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Rapport d’activités 2010


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Le monde est notre village La canonisation de Damien a été un point culminant de 2009. Mais, pour nous, certainement pas un point final. En Belgique notamment, cette période a suscité beaucoup d'intérêt pour les qualités exceptionnelles de Damien et pour la lutte contre la lèpre, hier et aujourd'hui. Une attention qui a aussi rejailli sur Action Damien. 2010 a été marquée par un retour au travail quotidien et normal. En Belgique, l'accent est mis sur la sensibilisation et la récolte de fonds; dans les projets, notre attention va en tout premier lieu aux soins de qualité portés aux malades, mais aussi au personnel qui doit souvent faire beaucoup dans des conditions difficiles. Jadis, une distance quasi infranchissable séparait les personnes très motivées et engagées dans le Nord, des malades et des collaborateurs dans les projets; aujourd'hui, nous voyons que ces deux réalités dans l'association sont de plus en plus proches l'une de l'autre. Les nombreuses visites dans les projets rapprochent les gens et les moyens de communication modernes permettent d'entretenir facilement les liens d'amitié qui se sont créés. Le monde devient vraiment notre village, en effet. Et nous osons espérer que tous ces contacts directs conduiront à un plus grand respect de l'unité dans la diversité chez tous ces peuples et toutes ces cultures. En exergue du travail planétaire de notre association, nous aimerions attirer votre attention sur quelques points qui sortent des activités quotidiennes. Des activités qui n'en sont pas moins importantes... Nous sommes heureux que la princesse Astrid ait accepté de succéder à la reine Fabiola en tant que présidente d'honneur d'Action Damien. Sa présence, notamment, lors de la journée de lancement de la campagne 2011 a été un énorme stimulant pour les nombreux collaborateurs bénévoles présents. En novembre, les représentants de nos projets sont venus à Bruxelles. Au menu, des échanges d'expériences dans les différents pays, la recherche commune des aspects qui contribuent à un travail de qualité. Ici aussi, les frontières s'effacent et nous assistons à des interactions dans tous les sens. Le monde est notre village! Chère lectrice, cher lecteur, vous remarquerez que l'attention portée à la tuberculose est particulièrement importante. Pourtant, il est essentiel de rappeler ici que, pour Action Damien, la lèpre est et reste primordiale. Le fait que, au niveau mondial, la lèpre soit de plus en plus sous contrôle, est indéniablement le résultat de l'engagement ininterrompu pendant de longues années d'Action Damien et des autres associations qui luttent contre la lèpre. Des associations qui se sont regroupées dans une fédération internationale, l'ILEP. Là aussi, les frontières se sont estompées et nous assistons à une bonne collaboration entre des associations venues d'horizons différents. Le monde est notre village! Les chiffres et la description des nombreuses activités permettent de mieux comprendre combien Action Damien est une association saine, honnête et enthousiasmante. Nous vous souhaitons une bonne lecture et nous vous remercions pour votre intérêt, votre collaboration et votre soutien. Rigo Peeters Secrétaire général

Paul Jolie Président


4   | Rapport d’activités 2010

|   5 332.547 malades dépistés et mis en traitement en 2010

En guise de présentation Action Damien (qui s’appelait “Fondation Damien” jusqu’en décembre 2007) est une ONG belge, nationale, pluraliste et apolitique. Née en 1964 dans la foulée des “Journées mondiales des lépreux” de Raoul Follereau (“l’avocat des lépreux”), elle s’inspire au quotidien de deux autres figures: le docteur Frans Hemerijckx (“le médecin des lépreux”, inventeur des “cliniques sous les arbres”) et, bien entendu, le Père Damien (“l’apôtre des lépreux”), qui lui a soufflé quelques valeurs à appliquer au jour le jour, tant en Belgique qu'outre-mer.

Trois missions

Action Damien s’est donné trois missions: lutter contre les maladies de la pauvreté outre-mer, sensibiliser la population belge à cette problématique et faire vivre, chez nous, un réseau de volontaires.

Pays

Population couverte

lèpre Malades détectés

Pays

Bangladesh

35.170.671

839

Bangladesh

28.461.052

23.754

Brésil

2.393.000

245

Brésil

3.788.689

3.899

Burundi

8.511.618

534

Burundi

8.511.618

7.719 72.263

Chine

52.226.600

69

Chine

79.322.042

Comores

687.052

386

Comores

687.052

133

RD Congo

43.636.743

3.729

RD Congo

43.636.743

69.788

Inde

97.303.950

14.270

Guatemala

3.300.000

926

Mozambique

1.763.766

81

Guinée

3.201.238

7.021

Nigeria

9.400.000

43

Inde

108.049.167

93.304

Rwanda

9.782.156

36

Laos

5.992.340

4.078

Mozambique

1.763.766

6.461

Nicaragua

5.891.199

2.315

Niger

5.324.922

2.718

Nigeria

9.400.000

8.205

Trois maladies

À l'origine, Action Damien luttait uniquement contre la lèpre. Mais, les besoins diminuant et ses moyens financiers augmentant, elle a rapidement étendu son action à la lutte contre la tuberculose, qui est aujourd’hui son premier combat (les chiffres le prouvent)... même si Action Damien n'arrêtera jamais de lutter contre la lèpre. Par ailleurs, Action Damien combat aussi une troisième maladie, la leishmaniose, uniquement en Amérique.

Du personnel local

Quatre éléments caractérisent Action Damien dans les 15 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine où elle est présente: elle ne travaille qu’à la demande des gouvernements locaux, dans des projets à long terme, en collaboration avec des partenaires comme l’OMS, l’ILEP (Fédération internationale des associations de lutte contre la lèpre), ou l’UICTMR (Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires), et presque exclusivement avec du personnel local (plus de 1.500 personnes en fin 2010).

Aussi des projets de base

Action Damien travaille essentiellement via les programmes nationaux de lutte contre la lèpre et/ou la tuberculose... qu'elle a parfois aidé à créer. Ces programmes sont la meilleure manière d'offrir un accès aux soins de santé au plus grand nombre de personnes et constituent la priorité d'Action Damien. Mais ils ne peuvent forcément pas répondre à tous les besoins des malades ou des anciens malades. C'est pourquoi, dès 2007, Action Damien a lancé des "projets de base", à petite échelle, qui visent à aider des populations restreintes. Ces projets sont surtout pour l'instant de nature socio-économique, mais ils peuvent être médicaux.

Une base solide en Belgique

Afin de bien mériter le "N" du sigle "Organisation Non Gouvernementale", Action Damien s’appuie en Belgique sur deux bases solides: des collaborateurs enthousiastes et des donateurs fidèles. Ensemble, chaque année, ils couvrent plus de la moitié des besoins de l'association. Et ils lui permettent de rester indépendante, quoi qu’il arrive.

tuberculose Population Malades couverte détectés

Rwanda TOTAL

260.875.556

20.232

9.782.156

TOTAL

7.065

317.111.984

309.649

N.B.: également 2.164 malades de la leishmaniose détectés au Nicaragua en 2010, et 502 cas au Guatemala. Population totale couverte: 323.821.603

350.000

Évolution du nombre de malades Tuberculose

300.000 250.000 200.000 150.000 100.000 50.000

0

Lèpre

91

92

93

94

95

96

97

98

99

00

01

02

03

04

05

06

07

08

09

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6   | Rapport d’activités 2010

Rapport Financier

Rapport financier Bilan ac tif Actifs immobilisés Immobilisations incorporelles Immobilisations corporelles Immobilisations financières Actif circulant Créances à plus d’un an Stock Créances à moins d’un an Placements de trésorerie Valeurs disponibles Comptes de régularisation T O TA L a c t i f

pa ss i f Fonds social Fonds associatifs - Patrimoine de départ Moyens permanents Fonds affectés Provisions (pour prépension) Dettes Dettes à moins d’un an Comptes de régularisation T O TA L p a s s i f

