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№79 MAI 2017

EN SALLES

« L’ORDRE DIVIN » : un véritable succès populaire, mais aussi critique

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4 FESTIVALS

12ÈME ÉDITION DU FESTIVAL DE CINÉMA DES CINQ CONTINENTS

6 SWISSMADE

« ECLIPSE DE BONHEUR » : Stefan Haupt nous fait croire aux petits miracles de la vie !

8 IL FAUT L'AVOIR VU !

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« THE ‘BURBS » : Un superbe objet pour redécouvrir un film méconnu de l’immense Joe Dante.


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« LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL.2 »

TESTÉ ET APPROUVÉ !

PLUS CONCENTRÉ SUR LES PERSONNAGES ET LEURS RELATIONS, CE DEUXIÈME VOLET OFFRE UNE VRAIE PARTIE DE PLAISIR.

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n arbre. Un raton-laveur armé jusqu’aux dents. Un humain vêtu d’une veste rouge doté d’un humour sarcastique. Une femme alien verte très dangereuse. Un colosse doté d’une petite cervelle. Voilà ce que l’on retenait de la bande-annonce du premier volet des « Gardiens de la Galaxie » en 2014. James Gunn voulait introduire au cinéma cette équipe particulière de personnages ayant fait leur première apparition chez Marvel Comics en 2008. Ce pari semblait risqué avec ces protagonistes atypiques n’ayant pas l’allure des super-héros traditionnels, auxquels les spectateurs avaient été habitués. Néanmoins, James Gunn a relevé le défi haut la main en embrassant la différence de ces héros et en faisant de cette caractéristique sa marque de fabrique. Il en ressort un film se référant à des classiques comme « Star Wars », avec des images colorées, un humour maîtrisé et une identité musicale marquante, reprenant des tubes des années 60-70. Ce long-métrage a donc fait un carton. Reste maintenant à savoir si sa suite, tant attendue, réussira à reproduire ce succès et à conserver sa particularité ?

Après avoir sauvé la galaxie, Peter Quill (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Drax (Dave Bautista), Rocket (Bradley Cooper) et Groot (Vin Diesel), se font embaucher par Kismet (Elizabeth Debicki), la prêtresse hautaine d’un peuple connu sous le nom de « Souverains », pour se débarrasser d’une énorme créature extraterrestre. Si la mission paraît être dans leurs cordes, les agissements de Rocket provoquent l’inimitié des Souverains et force l’équipe à prendre la fuite pour éviter les représailles. Grâce à l’intervention d’Ego (Kurt Russel), les Gardiens sont sauvés de justesse. D’ailleurs, leur bienfaiteur, une entité mystérieuse, semblerait détenir des informations susceptibles d’impacter la vie de l’un des personnages… Mais quel sera le coût de ces révélations ? La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit ? Faux et cette suite le prouve. Les effets spéciaux sont un cran au-dessus de son prédécesseur, qui avait déjà placé la barre très haut. La musique, l’un des points forts du premier film, est encore plus insérée dans la narration. Elle traduit les désirs des protagonistes, leurs angoisses et parfois, leurs objectifs. Le film parvient à nouveau à toucher sa cible en montrant qu’il est conscient de ce qu’il est : une aventure divertissante

sans compromis, avec un côté pop rythmé, caressant la nostalgie des années 80. Ce deuxième volet est une orgie de références à la culture pop d’antan et d’aujourd’hui, nourrissant le côté nerd de son public. Il possède un timing comique au poil, avec un humour sarcastique et autoDe James référentiel qui Gunn fait mouche, du moins, durant Avec Chris Pratt, la majeure parZoe Saldana, Dave tie. Ce « standBautista, Kurt up » galactique Russel, Vin Diesel, réussit aussi à Bradley Cooper passer à des WALT DISNEY/MARVEL moments plus SORTIE LE 26/04 dramatiques et émouvants, comme le montre l’une des scènes finales, travaillée avec délicatesse. James Gunn arrive à assimiler qu’il est possible d’être profond, de toucher à des thématiques plus lourdes, sans pour autant mettre de côté le divertissement, à l’inverse de DC qui associe toujours le sérieux à un ton obscur, parfois sans savoir où il va. Le choix de séparer le groupe en deux, avec, d’un côté, Rocket, Yondu, Nebula et Groot, puis de l’autre Peter, Gamora, Drax, Ego et Mantis, la nouvelle addition, se révèle intelligent. Contrairement au premier opus, ce film se concentre plus sur le développement des personnages et leurs relations. Cette division permet de mettre les protagonistes dans des situations collant d’avantage à la nature de leur personnalité et d’explorer plus profondément la thématique qui est au centre de ce film : la famille. Les personnages sont nombreux, mais aucun n’est sous-utilisé et les trames principales et secondaires qui les entourent ne rendent pas le long-métrage confus. Ainsi, le film traite, entre autres, des liens père-fils et fraternels, de la loyauté, de la beauté intérieure et du sentiment d’appartenance. Peter Quill reste au centre, mais ses partenaires bénéficient également d’un arc personnel et d’une histoire complète. Les associations des divers héros donnent la possibilité d’établir les motivations de chacun, d’approfondir la dynamique du groupe et d’accentuer leur complicité.

Si James Gunn aborde « Les Gardiens de la Galaxie Vol 2. » sans prétention, tout, dans ce film est réfléchi minutieusement. Chaque acte a une conséquence, l’apparition d’un personnage n’est jamais anodine, les blagues sont insérées dans un objectif précis et le visuel remplit une fonction symbolique. Par exemple, l’amour des Souverains pour la couleur or souligne leur idée qu’ils sont supérieurs aux autres et cela accentue leur caractère royal et puissant. Les lignes que l’on voit sur le vaisseau spatial d’Ego nous rappellent « Flash Gordon » et renforcent son côté intemporel. Une suite qui reprend donc certains éléments du premier et les amplifient, traite ses personnages en profondeur et contient quelques petites failles, à l’image de ses héros. Petit conseil : restez jusqu’à la fin du générique, vous serez gratifié de 5 scènes bonus.

Diana Jeronimo


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« LA CITÉ PERDUE DE Z »

Biographie Charlie Hunnam Heureux hasard

SIXIÈME FILM DE JAMES GRAY, « THE LOST CITY OF Z » SUIT LES AMBITIONS SOCIALES ET EXPLORATRICES DE PERCY FAWCETT, AVENTURIER BRITANNIQUE DISPARU AU COURS D’UNE EXPÉDITION DANS LA FORÊT AMAZONIENNE.

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trouvé les traces ercy Fawcett est un officier de la d’une civilisation perdue, antérieure à Couronne Britannique désireux De James Gray la civilisation européenne… d’une reconnaisAvec Charlie Hunnam, s a n ce s o c i a l e q u e s o n n o m , m a l g r é Sienna Miller, Robert Pour ce film, le réaPattinson l i s a t e u r n e w - y o r ses succès militaires, ELITE FILMS kais quitte pour la lui refuse. La société SORTIE LE 03/05 p r e m i è r e f o i s s a royale de géograville natale pour phie lui propose se rendre dans la alors une mission au jungle vierge amacœur de l’Amazonie, zonienne. Dans à la frontière brésilob o l i v i e n n e , a u t ra cé e n co r e cette forêt inexplorée, les réféimprécis. S’il réussit, il pourra rences cinématographiques o b t e n i r l ’ a s ce n s i o n s o c i a l e du genre sont nombreuses. qu’il recherche. Ce qui s’appa- Tantôt Conrad et Coppola – il rente au début à une simple s’agit dans la première expéreproduction d’une ambition dition de remonter un fleuve –, personnelle, se déplace vers tantôt Werner Herzog – l’opéra des désirs moins égoïstes, et au milieu de la jungle rappelle plus intéressants, où la décou- « Fitzcarraldo ». Mais James Gray verte humaine et scientifique surprend aussi par son inventis’oppose à l’égocentrisme de vité lors d’un sublime rapprola classe nobiliaire britannique. chement entre Percy, sa femme Car Percy Fawcett pense avoir Nina et leur fils ainé Jack. La

caméra filme Nina en train de dormir par un travelling latéral qui reprend le mouvement du train dans lequel voyagent Percy et Jack. Une séquence d’une rare beauté. « La Cité perdue de Z » est aussi une histoire d’amour sur plusieurs décennies qui doit beaucoup à la qualité de son interprète féminine, Sienna Miller. Charlie Hunnam incarne un Percy Fawcett tout en sobriété, voire trop. C’est avant tout sa belle gueule que l’on retiendra, au croisement entre Channing Tatum et Brad Pitt, par ailleurs producteur du film. Le film de James Gray est réussi, mais toutefois un peu lisse dans sa prise de risque esthétique pour gagner notre total enthousiasme.

