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LE CALME

Bye bye le stress

ÉDITION 2017 | N°1

Un magazine de CSF fondation pour le soutien à la parentalité

“Adopter le rythme de la nature : son secret est la patience” - Ralph Waldo Emerson -


A propos de la fondation page 04

Astuces Pédagogiques

Point d’interrogation

page 12

page 06

Ça Bricole!

Histoire de vie

page 16

S’impliquer auprès des enfants

page 18

Micro Goûter page 24

page 22

Il était une fois page 26

Brin d’insouciance page 35

Now Wahouw!

Balade Contée

page 36

page 37

Rendez-vous magiques page 40

Recette merveilleuse page 42


Avez-vous déjà fait l’expérience, au cœur d’un tumulte, de prononcer un mot ? Juste un seul : Calme. Essayez… Même en le chuchotant n’avez-vous pas cette sensation presque immédiate qu’avec ce simple mot tout devient à la fois magique et envoûtant? Un peu comme si tout se transformait spontanément autour de nous en une atmosphère d’apaisement absolu et nous donnait le pouvoir d’évoluer en harmonie en offrant à chaque tension sa solution. Dès lors, pourquoi est-ce donc si complexe de ne pas être submergé par le stress? En réalité, aucune réponse miraculeuse n’existe fondamentalement. Tout au plus des indications qui semblent tendre vers la même conclusion : dans 80% des cas, nous serions une des sources principales de notre stress. Ce sont souvent nos projections dans le cadre de nos interactions sociales, amicales, affectives et professionnelles qui nous éloignent d’un état naturel de quiétude. Pour bon nombre d’entre nous, gérer son stress relève d’un véritable défi voir d’une quête. La bonne nouvelle est que si nous en sommes l’auteur; il y a de fortes probabilités pour que nous puissions le supprimer en découvrant la ou les causes. Tels de doux chevaliers et d’époustouflantes princesses, à renfort de potions de Merlin, de joyeux « coin-coin » mais aussi avec d’excellentes doses d’imagination ce numéro vous invite à parcourir avec un brin de témérité d’autres angles d’approches pour développer votre propre stratégie. « Bye bye le stress ! »

WonderFée

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Présente aujourd’hui pour demain, CSF fondation s’implique, depuis 2007, auprès des enfants en difficulté en étant active notamment dans la prévention des traumatismes physiques et psychologiques dans les trois domaines d’activités suivants: ÉMERVEILLER POUR RÉCONFORTER

Absorber l’onde de choc d’un drame pour consoler et favoriser l’imaginaire par l’univers des contes.

INFORMER POUR PROTÉGER

Susciter une meilleure prise de conscience du danger et donner des pistes pour développer ses moyens de défense.

SOUTENIR POUR RENFORCER L’AVENIR

ILLUSTRATIONS: NOÉ FÉRET

Optimiser les ressources de l’entourage et proposer des clefs pour mieux gérer les difficultés de la vie.


Dans le but d’anticiper certaines problématiques subies par des enfants confrontés à des difficultés ou à des épreuves de vie dues à un manque de connaissances, CSF fondation s’inspire, entre autres, des contes pour leur sagesse populaire. Au fil des années, l’équipe de CSF a donc acquis une expérience qu’elle souhaite transmettre à plus grande échelle avec son Wahouw! en vous invitant à découvrir des pistes simples pour soutenir votre enfant dans son développement et l’aider à surmonter des périodes difficiles ou des changements majeurs. Le Mag Wahouw! se découvre telle une prodigieuse escapade où des notions comme la confiance, le courage ou encore le bonheur sont explorées à travers des univers magiques d’histoires, de jeux insolites, d’astuces et de clés pratiques. Au gré des thèmes abordés, cette année, notre équipe se réjouit d’enchanter votre quotidien de petites touches originales et créatives qui, nous l’espérons, favoriseront l’autonomie de vos enfants en les aidant à trouver plus facilement des solutions à leurs interrogations.


LE STRESS Le travail, la course contre la montre, les obligations sociales et familiales... nombreuses sont les sources de stress dans notre quotidien.