Compte de résultat 2 010 351.262 € 11.474 € 336.023 € 3.765 € 17.268.496 € 441.316 € 776.814 € 3.617.760 € 10.369.241 € 1.515.055 € 548.310 €

2009 506.430 € 31.284 € 471.397 € 3.749 € 20.903.135 € 500.530 € 671.552 € 6.606.355 € 10.819.196 € 1.769.995 € 535.507 €

17.619.758 €

21.409. 565 €

2 010 16.885.387 € 61.974 € 5.429.546 € 11.393.867 € 58.464 € 675.907 € 662.920 € 12.987 €

2009 16.108.436 € 61.974 € 5.429.546 € 10.616.916 € 74.661 € 5.226.468 € 539.248 € 4.687.220 €

17.619.758 €

21.409. 565 €

Ces chiffres demandent quelques mots d'explication: Actif: Créances à plus d'un an : sont repris, les legs qu'Action Damien recevra après 2011. Créances à moins d'un an : sont repris, les legs qu'Action Damien recevra en 2011.

Ventes et prestations (voir en page 8) Coût des ventes et prestations (voir en page 9) Bénéfice d’exploitation Produits financiers Charges financières (y compris reprise de réductions de valeur) Résultat courant Charges exceptionnelles Résultat de l’exercice NB: Les comptes détaillés de l’exercice 2010 sont disponibles depuis le site de la banque nationale de Belgique (www.bnb.be).

2 010 16.770.932 € -16.332.427 € 438.505 € 315.407 € 23.039 € 776.951 € 0€ 776.951 €

2009 15.211.223 € -16.523.536 € -1.312.313 € 221.981 € 552.550 € -537.782 € 0€ -537.782 €

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8   | Rapport d’activités 2010

Rapport Financier

Ventes et prestations

Coûts

Fonds propres Population belge Dons directs et actions des groupes locaux (du 1/1 au 31/12/2010) Successions Total fonds propres

Subsides et cofinancements Gouvernement belge (DGCD) Membres ILEP Communes, provinces et régions

Ac tions sur le terr ain Projets gérés directement par Action Damien 8.261.157 € 3.101.760 € 11.362.917 €

4.666.441 € 518.973 € 172.527 € 5.357.941 €

Total subsides

Recettes diverses

50.073 € 16.770.932 €

T o ta l v e n t e s e t p r e s tat i o n s

Afrique Asie Amérique Participation à des projets ILEP Support scientifique Formation Gestion des projets Projets de base Chantiers Damien

Total projets

I n f o r m a t i o n , r é c o lt e d e f o n d s e t s e c r é t a r i a t 1.091.561 € Information et éducation au développement Récolte de fonds 2.103.945 € Secrétariat national 620.202 € Total info, récolte de fonds et secrétariat 3.815.708 € Provisions

0€

T o ta l c o û t s d e s v e n t e s e t p r e s tat i o n s

ILEP

18,5%

Information et éducation au développement

6,7%

Communes, provinces et régions

12,9%

1,0%

49,3%

3,8%

Gouvernement belge Recettes diverses

16.332.427 €

3,1%

Successions

Dons et actions des groupes locaux

5.955.588 € 4.163.749 € 556.026 € 175.500 € 420.004 € 175.884 € 842.223 € 112.660 € 115.085 € 12.516.719 €

Récolte de fonds

Secrétariat national

27,8% 0,3%

76,6%

Actions sur le terrain

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#1

Afrique S i t u at i o n e n 2 0 1 0 lèpre et tuberculose tuberculose seule

Niger Guinée Nigeria Congo Rwanda Burundi

Comores Mozambique

Avec huit pays sur quinze en fin 2010, l'Afrique est sans conteste le continent le plus important pour Action Damien. C'est là, aussi, que l'on trouve le plus "gros" pays de l'association en termes de budget - le Congo - qui représente à lui seul le tiers des dépenses annuelles outre-mer. C'est là, enfin que, en 2007, Action Damien a lancé ses deux projets les plus récents : le Niger et la Guinée-Conakry.

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12   | Rapport d’activités 2010

"Plus pour l'A frique". Voilà le mot d'ordre qu'Action Damien s'est lancé voici quelques années. Bien sûr, on ne peut pas dire que la situation dans le monde est merveilleuse, très loin de là, mais les problèmes et les difficultés sont encore plus criants en Afrique, un continent qui risque parfois d'être oublié.

Pauvreté et insécurité

Action Damien travaille dans des pays où règne une grande pauvreté, le terreau idéal pour des maladies comme la lèpre et la tuberculose. Mais dans les pays africains où travaille Action Damien, s'ajoute parfois une situation compliquée au niveau politique ou sécuritaire, qui rend les conditions de vie de la population encore plus difficiles et le travail parfois très compliqué. Ainsi, par exemple, le Congo n'en finit pas de connaître des soubresauts et, en 2010, l’insurrection des Enyele en Équateur Nord a jeté une partie de la population sur les routes. Au Burundi, des tensions et des violences sont nées suites aux élections générales, organisées de mai à septembre, dont les résultats ont été contestés. Enfin, la Guinée aussi a connu des élections, à deux tours, avec un climat d'insécurité généralisée entre les deux tours (séparés de cinq mois!) et des déplacements de population... avant un retour au calme en fin d'année. Dans ces conditions, évidemment, la tâche des équipes d’Action Damien est rendue encore plus difficile.

Partout la tuberculose

Si les pays d'A frique dans lesquels Action Damien est présente sont fort différents (le Congo est le projet de loin le plus important d'Action Damien, les sept autres peuvent être qualifiés de "petits"), ils ont tous un point commun: la tuberculose. C'est logique: la tuberculose est un véritable fléau dans certaines régions du continent. L'OMS le confirme d'ailleurs: si, en nombres absolus, l'Asie du Sud-Est est la région la plus touchée en termes d'incidence (les nouveaux cas survenant pendant une période déterminée) et de prévalence (le nombre de cas existant dans la population à un moment déterminé), l'A frique est largement en tête du classement lorsque l'on tient compte de la population, avec une incidence de 340 pour 100.000 habitants et une prévalence de 450 pour 100.000 habitants en 2009. Et c'est aussi en Afrique que l'on compte le plus de décès dus à la tuberculose. C'est dire à quel point le problème est crucial. Les chiffres d'Action Damien sont impressionnants aussi. En 2010, pas loin de 110.000 malades ont été dépistés et mis en traitement par les équipes médicales soutenues par Action Damien. C'est un peu plus que les deux dernières années, qui avaient atteint un plafond. Notons que le Congo seul compte environ 60% du nombre total de malades et que les chiffres y sont très stables depuis quelques années.

