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GARNETT-PIERCE-ALLEN : TRIO DE FEU AUX CELTICS TEAM USA : JASON KIDD A PRIS LES CHOSES EN MAIN Jeudi 9 août 2007 - Numéro 355

RONNY TURIAF, LE MEILLEUR DES BLEUS JUSQUE-LÀ

BOSS PAR INTERIM Catherine Steenkeste / FFBB

DIAW : LA STATÉGIE DES SUNS DÉVOILÉE BERGEAUD : ET S’IL CHANGEAIT SA SÉLECTION ? PARKER : LE REVOILÀ !

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BLEUES : LES FILLES AU TRAVAIL ASVEL : UNE SACRÉE GUEULE BATUM : “ALLER AU TOP 16 !”


Matches truqués en NBA. Des rebo

«

David, je voudrais être totalement sûr que lors des deux dernières saisons, à aucun moment vous n’avez été mis au courant que Tim Donaghy pariait sur les matches…» La question posée à David Stern par Scott Soshnick, journaliste à Bloomberg News, News est on ne peut plus claire. La réponse du Big Boss de la NBA, impassible, est immédiate : «Je ne l’ai jamais été».. David Stern a-t-il dit la vérité ? En ce mardi 24 juillet à New York, l’ensemble de la presse sportive du pays est réunie dans une salle de l’hôtel Westin, pour assister à la conférence de presse organisée par David Stern, afin de donner la position de la ligue concernant le scandale de possibles matches truqués impliquant l’arbitre Tim Donaghy. Le big boss de la NBA commence la conférence en revenant sur les faits. Mal à l’aise, ne faisant pas preuve de son aisance naturelle et de sa verve habituelle, Stern, le visage sombre, analyse la situation. L’heure est grave. Le FBI a lancé une enquête concernant l’arbitre Tim Donaghy, qui aurait engagé, lors des deux dernières saisons, des paris sur des matches, dont certains lors desquels il officiait. L’enquête a débuté il y a plus d’un an lorsque le FBI s’est aperçu que Donaghy passait des appels téléphoniques auprès de parieurs de la mafia new-yorkaise, afin de récupérer de grosses sommes d’argent. Après avoir expliqué les tenants et les aboutissants de cette triste histoire, Stern a tenu à préciser un point important : «Il y a des rumeurs affirmant que nous savions que Donaghy pariait et que nous l’aurions laissé travailler malgré cela, mais ce n’est pas vrai. Nous avons appris son implication pour la première fois le 20 juin dernier, après un coup de fil du FBI.»

20

Numéro 354 - 2 août 2007

Donaghy avait un casier

Surpris par cet aveu de l’ancien arbitre de Pro A, nous lui avons alors demandé de nous expliquer ce qu’il voulait dire par là. «J’ai entendu dire qu’il y avait une enquête au sujet d’un arbitre qui prenait des paris et truquait des matches, mais je pensais que c’était du bla-bla», précise Radonjic. «Les arbitres parlent beaucoup entre eux et un collègue m’a raconté cette histoire après

DEA (Drug Enforcement Administration). Il semble peu probable que ces personnes, avec les relais dont elles disposent, n’aient pas eu connaissance de l’enquête du FBI, commencée il y a plus d’un an. «David paye pour avoir des informations», a expliqué Billy Hunter, le président du syndicat des joueurs, la semaine dernière dans les colonnes du New York Times. «Il veut être au courant de tout. Il n’aime pas être mis dans l’embarras. Peut-être que sur cette histoire, il l’a vraiment été. Mais je tiens à souligner que son chef de la sécurité est un ancien agent du FBI.» A demi-mot, Hunter laisset-il entendre qu’il ne croît pas totalement aux explications de David Stern ? Nous avons tenté de contacter Billy Hunter afin de lui faire part des propos de Goran Radonjic et des doutes que ceuxci soulevaient. Mais Hunter était en vacances, et il nous a été impossible de le joindre malgré plusieurs coups de fils passés à sa secrétaire. La NBA n’a également pas souhaité répondre à notre demande d’interview.

David St étaitau coura

z / Allsports

Pa r Pa sca l GIB ER NÉ , à Ne w Yo rk

Or, contacté par BasketNews afin de donner ses impressions sur cette triste histoire, l’arbitre français, de stature internationale, Goran Radonjic, porte un éclairage nouveau sur ce dossier. Profondément choqué, Goran nous a fait cette surprenante révélation alors que l’interview tirait à sa fin : «Je suis énormément triste par rapport à cette histoire, que j’ai entendue pour la première fois il y a 6-7 mois». On voit mal comment Goran aurait eu vent de cette affaire, sans que Stern en soit, à l’époque, informé…

Ronald Martine

Le sc an da le de s m at ch es tr uq ué s pa r l’a rb itr e Ti m Do na gh y po ur ra it pr en dr e un e am pl eu r in at te nd ue , et se co ue r la lig ue ju sq ue da ns se s fo nd em en ts . D’ au ta nt qu ’il es t pe rm is de se de m an de r si Da vi d St er n, le pa tr on de la N BA , n’ ét ai t pa s au co ur an t de pu is si x m oi s !

Tim Donaghy, un arbitre sulfureux.

en avoir discuté avec un arbitre NBA. Car le FBI menait son enquête et interrogeait tous les arbitres depuis plus de six mois. À cette époque, je n’arrivais pas à y croire, mais au final c’était bien la vérité.» Si le milieu bruissait depuis six mois qu’une enquête du FBI était en cours concernant un arbitre véreux, il est difficile de croire que ni la NBA ni David Stern n’aient été alertés ! Pour information, Ber nie Colbert, le chef du service de la sécurité de la NBA est un ancien chef du bureau du FBI de la ville de Buffalo. Sous ses ordres, il a des anciens membres des services secrets, du service d’investigation de l’état de New York, de NYPD (New York Police Department), de l’armée de terre et du bureau de la

Le doute demeure. Le FBI, qui aurait, d’après certaines rumeurs, contacté Stern au mois de janvier dernier, lui at-il demandé de faire profil bas et de ne prendre aucune mesure concernant Donaghy, afin de ne pas perturber le déroulement de l’enquête ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, le dossier Donaghy est en passe de devenir le plus gros scandale de l’histoire de la NBA. «Cela fait 40 ans que je travaille pour la NBA», a expliqué Stern. «Et je peux vous dire que c’est la pire chose qu’il m’ait été donnée de voir, que ce soit en tant que fan, avocat pour la NBA ou commissionnaire de la NBA.» Pendant les 72 minutes de la conférence, Stern n’est jamais arrivé à déployer son charme habituel. Déboussolé, hésitant, bégayant, il était visiblement sous le choc. Le cas Donaghy était pourtant brûlant, depuis 2005. L’homme, excellent arbitre au demeurant, fort de 772 matches de saison régulière et de 20 de playoffs en 13 ans de carrière, était loin d’être un saint. Les pontes des bureaux de la cinquième avenue le savaient. En janvier 2005, les voisins des Donaghy dans la banlieue de Philadelphia l’avaient poursuivi pour harcèlement et atteinte à leur vie privée. D’après Peter et Lisa Mansueto, Donaghy aurait vandalisé leur propriété, puis se serait mis à harceler madame Mansueto à chaque fois qu’elle se rendait dans le club privé de Radley Run Country. La plainte affirmait également que Donaghy aurait mis le feu à la


ondissements à attendre tondeuse à gazon des Mansueto puis aurait précipité leur voiture de golf dans un ravin. Les Mansueto finirent par retirer leur plainte quand Donaghy et sa famille déménagèrent en Floride. David Stern avait néanmoins puni l’arbitre en le privant de playoffs lors de la saison 2004-2005. Mais lors des playoffs 2007, Donaghy a arbitré cinq matches, dont le Game 3 des demi-finales de la conférence Ouest entre San Antonio et Phoenix. Un match qui a vu Amaré Stoudamire, gêné par les fautes, passer seulement 21 minutes sur le parquet. Au final, les Spurs l’avaient remporté à domicile, 108-101. Un score qui convenait parfaitement aux gens qui avaient misé sur San Antonio vainqueur de plus de quatre points ! L’écart de base (point spread) fixé par Las Vegas ce jour-là. Il convient de préciser qu’un arbitre qui voudrait manipuler un match ne changerait pas le résultat, mais influerait sur l’écart final de la partie.

