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SUPPLÉMENT ISRAËL JUILLET 2011

MISSION DE SOLIDARITÉ

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UNE NOUVELLE DÉCOUVERTE

ans


DONNER UN SENS À VOTRE DÉCOUVERTE D’ISRAËL L’année 2011 marque un jalon important dans l’histoire de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec, qui voit sa Mission de solidarité en Israël se poursuivre pour la 10éme année consécutive. Quel que soit son âge ou son parcours, partir aider dans une mission de volontariat est une façon particulière et solidaire de découvrir Israël. Cette vague de solidarité est tout à fait encourageante pour l'avenir, car le nombre de volontaires augmente chaque année. Israël offre une extraordinaire diversité et des contrastes uniques au monde, par son histoire, sa géographie et sa population. Notre Mission permet aux volontaires de progresser dans leur développement personnel en s’insérant dans les populations du Negev et apporter leur soutien moral, physique, spirituel et financier. Cette Mission forge l’identité des participants et elle vise à former les consciences par la proximité avec les citoyens israéliens qui vivent leur quotidien. La CSUQ suscite ainsi l’engagement individuel des membres de notre communauté et crée des opportunités afin de favoriser des expériences de partages et de responsabilités. Cette Mission est un succès collectif indéniable. J’encourage tous nos membres à participer à cette Mission en découvrant le pays, sa société et sa culture autour de nos valeurs communes. Merci aux organisateurs persévérants, qui savent mettre à profit les habilités de chaque volontaire année après année. Merci aux soutiens du Comité Israël et Outre-mer de la Federation CJA, l’Agence Juive pour Israël. Merci à Marcel Elbaz, président des Services communautaires et chef de Mission à qui nous réitérons notre entière confiance. Lechana Haba Biroushalayim ! Marc Kakon Président


ÉDITORIAL

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Cheminement vers La Mission de Solidarité Mon implication à la Mission a commencé en 2006 comme participant volontaire et intervenant dans une école secondaire comme professeur d’anglais, dans une école primaire à Beer Sheva. Cette première expérience avait déclenché en moi une nouvelle curiosité communautaire. Cette mission spéciale se déroule dans la région de Beer Sheva, durant laquelle des bénévoles, venant de différents horizons sont assignés à diverses tâches dans des institutions communautaires tels que Centre de distribution de nourriture, Centre d’handicapés physiques, Soupe Populaire, Centre de la Petite Enfance, Institut d’aveugles, École Primaire... À la fin de chaque journée, chaque participant ressortait avec le sourire et surtout la fierté et la satisfaction d’avoir apporté un peu de leur aide et de leur compassion aux personnes dans ces institutions. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté que depuis l’année 2007, à la demande de Robert Abitbol et de Sidney Benizri, j’ai accepté de présider la Mission de Solidarité. Cette mission démontre notre solidarité avec nos frères les plus démunis en Israël, notre objectif est seulement humanitaire. En leur apportant notre aide financière et par notre présence auprès d’eux, nous leur exprimons notre soutien, notre engagement. Ce projet devrait interpeller chaque membre de la communauté juive de Montréal qui est jumelée à la région de Beer Sheva- Bnei Shimon. A Beer Sheva, nous avons rencontré de nombreuses familles, sépharades, pauvres dont le quotidien est très sombre et les perspectives d’avenir tout aussi moroses. C’est pourquoi nous avons décidé à l’automne 2008 d’offrir un nouveau programme de Bar Mitzvoth pour des jeunes demeurant dans des familles défavorisées dans la région de Beer Sheva / Bnei Shimon. En 2008, nous avons célébré 40 Bar Mitzvoth, en 2009, 43 Bar Mitzvoth et en 2010, 50 Bar Mitzvoth. Ce projet permet à la Communauté sépharade de Montréal de tisser des liens solides avec ses frères et sœurs de Beer Sheva. Voir le sourire radieux et la joie indicible de ces enfants, dont plusieurs sont orphelins ou provenant de familles très démunies matériellement, est un beau cadeau que l’Éternel nous offre. Ce partenariat avec les habitants de Beer Sheva et cette de célébration de Bar Mitzvoth toute organisé à Jérusalem est le fruit d’un partenariat étroit entre la Communauté sépharade unifiée du Québec, la municipalité de Beer Sheva et le Centre Orot Israël de Beer Sheva, dirigé par le Rabbin Or Bensoussan. Ces Missions de Solidarité Montréal - Beer Sheva / Bnei Shimon, se concrétisent aussi grâce à l’appui financier prodigué par le programme Partnership 2000 de la FÉDÉRATION CJA de Montréal et la Fédération Séphardie du Canada et bien sûr par de nombreux généreux donateurs de notre communauté. L’objectif financier global pour la Mission 2011, notre dixième, a été fixé à 100.000$ et celui du projet des Bar Mitzvoth 2011 à 40000$. Le restant des fonds amassés sera utilisé pour les autres projets dans les institutions nécessiteuses. Plusieurs activités sont mises en place, telles qu’une soirée de sollicitation, présidé par Mr Sylvain Abitbol, un Bazar, dirigé par Mr Alain Mechaly, un Bingo… afin de collecter les fonds nécessaires pour mener à terme ce projet extraordinaire. Les dons amassés serviront à financer l’achat des Téfilines, Talith, livres de prières, les cours préparatoires des futures Bar Mitzvah, les coûts du transport de Beer Sheva à Jérusalem de ces derniers et de leurs familles; l’organisation des Bar Mitzvoth au Kotel ainsi que la réception donnée en l’honneur des Bar Mitzvoth à Jérusalem… ‘’La célébration de la Bar Mitzvah est un moment capital et inoubliable dans la vie de chaque adolescent Juif. Notre projet permet à des jeunes très défavorisés Israéliens de vivre aussi cette journée mémorable dignement et dans la joie. Nous comptons sur la grande générosité de notre Communauté pour que ce projet exaltant soit de nouveau une réussite.’’ Les montants restants seront attribués aux autres institutions nécessiteuses tels que garderie, Centre d’handicapés, Centre de distribution de nourriture. Finalement, cette Mission n’aurait jamais pu être réalisé si en tant que président, je n’avais pas l’aide de plusieurs bénévoles extraordinaires : Vicky et Dominique Benarroch, Jocelyne et Ralph Bitton, Levy Benchimol, Alain Mechaly, et Alice Sabbah-Luck, sans oublier les professionnels communautaires : Sidney Benizri, Sabine Malka et Cynthia Sazbon ainsi que les nombreux bénévoles qui donnent de leur temps pour organiser le bazar et les autres activités. De plus, ce projet ne réussit que grâce à l’implication inconditionnelle de professionnels du Partnership 2000 : Madame Ellen Yarrow, Fédération CJA, Directrice adjointe Israël & Outre-mer, Mr Ran Sagee, Partnerships Beer Sheva, The Israel Department- Jewish Agency for Israel et Mr Arie Levy, Community Representative, Fédération CJA Montreal, Director of Partnerships, United Israel Appeal of Canada. Merci à tous et à toutes.

Marcel Elbaz Président des Services Communautaires, CSUQ.