Martin Aubert

«LES INITIÉS »

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frique du Sud, temps pré- représentations parfaites de sent. Xolani quitte la ville la masculinité pour les Initiés c o m m e c h a q u e a n n é e et toute leur communauté, ils afin de participer aux cérémo- ne peuvent donc assumer leur nies rituelles d’initiation d’une relation, et par conséquent dizaine d’adolescents, prenant se renient. Peut-on vraiment p l a ce d a n s l e s m o n t a g n e s l e s co n s i d é r e r co m m e d e s du Cap Oriental. Il est chargé hommes, hormis la définition d’un Initié de Johannesdonnée au burg, Kwanda, jugé « trop terme par leur mou » par son père, et De John communauté ? qui l’a envoyé prendre est la Trengove Kwanda part aux rites traditionconscience du nels qui feront de lui Avec Nakhane Touré, f i l m : i l r e m e t u n h o m m e , u n v r a i . Bongile Mantsai, Niza co n s t a m m e n t Sensible et doté d’une Jay Ncoyini en question les certaine vulnérabilité, XENIX FILM a g i s s e m e n t s Kwanda est vite mis à SORTIE LE 03/05 de Xolani, ainsi l’écart par les autres que ces rituels Initiés, qui le moquent ancestraux et la co n s t a m m e n t . C ’ e s t mentalité viricette sensibilité et son sens liste qui sont censés produire de l’observation qui le mène- des hommes prêts à affronr o n t à d é co u v r i r u n l o u r d ter la dureté de la vie, mais secret : Xolani mène une rela- qui génèrent finalement des tion secrète depuis des années esclaves d’une vie d’insatisavec l’un des instructeurs, Vija. faction et de mensonge. « Les S’ensuit une tension psycho- Initiés » est une œuvre à la fois logique tenace qui brasse des brave, dure et sensuelle, qui thèmes tels que la tradition et incite à réfléchir sur les mull’intolérance. On se retrouve tiples facettes de la virilité, à r e m e t t r e e n q u e s t i o n l a ainsi que sur le prix du bondéfinition de la masculinité : heur et de la liberté. qu’est-ce vraiment que devenir ou être un homme ? Xolani Kieran Miles et Vija doivent incarner les

Née en 1980 à Newcastle, il est découvert par hasard à 9 ans par le directeur de production de la série pour enfants « Byker Grove », qui l’engage sur le champ. Dix ans plus tard, il incarne Nathan Maloney dans la fameuse série anglaise « Queer as Folk ».

Pas à pas Il débarque à Hollywood en 2000 dans la série « Young Americans » et rentre par la petite porte au cinéma dans « Abandon », puis en tête d’affiche dans « Nicholas Nickleby », et en second-rôle dans « Retour à Cold Mountain ». Après des apparitions dans « Hooligans » et « Les Fils de l’homme », il trouve son grand rôle dans la série « Sons Of Anarchy ».

Blockbusters Sa composition du tourmenté Jackson « Jax » Teller sur sept saisons lui ouvre les blockbusters avec « Pacific Rim » et « Crimson Peak », tous deux de Guillermo Del Toro. Et ce n’est que le début…

Yamine Guettari

« ET LES MISTRALS GAGNANTS »

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i n q e n fa n t s , versent deux de ses cinq destins enfants, Anne-Daumarqués par D’Anne-Dauphine p h i n e J u l l i a n d fa i t la maladie. Ils ont de son regard Julliand don tous entre six et d e m è r e à t ra v e r s neuf ans et malgré Avec Ambre, Camille, c e p r e m i e r d o c u Charles, Imad, mentaire. Filmé avec leur jeune âge, ces Tugdual beaucoup de pudeur petits soldats font PATHÉ FILMS et d’amour, « Et les preuve d’un discernement épatant SORTIE LE 03/05 mistrals gagnants » et d’un courage à laisse exclusivement chaque épreuve de la parole aux enfants leur quotidien. Touet rend un hommage jours à la poursuite du bonheur, poignant à Thaïs qui, atteinte de Ambre, Camille, Charles, Imad leucodystrophie métachromaet Tugdual sont dotés d’une tique, a rejoint le ciel en 2007. insouciance et d’un optimisme Cette expérience éprouvante propres à l’enfance. Ils luttent est au cœur de ce projet cinéavec une énergie débordante matographique extrêmement et exemplaire face à la mala- touchant, authentique et drôle die. Leur quotidien diffère de qui cache une douloureuse celui que connaissent les autres résonance. En février dernier, enfants de leur âge et pour- elle perd sa seconde fille Azylis, tant, selon Camille, « quand on atteinte de la même pathologie est malade, ça n’empêche pas que sa sœur aînée. Avec leur d’être heureux », « on vit avec », spontanéité et leur simplicité confie Ambre. Ces bouts de surprenante, ces enfants nous choux portent un regard sur prennent par la main et nous la vie qui va bien au-delà de la guident sur leur chemin, celui conscience des adultes. de la vie. Capitaines de leur âme, leur force demeure incomAprès deux livres dans lesquels mensurable. elle raconte son expérience de Lauren von Beust vie familiale confrontée à la maladie dégénérative que tra-

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« COURT » « L’ORDRE DIVIN »

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arayan Kamble est reur et les avocats De Chaitanya de la défense, qui u n c h a n te u r fo l k indien engagé et Tamhane sont eux-mêmes subversif. Lors d'une Avec Vira Sathidar, esclaves des lois, de ses représentadu protocole et Vivek Gomber de la hiérarchie. tions, il se fait arrêOUTSIDE THE BOX ter sur scène et est J'ai rapidement SORTIE LE 10/05 r é a l i s é q u e accusé d'avoir incité un ouvrier du traiteces personnes ment des eaux de la venaient des ville de Bombay à se mêmes familles, donner la mort. Incarcéré, il va du même milieu socio-culturel devoir subir un procès absurde… auquel j'appartiens également. Cette œuvre forte entraînera les La seule différence est qu'ils spectateurs impuissants dans se retrouvent dans un rapport une situation kafkaïenne, qui de force. Le film est ainsi devesert d’exposé des archaïsmes nue une étude de la société de la « plus grande démocratie collectif ». La ville de Bombay du monde ». Comme l'explique a son importance, même si le le réalisateur, « Au moment de film se déroule surtout dans la tourner ces scènes, nous vou- salle de tribunal. Selon le réalions garder une certaine dis- lisateur, « Bombay est la ville tance et objectivité. A l'inverse des ouvriers, des syndicalistes, des films de fiction de ce genre, des communistes et des sociaqui nous plongent souvent listes, des migrants, des acadédans une expérience subjective, miciens, des journalistes et des nous nous sommes basés sur professeurs. En ce sens, « Court » des documentaires de procès est également un point de vue récents. » Un thème intéressant documenté de Bombay, en parest aussi la lourdeur de l'appa- ticulier de la culture Maharasreil institutionnel. A ce sujet tria. » C h a i t a nya T a m h a n e a j o u te Carole-lyne Klay « J’étais curieux d'explorer les figures d'autorité impliquées dans un projet : le juge, le procu-

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971, en Suisse. prétation FémiN o r a e s t u n e De Petra Volpe nine » et la « Meiljeune mère au leure Interprétation foyer vivant dans un Avec Marie Leuenber- d a n s u n s e co n d ger, Rachel Braun- r ô l e » e n p o c h e , petit village rural. À schweig « L’Ordre Divin » est la surprise générale FILMCOOPI déjà un véritable de son voisinage, elle décide de s’engaSORTIE LE 07/06 succès populaire, ger publiquement mais aussi critique. dans le combat pour Le film plonge le le suffrage féminin à spectateur avec quelques semaines des vota- brio dans l’atmosphère et les tions fédérales de février 1971, émotions de la Suisse rurale des encore réservées aux hommes ! années 70 et rend un joli hommage à toutes les personnes, Réalisée et scénarisée par la femmes et hommes, qui se sont cinéaste suisse alémanique battues à l’époque pour l’égaPetra Volpe (scénariste du film lité des droits politiques. Le film « Heidi »), « L’Ordre Divin » (« Die s’appuie en outre sur la remargöttliche Ordnung » en VO) quable prestation de son actrice est certainement le film suisse principale, Marie Leuenberger, de ce début d’année 2017. Ce mais aussi sur celle de Rachel long-métrage, qui oscille entre Braunschweig. Les cinéphiles drame et comédie de manière romands auront la chance de jubilatoire, s’intéresse à l’âpre découvrir cette petite pépite dès combat mené par les femmes le 07 juin 2017 dans les salles suisses pour obtenir le droit de obscures. On ne peut que vous vote au début des années 70. conseiller de découvrir cette Avec presque 200’000 entrées incroyable aventure qui vous en Suisse Alémanique, mais sur- donnera peut-être l’envie de tout avec le « Prix de Soleure » vous battre pour une cause qui et les Quartz 2017 (les « Oscars » vous est chère ! du cinéma suisse) du « Meilleur Claude Talaber scénario », de la « Meilleure Inter-

« MARIE CURIE » « WHITE SUN »

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h a n d r a , la modernité et De Deepak enfin les conflits ancien soldat népalais Rauniyar politiques. Tant de ayant combattu Avec Amrit Pariyar, sujets importants, durant 10 ans que l'on s'y perd Dayahang Rai p a r f o i s . « W h i t e avec les guérilleros TRIGON-FILM maoïstes, rentre Sun » a reçu de SORTIE LE 10/05 nombreuses dischez lui pour les obsèques de son tinctions dans difpère. Il y retrouve fé r e n t s fe s t i va l s son passé : les dont le dernier désaccords politiques avec son Festival international de films frère, sa femme qu'il a délaissée de Fribourg (FIFF). Un succès et les traditions qui ont la dent mérité pour ce film qui permet dure. Il va devoir composer avec au néophyte de découvrir de cette réalité pour pouvoir enter- manière subtile la complexité rer son père. Un film complexe du contexte népalais, pays en aux images de toutes beauté et pleine mutation. aux acteurs épatants, qui tente d'aborder plusieurs thèmes à Pascale Siegrist la fois : la famille, les traditions,

Pas vu mais on y croit

« BRAQUAGE A L’ANCIENNE »

De Marie Noëlle film à l'eau de rose a r i e e t Pierre Curie Avec Karolina Gruszka, qui loupe le coche. forme un Arieh Worthalter, I l n ' a p p r e n d p a s couple uni, Charles Berling g ra n d - c h o s e s u r autant dans l'intiDCM l e s d é c o u v e r t e s mité que dans des époux Curie, à SORTIE LE 03/05 savoir entre autres les recherches qu'ils mènent sur le radium et le ensemble. La polonium. Restent vie semble les avoir gâtés : le plaisir de retrouver Charles prix Nobel pour eux en 1903, Berling, toujours impeccable reconnaissance de leurs pairs, dans ses rôles, et l'importance soutien pour leur recherches pour nous les femmes de rapet des beaux enfants. Mais peler le combat pour l'émanun accident va tout changer cipation qu'ont dû mener les et Marie va devoir se battre fe m m e s s c i e n t i f i q u e s p o u r contre l'adversité pour pouvoir accéder au même statut que continuer ses recherches… Il y a leurs pairs masculins. des films dont on attend beauCarole-lyne Klay coup, surtout quand ils traitent d'un sujet important. Voilà un

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« LE ROI ARTHUR : LA LEGENDE D’EXCALIBUR »

«PIRATES DES CARAÏBES 5 »

Trois films à voir en salle ces prochaines semaines, mais qui n’ont pas encore été visionnés.