Le problème de la co-infection

La tuberculose est une maladie très contagieuse. On estime ainsi qu'un tiers de la population est infecté par la maladie. Mais infection ne signifie pas maladie, loin de là. Une personne infectée a statistiquement 5 à 10% de risques de développer la maladie... si elle n'est pas infectée par le VIH/sida. Dans le cas contraire, elle a beaucoup plus de risques de développer la tuberculose, qui est la première cause de mortalité des malades du sida. Action Damien ne lutte pas directement contre le sida. D'autres le font très bien et les moyens limités d'Action Damien ne lui permettraient pas d'être efficace. Alors, autant concentrer ses forces et ses ressources sur ce que l'on sait faire: la lutte contre la lèpre et la tuberculose. Mais, dans

Afrique

ce cadre, Action Damien travaille sur la co-infection tuberculose-VIH et a aidé à la mise en place d'une série de stratégies et de synergies entre les deux programmes. La première action est de faire passer ou de proposer un test de dépistage du VIH aux malades de la tuberculose. Ce dépistage est quasi systématique au Rwanda (98% des tuberculeux s’y sont soumis, dont 32% ont été diagnostiqués séropositifs) et au Mozambique (dans les deux provinces où Action Damien est active, près de 60% des malades testés se sont révélés positifs!). Il est fortement encouragé dans bon nombre d'autres pays, comme le Nigeria, où près de 7500 malades ont passé le test dans les deux états où Action Damien est active. Deux couacs notables, toutefois, au Congo - où le programme national de lutte contre le VIH/Sida sida éprouve beaucoup de difficultés à assurer la disponibilité de tous les intrants nécessaires - et en Guinée, où le programme sida a été en rupture de stock des tests dès le mois d’avril! Le but de ce dépistage est évidemment de donner un traitement préventif aux malades co-infectés. En espérant que, un jour, le sida soit guérissable. Et que cela donne un grand coup de fouet à la lutte contre la tuberculose...

Le DOTS communautaire

L'autre grand défi de la tuberculose est la (multi)résistance. Si le traitement est mal dosé ou arrêté trop tôt, le malade risque de devenir résistant à un ou plusieurs des médicaments et de contaminer son environnement avec une souche résistante de la tuberculose. Dans ce cas, le traitement (dit "de seconde ligne") est nettement plus coûteux et nettement plus lourd pour le malade dit "MDR" (pour "multidrug-resistant"). On parle même aussi aujourd'hui de patients "XDR", qui résistent au traitement utilisé contre la tuberculose (multi)résistante! Pour éviter l'apparition de la (multi)résistance, une stratégie toute simple a été mise sur pied: le "DOTS" (pour "traitement sous supervision directe, à court terme"). Le principe? Pendant les premiers mois de son traitement, le malade prend ses médicaments tous les jours en présence et sous la surveillance d'un paramédical, voire d'un volontaire spécialement formé. Dans ce dernier cas, on parle de "DOTS communautaire", particulièrement en vogue au Rwanda notamment, où il couvre 80% du pays, mais aussi bien présent ou en pleine expansion au Mozambique ou au Burundi par exemple. Ce "DOTS communautaire" a un intérêt primordial: il réduit le déplacement des malades. Au Congo, en tout cas à Kinshasa, la situation est un peu différente, avec le "Club des amis Damien". Cette association d'anciens malades aide au dépistage et encourage le suivi du traitement, notamment par des visites à domicile pour les malades grabataires et par des animations, des chants et des danses dans les centres de santé au moment de la prise des médicaments en présence d'une infirmière. L'ambiance est garantie…

La lèpre aussi

On l'a écrit, la tuberculose est un terrible fléau en Afrique. N'empêche, six des huit projets africains d’Action Damien – les six plus anciens – sont des programmes combinés lèpre/tuberculose. Hormis au Congo, le nombre absolu de malades dépistés est relativement faible, l’OMS ayant même déclaré officiellement l’élimination de la lèpre au Mozambique dès 2008. Mais deux pays enregistrent une très nette augmentation des malades dépistés. Entre 2007 et 2010, le nombre de malades a plus que doublé au Burundi (+ 120%!), sans doute grâce à des efforts particuliers dans la formation des médecins et des infirmiers des provinces endémiques, à l’organisation de campagnes de dépistage, à la sensibilisation de la population à travers les mé-

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14   | Rapport d’activités 2010

dias et au témoignage de malades lors d'évènements comme la "Journée mondiale des lépreux". Aux Comores aussi, l'augmentation est spectaculaire, avec plus de 20% de malades dépistés en plus que l’année précédente, notamment grâce à l'intensification du dépistage sur l'île de Mohéli, après l'arrivée d'un infirmier spécialisé en fin 2009.

La chirurgie lépreuse

La lèpre en Afrique présente deux autres caractéristiques. D'abord, la proportion de lépreux multibacillaires parmi les nouveaux malades dépistés (plus de 90% au Mozambique, près de 90% au Burundi). Précisons que la lèpre présente deux formes: paucibacillaire (caractérisée par un nombre relativement peu élevé de bacilles et peu, voire pas du tout contagieuse, avec un traitement qui dure 6 mois) et multibacillaire (la forme la plus grave, avec un malade contagieux, présentant de nombreux bacilles dans le corps, et dont le traitement complet dure de 1 à 2 ans). L'autre caractéristique, négative également, est parfois un pourcentage assez élevé de malades présentant des invalidités de degré II (baisse de la vue ou lésions visibles à la main ou au pied) lors du dépistage, ce qui prouve que les personnes se font diagnostiquer beaucoup trop tard. Par ailleurs, pour ces malades, la situation est très délicate puisque, même une fois guéris de la lèpre, ils gardent des séquelles. C'est pourquoi Action Damien met aussi l'accent sur la chirurgie de reconstruction ou la chirurgie dite "septique". Au Rwanda (plus de 20% d'incapacités de degré II au dépistage en 2010), des opérations ont été menées sur 12 anciens malades. Et, au Burundi (près de 20% d'incapacités de degré II au dépistage), ce sont 28 anciens malades qui ont été opérés dans le cadre d'un projet de base. Enfin, au Congo, des interventions ont été pratiquées à Kinshasa, à Kapolowe (au Sud Katanga) et à Moba (dans le Tanganyika). Et, plus important, la décision a été prise de prendre entièrement en charge la chirurgie lépreuse, après la formation d'un deuxième médecin et d'un deuxième physiothérapeute en Inde.

L’avenir

On l'a vu, les équipes soutenues par Action Damien en Afrique effectuent un travail gigantesque, mais il reste beaucoup de pain sur la planche. Pour la tuberculose, il faudra parfois veiller à augmenter le taux de détection ainsi que le taux de succès thérapeutique pour arriver aux 85%. Notons, dans ce cadre, l'ouverture au Niger du laboratoire national de référence de la tuberculose, entièrement financé par Action Damien. Le Niger peut maintenant assurer le contrôle de qualité de ses laboratoires en périphérie ainsi que les cultures des bacilles et les tests de sensibilité aux médicaments anti-tuberculeux. Dans certains pays, il faudra aussi augmenter encore les synergies entre les programmes tuberculose et sida, qui ne sont pas (encore) optimales. Et veiller au traitement des malades MDR, pas toujours réalisé, comme en Guinée, où un nouveau projet devait prendre en charge 50 malades mais n’a toujours pas commencé. Pour la lèpre, dans les régions où elle moins présente, il faudra rester vigilant et s’assurer que le personnel soignant soit toujours capable de faire le diagnostic des nouveaux malades. Il faudra aussi intensifier la chirurgie lépreuse. Enfin, il faudra veiller à multiplier et à diversifier les projets de base, qui n'ont pas encore atteint leur vitesse de croisière sur le continent africain.

Afrique

Burundi

Appui au Programme national de lutte contre la lèpre et la tuberculose (PNLT)

Appui au Programme national de lutte contre la lèpre et la tuberculose

Soutien au bureau du Programme national d’élimination de la lèpre (PNEL) Soutien au bureau du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT) Développement des activités dans 14 coordinations lèpre et tuberculose. Appui aux soins de santé primaires au niveau de trois zones de Santé du Nord Kivu (jusqu'en mars).