Mais en fait, c’est quoi le stress ? Malgré la connotation négative associée à ce terme, le stress est une réaction naturelle et nécessaire de l’organisme face à la menace et qui a par ailleurs permis à l’Homme d’évoluer et de survivre au fil du temps. Il s’agit en fait d’un réflexe psychologique et physiologique à une situation qui est perçue comme difficile ou menaçante et qui demande une adaptation. Lorsque l’individu se trouve confronté à une situation exigeante, un processus psychologique et physiologique qui met l’individu dans un état de vigilance est déclenché pour le préparer à fournir un effort important, afin de se défaire du danger, par le combat ou par la fuite. Le corps libère alors les hormones du stress, telles que l’adrénaline et le cortisol, qui vont augmenter le rythme cardiaque, la respiration et réguler la tension artérielle. En d’autres mots, tout est mis en œuvre pour que le corps soit prêt à réagir rapidement et efficacement en cas d’agression. Aujourd’hui, nous ne sommes heureusement que très rarement confrontés à des situations véritablement dangereuses, du moins dans la société dans laquelle nous vivons. Cependant, les gens se plaignent de plus en plus du stress qui est à présent une question de santé publique.

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Néanmoins, il est important de mettre en évidence et faire une distinction entre le bon stress et le mauvais stress. Le bon stress est celui qui agit comme stimulant


DESSINS: ALYAA KAMEL

et qui augmente nos performances dans l’exercice d’une tâche. Il aPlus par d’astuces exemple de éténotre démontré boîte àqu’il outilsest surbien d’être un peu stressé avant un examen, car on obtient de meilleurs www.csf-fondation.org résultats. Cela dit, comme pour beaucoup de choses dans la vie, le stress est bon à quantité modérée. Lors d’une exposition trop longue ou trop intense, il devient nocif et entraine des perturbations psychologiques et somatiques, ces dernières se manifestent par de multiples symptômes qui diffèrent d’une personne à l’autre. Nous ne sommes pas égaux face au stress. Les réactions aux stimuli stressants dépendent essentiellement de la personnalité de chaque individu et à sa capacité à gérer le stress. 7


Et les enfants ? Sont-ils stressés ?

« Ah, les enfants ! Qu’est-ce qu’ils ont la belle vie ! Pas de stress, ni soucis… ». Il est probablement déjà arrivé à tout un chacun d’avoir ce genre de réflexion. L’imaginaire collectif semble se représenter l’enfance comme une période de légèreté et d’insouciance, à l’abri des tracas quotidiens. De ce fait, nous avons tendance à associer le stress uniquement aux adultes. Mais cette représentation est-elle juste ? Pas vraiment, car les dernières études démontrent clairement que le stress est un malaise touchant autant les enfants et les adolescents que les adultes. Si vous vous demandez à quel âge commence le stress, on peut malheureusement répondre qu’il n’y a pas d’âge pour en ressentir les premiers effets ! Les nourrissons possèdent dès leur naissance des angoisses dites archaïques, c’est-à-dire qu’elles apparaissent très tôt dans le développement humain. Ces angoisses sont donc naturelles chez l’enfant. D’autres angoisses liées à la peur de la séparation avec les parents, à l’abandon, ou à la mort font également partie du développent normal de l’enfant. En effet, l’enfant ne possède pas encore ses propres moyens de défense. C’est pour cela qu’il est important de répondre à ses peurs (qu’il exprime souvent par des pleurs puisqu’ils sont son unique façon de communiquer) par des actes de protection. Il faudrait montrer à l’enfant qu’on est présent pour prendre soin de lui, le protéger. Cela s’exprime en tentant de le consoler pour calmer ses pleurs, en le prenant dans nos bras, en lui chantant des comptines. Cela se traduit également par le fait de répondre à ses besoins primaires (reconnaître quand il a faim, soif, besoin de dormir où d’être changé). Finalement, il est important de garder à l’esprit que les pleurs sont toutefois pour lui un moyen d’externaliser ses émotions. Il est donc important d’accepter que les pleurs fassent partie de la communication du bébé avec son environnement, et qu’ils soient donc inévitables jusqu’à un certain niveau ! Deux types de stress peuvent être mis en évidence : le premier, plus facilement détectable qu’on nomme stress aigu est dû à un événement majeur qui vient modifier l’environnement de l’enfant (un déménagement, une séparation, la naissance d’un petit frère, etc.). Le second, appelé stress chronique, découle de stress répétitifs (parent tendu, quotidien imprévisible, 8


pression scolaire, disputes de l’entourage, etc.) qui peuvent être tout aussi néfastes pour l’enfant.

