus important pour le moment. - Fais attention à toi… On ne peut pas risquer de te retrouver hors d'action là. - Ouais… Je sais. L'endroit était plein de containers et un gros bâtiment était au centre de cette sorte de cour. Des soldats patrouillaient un peu partout, et Snake prit bien garde à ne pas être vu. Il chercha ainsi à espionner l'ennemi pendant près d'une heure, quand enfin, il aperçut deux soldats, vêtus de jaune et cagoulés en noir comme presque tous les autres s'approcher et commencer apparemment à parler. Naked saisit l'occasion et écouta attentivement. - Une arme qui pourrait rayer n'importe quelle grande ville de la carte ? Demanda l'un. Laisse tomber… Tu as trop regardé de films. - Non, non. Ce n'est pas une blague. J'ai entendu cet officier Américain, celui que notre boss a ramené, dire quelque chose à ce sujet, répondit l'autre. - Tu parles de ce gros porc ? - Tu aurais dut voir la tête de ce connard quand le sujet de l'arme est venu sur le tapis. Il doit y avoir quelque chose dans ce document qui est arrivé du QG l'autre jour… - Peut-être qu'il s'est senti mal. Ca m'arrive parfois. - Ce n'est pas une blague. - Ecoutes, je vois où tu veux en venir… - Si ce truc visait notre mère patrie… Ca ne me plaît pas trop… Ouais, c'est du suicide… - Mais c'est juste un moyen de pression, pas vrai ? Du bluff ? Il est doué pour ce genre de mensonges ou de manipulations… - J'espère que tu as raison… - Tu ne t'es jamais demandé quel type d'arme nous stockions réellement ? - Parfois, oui… Avoua le soldat. Mais ce n'est sans doute pas ton arme aux lancements de missiles nucléaires que nous protégeons, c'est sûr. Les deux hommes se séparèrent, et Snake se décida à chercher ces documents dont ils parlaient qui avaient été envoyés par le QG. Il était pour l'instant derrière le bâtiment, et il se mit en route pour contourner ce dernier. Un garde surveillait l'entrée, et Snake l'attrapa par le côté et lui tira une fléchette tranquillisante dans le cou avec son Mk22. A l'intérieur, il y avait un garde gradé qui somnolait appuyé contre un container, et de nombreuses tables. Il y


avait également un accès vers un étage inférieur, un petit sous-sol qui servait en réalité de prison. Snake savait que sur l'une de ces tables se trouvait le document qu'il cherchait. Sans bruit, il commença à regarder, et arrivé à la dernière table, la plus proche du type qui dormait, il trouva le dossier marqué "Secret" et le prit avec lui. Le type bougea alors, et Naked se mit en garde prêt à le neutraliser. Mais les ronflements reprirent. Big Boss soupira et sortit de là, en direction du camion. - On dirait que tu as récupéré des documents ennemis. Bon boulot ! Fit Campbell à son arrivée. On va se sortir de là avant d'y chercher des choses intéressantes. Peu après, alors que Naked se reposait, Campbell arrêta le camion. Il prit les documents, et commença à les observer avec intérêt. - Snake, à propos de ces documents que tu viens de trouver… - Tu as quelque chose d'intéressant ? Demanda Naked. - Tu ne vas pas le croire… - Essaie toujours. - Il semblerait que les rebelles sont en train de prévoir l'activation de cette nouvelle arme qu'ils ont volée. Les documents montre les détails d'un plan de lancement. La date et l'heure ne sont pas mentionnées, mais il semble que nous n'ayons pas beaucoup de temps. - Ca devrait aller. Ils sont en pleines négociations avec Washington et Moscou, expliqua Snake. Et même si ce plan de lancement est plausible, ce doit être un mensonge pour leur forcer la main. - Peut-être… Mais ils nous ont exterminés nous, les Bérets Verts, leurs propres camarades, sans merci, et sans remords, remarqua sombrement Campbell. Je pense qu'ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. -… - J'espère que je m'inquiète trop. Mais s'ils sont sérieux… Cela pourrait tourner en crise mondiale. Snake, tant que nous n'auront pas une image plus claire de ce qu'il se passe ici, je crois que nous devons nous préparer au pire. Il est préférable d'être paranos maintenant et d'en rire plus tard que d'être négligents et le regretter par la suite. - … Je ne peux pas dire le contraire, avoua Naked. - Pour maintenant, nous sommes les seuls sur cette péninsule à pouvoir stopper ces gars. Il est de notre devoir d'agir avant la date du lancement. - Ouais, tu as raison. - … Même si, le fait est que nous ne sommes que deux et que nous ne pouvons pas agir


seuls… - Une idée ? Demanda Snake sachant où Campbell voulait en venir. - … Snake, quand tu espionnais ces soldats, as-tu eu le sentiment que la plupart d'entre eux ne sont peut-être pas satisfaits par leur Commandant ? - Ouais, la plupart d'entre eux ronchonnaient dans son dos, se rappela Naked. - Dis-moi, tu penses qu'il serait difficile de recruter quelques uns de ces soldats de ton côté ? Nous pourrions utiliser chaque grief contre leur meneur et essayer de les persuader de nous rejoindre. Semer la discorde parmi l'ennemi a été l'un des éléments psychologique de guerre de base depuis le temps de Confucius, non ? Jouons nos cartes comme il le faut, et nous devrions pouvoir découvrir ce qu'il se passe vraiment. Qu'en penses-tu, Snake ? - Sigint disait la même chose, se rappela Big Boss. Ouais… Ca ne coûte rien d'essayer. - Héhé, je savais que je pouvais compter sur toi. Maintenant, la première chose à faire est de trouver un candidat susceptible d'être facilement convaincu. Il doit y avoir des tas de soldats mécontents de cette rébellion partout sur la péninsule. Pour être clair, il faut les attraper, assommés ou endormis, et les amener au camion afin que nous ayons une conversation amicale à propos de leur participation à notre petite résistance. On va tenter ça de suite en retournant à la base de patrouille… Oh, j'allais oublier. Nous avons appris le nom du Commandant suprême ennemi. - Qui est-ce ? Demanda Snake. - Son nom est Gene (gène). G.E.N.E. - "Gene"… ? - Ouaip… Bon, allons-y. Snake descendit du camion que Campbell venait de garer au même endroit que précédemment. Le jour venait de se lever. Il progressa plus prudemment que la nuit dernière parmi les containers, et trouva un soldat le dos tourné, non loin du camion. Il sortit son couteau et son Mk22, et approcha doucement l'homme. Il l'attrapa soudain, plaçant son couteau sous la gorge de l'homme et bloquant son bras, c'était une technique de CQC. Le type tenta de se débattre et Snake l'assomma en le jetant à terre par une prise. Il prit le corps par les dessous des bras et le tira discrètement jusqu'au camion. Il entra par l'arrière et déposa sur un banc du camion le corps inerte du soldat. A nouveau, le camion quitta doucement la zone, et s'arrêta à quelques kilomètres en dehors de la route. Campbell entra dans la "salle" en boitant. C'est alors que le type ouvrit les yeux. - Vous ! Dit-il furieux. Il se leva à une vitesse remarquable tout en donnant un rapide coup de poing vers


Naked, qui le stoppa calmement entre ses deux mains. - Tu te relèves plutôt vite, nota ce dernier. Le soldat retira son bras et attrapa Big Boss afin de le prendre par l'arrière son bras autour du cou comme pour l'immobiliser, il saisit le Mk22 et passa devant Naked en le pointant vers lui, mais ce dernier fut à nouveau le plus rapide et saisit le bout de l'arme qu'il fit viser le mur et jeta à terre le garde, le tenant à la gorge. - Tu penses rapidement également… Remarqua-t-il. Ils t'ont bien entraîné. Tu es un bon soldat. - Qui… Qui êtes-vous ? Demanda le pauvre homme avec difficulté tandis que son bourreau desserrait légèrement sa prise afin de le laisser parler. - Appelles-moi Snake. - Snake… C'est un nom de code ? Tu dois être avec les Américains… Tu es aussi de l'unité Fox ? - Je ne suis pas avec les Américains, ni avec l'unité Fox… Je suis juste un soldat. - Juste un soldat ? Demanda le type. Alors pourquoi… - Nous sommes ici pour stopper l'unité Fox, devenue dangereuse, coupa Campbell. Un membre de Fox nommé Gene a trahis le gouvernement des Etats-Unis, et a volé une arme top secrète. Il prévoit d'utiliser cette arme et les ogives de cette base. Une sorte de chantage pour négocier avec ton pays. Nous sommes ici pour mettre un terme à tout ça. Notre mission est de libérer les soldats de la péninsule de St Hieronymo du contrôle de Gene, et capturer le traître de l'unité Fox. Je comprends parfaitement que tu aies peur de Fox. Mais nous avons besoin d'autres hommes afin de libérer les autres soldats soviétiques de la péninsule. Est-ce que tu vas te joindre à nous ? - Vous êtes ici… Pour nous sauver ? Demanda le soldat. Et vous voulez que je vous aide à battre Gene ? Il éclata de rire. - Qu'est-ce qui est si drôle ? Demanda Campbell ne comprenant pas. Tu penses qu'il a subit un lavage de cerveau ? - Un lavage de cerveau ? Répondit Snake un peu surpris. - Est-ce que vous croyez que c'est ce qu'il se passe ici ? Demanda le soldat. Jolie plaisanterie… Mais j'ai bien peur que vous ne vous trompiez. Nous ne nous sommes par rebellés par la faute de Gene. Mais d'abord parce que notre pays nous a trahis. Nous avons gardée cette base paumée, sans la possibilité de voir nos amis et nos proches à cause du secret qu'est notre mission. Le climat rude. Quasiment rien à manger. Nous avons vu nos


camarades succomber à des maladies, ou mourir en combattant le gouvernement Colombien. Et nous nous sommes malgré tout accrochés à notre mission, croyant que nous faisions ça pour le bien de notre mère patrie. Et comment la mère patrie nous a-t-elle remercié ? En nous poignardant dans le dos. - Tu parles du changement de politique du Kremlin ? Demanda Campbell. Si l'existence de cette base éclate au grand jour, la politique tomberait et les Etats-Unis en profiteraient pour prendre le dessus sur Moscou dans la négociation concernant la limitation des armes stratégiques que Brejnev a promue. C'est pourquoi… - Nous n'avons aucune raison politique. Quelle importance pour nous si la mère Russie avait rayé cette base de la carte ? Mais au lieu de nous autoriser à rentrer chez nous, l'armée a effacé toute trace de communication, et a coupé nos approvisionnements. Ils cherchaient à isoler la péninsule, et ont fait comme s'il s'agissait du travail de soldats hors de contrôle… Indépendants… Nous avons été abandonnés par notre propre pays. - C'est pour ça que vous avez décidé de suivre Gene ? Demanda Campbell. - Gene nous a dit qu'il allait nous construire une nation. Pas une nation de soldats, pour les soldats. Nous avons suivi Gene sans aucune crainte. Il allait délivrer justice pour nous. La seule chose que nous craignons est de perdre cette justice. C'est pourquoi c'est lui que nous suivons, et pas vous. Vous ne pourrez jamais l'arrêter. - Justice, hein ? Fit Snake lâchant prise sur le soldat. La définition de la justice peut changer d'un jour à l'autre. Un soldat professionnel n'apporte jamais la justice dans une mission. Les seuls qui ont besoin d'une raison de combattre, sont ceux qui se battent car c'est leur raison de vivre. C'est ce que mon mentor m'a appris. Les politiques sont fictives. Elles changent avec le temps. Alors tant qu'ils resteront loyaux envers leurs pays, les soldats comme nous n'auront besoin de croire en rien. Elle est morte avec loyauté. Pas envers la justice, pas envers son pays. Envers elle-même. Pour sa mission. - Votre mentor… Celui qui vous a enseigné l'art de combattre… Qui était-elle ? Demanda le soldat les yeux brillants, ému. - On l'appelait The Boss, répondit Snake. Je l'ai tuée… - The Boss !? Répondit l'homme plus ému encore, et surpris. Le soldat de légende… ? Alors, Snake… Vous devez être Big Boss. Vous êtes les héros qui a tué le colonel Volgin à Groznyj Grad ! - Hm… Fit Naked pensif. Prouve ta loyauté en tant que soldat... C'est ce que m'a dit The Boss. Je ne vois toujours pas ce qu'elle a voulu dire… - Prouve ta loyauté… Pas envers ton pays, pas envers la justice… Mais envers toi-même, dit le soldat. Est-ce que Gene menace vraiment ma mère patrie ? - Oui, répondit Campbell. Snake s'est procuré des documents dans la base de patrouille qui confirment ces dires. Si elle est lancée depuis cette base, l'arme que Gene a volée dévastera


toutes les grandes villes de Russie. Je sais que c'est difficile à croire. - Non, je vous crois, dit l'homme toujours cagoulé. Pas en tant que membre de l'Armée Rouge, mais en tant que soldat. - Tant mieux, dit Snake tendant sa main au soldat afin de l'aider à se relever. Cette aide se transforma en poignée de main alors que le type disait symboliquement : - Snake… Donnez-moi ma mission.


III Malaria Campbell toussa après que le soldat nommé Jonathan soit sorti du camion afin de surveiller les alentours : - Ok, Snake. On fait quoi maintenant ? - Hé, Campbell, tu es sûr que ça va ? - Je vais bien… Je m'en remettrai ! Affirma Roy. Donc pour ma question ? - Si nous voulons recueillir des infos, on va avoir besoin de recruter plus de monde. - Bien sûr. Je pensais à faire deux équipes de quatre soldats pour le terrain. Le reste espionnerait, ou resterait dans le camion en tant que personnel médical, ou mécaniciens. Naked appréciait l'idée. Il sortit à son tour et Jonathan rentra. Quelques minutes plus tard, ce dernier contacta Snake sur sa radio : - Big Boss, Campbell est malade. Je ne sais pas exactement de quoi il s'agit, mais ça ressemble à une forme de la malaria tropicale que j'ai déjà vue chez un autre soldat. - Quoi ? Répondit Naked. - Il va plutôt mal, il est allongé à côté de moi. - Tu es sûr qu'il s'agisse de la malaria ? Logiquement il a reçu un vaccin avant la mission contre ce genre de maladies… - Je ne suis pas médecin, donc je ne peux pas non plus le certifier… Mais à en juger par ces symptômes… Hé ! N'essaie pas de te lever ! - Snake, c'est moi, je ne suis pas en bon état. Malaria… Dit la voix faible de Campbell que cette maladie guettait depuis des jours. Qui l'aurait cru ? - Doucement, Campbell, conseilla Naked. - Qu'est-ce qu'on fait maintenant, Big Boss ? Demanda Jonathan. - Les vaccins ne marchent pas… Il se peut que ce ne soit que le début, répondit Snake. S'il a une autre maladie tropicale que la malaria… Alors il ne fait aucun doute que nous allons rapidement présenter les mêmes symptômes.


- Bien vu… Remarqua le soldat. - J'ai une idée, prends le volant, je monte à l'arrière. On va à la base de communication. On va consulter mon "médecin habituel" afin qu'il nous prescrive un traitement… Jonathan ne posa pas de question. Le camion s'arrêta près de la base et le soldat passa à l'arrière avec Campbell. Il allait le surveiller de près. Naked sortit, et s'infiltra dans la base. Il retrouva la grosse radio qui lui avait servi de relais, et contacta Para-Medic. - Snake ?! Tu as fait toute cette route afin de revenir à la base de communication ? Tu dois vraiment avoir besoin de me parler, hein ? - Ouais, on peut dire ça. Un de mes hommes est atteint de la malaria. - Malaria ? Demanda Para-Medic. Tu ne peux pas récupérer des vaccins contre ça ? Selon le médicament, il peut être utilisé après l’apparition des symptômes. - Il a reçu un vaccin mais il n’a pas l’air de fonctionner si bien que ça... Tu crois que ça pourrait être une autre maladie? Demanda Big Boss. - Hm... Attends, tu as dit que c’était les mêmes symptômes que la malaria ? - Ouais, ça ne fait aucun doute. - J’ai trouvé. Tu sais quelles personnes ont la malaria ? - Ouais. Le virus se transmet par les moustiques, c’est ça ? - Ce n’est pas un virus, c’est un parasite, affirma Para-Medic. - Un parasite ? Tu veux dire qu’en ce moment, y’a une sorte d’insecte dans son corps ? - Exactement. Dans les malarias tropicales, le parasite malaria vit dans les moustiques femelles et est ensuite transmis à des hôtes humains. Ordinairement, les médicaments empêchent les symptômes de se présenter. Mais il y a plusieurs sortes de parasite malaria. Dans certaines zones, la sorte est immunisée contre les vaccins ou médicaments. Tu sais ce que ça veut dire ? - Les médicaments ne vont pas marcher ? Demanda Snake inquiet. - Bingo. Donc le seul moyen de traiter la maladie est de trouver un médicament efficace contre ce genre particulier de parasite malaria. - Un autre médicament... - Essaie le centre médical local. Ils devraient avoir un approvisionnement. Mais tu ferais mieux de te dépêcher. Toi aussi tu dois être infecté par le parasite. Ce n’est qu’une question


de temps avant que tu ne développes les mêmes symptômes, avertit Para-Medic. - Compris... Big Boss coupa sans rien ajouter, et se dirigea vers le camion. Jonathan démarra doucement, et s’arrêta un ou deux kilomètres plus loin. Snake avait raconté ce que lui avait dit ParaMedic. - Big Boss, il faut que je vous parle, dit le soldat. - Oui ? - Para-Medic dit que nous avons besoin de médicaments pour traiter cette malaria. Je sais où nous pouvons trouver un hôpital où il y aura sans doute une réserve de médicaments qui agiront sur la maladie. Je peux te dire exactement où il est situé. - Jour de chance... Prends le volant ! - Bien monsieur... Oh et autre chose... C’est un petit hôpital avec des bâtiments minuscules, dans les montagnes. Mais l’autre jour, je les ai vus emmener des tas de médicaments et du matériel médical. - Pourquoi faire ? - Je ne sais pas, mais le nombre de choses qu’ils amenaient était mille fois trop important pour un hôpital de cette taille. - Suspect... Avoua Snake. - En tout cas, Snake, on ferait mieux de se grouiller, conseilla Campbell. Ils doivent bien avoir des médicaments contre la malaria là-bas ! Et je suppose que nous pourrions en profiter pour capturer de nouveaux camarades... Médecins ! L’hôpital était tout à fait à l’est de la base de patrouille soviétique où ils avaient attrapé Jonathan. Quand ils arrivèrent, ce dernier gara le camion dans un coin calme à l’abri des regards. Snake descendit et lui ordonna de surveiller Campbell. Il revient quelques minutes plus tard : il avait endormi un médecin. Jonathan descendit l’aider à faire grimper le corps inanimé, et Big Boss dit qu’il ramenait aussi un soldat. Il partit ensuite pour de bon explorer le petit hôpital. Il était formé d’une cour extérieure entourée de murs, et de deux bâtiments : l’un avec quelques lits, plus petit, et l’autre qui était plus administratif, plus grand, mais possédait tout de même des lits. Snake eut passa d’abord par le premier, et chercha dans les armoires et réserves. Aucun signe de cette abondante livraison dont parlait Jonathan. Il fouilla le second immeuble. Rien au rez-de-chaussée. Un garde faillit le repérer mais il réussit à disparaître. Il passa à l’étage supérieur et arriva enfin dans une sorte de bureau. Il trouva là des documents, posés. - C'est une liste de matériaux qui ont été transportés ailleurs… En direction d'un labo ? Observa-t-il.