Appui au Programme national de lutte antituberculeuse (PNLAT)

Appui au Programme de lutte contre la lèpre et la tuberculose dans les provinces de Tete et Sofala

Appui au Programme de lutte contre la tuberculose au niveau central et dans les régions de Tillabéry et Zinder

Appui au Programme national de lutte contre la tuberculose et la lèpre

Appui au Programme national intégré de lutte contre la lèpre et la tuberculose (PNILT)

Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Comores

Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Congo

173.492 € Ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida Dr Michel Sawadogo 4 personnes depuis 1964

125.712 € Ministère de la Santé publique Dr Younoussa Assoumani 7 personnes depuis 1979

Dépenses 2010 Partenaires locaux

4.439.940 € Ministère de la Santé publique, Inspections médicales provinciales, Zones de santé, ONG basées localement Représentant d’Action Damien Dr Pamphile Lubamba-Ngimbi Personnel sous contrat local 292 personnes Présence d’Action Damien depuis 1964

Guinée-Conakry

Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Présence d’Action Damien

Mozambique

223.002 € Ministère de la Santé publique Dr Etienne Bahati depuis 2007

Dépenses 2010 Partenaire local:

218.200 € Ministère de la Santé publique, Directions Provinciales de la Santé de Tete et Sofala Représentant d’Action Damien Dr Jean-Marie Nyambe Wandji Personnel sous contrat local 15 personnes Présence d’Action Damien depuis 2004

Niger

Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Nigeria

334.966 € Ministère de la Santé publique Dr Alberto Piubello 4 personnes depuis 2007

Dépenses 2010 Partenaire local

252.111 € Ministère de la Santé publique au niveau fédéral et au niveau des États d’Oyo et Osun Représentant d’Action Damien Dr Osman El Tayeb Personnel sous contrat local 10 personnes Présence d’Action Damien depuis 1991

Rwanda

Dépenses 2010 Partenaire local Représentante d’Action Damien Présence d’Action Damien

188.165 € Ministère de la Santé Dr Martine Toussaint depuis 1964

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Asie

#2

S i t u at i o n e n 2 0 1 0 lèpre et tuberculose tuberculose seule

Chine Inde Bangladesh Laos

L'Asie est le deuxième continent d'Action Damien, qui n'y travaille que dans quatre pays. Mais trois de ces quatre pays - l’Inde, le Bangladesh et la Chine - sont des projets très importants, avec un budget de fonctionnement dépassant le million d'euros et parfois un poids historique considérable. À côté de ces trois "poids lourds", le Laos - où Action Damien ne combat que la tuberculose - fait figure de "petit poucet".

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18   | Rapport d’activités 2010

Chez nous, l'Asie n'a pas toujours, voire pas souvent, bonne presse. En cause, la puissance économique de quelques pays du continent, et en premier lieu la Chine. La Chine qui exporte toujours plus vers nos régions, qui est de plus en plus présente (et visible) en Afrique et qui a acheté une partie du port du Pirée, le plus important port grec. Et il y aussi l'Inde, un autre important pays "BRIC", voire le Bangladesh, avec son industrie textile de plus en plus florissante... Pourtant, Action Damien reste très présente en Asie. C'est normal: là-bas aussi, de nombreux malades ont encore besoin de son action...

Un continent historique

La page 21 le montre: le lien entre Action Damien et l'Asie est très ancien. Avant même d'exister sous sa forme actuelle (Action Damien est née en 1964), elle était déjà active en Inde. Tout commence en 1953: dans la nuit du 31 janvier au 1er février, une violente tempête, accompagnée d'une forte marée haute, provoque des inondations catastrophiques en Belgique (et aux PaysBas). Parmi les pays qui nous viennent en aide, l'Inde envoie des sacs de jute. En guise de remerciement, Léopold III demande à ses conseillers de définir les plus grands besoins indiens... et on pointe la lutte contre la lèpre. En 1954, un léprologue de renom, le Dr Frans Hemerijckx, est invité à rejoindre le « Belgian Leprosy Centre », qui vient d’ouvrir en Inde. Avec le Dr Claire Vellut et les infirmières Simone Liégeois et Hélène Berg, le Dr Hemerijckx crée un centre particulier, dans le Sud, à Polambakkam. Le personnel soignant voyage de village en village et installe sa tente sous deux arbres; il soigne les malades sur place et leur donne des conseils. La "clinique sous les arbres" est née, elle révolutionnera la lutte contre la lèpre. Frans Hemerijckx reviendra en Belgique et 1965 et, jusqu'à sa mort en 1969, sera le conseiller médical d'Action Damien.

La lèpre reste bien présente

À l’époque, l'Inde était le pays le plus touché par la lèpre. Et même si, heureusement, la situation actuelle n'a plus rien à voir avec celle des années 50, l'Inde est toujours aujourd'hui le pays le plus "lépreux" au monde et, fort logiquement, l'Asie reste le continent le plus touché par la lèpre. Sur les près de 245.000 nouveaux malades dépistés dans le monde en 2009 selon l'OMS (il s'agit des derniers chiffres disponibles à l'échelle mondiale aujourd'hui), plus de 166.000 vivent en Asie du Sud-Est, dont près de 134.000 en Inde. Soit largement plus de la moitié du nombre total de malades dépistés dans le monde.

Un peu et beaucoup

Cette réalité se traduit évidemment aussi dans les chiffres d'Action Damien qui, en Asie, mène une lutte combinée lèpre/tuberculose dans trois des quatre pays où elle est présente, les trois les plus importants. Mais une lutte à des degrés bien différents, puisqu'elle ne combat la lèpre en Chine que dans la région autonome du Guangxi où, chaque année, quelques bonnes dizaines de nouveaux malades à peine sont dépistés. Au Bangladesh, par contre, et bien sûr en Inde, Action Damien lutte à nettement plus grande échelle contre sa maladie historique.

Les anciens et les nouveaux

La lutte contre la lèpre en Asie a deux facettes. Il s'agit bien sûr de dépister et de traiter un maximum

Asie

de nouveaux malades le plus rapidement possible. Mais, d’un autre côté, l'Asie compte de très nombreux anciens malades qui souffrent des séquelles de la lèpre. Pour eux aussi, Action Damien agit. En Inde, cette aide se traduit notamment par de la chirurgie réparatrice (ou de reconstruction), effectuée entre autres par un chirurgien très expérimenté, le docteur Jacob, qui a aussi formé des confrères congolais. Près de 130 personnes ont subi des interventions destinées à corriger des incapacités. Toujours au rayon médical (ou assimilé), plus de 10.000 personnes vivant avec des incapacités ont été entraînées au "self-care" (des soins auto prodigués) par des équipes du gouvernement soutenues par Action Damien, et 3.000 paires de chaussures protectrices ont été données. Enfin, près de 120 personnes ont été aidées par des projets de base, en recevant du bétail, en voyant leur maison rénovée (voire construite) ou en recevant un coup de pouce au démarrage d'une (toute) petite entreprise par exemple.

Des hôpitaux en gestion propre

Le Bangladesh connaît la même situation au niveau des malades (beaucoup de personnes gardent des séquelles de la maladie... tandis que 19% des nouveaux malades dépistés en 2010 présentaient des incapacités) mais, pour Action Damien, il présente une différence importante. Contrairement à l'Inde où la plupart de ses activités se situent dans la prévention des incapacités, le traitement des complications et la réhabilitation médicale ou socio-économique, Action Damien reste en effet toujours très impliquée dans le diagnostic et la guérison des nouveaux malades au Bangladesh. C'est d'ailleurs là qu'elle possède ses trois seuls hôpitaux en gestion propre, où sont admis les malades présentant des complications (pour la tuberculose également). La réhabilitation à travers des projets de base et la chirurgie réparatrice existent aussi au Bangladesh, mais à une plus petite échelle qu'en Inde. Notons encore qu'en Chine, où les malades de la lèpre ne suscitent malheureusement que peu d'intérêt, la prévention des incapacités commence à faire son chemin, avec l'appui du DFIT, le "Damien Foundation India Trust". Des travaux de rénovation de l'habitat d'anciens malades ont également été réalisés.