Chez les tout petits… Comment se manifeste le stress ?

Les parents sont en général les premiers à pouvoir détecter un changement de comportement chez le bébé. S’il a tendance à être de nature plutôt calme et que vous notez une transformation vers un état plus agité, cela peut être un premier signe à ne pas banaliser. À l’inverse, un bébé de nature agitée qui peu à peu évoluerait vers une attitude étrangement calme et renfermée peut également dissimuler un stress. Vous l’aurez compris, les manifestations sont très variées ! Ce n’est donc pas forcément un comportement spécifique qui tire la sonnette d’alarme, mais bien le changement de comportement que vous constatez auprès de l’enfant. Ces manifestations peuvent donc être très diverses : crises de colère, pleurs, régression, perturbation du sommeil, changement d’appétit, etc.) Le stress peut aussi s’exprimer à travers un retard dans le développement. L’impact du stress sur la vie de l’enfant peut lui aussi être très différent d’un enfant à l’autre. Il peut modifier sa motivation (à aller à la crèche le matin, à jouer avec d’autres, etc.), mais également son attention, puisque cette dernière va être focalisée sur les stimulus stressants de l’environnement et sera donc réduite pour les activités quotidiennes de l’enfant. Le stress influence de ce fait l’apprentissage puisque les réactions du stress sur le corps diminuent les ressources nécessaires au bon développement de l’enfant.

Comment le calmer ? Tout d’abord, le fait de le prendre simplement dans ses bras est un premier acte qui lui permet de se calmer petit à petit. Il reste cela dit essentiel de le laisser exprimer ses émotions. S’il ne peut pas le faire avec des mots, il le fera peut-être sous forme de gestes brusques, avec ses bras ou ses jambes. L’enfant nécessite d’autant plus d’attention et de réconfort de la part de son entourage étant donné qu’il 9


lui manque les défenses psychologiques pour se protéger seul. Tout se trouve dans l’équilibre entre lui permettre d’exprimer ses émotions, tout en le consolant. Il a d’ailleurs été démontré qu’un bébé ressent le stress de son papa et de sa maman lorsqu’ils ne parviennent pas à calmer ses pleurs. Réduire la nouveauté et l’imprévisibilité est aussi essentiel pour engendrer un meilleur sentiment de contrôle auprès du bébé. Pour cela, il est important d’offrir un cadre rassurant et ritualisé (par exemple goûter, jeux, bains, repas, histoire, coucher). Cela va permettre à l’enfant de percevoir son environnement comme plus stable. Il se sentira de ce fait plus en sécurité et en confiance.

Les enfants Pour qu’une situation soit stressante, elle doit comporter au moins l’une des trois caractéristiques suivantes : la nouveauté, l’imprévisibilité, ou le manque de contrôle. L’enfant qui atteint l’âge de scolarité se voit confronté à de nouveaux défis. Il doit faire face à un nouvel environnement et à de nouvelles exigences telles que la réussite scolaire, un emploi du temps plus rigoureux et le besoin de se faire de nouveaux amis. Aux obligations scolaires viennent souvent s’ajouter de nombreuses activités, censées l’aider à se sociabiliser et s’intégrer, mais qui surchargent son emploi du temps. Chez les enfants de cet âge, qui subissent d’importants stress, on peut observer différents symptômes, comme des maux de ventre, le trouble du sommeil, l’apparition d’angoisses difficilement identifiables. Des changements peuvent aussi s’opérer au niveau comportemental. L’enfant peut soudainement devenir très agité et irritable ou au contraire anormalement calme et replié sur lui même. Certains enfants commencent à se ronger les ongles ou à mâchouiller compulsivement tout ce qui leur tombe sous la main. Les manifestations du stress sont nombreuses et variées. D’une manière générale, il faut essayer d’observer s’il y a eu un changement soudain et important dans le comportement de l’enfant.