Trois retraités veulent récupérer leurs économies en braquant la banque qui les a ruinés. Avec Zach Braff aux commandes et le trio Morgan Freeman, Michael Caine, Alan Arkin en vieux en colère !

Guy Ritchie revisite la légende du Roi Arthur avec sa touche particulière (des ralentis !) et un casting aux petits oignons : Charlie Hunnam, Jude Law, Eric Bana, Djimon Hounsou...

Jack Sparrow doit affronter le capitaine Salazar, revenu des fonds du Tr i a n g l e d e s Bermudes p o u r s e ve n ger. Bill le Bottier et Elizabeth Swann feront une apparition, ainsi que le capitaine Barbossa !

Yamine Guettari

SORTIE LE 03/05

SORTIE LE 17/05

SORTIE LE 24/05


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FESTIVALS FESTIVAL DE CINÉMA DES CINQ CONTINENTS ORGANISÉE PAR L’ASSOCIATION CULTURES & CINÉMAS, CETTE MANIFESTATION EST DÉSORMAIS ANCRÉE DANS LE PAYS DE GEX ET À GENÈVE. UN VRAI FESTIVAL DE CINÉMA TRANSFRONTALIER, DOUZE JOURS QUI VOIENT LA VISITE DE PLUS DE 7 000 SPECTATEURS POUR DÉCOUVRIR TOUTES SORTES DE FILMS. FERNEY-VOLTAIRE, GEX, GRÜTLI-GENÈVE ET VERSOIX DU 17 AU 28 MAI Toutes sortes d’émotions pour évoquer des thèmes majeurs de notre société. Diversité, convivialité et cinéma sont les maîtres-mots du Festival de Cinéma des Cinq Continents et cela depuis plus de 10 ans. Du 17 au 28 mai, près d’une cinquantaine de films rares et inédits provenant des cinq continents seront à l’affiche de ce festival trans-frontalier. Et cette année, c’est l’Inde qui est à l’honneur de cette 12ème édition avec des projections de films non projetés en dehors de l’Inde à ce jour, et des conférences thématiques, réunissant réalisateurs et spécialistes du cinéma indien. Quelques dates importantes sont tout de même à retenir parmi tant d’autres, comme par exemple le jeudi 18 mai pour la diffusion du film « Noces » de Stephan Streker, l’Avant-Première de « Prison Sisters » de Nima Sarvestani, le 19 mai ou encore celle du 24 mai avec l’Avant-Première du film « Centaure » qui sera suivi d’un débat avec le réalisateur Aktan Arym Kubat.

sujets qui nous touchent sont traités au-delà des océans ou de l’autre côté des montagnes. Par ailleurs, cette année le focus porte sur l’égalité des droits homme-femme, un problème de société qui sera discuté autour des conférences organisées tout au long du festival. Et pour bien tenir, avant ou après les projections, le spectateur a la possibilité de passer un agréable moment, de se restaurer sur place au Village du Monde de Ferney, mais également de discuter et partager autour d’un verre avec des intervenants venus des 5 continents dans une ambiance décontractée.

Le festival ne se fixe aucune frontière, aucune limite pour attirer un public de plus en plus varié, nombreux et désireux de voir sur grand écran ces acteurs et réalisateurs qui nous font vibrer. Il donne l’occasion de comprendre comment les

Le festival c’est le Village du monde où conférenciers, artistes, musiciens, photographes viennent présenter leurs créations. Un lieu d’échange culturel divers

pour le plus grand nombre. Un lieu de partage avec le monde associatif, véritable tissu social de la région. Les Lieux de projection de nombreux films pourront être découverts à Ferney-Voltaire, Bellegarde, Saint-Genis-Pouilly, Gex, Grütli-Genève, FonctionCinéma à Genève et Versoix. Le festival qui aime le cinéma vous a préparé une 12ème édition riche en films inédits avec de belles rencontres et de très intéressants débats, qui vous donneront une autre vision du cinéma trans-frontalier. La programmation complète et autres informations importantes à savoir, se trouve sur le site du festival. Venez nombreux et allez découvrir le festival de nos amis de FranceVoisine, un voyage que vous risquez de ne pas oublier !

www.festival5continents.org Carlos Mühlig

PROGRAMMATION CINÉMATHÈQUE SUISSE LA PROGRAMMATION DE LA CINÉMATHÈQUE SUISSE EST TOUJOURS UN ÉVÉNEMENT : SA SÉLECTION RAYONNE ET VOYAGE DE CINÉMAS EN FESTIVALS. POUR CETTE FIN DE SAISON CINÉMATOGRAPHIQUE, RÉTROSPECTIVES, CÉLÉBRATION DES 70 ANS DU FESTIVAL DE LOCARNO, ACTUALITÉS DU CINÉMA SUISSE ET PERFORMANCES MUSICALES SONT AU PROGRAMME LAUSANNE MAI-JUIN C'est d'abord une double rétrospective qui sera proposée : départ d'abord du côté de la Finlande, avec une rétrospective Aki Kaürismaki après la présentation au mois de mars de son dernier film. À noter : la projection de la saga Leningrad Cowboys en deux courts et deux longs-métrages. Escale par le Japon ensuite, avec l'immense Akira Kurosawa : c'est l'occasion de revoir les chefsd'oeuvre d'action que sont Le Château de l'Araignée ou Les Sept Samouraïs mais aussi de se pencher sur les poétiques fresques de Dersou Ouzala et sur le savoir-faire technique et narratif de Ran. Pour les 70 ans du festival de Locarno, une programmation itinérante dans divers lieux de Suisse, et sept films lauréats du léopard d'or : à la Cinémathèque, c'est le film de Jafar Panahi Le Miroir, lauréat en 1997, qui sera projeté. Un colloque en collaboration avec l'UNIL sera par ailleurs organisé : intitulé « du direct au numérique », il sera l'occasion, en deux projections et plusieurs conférence, de s'interroger sur la technique et les possibilités offertes par l'arrivée du cinéma numérique dans des lieux ne disposant pas d'une industrie du cinéma. Un hommage à John Hurt et un retour sur quelques-uns de ses films majeurs sera réalisé entre mai et juin. On note aussi la carte blanche à Rui Noguera, ancien directeur du CAC Voltaire à Genève et l'exploration des liens entre architecture et cinéma avec la dernière projection de la saison du cycle

« L'architecture à l'écran ». Puis, toujours en collaboration avec la 1ère et l'émission de Catherine Fattebert « Travelling » faisant découvrir les coulisses de tournage de films cultes, dix films ont été sélectionnés : à voir à la Cinémathèque et à écouter le dimanche matin à la radio, cette sélection comporte notamment Les Enfants du Paradis de Marcel Carné et Le Bon, La Brute et Le Truand de Sergio Leone. Ce printemps sera également musical, avec, dans le cadre du festival Sine Nomine, la venue du guitariste Marc Ribot à la salle Paderewski. Il accompagnera The Docks of New York de Josef Von Sternberg. Enfin, les cours de Freddy Buache et Emmanuel Jaques, rebaptisés « Pour une histoire du cinéma en mots et images », destinés aux étudiants en cinéma de première année mais aussi à toute personne intéressée par le cinéma ainsi que la suite du cycle « Pour une histoire permanente du cinéma » seront l'occasion de parfaire sa culture cinématographique et de revenir sur les oeuvres qui ont construit ou modifié

l'histoire du cinéma : on y abordera entre autres le néo-réalisme italien (le 3 mai), le cinéma suédois (le 10 mai) et les films récompensés ou ayant marqué l'année 1970. Parcours thématiques, célébrations, hommages et découvertes : ce printemps à Lausanne, le cinéma s'annonce protéiforme, enthousiasmant et florissant.

www.cinematheque.ch Camille Brandt


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FESTIVALS LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS DE CANNES À GENÈVE

LES CINÉMAS DU GRÜTLI CONSACRERONT AKIRA KUROSAWA EN MAI ET ACCUEILLERONT LA REPRISE DE « LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS DE CANNES » EN JUIN. LES CINÉMAS DU GRÜTLI DU 7 AU 13 JUIN 2017 Avec les nombreux festivals de cinéma en approche (Cannes, NIFFF, Locarno, ...), les cinéphiles vont être aux anges pendant la période estivale. Mais la programmation à venir de « Les cinémas du Grütli » à Genève se profile également comme un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de 7e Art. LE CYCLE AKIRA KUROSAWA. Le mois de mai, du 8 au 30 mai précisément, rendra hommage à l'illustre cinéaste japonais Akira Kurosawa, l'un des Maîtres incontestés du 7e Art. Le cycle Akira Kurosawa, 2e partie, dévoilera pour la première fois dans un cinéma en Suisse huit nouveaux grands films du réalisateur entièrement restaurés dont des inédits. Au programme : • LE PLUS DIGNEMENT 1944 – inédit • UN MERVEILLEUX DIMANCHE 1947 – inédit • L’ANGE IVRE 1948 • CHIEN ENRAGÉ 1949 • VIVRE 1952 • LA FORTERESSE CACHÉE 1958 • SANJURO 1962 • BARBEROUSSE 1965 Cette rétrospective nous donnera l'occasion de voir ou revoir les chef d'oeuves d'une homme juste et visionnaire, qui a influencé de nombreux cinéastes dans le monde.