Les arbitres sous le microscope laser Comment un arbitre s’y prend-t-il pour truquer un match ? Cette question a été difficile à encaisser, quand nous l’avons posée à Goran Radonjic et à Pascal Dorizon. «Je ne peux pas vous laisser dire ça, c’est choquant», réagit Dorizon. «Tout d’abord, cela veut dire qu’il n’a plus son intégrité et son honnêteté. Et après, tout est possible quand on veut être malhonnête, on peut faire tout et n’importe quoi. Les gens malhonnêtes peuvent vous enfler avec un grand sourire.» «Cet arbitre a dû siffler deux ou trois fautes qui n’en étaient pas et les deux autres ne l’ont pas corrigé car cela ne se fait pas», renchérit Radonjic. «On ne corrige pas son collègue si ce dernier a décidé qu’il y avait faute, sur tel ou tel contact. Vous avez beaucoup de résultats qui sont serrés, il suffit donc de siffler une faute, un marcher de temps en temps. On peut siffler des fautes sur la star au tout début du match aussi. Ou alors lui siffler une sixième faute. Je peux vous dire que je ne sais pas comment c’est possible, car cela n’existe pas chez nous !» Amis avec certains arbitres NBA et en contacts réguliers avec ces derniers, les deux hommes en gris français ont tenu à préciser l’excellence de leurs confrères américains. «C’est une organisation très bien structurée», assure Dorizon. «J’ai fait les deux McDo à Paris et à Londres avec eux. Lors des discussions avec le boss des arbitres NBA, Ronnie

David Stern, très affecté par cette sale affaire, qui pourrait l’éclabousser.

Chris McGrath/Getty Images

tern -il ant ?

NBA

Nunn, était extrêmement précis sur l’ensemble des interprétations et de l’esprit de chacune des règles. Ils font preuve d’un très grand professionnalisme et ils ont un savoir-faire largement supérieur à celui des arbitres français.» Depuis quatre ans, la NBA a institué un système d’évaluation de ses arbitres. Une surveillance constante et intense qui a tendance à énerver l’ensemble des hommes en gris. La Grande Ligue enregistre ainsi toutes les décisions prises par les arbitres, des fautes personnelles aux violations des trois secondes, en passant par… les fautes manquées. Un observateur est assigné dans chaque salle NBA, pour suivre la partie et pour faire un débriefing vidéo ensuite. Les informations sont collectées par la Segal Company (une société de consulting). Ces données sont ensuite analysées, en présence des arbitres, par Stu Jackson, le directeur des référés, Ronnie Nunn, quatre superviseurs et trente observateurs. Ce souci de perfection porte ses fruits puisque l’on estime que 95% des décisions des arbitres NBA sont bonnes. Lors de la conférence de presse du 24 juillet, David Stern a expliqué que le système existait surtout pour favoriser le développement des arbitres et non pour déceler toute tentative de fraude. «Mais cela ne veut pas dire que si quelque chose d’inhabituel surgissait nous ne serions pas en mesure de le voir», a-t-il essayé de se convaincre. Vraiment ? Tim Donaghy serait-il donc si malin qu’il serait arrivé à tromper les collègues qui officient avec lui, le système d’analyse, ainsi que la vigilance du chef de la sécurité de la NBA ?

Révolution en NBA ?

La question est maintenant de savoir comment vont réagir les joueurs. Depuis quelques années, ces derniers ont toujours écopé d’amendes conséquentes quand ils se sont permis de critiquer le travail des arbitres. Certains croient depuis toujours que la NBA favorise certains joueurs, certaines équipes. Face à ces critiques, la ligue s’est

toujours montrée impitoyable. Cette attitude va sans doute devoir changer. Stern va devoir mettre de l’eau dans son vin. Les relations entre joueurs et arbitres n’ont jamais été aussi tendues que lors de ces dernières années. L’incident survenu entre Joe Crawford et Tim Duncan au mois d’avril est là pour en témoigner. Rappelez-vous : le versatile arbitre vétéran avait expulsé Duncan sans raison apparente lors d’un match télévisé. Plusieurs joueurs ont déjà exprimé leur mécontentement en apprenant le «scandale Donaghy». Certains sont persuadés qu’il n’est pas le seul arbitre concerné par cette affaire. «Tout le monde va se rappeler les matches où il a officié», a expliqué Mark Madsen, le joueur des Minnesota Timberwolves. «S’il y a eu des décisions lors de matches serrés, les gars vont y penser et se demander s’il y a eu maldonne. C’est vraiment terrible.» Donaghy, lui, a promis, selon le New York Daily News, de «livrer les noms d’autres arbitres et joueurs (…) impliqués». Une promesse qui doit faire froid dans le dos à David Stern. Quid des fans ? Depuis la fin de l’ère des Chicago Bulls, chaque année, leur nombre est en diminution constante. Les dernières finales NBA ont généré le plus faible taux d’audience de l’histoire. Après l’onde de choc générée par la bataille «at the Palace», ce nouveau scandale peut-il, à terme, sonner le glas de la Grande Ligue ? La nature humaine est parfois surprenante. Un sondage réalisé par ESPN.com a révélé que 50% des fans n’étaient pas surpris qu’un arbitre NBA ait été impliqué dans une combine de manipulation des matches. 68% ont expliqué qu’ils pariaient sur le sport. 55% ont avoué que si Donaghy et d’autres arbitres étaient jugés coupables, cela ne modifierait pas leur passion pour la NBA. Leur réaction sera-t-elle différente s’il est avéré que David Stern a menti ? Rien n’est moins sûr.

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À L’HEURE, SANS BI Trop bons, trop tôt ? 37 victoires et 5 défaites à la mi-saison, 4 sélections au All-Star Game, puis les champions 2005 ont bizarrement coupé leur effort lors de la seconde partie du championnat. Avant de lâcher prise lors des playoffs. L’ère post Big Ben risque d’être délicate. Par Pascal GIBERNÉ

NBAE/Getty Images

C

Guards

hauncey Billups va devoir désormais partager le capitanat avec Richard Hamilton et Tayshaun Prince.

«C’est vraiment excitant», affirme Richard Hamilton. «C’est quelque chose pour lequel vous travaillez dur. Maintenant mon heure est venue. Les capitaines sont le pouls de l’équipe, ils donnent le ton. Ils sont en charge de l’équipe dans les vestiaires quand le coach n’est pas là. Ils sont là pour conseiller et rassurer les joueurs minés par le doute». Hamilton affirme que cette prise de responsabilité ne va pas le changer. Il entend donner l’exemple, se faire entendre. Obtenir plus de respect des arbitres. Impotent en attaque, Lindsey Hunter se souvient des ravages qu’il faisait, en défense en 2004 avec son binôme, Mike James. Il entend retrouver pareille maestria avec Ronald Murray. À voir… Detroit avait besoin d’un arrière vif attiré par le cercle. Séduit par le jeu de Ronald Murray lors du second tour des playoffs contre Cleveland, le staff des Pistons pense que ce dernier peut apporter un grain de folie. Mais dans le jeu parfaitement réglé de Detroit, Murray fait tâche. Ses choix offensifs et sa sélection de tirs laissent souvent à désirer et son taux de réussite aux tirs n’est que de 41%. Carlos Delfino a été l’un des plus en vue au training camp. Flip Saunders a apprécié son énergie défensive et également le punch qu’il amène en attaque. Discret depuis son arrivée en NBA, Delfino, un surdoué, doit saisir sa chance cette année.