Il leva la tête d'un coup, surpris. Un hélicoptère survolait la zone. Snake approcha de la fenêtre et vit l'engin. - Où sont les évadés ? Demanda Cunningham qui pilotait le transport. Pourquoi n'ont-ils pas encore été attrapés ? S'ils se sont enfuis je promets que vous allez le regretter. - Ca suffit ! Lança un homme derrière avec un béret sur la tête : Gene. Appelez Python. Qu'on le ramène ici. Il mènera les équipes de recherche… Et soyez sûrs que ce labo reste sécurisé. Une femme à côté de Gene qui portait également un béret, blonde, regarda vers l'hôpital par l'ouverture à sa gauche. Snake sentit alors son regard le pénétrer entièrement et voir à l'intérieur de lui. Il fut pris de panique, et se cacha contre le mur, mort de peur. - Que… Qu'est-ce qui m'arrive… ? Se demanda-t-il. Plus tard, hors de la route, après avoir parlé un moment aux deux prisonniers qui n'avaient pas encore accepté de se joindre à la "rébellion", Campbell dit : - Il n'y avait vraiment pas la moindre dose de médicament ? Bon, d'après le document laissé dans le bureau du directeur, ils ont emmené la majorité du matériel médical vers un labo… Au nord de l'hôpital. Mais nous avons de la chance. Non seulement nous savons où ils les ont emmenés, mais en plus nous avons trouvé l'emplacement exact de ce laboratoire. Comme tu le verras quand nous y serons, on ne voit que peu de choses de l'extérieur… Il y a peu de chance que tu trouves quoi que ce soit sans recueillir des infos au préalable. Désolé d'être un tel fardeau… Le soir même, le camion du petit groupe s'arrêta à l'intérieur de l'enceinte du bâtiment. Ce dernier était très complexe. Un véritable labyrinthe. Deux étages à l'extérieur, des murs partout… Indescriptible. Snake sortit du camion et commença à progresser, évitant les nombreuses patrouilles. Il monta au "premier étage", et vit alors des silhouettes avancer derrière un angle. Il se cacha derrière cet angle et épia la conversation, passant discrètement la tête. - Où en est-on ? Demanda Cunningham. - Nous avons presque fini de réinitialiser sa mémoire et de réajuster son système nerveux dans la caisse cryogénique. Cela devrait prendre douze heures de plus d'après mes calculs… Au moins, répondit un soldat. - Une demi journée ? Il doit être réajusté après chaque mission. Il n'est rien qu'un prototype… Un test, un cobaye… - Mes excuses, monsieur… Répondit le soldat. Le fluide cryogénique est long à préparer. Avec un personnel si limité, et idem pour l'équipement, réajuster Null n'est pas… - Je sais… C'est pour ça que j'ai amené un spécialiste… Dit Cunningham.


- Le chef ? Mais… Fit le soldat en regardant un homme portant un béret qui marchait derrière et que Snake devina être Gene. - Les prisonniers évadés n'ont toujours pas été retrouvés, dit l'autre. Ce boulot serait parfait pour notre Perfect Soldier (Soldat Parfait). Qu'on le fasse sortir de sa boîte dès que le fluide est stable. Effectuez toutes les préparations nécessaires. - Oui Monsieur ! Répondit le soldat avant de commencer à s'éloigner. Ils étaient tous les quatre devant un énorme échafaudage où des soldats travaillaient. - Commandant… Dit une voix féminine, qui appartenait à la fille qui avait "vu" Snake depuis l'hélicoptère. - Oui… Je sais… Répondit Gene d'une voix extrêmement calme et paisible, qui donnait une impression de confiance. Cunningham… Ne bougez pas. - Hein ? Fit ce dernier surpris, se retournant. Tout se passa en un éclair : Un énorme bruit, un cri, puis un autre bruit de fracas. Un morceau d'échafaudage venait de tomber aux pieds de Cunningham. - Commandant ! Lieutenant ! Vous allez bien ?! Demanda le soldat qui revint en courrant, inquiet. - Nous allons bien, répondit Gene de cette même voix étonnamment calme. - Je vous prie de me pardonner, Commandant… Vous n'êtes pas blessé ? Demanda à nouveau le soldat. - Ne t'inquiètes pas… Répondit la voix calme. Le destin ne supporterait pas de me voir blessé. Faites juste en sorte que ça ne se reproduise plus. Par contre, cet homme a besoin d'être soigné, ajouta Gene désignant le type coincé sous l'échafaudage. Il se passa alors quelque chose d'étrange. La voix de Gene se transforma, et raisonna dans les têtes de tout le monde sur l'échafaudage. Il avait une sorte de pouvoir, Snake en était convaincu. - Je m'excuse pour cet état d'urgence. Je vous prie de ne pas croire, pas la moindre seconde, que je cherche à vous tuer au travail, travail dont j'apprécie grandement l'efficacité. Ce complexe que vous m'aidez à construire, est absolument vital dans la dure route qu'attend notre nouvelle nation. Mais n'oubliez jamais que c'est vous et rien d'autre qui êtes la véritable base de cette nation. Une nation qui abritera les plus puissants, les plus capables des militaires jamais vus par l'homme. Les guerriers dans leur ultime perfection. Nous allons mettre un terme à une ère qui assiste au déshonneur des soldats qui sont utilisés comme de simples outils, et détruits à la guerre à cause de la gourmandise des hommes politiques. Et c'est vous, soldats, ingénieurs militaires, qui sont ses premiers citoyens ! Les


richesses de notre nation et son esprit de combativité… J'espère juste que ces ressources inestimables ne seront pas sacrifiées en vain ! Après ce beau discours, tous les soldats, ingénieurs… Mirent la tranche de leur main sur le front effectuant un salut militaire. - C'est donc bien Gene… Confirma Snake pour lui-même. Cette voix… Et la prémonition… C'est un pouvoir spécial… ? Naked se décida à quitter les lieux et il redescendit au rez-de-chaussée. Il trouva une porte d'entrée, et pénétra dans le laboratoire. Il progressa jusqu'à arriver à une petite salle de soins, où il vit un bac, une sorte de caisse. - Qu'est-ce que c'est ? Se demanda-t-il se penchant au-dessus. C'est lui… Ajouta-t-il en voyant le corps dans le liquide cryogénique. La porte derrière Big Boss coulissa. - Qui va là ?! Dit une voix féminine qu'il reconnut être celle de la voyante de toute à l'heure, qui l'avait effrayé à l'hôpital depuis l'hélicoptère. Vous n'avez pas lu l'écriteau ? Il dit "Ne pas entrer"… Elle vit le visage de Naked et sursauta. - Vous… - Une enfant ? Fit Snake surpris par la jeunesse de la fille, qui avait apparemment abandonné son costume militaire pour un costume de scientifique. Qu'est-ce que vous faites là ? - Je suis la responsable, répondit la fille. - Vous ? Responsable ? Fit Snake surpris. - Vous là-bas, cherchez en haut des escaliers ! Que les autres inspectent la chambre de préparation ! Dit une voix dans le couloir. - Par ici, Snake ! Dit la fille. Cache-toi là, dans ce casier ! - Quoi ?! Fit Naked surpris par cette démarche. - Tais-toi et fais-le ! Deux soldats entrèrent. - Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Demanda la fille. La chambre de préparation n'est accessible qu'au personnel autorisé.


- Mademoiselle Elisa, êtes-vous seule ? Demanda l'un des deux hommes. Avez-vous vu quoi que ce soit de suspect dans les parages ? - Non… Un problème ? - Nous avons reçu un rapport disant qu'il y a peut-être un intrus dans le labo. Quelqu'un a également repéré un camion assez suspect non loin d'ici, répondit le second soldat. - Et bien il n'y a personne ici, répondit Elisa. Juste moi. Et lui, ajouta-t-elle en montrant le corps dans le bac. Vous dérangez son sommeil ! Je dois vous demander de partir. - Oui Mademoiselle, répondit le premier homme. - Si vous voyez l'intrus, prévenez-nous immédiatement, ajouta l'autre. Les deux soldats se retournèrent et quittèrent la salle. - Maintenant, je peux dire que j'aurai tout vu… Dit Naked sortant du casier. Une fillette responsable d'un endroit comme celui-ci… Pourquoi m'as-tu aidé ? - Je… Je n'en sais rien, avoua Elisa. J'ai juste eu l'impression que je devais le faire. - Et comment connais-tu mon nom ? Demanda Naked qui avait remarqué que la fille l'avait appelé "Snake" peu avant. Tu es avec l'unité Fox toi aussi ? - Non. - Mais… Ton uniforme… Il écarta les deux parties de la veste de scientifique d'Elisa laissant apparaître un teeshirt. La jeune fille eut un mouvement de recul et cria. Snake se sentit alors mal, il avait une grosse douleur au niveau des tempes. - Ce… Ce n'est pas ça… Quand je t'ai vue à l'héliport avec Cunningham et les autres… - C'était ma sœur. - Sœur ? Fit Snake. - Son nom est Ursula. C'est elle qui est membre de Fox. Je suis un simple médecin. - Tu es plutôt jeune… - Et bien… Tu étais sur le champs de bataille à mon âge, pas vrai, Snake ? Ou devrais-je dire… Big Boss ? Demanda Elisa. Naked était dérouté par les dons de cette jeune voyante.


- Ursula et moi avons été élevées dans un labo à l'est de l'Allemagne. Ils y envoyaient tous les enfants avec des pouvoirs spéciaux afin de les étudier. Mes pouvoirs sont plutôt faibles… Mais Ursula est différente. Elle est l'une des voyantes les plus puissantes du monde Communiste. Grâce à un entraînement spécial, elle a atteint un pouvoir énorme… Mais à cause de cela, tout ce qui fait qu'elle était humaine a disparu. Si bien qu'elle ne peut même plus me parler. Il y a quatre ans, Gene nous a sortis de ce labo. Il était en mission pour Fox. La CIA voulait mettre la main sur les pouvoirs spéciaux du bloc Communiste. - Et c'est là que vous avez rejoint sa petite révolution ? - Oui, c'est exact. - Donc… C'est ce que vous appelez le Soldat Parfait ? Demanda Snake désignant le bac de la tête. Il possède des pouvoirs spéciaux lui aussi ? - Non. Il n'est qu'un être humain ordinaire… Du moins, il l'était… Il a été élevé dans un milieu spécial… Des conditions très spéciales… Pour en faire un soldat hors du commun. Il est incapable de ressentir la moindre émotion, ou le doute. Il est le combattant ultime, créé dans un seul but : accomplir la mission. Il n'a pas de souvenirs humains. Tout ce qu'il lui reste sont ses talents au combat. - Aucun souvenirs ? - Chaque fois qu'il accomplit sa mission, il passe en phase de réajustement. C'est en ce moment le cas. A l'intérieur du bac, chacun des cinq sens sont complètements fermés. Beaucoup deviendraient fous en quelques minutes. Comme un bébé qui vient au monde pour la première fois, les sens du Soldat Parfait sont rectifiés à une précision extrême. Il peut lire les mouvements de l'ennemi, et les apprendre plus vite que n'importe quelle personne ne pourrait jamais le faire. - Quel genre de personne peut endurer un entraînement si extrême ? Demanda Snake. - Personne, bien sûr, répondit Elisa. Le projet Soldat Parfait a échoué et a été abandonné. Il a été le seul succès. C'est la raison pour laquelle on lui a attribué le nom de code Null (Nul, zéro). C'est un numéro perdu. Il n'a ni sentiments, ni souvenirs, pas même un numéro de projet. Ne pense même pas à le combattre. Il est impossible que tu gagnes, Snake. - Hm… Tu as peut-être raison… - Ou tu peux l'abattre maintenant, mais tu devras me passer sur le corps, ajouta durement Elisa. - … Je ne suis pas un assassin. Tuer un soldat qui a sa garde baissée n'est pas mon genre. - Tu es quelqu'un de bien, Snake. Je le savais. Tiens, prends ça. C'est un médicament pour traiter la Malaria résistante à la chloroquine. - Comment as-tu su… ? Fit Naked ne pouvant se faire à l'idée de ce pouvoir.


Elisa sourit, et sa radio sonna. - Il est temps ! Dit la voix de Cunningham. Faites le sortir du bac. Je suppose que les réajustements sont finis ? - Désolé, cela prendra encore un peu de temps. - J'envoie un homme à votre rencontre. Faites vite ! Ordonna le lieutenant. Elle coupa sa radio et montra une trappe à Snake. - Tu peux sortir par là. Vas au port. Tu y trouveras ce que tu cherches. - Tu n'es pas mauvaise non plus dans le genre voyante… Remarqua Naked. Elisa sourit, et son sourire retomba quand elle dit : - Une dernière chose, Snake… Si tu te retrouves face à Ursula… N'hésite pas… Tue-la. - Tuer… Ta sœur ? - Si tu ne le fais pas… Tu peux te considérer comme un homme mort. - Très bien, la prochaine fois, essaie de m'apporter des prédictions plus optimistes, plaisanta Snake avant de passer par la trappe qu'Elisa referma au-dessus de lui.


IV Le pont - Et bien c'était moins une… Ma fièvre a disparu. On dirait que les médicaments que t'a donnés cette fille marchent vraiment ! Annonça Campbell quelques heures après avoir avalé le cachet. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? - Il faut que j'aille au port, nous devrions y trouver ce que nous cherchons… Du moins, c'est ce qu'a dit Elisa, dit Snake. - Le port… ? Je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où il se trouve. On dirait bien qu'il va nous falloir faire quelques missions de reconnaissance. - Big Boss, vous avez une minute ? Demanda un des soldats qui avaient été récemment capturé et qui avaient rejoint l'unité. J'ai un plan. - Quel sorte de plan ? Demanda Naked. - Nous pouvons recruter autant de monde que nous le voulons… Mais tant que nous ne les utiliseront pas comme il faut, ils ne feront que rester là assis dans le camion… Et pardonnez-moi d'être franc, mais c'est une perte. Ca fait perdre tout l'intérêt d'être nombreux. - … Fit Snake légèrement vexé. - Donc, je pense que nous devrions prendre la plupart de nos hommes afin d'installer une "unité d'espionnage", et les envoyer à des points clés de la péninsule. Nous sommes ici depuis une plombe… Donc on a une plutôt bonne idée de comment trouver des prétextes en cas de mouvements suspects, et on pourrait facilement rapporter des informations. Et, corrigez-moi si je me trompe, vous voulez une vision large de ce qu'il se passe autour de cette péninsule, afin d'accomplir votre mission. Donc, qu'en pensez-vous ? - Des espions, hein… Fit Naked moyennement enthousiaste. - Snake, ce soldat marque un point. Si nous pensons pouvoir découvrir ainsi pourquoi Fox s'est rebellé, on ne fait pas que rêver… On est carrément fous ! Je pense qu'envoyer quelques uns de nos hommes pour espionner est une excellente idée. - Hm… Ok, on va suivre ce plan. On va commencer à former une unité d'espionnage dès maintenant… A partir de ce jour, le 12 novembre, le petit groupe dirigé par Big Boss s'agrandissait, et s'organisait. Ainsi, la plupart étaient chargés de ramener des vivres, d'autres des munitions… Ils capturèrent des médecins et des mécaniciens, et chacun de ces deux


nouveaux groupes reçurent un camion protégé par deux soldats, afin de faciliter les déplacements. Le 15 novembre, Campbell reçut un rapport du Dépôt d'approvisionnement, on apprit ainsi qu'une carte y était et que cette dernière était susceptible de donner la position du port. Un soldat la ramena discrètement, et Campbell l'étudia. - Cette carte que nous avons trouvée nous a donné de nombreuses nouvelles destinations sur la péninsule. Nous savons maintenant où se trouvent la ville, le pont, la base de sécurité soviétique, et le port. Et tout comme nous le suspections la carte montre les routes précises vers ces destinations à partir du dépôt d’approvisionnement. - Hm... C’était pas si difficile, fit Snake. - Tout à fait. Maintenant nous n’avons plus qu’à nous rendre tranquillement au port. Du moins j’espère que ce sera si simple. - ... Pourquoi ? Quel est le problème ? Demanda Naked inquiet. - Pour nous rendre au port, nous devons passer le pont... Mais ce pont est devenu un véritable point de vérification. - Comment le sais-tu ? - Un élément a été ajouté à la carte, montrant aux soldats où ils doivent patrouiller... - Un point de vérification, hein ? En effet cela pourrait être un problème... Un moyen de le contourner ? - Comme tu peux le voir sur la carte, la moitié Est de la péninsule est coupée de la moitié Ouest par une rivière. Si nous voulons aller au port en camion, le seul moyen est de traverser ce pont... - Donc, nous ne sommes pas seulement coupés du port, mais de toute la partie Est ? Il n'y a pas un moyen de passer outre ce point de vérification ? Demanda Snake. - Je ne peux rien assurer tant que nous n’aurons pas vu ce pont de nous yeux, mais je suis presque sûr de trouver une surveillance énorme, dit Campbell. Nous devons en tout cas aller vérifier la situation sur ce pont. Peu après, le camion s’arrêta à quelques centaines de mètres du pont en question, et Snake en descendit, suivi de deux soldats, l’un d’eux était Jonathan, que Naked appréciait beaucoup de par ses idées et son talent au combat. - On doit avoir un maximum d’infos sur ce pont, récapitula Campbell par la radio. Combien de soldats y sont déployés, et s’il y a des barricades ou autre hautes mesures défensives en places. Il faut que l’on connaisse ces choses si nous comptons passer de l’autre côté. Soyez prudents, essayez de trouver un endroit d’où vous pourrez observer le pont sans risque. Bonne chance !


Ils progressèrent doucement, et Snake contacta Campbell après avoir vu ce qu’il y avait à voir. - Quoi ?! Fit ce dernier. Le pont est complètement bloqué par des camions ? Génial... Juste ce dont on avait besoin... Dit-il ironiquement. Très bien ça suffit pour le moment. Reviens au camion. On va devoir trouver un moyen... De retour au camion, Roy et Naked se réunirent. - Très bien... Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Demanda Campbell. Ils utilisent ces camions pour bloquer la route... Et d’après ce que tu as vu, on dirait que la sécurité sur le pont est tendue... Pour être franc : il va falloir passer ici, aussi difficile que ce soit, en sachant qu’il sera impossible de s’infiltrer et d’arriver de l’autre côté sans être vus. Une idée, Snake ? - Il est impossible de s’infiltrer ou de passer en force avec cette sécurité et ces camions. Il faut trouver un moyen de les mener par le bout du nez afin de baisser la sécurité... - Une diversion, hein ? Fit Campbell. - Exactement, confirma Big Boss. Si on peut créer un état de panique en faisant sauter un bâtiment ennemi ou un terrain important... Ils enverront des renforts pour arranger la situation. Il semble qu’ils aient une force relativement importante déployée sur ce pont, donc je pense que le premier endroit d’où ils feront venir du monde est celui-là. C’est probablement mieux de s’en prendre aux endroits clés des complexes ennemis, là où les choses semblent... “Destructibles”. - Bien, mais où est-ce qu’on commence ? - Et bien, l’Unité d’Espionnage est là pour ça, non ? - Héhé, bien vu, Snake ! Je demande à tout le monde de se mettre à la recherche d’endroits de ce genre. Et bien, belle idée, Big Boss. - Nous aurons aussi besoin d’explosifs. - On est entourés de complexes militaires. Le dépôt d’approvisionnement et d’autres endroits du même type sont remplis de ce genre de choses. - Bien, j’irai moi-même chercher du TNT. - Reçu. Bon, préparons-nous pour l’opération : diversion. Deux jours plus tard, Naked avait distribué du TNT à chaque unité qui avait découvert un endroit sensible susceptible d’être détruit. Il attendrait quand à lui avec Campbell et Jonathan dans le camion, près du pont. De nouveaux espions avaient été ajoutés dans les nouveaux lieux découverts par la carte, comme la ville ou la base de sécurité soviétique. Les points à détruire étaient situés au labo, au dépôt d’approvisionnement, et en ville. D’après Snake, trois explosions au même moment suffiraient à provoquer un mouvement de panique


suffisant. 18 novembre. 9h30 du matin. Trois explosions survenaient au même moment, dont une qui se fit entendre, celle d’un camion en ville, par Snake, Campbell et Jonathan. - BOOM ! Ha ha ! Tu as vu la taille de cette explosion ? Fit Campbell amusé à Snake. L'ennemi doit se faire dessus en ce moment ! A peine deux minutes après, deux camions passèrent à toute vitesse sur la route, suivis de soldats qui courraient à pied, vers la ville, n’y ayant de plus de place dans les camions. Le transport des trois acolytes démarra, passant à grande vitesse sur le pont. Les quelques gardes qui étaient restés sur ce dernier plongèrent à l’eau en voyant l’engin arriver droit vers eux. - Yihaaa ! S’écria Campbell après avoir arrêté le camion une centaines de mètres après le pont. Excellent ! On l’a fait ! Direction le port ! Campbell récapitula en route par radio à tout le monde. - D'après ce que Snake a entendu de cette femme soldat, la chose que nous cherchons se trouve au port. Pour l'instant, nous n'avons toujours aucune idée de ce qu'est cette chose. Ca pourrait avoir un rapport avec la rébellion de Fox. Dans tous les cas, le fait est que nous avons besoin de chaque morceau d'information que l'on pourra trouver. Infiltrez le port, et passez-le au peigne fin. Bien entendu, restez prudent. Nous ne pouvons pas ignorer le fait qu'il puisse s'agir d'un piège. Je ne peux vous dire combien de fois nous avons échappé à la mort ces derniers jours.