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MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA FEDERATION CJA

Beer Sheva

« Israël était simplement un mot, quelque chose que l’on prononçait dans une prière, un endroit biblique qui n’avait pas de signification réelle dans ma vie personnelle. En fait je ne m’y sentais pas réellement lié jusqu’au jour où je m’y suis rendu pour la voir de mes propres yeux. Maintenant, à chacun de mes voyages en Israël, je suis émerveillé à tout instant. » Un participant au programme Birthright. Pour beaucoup, la judéité est devenue une notion identitaire laïque et nationale. En 1948, avec le succès du mouvement sioniste national et l’établissement de l’État d’Israël, des millions de Juifs sont retournés en Israël, mais la majorité de la population juive continue de vivre en diaspora. Pour les trois quarts des Juifs de Montréal qui ont visité Israël, la relation de la Fédération CJA avec Israël reflète le profond engagement qui existe au sein de notre communauté envers cet État. En tant que communauté, nous avons de tout temps investi dans le futur d’Israël, et à travers celui-ci, pris dans son ensemble, le lien commun le plus important a été celui qui consiste à connecter les gens de personne à personne et de peuple à peuple. Pour de nombreux jeunes Juifs, Israël évoque les images d’un conflit. Il est important qu’ils visitent et qu’ils fassent l’expérience de prime abord, là où la Bible se présente vivante, et qu’ils puissent se connecter à leur héritage juif à un niveau plus élevé qui éveille en eux la fierté pour notre patrie. Diaspora Jewry and the Jews of Israel are two components that together comprise one whole. Since the first Jewish communities were established outside of Israel on the Arabian Peninsula and in Egypt in 700 BC; since the revolts against the Roman occupation when Jews were banned from living in Jerusalem and Judea and had become a minority in their own land. Our Montreal Jewish community has proudly stood in solidarity with Israel since before the creation of the modern Jewish homeland. Israelis are an integral part of our extended Jewish family, and we continue to applaud their courage and sacrifice in realizing the Zionist dream of building a modern and democratic state in the land of our ancestors. It is also important that our Israeli friends know that they are part of a bigger Jewish world and that we care deeply about Israel and its people. We act on the principle of our collective responsibility for one another. Our activities in Israel reflect our desire to care for those who are vulnerable and in need, to ensure Jewish vibrancy and a Jewish future. Today, as our community stands with Israel, we also hope for peace; a meaningful and lasting peace.

Jack Hasen President, Federation CJA


COMITÉ ISRAËL ET OUTRE-MER

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La Fédération CJA a l’honneur et le privilège d’être un partenaire dans la construction et l’élaboration d’un futur juif en Israël. Notre communauté montréalaise s’est engagée pleinement dans la transformation du Néguev afin de faire d’une région aride et sauvage un centre de vie, d’éducation, de technologie et de culture à travers d’extraordinaires programmes que nous subventionnons dans cette région qui est notre partenaire. Tous les ans, la Mission de solidarité organisée par la CSUQ en partenariat avec la Fédération CJA et l’Agence Juive pour Israël se rend à Beersheva, où les participants passent une semaine entière à effectuer du bénévolat auprès de diverses institutions. Le point d’orgue de cette mission fut atteint en novembre dernier lorsqu’elle réunit au cours d’une belle cérémonie 50 adolescents issus de milieux très modestes de Beersheva/B’nai Shimon et leurs familles afin célébrer une très belle bar-mitzvah. Chacun d’entre eux reçut les objets nécessaires, incluant les tephillim, le châle ainsi que les livres de prières. Le Comité Israël et outre-mer de la Fédération CJA, coordonne les activités au sein de notre partenariat avec Beersheva/B’nai Shimon et Israël. Pour plus d’information, on peut contacter: israeloverseas@federationcja.org ou le 514.345.2645, poste 3292. “Go there! If you haven’t been to Israel, or haven’t been in the past few years, go and get involved in something. Montreal has a twin city – Beer Sheva/Bnei Shimon. Go there! See what’s happening. Form a partnership with Israelis. They are looking to partner with us. The old slogan, ‘We are one’ can now be a reality. Go to Israel and find out, and do it with Israeli partners.” Charles Bronfman For two decades, our partnership has succeeded in giving birth to a host of close personal relationships through such programs as Gesher Chai, the living bridge initiative which has created ties between students and teachers in Montreal and Beer Sheva/Bnei Shimon and the Diller Teen Fellowship which engages and connects young leaders on both sides of the ocean. Campus-age Montrealers have volunteered in summer camps in the Negev. Philanthropists from Montreal have linked with their counterparts in Israel to develop important social service projects. “The volunteer aspect is so rewarding,” said Marcel Elbaz, President of Community Services of the CSUQ. “We take this opportunity to develop relationships with the people of Beer Sheva/Bnei Shimon, and this has created lasting personal connections which deepen the long-standing partnership between our cities.” Our partnership community has a special affection for Montreal’s Jewish community and an appreciation for the contribution we make to the region’s development. Nowhere in Israel will Montrealers feel more at home. Federation CJA encourages all visitors to Israel to make a point of visiting our partner region. The experience will reinforce the feeling that to visit Israel is to visit family.


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HISTORIQUE 10ème anniversaire (2002-2011) Par Jacques Sabbag Été 2001, Israël fait face à l’intifada El Aqsa ainsi qu’aux problèmes sociaux et militaires qui en résultent. La Congrégation Or Hahayim, sous le leadership de son président Jo Alloul zl., décide dans la mesure de ses moyens, de participer à l’aide à Israël, et met en place un projet de financement visant à offrir à Israël 2 ambulances toutes équipées, par l’intermédiaire de Maghen David Adom. Ce projet est immédiatement après suivi d’un autre projet : celui de mettre sur pied une « Mission de Solidarité avec Israël » La mission prévue avait pour objectif de manifester la solidarité de juifs montréalais envers leurs frères israéliens dans 2 domaines bien distincts : • Celui du bénévolat social visant à aider les groupes les plus vulnérables de Beer-Sheva, notre ville jumelle (Beth Cohen, Centre Merkaz Yom Lanachim Kachim, Beth Moriah, Soupe Populaire Beth Sovah, Garde Civile, etc..) • Celui du bénévolat civil en milieu militaire, visant à soulager, de façon aussi modeste soit-elle, la lourde tâche des réservistes de Tsahal. La 1ère mission eut lieu du 6 au 28 octobre 2002, avec 10 bénévoles (nous étions 5 à une semaine du départ), dirigée par Sidney Benizri du Centre Communautaire Juif. Cette mission fut planifiée avec le Centre Communautaire Juif et en collaboration avec la Fédération CJA / Partnership 2000 (pour le financement et la partie Bénévolat Social) et avec Sar-El (Jack Bordan/Michel Allouche) pour le bénévolat en milieu militaire. Cette mission fut un magnifique succès, et dès leur retour, les participants décidèrent unanimement de • Faire de cette Mission une activité officielle et annuelle de la CSUQ • Faire en sorte que chaque mission définisse un projet visant à aider l’une des organisations visitées à Beer Sheva, ainsi qu’au financement de ce projet. Les initiateurs peuvent être fiers des résultats de leur projet. En effet : • La Mission de Solidarité en Israël est devenue l’une des activités phares et annuelles de la CSUQ, avec la participation de plus de 30 bénévoles à chaque mission. • Les projets de soutien ont revêtu une importance considérable et furent grandement appréciés par les organisations récipiendaires (2 ambulances à Maghen David Adom en 2002, 2 Camions de la Tsedakah à Beit Moria en 2003, Equipement pour handicapés au Centre Merkaz Yom Lanachim Kachim en 2004, Bourses pour étudiants en 2005, etc..) Kol Hakavod à tous les bénévoles passés, présents et futurs, et surtout, LONGUE VIE À LA MISSION DE SOLIDARITÉ EN ISRAËL.