Forwards

Pendant des années, la défense intérieure des Pistons a effrayé ses adversaires, qui craignaient de voir leurs tirs contrés par les Wallace. Cette peur va s’estomper, maintenant que Big Ben n’est plus là. Sheed va devoir parfaire ses automatismes avec Nazr Mohammed et Antonio McDyess, et il lui sera surtout demandé de prendre plus de responsabilités offensives. Moins pétillant en playoffs après

Richard Hamilton

14

Numéro 314 - 26 octobre 2006

Chauncey Billups

Tayshaun Prince

son entorse à la cheville lors du game 4 contre Cleveland, Wallace, le plus grand talent des Pistons, peut profiter de cette opportunité. Prince était naguère encore un des joueurs les plus sous-estimés de la Ligue. Mais il contribue à l’alchimie des Pistons. C’est sans doute pour cela que le président des Pistons, Joe Dumars et Flip Saunders le coach ont décidé de le nom-


BIG BEN ?

CENTRAL

Division

Année de création 1948 Ville Detroit (Michigan) Salle Palace of Auburn Hills (22.076 Places) 3 Titres NBA 1989, 1990 et 2004

L’effectif

Coach : Flip Saunders (51 ans) Taille

Poids

Pos. Age

Nationalité

Exp.

Matches

Chauncey Billups Will Blalock Lindsey Hunter

1,91 1,83 1,88

91 93 88

1 1 1/2

30 23 36

US US US

9 13

610 941

Carlos Delfino

1,98

104

2

24

Arg

2

98

Richard Hamilton Ronald Murray Ronald Dupree Amir JohnsonJpoJo Tayshaun Prince Jason Maxiell Rick Rickert

2,01 1,91 2,01 2,06 2,06 2,01 2,11

87 89 92 95 97 117 97

2 2 3 3 3 4 4

28 27 25 19 26 23 23

US US US US US US US

7 4 3 1 4 1 -

528 221 130 3 288 26 -

Rasheed Wallace Antonio McDyess

2,11 2,06

104 111

4 4/5

32 32

US US

11 10

791 643

Dale Davis

2,11

114

5

37

US

15

1048

Nazr Mohammed

2,08

113

5

29

US

8

466

Arrivées

Nazr Mohammed (San Antonio) Ronald Murray (Cleveland) Ronald Dupree (Minnesota) Will Blalock (Iowa State)

Égaler le record de 64 victoires ne sera pas une mince affaire. Si le cinq majeur reste encore l’un des meilleurs de la ligue, son banc est désormais un point faible. Néanmoins, Detroit devrait tout de même rester l’une des équipes phares de la conférence Est…

Départs

Ben Wallace (Chicago) Maurice Evans (Lakers) Tony Delk Alex Acker (Olympiakos)

a m j eur 5 e L

Centers

Preview

Colorado, Boston, Toronto, Denver, Minnesota, Detroit Iowa State Jackson State, Detroit, Milwaukee, LA Lakers, Toronto, Detroit Libertad Sunchales (Arg), Reggio Calabria (It), Fortitudo Bologna (It), Detroit Connecticut, Washington, Detroit Shaw, Milwaukee, Seattle, Cleveland, Detroit LSU, Chicago, Detroit, Minnesota, Detroit Westchester HS, Detroit Kentucky, Detroit Cincinnati, Detroit Minnesota, Krka Novo (Slov), Asheville Altitude, Panellinios (Grèce), Lleida (Esp), Fayetteville Patriots, Detroit North Carolina, Washington, Portland, Atlanta, Detroit Alabama, Denver, Phoenix, Denver, New York, Phoenix Detroit Clemson, Indiana, Portland, Golden State, Indiana, Detroit Kentucky, Philadelphia, Atlanta, New York, San Antonio, Detroit

Transferts

mer co-capitaine de l’équipe. Ben Wallace parti, il est le meilleur défenseur du lot. Ses bras tentaculaires et son sens de l’anticipation lui permettent de tromper l’adversaire en lui laissant une certaine marge de manœuvre avant de lui fondre dessus et de le contrer par surprise. Se contentant de restes en attaque, il possède néanmoins une riche palette et pourrait être plus impliqué dans les systèmes de Flip Saunders. Au deuxième tour des playoffs, il tourna à 18 points de moyenne contre les Cavs tout en tentant de contenir LeBron James. Il a d’ailleurs été l’un des rares membres du cinq majeur à garder du jus en phases finales.

Joe Dumars doit maudire Ben Wallace. C’est en voulant épargner de l’argent pour conserver Big Ben que le président des Pistons s’est successivement débarrassé ces dernières années de Mike James, Mehmet Okur, Carlos Arroyo, Maurice Evans et surtout de Darko Milicic. Le cratère béant au milieu de la raquette des Pistons, doit faire sourire Milicic qui s’éclate désormais au soleil de Floride. Alors qui pour remplacer Big Ben ? En provenance de San Antonio, Nazr Mohammed, solide rebondeur offensif, ne réclame pas la balle en attaque. Mais les comparaisons avec son prédécesseur s’arrêtent là. Parfois lymphatique, Mohammed n’impose par la même présence et surtout commet beaucoup de fautes. McDyess est le seul réserviste de qualité. Ailier-fort de formation, il lui sera demandé de palier l’absence de Ben Wallace au poste de pivot. Cela va l’obliger à jouer de longues minutes, ce qui peut finir de lui mettre les genoux en compote. Remplaçant efficace, il n’a sans doute plus la condition physique d’un titulaire. Il serait étonnant que le vétéran Dale Davis et le sophomore Jason Maxiell apportent un écot significatif.

Carrière

DETROIT PISTONS

Joueur

ncey Chau ps l l i B u

Richard n Hamilto

Tayshaun Prince

Rasheed Wallace

N Moh azr amm ed

Les dix dernières saisons Saison

Bilan Playoffs

Top-scoreur

Coach

1996-97

54-28 Premier tour

Grant Hill (21,4)

Doug Collins

1997-98

37-45 -

Grant Hill (21,1)

Doug Collins, Alvin Gentry

1998-99

29-21 Premier tour

Grant Hill (21,1)

Alvin Gentry

1999-00

42-40 Premier tour

Grant Hill (25,8)

Alvin Gentry, George Irvine

2000-01

32-50 -

Jerry Stackhouse (29,8)

George Irvine

2001-02

50-32 Demi-finale de conférenceJerry Stackhouse (21,4)

Rick Carlisle

2002-03

50-32 Finale de conférence

Richard Hamilton (19,7)

Rick Carlisle

2003-04

54-28 Champion

Richard Hamilton (17,6)

Larry Brown

2004-05

54-28 Finale

Richard Hamilton (18,7)

Larry Brown

2005-06

64-19 Finale de conférence

Richard Hamilton (20,1)

Flip Saunders

Numéro 314 - 26 octobre 2006

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Le bilan individuel des bronzés

MOERMAN AU TOP, B Photos : FIBA

Adrien Moerman Nicolas Batum

Révélations, confirmations, déceptions... Le Mondial, au-delà du bilan collectif a également permis de faire le point sur les progrès des meilleurs espoirs tricolores. Revue d’effectif commentée par le coach Richard Billant. Par Thomas BERJOAN

Adrien Moerman l 2,03 m l 19 ans l Poste : Intérieur

Le MVP des Bleuets sur le tournoi. Régulier (trois double-double*), hyper adroit dans les trois mètres, il a fait merveille dans le collectif. Toujours bien placé, toujours dans les timings, parfait dans le rôle du finisseur sobre et efficace. Un point d’appui précieux pour l’équipe. Pour continuer à progresser, il doit maintenant travailler son tir extérieur car s’il n’est pas maladroit, il possède une mécanique un peu lente qui l’empêche d’être une véritable menace. Très bel état d’esprit et une combativité de tous les instants. La Chorale ne va-t-elle pas regretter de l’avoir laissé partir en Pro B à Nanterre ? Sa saison à l’étage inférieur

6

Numéro 353 - 26 juillet 2007

Edwin Jackson

sera à suivre de près. Richard Billant : «Il a fait un excellent tournoi. Il a eu une petite baisse de forme au milieu, il s’est déshydraté une nuit, il a eu du mal à dormir. Mais il finit en beauté. J’adore ce joueur. Il donne tout. Tous les ans, on se dit qu’il va trouver sa limite et puis on monte et il est toujours là. On peut compter sur lui des deux côtés du terrain. Chapeau bas !»