La tuberculose, bien sûr

Ceci dit, même si l'Asie est le continent de la lèpre, Action Damien y combat bien entendu également la tuberculose qui, là aussi, représente la plus grande partie de son travail. Rappelons que, en Asie comme ailleurs, tous les pays où Action Damien est présente sont le cadre d'une lutte contre la tuberculose, parfois avec la lèpre ou la leishmaniose... Les quatre pays asiatiques d'Action Damien sont assez différents et c'est principalement en Chine (où tout le monde n'a pas encore accès aux soins de santé, même si la situation s'améliore) et en Inde que les malades dépistés et traités par les équipes soutenues par Action Damien sont les plus nombreux. Mais les quatre pays ont un point commun: le taux de succès thérapeutique (la proportion de malades déclarés guéris) pour les nouveaux malades est bon partout. Même en Inde (où certains districts du Bihar, qui ont commencé le programme tuberculose assez tard, font un peu tomber la moyenne), les 85% préconisés par l'OMS sont atteints et parfois largement dépassés (93% au Laos). En Chine, où les résultats sont différenciés suivant les régions ou les provinces dans lesquelles Action Damien est présente, la Mongolie Intérieure atteint même 95%. Le Tibet, quant à lui, dépasse le taux pivot de l'OMS pour la deuxième année consécutive. C’est sans doute un effet positif de toutes les actions et toutes les formations

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20   | Rapport d’activités 2010

opérées pour impliquer les "village doctors" dans la lutte contre la tuberculose au Tibet. Des "village doctors" qui sont partie prenante dans le combat au Bangladesh depuis près de 15 ans et qui, en 2010, ont permis de dépister plus de 2.000 malades...

La résistance aussi

Le taux de succès thérapeutique est en général nettement moins bon pour les malades remis en traitement. S’il est de 90% au Laos, il n’atteint pas les 65% au Tibet... qui s'améliore pourtant d'année en année. Par contre, des résultats sont inquiétants, comme dans la province de Qinghai (plus de 12% de moins en deux ans) ou la région autonome de Ningxia (10% sur un an)! Ces résultats indiquent probablement l’émergence de souches résistantes. En Asie aussi, le problème de la résistance est en effet très sérieux. Et des actions sont entreprises depuis quelques années déjà, même si tout ne va pas toujours très bien. Ainsi, en Chine, un projet pilote a commencé en Mongolie Intérieure en 2006. De 2008 à 2010, des étapes ont été franchies pour commencer des projets semblables au Guizhou, à Ningxia et au Qinghai. En toute fin 2009, on a posé les premiers jalons d'un projet du même type au Tibet mais, contrairement à ce qui était espéré, il ne sera pas opérationnel avant 2012 au plus tôt. Au Bangladesh, le traitement de la tuberculose multirésistante est pris en charge dans 13 districts de Rajshahi depuis 2008, en collaboration avec des ONG partenaires. Par ailleurs, une étude scientifique porte sur le traitement de la tuberculose multirésistante, avec un excellent taux de guérison de 88% à la clé. Enfin, en Inde, Action Damien a créé un centre de recherche tuberculose à Nellore. Ce laboratoire, parfaitement équipé, a commencé ses tests de sensibilité aux médicaments en fin 2009.

Les défis et l’avenir

On le voit, le travail ne manque pas non plus en Asie (y compris au Laos, où Action Damien veille principalement, par des supervisions, des formations et une aide à la gestion, à permettre au personnel du programme tuberculose de mieux s’adapter aux nouveaux développements et aux changements). Concernant la tuberculose, dans tous les projets, il faudra encore améliorer le traitement de la multirésistance, qui est un des objectifs principaux du gouvernement du Laos. Au niveau de la lèpre, il faudra continuer à garantir un contrôle efficace de la maladie (ce qui sous-entend un dépistage précoce et donc une moins grande proportion de malades souffrant d'incapacités au Bangladesh) et permettre à davantage de personnes fortement handicapées de vivre dignement. Cela se fera par l'intermédiaire des projets de base, mais aussi peut-être en se repositionnant dans le travail quotidien en Inde, puisque les autorités prennent de plus en plus en charge le dépistage et le traitement des nouveaux malades. Enfin, le plus grand défi qui attend Action Damien dans les années à venir se situe sans aucun doute en Chine. Déjà en 2010, des discussions intensives ont eu lieu entre les différents partenaires pour préparer le retrait progressif d’Action Damien et la reprise en douceur des activités par des locaux. Un processus a été élaboré. Il s’agira de le suivre dans les prochaines années...

Asie

Bangladesh

Appui au Programme national de lutte contre la lèpre et la tuberculose

Dépenses 2010 Partenaire local Représentants d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Chine

1.212.287 € Ministère de la Santé publique et ONG locales Kazi Ataur Rahman Saki et Dr Aung Kya Jai Maug 629 personnes depuis 1972

Soutien au Programme de lutte contre la lèpre dans la région autonome du Guangxi Soutien au programme de lutte contre la tuberculose dans les régions autonomes du Tibet, de Mongolie Intérieure et de Ningxia, et dans les provinces de Qinghai et de Guizhou Bureau de représentation d'Action Damien à Pékin

Dépenses 2010 Partenaires locaux

1.105.835 € Ministère de la Santé à Pékin Institut de dermatologie du Guangxi, Institut de tuberculose du Tibet, de Mongolie Intérieure, de Qinghai, de Guizhou et de Ningxia Représentant d'Action Damien Alex Jaucot Personnel sous contrat local 5 personnes Présence d’Action Damien depuis 1982

Inde

Soutien aux Programmes nationaux de lutte contre la lèpre et la tuberculose par des programmes à l’échelle de districts (Bihar, Tamil Nadu, Delhi, Andhra Pradesh, Karnataka et Kerala), des projets gérés par des ONG locales et des projets en gestion propre

Dépenses 2010 Partenaires locaux

1.800.241 € Ministère de la Santé (Delhi), Ministère de la Santé des États du Bihar, de l’Andhra Pradesh, du Karnataka et du Kerala, 10 ONG locales Représentant d’Action Damien Dr P. Krishnamurthy Personnel sous contrat local 386 (y compris le personnel des ONG) Présence d’Action Damien depuis 1955

Laos

Appui au Programme national de lutte contre la tuberculose Dépenses 2010 Partenaires locaux Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat avec Action Damien Bruxelles Présence d’Action Damien

45.386 € Ministère de la Santé, Centre national tuberculose Alex Jaucot (bureau à Pékin) Vatthana Nanthana (gestionnaire) depuis 1994

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Amérique

#3

S i t u at i o n e n 2 0 1 0 lèpre et tuberculose tuberculose et leishmaniose

Guatemala Nicaragua

Brésil

L’Amérique est le troisième continent d'Action Damien. Le plus petit, en termes de pays, de personnel, de budget et de malades dépistés et traités. Mais le continent a trois particularités: c'est le seul où Action Damien possède un bureau de représentation local, le seul où elle ne lutte nulle part contre la tuberculose uniquement et, surtout, le seul où elle combat sa “troisième” maladie: la leishmaniose.

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24   | Rapport d’activités 2010

Outre l'Afrique et l'Asie, Action Damien est présente dans quelques pays d'Amérique. Là-bas aussi, les maladies de la pauvreté règnent. Et les besoins existent... à des degrés divers.

