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Répertoire de projets pour un théâtre temporaire en milieu rural / Gers Atelier Learning From 2015


Alcôves / Maravat «La mastication des morts» de Patrick Kermann, mise en scène de Solange Oswald et Joël Fesel Eva Hoarau / Atelier Learning From 2015


Lors de mon arpentage dans le Gers j'ai était marqué par les lisières de forêt. Plus particulièrement par les lisières sinueuses formant un enchaînement d'alcôves. Cette morphologie prise à partie entre ruisseau et boisement, crée en fait un effet de masques successifs, suscitant l'envie d'aller à la découverte, et attisant la curiosité tout au long de la promenade. Une lisière constitue une limite. Il s'agit d'une zone de contact, qui fait office de séparation et de lien entre deux territoires différents. Cette limite peux se matérialiser par une végétation progressivement dense ou de manière plus frontale.

s'il s'était aventuré dans un monde où nos plus profondes catégories structurelles deviennent superflues ou irréelles [...]" Dans la Grèce ancienne, les pratiques et usages de l'espace boisé par l'homme, réside dans la pratique du culte religieux. C'est le lieu d'un autre monde, celui des Dieux, des rencontres interdites, dangereuses et sauvages, le lieu de refuge d'Ulysse, le terrain des aventures. Bref, un lieu bercé par différents imaginaire, les contes et les mythes.

Une alcôve est un espace en situation de renfoncement plus ou moins marqué.

La forêt cathédrale. "Cette analogie repose sur la correspondance ancienne entre les forêts et la résidence d'un Dieu. La cathédrale gothique reproduit visiblement les anciens lieux de culte dans son intérieur majestueux, qui s'élève

tente.

celle des arbres rejoignant leurs cimes." Robert Harrison.

une situation de confort, un espace où l'on se sent contenu. Plus qu'une alcôve à atteindre, localisée en fin de parcours, il s'agit d'un système, d'une véritable promenade le long de la forêt menant à un moment singulier.

La forêt complice. Il s'agit d'une forêt sustentatrice, généreuse qui referme en elle des remèdes et autres drogues. Elle est la complice de l'homme en lui fournissant le bois pour l'artisanat et le feu. La forêt forme un lien de nécessité entre la forêt et l'homme. Attiré et inquiété par son caractère sauvage.

Robert Harrison dans, Forêts, essai sur l'imaginaire occidental, dira: "C'est

La forêt passage. La forêt est un terrain initiatique. On devient homme en passant du sauvage à l'humain. Dans la continuité des rites cultuelles, il s'agit également d'un lieu de passage à un autre état de conscience. Une expérience à vivre, pourquoi pas, le temps d'une pièce de théâtre.

les forêts peuvent facilement troubler le sens de l'orientation psychologique de l'homme." "Nous verrons plusieurs fois [...] un personnage se promener dans une forêt et y perdre de manière terrifiante ou merveilleuse ses repères temporels, comme


Îles / Saint-Clar «L’Odyssée» d’Homère Faustine Giori / Atelier Learning From 2015


Chant XI Cimmériens

Chant X Circé

Chant IX Polyphème

0m

60m 30m

120m 90m

150m


Arbres / Cézan « Arlequin valet de deux maîtres » de Carlo Goldoni Flavien Marteau / Atelier Learning From 2015


« Symbole de sagesse, de longévité, de hardiesse ou de sérénité, l'arbre tient une place centrale dans la culture des hommes. Fière enfant des éléments, l'arbre grandit au gré de la lumière, de l'eau, de la terre et du vent. Comme une famille éparpillée, les arbres sont reliés entre eux et aux hommes par leurs histoires. »

mettent en scène la vie de tous les jours. Ils symbolisent également le lien particulier que nous, entretenons avec ces lieux de vie devenu au fil du temps de simple décor.

Autrefois fortifié, ce village de 200 habitants présente encore les vestiges de

espace couvert établissant une connexion entre la salle et le reste du village.