Nicolas Batum

l 2,01 m l 19 ans l Poste : Ailier Son Mondial a été un peu décevant. Le constat est sévère mais à la hauteur des espérances et du potentiel de Batum. Certes son attitude, son rebond et sa défense ont été exemplaires. Mais la France aurait eu besoin de plus de leadership offensif. Malgré 51,9 % de réussite aux tirs, l’ailier du Mans n’a jamais pris plus de 11 tirs pour 31 minutes de jeu en moyenne. Sa volonté de créer du jeu pour les autres était louable, mais son ratio passes décisives balles perdues très moyen (4,3 pds pour 3,6 bps). Surtout, quand Nicolas se décidait à véritablement hausser son agressivité vers le cercle, il n’y a pas eu grand monde pour l’en empêcher : 3/3 à deux points et 9/11 aux lancers pour 18 points au final et son meilleur match en demi contre les USA. Enfin, il s’est souvent effacé en toute fin de rencontre pour laisser les derniers ballons, à Diot notamment. Richard Billant : «Il a été exemplaire. Il a connu des difficultés à titre perso parce qu’il s’est mis énormément de pression. Il a eu des matches avec

Antoine Diot

des hauts et des bas, mais dans l’état d’esprit, exemplaire. Il est très altruiste. Il a donné le meilleur de lui-même. À lui maintenant de faire un effort pour essayer de s’enlever de la pression. Après, il manque encore un peu de technique, il faut qu’il progresse. Mais je pense qu’il était un peu tendu et les choses qu’il réalisait parfaitement en prépa, là, c’était un peu moins bien. Et puis, il a aussi été la cible de toutes les équipes. Mais je tiens à mettre en avant et à valoriser son esprit d’équipe.»

Edwin Jackson

l 1,90 m l 17 ans l Poste : Ailier La révélation. L’été dernier à l’Euro, Edwin avait joué moins de 10 minutes en moyenne pour une production anecdotique de 4,0 points à 31,2% aux tirs (3/16 seulement à 3-pts). En un an, ses progrès après une saison d’enfer en N1 ont été faramineux. En confiance, Jackson est un arrièreshooteur comme on en a peu vu en France. Solide physiquement, capable de dégainer vite et de loin. Son début de tournoi a été époustouflant (20,3 pts et 12/24 à 3-pts sur les 4 premiers matches), alternant contre-attaques, missiles longue distance, tir en sortie de dribble. La suite du tournoi fait ressortir quelques faiblesses. Edwin est apparu plus limité quand les défenses se sont focalisées sur son tir, montrant des difficultés à attaquer le cercle et une conduite de balle à travailler. Au final, quand les tirs ne rentrent pas, parfois un jeu assez timide. Il s’est bien repris contre le Brésil pour le bronze (13 pts). Le plus jeune de la bande.


JEUNES

BATUM TROP TENDU Richard Billant : «Je ne suis pas surpris parce que je voulais qu’il ait un rôle plus important cette année. Son statut a évolué et il a fait des très gros matches. Une grosse satisfaction mais pas une surprise. Il savait qu’il avait la confiance du staff. Il est peut-être passé à travers sur un match ou deux. Il a une grosse capacité de shoot, de la confiance, d’énormes qualités physiques, c’est bon pour le basket français. Si je devais mettre une priorité, c’est dans le jeu sans ballon qu’il est encore un peu faible. Lire les écrans, se démarquer. Et aussi une capacité de drive, mais le jeu sans ballon avant tout.»

Antoine Diot

l 1,90 m l 18 ans l Poste : Meneur Il lui a fallu quelques matches pour se mettre dans la compétition. Approximatif sur ses finitions près du cercle, parfois un peu fébrile, il n’a pas eu le rayonnement escompté en poule. En revanche, il est clairement monté en puissance. Il a pleinement participé à la révolte dans le premier match contre les Américains (11 pts, 4 rbds, 4 pds et 7 ints) et a réalisé un match exceptionnel contre l’Espagne en quart (27 pts, 7 rbds et 7 pds en 27’). En demi, il a pris ses responsabilités à la fin du match, sans succès (0/4 à 3-pts à la fin) mais s’est rattrapé avec un trois-points décisif pour assurer le bronze contre le Brésil. Volontaire, exemplaire dans l’attitude, bon passeur intérieur, possédant une grande vitesse de relance, il doit toutefois travailler son premier pas, sa défense sur l’homme parfois un peu suspecte, le contrôle sur le dribble main gauche, et progresser dans le tir extérieur. Vise une cinquième médaille en quatre ans à l’Euro juniors cet été. Richard Billant : «Il a démarré doucement, mais il a été capable sur certains matches de retrouver le punch qu’il avait un peu perdu au début. Quand il joue avec sa vitesse d’exécution, ses qualités de pénétration, ça va mieux. Au départ, il a trop pensé à gérer l’équipe et il n’était pas dans son rythme propre. Il était décalé. Le déclic c’est la fin de match de folie contre les Américains en poule, avec ses interceptions. Il a bien fini après. C’est un joueur qui prend ses responsabilités. Il aime les matches à enjeu, c’est un compétiteur.»

Alexis Ajinça

l 2,14 m l 19 ans l Poste : Intérieur Le nouvel intérieur du HTV a montré une très belle activité. Deuxième meilleur contreur du tournoi (2,7) sa taille, sa mobilité et ses bonnes mains en ont fait une belle présence dissuasive aérienne. En attaque, il est capable de marquer dans quelques positions, quand il est servi en mouvement très près du cercle pour un dunk ou alors à 4-5 mètres face au panier pour un shoot extérieur sans contestation. Ajinça est déjà un basketteur utile, en revanche, son manque de puissance (100 kg pour 2,14 m) le limite grandement au rebond, dans les prises de positions offensives comme défensives et dans la lutte au sol. Problématique pour un intérieur. Il n’a pas prouvé non plus que son tir est fiable au-delà de 5 mètres. Bon passeur. Richard Billant : «Un joueur très important du dispositif défensif. Quand il est bien placé dans les aides, il modifie l’attaque adverse. Il a bien fait globalement son travail. Il faut qu’il se dote d’un jeu plus près du panier. En net progrès par

rapport à l’Euro 2006. Il faut voir qu’il venait d’une saison blanche en terme de matches de haut niveau. S’il a le temps de jeu qu’il mérite, sa carrière et son impact sur le jeu vont se retrouver boostés.»

Abdoulaye M’Baye l 1,87 m l 19 ans l Poste : Arrière

L’arrière de Dijon a globalement été meilleur cet été que lors de l’Euro 2006 (7,6 pts à 37,7 % aux tirs dont 5/23 à trois-points), où il était un peu blessé. Puissant, athlétique, il a été parfait en percussion sur transition et dans ses pénétrations (27/37 à deux points, soit 73 %) dans un rôle de finisseur. En revanche, M’Baye a été assez irrégulier à 6,25 m et amène peu de création en attaque, notamment quand le collectif patine. Peut être un peu trop sage parfois, manque de vice et de révolte. Cet été pour la première fois à cause des perfs de Jackson, il a été mis sérieusement en concurrence. Richard Billant : «Physiquement, il était prêt. Il a bien travaillé, il a apporté son expérience, a mis quelques paniers importants. Il faut qu’il s’investisse un peu plus en défense, mais je trouve que son attitude a été exemplaire. Il a apporté de la sérénité dans le groupe. Parfois, je lui ai demandé de prendre plus de responsabilités, d’attaquer plus le panier, mais je trouve qu’il s’est bien mis au service de l’équipe.»