V Le port Le groupe des chasseurs de Fox, que vous devinerez être le futur Fox-Hound, s'agrandissait toujours. Les espions ramenaient des prisonniers après les avoir libérés et les ralliaient à la cause de Big Boss, et l'organisation était quasiment parfaite. Aucun accident. Quand il fallait infiltrer, ils le faisaient désormais à plusieurs. Ils utilisaient une méthode qui consistait à avancer l'un après l'autre. Les membres inactifs se cachaient, immobiles dans des boîtes en carton. L'idée venait de Jonathan, qui accompagnait toujours Snake dans les missions d'infiltration. Le port était assez petit, et il y avait un énorme cargo amarré au sud. Les trois membres du groupe se séparèrent ainsi, certains se fondant aux autres gardes puisque portant toujours leur tenue de soldat. Snake se dirigea directement vers le gros bateau. Il arriva à l'étage d'une grande salle, et commença à descendre quand Jonathan le rejoint, inquiet pour son chef. En bas, des tas de containers étaient placés en désordre. Des voix s'élevèrent, et les deux espions se mirent à couvert derrière l'un d'eux. - Chien d'Américain ! Hôte tes sales pattes de ma collections ! Cria un homme à l'aspect très négligé qui portait une vieille casquette et de vieux vêtements. - Et bien, et bien… Ne serait-ce pas ce bon Colonel Skowronski… J'ai entendu que tu étais de la partie… Mais penser qu'un Commandant de base comme toi aurait été attrapé à se cacher dans un endroit pareil… - La ferme ! Cria l'autre. Vous pensez que vous, canailles, vous pouvez faire ce qui vous plaît sur ma base ?! Aussi tôt que mes renforts seront arrivés de Russie, nous vous écraserons comme les vermines que vous êtes ! On va vous montrer à qui cette base appartient réellement ! Et il en va de même pour ce salaud de Gene ! - Pathétique… Répondit l'autre qui était très étrange : chauve, des sortes de pics métalliques sortant de son crâne, et une combinaison qui portait une sorte de dispositif. Est-ce dur ? D'être un officier quand personne ne suit tes ordres ? - Silence ! Ordonna Skowronski. Il pointa une mitrailleuse vers le type étrange et vida tout un chargeur. L'homme ne bougea pas. Les balles tombèrent, enveloppées dans des glaçons. Skowronski paniqua et laissa échapper un cri nerveux. - Que… Qu'est-ce que tu es ?! Tu es un monstre ! - Tu essaies de tuer un homme, et tu oses ensuite l'appeler "monstre" ? Répondit sévèrement


le type. Un comportement si brutal… Il attrapa violemment le bout du canon de la mitrailleuse et le leva. L'arme commença à geler, du bout au manche, puis le bras du Colonel commença à son tour à être entouré d'une épaisse couche de glace. - Mince… Ah ! Ah ! Mon bras ! Hurla Skowronski. La glace s'arrêta de monter. - J'ai entendu dire qu'un intrus était dans les parages… Dit l'homme-glace. Et là, je découvre que j'ai fait tout ce chemin… Pour rien ! J'espérais découvrir le visage d'un vieil ami… Pas vrai… Snake ? Ma raison d'être ! - Vous… Commença le Colonel. - Tu ne vaux même pas le coup que je te tue ! Mais je ne peux pas te laisser te balader dans le coin comme tu le fais… Il poussa Skowronski en arrière qui tomba dans une cage où il tenait à genoux. Il fit coulisser la grille et afin d'empêcher le type de sortir, gela la poignée. - Voilà qui devrait te tenir en place… Dit le type. - Vous me mettez en cage comme un vulgaire animal ?! Lança le Colonel. - Tais-toi, ordonna l'autre. La glace devrait avoir fondu peu avant que tu ne meures de faim… Tu ferais mieux de conserver tes forces. Skowronski grogna après l'homme qui s'en allait. - Python… Murmura Snake en le reconnaissant. Tu es vivant… Naked avança vers la cage, suivi de Jonathan. - Qui… Qui va là ?! Cria le Colonel. Tu es revenu me tuer, chien d'Américain ?! Gardes ! Avec moi ! Eliminez l'ennemi ! C'est un ordre direct du Colonel Skowronski ! Personne ne vint. L'homme eut un rire nerveux. - Tu n'es plus le même homme… Ne t'inquiètes pas… Mes ordres se font entendre par des sourds, de toute façon… Quatre semaines… Cela fait quatre semaines que ce petit morveux de Gene est arrivé. Et durant ces quatre semaines, tout a changé… - Il n'y a plus aucun soldat qui vous soit loyal ? Demanda Snake. - Vous vous payez ma tête, hein ? Ne savez vous pas comment, en seulement quatre semaines, cet homme a été capable de placer la péninsule toute entière sous son contrôle ?!


- Il a annoncé être en train de créer une nation mercenaire, pas vrai ? Demanda Naked. Un pays de soldats… - Ha ! Une nation mercenaire ! Absurde ! Ils suivent tous la mélodie que joue ce joueur de flûte… Mais je ne me ferai pas avoir. Ses méthodes sont plus simples. Il corrompt le cœur de tous les hommes : Avarice, c'est tout ce qu'il y a en lui. La peur ! Il atteint simplement le mur impénétrable qui garde le cœur des hommes… Et là, il frappe ! Il frappe leurs points les plus faibles ! La peur… Oui, la peur ! - La peur ? Demanda Big Boss. - Comparé à la peur que cet homme sait faire ressentir, cette faible arme que tu portes est inoffensive… Tu n'as aucune idée… Aucune idée du point auquel cet homme est réellement terrible ! - La peur, hein ? Demanda à nouveau Snake perplexe. Lavotchkin LA-5… Déchiffra-t-il du Russe sur un container au dessus de la cage. Qu'est-ce qu'un avion de chasse de la seconde guerre mondiale fait ici ? - C'est une pièce de ma collection ! Le roi des avions de chasse Russes, ce truc pourrait prendre possession de Focke-Wulf et du Messerschmitt. - Vous étiez pilote d'avion de chasse ? Demanda Snake. - En effet, je l'étais… Répondit Skowronski. Oui… Un avion de chasse… Si seulement j'avais un MIG… Ou un Sukhoi… Je percerais le corps de Gene avec des trous ce jour même… Quelqu'un ! Cria-t-il soudain. N'importe qui ! Amenez-moi un avion ! Un avion ! Il éclata du même rire nerveux. Snake pointa son arme vers la cage et tira deux balles sur la glace qui se cassa. Le type continuait à rire, et les deux espions s'éloignèrent. Naked contacta Campbell et lui expliqua. - Bon, oublies Skowrenski, et continues les recherches. Ça m'étonnerait que ce soit cet alcolo qu'Elisa voulait qu'on trouve, répondit Roy. Snake continua avec Jonathan à fouiller le cargo, inspectant les containers. Il en trouva alors un qui l'intéressa particulièrement, après une dizaine de minutes. - Hein ? Bizarre… Ce container semble décalé par rapport aux autres. C'est marqué "Made in USA", ça doit être ça ! C'est ce qu'elle voulait que je trouve ! Ici Snake, fit-il dans sa radio. J'ai trouvé le container où ils gardaient le prototype de l'arme. - Tu en es sûr ? Demanda Campbell. - Oui. On peut y lire "Fabriqué aux Etats-Unis". Ils semblent l'avoir déguisée pour faire comme si le container devait aller au Vietnam.


- Intéressant… Quel est le problème ? Questionna Roy sentant un dérangement chez Naked. - Je viens de vérifier quelques containers et… Ils sont vides. Leur contenu a déjà dû quitter le port… - Quoi ?! Tu veux dire qu'on a fait tout ça pour rien ? - On dirait bien… Fit Snake. Mais… Il y a une autre chose qui a attiré mon attention. Ils ont laissé des pièces de rechange ici… Des trucs pour une sorte de canon, des barillets de rechange pour un M1919… Et des blindages par balles de plus de dix centimètres d'épaisseur. - Wow, Snake, on dirait des pièces pour un tank, ou un véhicule armé… On doit faire erreur… La nouvelle arme que les Etats-Unis développait était censée pouvoir détruire n'importe quelle grande ville de Russie, non ? Ce doit être quelque chose du genre un missile balistique ou un avion bombardier… - Je sais, se contenta de répondre Snake. Mais à ce que j'ai pu voir des containers, il est absolument certain qu'on a affaire à une arme de terrain mobile. Naked pensait en fait au Shagohod, qui avait été abandonné, mais il était impossible que l'engin puisse prendre assez d'élan ici sur cette péninsule sans qu'on ne le voit. De plus, Sokolov, le scientifique russe qui l'avait développé, était mort quelques années auparavant, lors de la mission Snake Eater. - Nous devrions chercher un truc d'assez gros. Je vais voir si je trouve quelque chose d'autre ici et je reviens au camion. - Ok, sois prudent Snake, demanda Roy avant de couper. A peine Naked avait-il recommencé à chercher, sa radio sonna. - Campbell ? Demanda-t-il. - Héhé… Répondit une voix modifiée. - Qui est-ce ? Interrogea immédiatement Snake. - Oh, excusez-moi… J'ai entendu une voix familière et j'ai pensé que je pouvais dire bonjour… Je ne vous remercierai jamais suffisamment de vous être occupé de Volgin. - Volgin… A groznyj Grad ? Fit Naked surpris de voir à nouveau la mission Snake Eater revenir au tapis. - Oui… Vous vous en souvenez donc. - Qui êtes-vous ? Répéta Big Boss agacé.


- Désolé mais je ne peux pas encore révéler mon nom. Pour le moment, tu peux m'appeler Prividyenie. - Prividyenie… Ghost… Traduit Snake. - Hm… Appelle-moi comme tu voudras. Après tout, un nom n'est qu'une décoration. Mais revenons-en au fait. J'écoutais ta conversation il y a quelques secondes. Tu sembles avoir un certain intérêt pour l'arme prototype. - Tu sais quelque chose là-dessus ? - Tu te souviens du Shagohod ? Demanda Ghost. - Ce monstre que Sokolov avait construit ? Demanda Snake. C'était un tank armé du nucléaire capable de lancer un missile nucléaire depuis… Une seconde… Tu veux dire que… ?! - Tu y es presque. - Alors ce prototype d'arme que Gene a volé est un tank nucléaire ? Mais le Shagohod était uniquement capable de lancer un simple missile de courte portée. Ça ne pourrait donc pas frapper n'importe quelle grande ville de Russie. - Tu as raison, admit Ghost. Le vieux Shagohod n'aurait jamais été capable de cela. Mais l'Amérique a déjà développé un MIRV qui fonctionne. - … Multiple Independantly targetable Re-entry Vehicles. Un simple missile balistique qui porte plusieurs têtes nucléaires, capable de frapper différentes cibles… Et donc qui peut frapper plusieurs villes en un seul coup… - Précisément. Mais les MIRV's ont leur point faible. Basse précision, coût de déploiement élevé, impossibilité de les contrôler une fois qu'ils ont été lancés…. Le prototype que Gene a volé est un tank nucléaire développé par l'Amérique auquel on a corrigé ces imperfections. - Un nouveau type de tank nucléaire ?! Fit Snake. - Le nouveau design agit sur la trajectoire balistique et lui permet d'infiltrer le territoire de n'importe quel pays dans le monde. Aucun système ABM (Anti Balistic Missile) ne saurait l'arrêter. Et en tant que plate-forme nucléaire portant plusieurs missiles équipés de têtes nucléaires, il peut pénétrer tout type de terrain et neutraliser un pays ennemi à lui seul, sans avoir besoin d'un support quel qu'il soit. - Ils vont utiliser le Shagohod comme ICBM et le lancer dans un pays ennemi ? C'est possible ?! Demanda Big Boss. - Ça aurait été impossible… Pour le Shagohod. Mais pas s'ils ont quelque chose de plus petit et plus mobile… En l'occurrence, un tank qui marche. Et s'ils utilisaient un booster bien plus puissant que celui du Shagohod, comme la fusée Saturne qu'ils ont utilisée pour lancer le


Module Lunaire Apollo ? - Un tank qui marche… Bien sûr ! Se rappela Snake. En même temps que Sokolov développait le Shagohod… Le labo de Granin développait un tank bipède, qui marche, à Groznyj Grad… Appelé Metal Gear… Ghost, es-tu Granin, l'homme qui a créé Metal Gear… ? Non… Granin doit être mort… Il a été tué par Volgin. La raison pour laquelle Snake avait fait cette comparaison est que "Ghost" avait un accent Russe tout comme Granin. - Granin… Ce nom fait ressurgir de vieux souvenirs. Mais fais donc. Crois que je suis Granin si tu le veux. - Donc Metal Gear est bien un tank nucléaire bipède, équipé de plusieurs petites têtes nucléaires ? - Exactement. Cependant, il n'est qu'en phase de préparation. Il n'est pas encore prêt au lancement ! Ce qui a été volé à l'Amérique n'est que le Metal Gear lui-même. Gene prévoit de l'armer avec les ogives de fabrication soviétique entreposées sur la péninsule. - Mais peut-il utiliser des ogives soviétiques ? Demanda Snake. Oh, attends… Les plans de Metal Gear étaient à l'origine soviétiques eux aussi… Je suis surpris qu'ils aient été capables de faire une si importante contrebande hors de l'Amérique - Un membre du gouvernement était impliqué. On dit qu'il est mort... Mais je suppose qu'il est à un aéroport ou quelque chose de ce genre, regrettant ce qu'il a fait, fit Ghost. - Très bien, j'en prends note. Donc, si je trouve le centre de stockage nucléaire de la péninsule, nous pourrions empêcher Metal Gear d'être lancé. - Je t'aiderai du mieux que je peux. Même si je suis un "fantôme", je ne suis pas pour autant d'accord pour les laisser lancer Metal Gear dans la Mère patrie. - Ok. Je te fais confiance, Ghost… - Ma fréquence est le 144.78. Je compte sur toi pour arrêter Metal Gear. La communication coupa. Peu après, Snake et ses hommes se rejoignirent au camion. - Un homme appelé Ghost… Fit Campbell après que Naked ait tout raconté. Je ne suis pas encore sûr de la fiabilité de ce gars, mais ce que Snake a trouvé donne de la crédibilité à son histoire. Pour le moment, nous allons devoir suivre ses mots. En tout cas, nous savons que ce nouveau "Metal Gear" est juste une armature. Il n'a pas été armé avec le nucléaire, du moins pas encore. Si nous trouvons le centre de stockage nucléaire et rendons les armes nucléaires inutilisables, Metal Gear ne sera plus qu'une boîte de conserve géante, d'accord ? Ça règle tout. Notre prochaine mission est de trouver ce centre. Maintenant que nous sommes de l'autre côté du pont et dans la partie est de la péninsule, il y a beaucoup de zones que nous avons besoin de découvrir. Replaçons comme il le faut notre unité d'espionnage et


continuons à recruter. Il nous faut des informations sur Metal Gear et les têtes nucléaires.


VI Sabotage

C'est après plusieurs jours de recherche et de recrutement qu'un rapport arriva à Campbell d'une unité d'espionnage postée à la base de sécurité soviétique. L'espion avait trouvé une carte qui indiquait l'emplacement du centre de stockage nucléaire. Il leur fallait maintenant empêcher les têtes nucléaires de sortir de ce centre. Pourtant il y avait un problème : Ils ne savaient ni quelle partie détruire, ni comment. - Nous devrions logiquement d'abord envoyer des unités espionner et couvrir la zone… Mais on m'a informé qu'un convoi se dirigeait vers le centre afin de sortir les armes nucléaires de là. Le temps n'est pas un luxe que nous puissions nous payer cette fois, fit Campbell. Il va falloir faire ça aussi vite que possible. Il faut infiltrer le complexe sans attendre. Je sais que ça semble suicidaire, mais il est de notre devoir d'empêcher le transport du nucléaire. Faisons-le ! Le camion démarra en trombe en direction du centre de stockage. Il s'arrêta non loin de la cible et Snake entra seul : il avait insisté pour que ce soit le cas. L'endroit était extrêmement bien gardé. Des tas de dispositifs avaient été mis en place. Naked passa outre la sécurité et chercha l'endroit où pouvaient être ces armes. Après une rapide recherche au premier étage ainsi qu'au rez-de-chaussée, il reçut un appel de Campbell qui avait eu une idée : - Snake, ces têtes nucléaires doivent être plutôt lourd. Ils utilisent sans aucun doute un monte-charge ou quelque chose afin de les sortir de là. Je me trompe peut-être mais ça me semble très plausible. - La porte du monte-charge est fermée, impossible de le détruire… - Alors cherche la source d'énergie qui lui permet de monter ! Trouve la salle des machines ! Fais vite l'équipe de transport n'est plus qu'à quelques kilomètres ! Naked trouva un passage vers le sous-sol, et découvrit avec soulagement la salle des machines. Il posa une charge de C4 sur ce qui semblait être un générateur, et courut vers le rez-de-chaussée. Plus de temps, l'équipe serait là d'une minute à l'autre. Snake se tourna vers la grande porte qu'il venait de franchir et appuya sur l'interrupteur qui allait tout faire sauter. - Hein ? Fit-il après avoir appuyé. Rien ne se passait. Une étrange fumée glacée émanait de la salle derrière la grande porte. Une voix s'en éleva, et une ombre apparut.