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Montréal – Beer’ Sheva : liens de solidarité et d’amour Par Martine Mechaly

Si comme moi, vous n’avez jamais mis les pieds en Israël, ou vous n’avez jamais fait de bénévolat, mais que vous rêvez « un jour » de le faire, la Mission de solidarité des Bar-Mitzvots est pour vous. Sans blague! Je ne suis pas là pour vous la vendre. Mais c’est une occasion de faire l’un ou l’autre, ou les deux. C’est ce que j’ai vécu l’an dernier. De l’aéroport de Tel-Aviv, nous arrivons deux heures plus tard à Jérusalem, la nuit tombée. Fatigués, sans doute! Mais pas question de manquer la première visite au Kotel. Nous voulons tout voir ou tout revoir. Les pavés brillent, lustrés par les milliers de pas qui les ont foulés depuis des milliers d’années. Chaque détail nous appelle vers l’histoire, notre histoire, l’histoire de l’humanité. À la sortie des ruelles, l’esplanade du Kotel accueillante, impressionnante, bourdonnante de prières et recueillie sur les milliers de pèlerins qui sont là. Les émotions sont grandes, la sensibilité à fleur de peau. Chacun a un ou des êtres chers pour qui prier, toucher le mur et y laisser des messages. Certains pleurent, d’autres se taisent. Au cours des jours suivants, nous visiterons toutes sortes d’endroits, tous plus intéressants les uns que les autres : la Cité de David, le Site du Mont Herzl, le marché Yeouda Machane, la terrasse du Rav Menache, la Knessett, la mer Morte, Massada à droite, En Gedii à gauche. Après le bain inévitable, nous repartons vers Beer’ Sheva, la destination principale de cette mission. Nous effectuons là quelques jours de bénévolat. Le groupe est réparti entre différents centres. Je suis placée au Centre Ilan, un centre d’activités pour handicapés. Je dessine et je peins avec eux, je dessine pour eux, je les regarde et ils m’observent. Incapables de communiquer : les sourires et les mains font tout. Deux mondes différents : je perçois nettement qu’ils m’apportent finalement bien davantage que je ne leur donne. Lors de notre dernière journée au Centre Ilan, les adieux sont difficiles. Aurais-je encore la chance de pouvoir faire quelque chose pour eux? Nous visitons aussi au cours des jours suivants une fabrique de talith, une base militaire de terre, une escouade de tankistes : soixante hommes sur le qui-vive en permanence à cinq mètres à peine du mur, âgés de 18 à 24 ans… des hommes vraiment? Baba Salé ensuite. Le grand jour des Bar-Mitzvots arrive. Levés très tôt, nous les rejoignons ainsi que leurs parents dans un moshav pour la Séouda et les photos. Ils sont tous très beaux avec leurs costumes. Certains parents timides se tiennent en arrière, impressionnés sans doute par l’ampleur que prend l’événement. La plupart d’entre eux ne sont jamais sortis de Beer ‘Sheva. Nous arrivons à Jérusalem par la porte de Damas : musiciens, danseurs, terbokas, schofar, touristes, religieux, gardes aux entrées, femmes tendant des tsedakas. Nous nous dirigeons vers le Kotel nous, les 50 Bar-Mitzvots et de leur famille, un groupe de près de 200 personnes. À la Synagogue Ohel Vitzchak, remise des tsisits, des livres et des kippots. Nous les femmes, nous laissons les premières places aux mamans qui veulent voir leurs fils. La plupart d’entre nous se rappellent avec émotion la Bar-Mitzvah de leurs propres garçons. La barrière du langage est toujours là, malheureusement... pourtant nous aimerions partager leurs émotions et les féliciter. Nous voici en route vers la salle de réception où nous arrivons les premiers. La salle est magnifique : DJ, piste de danse et grandes tables nappées de blanc, au centre un grand chandelier et des centaines de ballons blancs et bleus. Les enfants et leurs parents arrivent. Danse, discours, le tout entrecoupé de plats délicieux qui circulent. Quelquefois, les enfants sortent courir dans la grande allée remplie d’arbres qui bordent le hall. De nouveau, danse, discours, photos, remise de cadeaux puis le spectacle d’un mime qui captive les enfants pendant près d’une demi-heure. La fête s’achève, la nuit est tombée. Nous échangeons des adieux avec eux, nous les embrassons le temps de quelques Mazal Tov. Nous enverrons des photos, après tout c’est leur fête et non la nôtre. Vendredi 19 novembre 6 h – La route défile dans le désert. Plus un mot, certains dorment, d’autres sont perdus dans leurs pensées. Nous sommes étrangement calmes. La partie principale du voyage est réalisée. Mission accomplie, nous en sommes fiers, mais nous sommes tristes aussi. Nous aimerions prolonger notre séjour et faire plus encore. Dernier shabbat ensemble. Nous avons tous hâte de nous retrouver à Montréal. Des amitiés se sont formées, des souvenirs se sont partagés et nous voulons tous nous revoir. Qui sait? L’an prochain à Jérusalem peut-être.


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TEMOIGNAGES

Chaque jour est différent, des surprises, de l’émotion, de la peine, de la joie. Ces dix jours en mission m’ont permis de connaitre Israël sous un angle où la vie est basée sur des besoins vitaux et non sur les tentations de notre société de consommation. Une prière au Kotel le matin; un petit déjeuner, un support à des handicapés qui nous attendent impatiemment, de l’aide à la préparation de repas pour des familles en difficulté, et pour finir une journée mémorable où cinquante jeunes fêteront leur Bar- mitzvah grâce a la générosité des donations faites par les Montréalais (Ville jumelle de Beer-Sheva). Je vous invite à faire ce voyage, car ce n’est ni une croisière, ni un voyage d’animation; c’est dix jours de retour à la réalité. Levy Benchimol

Nous avons participé à la mission de solidarité à trois reprises déjà. C’est une expérience sans pareil. Nous avons fait du bénévolat dans des centres qui nous font réaliser à quel point notre aide est appréciée, que ce soit la garderie, la soupe populaire, les centres pour personnes handicapées. Cette mission nous permet de rencontrer des gens intéressants autant les autres participants de la mission que les intervenants d’Israel et les bénéficiaires. C’est aussi une très agréable façon d’apprendre à connaître cette belle région autour de Beer Sheva. Plus la mission sera connue plus nous aurons de bénévoles qui s’impliquent et plus notre aide sera importante. Impliquez-vous, vous ne le regretterez pas. Jocelyne et Ralph Bitton