Ludovic Vaty

l 2,04 m l 18 ans l Poste : Intérieur Le meilleur intérieur français dos au panier. Une vraie fixation capable de finir en se retournant pour un petit jumper ou d’aller au cercle. En attaque, il possède des mouvements déjà très adultes, maîtrisés. Solide, pas forcément très explosif, il a amené de la stabilité et du physique dans la peinture française parfois un peu légère. Cela dit, il n’a pas non plus franchement dominé et a même parfois souffert face aux très gros gabarits. Richard Billant : «Je l’ai trouvé super. Une entrée en douceur, mais il est monté avec le niveau des matches. Bon dos au panier, il a fait des gros efforts en défense, car on sait que parfois, c’est un peu son point faible. Il a été le guerrier qu’on attendait, il a livré un beau duel à Prestes (Brésil). Heureusement qu’il était là contre ce genre de joueurs, parce que pas beaucoup étaient capable de le faire. Il était un peu fatigué à la fin du match contre les États-Unis, mais j’avais décidé de le laisser… Mais je suis très content de sa production.»

Kim Tillie

l 2,05 m l 19 ans l Poste : Intérieur Une découverte. Quatrième rotation intérieure, après une saison gâchée par une fracture de la cheville, Tillie, intérieur en NCAA à Utah a montré qu’il était un vrai joueur de basket. Un peu frêle physiquement, il s’est montré très à son aise face au cercle avec un tir efficace jusqu’à 5-6 mètres et maîtrise également un shoot en crochet à droite intéressant. Il court bien, possède une bonne vision de jeu. En revanche, il manque de puissance, de fondamentaux dos au cercle, et sur ce Mondial, sa propension à prendre rapidement des fautes a souligné un

manque de basket sur la saison écoulée. Richard Billant : «Sur les matches amicaux, il a été bien, mais là, en tant que 4e rotation à l’intérieur, et puis avec un Moerman magnifique, il lui a fallu être rentable sur des périodes très courtes. Ce n’est pas évident. Il avait des responsabilités dans le tir extérieur. Compte tenu de sa saison, il a été utile».

Benoît Mangin

l 1,89 m l 19 ans l Poste : Meneur Le meneur de Reims a tenu son rôle de doublure. 13 passes décisives pour 7 balles perdues, c’est bien, même si il a connu globalement moins de réussite dans les tirs que l’été dernier à l’Euro (52,1 % en 2006 contre 36 % en 2007). A montré qu’on pouvait compter sur lui lorsque Diot était sur le banc (7 pts et 3 pds en 20’ contre le Liban ou 8 pts et 2 pds en 14’ pour le bronze contre le Brésil). Richard Billant : «Il a peut être eu un peu d’appréhension. Il a alterné le bon et le moins bon, mais il est très bon au dernier match. Il a eu un gros creux dans les matches physiques, USA et Serbie. Il a souffert de l’impact et il a pris un coup au moral après. Il devra travailler ça l’année prochaine. Un joueur intelligent.»

Jessie Bégarin

l 1,90 m l 19 ans l Poste : Arrière Un role player. Il a plus joué à l’Euro 2006 où il était capitaine (15 minutes en moyenne). Là, il est peu rentré dans les matches importants. Beau physique, cantonné dans un costume de défenseur, il peut rendre de beaux services dans ce domaine. N’a pas gâché grand-chose sur le tournoi (66,7 % aux tirs). Richard Billant : «Il a eu une année difficile, il n’a pas joué, mais je le voulais dans l’équipe, parce que c’est un vrai guerrier, et j’aime sa mentalité. À chaque fois qu’il est rentré, il ne m’a pas déçu. Il a toujours été très positif.»

Olivier Romain

l 1,82 m l 19 ans l Poste : Meneur Le troisième meneur. Rapide, adroit, il a montré des choses intéressantes quand il a eu un peu de temps de jeu. À l’aise dans le jeu rapide, solide au lancers francs et de bonnes cannes en défense. Richard Billant : «Il a bien su prendre le relais quand Benoît a été un peu dans le trou. Il ne s’est pas trop posé de question. Attitude irréprochable. Toujours le sourire et de la bonne volonté. Il s’en est bien sorti.»

Rudy Etilopy

l 2,07 m l 19 ans l Poste : Intérieur Le 12e homme. Quelques minutes grappillées dans les matches faciles. Un beau physique, un jeu à polir et des fondamentaux à travailler. Richard Billant : «L’invité surprise. Il a gagné sa place parce que c’est un excellent role player au niveau du rebond. C’était la coqueluche de l’équipe. Le 12e modèle. Il a plutôt bien figuré quand on l’a fait rentrer. J’espère que ces deux mois vont lui apporter pour la suite.» *Stats page 10-11

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Après les mécomptes du Japon Décevant lors de la summer league de Vegas, déçu par son Mondial et sa saison le jeune pivot guadeloupéen de 21 ans, non sélectionné chez les Bleus a su rebondir lors de la Rocky Mountain Revue de Salt Lake city, terminant par un joli carton, 20 points et 14 rebonds contre les Bulls. Des sinusoïdes qui illustrent à la fois le long processus d’évolution des joueurs intérieurs et le difficile dialogue avec le sélectionneur. Par Pascal GIBERNÉ, à New York

C

Que s’est-il passé au Japon ?

La non sélection de Johan Petro pour le prochain championnat d’Europe en Espagne n’a fait que renforcer cette impression de moins bien. L’an passé, sélectionné en équipe de France au détriment de Cyril Julian, pour disputer le Mondial du Japon, Petro symbolisait alors le futur du jeu intérieur tricolore. Un renouvellement des cadres mis en place pour frapper un grand coup lors des Jeux Olympique de Pékin en 2008. L’expérience, audacieuse, a connu quelques ratés au pays du soleil levant. Bien dans son rôle de pivot remplaçant lors des 5 premiers matches, Petro a subi une nette baisse de régime après avoir été puni par le technicien national à la suite d’une virée nocturne un peu tardive. Privé de match contre l’Angola, le géant, bougon et vexé, n’a plus eu le même rendement par la suite. Quelque chose s’était cassé. En référence à l’an passé, Claude

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donc qu’il ne me prenait pas. Je ne lui ai jamais dit que je voulais être pivot titulaire, jamais ! La seule chose que je lui ai dite l’an passé, c’est que j’aimerais jouer un petit peu plus, c’est tout. Après, moi, je passe pour le gars qui n’a rien prouvé et qui veut la place de Fred.» Affichant toujours un profond attachement pour l’équipe de France, Petro se désole de l’image négative qu’il pense avoir dans l’Hexagone. Pointé du doigt à la suite de l’épisode de la virée nocturne pendant le championnat du monde du Japon, l’intérieur tricolore réfute cette anecdote, en affirmant n’avoir nullement fauté. La seule erreur qu’il admet est d’avoir mal supporté son faible temps de jeu pendant la compétition. «C’est un truc que je ne sais pas faire : quand je suis énervé, cela se voit», reconnaît Petro. «Après, Claude n’a pas aimé que je sois énervé, et derrière il est allé dire que j’étais sorti la veille, et moi je passe alors pour le gars qui s’en fout, qui va faire le con en ville, et qui, derrière, ne peut pas assurer un entraînement. Alors que ce n’est pas ce qui s’est passé, j’étais juste frustré de ne pas avoir joué.» Difficile de démêler le vrai du faux. Reste que Claude Bergeaud, lui, a conscience du potentiel de Petro. Interrogé sur l’avenir en bleu du jeune intérieur, le coach tricolore se montre résolument optimiste. «Là, Johan est rentré dans le rang», observe-t-il. «Mais il a un énorme, énorme potentiel et il va falloir être patient.»