- Tu devrais être plus prudent, Snake… Les murs porteurs de ce centre de stockage sont plus fragiles qu'ils n'en ont l'air. De la façon dont tu avais placé cette bombe, l'explosion aurait été bien trop puissante. Tu aurais bloqué ton propre chemin d'évasion. Tu es si concentré pour terminer ta mission que tu en négliges ta propre sécurité. Les mauvaises habitudes sont difficiles à perdre, hein Snake ? - Python ! Reconnut Naked. Tu as désamorcé la bombe ?! Mais tu n'as pas pu avoir suffisamment de temps ! - Temps ? J'en ai eu largement assez… Tout ce que j'ai eu à faire c'est de geler rapidement le détonateur, et "poof" ! Il lança le C4 fumant cette fumée froide à terre. - Plus d'explosion ! Scanda Python. Il passa la main sur son front, sous les pics métalliques qui sortaient de son crâne. - Il fait chaud ici… Naked était pourtant gelé. L'endroit était rempli d'un brouillard terriblement froid qui émanait de l'ennemi. - Python… Alors tout ce temps tu étais en vie… Qu'est-il arrivé à ton corps ? - Ça faisait longtemps, Snake… Ça fait combien de temps depuis notre dernière mission ensembles ? Près de dix ans ? Nous étions très jeunes à l'époque… - Ouais… Fit Naked. Quand The Boss a disparu… Et je ne savais pas ce que je faisais… Tu étais là pour me sauver… Tu étais de ces quelques personnes auxquelles je pouvais toujours faire confiance au combat. Mais je te croyais mort ! Tu as été blessé pendant cette mission top secrète au Vietnam… - Oui… Je l'ai été… Dit Python de façon très lente. J'étais à deux doigts de mourir… Mon corps a perdu la capacité de réguler sa température. Mon corps entier brûlait. Sans cette combinaison et ce conteneur de liquide nitrogène, je ne pourrais pas survivre plus d'une demi journée. Mais ce costume a également fait de moi un soldat supérieur ! Il se contracta et un froid plus terrible encore sortit de la combinaison. Par réflexe, Snake pointa son arme vers son ancien ami. - Regarde… Fit Python. Regarde comme je contrôle ce pouvoir… Pas même ton fameux CQC ne marchera sur moi ! - Mais Python, pourquoi ?! Fit Naked ne pouvant comprendre. Tu es quelqu'un de bien ! Pourquoi avoir rejoint la rébellion de Gene ? - C'est mon salut, Snake… Fit l'homme dans une sorte de murmure. As-tu la moindre idée


de ce pourquoi la CIA m'a laissé vivre si longtemps ? Ils ont peur de toi… Snake. Tu es une légende. Un héros. Tu as battu The Boss ! La CIA le sait ! Dit-il alors que sa voix s'élevait de plus en plus. Alors ils ont cherché un soldat assez fort pour se débarrasser de toi si tu les trahissais un jour. Ils m'ont choisi… Ajouta-t-il alors que sa voix redevenait un murmure. Je suis l'Anti-Snake… Et je suis le seul homme qui puisse te briser ! Cria-t-il soudain. Depuis que je suis revenu à Fox, je n'ai été envoyé que pour faire de sales boulots afin de garder mes instincts d'assassin en bon état ! Peux-tu ramener ceux que tu as tués au combat, Snake ? Je le peux. Je fais des cauchemars à leur sujet ! Presque toutes les nuits ! Ils ne me laissent pas tranquille ! Python pointa sa mitrailleuse vers Big Boss avant de reprendre toujours en parlant bien fort : - Mais j'ai déjà fait coulé trop de sang pour jamais pouvoir me racheter ! Les cauchemars finissent aujourd'hui ! - Python, ne fais pas ça ! Fit Snake. - J'ai longtemps attendu ce moment… Reprit le type dans un murmure. Le moment où nous pourrions nous rencontrer et nous combattre en face à face, sur le champ de bataille, en tant qu'ennemis ! Snake ! Après que je t'aie tué, mon but sera atteint ! Allons-y ! Cria-t-il soudain. Ils étaient dans une grande pièce carrée. Naked se cacha derrière une colonne qui soutenait le haut plafond, et sortit une mitrailleuse du même type que celle de Python, un M16A1. Il ne voyait pas à deux mètres tant l'atmosphère glacé de la salle dégageait de fumée froide. Il sortit de sa cachette et tenta s'attraper son ennemi avec une prise de CQC, mais un liquide gelé sortit de la combinaison et Snake lâcha prise immédiatement. Python tira et Naked courut afin d'éviter les balles. Il pointa son M16 vers l'ennemi, prêt à tirer, quand ce dernier leva la main et congela l'arme maintenant inutilisable. Big Boss sortit une autre arme, un M1, et le combat reprit dans ce lieu dans lequel un cache-cache où la vie se jouait avait démarré. Après quelques minutes, Snake réussit à arriver derrière Python, qui se retourna afin de tirer mais Naked qui avait compris que son ancien ami était irrécupérable avait été le plus rapide. La balle frappa le conteneur de liquide nitrogène qui se mit à fuir, et toucha ainsi Python au ventre. Ce dernier s'effondra sur le dos, son corps fumant de partout. - C'est dingue, Snake… Dit-il à Naked qui se tenait debout au-dessus de lui. Je vois pourquoi… La CIA avait peur de toi… Maintenant je n'aurai plus jamais à prendre une autre vie. On dirait bien que je l'ai mon salut, après tout. Souviens-t'en, Snake. - Ça suffit Python. Ne parle plus, fit Big Boss. Il s'agenouilla et plaça ses mains sur le ventre de Python avant d'appuyer aussi fort qu'il le pouvait. Ses mains étaient totalement gelées, et il ne sentit bientôt plus ses bras. - Mais qu'est-ce que tu fais, Snake ?!


- J'essaie d'empêcher le liquide nitrogène de s'échapper de la combinaison. - Ne fais pas ça, Snake ! Tu ne peux pas ! Tes bras seront solidement gelés avant… - Tu n'as pas changé, coupa Naked la voix tremblante. L'aller est difficile, mais tu finis par avoir tout chaud sous le col… - Quoi ? - Tu me dois toujours de l'argent pour notre dernière partie de poker ! Je ne peux pas encore te laisser mourir ! Python éclata de rire comme il le pouvait, et attrapa l'épaule de Snake. - Je suis là… Toujours pour surveiller tes fesses ! Plaisanta-t-il. Souviens-toi de ceci, Snake… Fit-il alors avec un air grave. J'ai suivi Gene parce qu'il a promis la rédemption. Mais les soldats comme nous ne trouveront pas la rédemption dans la bienveillance de la nation, ou la haine d'un ennemi. Les soldats ont besoin d'un héros. Ils ont besoin d'un homme pour lequel ils risqueraient leur vie sans hésiter. Peux-tu porter le fardeau de savoir que les vies de tes hommes sont entre tes mains, Snake ? Si ce n'est pas le cas… Tu ne battras jamais Gene. C'est ainsi que Snake, le bras de Python autour du cou afin de l'aider à marcher, quitta les lieux afin de retourner au camion. La mission était un échec, mais il était heureux d'avoir retrouvé son vieil ami. Malgré tout ce dernier était blessé, et Naked demanderait à Campbell un petit service très bientôt. En attendant, Python fut placé dans le camion de l'équipe médicale qui en prendrait soin comme elle le pouvait. - C'est notre veine, fit Campbell. L'ennemi a déjà fini de transporter les têtes nucléaires. Ce qui veut dire que nous étions à côté de la plaque. - Ça ne me plaît pas de l'admettre, mais tu as raison… Répondit Snake. - Mais nous ne pouvons pas abandonner ! Il nous faut toujours empêcher le lancement. - On manque d'options… - Nous n'avons pas réussi à empêcher le transport du nucléaire. La seule option restante est de détruire Metal Gear lui-même. Je sais que c'est que c'est facile à dire, mais d'une certaine manière, on peut dire que ça nous faciliterait la tâche. Comparé aux têtes transportées, Metal Gear énorme, et plus visible. Il n'y a pas énormément d'endroit où il puisse être entreposé, et plus de monde devrait savoir où il se trouve. Il nous faut trouver quelqu'un qui a été impliqué dans l'opération Metal Gear. Un officier de haut rang, ou peut-être un technicien… Il ne fait aucun dote qu'ils auront plus d'informations. - Je vois ce que tu veux dire mais…


- Je sais. En supposant qu'ils aient des informations, il est probable que la plupart ne nous soient pas utiles. Mais c'est pour le moment notre seule piste. - Hm… Maintenant que j'y pense, Ghost a mentionné un membre du gouvernement impliqué dans le transport de Metal Gear… Quelque chose à propos d'un gars qui a été trahis par l'armée et serait officiellement mort. Peu importe à quel point Gene est charismatique, il ne s'échapperait jamais en activant cette arme dans un pays autre que le sien. Et cet officier qui a aidé Gene et a ensuite été laissé de côté… S'il est toujours vivant… Il devrait savoir où est Metal Gear, fit Naked. - Incroyable, Snake ! Bien sûr ! Si quelqu'un a des infos sur Metal Gear, c'est bien entendu le partenaire silencieux de Gene au gouvernement ! Comment as-tu trouvé ça ? - J'ai vécu quelques expériences qui me permettent de savoir comment procèdent ces types… - Oui, je me souviens maintenant. - Ok, concentrons-nous sur l'endroit où peut-être ce gars. Ghost a parlé d'un aéroport…


VII Null Big Boss s'était rendu en personne à la base de communication de la partie est de la péninsule afin de contacter Para-Medic. Il voulait lui demander conseil à propos de Python, mais cette dernière annonça soudain qu'elle allait être parachutée avec Sigint afin de l'aider. Snake surpris n'eut pas le temps de protester. Le lendemain même, les deux avaient atterri à l'hôpital, et Naked était venu les chercher discrètement. Para-Medic se joint à l'équipe médicale, et Sigint devin chef d'une nouvelle équipe : l'équipe technique, où il apprendrait aux recrues à se servir d'armes plus perfectionnées que les leurs. Le lendemain, Campbell reçut un rapport de la base de sécurité soviétique. L'unité postée là-bas avait vu plusieurs avions civils et militaires atterrir et décoller non loin de là. Ils savaient enfin où se trouvait l'aéroport. Jonathan infiltra avec un camarade l'aéroport gardé. C'est en arrivant à la salle de contrôle qu'il trouva l'homme en costume le dos tourné et l'attrapa par une prise de CQC, le menaçant de son couteau. - Dis-moi ce que tu sais de Metal Gear et des ogives, demanda Jonathan. La voix tremblante, l'homme répondit : - Les têtes nucléaires ont été emmenées au silo situé à côté du ravin ! - Merci, répondit le soldat avant d'assommer le type d'un coup de crosse. De retour au camion, Campbell récapitula comme à son habitude, ce qui aidait à clarifier les choses. - Les têtes nucléaires sont dans ce silo, donc nous devons opérer en supposant que Metal Gear y est également. - En tout cas il n'y a aucune raison d'en douter, fit Snake. - Exactement. De plus nous savons où est ce silo grâce à ce type. Un ravin sépare l'aéroport de l'endroit que nous cherchons… Nous sommes donc tout proches ! - Alors ne perdons pas de temps, allons-y ! Le camion démarra, et ils arrivèrent après une quinzaine de minutes dans la cour du silo. Snake et Jonathan iraient inspecter les lieux à deux. L'endroit était plus gardé que tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'ici. Ils décidèrent de se séparer. Un chemin menait à une cour basse, l'autre montait avant de redescendre de l'autre côté de cette cour du bas. Snake


emprunta le chemin du haut, et Jonathan prit l'autre. Ils devaient trouver l'entrée du complexe souterrain. Naked progressa jusqu'à quelques petits bâtiments qui abritaient des armes, puis il arriva à une grande partie de la cour, où étaient deux petits bâtiments reliés par un petit pont à trois mètres de hauteur. L'endroit n'était apparemment pas gardé ce qui sembla étrange à Big Boss. De son côté, Jonathan était arrivé à un cul-de-sac. Il décida d'interroger un des types qui étaient là. Il découvrit avec horreur cette réponse : - J'ai entendu dire qu'ils ont amené le Perfect Soldier par ici. Snake était en danger ! Il endormit le garde d'une fléchette et tenta de contacter son chef. Trop tard, une alarme retentit au-dessus de la tête de Jonathan, puis une voix s'éleva dans un mégaphone. - Intrus détecté ! Lancement du Perfect Soldier numéro [Null] ! Prenez garde ! Big Boss vit deux soldats ennemis lâcher les liens d'un homme qui était sous une sorte de drap. Null brisa les menottes et chaque objet qui avaient été placés afin de ne pas en perdre le contrôle, et Snake dit : - C'est donc Null… Le Perfect Soldier… Comme pour répondre, Null, dans une combinaison de combat noire, et rouge sur les côtés, une sorte de col remontant jusque son nez tendit une longue machette et se mit à courir vers lui. Instinctivement, Naked tira cinq balles de son M1, mais Null les stoppa toutes avec sa lame avant d'effectuer un superbe salto et de retomber sur Big Boss qui esquiva de peu le coup de machette qu'avait donné Null. - Mais c'est quoi ce type ?! Laissa échapper Snake. - Pourquoi ? Fit le Perfect Soldier d'une voix de jeune, légèrement étouffée par son col et avec très peu d'intonation. Pourquoi es-tu encore en vie ? - Mais de quoi est-ce qu'il parle… Fit Big Boss ne comprenant pas. - Aucun homme ne peut rencontrer le Perfect Soldier en combat et survivre. Mais tu ne meures pas. Pourquoi ? Il abattit son arme sur Naked qui bougea à gauche pour l'éviter. - Ces mouvements… Je connais ces mouvements… Fit Snake. C'était au… Mozambique ? Il se souvint de l'image d'un enfant d'à peine dix ans tenant un long couteau… S'il s'agissait de la même personne, Null n'avait en réalité qu'environ seize ans. Ce dernier ne supporta pas ces mots qui apparemment lui évoquaient quelque chose. Il hurla et se plia en deux, se tenant la tête. Soudain une quinzaine d'hommes armés sortirent de toute part, pointant leurs armes autant vers Naked que vers Null. Cunningham approcha de sa


démarche boiteuse, menaçant le serpent de son arme. - Reste où tu es, Snake. Hey, tu as filé un bon coup de main je te l'accorde, ajouta-t-il à l'attention de Null. Cunningham asséna un violent coup de crosse à Naked qui tomba en arrière sous le choc, presque assommé. Null leva immédiatement sa machette prêt à achever sa cible. - Bon boulot, Perfect Soldier, reconnut Cunningham en pointant son arme vers Null de peur qu'il ne tente de tuer Snake. Ta mission est terminée. Null hésitait. Sa respiration accélérait à chaque seconde. - Ta mission est terminée, Null ! A l'aise ! Répéta Cunningham. Le jeune soldat rangea sa machette et resta droit, sans bouger. - Hm… Une simple marionnette, après tout… Jonathan impuissant vit de loin son chef être emmené dans un camion, avant de rejoindre Campbell. Quelques minutes plus tard, ce dernier lançait un message à tous les membres depuis la radio du camion. - Nous avons perdu le contact avec Snake... Je ne veux même pas penser à ce qui a pu lui arriver. Mais Snake est une légende. C'est Big Boss. Il ne se serait pas laisser tuer si facilement. Je... Je sais qu'il ne l'aurait pas fait. - Je suis de votre avis, Campbell. Il nous faut le sauver, fit Jonathan. - Bien. Nous allons commencer par chercher dans la zone où il était en dernier lieu. ça ne fait pas longtemps qu'il a disparu, et je pense que le meilleur plan est de se concentrer sur sa dernière position connue. - Mais ça ne va mener à rien de chasser sans savoir si l'on est où il faut... - Exact, donc il va falloir être agressifs. Interrogez tous les ennemis que vous trouverez et tentez de leur tirer les vers du nez. Jonathan et deux hommes se rendirent à l'entrée du Silo et se mirent à capturer tout le monde sur leur route. L'un des soldats trouva un officier gradé sur place. L'homme refusa de parler, et le soldat l'emmena au camion après l'avoir assommé suivant le conseil de Campbell. Ce n'est que le soir que l'officier parla, sans aucun besoin de torture, juste avec les mots de Campbell. Il rejoint également le groupe. - Ils... Ils ont emmené ce gars appelé Snake... A la chambre d'hôte.


VIII Libération - On dirait bien que tu n'as pas utilisé la bonne méthode sur celui-là, dit une voix que Naked reconnut comme celle de Gene. Les informations extraites par torture physique ne sont pas fiables. J'ai toujours pensé qu'un interrogateur talentueux n'était pas obligé d'infliger la douleur à son... sujet. - Vous avez raison, Commandant, répondit Cunningham visiblement gêné. Mais tout dépend du moment et de l'endroit. Cet homme a été un membre de Fox. Pour lui, ce n'est même pas considéré comme de la torture. Je disais simplement bonjour. - Je vois... En tant qu'individu de Fox, tu connais ses limites. Egalement qu'il sera difficile d'obtenir quoi que ce soit de lui, pas vrai Cunningham ? - Heu... Il est vrai que c'est un dur à cuire... Mais sa résistance sera la cause de sa chute. Cette fois, je suis sûr de découvrir l'endroit où est le reste de l'Héritage des Philosophes. - Tu peux le faire ? Demanda Gene. - Ca ne fait pas partie de mes méthodes habituelles... Mais il y a un moyen. - Des drogues ? Comprit le Commandant. Les sérums de vérité ne marcheront pas sur un membre de Fox... - Pendant qu'il était éloigné des champs de batailles, ils ont développé une nouvelle formule.

- Les aveux extrais grâce à un sérum de vérité ne peuvent pas être crus, surtout si tu utilises une formule plus forte. Il pourrait tomber en morceaux avant même que tu n'aies eu l'occasion de lui poser une question. Tu le sais aussi bien que moi, fit Gene l'air suspicieux. Pourquoi es-tu si pressé, Cunningham ? - ça me semblait... Le meilleur moyen de mettre la main dessus, d'un point de vu efficace. - Très bien alors... Mais je veux d'abord lui parler. - Faites comme chez vous... Les sérums de vérité ont un effet anesthésiant. Si je m'en sers avant qu'il n'ait recouvré ses forces, je ne pourrai pas le toucher. Laissons-le goûter à la peur encore un moment... Cunningham quitta la pièce par une porte métallique. L'endroit était froid, et le fait que Snake soit torse nu n'arrangeait en rien les choses.


- Tu étais éveillé tout ce temps ? Demanda Gene se tournant vers Naked. Tu ferais un formidable adversaire. Je vois maintenant pourquoi tu as hérité du titre de Boss. Pourtant, tu es dans de beaux draps. - .... - Envers qui es-tu loyal ? Pourquoi te bats-tu ? A ces mots, Big Boss pensa immédiatement à The Boss. - Qu'est-ce qu'un pays ? Un soldat ? Continua Gene. As-tu perdu ces choses de vue ? C'est pourquoi tu t'es retiré de Fox... Mais te voilà de nouveau sur le champ de bataille... Une fois que tu as hérité de l'âme d'un guerrier... Tu ne peux plus quitter le champ de bataille. - ... - Permet-moi de partager une histoire... Tout ce travail, "voler le Metal Gear"... C'était entièrement prévu depuis le début. L'idée vient de la CIA. Ils prévoyaient de donner le Metal Gear développé par les Américains aux Russes. Donner à l'ennemi une arme qui leur appartient... Et sais-tu pourquoi ? - Eclaire-moi, demanda Snake. - Pour prolonger la Guerre Froide. L'échec de son économie préparée a laissé les finances de l'Union Soviétique dans un total désordre. En plus de ça, grâce au travail de The Boss il y a six ans, ils ont perdu l'Héritage des Philosophes. Les Russes ne peuvent plus soutenir les dépenses militaires de masse requises par la Guerre Froide. Et maintenant l'Amérique, dans le but d'acquérir l'Héritage, a réussi à déployer des MIRVs au combat, et va renforcer sa supériorité militaire avec le contrat sur la limitation des armes stratégiques. A ce rythme, la balance globale du pouvoir va bientôt s'effondrer, et d'ici peu la Guerre Froide sera terminée... Et quand cela arrivera, l'importance de la CIA diminuera... Considérablement. - La CIA donne Metal Gear aux Russes pour maintenir la balance du pouvoir ? Demanda Naked choqué. - Metal Gear est une arme bien plus avancée que n'importe quel MIRV. Ce serait une carte de tromperie plus valable pour Moscou, qui voudrait rendre SALT impertinent. Le monde s'éloignerait des compromis et de l'accommodation... Et serait une fois de plus séparé en deux. Le temps des soldats et des espions continuerait. Les ordres de la CIA pour Fox n'étaient pas de protéger Metal Gear durant le transport... Mais de le voler. Et ensuite de prétendre qu'ils désertaient pour l'Union Sovétique... Un plan intelligent de la part de la CIA. Entièrement prévu pour protéger les intérêts de son organisation. - Non... Impossible... Je n'y crois pas, fit Naked. - C'est ce que tu appelles ton "Pays". - C'est pour cette raison que tu as organisé une rébellion ?