Les adolescents En ce qui concerne les adolescents, ils doivent faire face à un grand nombre de changements durant 10


les processus de puberté et d’adolescence. Pendant ce stade développemental, les jeunes doivent s’adapter aux transformations qui s’opèrent autant dans leurs corps, qu’au niveau psychologique. Il s’agit également d’une période charnière pour la construction de l’identité, pendant laquelle les adolescents cherchent à s’affirmer et à s’émanciper par rapport à leurs parents. Pour cette raison il est important, bien que difficile, de trouver la bonne distance avec les adolescents. Le défi pour les parents est de montrer à leur enfant que, certes, ils reconnaissent son besoin d’indépendance et d’affirmation de soi, mais qu’ils restent disponibles en cas de besoin. Le jeune essaye aussi de trouver sa place parmi ses pairs, qui occupent une place privilégiée dans son univers. Les histoires d’amour et d’amitié sont en effet une préoccupation constante chez les adolescents. Aux enjeux identitaires et sociaux viennent s’ajouter les questionnements quant à la réussite scolaire et le choix de l’orientation professionnelle. Tout cela est donc source de grands stress dont il est important de tenir compte en tant que parent pour mieux gérer cette période complexe. Les parents ont d’ailleurs une grande influence sur le stress de leur progéniture. Ils peuvent être source de stress ou, à l’inverse, une ressource : des parents détendus sont plus susceptibles d’avoir un effet positif sur le stress de leurs enfants. En somme, force est de constater que les enfants sont confrontés à de nombreuses sources de stress dont ils peuvent, en partie être protégés par leur entourage, mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille essayer à tout prix de les en préserver ! En effet, le fait d’éviter tout stress à son enfant est non seulement impossible, mais cela l’empêcherait de développer ses propres ressources nécessaires pour affronter et surmonter les défis rencontrés au cours de sa vie! Coslin, P. G. (2006). Psychologie de l’adolescent (2e éd.). Paris, France: Armand Colin. Coslin, P. G. (2007). La socialisation de l’adolescent. Paris, France: Armand Colin. Dumont, M., Leclerc, D., & Deslandes, R. (2003). Ressources personnelles et détresse psychologique en lien avec le rendement scolaire et le stress chez des élèves de quatrième secondaire. Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, 35(4), 254. Plancherel, B., & Bolognini, M. (1999). A propos de la gestion du stress chez les adolescents: une brève revue de la question. Pratiques psychologiques, (4), 63-75. Tourrette, C., & Guidetti, M. (2008). Introduction à la psychologie du développement. Du bébé à l’adolescent. (3e éd.). Paris, France: Armand Colin.

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LA RELAXATION Petites idées de relaxation avec son enfant Pour calmer le corps et l’esprit, pourquoi ne pas utiliser des techniques de méditation ? De nombreuses études scientifiques ont été menées et confirment les effets positifs de la méditation sur le cerveau. Elle s’installe d’ailleurs progressivement au sein des écoles, des entreprises, ainsi que dans les milieux professionnels où le stress se trouve être très présent. Aidant à canaliser les émotions, la méditation favorise entre autres l’attention, la concentration ainsi que la mémorisation. Elle permet donc un meilleur développement global de l’enfant. Cela dit, on peut commencer à se relaxer tout simplement en offrant à son enfant un moment de tranquillité. Nous, les adultes, sommes submergés par mille et une activités, mais n’oublions pas que nos enfants prennent de ce fait, un rythme similaire. En tant que parent il est normal de désirer remplir l’emploi du temps de son enfant de nombreuses activités toujours plus variées, ce qui est riche pour le développement de l’enfant. Cela dit, le revers de la médaille est que l’on observe de plus en plus d’enfants submergés d’activités, et qui n’ont plus le temps d’apprivoiser des moments libres, de « vide ». Pourtant, il est tout aussi nécessaire de prendre le temps durant la semaine ou le weekend où l’on n’a rien de prévu, et où nos enfants pourront s’occuper librement.

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Voici quelques idées d’activités simples à glisser dans notre quotidien bien chargé pour se détendre et apprendre à mieux gérer son stress…

Le petit coin détente… Bien des enfants ont du mal à s’endormir le soir, à l’heure du coucher. Ils se mettent à penser à leur journée, à celle qui viendra après le dodo, ou à de multiples peurs qu’ils doivent petit à petit apprivoiser. Comme nous l’avons vu précédemment, les rituels sont très importants pour les enfants. La période qui précède le coucher est donc idéale pour y glisser un moment de détente, en créant dans un recoin de votre maison, une atmosphère paisible. Cela peut se faire en disposant des coussins par terre, des petites lumières tamisées, un chocolat chaud, tout en offrant le choix à votre enfant de lui raconter une histoire, d’écouter un morceau de musique, ou tout simplement de fermer les yeux et partager un moment simple, ensemble.