De toutes les missions en Israël auxquelles j’ai participé, celleci a certainement eu le plus d’impact sur moi. La portion Beer-Sheva m’a beaucoup émue et j’ai été particulièrement impressionnée par l’excellence des services prodigués, le professionnalisme et la sensibilité qui animaient les responsables des différents centres ou nous avons été assignés (Marcel, April, Chaim, etc). Quant à Sar-El, je me suis sentie très privilégiée d’avoir pu contribuer, même si c’était si peu, à l’effort de sécurité de l’armée israélienne, effort qui selon moi, doit interpeller tout juif de la Diaspora attaché à Israël. Linda Amram

« En cette année, célébrant les 10 ans de la Mission de Solidarité de la Communauté sépharade unifiée du Québec, qui contribue tant à la région grâce au partenariat Beer Sheva- Bnei Shimon dans le Néguev, nous sommes très honorés de vous bénir pour commémorer ce moment, et les années à venir. Voila déjà 4 ans que nous sommes partenaires pour venir en aide à des enfants dans le besoin en Israël. L’idée est d’aider ces jeunes en mettant l’emphase sur nos valeurs juives et identitaires. Le projet de Bar Mitsva est venu en aide à tant de jeunes qui n’auraient jamais pu célébrer ce moment central de leur vie sans votre aide. Hazak Ouvaruh et que D, soit avec vous dans toutes vos entreprises ! » Rav Or BenshoushanDirecteur Général de Orot Israël, organisation responsable du projet des Bar- mitzvot. « Beth Moriah est une grande organisation, qui accueille des milliers de bénévoles chaque année. Mais lorsque que les bénévoles de la CSUQ arrivent chez nous, nous sommes très heureux et fiers de vous avoir parmi nous. Nous sommes enchantés de la joie que vous apporter ici et votre amour inconditionnel d’Israël. Nous sommes touchés par votre bénévolat et votre support dans nos projets de tzedaka. Nous vous souhaitons que du succès et espérons vous voir encore parmi nous comme chaque année ! » Shmaya Berkovitz, Directeur Général de Beth Moriah, Israël Félicitations à l’occasion des dix ans de jumelage de la Communauté sépharade unifiée du Québec et de la shoutfout 2000 Beer-Sheva. L’association des juifs originaires du Maroc à Beer-Sheva vous souhaite de nombreuses années de courage et de volonté pour continuer les projets bénévoles au profit des citoyens de BeerSheva. Nous espérons que les relations avec notre association qui ont débuté il y a 3 ans suivra ce parcours et bien plus longtemps. Leon Caro Président de l’association des juifs originaires du Maroc à Beer-Sheva Merci à tous les ‘’Sponsors’’, vous avez grandement aidé à réaliser un vieux rêve de plus de 40 ans. Bien-sûr, initialement, Sar-El était le but du voyage, mais finalement Beer Sheva s’est avéré émotionnellement beaucoup plus fort que je ne l’avais pensé. Notre récompense a été instantanée. Mes quelques jours passés au centre’’ Merkaz Yom Lenahim Kaschim’’ (Centre de jour pour handicapés, bâti par le Keren Hayessod de Suède) m’ont permis de côtoyer des gens formidables. Je tiens à préciser que je n’avais pratiquement jamais fait de bénévolat auparavant. Depuis Beer Sheva, ce ne sera plus jamais pareil. Edmond Silber


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446,000$ d’aide financière donnée à Beer Sheva / Bnei Shimon

2 ambulances (Congrégation Or Hahayim)

Centre Ilan pour handicapés: appareils sportifs (tapis roulant)

3 camions

Institut des aveugles : climatiseurs

Centre de la petite enfance Beth Moriah

Pulls pour soldats

Projets Bar-mitzvot: 133 enfants incluant 30 orphelins

Bourses d’études pour étudiants universitaires


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Le miracle du Negev Par Sylvain Abitbol Il est difficile en quelques lignes de parler d’Israël, qui dit on, a trop d’histoire et pas assez de géographie, mais je vais tacher de le faire à travers les poles historiques et géographiques que constituent Jérusalem et les régions de Haïfa, Tel Aviv et Beer Sheva. Une légende dit que lorsque le lot de douleurs fut donné à l’humanité 1 part alla au monde et 9 parts à Jérusalem et lorsque la beauté fut donnée au monde 9 parts allèrent à Jérusalem et 1 part au reste du monde. Au delà de tout ce que nous savons sur le rôle historique et spirituel de cette ville 3 fois millénaire et de son lien avec le peuple Juif, elle a toujours servi d’ancrage. Ancrage politique à sa fondation puisqu’elle a unifié les 2 royaumes, ancrage spirituel de part le temple qui y a été construit, ancrage historique de part les différentes vagues d’occupations, ancrage de justice poétique puisque ses véritables citoyens sont revenus et dernier ancrage politico religieux puisque le nœud gordien du conflit Arabo-Israélien est Yeroushalaim. Jérusalem ville d’or et de lumière et comme le disait Einstein « D.ieu ne joue pas aux dés » Avant la renaissance, terme que je préfère à celui de création, d’Israël et dans les années qui suivirent, le port de Haïfa fut le point d’entrée des marchandises et d’accueil des immigrants. Ces immigrants rescapés de l’holocauste et les refugiés dont on ne parle pas, ceux expulsés par des actes officiels des pays arabes. Ces immigrants n’ont pas été mis dans des camps comme le furent les arabes par leurs frères mais immédiatement intégrés dans la jeune société israélienne. Haïfa est aujourd’hui une ville active qui est le ferment technologique d’Israël grâce au Technion, et paradoxalement le centre mondial de la religion Bahaï originaire d’Iran et qu’aucun pays arabo musulman n’a accueilli en son sein comme Israël a su le faire avec générosité et chaleur. Haïfa passe à une autre phase car au large de ses cotes de très importants gisements de gaz ont été découverts et assureront une indépendance énergétique au pays. Tel Aviv est devenue en quelques années le reflet du monde moderne de part son cote ville qui ne dort jamais, la bourse du diamant, l’aimant qui attire le capital de risque affluant du monde entier dans cette nouvelle économie du savoir mais pas si nouvelle pour nous car elle fait partie de notre ADN. Dans Tel Aviv les grandes capitales du monde se retrouvent, la mode, la restauration, les arts, la finance fusent avec une énergie sans cesse renouvelée ce qui semble impensable pour une civilisation aussi ancienne.