Melissa Majchrzak/NBAE via Getty Images

e qui se passe à Vegas reste à Vegas. En quittant le Nevada, le 15 juillet dernier, Petro pouvait faire sien le célèbre slogan accolé à Sin city : il venait de clore une décade cauchemardesque. À la summer league de Las Vegas, le Guadeloupéen venait probablement de produire le plus mauvais basket de sa jeune carrière, à l’inquiétante moyenne de 3,4 points à 25% aux tirs, 4,4 rebonds et 1,4 contre. «Au début, à l’entraînement, cela allait bien pourtant, tout rentrait», se souvient-il. «Et puis, au premier match j’ai perdu mes repères et après je ne sais pas. C’était frustrant car le but en venant ici, était de faire des stats. Mais le jeu était centré sur Kevin (Durant) et Jeff (Green) et ce tandem tournait à deux passes par match, on ne voyait pas le ballon. À la fin, je me suis dit que c’était deux semaines à zapper. Car si je restais sur cette impression cela allait me pourrir le jeu, à Utah.» Le changement de scénario lors de la Rocky Moutain Revue a été total. Avec fierté, le pivot tricolore peut exhiber une moyenne de 13,0 points à 55,5%, 8,3 rebonds et 2,0 contres. Que s’est-il passé ? «Honnêtement ? (Il rit). C’est le match où Kevin part, donc cela laisse beaucoup plus de liberté à tout le monde», précise Petro. «Lui parti, le jeu a été plus ouvert, on a eu plus de responsabilité et on m’a fait passer en 4, avec Mo (Mouhamed Saer Sene) en 5.» Ces deux épisodes attestent la lente maturation de ce jeune intérieur de 21 ans. Une courbe faite de hauts et de bas. Après une année rookie pleine de promesses, la saison 2006-2007 a vu un Johan Petro en pleine stagnation. «Ce qui est difficile à vivre pour des gamins comme ça, c’est qu’ils ont des phases de progression importantes», souligne l’entraîneur de l’équipe de France, Claude Bergeaud. «À ce moment-là, ils sont hyper médiatisés et on les installe dans des statuts de joueurs confirmés, de joueurs qui ont acquis une grosse expérience. Et dès qu’ils sont en phase de stagnation, ce que j’appelle moi des paliers, on va dire qu’ils régressent, qu’ils ne progressent pas. Sauf qu’ils sont en train d’assimiler ce qu’ils ont encaissé jusque là, et pour les grands, ce phénomène est hyper démultiplié.»

Bergeaud justifie son choix de se passer du jeune pivot tricolore : «L’année dernière, Johan n’était pas un joueur en haut de la hiérarchie, car j’avais décidé que ce serait Fred Weis, qui est aujourd’hui un joueur bien plus efficace que Johan, car il fait moins de fautes, il a l’expérience du championnat espagnol. Du coup, Johan ne s’est pas satisfait de ce rôle de rotation. Il voulait être le premier pivot. Et comme moi, je ne l’accepte pas encore cette année, je ne voulais pas retenter la même chose. Car chez Johan il y a quelque chose de très clair et très sain : il veut être un joueur dominant, un joueur majeur. Je l’ai donc remplacé par un autre à qui je donne sa chance ; comme ça, on voit du monde en équipe nationale.» Cette explication donnée à l’ensemble des médias a fortement déplu à Johan Petro. Le jeune antillais dément avoir eu pareilles exigences auprès du sélectionneur national. «C’est le seul truc que je n’apprécie pas avec Claude, car ce n’est pas du tout ce qu’il s’est dit», nous a précisé Petro lundi soir. «Il m’a appelé et il m’a dit que le rôle que j’avais eu l’an passé, de troisième pivot, je n’aurais pas su l’accepter. Et qu’il ne voulait pas me remettre dans la même situation cette année,

Intérieurs de grande taille, la disette française

PETRO-BE Alors que les «soucis» tricolores de Johan Petro au Japon et ses récentes difficultés sur le parquet, ont amené certains observateurs à le comparer à Jérôme Moïso, l’entraîneur national ne veut pas entrer dans ce genre de débat. «Il faut arrêter toutes ces conneries», proteste-t-il. «Il faut arrêter de comparer les gens. Chacun est différent ! Comparer les gens, c’est difficile. On a essayé de le faire car ils sont tous deux originaires de «Gwada», ils font la même taille. Mais ce sont deux personnages complètement


NBA différents, aux qualités différentes : Jérôme avec le ballon était hyper talentueux, un putain de gaucher, (admiratif) quelle facilité Jérôme ! Il est smooth avec la balle. Je n’aime pas ce type de comparaison , car Johan, ce n’est pas du tout Jérôme !» Longtemps privé de joueurs de grandes tailles talentueux, le basket français met-il une trop grande pression sur ses grands ? «Indirectement oui ! Cette pression extérieure que l’on subit n’est pas facile à encaisser», analyse Bergeaud. «On n’en a pas beaucoup de grands. Moi je les connais tous! Quand on a sorti Jérôme derrière, on a eu Gouez, puis Johan Petro, et là, il y a Ajinca qui fait 2,14 m. Pour en avoir d’aussi grands, il va falloir attendre des années. Avant cette génération là, c’était Fred Weis. Je viens d’en citer combien ? Cinq ! Dans les sélections nationales serbes, même chez les Italiens, ils en ont toujours 4, dans les catégories juniors, à plus de 2,10 m. Du coup, on pense que nos grands doivent être bons, mais ce n’est pas le cas, certains sortent et d’autres, pas ! Plus on aura la quantité, plus on aura de chance de sortir des gars.» Petro affirme pourtant ne ressentir aucune pression. Le nouveau coach de Seattle, PJ Carlessimo, en provenance directe de San Antonio, lui a annoncé qu’il attendrait la reprise du training camp pour se faire une idée sur la hiérarchie du jeu intérieur des Sonics. Motivé, le Guadeloupéen désire retrouver l’agressivité défensive affichée lors de son année rookie. «L’an prochain, je veux faire ce que j’aurais dû faire cette année : exploser», affirme-t-il. «La première année, c’est celle où tu es excité. Tu veux tout faire. La deuxième, c’est celle où tu te relâches car tu connais un peu déjà ! Tu te sais dans la place… et c’est le petit coup de faiblesse qui te fait du mal ! Et la troisième, c’est la saison où tu t’épargnes les conneries des années précédentes, c’est l’année la plus importante.» En alternance sur les postes 4 et 5, Petro sera en concurrence directe avec Nick Collison, Chris Wilcox, Robert Swift et Mouhamed Saer Sene.

des angles d’attaques qui viendront avec le temps quand il aura compris plein de choses.» «Il n’aime pas la bagarre offensive à l’intérieur», renchérit-il «La preuve : quand il a un ballon en post up, il fait toujours un fade, il s’écarte pour attaquer le joueur. Il ne fait pas de réduction dans laquelle, avec son pied pivot arrière, il va enfoncer le joueur ! Non il fait un fade avec le pied extérieur, sur lequel il va tourner, cela veut dire qu’il refuse d’aller contre le défenseur. J’aurais souhaité que ce soit un gars qui joue très, très près du cercle, car quand on est grand si on gagne sur le premier pas, un dribble puis hook, c’est incontrôlable à deux mètres du cercle.» Mis au courant des observations pourtant pertinentes du technicien, Petro fait la moue. «Moi je suis en train d’évoluer, de progresser sur un style de jeu qui me correspond, à savoir 4-5», explique l’intérieur de Seattle. «Je ne vais pas redescendre à un truc de 5 qui n’est pas moi. Moi je suis un 4-5, un joueur qui peut rester sous le cercle et qui peut s’écarter. Après, si tu veux vraiment que je ne sois qu’un 5, cela va poser problème au bout d’un moment.» S’il a mis l’expérience Petro entre parenthèses, Claude Bergeaud éducateur dans l’âme, fonde énormément d’espoir dans le jeune intérieur antillais. Comparé à des Tyson Chandler ou Eddy Curry qui commencent tout juste à donner de la voix après six ans dans la Grande Ligue, on rappellera que Johan Petro n’a que 21 ans. Une donnée qui n’a pas échappé au sélectionneur tricolore. «Je sais qu’il n’y a que les grands, grands champions comme l’a fait Tony, qui, eux, ont pu avoir des carrières très rapides. Or, Johan, c’est un grand et c’est un secteur de jeu dans lequel il faut avoir beaucoup d’expérience pour réussir, donc il faut se montrer patient et à 21 ans on ne peut pas juger un gars sur son avenir de réussite ou pas. Et donc de ce fait, je sais que Johan reviendra en équipe de France et qu’il cassera tout à un moment donné, mais soyons patient.»

