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EXTRAITS DES MEMOIRES DU MARECHAL GOUVION SAINT-CYR CAMPAGNE DE I8131 Etat des services du Maréchal après la Campagne de Russie de 1812 10 février 1813: commandant en chef du 11e corps en position sur l’Oder. 10 mars: atteint du typhus, est remplacé par Macdonald. Mai: est rappelé à Dresde par Napoléon - frappé d’une attaque d’apoplexie au sortir d’un dîner chez l’Empereur - en convalescence. 5 juillet: revient à l’armée - chargé par Napoléon d’une mission secrète sur les communications avec la Bohême. 4 août: commandant en chef du 14e corps de l’armée d’Allemagne à Freyberg La Campagne d’Allemagne de 1813, en ce qu’elle concerne plus particulièrement la 42e Division du Général Mouton-Duvernet, dont faisait partie le 76e Régiment d’Infanterie de Ligne Chapitre III (6-14 août) Où Jean François arrive sur le champ des opérations Le 6 août, j’avais reçu (…) un courrier qui m’apportait l’ordre du prince de Neufchâtel2 de terminer mes reconnaissances, et de me rendre de suite à Freyberg pour y réunir des troupes arrivant de Würtzburg, destinées à former le 14e corps, dont il me prescrivait de prendre le commandement. Ces troupes étaient en totalité composées de jeunes gens qui n’avaient pas encore atteint l’âge de la conscription, mais qu’en raison du besoin urgent où on se trouvait, on avait obtenu (…) de faire marcher deux ans plus tôt que la loi ne l’ordonnait. Depuis quelque temps (…) on s’apercevait que nos jeunes gens étaient bien délicats et bien peu formés au moment où ils atteignaient l’âge de la conscription; ceux qui avaient deux ans de moins étaient d’une faiblesse qui faisait peine à voir. A peine tombés au sort, ceux-ci étaient partis pour leur dépôts; de là ils avaient été tout de suite, et sans aucune instruction, dirigés sur 1

Editions REMANENCES, Paris 1982

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le maréchal Berthier, chef d’état-major de l’armée 1


Mayence, où on leur avait donné une partie de leur habillement, et d’où ils avaient été au plus vite mis en route pour Würtzburg. Dans cette ville, ils recevaient le reste de l’habillement et l’armement, et étaient envoyés de suite à Freyberg. (…) Le 14e corps ne put, ainsi qu’on l’avait espérer, s’arrêter quelques jours à Freyberg pour son organisation, parce que les hostilités 3 devant recommencer le 18 au matin, on lui fit précipiter sa marche, afin qu’il se trouvât en position le 17. Il la pressa en effet, et ce corps s’organisa en marchant (…) Les généraux joignirent leurs divisions en route, ou sur les frontières de la Bohême (…) Si l’ennemi avait attaqué le 18, nos troupes pouvaient arriver en même temps que lui sur les positions qu’elles étaient destinées à occuper, et la rencontre aurait eu lieu avant qu’aucun soldat d’infanterie eût brûlé une seule amorce de sa vie. Le 12, l’empereur m’écrivit de me rendre dans la nuit à Dresde4 (…) Il me pressa de partir pour Pirna, où je devais établir mon quartier général (…) Au fur et à mesure de leur arrivée, je plaçai les troupes destinées à observer la Bohême de la manière suivante: La 42e division, commandée par le général Mouton-Duvernet, sur la rive droite de l’Elbe, (...à l’endroit) où le passage du fleuve est entièrement commandé par la forteresse de Königstein, et dont la garde n’a été pour le 14e corps qu’un surcroît d’embarras pendant toute la campagne. La 43e division, sous les ordres du général Claparède, à Giesshübel pour garder la route de Töplitz, le plus direct et le meilleur des débouchés de la Bohême en Saxe. La 44e, avec le général Berthezenne (sic), à la hauteur de Borna, sur la vieille route de Töplitz (Teplice), qui passe par le Geyersberg.

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Après l’armistice du 4 juin, qui avait suivi les batailles de Bautzen et de Wurschen

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Où l’empereur et le maréchal eurent une conversation de plusieurs heures concernant la stratégie à mettre en oeuvre 2

Extraits des Mémoires du Maréchal St-Cyr  

La Campagne d’Allemagne de 1813, en ce qu’elle concerne plus particulièrement la 42e Division du Général Mouton-Duvernet, dont faisait part...