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Le Negev avec sa capitale Beer Sheva est le point de départ de notre patriarche alors qu’il s’appelait Abram et que son nom devint Abraham avec l’ajout divin d’une lettre que l’on prononce en retenant son souffle. Souffle que l’on retient encore aujourd’hui. Le premier Président de l’état d’Israël moderne, David Ben Gurion voyait dans le Negev l’avenir et la sécurité d’Israël. Le vecteur de croissance du Negev est autour du désert, de l’eau et de l’énergie solaire. L’économie du désert a permis de développer la pisciculture dans les fonds sableux et marécageux, l’université Ben Gurion a développé une expertise en nano technologie permettant d’envisager des membranes permettant la désalinisation avec des coefficients de rendement encore jamais espérés quant à l’énergie solaire, des technologies de pointe toujours émanantes de cette université sont testées à très grande échelle aux Etats Unis. Des plans d’infrastructure majeurs sont en place dont un train Beer Sheva - Tel Aviv qui permettra de résider dans cette dernière et travailler à Tel Aviv, une très importante base militaire le tout dans le cadre d’un plan stratégique. Hôpital de pointe, infrastructure routière et ferroviaire, base militaire autant d’ingrédients permettant au Negev de se développer. Le désert est en train de fleurir. En 1958, Israël était le 2ème pays au monde par capita pour l’aide aux pays pauvres principalement l’Afrique. Avec les développements énergétiques, technologiques, désertification, médecine et sa vocation caritative, dans peu de temps, Israël sera en mesure de faire le poids au pétrole utilisé comme arme pour forcer les pays « non alignés » à avoir une politique anti israélienne. La fusion de tous ces éléments a permis à Israël de passer d’une économie primaire agricole à une économie de savoir par le développement d’infrastructures de transformation, d’éducation, de transport et militaire. Ce, en l’espace de 2 générations. C’est la symbiose d’une terre, d’un code religieux et d’un peuple qui a permis à ce laboratoire humain qu’est Israël de réaliser ce miracle biblique. Qui peut oublier le film sorti en 1968 « l’ombre d’un géant » retraçant la formation de Tsahal ? Je ne peux m’empêcher de voir dans ce titre un clin d’œil de l’histoire dont les forces motrices semblent converger vers ce petit état en forme de mezouzah. Car alors que la carte du moyen orient arabe est en pleine effervescence par l’échec total de ses dirigeants qui ont abusé de leurs citoyens et que les petro dollars n’ont servi qu’à enrichir ces mêmes dirigeants, on voit Israël accéder à l’OCDE et afficher un des plus hauts taux de joie de vivre de ses habitants dans le monde libre. Comment cela est il possible ? Notre religion nous enseigne qu’il est possible de négocier avec l’être suprême comme le firent Abraham et Moise en conséquence l’être humain n’a d’autre limite que celle de son imagination. Ecoutez les chansons israéliennes qui font fureur et comptez les fois où le mot Halom – rêve est mentionné et vous serez surpris.


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L’échec d’Oslo scelle le sort de la laïcité israélienne Par Daniel Haik De plus en plus d’Israéliens partent à la recherche de leurs racines juives . Certains en rejoignant le monde de la Torah d’autres en se plongeant dans une découverte pluraliste et ouverte du patrimoine juif. De telle sorte que la laïcité israélienne, celle qui était tellement prédominante il y a quarante ou cinquante ans est en perte de vitesse. La cause essentielle de ce phénomène: l’échec du processus de paix. Le grand rabbin sépharade d’Israël le rav Shlomo Moché Amar raconte souvent l’histoire suivante: “Au début des années 60, alors que j’étudiais dans une yéchiva orthodoxe de Bné Brak, j’ai pris un taxi pour me rendre chez un proche dans la localité de Shlomi au nord d’Israël. A mes cotés s’est assis un membre du kibboutz de Hanita, mitoyen à Shlomi. Etonné de me voir vêtu du costume noir des élèves de yéchiva , il m’expliqua très sérieusement que “le monde de la Torah était à l’agonie” que “tout cela était du passé” et que “désormais les Juifs étaient devenus des Israéliens” et s’étaient débarrassés du fardeau des mitzvot pour embrasser l’idéal sioniste-socialiste et laïc”. Je lui ai alors demandé, raconte le rav Amar, s’il y avait une synagogue à Hanita. Il s’est mis à rire avant de répondre: “Vous plaisantez”. Je me souviens lui avoir alors promis que dans trente ans, Hanita aura sa propre synagogue”. Le Rav Amar avait vu juste. Trente ans plus tard, le kibboutz Hanita possédait sa propre synagogue. Comme c’est également le cas aujourd’hui pour l’immense majorité des kibboutzim “laïcs” israéliens. Quant au “kibboutznik” de Hanita, son estimation était erronée: alors que le monde de la Torah est en plein expansion en Israël, c’est plutôt l’idéologie socialiste et laïque de nombreux kibboutzim, véhiculée politiquement par le parti Meretz(3 députés à la Knesset) qui est aujourd’hui à l’agonie. Quelques données: on compte aujourd’hui plus de 1500 yéchivot en Israël, toutes tendances confondues dans lesquelles étudient des dizaines de milliers d’élèves. Selon un récent sondage, 72% des Juifs israéliens avouent s’être rapprochés, ces dernières années, de la Torah. Et selon l’Office National des Statistiques en Israël, même le monde qui se définit comme laïc reconnait conserver certaines traditions juives: ainsi un quart des “laïcs” israéliens jeunent durant Kippour, 29% des Israéliennes “laïques” admettent allumer les bougies de Chabbat, 10% affirment manger casher et 22% mangent casher à Pessah, 17% construisent une soucca, 67% allument les bougies de Hanouka et 82% célèbrent le Seder de Pessah! A cela se rajoute un phénomène passionnant: de plus en plus d’Israéliens qui se définissent comme “laïcs” consacrent plusieurs heures dans leur semaine à étudier le Talmud et la Torah dans des centres d’études pluralistes et même dans des “yéchivot laïques” qui se créent à Tel Aviv et dans sa métropole! Toutefois, il faut admettre que le monde laïc conserve dans la société israélienne plusieurs bastions très influents comme celui de la presse et des médias, de la Cour Suprême ou encore celui des artistes. Mais ce sont autant “d’arbres” qui ne parviennent plus à masquer l’envergure de la “forêt” de quête spirituelle et historique ressentie par toujours plus d’Israéliens. Si l’on devait trouver une cause à ce phénomène, celle-ci serait sans aucun doute renfermée dans le processus de paix israélo-palestinien entamé à Oslo il y a maintenant près de deux décennies. Ceux qui, parmi les Israéliens, clamaient leur laïcité, se targuaient également de faire de l’Etat d’Israël, un État comme les autres. Cette laïcité à outrance, décomplexée et débarrassée de toute tradition juive, devait servir de tremplin à la normalité d’Israël. Or pour devenir enfin un état normal, Israël devait faire la paix avec ses voisins et se doter de frontières sûres et reconnues. Un succès d’Oslo aurait parachevé la mutation identitaire du “juif de Diaspora” en “Israélien” porteur d’un nouveau message culturel et moral. Mais l’échec du processus de paix, l’étonnante capacité des Palestiniens a, comme disait Abba Eban, “ne jamais rater une occasion de rater une occasion” de faire la paix avec Israël, ont conduit de nombreux Israéliens à procéder à leur examen de conscience. L’intifada, les rejets répétés des propositions de paix d’Ehoud Barak en juillet 2000 et d’Ehud Olmert en novembre 2008 mais aussi la seconde guerre du Liban déclenchée alors que Kadima venait d’arriver au pouvoir en prônant justement la carte de la normalité, ont été autant d’éléments qui ont fait prendre conscience aux Israéliens que cette aspiration à la normalité était dans le meilleur des cas prématurée et dans le pire, dangereuse. Et face à l’adversité des Palestiniens, face à leur refus de renoncer à Jérusalem et au droit au retour de leurs réfugiés, de plus en plus d’Israéliens ont compris que s’ils ne ressentaient pas le lien historique, religieux et spirituel qui les liait à cette terre, ils risquaient de ne plus pouvoir la défendre. Binyamine Nétnyaou ne s’y est pas trompé: alors que ses premiers prédécesseurs à la présidence du conseil voulaient éluder ou minimiser le paramètre juif de l’État d’Israël, le voici qu’ il exige aujourd’hui, comme revendication prioritaire, la reconnaissance par les Palestiniens du caractère juif de cet État. Il est vrai que s’il agit de la sorte, c’est d’abord parce qu’il est persuadé que les Palestiniens ne pourront jamais accepter une telle revendication. Mais c’est aussi parce qu’il sait que dans la société israélienne, l’immense majorité de la population veut désormais voir à travers Israël, avant tout un État juif, proche de la tradition et fier de son bagage trimillénaire. Un État qui jamais ne pourra être “comme les autres”. ____________ Daniel Haik est journaliste israélien, rédacteur en chef du magazine Modia.