Ces espaces de représentation peuvent être entièrement construits par de scène, elle est cadré et contenu par des arbustes qui délimitent ainsi évidence, au-dessous duquel est aménagé un banc en pierre... Le décor est planté.

verticalisé. La connexion établie avec la salle participe alors au jeu des acteurs et à la mise en scène du spectacle. La modularité de la scène et des gradins permet de modifier la disposition du jeu. Les spectateurs prennent alors de la hauteur sur la partie fixe en bois, pour profiter au mieux de la représentation. Tandis que les acteurs peuvent alors

Bien que se faisant face tout au long du spectacle, acteurs et spectateurs se « Le chemin parcouru à la découverte des vieux arbres effeuille au fil de la


Promontoires / Lectoure «Le Mariage de Figaro» de Beaumarchais, mise en scène de la compagnie Marius Véranie Jeune / Atelier Learning From 2015


Je suis partie à la recherche des vues dans les villages. Je me suis intéressée aux

même.

« En arrivant au sommet de la colline Des promontoires, on en trouvera souvent au sommet des remparts. Quoi de plus trouvera des petits lieux du haut des remparts pour admirer la vue. Lieux clos en eux

Aux pieds des remparts on trouvera aussi des promenades, qui comme les remparts font le tour des villages. Et si les remparts ont parfois disparu, ces promenades sont Promenade Verticale de Edgar Georges

découvrir la vue de la place.


Signes / Plieux «Rhinocéros» d’Eugène Ionesco, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota Marjorie Hervé / Atelier Learning From 2015


Moulins à eau / Gavarret-sur-Aulouste «Le roi de la pastèque» de Daniel Wallace Francesca Damonte, Anaïs Ampe / Atelier Learning From 2015


Le Moulin à eau de Gavarret-sur-Aulouste, comme la majorité dans le Gers, est tombé en ruine. Pourtant pendant près de deux millénaires, les moulins à eau étaient indispensables pour moudre les grains et faire le pain. Au début, les paysans se regroupaient pour les construire. Mais au Xème siècle, les seigneurs se sont accaparaient leurs services et par la même occasion ont instauré un impôt sur le grain : la banalité. Pour faire fonctionner leur machinerie complexe, ils avaient besoin d'un technicien, appelé meunier. C'était un personnage singulier. Affranchi du servage et toujours accompagné d'une belle meunière, il rendait les autres envieux. Le peuple le suspecter de voler une partie de la récolte. Le meunier était souvent aux prises avec lui. Tout le monde se croisait dans les moulins : Les paysans et le clergé venaient moudre leurs grains, les villageois venaient en acheté et le seigneur y passait pour prélever l'impôt banal. Après la révolution française, Ils ont encore été des lieux d'accueil. De nombreuses auberges ce sont montées prés ou dans les moulin. En ce temps là, ils étaient plus de mille sur le territoire gersois. Sur l'Arrats, par exemple, un moulin se dressait tous les 2 kilomètres. Même si les cours d'eau avaient un débit assez faible, les hommes réussirent a développé des réponses à cet aléa. Au milieu du XIXème, les hommes ont remplacé les vieilles roues en bois par des turbines pour améliorer leur rendement, les formes se sont allongées pour accueillir ses nouveaux systèmes. Mais les moulins n'ont pu rivaliser avec les minoteries modernes et sont devenus obsolètes. Des rêveurs en ont transformé certains en maison ou en gîte de charme. D'autres imaginent les reconvertir en producteur de lumière. La vaste étendue autour du moulin de Gavarret-sur-Aulouste offre une grande capacité d'accueil propice au déroulement d'événements. Autrefois haut lieu social, le moulin, par le réaménagement de ses abords, pourrait se retrouver au cœur d'échanges culturels. Un événement autour d'une représentation théâtrale permettrait de relancer cette dynamique. La diversité des situations qu'offre le moulin incite à penser une manifestation aux multiples facettes. L'adaptation du texte du Roi de la pastèque induit une mise en scène itinérante dont le moulin devient le décor commun de chaque scène. Le specta-