- Je vais créer un monde que je désire. Tout comme les soldats ont besoin d'officiers talentueux, les hommes hommes ont besoin de leaders talentueux. Leaders capables de conseiller le monde. J'ai été créé dans ce but, ajouta Gene se tournant, dos à Snake, les mains reliées dans son dos. - Créé ? Demanda Naked surpris. - As-tu entendu parler du Projet Successeur ? - ... Non, répondit Big Boss. - Des expériences top secrètes dirigées par le Gouvernement des Etats-Unis. Le but : créer le Commandant de terrain ultime. Le talent de mener une guerre. L'aptitude de la stratégie. L'endurance pour revenir en vie de la bataille. Et le charisme pour accabler et maîtriser le coeur des soldats. Son ton changea alors, et devint comme lorsqu'il avait fait ce discours aux soldats alors que Snake cherchait les médicaments contre la Malaria. - Ma voix est dotée d'un pouvoir spécial, dit-il. Un autre produit du Projet Successeur, expliqua-t-il reprenant sa voix normale. Et le soldat qu'ils ont choisi comme le leader modèle... N'était autre que la légende elle-même... The Boss. - The Boss... ? Demanda Naked choqué. - J'ai reçu ses dons. J'en ai hérité. Snake... Tu as hérité du titre de Boss. Tu as été son dernier disciple. Toi et moi sommes comme des frères. Et de ce fait, je ne pourrais pas te tuer de suite... Mets-toi à l'aise... "Mon frère". Tu es sur le point d'être témoin de la création de mon nouveau monde... Il quitta la salle par la même porte que Cunningham. Pendant ce temps, Jonathan et Campbell préparaient l'opération de ce soir : ils enverraient trois hommes à la chambre d'hôtes afin de délivrer leur Commandant. La mission était risquée, mais chacun était prêt à donner sa vie pour Big Boss. Il avait disparu depuis maintenant 24 heures, c'était le matin sur la péninsule. Ils attendraient la nuit. Non loin de là, Gene dans son bureau, Ursula, la jumelle d'Elisa à côté de lui, reçoit un appel d'un correspondant mystérieux. - C'est moi, dit la voix à l'autre bout. - D'une certaine manière, je me doutais que ce serait vous, répondit Gene… Oui, les négociations avec le Kremlin furent un succès. Ils n'interfèreront pas avec ce qui est sur le point d'arriver. Je dois vous remercier pour toute votre aide. Quand ils ont vu les données de trajectoire du Metal Gear, ils ont su que ce n'était pas du bluff. La CIA doit être dans un état de panique totale en ce moment. Tout comme prévu dans votre plan, je présume ? Dites-


moi… Vous n'auriez pas pu obtenir ces données de vous-mêmes, n'est-ce pas ? Il doit y avoir quelqu'un qui vous aide. Qui est-ce ? Aucune importance… Je me fais une bonne idée de qui il pourrait être. L'homme avec le même nom de code que Null… Mais vous réalisez bien que vous trahissez votre employeur, pas vrai ? Je me demande juste ce que vous avez en tête… Vous ne m'utilisez pas, n'est-ce pas ? Hm… Aucune importance… Nous nous reverrons… Dans un nouveau monde. Un monde de ma création ! Nous nous y retrouverons, mon ami… Ocelot… Ainsi donc Ocelot est de la partie… Et un homme qui partage le même nom de code que Null, ça ne vous dit rien ? Moi, si… Nul = Zéro… Soudain deux hommes entrèrent en trombe dans le bureau, l'air terrifiés. - Qu'est-ce qu'il y a ?! Qu'est-ce qui se passe ? Demanda immédiatement Gene. - Pardonnez-nous, Monsieur, mais le Perfect Soldier, il est… L'homme n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une lame le traversa puis fit de même dans son partenaire. Null apparut derrière les deux soldats qui tombèrent lentement. - Null… Fit Ursula. - Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Gene. - Je dois accomplir ma mission, dit Null de la même voix étouffée par son col, comme s'il avait le nez bouché. - Arrête, Null, ordonna Gene. - Pas encore. Il vit. Je n'ai pas accompli ma mission, s'obstinait le jeune pantin. - Tu veux dire Snake ? Demanda le Commandant. Il a été capturé. Ta mission est terminée. Stop, Null. - Non ! Pourquoi ne meurs-tu pas, Snake ?! Quatre soldats firent irruption dans la pièce et sautèrent sur Null qui les trancha d'un coup de machette. Ursula fit un mouvement vers le Perfect Soldier, mais Gene la retint. - Hors de mon chemin ! Je le tuerai ! Continuait Null. Je dois le tuer ! Je dois… Tuer… Soudain, devenant comme fou, il plongea sur Gene brandissant sa machette qu'il abattit violemment. Rien. Il n'avait rien touché. Gene était déjà derrière lui, et avant même que Null ne l'eût compris, il avait un couteau planté dans chaque bras et dans chaque jambe. - Hein ? Fit-il faiblement avant de lâcher son arme. Gene lui porta un coup de la paume de sa main entre les côtes et le jeune homme tomba en arrière. Puis prenant sa "voix de persuasion" dit :


- Tu vas suivre mes ordres, Perfect Soldier. Je suis ton Commandant. Puis reprenant sa voix normale : - Emmenez-le en chambre de préparation… On emmena Null hors de la salle et Gene se retrouva seul. Il dit alors pour lui-même : - Le Perfect Soldier a la mémoire réinitialisée après chaque mission… Et même après un petit lavage de cerveau, tu as réussi à faire ressurgir en lui de fortes émotions, Snake… En cours d'après-midi, Big Boss, faible, allongé et ligoté à terre dans sa cellule, entendit s'élever une voix. - Bonjour ! Je vous ai apporté à manger, et il y en a pour le prisonnier. C'était Elisa. - Merci ! Répondit le garde. C'est très gentil à vous d'avoir fait tout ce chemin juste pour m'apporter un dîner. - De rien ! Dites, pourrais-je parler au prisonnier un petit moment ? Je voudrais rencontrer l'homme qui a rencontré le Perfect Soldier et y a survécu afin d'en parler… Ne vous occupez pas de moi, appréciez simplement votre soupe ! - Hein ? Mais… - S'il vous plaît essayez de comprendre ! Quand la vie d'une fille est en jeu, elle a parfois très envie d'un homme qui soit fort… - Heu… Allez-y… - Pouvez-vous me faire plaisir et regarder de l'autre côté un petit moment ? Demanda Elisa. Elle ouvrit la porte et entra avec le plateau dans la cellule de Big Boss quand le garde fut assez éloigné. - On dirait bien que tu as pris de sales coups, Snake… Mais je suis contente de te voir en vie. Je n'aurais jamais cru que tu puisses survivre à un combat contre Null. Voyons si tu peux te relever. Naked commença à se lever, et se rendit compte qu'il était totalement nu. Il grogna, et Elisa se rendant compte de la situation se détourna, gênée, avant de dire assez fort : - Oh ! Euh… Mange ce repas… Ne t'inquiète pas c'est sans drogues ou quoi que ce soit. Ne bouge pas, Snake, sa voix devenant un murmure. Et reste silencieux.


La fille accrocha soudain ses bras autour du cou de Naked, qui se senti gêné, mais il comprit bien vite. Il entendait de drôles de sons dans sa tête, et il perçut alors la voix d'Elisa. - Tu m'entends ? Disait-elle. - Hein ?! C'est de la télépathie ? Répondit tout haut Snake. - Chut, pas si fort. Tais-toi et écoute. Je n'ai pas assez de pouvoir pour parler longtemps. Gene a commencé les préparations du lancement balistique de Metal Gear. Il a donné l'ordre de charger les têtes nucléaires. - Quoi ? C'est encore trop tôt, réagit Snake en murmurant. Est-ce que les négociations ont cessé ? - Je ne sais pas. Pas même Ursula, et je peux savoir ce qui passe par la tête de Gene. Quand à pourquoi il négocie avec les Etats-Unis et l'Union Soviétique… Tes suppositions sont aussi bonnes que les miennes. Je pense qu'il peut être en train de se préparer à lancer Metal Gear dès que possible… La tournure des négociations n'a aucune importance. Mais je ne peux pas l'arrêter. Pas moi-même. Pas tant qu'il aura Ursula à ses côtés. Tu es le seul sur lequel je puisse compter. Ils ont probablement transporté Metal Gear du port au bâtiment d'assemblement afin de pouvoir charger les ogives. Si tu le détruis maintenant, tu peux au moins empêcher Gene de lancer une attaque nucléaire. - Pourquoi me dis-tu ça ? Demanda Snake curieux. - J'ai eu une vision de toi, détruisant Metal Gear. Mes prémonitions ne sont pas toujours vraies, mais je pense que tu es capable d'empêcher cette catastrophe nucléaire. - Tu peux me sortir de là ? - Pas tout de suite, répondit Elisa confiante. Sois patient. La roue de la chance va bientôt tourner en ta faveur. - Et bien… ça me remonte un peu… Je souris presque… De l'intérieur, fit Naked toujours tout haut. - Toutes les bonnes choses viennent à ceux qui savent attendre, dit Elisa sa voix télépathique faiblissant avant de manquer de tomber. Essoufflée dans les bras de Snake, Elisa reprit ses esprits quand le garde, qui épiait la conversation depuis la dernière phrase de Snake (ce qui soutenait l'excuse de la jeune femme pour aller le voir). - Euh… Ok chef… Il est temps de sortir. - Hein ? Oh, désolée… Je suppose que j'étais trop plongé dans ce que je faisais… - Ce que vous faisiez… Répéta le soldat amusé.


- C'est notre petit secret, ok ? Dit Elisa avec un sourire. Ne le dis à personne. Elle partit alors, laissant de nouveau Big Boss dans la solitude. Il s'empressa de manger le repas qu'avait apporté Elisa, mais il mourait de faim même après avoir savouré le dîner. Il avait froid, la cellule était humide. Il devait être dans un sous-sol. Deux ombres approchaient discrètement de l'immeuble où était supposé être Big Boss. L'endroit était extrêmement bien gardé. Les deux hommes entrèrent dans le bâtiment, guidés par Jonathan qui observait les déplacements ennemis de loin avec des jumelles volés dans un entrepôt quelques jours plus tôt. le hall était grand, et deux sentinelles y patrouillaient. Malgré que les deux espions fussent vêtus de la même manière que l'ennemi, le niveau de sécurité était si élevé qu'ils seraient suspects malgré tout. Rien au rez-dechaussée, rien à l'étage, mais d'après leurs renseignements il y aurait un sous- sol accessible par l'arrière du bâtiment. Ils sortirent donc discrètement, puis se rendirent à leur destination. Ils descendirent les escaliers, et arrivèrent dans le couloir de ce qui semblait en effet être une prison. Ils assommèrent le garde qui surveillait là, et ouvrirent la porte avec ses clés. Ils se ruèrent alors sur Snake afin de le détacher. - Vous êtes venus pour me sauver ? Demanda Naked d'une voix faible, surpris. Vous ne saviez même pas si j'étais toujours en vie. Pourquoi vous être ainsi mis en danger ? - Parce que vous êtes notre chef, répondit l'un des deux hommes. De plus, nous savions que vous ne vous seriez pas laissé tuer dans un tel endroit. - Mais... Me sauver ne va pas... Commença Big Boss. - Nous avons besoin de vous. Ne l'oubliez pas, Snake. - Très bien, sortons d'ici... Je sais où est Metal Gear. Notre boulot ici est terminé. - Très bien, Boss. Il y a un passage pas très loin, dans la cour, qui n'est que légèrement gardé. Naked était ému par le geste de son équipe. Il se rappela des paroles de Python. " Si tu n'es pas capable d'assumer que tes soldats soient prêts à donner leur vie pour toi, tu ne pourras jamais vaincre Gene...". On retrouva sa combinaison sous clé dans une cellule voisine, et il l'enfila tant bien que mal, aidé par ses deux sauveurs. Ils sortirent tous trois, l'homme qui avait parlé ouvrant la voie, l'autre aidant Snake à marcher, et avancèrent lentement dans la cour. Ils longeaient une mur, quand soudain les trois sentirent leur estomac se retourner dans leur poitrine : un projecteur sur leur gauche, pointé vers eux, venait de s'allumer. Les trois têtes se tournèrent vers la source aveuglante et virent alors, se couvrant les yeux de leur main, une sorte de plate-forme volante telle que Big Boss en avait déjà rencontrées, avec à son bord Cunningham, sa peau noire le rendant presque invisible comparé au puissant éclairage. - Le chemin se termine ici, Snake ! Dit-il à travers un mégaphone. Ce sont des hommes capables que tu mènes, Snake. Je n'aurais jamais pensé qu'un agent de Fox, qui plus est un


spécialiste en missions d'infiltrations solo, aurait un jour vu ses camarades venir le sauver. Je me suis trompé ! Tu m'as glissé entre les doigts. Il faudra que je remercie Ursula ! - Ursula ? Demanda Snake. La voyante qui travaille pour Gene... - Pour moi, elle est un mystère... Mais elle est utile... En tout cas, maintenant qu'on est là, nous allons pouvoir recommencer notre questionnaire... L'Héritage ! Où est-il ?! Je sais que tu as volé la moitié du KGB, maintenant dis-moi où elle est ! - Le KGB ? Fit Snake surpris. De quoi est-ce que tu parles ? - Tu veux toujours nier... Comme tu veux ! Tes hommes vont mourir de ma main, un par un, jusqu'à ce que tu changes d'avis ! Cunningham pointa une arme vers le soldat à gauche de Snake, qui tomba après que le coup de feu fût parti. - Stop ! Hurla Naked horrifié, ne pouvant répondre à la question de Cunningham même s'il l'avait voulu. - Où est l'Héritage des Philosophes ? Où est-il ?! - Je ne sais pas ! Cria de nouveau Snake. Un deuxième coup de feu partit et c'est cette fois l'homme à droite de Snake qui s'effondra en criant. - Arrêtes ! Je ne sais rien ! Je le jure ! Hurla Naked. - Tu mens ! Tu dois savoir où est l'Héritage des Philosophes ! Le Pentagone m'a dit... - Le Pentagone ?! Coupa Big Boss surpris. Le bourreau se rendit compte de l'information qu'il avait malencontreusement donnée. - Pourquoi t'intéresses-tu tant à ce qui est arrivé à l'Héritage, Cunningham ? Qu'est-ce que tu as à voir avec lui ? - Ça suffit ! Tu ferais mieux de commencer à me donner des réponses ! Sinon... Il commença à tirer autour de Snake, rapprochant de plus en plus le viseur de son "sujet", quand un énorme fracas se fit entendre sur sa droite. Il n'eut que le temps de voir les deux phares d'un camion qui venait de traverser un mur foncer vers lui avant de crier "Qu'est-ce que?!" et d'être projeté à plusieurs mètres avec sa passerelles volante. A terre, sur le dos, tentant de se relever avec sa jambe métallique, il vit alors au volant Elisa, la soeur d'Ursula, dire à Snake de monter dans le camion.


- Elisa, pourquoi es-tu... Commença ce dernier surpris. - Vite, coupa la voyante. L'un des deux hommes qui avaient sauvé Naked n'avait pas été suffisamment blessé par le tir de Cunningham pour être incapable de bouger et monta donc dans le camion. Snake courut cependant vers l'autre, immobile, et le pris dans ses bras. - P... Partez sans moi... Boss... Commença-t-il alors qu'une pluie de balles tirées de loin commençait à tomber. Vite ! - Arrêtes d'en rajouter, la balle n'est pas allée bien loin, maintenant lève-toi ! - Ne restez pas là comme des abrutis, arrêtez-les ! Hurlait Cunningham à ses hommes. Snake aida l'homme à grimper avant de lui même sauter dans le camion qui démarra en trombe sous les balles qui fusaient en tous sens. Campbell voyant le camion poursuivi par une dizaine de soldats à pied se mit à le suivre se doutant que ses camarades étaient à l'intérieur. Après plusieurs minutes de conduite à pleine vitesse, ils s'arrêtèrent sur un côté de la route. - On dirait bien qu'on les a semés, fit Naked après être descendu du transport. - Ouais, fit Campbell s'avançant en boitant après être passé devant les deux blessés à l'arrière du camion. Content de te voir en un seul morceau, Snake - Comment vont nos blessés ? - Et bien, je ne suis pas le meilleur médecin de terrain de la Terre, mais leur condition me semble stable. - Bien, fit Snake soulagé d'un terrible poids. - Je pensais que tu étais spécialisé en missions solo... Mais on dirait que tu es également capable de mener une unité. - Ferme-la, répondit Naked en souriant. - Hey, Snake, c'est qui la dame ? Demanda Campbell l'air charmé. - C'est Elisa. Elle nous a aidé à nous échapper. - Une nouvelle recrue ? Demanda l'autre plein d'espoir. Il attrapa Snake en passant son bras autour du cou et ils se tournèrent alors dos à Elisa. Campbell murmura alors : - Heu... Par simple curiosité... Comme tu as fait comment exactement pour réussir à


récupérer une fille pareille ? Tu ne penses pas qu'elle est un peu jeune ? Je veux dire, cinq ans de plus et elle sera une superbe femme pleine de... qualités, mais... - Allons-y, Snake, fit Elisa à haute voix derrière eux. Nous devrions vérifier l'emplacement du bâtiment d'assemblement tant qu'il fait encore noir. Les lumières nous aideront à trouver où il est. - Bien. Je te suis, annonça Naked.


IX RAXA

Ils suivirent un chemin de forêt pendant un moment, et Snake après une longue hésitation, se décida à prendre la parole. - Elisa... A propos de ce que disait Campbell... - Tu veux dire, attendre cinq ans de plus ? - Ce n'est pas ce que à quoi je pensais. Je voulais dire, la raison pour laquelle tu as trahis Gene, pour laquelle tu m'as sauvé... Tu ne le l'as jamais donnée. - Ne te l'ai-je pas expliqué ? Je veux que tu détruises Metal Gear. - Je croyais que tu étais loyale à Gene. - Je le croyais aussi... Au début. Aujourd'hui encore je lui suis reconnaissante. En Allemagne de l'Est, Ursula et moi avons été utilisées comme de vulgaires souris de laboratoire... Il nous a sauvé de cet enfer. Mais les Communistes, les Américains... Ce sont tous les mêmes. Tout ce que les militaires voulaient savoir est d'où vient le secret de notre pouvoir. Ils voulaient juste que nous utilisions notre pouvoir pour faire la guerre. Donc une fois de plus, je me suis enfuie avec Gene. - Alors pourquoi finalement le trahir ? Demanda Snake. - Le nucléaire... Personne ne devrait avoir la permission d'utiliser des équipements nucléaires... Jamais... Elisa s'arrêta de marcher et ferma les yeux avant de poser les mains de chaque côté de sa tête, comme si elle en souffrait. - Je suis une victime de la bombe atomique, Snake, dit-elle alors. Mes parents étaient des physiciens en nucléaire travaillant pour l'Union Soviétique. Il y a eu un accident au complexe Kyshtym... Et ils ont été tués dans l'explosion qui en a résulté. - Kyshtym... Répéta Snake. Le désastre nucléaire dans les montagnes de l'Oural... - Oui... Et moi et Ursula avons souffert des effets secondaires... Ça hante toujours mes rêves... Je vois mes parents mourir dans l'explosion... Je vois les cendres de la mort tomber du ciel... Peu après, nous avons acquis nos "habiletés". Juste après avoir été renvoyées dans notre pays.