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La révolution et le monde arabe Entrevue avec Frédéric Encel Les révolutions qui ont secoué la Tunisie et l’Égypte ont fait tâche d’huile en Lybie voire même en Syrie, cependant la situation continue d’être confuse dans ces deux pays puisque aussi bien Khadafi que Bachar el Assad , bien qu’acculés vers la porte de sortie, sont toujours au pouvoir. Comment expliquez-vous cette situation? Ce printemps arabe a ceci d’intéressant qu’il présente des caractéristiques très spécifiques selon les Etats et sociétés concernés. Ici, la dimension tribale et clanique l’emporte, là il s’agit de contestation esssentiellement socio-économique, ailleurs la rue prendra les armes, etc. Il existe presque autant de situations que de pays ! Pour ce qui concerne la Libye et la Syrie, il faut bien comprendre que ce sont les deux régimes les plus répressifs de la sphère arabe, sans doute au top 10 des plus sanguinaires de la planète. Il n’est donc pas étonnant que Kadhafi, dont on connaît les méthodes et le fanatisme depuis quarante ans, s’obstine dans la politique du pire et du chaos. Quant au régime des Assad, pour être plus sophistiqué sur le plan idéologique, moins ubuesque aussi, il n’en demeure pas moins dictatorial et cynique. Dans les deux cas, les chefs iront jusqu’au bout, utilisant toutes les armes de la répression, de la propagande et du clientélisme. Devant l’ampleur de la contestation dans le monde arabe va-t-on assister à un changement drastique dans l’échiquier politique du Proche-Orient et du Maghreb? Je n’en suis pas certain. D’abord, un seul régime (sur 22 états arabes) est pour l’heure tombé : en Tunisie. Ailleurs, des hommes, des équipes ont chuté, mais pas les régimes proprement dits, comme en témoigne le cas égyptien. Ensuite, il est bien trop tôt pour présumer de ce que seront les politiques des nouveaux pouvoirs en place. On peut tout à fait imaginer le maintien de l’alliance américaine pour certains d’entre eux, voire un rapprochement avec Israël! Israël a-t-elle à gagner si un changement de régime survenait en Syrie et qui impliquerait un relâchement des liens et alliances que ce pays maintient avec l’Iran , et le Hezbollah et avec la direction du Hamas? Dans l’absolu, je pense que toute chute de régime despotique est a priori positif. Empiriquement, des démocraties ne se font pas la guerre et, de façon plus théorique, je crois que moins un pouvoir est fanatique, moins il aura recours à la guerre pour régler ses problèmes intérieurs. Ce n’est bien sûr pas une règle absolue, mais je pense tout de même qu’Israël pourrait à terme gagner à une certaine démocratisation de ses voisins arabes. Pour la Syrie, est-on sûr qu’un nouveau pouvoir - en l’occurrence sunnite dominé par les Frères musulmans - soutiendraient moins Hamas et Hezbollah ? Voire... Est-ce que d’après vous l’élimination d’Ousama Ben Laden va-t-elle changer la stratégie américaine que ce soit envers le Pakistan et son rôle dans son intervention en l’Afghanistan? Non, c’est surtout la traduction du “America is back !” En termes de crédibilité, c’est très important d’avoir démontré que les moyens et la détermination étaient au top pour atteindre l’objectif souhaité. En outre, l’enjeu pakistanais est plus crucial que jamais ; on voit bien la pression d’Obama sur ce régime plus fragile que jamais, car divisé en haut lieu sur ses stratégies de puissance. Les pays du G8 sont sur le point de lancer un « Plan Marshall » pour les pays arabes. Pensez-vous que cette initiative pourra aider à instaurer la démocratie chez ces pays et réduire ainsi l’influence des islamistes? En tout cas, cela favorisera les forces démocratiques. On sait bien que lorsque la situation sociale est très dégradée et que l’Etat est impuissant, les extrémistes s’imposent. C’est vrai universellement, et pas seulement dans le monde arabe. Mais ne rêvons pas : cette aide occidentale est nécessaire mais pas suffisante pour instaurer la démocratie. Celle-ci s’imposera - je l’espère - de l’intérieur. Dans tous les cas, cessons de fantasmer une sorte d’incapacité chronique des Arabes à la démocratie ! Comme partout, ils exigent liberté et dignité, valeurs universelles... ____________ Frédéric Encel est docteur en géopolitique de l’université Paris 8, maître de conférences à Sciences-Po Paris, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier en date “Comprendre la géopolitique” (Seuil, 2011)


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Vision d’un journaliste devenu député Entrevue avec Daniel Bensimon