Amérique

Deux pays très pauvres

cités locales. C'est d'ailleurs à ce titre qu'Action Damien gère au Nicaragua une partie des fonds alloués par le "Global Fund" (le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - un partenariat public/privé visant à trouver et à donner des moyens supplémentaires pour prévenir et traiter ces trois maladies, sous l'égide des Nations Unies). Le travail sur le terrain vise, lui, des régions qui présentent une population particulièrement vulnérable (des SDF à Salvador de Bahia), une endémicité importante (cinq communes dans les régions montagneuses du nord au Nicaragua) ou une difficulté d'accès (quelques aires de santé du Guatemala). L'objectif ici est de permettre directement un meilleur accès aux soins à tous les malades.

Des ajustements

On l'a écrit, la tuberculose est commune aux trois pays américains d'Action Damien. Par contre, même si elle a eu jadis plusieurs projets lèpre en Amérique latine, elle ne la combat plus aujourd'hui que dans un seul pays, le Brésil, précisément dans le District Fédéral autour de Brasilia, où plusieurs centaines de nouveaux malades sont dépistés et mis sous traitement chaque année. Action Damien aide très concrètement la majorité de ces malades en leur fournissant des chaussures adaptées et du matériel nécessaire au "self care" (les soins que les malades se prodiguent chez eux).

Sur les trois pays d'Amérique où Action Damien est présente, deux sont très pauvres: le Guatemala et, encore plus, le Nicaragua. Au Guatemala, plus de la moitié de la population, principalement les Indiens, vit avec moins de 2 dollars par jour. Et le Nicaragua est sans doute le pays le plus pauvre du continent après Haïti; si les soins de santé sont une priorité pour les autorités, les moyens font défaut. Le Brésil, lui, est fort différent et est surtout connu pour son économie florissante. Mais c'est aussi un pays où le fossé entre riches et pauvres est énorme, avec des millions de personnes vivant dans une grande pauvreté.

Cette situation du Brésil se traduit notamment par des ajustements dans notre travail sur place. En 2010, Action Damien a cessé de lutter contre la tuberculose dans l'État de Goiàs et dans le District Fédéral de Brasilia. Les programmes fonctionnent bien et les fonds propres ne manquent pas; il n'y avait donc aucune raison de continuer là-bas. Le but d'Action Damien est d'ailleurs celui-là: mettre les choses en place et, à terme, se retirer, lorsque tout fonctionne... Un autre ajustement important s'est déroulé au Guatemala, mais dans le sens opposé: à la demande des autorités locales, Action Damien y soutient maintenant aussi le programme leishmaniose.

La "lèpre des montagnes"

L'Amérique est en effet le seul continent où Action Damien lutte contre sa troisième maladie: la leishmaniose. Cette maladie est provoquée par un parasite, la "leishmania", qui se retrouve souvent dans le sang de petits mammifères, comme les renards et les rongeurs, parfois même les chiens. Le parasite se transmet à l’homme par l’intermédiaire d’un insecte: le phlébotome. La maladie connaît quatre variantes: la leishmaniose cutanée (qui cause des ulcères chroniques faisant penser à la lèpre, d’où le nom de "lèpre des montagnes"), la leishmaniose muco-cutanée (où les muqueuses du nez et de la gorge sont également atteintes), la leishmaniose viscérale (ou kala-azar... qui tue en moins de deux ans 90% des malades s’ils ne sont pas traités), et enfin la leishmaniose atypique (qui provoque des nodules au visage). Depuis des années, Action Damien est le principal partenaire du programme national leishmaniose au Nicaragua. Forte de son expérience, elle soutient aussi dorénavant au Guatemala un programme national qui fonctionnait à peine. Une de ses premières réalisations a été le développement d’un manuel, qui a permis de former le personnel de toutes les zones de santé. Tant au Nicaragua qu'au Guatemala, l'approche d'Action Damien est double: le soutien technique et structurel au programme national, ainsi qu'un travail plus en profondeur dans quelques régions bien ciblées.

Deux approches

Cette double approche est aussi appliquée dans la lutte contre la tuberculose, commune aux trois pays américains d'Action Damien. Le but du soutien au programme est le renforcement des capa-

Encore un peu la lèpre

Des projets de base

Les projets de base sont un autre point commun aux trois pays américains. Ils ont trait, notamment, à la nourriture. Il faut savoir que la nourriture joue un rôle très important dans le traitement de la tuberculose. D'abord parce qu'il n'est pas facile de prendre ses médicaments le ventre vide, ensuite parce que le malade retrouve l'appétit dès qu'il va mieux. Dans un village du Guatemala, ce sont ainsi dix familles extrêmement pauvres qui bénéficient de potagers, dont les récoltes sont partagées. Une partie de ces récoltes est ensuite consommée par les familles, tandis que l'autre est commercialisée. Au Nicaragua, pendant leur traitement de six mois, 74 malades de la tuberculose très pauvres ont reçu chaque mois des rations alimentaires d'appoint, ainsi que des porcs et des volailles pour les aider dans leur quotidien. Enfin, dans le même ordre d'idée, des dizaines de SDF de Salvador de Bahia ont eux aussi reçu des compléments alimentaires mensuels, ainsi que les moyens de faire des trajets aller-retour vers l'hôpital afin de se faire soigner. Notons encore, dans un domaine tout à fait différent, un projet de prévention de la leishmaniose au Nicaragua, avec distribution de moustiquaires et de vêtements à des familles qui, par ailleurs, participent à l'assainissement de leur environnement.

L’avenir

Concernant le travail dans un avenir proche, des questions se posent à propos du Brésil. Nous évaluons pour le moment la possibilité d'élargir notre lutte contre la lèpre dans ce pays qui, après l'Inde, enregistre le plus de malades au monde (37.610 nouveaux malades en 2010). Mais la coopération n'est pas facile, notamment à cause d'une bureaucratie très lourde. Ce qui pourrait remettre notre soutien en question...

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26   | Rapport d’activités 2010

Support scientifique et formation

Bureau régional de coordination

Dépenses 2010 Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local

Brésil 

115.892 € Dr Toon Bongaerts 1 personne

Appui au Programme national de lutte contre la tuberculose dans l’État de Goiás (jusqu'en mars), dans le District Fédéral (jusqu'en décembre), dans la ville de Salvador, ainsi que dans sept communes proches de l’État de Bahia. Appui au Programme national de lutte contre la lèpre dans le District Fédéral Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Guatemala

218.267 € Ministère de la Santé publique Dr José-Luis Portero 2 personnes depuis 2000

Appui au Programme national de lutte contre la tuberculose et la leishmaniose Dépenses 2010 Partenaire local Représentante d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

Nicaragua

126.125 € Ministère de la Santé publique Zoila Bailon 5 personnes depuis 1993

Appui au Programme National de lutte contre la tuberculose et la leishmaniose Dépenses 2010 Partenaire local Représentant d’Action Damien Personnel sous contrat local Présence d’Action Damien

95.742 € Ministère de la Santé publique et une ONG locale (Prosalud) Dr Toon Bongaerts 6 personnes depuis 1990

Avec l'IMT et sur le terrain Outre son travail de terrain, Action Damien soutient la recherche scientifique. En partenariat avec l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et directement dans les projets.

La mycobactériologie

Action Damien soutient d'abord l’unité de mycobactériologie, dans trois recherches sur la tuberculose résistante. La première part d'un constat: le diagnostic "classique" de la multi-résistance est long et cher. L’IMT a donc développé en 2010 un test, simple à réaliser et à interpréter, qui ne demande pas d’équipement spécial, utilise des réactifs pas trop chers et permet le diagnostic en 10 jours. Il sera validé en 2011 dans différents pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Un autre projet étudie la résistance à des antibiotiques "de deuxième ligne" (utilisés dans le traitement de la tuberculose multi-résistante). Le but est d’optimiser ce diagnostic afin de n’identifier que les cas assez résistants pour nécessiter une adaptation du traitement. Il s’agit aussi de voir si la résistance à un antibiotique entraîne une résistance aux autres antibiotiques de la même classe. Enfin, une autre étude, au Bangladesh et à Kinshasa, étudie si l’utilisation d'un régime de traitement entraîne un risque particulier de résistance. Depuis des années, des échantillons de crachats sont conservés. En cas d’échec thérapeutique (ce qui est rare), les bacilles trouvés dans les nouveaux crachats sont comparés à ceux du diagnostic initial. Comme le régime thérapeutique pour la tuberculose a évolué au cours du temps au Bangladesh et au Congo, on peut voir si le risque de résistance varie en fonction du régime de traitement utilisé.