70E FESTIVAL DE CANNES STARS ET PAILLETTES VONT SE DONNER RENDEZ-VOUS CETTE ANNÉE ENCORE SUR LA CROISETTE POUR CÉLÉBRER LE FESTIVAL DE CANNES, LE PLUS IMPORTANT ÉVÉNEMENT MONDIAL CONSACRÉ AU 7E ART. FRANCE DU 17 AU 28 MAI 2017

LA REPRISE DE « LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS DE CANNES » DU 7 AU 13 JUIN 2017 Quant au mois de juin, il sera marqué par la reprise de la fameuse « Quinzaine des réalisateurs de Cannes ». Cette section parallèle du Festival de Cannes, qui a pour objectif de découvrir les films de jeunes auteurs et de saluer les oeuvres de réalisateur reconnus, prendra possession pour la cinquième année consécutive des cinémas du Grütli du 7 au 13 juin prochain. Indépendante, libre et non compétitive, une partie de cette section sera à découvrir à Genève, pour ceux qui n'auront pas l'occasion de se rendre au 70e Festival de Cannes qui se tiendra sur la Croisette du 17 au 28 mai 2017. Signalons que cette reprise est itinérante puisqu'elle prendra aussi place, à quelques jours de la fin du Festival de Cannes, outre à Genève, dans les villes de Paris, Marseille, Bruxelles et Rome. Créée après mai 68 par la Société des réalisateurs de films (SRF), « La Quinzaine des réalisateurs », au fil des ans, a découvert les premiers films de Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Nagisa Oshima, George Lucas, Martin Scorsese, Jim Jarmusch,Michael Haneke, Chantal Akerman, Spike Lee, Luc et Jean-Pierre Dardenne, Sofia Coppola, … et salué des cinéastes tels que Robert Bresson, Manoel de Oliveira ou encore Stephen Frears. À vos agendas !

www.cinemas-du-grutli.ch Claude Talaber

Cette année, du 17 au 28 mai 2017, le festival fêtera sa 70e édition et réunira un parterre de cinéphiles et de professionnels pour une édition qui s'annonce d'ores et déjà remarquable. Icône flamboyante du cinéma espagnol, Pedro Almodóvar sera le Président du Jury du 70e Festival de Cannes. Lui et les membres du jury décerneront la Palme d'Or de cette édition parmi les 18 longs-métrage en compétition. On retrouvera entre autres les dernières oeuvres de Sofia Coppola, Jacques Doillon, Michael Haneke, Michel Hazanavicius ou encore François Ozon. Mais le Festival de Cannes, c'est plus d'une cinquantaine de films, en compétition ou pas, répartis dans diverses sections. Des films que les spectateurs découvriront à travers le film d'ouverture (Les fantômes d'Ismaël d'Arnaud Desplechin) et de fermeture, la section « Un Certain Regard », les hors compétitions, les séances de minuit et les les séances spéciales. Bien entendu, les incontournables « Quinzaine des Réalisateurs » ou encore « La Semaine de la critique » compléteront l'offre. Quant à la merveilleuse actrice italienne Monica Bellucci, elle officiera comme maîtresse des Cérémonies d'ouverture et de clôture de cette 70e édition (deux événements qui seront diffusés

en direct et en clair sur Canal+ NDLR). Alors que la remarquable actrice française Sandrine Kiberlain sera la Présidente du Jury de la Caméra d’or. Elle remettra ce prix lors de la cérémonie de clôture. La Caméra d’or fut créée en 1978 sous l’égide de Gilles Jacob et récompense, parmi toutes les sections, le meilleur jeune artiste en récompensant le meilleur premier film. Et comme chaque année, les courtsmétrages trouveront aussi une jolie place lors du festival avec la Compétition des courts-métrages de Cannes et la Sélection Cinéfondation. Le festival de Cannes est devenu un événement tentaculaire et son offre et si riche et variée qu'il nous est impossible de tout vous dévoiler. On soulignera toutefois deux événements qui ont retenu toute notre attention : la projection durant le festival de la saison 3 de Twin Peaks en présence de David Lynch et la projection hors compétition de « Mugen Non Junin », le dernier film de Miike Takashi.

www.festival-cannes. com Claude Talaber


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SWISS MADE

«ECLIPSE DE BONHEUR», STEFAN HAUPT NOUS FAIT CROIRE AUX PETITS MIRACLES DE LA VIE ! "ECLIPSE DE BONHEUR", EST UN FILM D'UNE INCROYABLE PROFONDEUR ÉMOTIONNELLE. LE RÉALISATEUR STEFAN HAUPT RÉUSSIT À ADAPTER SUR LE GRAND ÉCRAN TOUTE L’AMBIANCE INTENSE QUI SE DÉGAGE DU ROMAN ÉPONYME DE LUKAS HARTMANN. UN RÉCIT DRAMATIQUE, MAIS QUI FAIT CROIRE AUX PETITS MIRACLES DE LA VIE. APRÈS, « LE CERCLE » EN 2014, STEFAN HAUPT RÉCIDIVE AVEC UNE NOUVELLE ŒUVRE QUI ABORDE DES THÈMES ESSENTIELS POUR TOUTES LES FAMILLES ET IL NOUS EN DIT UN PEU PLUS SUR SON NOUVEAU PROJET.

Après le Cercle en 2014, qu’est-ce qui vous a motivé à revenir avec un nouveau projet ? Si le sujet d’un film est intéressant ça me motive à continuer. Il faut savoir que Lukas Hartmann m’avait envoyé son livre en 2010, je l’ai lu et cela m’a énormément plu. Je lui ai dit que s'il n’était pas pressé, j’aimerai le faire, mais après « Sagrada » et après « Le Cercle ». C’était bien pour lui donc on a commencé en parallèle avec « Le Cercle », car comme vous le savez en Suisse cela prend beaucoup de temps pour trouver le financement et faire le scénario. Justement « Le Cercle » est un film qui vous a permis de beaucoup voyager, vous l’avez montré un peu partout et en Suisse, il a rencontré un vrai succès, auprès des romands aussi. Est-ce que la pression est un peu plus grande quand on sort un film quelques années après un succès tel que celui-là ? Je me souviens qu’après « Utopia Blues » j’avais cette pression-là pour le film « Elisabeth Kübler-Ross ». Mais pour « L’éclipse du bonheur » ce n’était pas grave (rires). C’était plutôt assez intéressant, l’histoire me touche beaucoup, puis il y a ce truc avec ce garçon et le fait de travailler avec lui. Puis le fait aussi que ma femme joue le rôle principal qui était aussi très intéressant et je n’avais jamais adapté un roman jusqu’à aujourd’hui. Toutes mes pensées étaient occupées par ce travail donc je n’ai pas pensé à cette sorte de pression. Dans le roman, l’histoire est racontée à la première personne et dans le film tout est abordé à la troisième personne. Qu’est-ce qui a été le plus difficile quand vous avez adapté ce roman au cinéma ? Bonne question, ce n’est pas tellement facile à dire. Je crois que ce qui est vraiment difficile, c’est que quand tu lis un livre, tu as toutes ces images dans la tête, quand on essaie de faire un scénario pour un film, on oublie qu’on a déjà toutes les images dans la tête. Et parce qu’on a déjà cette image tellement complète de l’histoire ce n’est pas facile de réinventer cette même histoire pour faire un film. Très tôt, j’ai su que je ne voulais pas faire un film à la première personne avec voix-off etc. parce que je ne me sentais pas à l’aise avec ça. Donc j’ai demandé à sa maison d’édition de me donner tout le livre dans un document Word et j’ai réécrit tout le livre et changé la personne d’Éliane à la troisième personne. Ce qui était un peu de travail en plus, mais en même temps, ça m’a beaucoup aidé de commencer à vraiment travailler avec le texte. Puis un livre de 200 ou 300 pages si on voulait le tourner en entier cela deviendrait une série, il a fallu couper et prendre des décisions sur quelles parties de l’histoire, je veux raconter et quelle partie il faut laisser de côté. Hasard de la vie ou peut-être pas, le film aborde plusieurs sujets d’actualité. Comment souhaiteriez-vous que le film soit reçu Stefan par le public ? Haupt J’espère que le public accueillera le film à cœur ouvert et avec courage. Parce que je suis très heureux que le titre français du film soit « L’éclipse du bonheur » il est beaucoup plus lumineux ou joyeux que le titre en allemand qui a un côté assez sombre. J’ai entendu des gens dire que ça leur faisait peur, mais ce qui est très intéressant, c’est que tous les gens qui ont vu le film ne le disaient pas. Pour moi, il y a vraiment une force et un courage dans le film, une force de l’espoir, l’idée que ça peut marcher ; qu’on vive ensemble une période très très dur et renaître et gagner si on n’essaie pas d’être aveugles et si on regarde

vraiment et qu’on accepte la réalité et qu’on continue. Donc pour moi ce n’est pas un film sombre, mais beaucoup plus un film qui parle du bonheur.