- J'ai été exposé, moi aussi, fit Snake. Les tests à Bikini Atoll. - Je sais... répondit Elisa. D'une certaine façon, je pourrais le dire... - Est-ce que c'est pour ça que tu m'as sauvé ? - Peut-être, répondit la jeune fille enlevant ses mains et rouvrant les yeux. Je pense que je veux laisser de l'espoir à l'avenir... Avec ce corps, je ne pourrai jamais avoir d'enfants par moi-même... Donc je place mes espoirs sur toi. - Pourquoi moi ? Demanda Naked. - Je pense simplement... Que tu feras un très bon père, un jour. - Elisa, répondit Snake choqué par les mots de la jeune fille, je suis désolé mais... Je ne serai jamais père. Ils reprirent leur marche sans échanger un mot, et ils arrivèrent au sommet d'une petite montagne d'où ils pouvaient parfaitement voir une grande base militaire. - C'est là, annonça Elisa. Nous pouvons voir l'usine d'ici. - Alors... C'est ici qu'ils entreposent Metal Gear ? - Je pense. - Quelque chose cloche... Remarqua Snake. Il est plutôt tard pour qu'ils soient encore en train de travailler... ça pourrait valoir la peine de vérifier. - Bien, répondit Elisa. Et Null est toujours en cours de réajustement. Et sans moi, ça leur prendra quelques jours avant qu'il ne soit de nouveau prêt. C'est le meilleur moment de tenter notre chance. - Alors la seule chose dont nous devons nous méfier est Cunningham. - Non, contredit la jeune fille. Gene est le seul dont tu devrais vraiment avoir peur. Le vent se mit à souffler de plus en plus fort. - Le Projet Successeur a été créé pour produire un Commandement de bataille capable de commander le Perfect Soldier, expliqua Elisa. Je n'ai encore jamais vu Gene combattre... Mais je pense que ses réflexes sont peut-être plus rapides encore que ceux de Null... Et sa technique de combat est modelée sur celle de The Boss elle-même. - Il faut être faut être fou pour le combattre... Dit Naked pensant à la puissance de The Boss.

La jeune fille frissonna.


- Tu as peur ? - Oui, répondit-elle la tête baissée. Mais... Je crois en toi, Snake, ajouta-t-elle en souriant. Ma soeur t'a vu plonger le monde dans la peur... Et je t'ai vu stopper Metal Gear... C'était la première fois de notre vie que nos visions n'étaient pas les mêmes. Je crois en toi. - On ferait mieux de rentrer... Proposa Naked gêné, et frissonnant à son tour à l'idée qu'il pourrait un jour plonger le monde dans le chaos. Une fois qu'on se sera reposés, nous irons visiter cette usine... Quelques temps plus tard, Campbell lançait un message à l'unité toute entière. - Ecoutez, tout le monde. Snake est de retour ! Et il est toujours en un seul morceau. - Merci à tous pour cette mission de sauvetage, ajouta Naked sur un ton un peu gêné. - Hey, oublie ça, proposa Roy. Il n'y a pas besoin de nous remercier. On est déjà heureux de te savoir de retour. Et pour couronner le tout, j'ai d'autres bonnes nouvelles. Grâce aux infos que nous a données la dame, je veux dire, Elisa, nous avons enfin découvert la position de Metal Gear. Ils sont en train de le charger d'ogives nucléaires en ce moment même dans l'usine, et est donc très vulnérable. C'est peut-être notre seule et unique chance de lancer un assaut. - Exactement. Il nous faut infiltrer l'usine, et tout de suite. - Bien, allons-y. Une équipe fut mise en place. Snake partirait donc avec Jonathan et Elisa. Le jour s'était levé quand ils furent sur place. La surveillance extérieure était tendue, et Naked espérait qu'il n'en serait pas de même à l'intérieur. La grande porte principale les ferait repérer en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire s'ils la franchissaient, et au vu de sa taille, elle avait sans doute été prévue pour le passage de Metal Gear. Discrètement, nos trois héros contournèrent le bâtiment jusqu'à trouver une petite porte sur le côté. Le coeur battant à tout rompre, Snake la poussa. Un énorme engin se tenait au milieu de l'énorme pièce. Une quinzaine de mètres de hauteur, deux énormes bras en forme de cylindre pointés vers le bas, un corps étrange et une tête assez petite ce qui lui donnait un air disproportionné. Naked n'imaginait pas la bête de cette façon là, elle n'avait en effet pas grand chose à voir avec l'engin qu'il avait pu voir dans le bureau de Granin. En réalité, on eût dit un mélange du Shagohod, et de ces Metal Gear qu'il avait vu sous forme de maquette ou de plans. Cependant la caractéristique principale de la machine était là : des jambes, au nombre de quatre, assez petites, mais qui gardait le monstre en équilibre. - Donc c'est ça Metal Gear... Laissa échapper Big Boss. - Ok, faisons vite et plaçons ces bombes, proposa Elisa ayant visiblement des raisons de vouloir se presser.


En effet, deux secondes à peine après ces mots, les bruits des rotors de plusieurs hélicoptères se firent entendre. Le temps de comprendre ce qu'il se passait, et Gene pénétrait déjà dans le hangar accompagné d'une vingtaine d'hommes armés jusqu'aux dents. - Tu ne m'échapperas pas cette fois, Snake ! Cria-t-il. - Gene ! Reconnut Naked sortant instinctivement son arme de poing. Trop tard, ils étaient tous trois encerclés. Big Boss sentit alors quelque chose craquer derrière lui. Il tourna lentement la tête et vit alors avec stupéfaction la chose à laquelle il s'attendait le moins. - Metal Gear ?! Laissa-t-il échapper. - Mais... Qui... ? Se demanda Elisa. L'un des énormes canons mitrailleurs de l'engin se pointa vers la zone où était Gene, et se mit soudain à cracher une tonne de balles. Tous les hommes de l'endroit visé tombèrent les uns après les autres, excepté Gene qui ne reçut aucune blessure. - Hein ?! Raté... Fit la voix de l'homme qui contrôlait Metal Gear. Mais quel pouvoir... Avec cette arme, personne ne m'ignorera plus. Regarde-toi, traître ! Regarde comme je fais la leçon à ces saloperies ! Sortez, bande d'intrus ! Cette base est à moi ! - C'est lui... Comprit Naked. - Colonel Skowronski ? Reconnut à son tour Elisa. L'engin tira de nouveau une pluie de balles, jusqu'à ce que le canon mitrailleur ne se bloque. - Et zut ! Lança le Colonel qui quelques jours ou semaines plus tôt avait été enfermé par Python dans une cage. Pourquoi ? Pourquoi ce truc ne bouge pas ?! - Ne bouge plus, Gene, menaça Naked en pointant son arme, ayant profité de l'instant pour contourner tout le monde et arriver derrière le Commandant ennemi. Quel drôle de moyen d'en finir, hein ? C'est ta carte de tromperie ? Dis à tes hommes de baisser leurs armes. Gene eut un petit rire avant de dire : - Carte de tromperie ? Tu as certes fait un beau spectacle, Snake. Moi-même je n'avais pas vu Skowronski venir. En gage de remerciement... Permet-moi de te montrer ma vraie carte de tromperie. - Quoi ? - Réveille-toi, Ursula, commanda alors Gene.


Elisa ouvrit alors des yeux ronds et se mit à trembler comme si elle résistait contre quelque chose en elle. - Elisa ?! Demanda Snake. La jeune fille se prit la tête entre les mains en gémissant. - Non... Dit-elle. Ursula, non ! Snake, tue-moi ! Demanda-t-elle l'ait décidé, ses yeux s'allumant d'une étrange lueur. - Elisa ? Qu'est-ce que tu racontes ? - Vite, Snake ! Tu dois me tuer avant qu'Ursula ne se réveille ! Tires, maintenant ! Naked était désemparé, il ne pouvait tuer cette enfant sans raison, il n'en avait pas la force, c'était contre ses principes. - Si tu ne le fais pas... Je vais... Je vais... Commença Elisa. Soudain elle explosa. Un rayon de lumière l'entoura alors qu'elle hurlait, puis ses yeux devenant d'un blanc lumineux, elle s'envola à quelques mètres au-dessus du sol. - Je vais te tuer, Snake, termina Ursula. Avant que tu ne puisses donner naissance à tes enfants serpents. Un fort vent se mit à tourbillonner à l'intérieur du hangar, et Naked fut propulsé en arrière à plusieurs mètres, tombant douloureusement sur le dos. - Psychokinésie ? Comprit-il. - Ursula et Elisa étaient à l'origine une seule personnalité, expliqua Gene baissant la tête vers Snake. Mais en tentant d'augmenter ses capacités mentales, elle s'est séparée en deux. Ursula a acquis les meilleurs pouvoirs, au détriment de ses émotions. Ce Metal Gear n'est peut-être qu'un prototype incomplet, mais cette chère Ursula saura le faire devenir dangereux qu'un modèle terminé. L'engin se mit à trembler, entouré à son tour d'une lueur blanche, Skowronski en fut éjecté et alla s'écraser quinze mètres plus bas , et le monstre bougea alors de façon si réaliste qu'on eût dit qu'il était vivant. - Comment peut-il bouger comme ça ?! Fit Naked surpris. C'est comme si ce n'était pas une machine du tout. Ursula s'envola au niveau de la tête de Metal Gear, qui était en réalité le cockpit, et y pénétra. - Elisa, stop ! Hurla Snake.


Les soldats de Gene reculèrent, terrifiés, près de la sortie afin de s'y regrouper. Gene lui-même rejoint ses hommes un sourire sur ses lèvres. Jonathan quand a lui venait de courir chercher le seul autre soldat disponible en renfort, et un lance-roquette. Snake comprit alors qu'il devrait survivre à Elisa/Ursula/Metal Gear aussi longtemps qu'il le pouvait, et si possible amocher l'engin avec ses moyens en attendant l'arme de Jonathan. L'engin tira une dizaine de missiles en direction de Big Boss qui courut pour les éviter. La mitrailleuse se remit à fonctionner et les balles poursuivirent le pauvre Naked qui alla se réfugier sous l'engin même. Il plaça alors l'une des charges de TNT qu'il avait apportées, s'éloigna en courrant et la fit sauter avec la télécommande. Cela semblait fonctionner : L'une des quatre pattes sur lesquelles la bombe avait été placée se mit à dysfonctionner. Snake surprit vit alors Metal Gear s'envoler grâce à des sortes de fusées et tenter de l'écraser. Il plongea à temps et des containers explosèrent sous le poids de l'engin. Jonathan arriva alors avec le lance-missiles et un homme qui portait une caisse remplie de munitions pour ce dernier. Naked refusa de voir ses hommes combattre et leur demanda de rester à l'écart avant de prendre l'arme. Il détruisit les quatre jambes et l'engin tomba alors "à plat ventre". La situation était d'autant plus dangereuse, car Metal Gear, ses bras perpendiculaires à son corps, repoussait Snake vers les murs, le forçant reculer, et pouvait tirer toute sa charge de missiles, car ces derniers étaient sur le dessus des bras. Big Boss refusait catégoriquement de tirer dans la tête de l'engin, il voulait à tout prix éviter de blesser Elisa. Il visa donc les bras remplis de missiles, qui explosèrent donc. L'engin était inutilisable. Snake avait accompli sa mission. Metal Gear n'était plus qu'une boîte de conserve géante, fumante, et grésillante. C'est alors que tout le monstre commença à exploser. Big Boss perçut la voix d'Elisa hurler dans le cockpit qu'elle n'eut pas le temps d'ouvrir. La tête allait sauter. - Elisa, sors de là ! Cria Naked. Trop tard. L'engin éclata dans une terrible explosion. Seul devant les restes de Metal Gear, Snake baissa la tête. - Elisa... Je suis désolé... Des voix s'élevèrent alors derrière lui. - Il a vaincu Metal Gear... - C'est donc lui, Big Boss... - C'est terminé. Notre nation ne sera jamais construite. Les hommes de Gene, stupéfaits, laissèrent les uns après les autres tomber leurs armes. - Magnifique ! Lança Gene qui était sur une passerelle surélevée devant Naked. Il n'y avait que toi qui puisses détruire RAXA avec Ursula à ses commandes. Je comprends maintenant pourquoi tu as retenu l'attention d'Ocelot.


- Le Major Ocelot du GRU ? Qu'est-ce qu'il a à voir avec tout ceci ? Demanda Snake. - Je t'apprécie, Snake, répondit Gene après avoir ri. Tu es un homme fascinant. - Ça suffit ! C'est terminé, Gene. J'ai détruit ton Metal Gear. Tu ne peux plus menacer le monde d'une attaque nucléaire. Abandonne. Tu es fichu. - Tu as détruit mon Metal Gear ? Comment ça, Snake ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda l'ennemi un sourire triomphant se dessinant sur ses lèvres. - Quoi ? La radio de Naked sonna, et il répondit de suite. - Ghost ? Reconnut-t-il en voyant la fréquence. Ce n'est pas le moment. - Snake, ce n'est pas terminé, pas encore ! Prévint une voix que Naked reconnut alors. La voix s'élevait également de la gauche de Big Boss qui se tourna. Il le vit alors. Dans sa longue veste noire, son monocle à l'oeil gauche, sa tête presque chauve... - Ce n'était pas le Metal Gear à lancement balistique ! C'était Metal Gear RAXA, produit pour une évaluation des performances. C'était un modèle de test ! - Sokolov ?! Vous êtes vivant ! Bien sûr ! C'est donc vous, Ghost... Vous avez créé le Shagohod, vous étiez donc naturellement au courrant pour le Metal Gear de Granin. C'est donc pour ça... - Ah... Coupa Gene. Alors c'est toi qui renseignais Snake, Sokolov... De tous mes hommes, je n'aurais jamais cru que toi, tu m'aurais trahis. Sokolov, effrayé, mais gardant la tête haute, répondit : - Oui... Vous m'avez sauvé de cette prison en Russie. Grâce à vous j'ai été réuni avec ma famille... Un petit moment du moins. Je vous en serai toujours reconnaissant... Mais lancer Metal Gear en Russie... Je ne peux pas le permettre. Je ne pourrais simplement pas supporter de voir ma propre création se tourner contre ma Mère Patrie. - Alors tu as collaboré avec Snake... Sokolov... Tu as créé le premier tank armé du nucléaire au monde... Tu es un scientifique spécialisé dans les fusées. Tu as déserté pour les EtatsUnis, et participé au développement de Metal Gear. Tu aurais dû te douter qu'un jour il serait utilisé contre l'Union Soviétique. Sokolov baissa la tête. Trois hélicoptères survolèrent l'entrepôt. Ils transportaient, suspendu au bout de solides câbles une réplique exacte du Metal Gear que Snake avait détruit.


- ... C'est le vrai Metal Gear ? Demanda Naked. - Oui. RAXA n'était qu'un masque, répondit Gene. Ursula nous a donné tout le temps dont nous avons eu besoin. Le Commandant ennemi se retourna, prêt à sortir par une porte du premier étage. - Gene ! Stop ! Cria Big Boss. - Tue-moi si tu veux, Snake. Mais pose-toi cette question : es-tu assez mauvais pour presser la détente ? Tu as hérité du titre de Boss, tu n'as jamais arrêté de penser au futur que tu voudrais voir ! - Quoi ? Demanda Naked surpris. - Soldats ! Ecoutez mes mots ! Cria alors Gene de sa voix spéciale. La Guerre Froide sera bientôt terminée. Pour les Etats-Unis et l'Union Soviétique cela ne prendra pas beaucoup de temps avant de remanier le monde à leur manière. Même tant que l'Amérique s'enfonce plus profondément encore dans la Guerre du Vietnam. Ses alliés à l'Ouest ont fini d'augmenter leur puissance économique. Et avec son économie planifiée, la Russie ne pourra pas supporter longtemps les demandes financières de son armée. Mais la fin de la Guerre Froide ne veut pas dire que la paix va s'en suivre. Libérés de la domination des superpuissances mondiales, le nationalisme sera bientôt la plus grande force des politiques globales. Et le gouffre entre les riches et les pauvres trouvera les flammes de la haine entre les nations. Les armes nucléaires vont échapper au contrôle des superpuissances et être dispersées dans le monde. Bientôt, personne ne saura plus de quand et de où les armes nucléaires viendront. Les alliés d'aujourd'hui peuvent être nos pires ennemis de demain. Ou pire... le temps pourrait venir où les soldats du même pays tueront leurs frères... Tout comme vous l'êtes maintenant. Les soldats de Gene parurent perturbés et se regardèrent de plus en plus suspicieusement. - Qui ici peut dire que demain vous ne pointerez pas vos armes vers vos voisins ? Vos camarades ? Vos familles ? - Arrêtes, Gene ! Demanda Snake comprenant ce qu'il tentait de faire. - N'y a-t-il personne qui ait une dent contre vous ? Personne qui se moque de vous ? Personne qui ait vraiment besoin de vous ? N'y a-t-il vraiment personne ici qui voudrait vous tuer ? Sokolov posa les mains sur sa tête subissant les paroles de Gene mais réussit à s'enfuir à toutes jambes. - Ferme-la, Gene ! Ordonna Naked. Le Commandant sourit avant de reprendre.


- L'un de mes hommes est ici, entre vous, en ce moment même. Ses instructions sont de vous tuer, pour votre trahison. - Il ment ! Cria Snake. Ne l'écoutez pas ! - Il va nous tuer ! Il va nous tuer ! Cria l'un des soldats l'air paniqué, regardant autour de lui qui semblait suspect, comme faisaient tous les autres. - Hey, reprenez le contrôle de vous-même ! Oubliez ces mensonges ! Tenta Naked. - Votre ennemi est juste là, à côté de vous, reprit Gene. Est-ce que c'est toi ? Ou peut-être toi... ? Cette planète est comme une bombe géante. Regardez comme elle s'explose si facilement elle-même avec une simple tête nucléaire. Ou peut-être... Une simple balle. Il rit d'un rire à glacer le sang, sa voix de plus en plus terrifiante avant de continuer :

- Il est là... C'est l'ennemi ! Instantanément, les soldats perdant tout contrôle, guidés par la peur, se mirent à se tirer dessus comme des fous. - Qui tire ? Qui tire ? Demandait-on pour savoir qui était le traître. - Ce salaud, tuez-le ! Les balles d'une trentaine de soldats fusaient, pénétrant les corps des pauvres hommes innocents, sous le rire démonique de Gene. - Arrêtez ! Cessez le feu ! Hurla Snake. Une seconde après, une balle perdue le frappa au bras. - Fais-les arrêter, Gene ! Demanda-t-il. - Si tu veux qu'ils s'arrêtent, dans ce cas pourquoi ne pas les arrêter toi-même, Snake ? Metal Gear est prêt au lancement. Je n'ai plus besoin de cette usine. - Alors tu tues tes propres hommes ?! - Je n'ai pas besoin de tuer qui que ce soit, remarqua Gene. Ces hommes sont parfaitement capables de le faire eux-mêmes. Les humains sont fragiles, sots, de violentes créatures. Vois par toi-même, Snake. Vois ce que les hommes sont vraiment. Naked sentit des pas arriver vers lui par la gauche en courrant. - Snake ! Attention !


L'homme se plaça entre le soldat ennemi et Big Boss avant de tomber, deux balles dans le corps. Gene disparut et prit un hélicoptère. Seul à genoux au milieu d'une trentaine de cadavres, le corps de l'homme qui l'avait sauvé dans ses bras, repensant à cette première poignée de main, Snake leva la tête et hurla de toute ses forces, se jurant de venger la mort de Jonathan.