ILLUSTRATIONS: MARIAM LAMRANI

Se défouler ! Souvent, la peur nous fige, nous empêche de nouvelles expériences. En d’autres termes, elle nous prive de mouvement. Une façon de contrer ce stress, ou de l’empêcher de s’installer est donc de faire bouger votre enfant ! Que ce soit par une activité sportive au cours de la semaine, des mouvements de respiration en ouvrant bien grand sa cage thoracique ou encore simplement prendre l’air et se défouler dans le parc à côté de la maison, bouger est essentiel pour évacuer le stress !

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Astuces pour éviter le stress chez vos enfants: - Passer de moments de qualité avec l’enfant pour qu’il se sente aimé et soutenu. - Planifier des moments de jeux et de détente. - Offrir un cadre rassurant et ritualisé pour que l’enfant puisse anticiper au mieux les étapes de sa journée pour qu’il se sente plus en sécurité et en confiance. - Garder des moments de vide durant la semaine, où l’enfant est libre de faire ce qu’il veut (même s’ennuyer !). - Lui rappeler ses ressources pour développer sa confiance en lui et qu’il se sente ainsi capable de relever les défis. - Relativiser les « échecs » : c’est normal de ne pas tout réussir !

Se centrer sur le moment présent... La pleine conscience est une technique de méditation qui vise à se centrer sur le moment présent : mettre toute notre attention sur l’état de notre corps et de nos pensées, sans jugement. Parce que le stress prend souvent naissance d’un événement passé ou futur, le fait de se retrouver totalement conscient dans le moment présent permet de se libérer de ces craintes anticipées qui s’avèrent très souvent disproportionnées. Les enfants ont bien souvent peur d’un examen à l’école, d’un loup caché sous le lit, d’aller chez le médecin ou encore de se faire kidnapper durant la nuit par le méchant du dessin animé de l’après-midi… On remarque donc que toutes ces peurs sont non seulement dirigées vers l’avenir mais puisent aussi leur source souvent dans le passé. Bien qu’elle soient source de grand stress, rien qui ne se passe durant le présent ne les justifie.

Un petit exercice pour apaiser les tensions Proposez à l’enfant de s’installer, assis, le dos droit, en tailleur comme une grenouille s’il le souhaite, ou tout simplement sur une chaise. Dites-lui de fermer les yeux et de commencer par respirer en gonflant et dégonflant son ventre, comme un ballon ! Il peut mettre une main sur son ventre pour sentir l’air aller et venir. Laissez-lui le temps de se concentrer et prendre conscience de sa respiration, tout en la 14


laissant aller, naturellement. Qu’elle soit rapide, discontinue ou très lente, le but est simplement d’en prendre conscience. Au bout de quelque temps, proposez cette fois-ci à l’enfant de poser son attention sur les pensées qui arrivent dans sa tête : des moments de la journée, des craintes pour le lendemain, un souvenir de vacances, peu importe, il suffit de porter attention sur ces pensées, tout en les laissant aller et venir. Finalement, après un petit moment passé sur les pensées, demandez à votre enfant de porter son attention sur les endroits de son corps où il se sent lourd, ou à l’inverse, léger. Peut-être que je ressens davantage mes pieds sur le sol que mes bras qui pendent dans le vide. Peut-être que mes doigts sont très serrés l’un contre l’autre, ou alors tous détendus. Est-ce que je ressens de la chaleur ou est-ce que j’ai froid quelque part ? Le but n’étant pas de modifier quelque chose, mais juste de prendre conscience de son corps. Avant de rouvrir les yeux, revenez à sa respiration une dernière fois pour observer s’il y a eu un changement ou non. Ma respiration est-elle devenue plus calme ? Est-elle restée identique ? Tranquillement, dites à votre enfant d’ouvrir ses yeux… et s’il le souhaite, partager ses ressentis avec vous !

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Ces balles ludiques si agréables à modeler et à emporter avec vous sauront à coup sûr détendre vos petits bouts... Et pourquoi pas vous !

Matériel:

----Va farfouiller, au fond du placard, quelques ballons d’anniversaire colorés ----Mets toi à la recherche de farine ----Explore la cuisine pour trouver une bouteille en plastique ou un entonnoir !

Créer ta balle anti stress

----Commence par remplir la bouteille de farine... ----Remplis tes poumons, et gonfle le ballon un tout petit peu ! ----Accroche le ballon au goulot et renverse petit à petit la bouteille dans le ballon ----Une fois que le ballon est rempli, fais un nœud ----Prends un marqueur indélébile pour lui créer un visage !