Dans le film, vous avez mis en avant comme premier rôle un très jeune acteur Noé Ricklin. Comment avez-vous trouvé ce jeune acteur dont aujourd’hui, on dit qu’il pourrait être la relève de Kacey Mottet-Klein? Car il a quelque chose de lui dans son jeu d’acteur dans le film. Il n’y a pas de règles sur comment trouver un garçon comme ça. Corinna Glaus qui avait fait le casting avait aussi fait le casting pour deux de mes films, donc elle avait pas mal d’adresses où envoyer notre projet. Et nous avons eu de la chance que parmi la troupe de théâtre Rosmarie Metzenthin à Zurich, une professeure ait dit au père de Noé que son fils pourrait essayer le casting. Noé n’avait pas beaucoup joué au théâtre là-bas et surtout n’avait jamais joué dans un film, car on le sait en Suisse qu’il n’y a pas beaucoup de rôles pour les jeunes dans les films. Nous, on l’a vu très tôt que c’était lui, si on regarde son regard, son visage, son sourire, tout ça est si aimable et ça nous donne envie de regarder ce qu’il fait. Puis évidemment, c’était aussi pour nous une question de savoir comment travailler sans mettre trop de poids sur lui avec cette histoire. Mon petit secret, c’était que je lui disais : imagine que Yves est ton ami le plus proche et que toute cette histoire affreuse, c’est l’histoire de ton ami. Et avec cette idée, je pouvais lui parler des parents d’Yves qui sont tellement brutaux et de leurs tentions qui sont tellement fortes sans lui dire imagine tes propres parents faire ça, et je pense que c’était vraiment bien pour lui et pour le soulager. Pour l’instant, nous sommes encore au début de la promotion du film, il y a encore beaucoup à faire en général, mais est-ce que vous avez d’autres projets en tête pour après ce film ? Oui bien sûr, j’ai terminé le film plus ou moins il y a un an donc il faut continuer. On a vraiment un truc assez grand autour des 500 ans de La Réforme luthérienne. Nous sommes en train de préparer le tournage pour un film sur Ulrich Zwingli qui a fait son premier prêche à Zurich dans le Grossmünster le 1er janvier 1519 donc on espère qu’on peut avoir la première de ce film le 1er janvier 2019. En plus de ça, je travaille aussi sur un documentaire.

Pour lire l’intégralité de l’interview c’est sur www.daily-movies.ch Carlos Mühlig


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DVD/BLU-RAY DANCER, BAD BOY BALLET

OPPRESSION DE FARREN BLACKBURN, AVEC NAOMI WATTS, OLIVER PLATT, CHARLIE HEATON

DE STEVEN CANTER, AVEC SERGUEI POLUNINE

IMPULS

PRAESENS

Notre avis

Notre avis

Mary est pédopsychiatre et vit avec son époux et son beau-fils Stephen dans un chalet isolé en NouvelleAngleterre. Suite aux difficultés rencontrées avec Steven, il a été décidé de le placer dans une institution. Pour Stephen, il est clair que ses parents veulent se débarrasser de lui. Suite à un accident qui a coûté la vie à son père, Stephen se retrouve à la charge de sa belle-mère, dans un état quasivégétatif. Mary a un jeune patient, Tom, qui disparaît une nuit, alors qu’une grande tempête de neige menace. Mary se lance désespérément à sa recherche, en vain. Cependant, il lui semble entendre des bruits suspects dans la maison, elle a tout d’un coup des crises de paranoïa et elle rejette totalement l’idée qu’elle a pu avoir des hallucinations.

elle toute seule. On retrouve volontiers Oliver Platt dans le rôle du psy à distance puisqu’il communique avec Mary grâce à Internet. Charlie Heaton quant à lui est parfait dans le rôle de Stephen, cet adolescent atteint de troubles obsessionnels. Le rôle de Tom, ce petit garçon de 9 ans est joué par Jacob Tremblay qui semble décidément taillé dans le moule des acteurs en devenir puisqu’il a précédemment joué dans « Room » sorti en 2016. Le scénario est certes connu, et certaines scènes tirent un peu en longueur. Toutefois, le genre huis clos est parfaitement bien maîtrisé, et même s’il faut attendre la seconde partie du film pour que l’action nous surprenne, l’angoisse et le suspens sont au rendez-vous.

Naomi Watts est magnifique dans ce rôle de Mary et porte le film quasi à

Patricia Beauverd

Venez rencontrer Serguei Polounine, le jeune prodige russe de la danse : il est connu pour être celui qui a bouleversé le monde du ballet classique en claquant la porte du Royal Ballet de Londres après y avoir été nommé premier soliste en 2010, à seulement 19 ans – du jamais vu. Ce documentaire de Steven Canter retrace son parcours, à l'aide d'images filmées par la caméra familiale dans sa petite ville natale d'Ukraine, Kherson, puis d'images de représentations et de témoignages de sa famille qui a tout sacrifié pour le voir danser. On a dit de lui qu'il était le « nouveau Noureev», un prodige de la danse à la technique époustouflante, évoluant dans un monde où il finira par se sentir trop à l'étroit. Être interprète de ballet classique ne laisse pas de libertés – il s'agit, aux termes d'années éreintantes de formation, de se conformer

aux normes établies et aux traditions sans jamais avoir pu s'épanouir en dehors de la scène : Polounine parle de la frustration de «vivre comme un enfant » tout en ayant atteint le rang le plus prestigieux existant pour un danseur. La presse britannique fait de lui un sujet de choix, relatant les absences du «bad boy of ballet» dont les tatouages et les soirées alcoolisées font vivement réagir. Jusqu'à la vidéo YouTube qui le propulse au rang de star : un clip filmé par David LaChapelle dans lequel Polounine danse sur la chanson d'Hozier, Take Me To Church. Maintenant libre d'évoluer selon ses critères et sa sensibilité artistique, Polounine continue de danser, mêlant classique et contemporain.

Pauline Brandt

OUIJA & OUIJA LES ORIGINES DE STILES WHITE, AVEC OLIVIA COOKE, ANA COTO, DAREN KGASOFF... UNIVERSAL DVD

Notre avis

Lorsque Laine (Olivia Cooke) a perdu sa meilleure amie Debbie qui s’est suicidée, elle a voulu comprendre pourquoi et surtout ce qu’elle aurait pu faire pour éviter cela. En retrouvant la planche d’Ouija avec laquelle, elles jouaient ensemble lorsqu’elles étaient enfants, elle a pris cela pour un signe et a voulu interroger la planche. Comme elle ne pouvait pas le faire seule, les règles du Ouija sont strictes, elle a demandé leur aide à son petit ami Trevor (Daren Kagasoff), à sa sœur Sarah (Ana Coto), au petit ami de Debbie, Pete (Douglas Smith), et à Isabelle (Bianca Santos). Ils se sont donc tous retrouvés dans la maison de Debbie et ont convoqué l’esprit de Debbie. Mais on ne connaît pas l’au-delà et on ne peut invoquer les esprits sans prendre de risque. Ils vont le comprendre à leurs dépens. Un film d’horreur très bien ficelé, sans qu’on ne soit confronté à tout moment à des cris ou à des sursauts musicaux effrayants. La trame est plausible et le sujet bien traité. Les effets

spéciaux sont très corrects. Par contre, il se peut que les fans de films d’horreur le trouvent un peu léger, car le frisson n’est pas toujours au rendez-vous. OUIJA LES ORIGINES : CE N’ÉTAIT PAS QU’UN JEU ! À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles habitent dans une maison qui a une histoire et un vécu troublants. Pour gagner sa vie, la mère organise des séances de spiritisme avec la complicité de ses filles. Il n’y a aucun mauvais dessein dans cette manière de gagner sa vie, elle pense sincèrement que de faire croire aux personnes qui ont perdu un être cher qu’elles vont pouvoir lui parler une dernière fois va les rassurer et leur permettre de faire leur deuil en paix. Un jour, elle achète le jeu du Ouija pour rendre ses séances plus vraisemblables. C’est là qu’elle s’aperçoit que

Lulu Wilson incarne Doris, et il faut tirer un grand coup de chapeau à ses talents de comédienne au vu de son jeune âge. Annalise Basso est la grande sœur Paulina, elle joue à merveille le rôle de l’ado qui s’oppose à sa mère et qui sent très bien qu’il y a un danger dans l’air. C’est avec plaisir que l’on retrouve Henry Thomas dans le rôle du père Tom, après l’avoir vu dans le petit garçon de E.T. On est loin des films d’horreur gores et caverneux. L’histoire est crédible et les personnages attachants. Le film se déroule dans la même maison que le film précédent, mais cinquante ans auparavant.