X Frank Jeager - Donc le Metal Gear que tu as détruit... Ce n'était q'un modèle de test... Fit Campbell déçu au retour de Naked. Gene a apparemment déplacé le vrai au silo de lancement nucléaire. J'ai demandé à nos espions là-bas de nous trouver un maximum d'informations. Ils ont déjà trouvé ce qu'il nous faut. Roy expliqua que les l'entrée du silo, là où Naked avait été capturé, était surveillée par un système électrique. La porte ne pourra pas s'ouvrir, sauf si l'on coupe le courrant. Le problème est qu'il y a un générateur de secours. Une fois le courrant coupé, ils auraient cinq minutes pour entrer dans le complexe. Ils avaient déjà trouvé la centrale qui alimentait le silo. Un ravin la séparait de la cible. Il faudrait donc une bombe avec un minuteur, afin d'avoir le temps de passer. On donna cette tâche à l'équipe technique menée par Sigint. Deux jours plus tard, 31 décembre, tout était prêt. Le camion s'arrêta à une trentaine de mètres de la centrale et Snake en descendit, seul. Il infiltra le bâtiment gardé, et trouva la salle du générateur. Il posa la bombe, et sortit rapidement après avoir réglé le minuteur sur quinze minutes. Il approchait du camion quand il entendit du bruit derrière lui. - Hein ?! Ils sont tous morts... Fit-il en voyant les corps des sentinelles de la zone. Un nouveau cri sur sa gauche lui indiqua la position de... - Null ! Reconnut-il. Le jeune homme était entouré de trois gardes. - Je n'ai pas entendu dire qu'ils allaient utiliser le Perfect Soldier, et vous ? Demanda l'un paniqué aux deux autres. Il est supposé être en réajustement ! Courrant vers le groupe en stoppant les balles et en tranchant les corps, Null demandait : - Où est-il ? Où est cet homme ? Puis se retournant vers Naked. - Je t'ai trouvé... Il pointa sa machette vers lui. - Dis-moi. Pourquoi es-tu toujours en vie ? J'avais des rêves... Sur mes camarades... Ils étaient venus me sauver avec des armes lourdes et des voix qui riaient. Quand je me suis réveillé, je n'avais rien. Pas de joie, pas de tristesse, pas de haine... Pas de mémoire. Quand


je me réveille des ténèbres, tout ce que je vois, ce sont les corps des hommes que j'ai tué allongés devant moi. Ma mémoire est emplie de cadavres. Je sais. Tout le monde meurt. Crimes, vieillesse, accidents, guerre... Aussi noble que tu sois, aussi bon soldat que tu sois... Il n'y a pas d'exceptions. Même si je ne les tue pas, ils meurent. Ce monde est plein de morts. Et pourtant tu n'es pas tué. Pourquoi ? Pourquoi vis-tu toujours ? Qu'espères-tu accomplir en vivant ? Il tenta de donner un coup de son arme que Naked évita. - Je connais ton nom, dit ce dernier. - ... Nom... - C'était il y a quatre ans, au Mozambique. Il y avait un enfant soldat qui combattait avec un groupe de guerilla pour l'indépendance. Il a tué une douzaine de soldats du gouvernement avec un simple couteau. Il a trompé la garde de l'ennemi avec l'air innocent d'un petit garçon. Ensuite, il a prié sur eux avec la cruauté froide d'un chasseur. Il parlait un peu Allemand, donc ses ennemis l'ont appellé "Frank Jaeger", le chasseur franc. - Frank Jaeger... Mon nom... - Ne fais pas ça, demanda Snake. Les armes lourdes... les alliés qui vont t'aider sont ailleurs.

- Non, contredit Null en pointant de nouveau son arme. Je suis le Perfect Soldier. Là où j'existe, il n'y a pas d'autre soldat. Donc je n'ai pas besoin d'un nom. Je suis Null. Et quand tu seras mort, je pourrai redevenir nul ! Le Perfect Soldier plongea sur Snake, donnant de violents coups de machettes que Naked évitait de justesse. Quand ce dernier tenta un mouvement pour bloquer le bras de Null, Frank était déjà derrière lui prêt à frapper de nouveau. Les armes ne serviraient à rien face à lui, Big Boss sortit donc son couteau de CQC et de temps à autres bloquait la machette de l'ennemi en l'utilisant. Il finit par coincer Jaeger, à le mettre à terre, et à lui tirer une flèche anesthésiante de son Mk22 dans le bras. L'autre tenta de se relever mais tomba à genoux devant Snake. - Je me souviens maintenant... Big Boss... Dit-il d'une voix normale, son "col" étant tombé. Même à l'époque, tu es celui qui m'a arrêté. J'ai été élevé par des adultes afin d'être un outil de guerre. Mais tu m'as vaincu. Tu m'as regardé de haut... - Je suis désolé. Je pensais que tu serais en sécurité dans ce centre de rééducation... Je n'avais aucune idée qu'ils te feraient subir ça... Ce devaient être les Philosophes. - C'est OK, Big Boss. Tu es toujours là pour me sauver. Tu m'as aidé à retrouver ma voie intérieure. - Partons d'ici. Il est temps de faire sauter cet endroit, se rappela Snake.


Il aida Null qui s'endormait presque à se relever, et le traîna jusqu'au camion. Sur la route vers l'entrée du silo, ils firent un léger détour afin de trouver l'unité médicale à qui ils confièrent Frank. Quand ils arrivèrent dans la zone du silo, la centrale avait déjà sauté depuis deux minutes, il restait donc trois minutes pour passer la porte avant que le générateur de secours ne se mette en route. Big Boss fonça au milieu des patrouilles ennemies, évitant les regards malgré sa vitesse folle, jusqu'à finalement arriver à la porte qui allait se refermer d'ici une trentaine de secondes. Il entra. Seul, le voilà parti vers le lieu où Metal Gear s'apprêter à tirer un missile nucléaire. Le complexe était extrêmement... complexe justement. Différents étages protégés par des cartes qu'il fallait voler aux sentinelles de la zone... Je ne vais pas vous raconter ce moment pénible en détails, sachez juste que Snake eut du mal à atteindre le gros montecharge qui était au sous-sol du bâtiment. Il appuya sur le bouton d'élévation du panneau de commande, et la plate-forme commença une longue ascension. Un bruit montait du vide. De plus en plus présent. Naked se pencha et vit alors... - Cunningham ?! Le black, imposant était là sur son engin volant, l'air étrangement souriant. - Je suis heureux que tu aies pu le faire, Snake, dit-il. Pour être honnête, je suis même un peu surpris. Tu as été meilleur que je ne l'espérais. Il avait raison à ton sujet ! - Il... ? Demanda Naked ne comprenant pas tout. - Mais ça n'aura bientôt plus d'importance. Tu n'as plus aucune raison de te battre. Ta mission est terminée, Snake. - Mission ? De quoi est-ce que tu parles, Cunningham ?! Le spécialiste en interrogatoires éclata de rire. - Très bien, Snake. Je vais t'expliquer. Je ne suis pas sous les ordres de Gene. - Quoi... ? - La CIA contrôle peut-être Fox, mais ce ne sont pas eux non plus qui me dirigent. Mon employeur est le Département de Défense des Etats-Unis. - Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Big Boss effaré. - Tout ce que tu as vu jusqu'ici... Tu sais sans doute que la CIA et le Pentagone ne sont pas en très bon thermes ? - Tu parles d'une dispute à propos du budget ? - Non, pas ça. L' l'invasion de la Baie des Cochons en 1961... L'opération de couverture au nord du Vietnam... L'influence de la CIA dans les affaires militaires Américaines a augmenté


au fil des années. Le Pentagone a commencé à se sentir menacé. Et c'est alors qu'ils ont découvert le projet Metal Gear. Ils ont engagé Gene, Officier aux commandes de l'unité Fox, et lui ont fait voler l'engin avant qu'il ne soit récupéré par les Russes. Que penses-tu qu'il arriverait si Gene lançait Metal Gear en Union Soviétique ? La CIA perdrait la face, et l'influence militaire commencerait immédiatement à se dissiper. - Tu essayais de faire en sorte que Gene utilise le nucléaire comme enjeu ? Tu es complètement fou ! Tu déclencherais une guerre nucléaire totale ! S'énerva Naked. - Encore faux, Snake, répondit Cunningham. Gene n'est qu'un traître. Et ce sont les Russes qui ont construit cette base. Le design fondamental du Metal Gear et les armes nucléaires qu'il porte sont de fabrication Russe. Et tu en as contre Washington ? De toute façon... Il n'y aura bientôt plus aucune trace pour prouver quoi que ce soit. Tu vois ceci, Snake ? Le fou leva quelque chose qui semblait très lourd de ses deux mains. Naked reconnut alors une arme qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. - Un Davy Crockett ?! Demanda Big Boss effaré. - Exactement. Un lance-missile nucléaire miniature. Mais celui-ci est de fabrication soviétique. Après que Gene ait lancé Metal Gear, je vais anéantir cette base. Il ne restera plus le moindre brin d'herbe. - Et que vas-tu faire des autres soldats ? - Ces rebelles de l'Armée Rouge ? Mais pourquoi t'en préoccuper ? Ce sont nos ennemis ! Le fou rit d'un rire froid, sans émotion. - Mais tu es différent, Snake... Tu as mené ta mission à bien. Tu as suivi le script que le Pentagone t'avait écrit à la lettre. - Script ? - Est-ce que tu veux connaître la raison pour laquelle tu as été envoyé ici ? Parce que nous savions que tu mettrais le désordre dans les plans de Gene. Nous avions besoin de quelqu'un pour s'infiltrer seul dans le territoire ennemi pour recruter les rebels, et ne laisser d'autr echoix à Gene que de lancer Metal Gear. Le seul soldat capable de s'en occuper, c'était toi. Le légendaire Héros, Big Boss... Et c'est finalement exactement ce que tu as fait. Maintenant ton boulot est terminé. Nous avons toujours besoin que Gene lance Metal Gear. Cela fait partie du plan du Pentagone. Et nous ne pouvons te laisser empêcher ça également. Il y a un héliport au sommet de cette base. Prends l'hélico, Snake. Une fois que Metal Gear aura été lancé comme prévu, nous te ramènerons au pays. Quand cette base ne sera rien de plus qu'un tas de cendre, tu seras une fois de plus un héros. Ce n'est pas la CIA qui te félicitera... Mais tu t'en remettras. Durant ce monologue, la haine était montée en Naked à un point difficilement descriptible. Cunningham allait tuer tout le monde. Tous ses hommes. Campbell. Tous les


soldats ennemis. Tous allaient être tués si Snake suivait le plan de la mission qu'il avait remplie contre sa volonté. Il sortit brusquement son arme et la pointa vers l'ennemi, décidé à ne pas céder. - Qu'est-ce que tu penses faire, Snake ? Demana Cunningham peu surpris du refus. Es-tu toujours aveuglé par ta loyauté envers la CIA ? Qu'est-ce que la CIA a fait pour nous, Fox ? Décidément cet imbécile ne comprenait rien, et Big Boss sentait cette colère continuer à enfler. - Ils nous ont confié les missions les plus brutales, continuait le bourreau de Fox. Et quand je suis revenu blessé, ils m'ont affecté à un travail de bureau. Ils en ont fait de même avec toi. Ils ont casée ton mentor, mère de nos Forces Spéciales, dans un pays étranger et l'y ont laissée mourir. Naked visa mieux encore son interlocuteur, qui faisait plutôt un monologue d'ailleurs, qui comprit alors. - Ne me dis pas que tu fais ça pour les soldats russes qui sont ici ? Imbécile, pathétique... Vas à l'héliport, Snake. Je ne te laisse pas le choix. Pars. Les visages d'Elisa, de Jonathan et de Campbell passèrent dans la tête de Big Boss qui craqua soudain. - Je ne peux pas te laisser utiliser Metal Gear ! Menaça-t-il visant la tête de Cunningham de son oeil gauche seul valide. Je fais ceci par loyauté envers moi-même. Je ne répèterai pas l'erreur de The Boss. L'ennemi éclata de rire. - Comme tu voudras. Maintenant, tu es un vrai traître, menaça-t-il. Il se baissa alors en un éclair pour ramasser une mitrailleuse lourde, mais Naked se mit alors à cribler la plate-forme volante de balles en son point le plus important. L'engin se mit à fumer une fumée noire, le moteur commençant à lâcher. Cunningham, le visage triste, déçu de ce qui allait arriver, dit alors : - Pourquoi, Snake... ? Si tu étais juste rentré en Amérique, toi et moi aurions reçu les plus grands honneurs qu'un soldat puisse espérer... Et maintenant... Regarde ce que tu as fait... Mais je ne mourrai pas seul... Je t'emmène avec moi ! Il ramassa le Davy Crockett et le pointa vers le monte-charge. - Cunningham, non ! Hurla Snake désespéré. Le fou éclata d'un rire démentiel, un rire nerveux très désagréable à entendre, son pouce à quelques centimètres du bouton qui réduirait cette base toute entière en cendres. Il appuya alors. C'était terminé, Snake le savait. Ils allaient tous mourir. Une terrible explosion


eut lieu. Mais pas aussi terrible qu'on ne l'eût imaginée : Le Davy Crockett avait explosé dans les bras de Cunningham, qui avait été le seul touché. Pas de nucléaire ? Aurait-on prévu le geste du bourreau ? La plate-forme volante tomba loin, très loin en bas, emportant ce qui restait du corps de Cunningham, tandis que le lance-missile Davy Crockett s'écrasait aux pieds de Snake.


XI La mort de la Liberté Naked emprunta une porte dans le couloir où l'avait mené le monte-charge. Il vit alors avec horreur Gene debout au milieu d'un tas de cadavres, des scientifiques en blouse blanche. - C'est gentil à toi de te joindre à nous, Snake, dit calmement l'ennemi. - Ce sont les ingénieurs du Metal Gear… Tu les as tués ! - Non. Ils se sont tués eux-mêmes. Ils ont sous désespérés devant leur crime, et ont décidé de mourir. - Crime ? Tu parles du fait que c'est une conspiration du Pentagone ? - Conspiration ? Demanda Gene à peine surpris. Je vois… Cunningham doit avoir craché le morceau. Le pauvre crétin. Il est mort sans avoir jamais réalisé qu'il n'était après tout qu'un pantin. - N'est-ce pas toi le pantin, Gene ? Le Pentagone essayait de se débarrasser de la CIA. - Faux. J'ai tout su depuis le tout début. Les pans du Pentagone… Que Cunningham me trahisse… Tout. J'ai simplement utilisé tout ça à mon avantage, pour mon vrai plan. - Vrai plan ? Interrogea Snake. - Je ne lancerai pas Metal Gear en Union Soviétique. - Quoi ?! - Le Pentagone doit être préparé à la possibilité que Cunningham ait échoué dans sa tâche d'effacer les preuves. Ils sont probablement en négociations avec l'Armée Rouge en ce moment même. Même si je lançais Metal Gear en Russie maintenant, cela ne déclencherait pas une guerre. - Si la Russie n'est pas la cible… Alors… Quelle est-elle ? Demanda Naked soudain inquiet. - La Virginie. Etats-Unis. Le quartier général de la CIA à Langley et le Pentagone. Les deux repères des Philosophes vont être anéantis. - Tu comptes lancer une attaque nucléaire contre l'Amérique ? Mais si tu fais ça… - Le chaos en résultera, à une échelle jamais précédée. Le pire cas de scénario : l'Amérique


cesse d'exister en tant que nation. L'ordre du monde actuel part en miettes. Et la Russie ne s'en tirera pas indemne non plus. Metal Gear aura été lancé depuis une base de missiles nucléaires Soviétique. Sous une tempête de critiques internationales, le pacte de fin de guerre va perdre sa valeur aux yeux du tiers monde. Cela pourrait même créer un conflit avec le NATO. - Pourquoi ? Pourquoi ferais-tu ça ? - Pour libérer le monde du contrôle des Philosophes. Je vais instaurer une nouvelle balance globale de pouvoir, créée par moi-même. Mon but de construire une nouvelle nation de mercenaires avec seulement les soldats les plus capables est réel. Mais cette péninsule n'est pas le bon endroit pour ça. Notre nation va être une organisation d'ombres, sans forme physique apparente… Nous menacerons tel un trou dans le sol et interviendront dans les conflits partout dans le monde. L'Histoire sera en notre contrôle. Je vais accomplir ce que ces vieilles carcasses de Philosophes n'ont pas pu, avec une race supérieure de soldats. Cette organisation sera la vraie "Péninsule des morts". Je l'appelle "Army's Heaven". - Army's Heaven… Répéta Snake. Etrange ressemblance avec Outer Heaven, que Big Boss créera lui-même des années plus tard, non ? Outer Heaven est de plus créée dans le même but que son "ancêtre". Pourquoi un changement d'idéaux chez Naked ? - Je ne permettrai pas au monde d'être le terrain de jeu pour des intérêts nationaux abstraits, et de petites manœuvres politiques… J'utiliserai la force supérieure des armes pour terminer la force supérieure du futur. Ainsi, je ferai un monde uni une fois de plus. Car je suis le Successeur, et c'est mon destin… - Tu n'es rien qu'un dictateur ! Lança Big Boss. - Quoi ?! - Tu te sers de la peur pour garder tes soldats en rangs. Tu utilises les mots pour tromper tes alliés. Tu exploites ceux qui te considèrent comme un mentor, pour ensuite les jeter comme de vulgaires chiens. Le pays que tu construis n'est pas le paradis pour les soldats. L'endroit qu'ils cherchent est bien loin de ton "paradis", dit-il avec dédain. - Ouvre les yeux, Snake. C'est notre destin. Cela fait partie d'une plus grande mission. Comparé à ce destin, les avenirs individuels des soldats individuels sont insignifiants. Ceux qui n'ont pas de destin doivent s'en faire donner un par ceux qui en ont. Ils doivent suivre les enseignements de ceux qui ont un plus grand avenir. - Et je suppose que ce serait toi ? - C'est mon destin. Et je vais l'accorder aux autres. Les innombrables personnes qui n'ont pas de futur par eux-mêmes doivent dévouer leur vie pour une plus grande cause. Ils doivent abandonner leurs vies triviales, leur petit contentement ! Ils doivent sacrifier toute leur énergie pour la cause. Tout comme The Boss l'a fait.