L'épidémiologie

Au niveau de l’unité d’épidémiologie et du contrôle des maladies, en collaboration avec deux centres hospitaliers du Pérou, une étude vise à aider au diagnostic de la tuberculose extra-pulmonaire, en particulier les tuberculoses méningée et pleurale. Le diagnostic de la tuberculose extrapulmonaire est souvent difficile, en particulier dans les pays à moyens limités.

Sur le terrain

Une recherche importante se déroule au Nicaragua, sur l'efficacité d’un vaccin contre la leishmaniose. Ce vaccin est nettement moins coûteux que le glucantime, le médicament traditionnel, et donne très peu d'effets secondaires. L'étude, faite sur 82 malades, semble très prometteuse.

La formation

Enfin, l'accent est également mis sur les formations, souvent organisées localement pour du personnel de tout niveau. Les responsables, eux, ont régulièrement l’occasion de suivre une formation complémentaire ou d’assister à un congrès ou une conférence internationale. Enfin, le "forum des projets", qui s’est tenu à Bruxelles pendant 5 jours en novembre, a permis de réunir les représentants et les personnes-clés de tous les projets pour faire le point de la situation, échanger les expériences et identifier des domaines d’action prioritaire.

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Belgique

Action Damien est née pour combattre la lèpre. Et sa mission première est toujours la lutte contre les maladies de la pauvreté outre-mer. Mais elle a aussi deux missions en Belgique: sensibiliser la population à la problématique des maladies de la pauvreté et faire vivre son important réseau de volontaires, présents partout dans le pays. Après une année 2009 marquée par la canonisation de Damien (le 11 octobre), 2010 a été une année normale, voire de retour au calme pour Action Damien en Belgique. Mais il est évident que l'élan suscité par l'attention autour de Damien a influencé les premiers mois de l'année. Le point d’orgue traditionnel pour Action Damien se déroule chaque année lors du dernier week-end de janvier, à l’occasion de la campagne annuelle de sensibilisation et de récolte de fonds. Cette campagne a été fortement influencée par la canonisation, mais aussi par le tremblement de terre en Haïti. Ce tremblement de terre catastrophique a fort logiquement mobilisé les médias qui, pour certains, avaient déjà pas mal parlé de Damien et d'Action Damien en octobre 2009. Résultat des courses: malgré le parrainage sympathique et important de Marc Herman (qui avait découvert le travail d'Action Damien à Kinshasa le mois précédent), le relais médiatique de la campagne n'a pas été aussi fort que les années précédentes. Avec une conséquence logique, d'autant plus que les appels à don en faveur d'Haïti se sont multipliés: le soutien financier apporté à Action Damien a fortement chuté en février et mars. Mais la canonisation de Damien a eu un autre effet: le nombre d'écoles qui ont participé à la campagne a fortement augmenté. Ainsi, le film "Bangladesh. La force intérieure", qui illustrait la lutte contre la lèpre et la tuberculose notamment dans l'industrie textile de Dacca (et qui a été comme d'habitude diffusé par la RTBF) a été vu par près de 130.000 élèves de 938 écoles primaires ou secondaires, de tout le pays, lors de séances animées par une cinquantaine de personnes, presque toutes bénévoles.

Campagne 2010: les chiffres dons directs nombre

dons directs montant global

vente de marqueurs et collectes

total

Wallonie*

37.515

1.496.337,12 €

1.108.503,15 €

2.604.840,27 €

0,75

Bruxelles

11.299

522.221,81 €

153.466,84 €

675.688,65 €

0,61

Flandre

79.631

3.439.726,80 €

1.792.392,45 €

5.232.119,25 €

0,85

Anonymes

141

419.214,33 €

63.736,98 €

482.951,31 €

Total

128.586

5.877.500 €

3.118.099 €

8.995.599 €

euro par habitant

0,84

* y inclus la Communauté germanophone Ces chiffres sont ceux de la campagne annuelle, qui a débuté le 1er septembre 2009 pour se terminer le 31 août 2010. Les autres données de ce rapport concernent l’année civile, soit du 1er janvier au 31 décembre 2010.

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30   | Rapport d’activités 2010

Cette mobilisation sans précédent a aussi eu des répercussions financières puisque, malgré la neige et le froid qui ont sévi pendant tout le week-end, un nombre record de bénévoles de tous âges ont vendu un nombre record de pochettes de marqueurs (le secrétariat de Bruxelles s'est même trouvé en rupture de stock à la mi-janvier. Une première...).Si on ajoute à cela une importante mobilisation aussi des donateurs en été et, à l'automne précédent, une augmentation des dons à l'occasion de la canonisation de Damien, on comprend pourquoi la campagne 2010 (qui avait commencé le 1er septembre 2009) s'est clôturée sur un chiffre record au 31 août 2010, avec près de 9 millions d'euros de rentrées de dons - sans tenir compte des successions - en un an. Ce qui prouve une nouvelle fois que la population belge continue à soutenir en masse Action Damien.

Voyages à l'étranger

Action Damien est aussi présente d'une autre manière dans les écoles. Ainsi, elle envoie chaque année des étudiants et des professeurs visiter un de ses projets, en compagnie de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle. Dans le deuxième semestre 2010, cinq groupes sont partis en Inde, au Bangladesh et, pour la première fois, au Nicaragua. Ils venaient de la région de Charleroi, de Bruxelles, du Limbourg, de la région anversoise et de Flandre occidentale. D'autres voyages ont lieu aussi, en dehors des écoles. On pense en premier lieu aux “Chantiers Damien”. Le but de ces chantiers? Passer des vacances "autrement". C'est ainsi que les participants paient leur voyage, suivent une préparation en Belgique, passent trois semaines à aider les ouvriers locaux sur un chantier, puis découvrent le pays pendant la quatrième semaine... en ayant pris soin de trouver des fonds pour financer les travaux sur place. En 2010, plus de 80 personnes se sont envolées pour l’Inde, le Bangladesh, le Congo et le Guatemala, aussi pour la première fois. Parmi les participants, de très nombreux jeunes, venant parfois d'écoles. D’autre part, encadrés par la Cellule “Follereau Abuzaabal Project”, une trentaine de personnes ont aidé à améliorer les conditions de vie des lépreux au Caire, en Egypte, en rénovant des dispensaires ou même en soignant des malades. D'autres sont partis découvrir Action Damien sur le terrain, en vue de mener des actions à leur retour. C'est dans ce cadre que des entrepreneurs de Courtrai ont découvert le Bangladesh et que des membres du Lions Club Scaldiana de Waasmunster sont allés à Kinshasa. Et notons encore que, au carnaval, en novembre et pendant les vacances de Noël, des professeurs et des étudiants néerlandophones, ainsi que des sympathisants tant francophones que néerlandophones sont partis découvrir une partie des projets d'Action Damien au Bangladesh... à vélo. Le groupe de Noël était aussi le 20e voyage de ce type et comptait, dans ses rangs, le 250e cycliste "bangladeshi".