LVS : Après le discours du président Obama définissant les frontières d’un futur État palestinien calquées sur celles de 1967, assiste-t-on à un recentrage de la politique des États-Unis vis-à-vis d’Israël? D.B  : Je dois préciser que la position du président Barack Obama ne fait que refléter la position exprimée par tous les présidents américains depuis 1967. Depuis Lyndon Johnson, tous se sont référés à la résolution 242-338 des Nations Unies concernant un retrait aux frontières de 1967. Mais avec une atmosphère actuelle en Israël hostile à Obama, son discours concernant cette fameuse référence aux frontières de 1967 a été très mal perçu par l’opinion publique israélienne en général, et par Netanyahou en particulier. Il ne faut pas oublier également que la base des pourparlers de Camp David en 1995 entre Ehud Barak et Bill Clinton portait sur les frontières de 1967 avec des rectifications mineures, 3 %, lors d’un échange éventuel de territoires soit 97 % de l’ensemble de ceux-ci. Pour résumer la réponse à votre question, je dirais que c’est plutôt le ton de la musique qui a changé. LVS : La politique de défi frontal de Bibi Netanyahou vis-à-vis d’Obama risque-t-elle de modifier à plus ou moins long terme l’alliance entre Israël et les États-Unis ? D.B  : Aujourd’hui, force est de constater que Netanyahou est allé un peu trop loin. Il y a eu des voix en Israël pour critiquer l’attitude « agressive » qu’il a adoptée envers le président des États-Unis. Il ne faut pas perdre de vue que les Israéliens considèrent toujours les États-Unis comme leur meilleur allié, si l’on compare le soutien continu de ces derniers vis-à-vis d’Israël à celui de l’Europe ou de l’Amérique latine. Pour eux, Israël peut affronter la rigueur de la communauté internationale à son égard, mais peut difficilement se passer des États-Unis. Depuis 1948, c’est-à-dire depuis sa création, Israël n’a pas eu de meilleur et de plus fidèle allié que les ÉtatsUnis. Alors, il est normal que les Israéliens souhaitent garder cette précieuse alliance. Il est intéressant de noter que ce n’est pas par hasard si Netanyahou s’est adressé au Congrès qui n’est pas majoritairement démocrate donc pas favorable à Obama, ce qui lui a permis de se tailler un beau succès et de se donner du poids face à l’opinion publique. Il faut se souvenir de l’épisode où Yitzhak Shamir était rentré en conflit avec le président Bush père, et qui plus tard avait perdu les élections, principalement en raison de ce faux pas avec la présidence américaine. Depuis lors, la leçon a été retenue. Obama ne méritait pas cette attaque et d’ailleurs, Netanyahou n’a pas hésité à adoucir le ton à son égard par la suite. Je pourrais résumer la situation en affirmant que dans leur immense majorité, les Israéliens ne veulent pas compromettre leur alliance avec les États-Unis. LVS : Y a-t-il une ligne directrice dans la politique étrangère d’Israël sous la conduite de Liberman ou, au contraire, procède-t-on à des actions en fonction de la conjoncture et de l’humeur du moment ? D.B : On parle souvent de rivalité entre Netanyahou et Liberman. En réalité, ce sont deux hommes qui ont la même personnalité même si l’un est américain et l’autre russe. Autrement, le Premier ministre n’aurait pas choisi ce dernier pour être son ministre des Affaires étrangères. Liberman n’a pas la cote en Israël et il n’est pas bien considéré, mais son parti « Israël Beitenou » procure 15 députés à Netanyahou, il s’agit donc aussi d’une alliance stratégique. Les deux hommes ne peuvent pas se séparer. Si par hasard Liberman était exclu du gouvernement en raison de ses déboires actuels avec la justice, ses électeurs s’en iraient naturellement vers Netanyahou, car les deux hommes partagent les mêmes points de vue face aux Arabes en général et aux Palestiniens en particulier, et ils sont également persuadés que le temps travaille pour eux. LVS : Quel est l’état de l’opinion publique israélienne face à l’isolement diplomatique du pays ? D.B : Cet isolement est pris très au sérieux dans le pays. L’opinion publique est consciente du sentiment anti-israélien qui sévit presque partout dans le monde et plus particulièrement en Europe. Ce sentiment, je le pense, va s’accentuer avec le vote sur la création d’un État palestinien lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, au mois de septembre. D’un point de vue pratique, il ne faut pas oublier que l’économie israélienne dépend en grande partie de ses exportations. Si les pays occidentaux décidaient de prendre des mesures économiques contre Israël à ce niveau ou s’ils décidaient d’exiger, par exemple, des visas aux ressortissants israéliens se rendant en Europe, le tort causé serait immense. Les Israéliens tiennent à garder leur niveau et leur qualité de vie, ils accepteraient difficilement une telle situation. Si cet isolement dont vous parlez se renforçait, le Premier ministre Netanyahou aurait beaucoup à perdre. Daniel Bensimon, ancien journaliste à Haaretz et actuellement membre de la Knesset


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Les printemps Arabes Entrevue avec Freddy Eytan Devant les changements de régimes dans certains pays arabes, notamment en Égypte, quelles sont les forces émergentes qui seront appelées à gouverner : une classe moyenne éduquée et aspirant à la démocratie ou au contraire verra-t-on surgir les vieux démons du panarabisme nouvelle version ou pire des régimes à orientation islamiste appuyés par l’Iran. Toutes les agitations dans le monde arabe sont internes et n’ont aucun rapport avec Israël. Elles éclatent contre des dirigeants corrompus qui ont profité durant des décennies de la misère et de l’ignorance des peuples et ont volé le trésor de l’État en instaurant un régime policier et en véhiculant la terreur et le culte de la personnalité. Dans les années cinquante et soixante, les changements des régimes arabes se réalisaient dans l’ombre et par un coup d’État de colonels mégalomanes. Aujourd’hui, les révolutions se réalisent, en plein jour, par la masse écrasante des jeunes chômeurs. Google et Facebook, les téléphones portables, et les satellites de télévision et de communication sont désormais les nouvelles armes pour manifester un mécontentement et un ras le bol des régimes totalitaires. Les jeunes égyptiens Tunisiens ou Libyens n‘ont connu que trois dirigeants. Moubarak Kadhafi ou Ben Ali. Ces trois ont volé et cumulé des fortunes ; à eux seuls c’est un trésor qui dépasse les budgets nationaux d’une cinquantaine de pays dans le tiers monde. Un égyptien gagne par jour 2 euros mais un conseiller parlementaire égyptien reçoit 15 000 euros par mois. Ahurissant! Les coups d’État étaient monnaie courante dans le monde arabe avec en toile de fond le panarabisme de Nasser, l’Union, L’Ouma et les valeurs républicaines socialistes encouragées par l’ex-Union Soviétique. Les problèmes intérieurs étaient dissimulés. On souhaitait l’union des États- Les républiques arabes unies chères à Nasser et Kadhafi sont créées successivement avec la Syrie et le Maghreb. Le combat contre l’État étranger sioniste devenait l’objectif majeur. Non à la reconnaissance de l’État d’Israël, non à la négociation, non à la paix telle exprimée dans la fameuse résolution de Khartoum en juillet 1967. La défaite et l’humiliation de la guerre des Six Jours ont alimenté les foules et seulement après la guerre de Kippour on comprend qu’il n’est plus possible de combattre Israël sur le champ de bataille. Le fardeau économique et militaire est trop lourd. La démographie est galopante et la misère est profonde. Pour éviter la révolte, les dirigeants ont emprisonné les opposants aux régimes, ont muselé la presse et ont plongé la population dans la terreur et l’ignorance. Mais voilà qu’internet et les satellites de communications arrivent avec El Jazzera et s’installent dans la clandestinité. On ouvre les yeux. On regarde bouche bée les images. Un phénomène qui rappelle l’écroulement des régimes soviétiques. Comme dans les 15 différentes républiques, les changements se font selon les spécificités de chaque État, de chaque société. Ainsi la Libye n’est pas la Tunisie et la Tunisie n’est pas l’Égypte. Il est plus facile de se révolter contre des régimes modérés et il est plus compliqué contre des régimes totalitaires et oppresseurs tels que l’Iran, la Syrie et la Libye. L’alternance ne garantie pas la démocratisation. Les royaumes non plus ne sont plus à l’abri. Respect et tradition pour le roi exemple de la Jordanie, l’Arabie Saoudite ou le Maroc. Nous assistons au réveil des masses populaires suite à un long et profond sommeil et le ras le bol. Cela a commencé en Tunisie et a provoqué l’effet des dominos. Désormais les jeunes arabes n’ont plus peur. Cependant le vent de liberté sera éphémère si les nouveaux dirigeants arabes n’appliqueraient pas un plan d’urgence pour des réformes démocratiques et les pays occidentaux n’investiront pas dans l’éducation de la jeunesse qui est mise en majorité écrasante au chômage. Dans le cas d’échec, il est clair que ces régimes plongeront ces peuples dans la misère. Une situation propice pour les religieux islamistes de prendre le pouvoir et d’instaurer la loi coranique voire la charia. Il faut donc faire vite car les fanatiques religieux et les extrémistes écoutent derrière la porte et attendent le moment opportun pour agir à leur guise. Un flottement, une hésitation de l’Occident, des Américains est grave et encourage les forces dévastatrices, Al-Qaïda et l’Iran. Dans la première étape, les pays alliés de l’Occident, les monarchies en Arabie Saoudite au Maroc, en Jordanie et aux émirats du Golfe devraient restées au pouvoir mais exiger des réformes telles que la liberté de la presse, droits de l’Homme et l’émancipation de la Femme et l’expression de partis libres diversité politique. L’ aide économique de l’Occident devrait calquer le plan Marshal établi juste après la Deuxième guerre mondiale. Enfin, il est clair qu’Israël a un intérêt évident de voir que des pays qui l’entourent adopteront un jour de véritables valeurs démocratiques car le manque de démocratie dans le monde arabe a contribué ces dernières décennies à la perpétuité du conflit. Vous connaissez bien l’Afrique du Nord, quelles perspectives d’avenir voyez-vous pour la Tunisie de l’Après Ben Ali et bien entendu pour ses voisins comme l’Algérie et la Libye. La présence dans la région d’Al Qaïda pour le Maghreb islamique risque-t-elle de brouiller les cartes? Rappelons que Bourguiba, fondateur en 1956 de l’État tunisien indépendant, a montré de la maturité politique en appelant à reconnaître l’État juif déjà en 1965, voire deux ans avant “l’occupation des Territoires” par la guerre des Six-Jours. Soulignons aussi que Ben Ali a été le seul dirigeant arabe à accepter l’installation du QG d’Arafat et ses troupes à Tunis suite à l’invasion de Tsahal à Beyrouth en 1982, et c’est aussi le même Ben Ali qui a ouvert en 1994, les portes d’un bureau israélien de liaison diplomatique et a permis ainsi à de nombreux juifs tunisiens à revenir comme touristes dans leur pays natal.