Cette volonté de vouloir s’éloigner du cercle, à la Kevin Garnett, laisse Claude Bergeaud dubitatif. «Je ne suis pas très content de l’évolution de sa technique de shoot extérieur», souligne-t-il. «Il a un «armé» trop bas, je ne crois pas qu’il n’arrivera à le changer. Il adore s’écarter donc il faut qu’il travaille le tir, mais il n’a pas une mécanique encore suffisamment propre. Il doit travailler la sélection des tirs, arriver à jouer sur un registre offensif différent, sur tir ou fixation passe, pour pouvoir ressortir le ballon. Ce sont

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Jeffrey Bottari/NBAE via Getty Images

ERGEAUD,


TEAM USA Le retour de Jason Kidd au sein de l’équipe américaine a été accueilli avec soulagement par les cadres de USA Basketball. Invaincu en compétitions internationales, le meneur des Nets va tenter d’insuffler son expérience FIBA à ses jeunes partenaires, dans l’optique du Tournoi des Amériques (14-21 août).

«

Par Pascal GIBERNÉ à New York Comment fait-on pour prendre un temps mort dans le jeu FIBA ?» Chaque année, notre collègue Chris Sheridan, d’ESPN.com, s’amuse à poser cette question aux nouveaux venus de Team USA. Chaque année, plusieurs joueurs se trompent lamentablement en répondant. Lors du match d’entraînement télévisé entre la White team et la Blue Team, le 22 juillet dernier à Las Vegas, avec 21 secondes au compteur et Jason Kidd sur le dos, Kobe Bryant s’est dirigé vers la table de marque et a

manière d’apprendre un règlement est en faisant une erreur.» À l’issue de ce match d’entraînement, remporté 105-104 par la Blue team de Bryant et qui concluait le mini trainingcamp de trois jours, l’entraîneur de l’équipe américaine était plutôt content de ses troupes. «Nous avons plus de shooteurs et plus de talents, des vétérans», a expliqué l’entraîneur de Duke. Les motifs de satisfaction étaient légitimes. Lors de cette partie disputée devant plus de 15.000 spectateurs, Team USA a fait

jeu placé et jeu rapide, son sens de la passe, sa maturité sont les armes idéales pour faire briller l’équipe américaine lors des compétitions internationales. Quand il est sur le terrain, tout coule.

demandé… un temps mort ! Pris au dépourvu l’un des arbitres a sifflé une faute à Jason Kidd, déclenchant la «colère» du maestro des Nets. Après le match, coach Krzyzewski a concédé que la règle du temps mort n’avait pas été expliquée en personne aux joueurs, mais qu’un formulaire expliquant les différences de règlement entre le jeu FIBA et le jeu NBA leur avait toutefois été donné. «Ce genre de situation peut en fait être utile», a précisé coach K. «Car parfois la meilleure

le spectacle. Mike Miller, Carmelo Anthony, Amaré Stoudamire and co. se sont régalés sur le jeu en transition tout en oubliant complètement de travailler leur jeu sur défense de zone. Allégé de sept bons kilos, Kobe Bryant, auteur de 26 points, s’est imposé en leader incontestable de cette équipe parfaitement gérée par Jason Kidd (8 passes, 6 rebonds et 2 points). Le chef d’orchestre des Nets est le véritable chaînon manquant à l’unité de Team USA. Sa maîtrise affichée sur

immaculé de 28 victoires pour aucune défaite, record établi lors des campagnes de 1999, 2000 et 2003. À 34 ans, le natif d’Oakland est le joueur le plus âgé de l’équipe américaine. «Mon boulot est d’aider les jeunes gars, donc en fait cela signifie aider tout le monde vu que je suis le plus vieux», plaisante Kidd. Il a aussitôt pris le meneur du Jazz, Deron Williams sous son aile, afin de le formater aux subtilités du jeu FIBA. Après une nouvelle prestation décevante de l’équipe

Kidd a posé sa candidature Ses absences lors des JO de 2004 (blessure au genou) et l’an passé au Japon (manque de motivation) s’étaient faites cruellement ressentir. Avec Team USA, Kidd possède un record

américaine lors du championnat du Monde du Japon, l’an passé, Jason Kidd a aussitôt décroché son téléphone pour passer un coup de fil au manager de l’équipe nationale, Jerry Colangelo, et lui demander d’intégrer Team USA. «J’adore la compétition. En 2000, tout s’est joué sur le dernier tir contre la Lituanie et c’est la dernière fois que nous avons eu du succès aux JO. Donc je me suis dit qu’il me fallait mettre ma crédibilité et mon record en jeu, tout en transmettant mon savoir aux jeunes afin qu’ils reviennent

KIDD À LA R avec la médaille d’or.» «C’est effrayant la manière qu’il a de voir l’action sur le parquet», renchérit un Kobe de plus en plus nostalgique de ne pas avoir eu l’opportunité de jouer avec Kidd aux Lakers. «J’ai beaucoup appris en jouant et en parlant avec lui lors de ce mini camp.» La dernière fois que Kidd a porté les couleurs de Team USA, en 2003, les joueurs de la bannière étoilée ont déroulé l’un des baskets les plus impressionnants depuis la Dream Team

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Photos par Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

À gauche, Kobe Bryant et Michael Redd en discussion stratégique. Au centre, Deron Williams, l’un des meneurs du Team USA. À droite, Dwight Howard et Amaré Stoudemire à la lutte.

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NBA de Barcelone. Cette année-là, lors du tournoi des Amériques, l’équipe américaine avait terminé avec un bilan de 10-0, punissant ses adversaires avec un écart moyen de 30,9 points. La compétition s’était terminée en apothéose avec une terrible correction de 33 points infligée à l’équipe Argentine. Un florilège d’actions spectaculaires, qui étaient d’autant plus étourdissantes au regard de l’aura de quasi invincibilité dont jouissait les Argentins à cette époque. Rarement on avait vu Manu Ginobili, Andres Nocioni, Luis Scola et compagnie subir pareille humiliation. Pendant toute la préparation, Gregg Popovich avait tellement rabâché son discours sur l’excellence basketballistique des Sud-Américains que les joueurs NBA avaient relâché toute leur frustration sur les Argentins. «L’équipe de

Tracy McGrady, Kenyon Martin, Elton Brand, Nick Collison et Richard Jefferson, ne devait plus jamais être aligné sur un parquet. Un an plus tard, à Athènes, avec un roster totalement remanié, privés de leur chef d’orchestre, les Etats-Unis avaient concédé trois défaites, terminant avec la médaille de bronze.

Le record de Kidd va-t-il être entaché par une première défaite, lors du prochain tournoi des Amériques ? Au regard de la relative faiblesse des adversaires de l’équipe américaine, qui, pour la plupart, ne viendront pas avec leurs meilleurs éléments, comme le Brésil, l’Argentine ou le Canada, on voit mal comment l’or pourrait échapper aux troupes de coach K. Un point qui est on ne peut plus clair pour

tement préparer les Américains aux subtilités des joutes internationales ? À aucun moment les membres de Team USA n’ont pris la peine de mettre en place des systèmes de jeu spécifiques. Tous ont joué sur leurs qualités NBA. Un jeu qu’ils ne pourront pourtant pas mettre en place dans le contexte FIBA. Les deux équipes ont combiné un total de 19 sur 68 derrière l’arc et un bilan de 20 sur 34 aux lancersfrancs. Ces deux secteurs du jeu avaient causé la perte des Américains au Japon. Une faiblesse dont a conscience coach K. La petite semaine de préparation pour le tournoi des Amériques, entre le 14 et le 21 août, ne suffira pas à gommer les scories de sa formation, mais devrait être suffisante pour décrocher l’une des deux places qualificatives pour les JO de Pékin. L’an prochain, il lui

l’issue de cette petite semaine de préparation, Coach K devra sélectionner les 12 heureux finalistes. Si les cadres comme Carmelo Anthony, Jason Kidd, Kobe Bryant, Chauncey Billups, Dwight Howard, LeBron James, Michael Redd et Amaré Stoudamire sont assurés de faire le cut, le reste de la sélection est entièrement ouvert. L’objectif de décrocher la médaille d’or à Pékin est au centre de toutes les discussions entre Kidd et Bryant. Les deux vétérans affichent une réelle envie de repositionner le basket américain au sommet de l’échelle mondiale. «C’est énorme, énorme pour nous», affirme Bryant, qui ne peut s’empêcher d’utiliser une allégorie militaire. «C’est la priorité numéro 1, c’est extrêmement important. Nous avons des troupes qui se battent pour défendre notre