N’hésitez pas à partager avec nous vos créations sur notre page Facebook CSF fondation ! 16

PHOTO GAUCHE: MÉLISSA MÜLLER - PHOTO DROITE: STÉFANIA ZAUGG POULIE

LA BALLE ANTI-STRESS


« A force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel » - Edgar Morin -

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MADDALENA DI MEO Lauréate du Prix de la Femme Entrepreneure 2016, Maddalena di Meo est une femme époustouflante. Elle est directrice de la société lausannoise FirstMed qui propose des cours de premiers secours au grand public depuis 2012 et sensibilise les enfants aux premiers secours tout en popularisant le numéro d’urgence suisse : le 144. 2017 est un tournant majeur pour Maddalena di Meo avec la création de sa start-up en lien direct avec Mad4Care, une application vocale innovante pour accompagner les personnes en situation d’urgence et leur sauver la vie. WAHOUW ! Au vu de votre impressionnant parcours professionnel, comment faites-vous pour insuffler un tel dynamisme ? C’est le réveil, qui vraiment pour moi est important. Quand j’ouvre les yeux le matin, je sais que j’ai une nouvelle opportunité de faire quelque chose. Et c’est quelque chose que j’ai gardé depuis que je suis petite. J’étais appelée bébé sourire par mes parents ! J’étais déjà très sociable. C’est devenu d’autant plus important quand j’ai commencé à travailler avec les malades à 16 ans. C’est vraiment cette notion d’opportunité… ça ne veut pas dire que tout est parfait dans ta journée. Il y a des moments de colère, de frustrations, des moments où j’en ai ras le bol. Mais tu vis ta journée. La vivre, c’est ce qui me plait. Ce numéro est consacré au calme. Comment gérez-vous le stress dans votre vie quotidienne ? Alors ça c’est une question délicate, parce que je suis considérée comme une hyperactive. Et je me demande 18


si le stress n’appartient pas à l’hyperactif. Mais il y a une chose que j’ai apprise très tôt dans l’hospitalier : quand on est face à un vrai stress, arrêt cardiaque, problématique grave, où les choses se précipitent en un instant, j’ai appris à avoir cette capacité de distance. Je suis dans le fait, et pas dans l’émotionnel. Et après, je reviens à mon émotionnel, une fois que j’ai accompli, entre guillemets, ma tâche. J’ai également appris à prioriser et à renoncer. Parce que quand on enfile sa cape, on a envie de tout faire et on veut sauver le monde. Mais à un moment donné, il faut aussi accepter qu’on ne puisse pas. Et puis, une journée est aussi faite de ça. C’est que tu établis un programme, tu dis : bon, aujourd’hui, je priorise. Mais au fond, ça ne va pas se passer comme prévu. Quelles sont vos astuces pour cultiver la sérénité ? Ma sérénité est cultivée dès le moment où ce que je fais au quotidien et que j’accomplis à chaque instant me satisfait et m’épanouit. Si je suis dans ce que j’appelle la procrastination, j’ai un problème. Je suis en dissonance avec qui je suis et ne pourrais jamais être sereine. D’après votre expérience, comment éviter que le stress provoque des accidents domestiques ? L’éducation ! Parce que, si je reprends l’exemple de l’émotion : quand on est dans une situation où émotionnellement on a un stress, si on a appris de façon répétitive certains gestes, en cas de situation d’urgence, c’est l’automatisme qui se met en place et non l’émotion. Et c’est l’unique façon d’éviter… Et il y a une autre notion: c’est de prendre le temps d’anticiper les risques et d’en être conscient. Il y a une astuce que je donne toujours aux parents qui sont en train de le devenir pour la première fois. Je leur dis : « Pour éviter un accident et l’hôpital, regardez votre environnement, tel qu’il est maintenant dans votre nid douillet : Réfléchissez maintenant, avec l’arrivé d’un enfant, quels sont les lieux à risque, les coins de tables, la cuisine? Ayez cette réflexion-là avant les problèmes. Parce qu’un appartement, ça s’adapte ! »