teur se met dans la peau du protagoniste de l'histoire et part à la rencontre de différentes personnages. La conception des différents espaces scéniques se fait en jouant avec deux éléments. Des planchers en bois sont utilisés comme estrades pour des comédiens ou comme support pour les spectateurs. Leur modularité permet de s'adapter aux différentes situations ainsi qu'au relief du terrain. Et des toiles tendues forment parfois un plafond, parfois un fond de scène. Les personnages aux caractères accentués de la pièce guide la mise en scène et la lie à l'existant. Par exemple, le moulin symbole de pouvoir accueil le personnage représentant l'autorité dans le village. Les spectateurs en contre bas sont mis à distance du personnage inatteignable. Selon les ambiances crées et les récits entendus, les spectateurs découvrent l'histoire du Roi de la pastèque : Un vieillard : « Nous autres, on raconte beaucoup d'histoires. Peut être que je suis en train de vous dire un mensonge qui sait ? On est comme ça. Rien n'est aussi grand, aussi bleu, aussi beau que ce qu'on dit. La vérité, c'est comme un poisson, pas vrai ? Presque impossible à attraper. Du coup, on ne s'y intéresse pas beaucoup et on s'amuse bien à regarder ce qui barbotent pour essayer de mettre la main dessus »* Iggy , l'idiot du village : « Et ouais ile été une foie, cé écrit, un enfant naîtra dans cette ville, disons Ashland, et ile aura rien dutou. Ile lui mancra des grands boues. Ile sera pas terrible à regarder. Moche comme un pou, le gosse. Dans la vie, ile fait dernier. Les gens le voix et ouais, cé ça qu'ile voix, la boue de la ligne, passeque ile aura rien du tout. Non plus ile saura rien. Ile saura pas que quand deux voyelles se suivent, c'est la première qui prime. Ca sera après. Passeque une femme viendra en ville et elle donnera ce qu'il doit savoir. Et d'autres choses. Mais comme tout ce qui ya de bien, elle aussi elle partira. Ouais, elle donnera tout pour le gosse qui a rien dutout. Elle mourra en donnant vie. Le passé qui revient. Et son gosse viendra, et cé tout pareil. Encore. Rien changé dutou. Ile été thune foie encore un cou. Ile été une foie. »* *Textes issus de l'ouvrage Le roi de la pastèque de Daniel Wallace


Stations-service/ Héréchou «Carrousel des moutons» d’Irque & Fien «Parfum d’amnésium» de Royal Deluxe Pauline Matray / Atelier Learning From 2015


Spacebuster / Raumlabor / 2009


Hangars / Lamothe-Goas «Peer Gynt» d’Henrik Ibsen, mise en scène de Ben Stevenson Marina Trupin / Atelier Learning From 2015


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Crib & collage construit / Fleurance « Le minotaure » de Marcel Aymé Hellen Belou & Camille Eychenne / Atelier Learning From 2015


Commune de Homps : - séchoir à maïs aussi appelé crib Commune de Lectoure : Commune de Boulaur :


Serres / Tournecoupe «Le public» de Federico Garcia Lorca, mise en scène d’Eric Sanjou Faniry Arisoa / Atelier Learning From 2015


membrane de verre ou de polycarbonate, les serres composent le paysage rural. De formes et de dimensions variées, elles offrent un espace bienveillant à

serres. Accidentées puis abandonnées, ici la nature a repris ses droits.

rente, la sélénite. devint à la mode.

-

Christian Bobin du public.

Monnier Entre monde citadin et monde rural, la serre tente de séduire de plus en plus de jardiniers. confrontant le spectateur et le comédien.