Patricia Beauverd

LE PETIT LOCATAIRE

INTRUSION

DE NADÈGE LOISEAU, AVEC KARIN VIARD ET PHILIPPE REBBOT

DE DAVID BRUCKNER, AVEC RICHARD GERE ET DAKOTA FANNING DISQUES OFFICE

IMPULS

Notre avis

Dans l’intimité de quelques filles, nous comprenons à quel point la menace est présente partout, jusqu’à dans nos foyers, au travers d’internet et de nos téléphones portables. Elle nous suit comme notre propre ombre. Ces filles, qui se font embrigader et basculent dans le fanatisme pour rejoindre la Syrie, subissent un lavage de cerveau comme dans une secte. Elles vont jusqu’à renier leurs origines, s’effacer et perdre leur identité pour se plier à tout ce que leur « prince » leur demande, celui qu’elles pensent épouser en arrivant en Syrie. Il les veut pures, vierges et soumises. Or, un tout autre destin les attend. Leur « prince » est déjà marié et elles ne le rencontreront probablement jamais, car son rôle consiste à les persuader de tout quitter pour lui et Allah. Avec « Le ciel attendra », nous comprenons la douleur des parents qui

sa fille cadette Doris est médium et que les esprits se servent d’elle pour communiquer. Mais ce ne sont pas de bons esprits…

Notre avis sont confrontés à des enfants qu’ils ne reconnaissent plus et qui leur sont volés de leur foyer. On cherche à comprendre l’incompréhensible : pourquoi ces jeunes filles, qui ont tout en apparence, décident de tout quitter ? Comment viennent-elles à songer à commettre un attentat suicide ? Pourront-elles un jour reprendre leur vie d’avant ? La réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar nous livre un film où le sujet est complètement d’actualité avec un ton juste, une mise en scène magnifique et deux actrices excellentes dans leur rôle, Noémie Merlant (Sonia) et Naomi Amarger (Mélanie). « Le ciel attendra » est donc un film puissant, poignant et douloureux, à voir et revoir !

CBB

Lorsqu’on va voir ce genre de film, on ne peut s’empêcher d’appréhender un navet, un de plus… mais de temps à autre, des petites perles passent au travers de la masse médiocre que sont la plupart des comédies, pour nous rappeler pourquoi on aime le 7e art et particulièrement le 7e art à la française. Nicole du haut de ses 49 ans, n’en revient pas ! Le test de grossesse est formel, elle est enceinte pour la 3ème fois ! Comment prendre bien la nouvelle à son âge et avec le rythme de vie qu’elle mène ? Durant tout le film, on est épuisé pour elle et on se demande quand va venir le moment du pétage de plomb. Mais Nicole tient bon et sa grossesse permettra de remettre un peu d’ordre dans cette répartition des tâches inégales et anarchique. Cette comédie intergénérationnelle aborde avec justesse et profondeur un bon nombre de

thématiques, telles que les grossesses non désirées, l’épanouissement personnel de chacun, le sacrifice de bon nombre de femmes pour leur famille, la ménopause, etc… Ce film aussi simple que touchant, nous fait vaciller entre rire et émotions. Karine Viard, parfaite dans son rôle, mais on ne manquera pas également de saluer les excellentes performances d’Hélène Vincent dans son rôle de grand-mère sénile, Manon Kneusé dans celui de la mère adolescente et immature, Philippe Ribot en père de famille dépassé, et Stella Fenouillet qui réalise une performance incroyable du haut de ses six ans. Une brillante brochette d’acteur qui participe indéniablement à la réussite de ce film et le rend encore plus authentique !

Marytza Chevallaz


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DVD/BLU-RAY HIGHLANDER

PREACHER SAISON 1

DE RUSSELL MULCAHY, AVECCHRISTOPHE LAMBERT ET SEAN CONNERY DISQUES OFFICE

DE SETH ROGEN ET EVAN GOLDBERGAVEC DOMINIC COOPER ET JOE GILGUN

Notre avis

RAINBOW

Notre avis La plus célèbre célibataire du monde fête, à nouveau seule, son 43ème anniversaire. Après avoir rompu avec Mark ( Colin Firth), Bridget (Renée Zellweger) se retrouve donc seule, et plus concentrée que jamais sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse jusqu’à ce qu’elle fasse, par hasard, la rencontre de Jack (Patrick Dempsey), un américain irrésistible qui a tout ce que Mark n’avait pas ! Mais Jack n’est qu’un coup d’un soir, résultant d’une rencontre lors d’un festival. Peu après, Bridget recroise Mark au cours d’un baptême et passe une nuit passionnée avec lui. Lorsque Bridget s’aperçoit qu’elle est enceinte, elle pense que sa gynécologue va pouvoir lui donner la date exacte de la conception. Hélas, elle ne fait que lui confirmer que chacun de ses deux amants peut être le père. Bridget qui est surtout caractérisée par

son absence de mesquinerie et de mensonge, décide d’informer les deux pères potentiels de son enfant. S’ensuit une série de quiproquos et rires garantis, toujours sous l’humour de la naïveté de celle que l’on a connu presque ado, mais qui a dépassé les quarante ans ! Peu importe ce qu’elle entreprend, elle va s’emmêler les pinceaux, créer des situations où le mot catastrophe prend tout son sens et générer des éclats de rire qui font du bien. Le rythme du film ne ralentit jamais et les jeux d’acteurs sont excellents. Contrairement à bien des films dont les suites sont parfois de trop, celui-ci gagne vraiment à être vu. Sa qualité autant que son scénario sont excellents.

CBB

Les célèbres compos de Queen, groupe emblématique des années 80 et des 90, hantent les esprits des vieux qui ont frissonné à la première vision de ce film culte pour toute une génération. Connor McLeod, guerrier écossais se révélant immortel à la suite d’un combat de clans, traverse les siècles en s’adaptant tant bien que mal à cette vie solitaire qu’est celle des immortels. L’apothéose de cette destinée est un combat final avec ses acolytes, car « il ne peut en rester qu’un ! ». Il rencontrera rapidement Juan Sanchez Villa-Lobos Ramirez, un égyptien au nom ibérique, qui lui enseignera des techniques et astuces pour combattre les immortels moins urbains que lui. Un film toujours aussi intense pour cette édition restaurée de, je cite, « prestige ». Est-ce que la production envisage de sortir une intégrale Highlander dans le même esprit ?

BLAIR WITCH D’ADAM WINGARD, AVEC JAMES ALLEN MCCUNE ET CALLIE HERNANDEZ DINIFAN

Notre avis J a m e s d é c i d e d e s ’ ave n t u r e r ave c u n groupe d’amis, dans la forêt de Black Hills, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s'estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu'ils s'enfoncent dans la nuit, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu'ils pouvaient imaginer... Après avoir relancé la mode du « found footage » dans le cinéma horrifique, Le Projet Blair Witch eut finalement droit à une vraie suite en 2016, sobre-

LES ALLIÉS DE ROBERT ZEMECKIS , AVEC BRAD PITT ET MARION COTILLARD RAINBOW

ment intitulée Blair Witch. Une suite que l’on n’attendait pas forcément, nous dévoilant toute la vérité s u r l e s évè n e m e n t s d u premier opus. La sorcière était-elle réelle ? N'étaitce qu'une blague ? Des psychopathes se cachaient-ils dans la forêt de Black Hills ? Les réponses sont ici !

Marianne Beauséjour et Max Vatan se rencontrent en 1942 à Casablanca dans le cadre d’une opération qui doit les conduire à assassiner l’ambassadeur du Reich, en se faisant passer pour un couple fraîchement marié. Cependant à force de jouer les tourtereaux face aux yeux qui les entourent et les surveillent, les deux protagonistes sont rattrapés par leur jeu et finissent par réellement tomber fous amoureux l’un de l’autre. Seulement, cette tranquillité ne pouvait durer encore longtemps et un jour Max apprend que Marianne est soupçonnée d’être une espionne pour le compte des Allemands. Disons-le franchement, ce faux film de guerre est essentiellement une histoire d’amour mélo-romanesque et son principal point positif est l’alchimie glamour qui découle du duo Brad Pitt – Marion Cotillard ! Il reste tout de même un bon divertissement, mais laisse quand même un goût de déception et de platitude.

Marytza Chevallaz

CBB

90, et ça se voit ! Autre nouveauté, on découvre rapidement que la maison et ses alentours se situent dans ce qui ressemble à une boucle temporelle, permettant d’enfermer les personnages dans une nuit éternelle regorgeant de dangers. Ce sont avant tout ces deux nouveaux aspects qui m’ont paru intéressants, pour le reste, on ne va pas se mentir, c’est un film d’horreur tout ce qu’il y a de plus lambda. Si vous êtes un habitué des films du genre, les personnages et la plupart des situations sentiront fortement le déjà vu, même les jump scares sont prévisibles.

Cette fois, évolution technologique oblige, le spectateur ne suit plus les mésaventures du groupe à l’aide d’une caméra basse qualité, mais de tout un attirail technologique dernier cri. Caméras HD, GoPro, drone… On n’est plus dans les années

Frédéric GROB

WAR ON EVERYONE

31 DE ROB ZOMBIE, AVEC SHERI MOON ZOMBIE ET MEG FOSTER DINIFAN

Notre avis

Nous verrons, en attendant sortez vos épées, affûtez vos sabres et gardez toujours un œil ouvert, si vous voulez conserver votre tête (seul moyen pour les élus de rester en vie). Nous retrouvons un Christophe Lambert à son apogée, avant la descente vertigineuse des « Mortal Combat » et autres daubes qui ont suivi ces années de carrière splendide. La vieillesse ne fait pas du bien à tout le monde. C’est clair, qu’à côté, celle de Sir Sean Connery est largement à brandir en exemple. En même, temps la plupart des acteurs passent pour des petits joueurs en face de ce monstre de cinéma, et ce, malgré les scandales qui ont défrayés la chronique en leur temps. Bref ! Highlander c’est trop d’la balle et pi, c’est tout.