- Tu ne penses qu'à toi, Gene ! Fit remarquer Snake. Tu n'es pas digne de parler de The Boss ! - Alors… Tu n'as jamais su… Fit Gene l'air affligé. - De quoi est-ce que tu parles ? Demanda Naked. - Il y a six ans, pendant l'opération Snake Eater. Volgin a lancé un missile nucléaire Américain sur le laboratoire de recherche de Sokolov. Cela a causé quelques changements dans les plans, et le gouvernement des Etats-Unis a dû assassiner son propre soldat, The Boss pour prouver son innocence. Et c'était toi l'assassin. -… - Est-ce que tu penses vraiment que Volgin a commis ce terrible crime par lui-même ? - Quoi ?! - Tout avait été prévu depuis le tout début. Volgin qui lance le nucléaire… La mort de The Boss… Même ta mission à Groznyj Grad, Snake ! Un beau boulot de ton pays, et d'un seul et même stratège. - Tu dis que tout a été planifié ? Demanda Naked choqué. Par qui ?! - The Boss a donné sa vie même si quelqu'un d'autre l'a voulu. Elle a sacrifié sa propre vie pour son destin. C'était un noble acte. - Répond-moi ! Qui a planifié tout ça ?! S'énerva Snake jurant vengeance. - Tu n'as pas besoin de connaître la réponse. Snake, la seule chose dont tu aies besoin est un destin. Ton pays ne peut pas te sauver. Pas plus que ton vieux mentor, ou tes soi-disant amis. Rejoins-moi, Jack. Je te donnerai ton destin. - Je le trouverai par moi-même, répliqua Naked. Toi et tes idées fausses, vous pouvez aller en enfer ! - Tu es un soldat après tout. On dirait bien qu'on ne se verra jamais entre quatre yeux, remarqua Gene alors qu'ils se fixaient. Très bien… Le temps de discuter est terminé, Snake. Le temps de prononcer cette dernière phrase, l'ennemi s'était dirigé vers un panneau de contrôle. - Stop ! Cria Naked pointant son arme vers Gene. - C'est trop tard. Toutes les préparations pour le lancement de Metal Gear sont terminées. Le temps de prononcer cette ultime phrase, et Gene appuya sur le bouton. Ce bouton


qui avait peu de chances d'être réversible. L'instant qui suivit cette demi seconde de tension fut une véritable surprise pour les deux ennemis. La vitre devant le panneau de contrôle vola en éclats lorsqu'une explosion se produit derrière. Gene tomba en arrière se protégeant le visage avec ses mains gantées. - Qu'est-ce que... Qui ? Demanda-t-il. Ursula ! Reconnut-il. La jeune femme volait, elle traversa l'endroit où était la vitre peu de temps avant, et Snake se demanda s'ils avaient affaire à Ursula ou Elisa. Quoi qu'il en soit, si le corps était là, les deux personnalités étaient sans doute en vie. - Hors de mon chemin, Ursula, menaça Gene. - Les armes nucléaires ne doivent jamais être utilisées, répondit la femme avec une double voix : à la fois la voix froide d'Ursula, et la voix douce d'Elisa. Ce sont de terribles armes. Toute chose en meurt ! Les gens... les animaux... les arbres, la Terre ! Aujourd'hui encore ils en souffrent. Je connais leur douleur... Ils souffrent... Leurs pleurs, leur haine... Je pense qu'ils n'avaient affaire ni à l'une ni à l'autre, mais au mélange des deux. Peutêtre est-ce grâce à cette fusion qu'elles ont pu survivre à l'explosion du Metal Gear RAXA. - Ursula ? Demanda Snake peu sûr de lui. Ou est-ce Elisa ? Un couteau fila à toute vitesse vers la jeune fille entourée d'un halo blanc. Il se heurta à ce bouclier et tomba à terre dans un bruit métallique. - Tu as lu mes pensées Ursula, comprit Gene. J'ai laissé tomber mes défenses mentales en pensant que tu étais morte. Mais c'est inutile. Tu peux lire mon esprit... Mais tu ne peux pas vaincre mon corps ! En une fraction de seconde, Gene fut comme téléporté, il état à plus de deux mètres d'Elisa/Ursula et se trouva soudain collé à elle, la main appuyant sur sa gorge. - Elisa ! Cria Naked. Encore une fois à une vitesse incroyable, un couteau se trouva planté dans le ventre de la jeune femme qui tomba à la renverse sous le regard de Gene. Ce dernier détourna les yeux pour les poser sur le panneau de commande du Metal Gear. - ... Je vais devoir trouver un autre moyen, grogna-t-il. Il se retourna et partit vers une porte. - Gene, stop ! Demanda Snake sans pour autant le retenir : il courut prendre le corps mal en point allongé à terre et le prit dans ses bras. - Snake... Dit la voix unique d'Elisa. Ils ont déjà entré la trajectoire du Metal Gear. Il y a une salle de lancement de secours dans une pièce juste à côté. Gene va l'utiliser... Arrête-le.


- Je le ferai, promit Big Boss. N'essaie pas de parler. - Ne t'inquiète pas. C'est bon... Snake... Commença-t-elle semblant ne plus le voir, mais lire son esprit, ou quelque chose. Oh... Snake... Dans la tête passaient des clichés du Metal Gear Rex, qui serait créé en 2005 comme la plupart d'entre vous le savent. Elle vit apparaître l'un des fils de Big Boss, qui en était une véritable photocopie. - Tout est clair maintenant... Continua-t-elle sa voix se dédoublant de nouveau. Nos visions étaient bien les mêmes... Snake... Tu vas détruire Metal Gear. Cliché d'un autre fils de Naked, portant deux épées et une sorte de combinaison énorme, ainsi qu'un cache œil. L'homme semblait assez vieux. Lui aussi était presque identique à son père. - Et tu créeras une nouveau Metal Gear à la place... Tes enfants... Les Enfants Terribles... Snake... Ton fils va faire du monde un champ de ruine... Ton fils... Va sauver... Le monde... Expliqua-t-elle de plus en plus difficilement. - Qu'est-ce que tu essaies de dire, Elisa ? Pas de réponse, les yeux de la jeune femme, vides, le fixaient toujours. - Elisa ! Appela-t-il comprenant qu'elle venait peut-être de rendre son dernier souffle. Toujours muette. Cette fois, la voyante était bel et bien morte. Big Boss, les larmes aux yeux, se releva et resta silencieux devant le corps allongé, inanimé de celle qui croyait tant en lui. Reprenant ses esprits, il se mit à courir à toutes jambes vers la salle voisine, et quand il arriva dans cette pièce aux teintes blanches, avec de gros appareils gris à chaque angle, et un panneau de commande sous une passerelle située à un mètre cinquante de hauteur, il vit Gene devant ce système de lancement. - C'est la fin, Snake, annonça-t-il. Metal Gear est déjà entré en mode de lancement. Les calculs de trajectoire et la cible ont été configurés. Personne ne peut plus l'arrêter. Pas même toi, même si tu me battais. Mais je sais que tu ne me laissera pas partir dans un combat. Et j'ai également une raison de te combattre. Pour prouver qui je suis vraiment ! Découvrons qui est le vrai successeur, Snake... Finissons-en ! Il se retourna violemment, son béret sur sa tête blonde laissant apparaître à la lumière le logo Fox qu'il portait, et lança un couteau. Naked n'eut qu'à peine le temps de réagir. Il avait plongé sur la gauche derrière l'une des grosses machines. Il sortit de l'angle en pointant son arme. Personne. Gene était déjà derrière lui. Il se retourna soudain pour bloquer à coup de couteau extrêmement rapide, mais l'ennemi stoppa le contre. Il maîtrisait en effet les techniques de The Boss, qui était la reine du CQC. Big Boss roula en avant pour éviter une


déplacement de Gene si rapide qu'il l'aurait assommé en le touchant. Il n'avait jamais vu une telle vitesse chez quelque être que ce soit. - Alors, qu'est-ce que ce sera ? Loyal envers ton pays, ou loyal envers toi-même ? Ton pays, ou ton vieux mentor, ou tes propres sentiments ? Lança l'ennemi de sa voix spéciale. Snake résista aux paroles de Gene et tira une pluie de balles de son M16, mais pas une seule n'atteignit son but : toutes avaient été évitées ou contrées par l'un des couteaux du Commandant de Fox. Le combat semblait se dérouler en accéléré, et Naked ne tenait pas le rythme. Bientôt, un couteau lancé par Gene se planta dans son épaule, déjà touchée quelques jours plus tôt par une balle. Il sortit le couteau de la blessure et tenta de combattre l'ennemi au corps à corps, ce qui était quasiment du suicide. Malgré les esquives incroyablement rapides de Gene, il réussit à lui asséner un coup de poing en pleine figure. L'autre ne broncha pas mais cela prouvait qu'il pouvait finir par réussir à en faire de même avec un couteau. Snake s'arrangeait pour ne pas utiliser des techniques de CQC courantes, ou des prises récentes, qui n'avaient peut-être pas été imprimées de The Boss. La tentative finit par marcher, et Gene surpris, s'attendant à un autre contre, fut poignardé au ventre tout comme Elisa. Il s'appuya contre le mur derrière lui et manqua de tomber. - Je ne le crois pas... Un produit du Projet Successeur... Battu par un homme en chair et en os comme toi... On dirait que tu es le vrai successeur de The Boss... L'histoires à propos des "gênes soldats"... Peut-être était-ce vrai, après tout... Tu es le vrai Successeur... - Je ne sais pas ce que tu veux dire, Gene. Mais comment j'empêche Metal Gear d'être lancé ?! - Oublie... Une fois que le compte à rebours a commencé, il n'y a aucun moyen de l'arrêter... Tire-toi de là, Snake. Et prend ça avec toi. Il lui lança une sorte de disquette. - Qu'est-ce que c'est ? - L'équipement, le personnel, et les fonds que j'ai secrètement amassés pour créer Army's Heaven. Toutes les données sont stockées sur ce disque. Personne n'en connaît l'existence. - Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ? - Parce que toi et moi, nous sommes pareil. Un jour, tu seras heureux de l'avoir... Celui qui combat et survit doit supporter l'héritage. Ainsi est ton destin. Pars, Snake. J'ai dit tout ce que je devais dire. Tu es celui qui va hériter de mes gênes. Tu es le vrai successeur. Sois loyal envers toi-même... Sauve-toi... Et trouve ton propre destin... Les yeux du Commandant se fermèrent, et sa tête se pencha sur le côté. - Gene ! Appela Snake malgré tout ému. Un bruit survint alors. Un énorme bruit de moteur de fusée qui se mettait en route.


Metal Gear allait être lancé. La radio de Naked sonna. - Sokolov ? Le compte à rebours pour le Metal Gear a commencé. le panneau de contrôle est bloqué et ne répond pas ! Comment je l'arrête ? - Je vois d'ici que le circuit de contrôle a été verrouillé, répondit l'ingénieur derrière un ordinateur. Et le moteur de fusée de Metal Gear n'a pas de mécanisme de contrôle automatique du fuel. Une fois qu'il est en mode de lancement, il n'y a aucun moyen de l'arrêter ! - Je me fous de devoir détruire cette base entière s'il le faut, du moment que ça arrête le nucléaire ! - Si tu peux démanteler l'unité Metal Gear elle-même avant de lancement, tu as peut-être une chance... Naked arriva devant l'énorme fusée qui portait l'engin de mort alors que Sokolov prononçait ces mots. - L'unité Metal Gear ? Tu veux dire ce truc qui est attaché à la tête nucléaire ? Repéra-t-il. - Metal Gear n'est pas le propulseur principal. Il est expédié de la fusée à trois mille pieds au-dessus de la cible, et parachuté au sol. Après quoi il lance sa palette de têtes nucléaires miniatures. En détruisant l'unité Metal Gear avant l'atterrissage, tu peux empêcher une frappe nucléaire même si tu ne peux pas prévenir le lancement. Quoi qu'il en soit, les créateurs de Metal Gear ont prévu ceci, et lui ont installé une armure plus solide que celle d'un tank. Et si la fusée elle-même est endommagée, le silo tout entier pourrait exploser ! - On dirait bien que je vais avoir chaud... Mais je ne peux pas rester assis à ne rien faire et laisser le monde être détruit ! - Snake ! Cria Sokolov craignant qu'il ne fasse tout sauter. La fusée était absolument gigantesque. Au sommet se trouvait le Metal Gear. Naked aperçut un décompte sur un panneau qui indiquait une minute et cinquante huit secondes avant le décollage. Il sortit son lance-missiles et tira sur l'unité Metal Gear. La fumée se dissipa après l'explosion, laissant apparaître la fusée intacte. - Mince ! Ça ne marche pas ! C'est alors qu'il allait baisser les bras que de minuscules étincelles apparurent sur la paroi de la fusée. Loin au-dessus, des soldats tiraient sur l'engin tous ensembles. - Qu'est-ce que vous faites ?! Cria Snake. Ces armes ne feront rien de bon ! Tirez-vous d'ici avant d'être tués dans l'explosion ! - Vous avez risqué votre vie pour sauver notre Mère Patrie ! Répondit l'un des hommes.


- Maintenant, c'est notre tour de défendre votre pays ! Prit un second. - Vous nous avez donné une vraie raison de combattre, Big Boss ! Continua le premier. - Très bien... Répondit Snake comprenant qu'ils ne partiraient pas. De petites explosions frappaient la fusée elle-même, mais elle n'était pas assez endommagée pour tout faire sauter. Dix secondes restantes, l'engin était toujours debout. Naked pointa une dernière fois son lance-missile, dans un dernier espoir, et tira sur Metal Gear alors que les propulseurs de la fusée commençaient à cracher du feu, et une terrible fumée. Le tir frappa l'engin, mais le tout commença à décoller. Snake prit par le souffle énorme créé par la propulsion de la fusée cria et tomba en arrière, disparu. - Snake, Snake, tu me reçois ? Demanda Sokolov par la radio l'air paniqué. Metal Gear... Metal Gear est sur sa route ! La fusée se scinda en deux une fois très loin dans le ciel, et le second propulseur prit le relais. Voilà l'enfin au-dessus de la Terre, dans l'espace, prêt à larguer Metal Gear. C'est alors qu'il commença à sauter de l'intérieur, repiquant vers la planète, attiré, telle une énorme boule de feu. - Tu l'as fait, Snake, déclara Sokolov heureux. Tu as réussi à détruire Metal Gear ! Il a dvié de sa course, et est en chute libre ! Les capteurs montrent que les tubes de lancement des têtes nucléaires ont été touchés. Bravo, Snake ! Un silence passa. - Snake ? Demanda Sokolov soudain moins enthousiaste devant le mutisme de Naked. Aucune réponse. Les débris de la fusée tombèrent en pleine mer. La mission était terminée. Peu après, au quartier général de la CIA, le directeur marchait dans un couloir, entouré de ses deux gardes du corps. Une ombre derrière un mur attendait le bon moment pour surgir. Sentant un danger proche d'eux, les deux types aux lunettes noires sortirent leurs armes et se mirent devant leur protégé. - Impressionnant, dit la voix de l'homme qui sortit de l'ombre. Je n'aurais jamais imaginé qu'ils auraient un tel complexe sous le QG de la CIA. Il est sûr que quand Fox était dans les parages, je n'aurais pas été capable de m'infiltrer ici. J'ai été envoyé pour vous rencontrer, Monsieur le Directeur. - Et qui êtes-vous ? Demanda ce dernier tremblant derrière ses lunettes. - Mon nom est Adam, répondit l'homme qui portait un vieux revolver, un colt Single Action Army. Vous vous souvenez de moi, maintenant ? Finalement nous nous rencontrons en personne.


- Adam... Le triple espion des Philosophes. Donc vous êtes Ocelot... Vous dites que vous êtes là pour me rencontrer ? - C'est exact, confirma l'autre faisant tournoyer son revolver autour de son doigt comme il se plaisait à le faire. Nous confirmons que Metal Gear est entré en mode de lancement. Les premières vagues de nucléaire devraient arriver d'ici une trentaine de minutes. - Je suis au courrant. Je me rends au bunker dès que je peux. Mais je ne peux pas laisser ces documents ici, ajouta-t-il montrant une valise à sa main. - Documents ? Liés au Philosophes ? Demanda Ocelot. - Oui... Une liste des membres. Des tas des données. Les lieux où les morceaux de l'Héritage ont été dispersés dans le monde. Aussi longtemps que nous aurons ceci, même si les EtatsUnis disparaissent dans une tempête atomique, les Philosophes renaîtront. - Splendide, répondit Ocelot dans sa veste marron, une cravate en dessous, et les cheveux blanchissant déjà malgré son très jeune âge. C'est exactement ce que je voulais entendre. En une fraction de seconde, deux coups partirent du revolver, et les deux gardes du corps tombèrent. - Mais qu'est-ce que vous faites ?! Demanda le Directeur choqué. Vous ne comptez pas trahir les Philosophes, n'est-ce pas ? - Trahir ? Répéta Ocelot. Non. Je ne vais pas les trahir. Je vais les faire cesser d'exister ! Ensuite nous reprendrons ce que vous nous avez volé. Et nous ferons persister l'esprit de la vraie Patriote. - La vraie Patriote ? - Cela fait entièrement partie de notre plan de faire du monde qu'elle l'a envisagé une réalité. Et donc, je suis venu pour l'autre moitié de l'Héritage. Un coup de feu retentit dans le couloir, et le bruit d'un corps qui tombe se fit entendre. La vraie Patriote est comme vous vous en doutez The Boss. Quelques temps plus tard, un avion atterrissait en Amérique, Big Boss en sortant le premier. Un groupe était là pour l'accueillir. Le Major Zero en faisait partie. Le Président remit une nouvelle médaille à Snake qui lui ne fit que porter son regard vers son unité, ses hommes, extrêmement maigres à cause du peu de nourriture qu'ils avaient eu. Nous étions le 2 janvier 1971. - Snake, dit la voix de Campbell au bout du fil d'un téléphone le soir même. J'ai entendu qu'ils t'avaient fait un superbe accueil à ton retour. En effet, les blessés avaient pris un autre avion.


- Campbell... Tu vas bien ? Comment va ta blessure ? Demanda Naked. - Ouaip, et ma jambe presque comme neuve. Je suis impatient de sortir d'ici : cette infirmière est une vraie terreur. C'est ta faute ! Pousser un homme blessé à participer à une mission de ce genre... Plaisanta Roy. - Qu'est-il arrivé à Frank, l'enfant soldat du Mozambique ? - Il est vivant, mais il est très dérangé, mentalement comme physiquement. Je suppose qu'il va se faire soigner un long moment. Après, je ne sais pas. Il ne sera peut-être jamais capable de reprendre une vie normale. Au fait, j'ai entendu dire qu'ils ont couvert la rébellion de Fox ? - ... Ouais. La version officielle est que j'ai été envoyé pour détruire une base à missile Soviétique. C'est comme ça. - Je ne peux pas dire que je leur en veux. Après tout, comment faire part de la nouvelle qui annonce que les Etats-Unis vient d'affronter une attaque nucléaire ? Ne t'en fais pas pour ça, Snake. Tu as rendu à ton pays un immense service. Tu mérites cette médaille. Personne ne le sait aussi bien que toi et moi. - Ouais... - Alors que vas-tu faire maintenant, Snake ? - Je ne sais pas, répondit Naked en réalité perdu, n'ayant plus de but. Mais j'ai réalisé quelque chose. Je ne vis plus tant que je suis hors du champ de bataille. Donc je dois trouver ma propre raison de me battre. Je dois oublier ce passé auquel je m'attache. - Fais gaffe à toi Snake, répondit Campbell après un silence. Nous nous reverrons un jour. Après avoir raccroché, Big Boss jeta un regard au papier à l'air officiel posé sur sa table de nuit, qui le désignait comme Commandant de l'unité Fox-Hound, que le président lui avait remis. Loin de là, un autre téléphone sonnait. - J'ai du mal à y croire, dit la voix d'Ocelot quelques secondes après avoir décroché. Donc c'était vous qui me fournissiez des informations. Oui, la mort du Directeur de la CIA devrait passer pour un suicide. Ils vont penser qu'il a fait ça parce qu'il se sentait responsable du lancement de Metal Gear. On dirait bien que tout s'est passé comme vous le vouliez. Quand le Directeur a vu les données de trajectoire que vous avez envoyé et a découvert qu'il était la cible de la frappe nucléaire, il est venu à moi avec les documents sur les Philosophes... Oui, nous aurions dû savoir que Gene était sérieux à propos de l'attaque nucléaire... On dirait bien que notre politique d'assurance nous a filé un coup de main après tout. Il s'en est très bien tiré... Et maintenant j'ai l'Héritage. Cela fait partie de votre script, ça aussi ? Hm... L'utiliser lui, et l'unité Fox ainsi... Il n'y avait que vous pour vous en tirer. Mais... Vous ne m'utiliserez plus... Hm... Des données de combat... du Perfect Soldier ? Les gênes... Le


génome... ? Hm... Je vois... Intriguant... Je vais vous aider pour ce projet. Mais à une condition. Je veux que lui, nous rejoigne. Oui, Big Boss... Ainsi, nous pouvons devenir les Patriots. Ocelot écouta la réponse et raccrocha le téléphone. On peut deviner qu'il parlait avec le Major Zero, qui est le stratège depuis toujours. Ainsi donc sortent les noms de trois Patriots dans cet opus. Major Zero, Ocelot, et, si la requête de ce dernier est accordée... Big Boss lui-même. Le nom Patriots vient de The Boss, qui était une vraie Patriote. Le but de ce groupe est de poursuivre ses idéaux. Différentes opinions existent. Le plus plausible est que Big Boss a rejoint le groupe et l'a quitté quand ce dernier s'est éloigné de ses idéaux d'origines. Il a ainsi construit Outer Heaven, copie de Army's Heaven, mais pour quelle raison ? Pour troubler les Patriots ? Pour que son "fils" Solid comprenne qu'il doit stopper ses frères ? Difficile de cerner quelles sont les raisons. Ce qui est certain c'est que Big Boss ne nous apparaît plus comme ce mercenaire complètement fou après ces deux missions passées à ses côtés.

Metal Gear Solid : Portable OPS  

Ce roman est sous copyleft. Voir sur Dante_Sparda_62's novels pour plus d'informations.

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