1,20m

5,20m 4,50m

15m


Façades/Montestruc-sur-Gers «Je me souviens», Jerôme Rouger, mise en scène Jean-Pierre Mesnard «Farres Brothers», Compagnie Tripula, mise en scène Jordi Palet i Puig «Terreni Creativi», Kronoteatro Marine Farouault / Atelier Learning From 2015


Par définition la façade est la paroi extérieure d'un bâtiment. Elle est la première chose que l'on voit et elle fait naître différentes perceptions et émotions. Tantôt attirante ou repoussante elle éveille la curiosité du passant qui se plait à imaginer les scènes qui se passent à l'intérieur. C'est un paradoxe : elle s'offre aux yeux de tous mais dissimule tout. Il se peut que cette frontière entre intérieur et extérieur soit brouillée par exemple lorsque l'on entend des sons provenant de l'intérieur ou lorsqu'une fenêtre ouverte laisse apercevoir des moments de la vie quotidienne.

Ces façades délabrées portent la marque du temps qui passe. Elles racontent des histoires passées qui se lisent par la superpositions de matériaux, les débris, la colonisation par la végétation et donnent des informations sur la façon dont les gens vivaient à une certaine époque. Les vestiges d'édifices font appel à l'imagination et permettent de visualiser un volume, la morphologie que le bâtiment pouvait avoir. Ils donnent des indications sur les fonctions qu'avait ce lieu (habitations, fermes, bâtiments religieux, publics, commerces). Ces vestiges ou morceaux de façades constitueraient une scène ou chaque acteur du projet aurait un rôle à jouer.

Georges Perec dans son livre "Espèces d'espaces" imagine un immeuble parisien dont la façade a été enlevée. Il dit " J'imagine un immeuble parisien dont la façade a été enlevée...de telle sorte que, du rez-de-chaussée aux mansardes, toutes les pièces qui se trouvent en façade soient instantanément et simultanément visibles".

Chaque personne (habitants, étudiants) enrichirait le projet par sa propre expérience et son propre vécu. A la manière d'une construction, chaque individu participerait à la pose de chaque "pierre" du projet.

Mais quel sentiment est produit lorsque nous n'avons qu'une façade, une portion de bâtiment ?

Dans le projet de théâtre, la façade est indépendante, elle joue le rôle d'intermédiaire entre le monde réel et le monde imaginaire de la pièce.

Lorsqu'il ne reste qu'une portion de bâtiment, de façade, il y a un bouleversement de l'image de la réalité que l'on se fait.

Le spectacle se greffe derrière elle, à la manière d'une boîte à illusions.

La façade surprend, perturbe et est vue d'une manière différente. Le spectateur devient l'acteur d'une scène de théâtre dont l'environnement est à la fois réel et fictif.

Le spectateur est alors plongé dans un monde fictif qui perturbe les frontières entre temps et espace. Derrière la façade, tous les spectacles sont possibles.

Dans New York délire, l'architecte Rem Koolhaas explique que la façade s'exprime pleinement et qu'elle est une enveloppe autonome qui a sa propre histoire à raconter. Elle est pensée comme un support de communication derrière lequel le bâtiment se greffe, s'entrelace, s'implante.


Improvisations «Sidonie et le sortilège de la sorcière» de Stéphanie Rebato, mise en scène par la compagnie du Petit Poucet «Regain» de Marcel Pagnol et Jean Guiono, mise en scène par la compagnie Marius «La Caravane» de la Compagnie Souhka Philippe Ameur / Atelier Learning From 2015


Improviser

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« Sidonie et le sortilège de la sorcière » de Stéphanie Rebato, mise en scène par la compagnie du Petit Poucet


« Regain » de Marcel Pagnol et Jean Guiono, mise en scène par la compagnie Marius


« La Caravane » de la compagnie Souhka


Theâtres du Gers, projets et explorations  

projets exploratoires pour la réalisations de théâtres temporaires en milieu rural, Atelier Learning From 2015

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