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Remarquons aussi l’attitude frileuse de la France et le refus de Sarkozy d’accorder l’asile politique à Ben Ali qui rappelle le comportement de Giscard d’Estaing avec le chah d’Iran et son soutien à ayatollah Khomeiny. Hier, Sarkozy et tous les pays européens ont reçu le chef libyen en grande pompe en signant des contrats fabuleux et aujourd’hui l’Occident avec l’Otan bombardent Tripoli et revendiquent avec force le départ de Kadhafi. Les États ont toujours été des monstres froids, les chefs sont toujours vulnérables, et seuls les intérêts politiques et mercantiles dominent. Avec la révolte tunisienne des jasmins, il semble pour l’Occident qu’un air frais de démocratie se propage dans le monde arabe mais en raison des rivalités tribales particulièrement en Libye la démocratie n’est pas pour demain ni pour après demain… Les islamistes en Afrique du Nord en effet se renforcent et je le répète seuls l’éducation des jeunes et de nouveaux emplois pourront éviter le fanatisme religieux. Pensez-vous qu’Israël risque de se retrouver en posture d’accusé, une fois n’est pas coutume, voire même d’isolé même au sein de l’Union Européenne lors du prochain vote à l’Assemblée des Nations Unies sur la création d’un État palestinien. Tout d’abord, notons que les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies ne sont pas contraignantes et elle ne peut créer ou reconnaître l’État palestinien. Les nouveaux membres aux Nations-Unies ne peuvent être admis qu’après une décision unanime du Conseil de sécurité des Nations Unies. Rappelons que l’un des cinq membres permanents a le droit d’imposer son veto. Nous pouvons donc compter sur l’administration américaine et aussi sur l’amitié de plusieurs pays amis et en particulier le Canada qui a prouvé récemment lors de la réunion du G8 à Deauville, France, que son Premier ministre Stephen Harper est un homme courageux et un ami inconditionnel de l’État juif. Cela dit, les Nations-Unies ont toujours pratiqué le vote automatique et Abba Eban nous disait avec superbe: “ si dans un projet de résolution on demandera un jour de voter pour que la terre soit plate, eh bien, la majorité écrasante des Nations-Unies votera pour cette bizarre résolution”. Donc, nous nous pourrions hélas changer la face du monde mais nous pouvons toujours compter sur des amis sincères et avoir ce privilège d’être membre à part entière du club démocratique. Israël compte-elle encore sur des figures politiques d’envergure pour mener le pays? Depuis plusieurs décennies déjà nous assistons en Israël comme d’ailleurs dans le monde entier à une érosion sensible dans le leadership gouvernemental. Les chefs de gouvernement sont soient des technocrates ou des hommes politiques qui préfèrent l’intérêt immédiat ou celui de leur parti, plutôt que l’avenir et le bonheur de leur peuple. Désormais, les sondages d’opinion prévalent sur toutes les décisions. Nous manquons de véritables hommes d’État charismatiques ayant une vision claire, des messages limpides, et des discours d’espérance. __________ Freddy Eytan est un diplomate, ancien ambassadeur et journaliste-écrivain israélien.


Nous pensons et agissons pour la PROMOTION et la SOLIDARITÉ envers ISRAËL Nous appuyons, en partenariat, les initiatives de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec

CULTUREL • Le Festival du Cinéma Israélien de Montréal • Le Festival Séfarad de Montréal • Promotion de l’Héritage et des Traditions sépharades

SOLIDARITÉ • Campagne de Petits Déjeuners pour enfants défavorisés au Néguev • Mission de Solidarité - Beer-Sheva / Bnei Shimon

PROMOTION • Dossier culturel & scientifique sur Israël – LVS • Visite de personnalités politiques et universitaires israéliennes au Canada • Colloque International sur Israël

REPRÉSENTATION • Participation canadienne aux Congrès annuels du Vaad Hapoël à Jérusalem • Congrés Sépharades Internationaux, • Congrès sionistes mondiaux • Renforcement des liens avec les communautés sépharades de Toronto, Ottawa et Vancouver

Moïse Amselem Président


MISSION DE SOLIDARITÉ 2011 en Israël Montréal- Beer-sheva

Du 8 au 22 novembre 2011

Prix 2850$* *Prix sujet à changement

EN TOUTE EXCLUSIVITÉ

Deux chabbats: Jérusalem et dans le Nord Célébration des bar-mitzvot

Pour plus d’information: Sabine Malka • 514-733-4998 # 8230

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