DE JOHN MICHAEL MCDONAGH, AVEC MICHAEL PEÑA ET ALEXANDER PRAESENS

Notre avis

Notre avis

31 ouvre les portes des années 70 avec un groupe de Bitniks parcourant les routes américaines au gré de leurs humeurs jusqu’à une petite bourgade où ils seront forcés de s’arrêter la veille d’Halloween pour leurs plus grandes souffrances. Un film exquis mettant en scène un petit théâtre de l’horreur, de la torture et de l’affaiblissement psychique. Des personnages aussi colorés que psychopathes, un jeu pervers et une fin que les protagonistes ne voyaient pas vraiment venir. Les personnages défilent entre clowns sadiques, couple infernal à la Suicide Squad et un bourreau particulièrement à l’aise dans son rôle d’exécuteur. Pourtant, le scénario du jeu va révéler ses failles avec le fameux paramètre hasardeux. Une merveille moderne dans l’ambiance vintage et assommante de références du genre « Massacre à la Tronçonneuse » de 1974. Ce bijou est accompagné par l’excellent « Lords of Salem » du même auteur et réalisateur bien entendu. Un cinéma d’horreur et d’épouvante de qualité, tout comme ça musique.

CBB

Deux flics corrompus arpentent les rues du Nouveau-Mexique semant la terreur. Terry alias Eric Northman dans la série True Blood, à la carrure d’athlète, au geste brute et Bob jamais sans son costard et son humour acide. Ils partagent les deux un goût prononcé pour la violence. Leur flair les conduise jusqu’à Birdwell, le gérant loufoque d’un club de strip-tease et à son extravagant patron, James Mangan aux allures dandy et aux habitudes junkie. Terry et Bob pensent être devant une pépite et leur font du chantage. Mais, rapidement, ils comprennent qu’ils ont affaire à bien pire et plus dangereux qu’eux. Rappelant fortement l’univers sanglant et comique de Tarantino, le film nous transporte dans un monde haut en couleur où la récurrence du rouge et du bleu dans les costumes comme dans le décor, chargée de messages subliminaux se marient à merveille avec les paysages du Nouveau-Mexique, la musique hip-hop, la country et la culture multifacettée nord-américaine. En somme, un bon film policier aromatisé d’humour noir.

Joana Simoes

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OUVERTURE DE LA SAISON À EUROPA PARK!

MAURICE NADEAU

Notre avis

UN GRAND WEEK-END À BERLIN 2017 DE EVA GRAVAYAT PHOTOGRAPHIES PAR JÉRÔME PLON HACHETTE

Le parc d’attractions Vous avez décidé de vous Europa Park a rouvert offrir un grand week-end ses portes le 1er avril 2017 à Berlin ? Alors n’oubliez pas de vous munir de ce pour une nouvelle saison ! guide indispensable. La meilleure surprise de cette année sera sans aucun doute la toute nouvelle attraction prévue pour juin : le Voletarium. Installés sur une plateforme basculante, les visiteurs auront l’impression de voyager dans les airs, au-dessus de dix grands sites et métropoles d’Europe, grâce à un film projeté sur un immense écran et à des effets de vent, d’eau et même d’odeurs ! Un voyage sensationnel en perspective ! Le thème de la réalité virtuelle est déjà présent depuis quelque temps dans le parc, avec les offres de « coastiality » sur deux grand huit. Sur le Alpenexpress, dans le quartier autrichien, et sur le Pegasus, dans le quartier grec, les visiteurs peuvent se munir de lunettes de réalité virtuelle et voir défiler un film d’animation synchronisé aux mouvements du wagon, tout en profitant des sensations bien réelles du grand huit !

Ce guide, au petit format bien pratique, est naturellement pourvu d’un plan de ville détachable. Le plus important lorsque l’on projette un grand week-end, c’est de choisir la bonne date. Pour vous décider, ce guide vous informe dès les premières pages des expos à ne pas manquer au cours de l’année 2017. S’ensuivent les incontournables de Berlin comme la porte de Brandebourg, mais aussi un agenda des fêtes et festivals… Le guide vous propose encore dix expériences uniques à vivre dans cette ville tourmentée. Si c’est une première fois que vous vous y rendez, le guide vous propose un grand week-end sur mesure étalé sur trois jours. Quinze quartiers font l’objet d’une description détaillée avec pour chacun un petit plan des rues et les monuments ou spécificités à voir.

Europa Park, c’est 15 quartiers représentant des pays européens, plus de 100 attractions et spectacles pour tous les âges. Bref, Europa Park, c’est un séjour réussi garanti !

Les restos et bistrots sont listés par quartier avec les commentaires et appréciations de l’auteure pour chacun. De même que les bars & clubs et les boutiques.

www.europapark.de/fr

www.guideshachette.com

Katia Margraf

Patricia Beauverd

En vente dans quelques magasins spécialisés et exclusivement chez FNAC du côté des grandes surfaces, le nouveau téléviseur OLED (Organic Light Emitting Diode) du sud-coréen LG, la « LG Signature OLED65W7 » est maintenant disponible à la vente. LG, l’une des rares marques spécialisées dans les téléviseurs OLED, mise donc beaucoup sur sa nouvelle gamme. Et si le téléviseur W7 n’est pas réservé à toutes les bourses (CHF 8990.-), il a au moins le mérite d’impressionner son monde. Tout d’abord, sa dalle OLED de 65 pouces (164 cm) ne mesure que 2,57 mm d’épaisseur et est légèrement pliable. Cela fait de ce modèle le téléviseur le plus fin du marché. Il viendra prendre place contre un mur via un système magnétique très pratique. Par contre, son installation, un peu compliquée, se fera obligatoirement via un spécialiste LG. Notons que l’électronique du téléviseur et sa connectique (4 ports HDMI2.0a, 3 ports USB, une entrée composante, une autre composite, le Wi-Fi et finalement une prise pour l’Ethernet) se situent ici dans un boîtier externe, en l’occurrence la barre de son Dolby Atmos. Celle-ci abrite également 2 haut-parleurs motorisés pour une puissance de 60 Watts, un caisson de basse de 20 Watts et diffuse le son par le haut. Le W7 est une 4K Ultra HD affichant une définition de 3840 x 2160 px. OLED oblige, la W7 ne requiert pas de rétro-éclairage car les diodes superposées qui composent la dalle

émettent leur propre lumière. C’est notamment cela qui permet à l’écran d’être ultra fin, mais l’OLED permet aussi une économie d’énergie (Classe énergétique B). Et grâce à divers programmes, le rendu des couleurs, le contraste ou encore l’angle de vision sont optimisés par rapport à un téléviseur LCD. Ce modèle possède aussi un temps de réponse amélioré par rapport au modèle de l’année passée. La LG SIGNATURE OLED65W7 est bien entendu un Smart TV. Elle intègre le système webOS 3.5 et permet une connexion filaire ou par Wi-Fi. De nombreuses applications s’offrent aussi à vous. Sans rentrer dans les détails, puisque nous n’avons pas pu personnellement tester le modèle, cette présentation nous a permis de découvrir un modèle haut de gamme bien pensé, au design sobre, aux couleurs superbes incluant de nombreuses fonctionnalités qui n’ont pas totalement été développées. Et difficile de juger parfaitement de la qualité sonore de l’ensemble, le téléviseur n’était pas situé dans un endroit idéal à cet effet et le bruit de fond des lieux empêchait une immersion totale. Mais rassurezvous, elle possède les éléments nécessaires à vivre une expérience unique que cela soit devant un programme télé, un film en blu-ray 4K ou encore devant un jeu vidéo. On n’oubliera pas de vous dire qu’elle ne supporte par contre pas la 3D. Si votre porte-monnaie vous le permet et que vous souhaitez en savoir plus sur ce nouveau modèle de la marque LG, rendezvous chez FNAC, ou chez un magasin spécialisé, pour la découvrir dans les détails et vous faire conseiller par un revendeur.

www.lg.com/ch_fr Claude Talaber


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№79 MAI 2017

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IL FAUT L'AVOIR VU

THE ‘BURBS

De Joe Dante Avec Tom Hanks, Bruce Dern, Carrie Fisher, Rick Ducommun, Corey Feldman.

IL EST DES FILMS SUFFISAMMENT REMARQUABLES POUR SE CONSTRUIRE UNE RÉPUTATION DE FILM CULTE QUI TRANSCENDE LES FRONTIÈRES. RAPPELONS QU’ON PARLE ICI DE LA VRAIE DÉFINITION DE FILM CULTE, C’EST-À-DIRE UN FILM QUI A GAGNÉ CONTRE TOUTE ATTENTE ET DANS L’OMBRE UN STATUT D’OBJET D’ADORATION DANS LES CERCLES CINÉPHILES, AVANT DE DÉBORDER DANS LA CULTURE POP MAINSTREAM (ON CITERA ENTRE AUTRES « THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW » OU « STAR WARS »). ET IL Y A D’AUTRES FILMS QUI DEVIENNENT CULTES À L’INTÉRIEUR DE LEURS FRONTIÈRES, SANS PARLER AUX CINÉPHILES ÉTRANGERS. « THE ‘BURBS » (« LES BANLIEUSARDS ») EST DE CEUX-CI. IL AVAIT POURTANT TOUT POUR LUI CASTING DE RÊVE Qui ne connaît pas Joe Dante ? Peut-être les plus jeunes de nos lecteurs ne feront le lien qu’en découvrant les titres de quelques-uns de ses classiques : « Piranhas » (1978), « Gremlins » (1984), « L’Aventure intérieure » (1987)... Joe Dante est un cinéaste cinéphile (les meilleurs), biberonné aux films de Roger Corman, le légendaire producteur de séries B à Z américain, pour qui il finira d’ailleurs par travailler. « The ‘Burbs » offre d’ailleurs moult client d’œil aux films d’épouvante des produits par Corman et qui faisaient la joie des drive-in. Et pourtant, la carrière de Joe Dante fut singulièrement compliquée, après l e ca r to n « G r e m l i n s » , il enchaîna les flops au box-office, dont le méconnu « Explorers », et même « L’Aventure intérieure », pourtant désormais honoré d’une flatteuse réputation et produit par Steven Spielberg, fut un succès mitigé malgré d’excellentes critiques. Il n’est donc pas en position de force lorsque le projet « Les Banlieusards » se présente à lui. Son ami scénariste Dan Olsen porte depuis longtemps cet hommage à l’épisode « Les Monstres de Maple Street » issu de la série « La Quatrième Dimension ». « The ‘Burbs » fut d’abord un projet de série TV intitulé « The Sheriff of Maple Street », mais dans l’impossibilité de trouver un network, Olsen profite de ses accointances avec Joe Dante et du trou dans son emploi du temps pour pousser son projet. Le casting se passe idéalement avec Tom Hanks en premier rôle, le jeune acteur sortant du hit « Big » et faisant bénéficier de sa notoriété fraîchement acquise. A ses côtés un comique moins connu, Rick Ducommun, mais surtout Carrie Fisher (oui, la princesse Léia) dans le rôle de son épouse, et l’impayable Bruce Dern