2003 était bonne, mais aucun de ces gars n’a joué aux Jeux Olympiques», précise Kidd. «L’équipe de 2000 à mon avis était la meilleure. Nous avions un mélange de jeunes et de vétérans, avec KG, Zo, Steve Smith, Tim Hardaway. Et dans les moments serrés, Vince et McDyess avaient élevé le niveau de leur jeu et réussi des actions importantes.» Las, l’effectif all-star de 2003, composé de Kidd, Vince Carter, Tim Duncan, Jermaine O’Neal, Ray Allen, Mike Bibby,

le meneur des Nets. En arrivant au premier rassemblement de Team USA, Kidd est directement allé trouver LeBron James pour lui signifier qu’il n’était pas là pour perdre ! Les premiers dribbles de l’équipe américaine ont toutefois laissé entrevoir quelques faiblesses. L’impact stratégique de coach K tarde encore à pointer le bout de son nez. Mike D’Antoni, son assistant, ne serait-il pas le mieux placé, au regard de sa connaissance du jeu européen, pour parfai-

faudra néanmoins convaincre ses joueurs de la nécessité d’une longue préparation. Cette année, pour pimenter l’entraînement, il a toutefois pensé à faire venir une équipe supplémentaire afin de «challenger» ses joueurs. Ainsi, une Select Team, composée d’Andre Iguodala, Al Jefferson, LaMarcus Aldridge, Aaron Brooks, Monta Ellis, Channing Frye, Jeff Green, Devin Harris, Jason Kapono et David Lee, et dirigée par PJ Carlesimo, va se charger de secouer la sélection officielle. A

droit à être libre et c’est ce que nous faisons, nous avons de notre côté l’opportunité d’aller représenter notre pays et de le défendre à notre manière.» Il renchérit. «Nous étions les premiers à dominer ce sport et nous avons défendu fièrement notre position pendant de longues années. Et maintenant les équipes étrangères nous ont rattrapés et c’est pour cela que le basket est le sport collectif le plus regardé aux JO. Tout le monde veut savoir ce qu’il va se passer et nous voulons être sûrs d’être prêts le moment venu.»

Coach K en question

RESCOUSSE ! Photos par Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

À gauche, Jason Kidd, le patron de l’équipe. Au centre, Kevin Durant découvre Carmelo Anthony et LeBron James. À droite, Chauncey Billups donne une nouvelle dimension au poste de meneur.

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Forces Françaises de l’Intérieur

POUR TOUT CE QUI E

À l’image de Weis (2,17 m) notre force intérieure, avec Turiaf (2,06 m) et Badiane (2,0

A

Par Thierry BRETAGNE

bominable nouvelle pour les amoureux de la nature mais délectable symbole pour les fans du gros ballon : l’Ourse slovène Franska est passée de vie à trépas, le 9 août dernier. La pauvre bête, par ailleurs grosse dévoreuse de brebis a été percutée par deux véhicules sur la route d’Argelès-Gazost , Hautes Pyrénées. La fin tragique de ce plantigrade qui terrorisait nos terroirs bearnais passera pour une métaphore à haute teneur prémonitoire. Les forces intérieures françaises, mobilisées pour la circonstance s’apprêtent à livrer une chaude et captivante bataille à l’Euro et attendent l’opposition l’arme au pied, sinon le verbe haut. Attention ! Ne jouons pas les fiers à bras : dans nos rangs, nul Golgoth ni King Kong de la chose – type Papadopoulos ou Milicic - pour semer la désolation chez l’ennemi et se repaître de viande fraîche sous les arceaux. Au cours des neuf premiers matches de préparation aucun de nos gros n’a passé plus de 27 minutes sur un parquet (Turiaf, 27 minutes contre la Suisse, Weis 26 face aux Tchèques), mais notre trio existe à l’évidence, Turiaf – 19 pts contres les Belges, 16 contre les Serbes, 14 contre les Suisses, et Pape Badiane (16 face aux Slovènes) sont désormais les dignes coadjuteurs d’une sorte d’icône promu nonce apostolique de notre rebond, comprenez Frédéric «Barberousse» Weis. La montée en puissance d’un secteur qui prêta longtemps à rire ne s’est pas faite en un jour mais en sept ans. 2000. Triplement couronné en France, Fred, qui était devenu, aux États-Unis une sorte de gag récurrent (pantalonnade de ses avions ratés et de ses réveils matins aphones) après avoir été drafté par les Knicks prend Vince Carter sur le râble. Cette escalade de la fesse nord de notre montagne par le surhomme volant fait le tour du monde et la triste réputation de notre grandet. Mais la Liga ACB lui fait un pont d’or et en quelques saisons bien trempes lui tanne le cuir. C’est toujours le même homme mais, dessous, époussetant sa réputation de douillet et de poule mouillée, il se fait respecter. Il y a deux ans, nouveau chapitre de cette belle entreprise de restauration, le voilà même promu sauveur des Bleus, quoique tardivement parachuté au tournoi de Limoges. Il reprend position chez les Bleus, avec une autre génération – Parker Diaw Turiaf, virtuoses des consoles de jeu - que celle des tarots et des belotes coinchées, on veut dire Sciarra, Julian ou autres Bilba et Rigaudeau. Miracle biblique : cette greffe de vieille branche prend superbement chez les jeunes plantes : Fred passait-il jusqu’alors pour un gland? Il est devenu chêne, et gagne le statut de l’arbre séculaire sous lequel on s’abrite ou on rend la justice à l’occasion. Ronny Turiaf L’arrivée de Rony Turiaf, privé devant d’Euro 2005 pour cause de chirurgie à cœur ouvert, grand vainqueur de lui-même ajoute une fibre affecDragan Labovic tive à ce tissu conjonctif bien maillé. Sous les cercles, (Serbie). pas question de se laisser piétiner l’aorte comme on disait naguère ! Jusqu’à Pape Badiane, Roannais valeureux, récemment appelé par Bergeaud pour faire pièce – il nous faut de la taille et de l’envergure, sinon nous sommes morts au plus haut niveau dixit le sélectionneur – et qui vient désormais rééquilibrer et compléter le pôle intérieur de notre force de dissuasion. La grande querelle du secteur intérieur français déséhérité, sous développé et un peu bas de plafond parait désormais hors d’âge. Tant mieux. Il ne reste plus au trio de déménageurs tricolore qu’à mettre la main à la pâte et justifier cette nouvelle réputation : broyer gentiment du polonais, masser allègrement du berger des Abruzzes et trucider impitoyablement, mercredi prochain les compatriotes de la pauvre Franska. Et tant pis pour les amoureux de la nature ! * Et contre tout ce qui est pour. Cet axiome de Pierre Dac pourrait être désormais inscrit au frontispice de notre secteur intérieur, en forte hausse de prestige et de crédit ces derniers temps...

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Numéro 358 - 30 août 2007

Pape Badiane devant les Slovènes Goran Jagodnik (12) et Gasper Widmar (14).


ÉQUIPE DE FRANCE

EST CONTRE…*

08 m) est devenue un élément clé des Bleus. Etapes d’une restauration.

Frédéric Weis au contre sur le Grec Panagiotis Vassilopoulos.

Photos : Hervé Bellenger / IS-FFBB

Numéro 358 - 30 août 2007

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