Vélo, voiture et stands

Loin des projets, le vélo reste aussi un moyen important de se faire connaître pour Action Damien. Comme chaque année, Action Damien a tenu un stand à toutes les étapes du “Beau Vélo de RAVeL” d’Adrien Joveneau (l'un des plus célèbres sympathisants d'Action Damien). Par ailleurs, la voiture de l'association, toujours à l'effigie d'Eddy Merckx, a une nouvelle fois trouvé sa place dans la caravane de quelques grandes courses cyclistes - la Flèche Wallonne, Liège-BastogneLiège, le Tour de Wallonie, le Grand-Prix de Wallonie et le Circuit Franco-Belge - avec parfois un stand à l'arrivée.

Belgique

Beaucoup de présences

Des stands qui se multiplient depuis quelques années, comme les initiatives ou la présence lors de manifestation de tous ordres. Il y a les "classiques" comme la chasse aux papillons à Mons, la “promenade Damien” à Tremelo ou le Festival des imitateurs au profit d’Action Damien à Tournai. Il y a des stands lors de salons (comme le salon de l’éducation à Namur), de festivals (comme les Francofolies de Spa ou "Saga Africa" à Hannut) et de marchés de Noël, ainsi que l'aide à l'organisation d'opéras en plein air ou l'habituelle participation à "Woodscout", avec les mouvements de jeunesse, à Hotton. Il y a la Marche Damien, qui s'installe comme un rendez-vous incontournable. Et il y a une série d'initiatives uniques, comme une balade de deux jours à vélo depuis Ostende ou Bruges jusqu'à Tremelo, le village natal de Damien, ou encore une D(amien)-Party à Torhout, où des jeunes ont fait la fête jusqu'aux petites heures à la fin juin.

Toujours les Gospels

Plus tard dans l'année, un autre genre de fête s'est invité, avec les tournées gospel. La Flandre a vu deux "Gospels voor Damiaanactie", pendant lesquels 800 personnes ont applaudi Lea Gilmore et des chœurs locaux à Genk et à Coxyde. Du côté francophone, 8000 spectateurs ont vu 2000 choristes accompagner Demi Evans lors de 13 concerts. Toujours dans une ambiance très chaude.

Familles et lancement

Une ambiance et une chaleur que les nombreux volontaires mettent également lorsqu'ils se retrouvent, lors des deux journées spéciales qui leur sont réservées chaque année: la journée des familles et la journée de lancement. La journée des familles clôture traditionnellement les vacances en rassemblant tout le monde lors du premier dimanche de septembre. Cette année, la journée s'est insérée dans "Fortbom", un festival familial qui s'est tenu au Fort IV de Mortsel. Plusieurs centaines de personnes ont ainsi assisté à différents spectacles, dont une représentation exclusive du cirque Ronaldo. La deuxième journée de rencontre se déroule après la mi-novembre. Plus de 500 sympathisants se sont retrouvés au complexe Kinépolis de Bruxelles pour le lancement de la prochaine campagne. L’occasion de découvrir le matériel, le film de 2011 et quelques images du nouvel ambassadeur, Thomas Vermaelen, le capitaine des Diables Rouges, après un "mini-trip" à Kinshasa. Et de voir Timo Descamps, le parrain de la campagne néerlandophone, ainsi que la princesse Astrid, la nouvelle présidente d'honneur de l'association qui, au terme de la matinée, a rencontré nombre de bénévoles présents.

Conseil d’administration d’Action Damien Président

| Paul

Jolie (Rupelmonde), économiste, administrateur d’une université.

Membres | Patrick Adam (Torhout), directeur d’école | Michel Beckers (Heusy), expert comptable

retraité | Freddy Cooreman (Ninove), retraité | Michel David (Bruxelles), employé | Lieve Deckers (Eupen), professeur | Philippe Dembour (Bruxelles), professeur | Michel Duterme (Treignes), professeur | Theo Hemerijckx (Brakel), pensionné | Pascale L’Ecluse-Decoene (Roosdaal), juriste | Roger Torremans (Mol), enseignant retraité | Frank Van Gerven (Leuven), religieux des Sacrés-Cœurs (Picpus) | Peter Vinck (Alken), Consultant | Docteur Maryse Wanlin (Bruxelles), directrice du FARES

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La preuve en images que la tuberculose est guérissable... Cidessous, Roksana, l'une des figures marquantes du film de janvier 2010 ("Bangladesh, la force intérieure"), abattue par la maladie. En bas, à droite, Roksana pratiquement à la même époque, souriante mais terriblement amaigrie. En haut à droite, Roksana voici quelques mois, complètement guérie, dans le magasin qu'a financé pour elle Action Damien. Les photos parlent d'ellesmêmes !

  [ Ba n g l a d e sh 20 0 9 ] P h o to : J E A N P L ATT E AU  [ Ba n g l a d e sh 2011 ] P h o to : A r c h i i v e s ac t i o n da m i en


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[ Rwan da 20 07 ] Ph oto : J ean Plat t eau

La tuberculose est une maladie terrible, qui affaiblit affreusement le malade. Sans traitement, un malade a 50% de risques de mourir dans les deux ans.

[ R wa n da 20 07]

| P h o to : J ean plat t eau

La lèpre se "voit" sur la peau, mais elle attaque aussi les nerfs. Le nerf cubital, qui passe derrière le coude, est le nerf le plus fréquemment hypertrophié dans la lèpre. Une palpation de ce nerf est donc une bonne indication.


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La princesse Astrid est devenue présidente d'honneur d'Action Damien en janvier 2010, succédant à la reine Fabiola. Un an plus tard, pour s'imprégner encore mieux de la réalité de l'association, elle a visité un projet d'Action Damien à Delhi, en Inde.

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[ I n d e 2011 ] P h o to s: Ol i v i e r P o le t


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Qu'elle lutte contre la lèpre ou la tuberculose, Action Damien fait confiance au corps médical local. Aux Comores ou ailleurs....

[ Co m o r e s 2010 ] P h o to s: J ean P lat t eau


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Capitaine des Diables Rouges, Thomas Vermaelen a passé quelques jours à Kinshasa en 2010. Il est devenu le nouvel ambassadeur d'Action Damien.

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 [ Co n g o 2010] P h o to s: G un t h e r D E VOS


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La leishmaniose peut n'être qu'invalidante. Mais elle peut aussi être mortelle. Action Damien lutte contre sa "troisième" maladie au Nicaragua et, depuis peu, au Guatemala.

  [ n ic a r ag ua 20 0 9 ] P h o to s: T i m D i r v en

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|   45 Toux, fièvre et amaigrissement important sont les premiers symptômes de la tuberculose.

[ Ba n g l a d e sh 2010 ] P h o to : J ean P L at t eau 


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[ CONGO 2011 ] P h oto : jean plat t eau   [ Ba n g l a d e sh 20 0 9 ] P h oto : T h o m a s De g r ae v e 


Merci

En conclusion de ce rapport d’activités 2010, Action Damien tient à remercier tous ceux qui lui permettent de réaliser sa mission n les autorités des pays où elle est engagée dans la lutte contre la lèpre, la tuberculose et la leishmaniose n les autorités belges (au niveau fédéral, régional, provincial et communal), spécialement leurs services chargés de la coopération au développement n le personnel local et les expatriés n les nombreux donateurs n le personnel du secrétariat de Bruxelles n les milliers de collaborateurs volontaires n et enfin la centaine de responsables régionaux qui encadrent ces derniers. Photos: Jean Platteau, Olivier Polet, Gunther De Vos, Tim Dirven, Thomas De Graeve et archives Action Damien | Action Damien, juin 2011 | Toutes ces informations, et beaucoup d’autres, peuvent être retrouvées sur notre site à l’adresse www.actiondamien.be

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