en voisin ex-militaire qui n’a pas déposé les armes. Et en prime, une super musique du maestro Jerry Golsdmith, qui se pastiche à l’envi. ET POURTANT Le tournage ne se révèle pas une partie de plaisir, puisqu’il se passe en pleine grève des scénaristes. Impossible donc de réécrire le traitement de Dana Olsen, que Dante va devoir embaucher dans un petit rôle d’acteur dans le film pour l’avoir sous la main et lui demander des conseils au niveau du scénario (les syndicats d’auteurs d’Hollywood sont impitoyables avec les briseurs de grève). Les acteurs sont donc invités à improviser (ce qui enchante la fantasque Carrie Fisher), mais ce manque de rigueur rend le film bien moins construit que ce que Dante livre habituellement. Une impression de désordre bancal hante le film, ce qui contribue quelque part à son attrait, avec les nombreux clins d’œil et un scénario malin. L’histoire est simple : Ray Peterson (Hanks) habite Mayfield Place, une rue paisible de Hinckley Hills dans le Midwest des ÉtatsUnis. Ce père de famille sans histoire décide de passer sa semaine de congé chez lui et de profiter du calme du quartier pour se reposer. Mais d’étranges événements ont lieu depuis qu’une nouvelle famille, les Klopek, s’est installée dans la rue. Ray et ses voisins, Art le fouineur (Ducommun) et Mark le vétéran ultra-autoritaire (Dern), décident de les espionner, persuadés que les Klopek sont à l’origine de la disparition de leur voisin Walter…

Joe Dante s’appuie sur cette histoire pour critiquer férocement l’American Way Of Life. Une satire qui prend d’autant plus de saveurs pour le spectateur contemporain lorsque l’on sait que les décors de banlieue proprette utilisés sont les mêmes que la Wisteria Lane de « Desperate Housewives ». Comme Franck Lafond (auteur d’un livret collectif joint à la réédition collector du film) le dit : « The ‘Burbs » s’attache à interroger une conception utopique de la banlieue des classes moyennes à une période où les valeurs des années 1950 ont été remises au goût du jour par le néo-conservatisme de Reagan. » C’est cette critique, ainsi que l’humour absurde et le caractère crétin de ses voisins assez spéciaux qui a imprimé dans les mémoires américaines le film comme un objet de pop culture incontournable. Même si l’accueil de la critique fut glacial (le pire qu’il ait jamais eu selon Joe Dante, pourtant habitué aux foudres des critiques), le box-office fut très correct, et le film poursuit encore sa carrière sur internet, dans des forums de discussion et autres sites qui font vivre la légende. On peut pourtant comprendre pourquoi les distributeurs européens en général et français en particulier ne sortirent par le film à l’époque : malgré les noms ronflants, le sujet fut jugé tellement spécifiquement américain qu’ils pensèrent que le public n’accrocherait pas. Oubli réparé avec cette somptueuse réédition de Carlotta, qui, dans sa version collector, propose : un livret collectif de 200 pages incluant 40 photos inédites et rarissimes et de nombreuses analyses fouillées, un entretien de 22 minutes avec Joe Dante qui revient sur le tournage, la copie de travail du film (un peu différente de la version cinéma), des scènes coupes et une fin alternative... Un superbe objet pour redécouvrir un film méconnu de la filmographie de l’immense Joe Dante.

Yamine Guettari


EN COULISSES

«SUPERMAN IV: LE FACE À FACE» VOUS AVEZ TROUVÉ LES DERNIÈRES ADAPTATIONS DE L’HOMME D’ACIER PAR ZACK SNYDER BALOURDES ET INDIGESTES (CETTE IMAGERIE CHRISTIQUE, MON DIEU !)? RAFRAÎCHISSEZ-VOUS LES YEUX AVEC CETTE VERSION PRODUITE PAR L’ILLUSTRE COMPAGNIE DE MARGOULINS BIEN CONNUE DES NANARDEURS : LA CANNON. PLUS DE SOUS… Déjà bien amoché par le tournant comique de son troisième volet ainsi que le désastreux spin-off « Supergirl », la franchise Superman mettra près de 20 ans à se relever de ce Superman IV, véritable séquelle au sens propre du terme que même les fans les plus hardcore ne cherchent plus à défendre. Les doigts accusateurs eurent vite fait de désigner les pontes de la Cannon, raillés pour avoir réussi l’exploit peu flatteur de transformer de l’or en plomb. Pris à la gorge après les échecs de « Life Force » et de « L’Invasion vient de Mars », on raconte que le tandem Golan & Globus racheta les droits de la franchise dans l’espoir de se refaire une santé financière. Hélas pour eux, ce coup de poker ne fera que les enfoncer un peu plus. Le projet part mal : la Cannon, au bord de la faillite, est contrainte de réduire le budget initial de moitié, passant de 36 à 17 millions de dollars. De fait, « Superman IV » est un peu la Bible de ce qui se fait de pire en matière de post-production bâclée : transparences hideuses, incrustations moisies, câbles apparents, figurines en plastique à gogo, volcans en carton-pâte, sound design pouet-pouet… Tout y est ! Non content d’offrir des séquences de vol moins crédibles que celles du premier Superman (pourtant tourné près de dix ans plus tôt), « Superman IV » recycle les mêmes plans de Christopher Reeve tout au long du film, en changeant juste l’arrière-plan. Quant au script, il raconte n'importe quoi, n'importe comment, sans se soucier une seconde de son public perdu entre un discours antimilitariste niveau enfantine, le tandem comique douloureusement foireux de Lex Luthor et son neveu, le ménage à trois vaudevillesque entre Lois, Clark et leur nouvelle patronne Lacy Warfield, ou encore le dévoiement de la ligne éditoriale du Daily Planet par de vilains financiers racoleurs (ce qui ne manque pas d'ironie dans un produit aussi misérablement calibré). QUEL MÉCHANT ! Le spectateur n'a pas le temps d'y retrouver ses petits que débarque l'inénarrable adversaire principal de l'homme d'acier : l'homme nucléaire, enfant d'un cheveu de Superman et d'une bombe atomique jetés

contre le Soleil. Côté look, les scénaristes ne se sont pas foulés : l'homme nucléaire ressemble à Musclor (soit une sorte de culturiste californien blond et bronzé) mais avec les ongles de Skeletor (car il est méchant), ce qui donne lieu à des scènes de baston très viriles où il tente de griffer Superman comme un matou de mauvais poil. Acteur d'un seul film, d'une seule cause perdue dans les méandres du divertissement gommé de toute aspérité, l'étoile filante Mark Pillow donne tout ce qu'il a. Il fronce les sourcils à s’en donner mal au crâne, grimace bien au-delà du raisonnable, grogne plus souvent qu’à son tour (il n’a que onze répliques en tout et pour tout, dont un émouvant « Détruire Superman ! » aux accents mongolo-néandertaliens) et s’agite autant qu’il le peut dans sa combinaison en Spandex d’homme nucléaire nanar. Pour le fan, c'est un désastre, mais pour le nanarophile, c’est évidemment du pain béni. Car contrairement à de nombreux ersatz produits à bas coûts dans le monde, il se révèle généreux en morceaux de bravoure foireux : sauvetage de la station Mir, rame de métro qui s’emballe, destruction (et reconstruction) de la Grande Muraille de Chine, volcan en éruption, combat dans l’espace et sur la Lune, enlèvement de la Statue de la Liberté etc. La Cannon, avec son style tape-à-l’œil habituel, a vu les choses en grand, trop grand pour ses frêles épaules. Parmi les moments les plus WTF, on retiendra cette séquence absurde où la patronne du Daily Planet, kidnappée par l’homme nucléaire et emportée dans l’espace vêtue d’un simple tailleur, arrive à RESPIRER, hurler, avoir du vent dans les cheveux et ne pas mourir de froid malgré le vide sidéral : enfoncé Zack !

Régis Autran & François Cau Retrouvez l'intégralité de cette critique – et des centaines d'autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques

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03 MAI 2017  Pas comme des loups  Alan Roura, l'Aventure au bout du Reve 10 MAI 2017  A German Life  Alien : Covenant  Bounty  Court  L’Eclipse du bonheur  Sarkar 3 17 MAI 2017  Calabria  Les Fantômes d’Ismael  Going To Brazil  La Passion Van Gogh 24 MAI 2017  Centaur  Rodin 31 MAI 2017  L’amant double  Marie-Francine  Problemos


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Toute l'actualité du cinéma en Suisse dans le numéro de Mai 2017 de Daily Movies www.daily-movies.ch

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