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Votre vie c’est plutôt … Conte de fées ? Légende ? Conte facétieux ? Alors, je dirais plutôt conte de fées problématique. Plutôt du style « La belle et la bête » ou « La petite sirène ». Parce que bizarrement j’ai toujours été attirée par les contes de fées avec des femmes leaders qui posaient problème. Donc oui, je correspondrais assez à ce type de contes de fée, mais pas avec une fin définie et pas forcément idéale. Et légendes… Je pense qu’il y a toujours une partie de légende dans ce qu’on fait, dans ce qu’on a entrepris. Parce qu’on porte aussi des croyances et des savoir-être et faires de ses ancêtres. Mais au niveau des contes facétieux… Ma vie est assez drôle, je suis une catastrophe ambulante ! J’étais connue pour être miss catastrophe ! Petite je me suis électrocutée, noyée… Je ne devrais même pas être de ce monde! Petite, aviez-vous un conte préféré ? Deux héroïnes qui m’ont toujours touchée ce sont Arielle et Belle. C’est quand enfin, l’héroïne s’émancipe et qu’elle ose exister au-delà du côté bébête de « La belle au bois dormant » et « Blanche neige ». Et sinon… un livre ! « Milles soleils splendides » de Khaled Hosseini a vraiment été révélateur pour moi. Ça a été le livre déclencheur de ma réorientation. Je pense à tous les caprices que j’étais en train de faire, « Est-ce que je me réoriente ? Qu’est-ce que je fais ? »… alors que des femmes sont au stade aujourd’hui de se poser la question si elles ont le droit d’aimer et de choisir qui aimer. Et ce livre, quand je l’ai fermé, je me suis dit : « Maintenant tu arrêtes. Au pire ça ne marche pas, mais au moins tu as le choix ». Et ça, c’était une révélation. Ça a été pour moi le déclencheur de mon parcours. Si CSF vous offrait une baguette magique, quels sont les trois vœux que vous souhaiteriez exaucer ?

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Alors, le premier vœu, je l’utiliserais pour l’accès à l’éducation pour tout le monde. Le deuxième, c’est que l’accès à la santé soit un droit ! Je trouve vraiment que c’est important parce que, je vais être très dure dans ce que je vais dire : On peut être pro ou contre


les vaccins, ça je peux comprendre. Mais j’ai beaucoup de peine quand je pense qu’en Afrique on se bat pour avoir les vaccins pour éradiquer certaines maladies, et qu’ici on est en train de faire des caprices de l’époque, des caprices de gens riches. Et pour le troisième souhait, j’aimerais que les gens croient en leurs rêves. J’aimerais que les gens croient en leur force et leur capacité intérieure de… rêver, d’aller au bout de ce qu’ils ont envie d’être. Qu’ils osent exister. Au-delà de la bonne séance, de la religion ou de l’éducation. Accepter qu’on ne pourra jamais plaire à tout le monde et qu’on a le droit de rêver. Parce que je pense, et là j’en reviens au problème des enfants : il y a des enfants qui n’acceptent pas leurs rêves. Et je pense que c’est un grand manque dans l’éducation. J’aimerais que chaque enfant puisse se coucher le soir en rêvant. Pour vous, que représente le slogan de la fondation CSF : « présent aujourd’hui pour demain » ? C’est révélateur parce que dans le projet « Il faut sauver grand-maman », c’est ce que je me suis dit : si j’attaque le problème maintenant avec les petits, j’améliore le futur. C’est intégrer l’avenir dans l’éducation. Et c’est une mention à laquelle je crois complètement et qui a fait ses preuves en plus. Le mot de la fin ? Il y une chose que les gens doivent garder en tête. C’est de ne jamais se déconnecter de sa part d’enfant, de son brin de folie. Ce n’est pas parce qu’on est adulte qu’on n’a plus le droit de sourire, rire et de faire rire. Je pense que les gens qui sont capables de faire ça sont plus à l’écoute.

Plus d’informations sur: www.firstmed.ch www.144.firstmed.ch 21


COMMENT LES CONTÉES RÉDUISENT LE STRESS DES ENFANTS EN INSTITUTION ?

Le stress auquel les enfants sont confrontés de manière générale s’estompe dès l’instant où ils se laissent envoûter par l’histoire. Ces contées leur offrent un espace où rien de particulier n’est attendu de leur part: pas d’évaluation, pas de résultat à obtenir. Ils peuvent donc juste laisser libre court à leur imagination et ainsi accroître leur créativité tout en laissant s’envoler toutes leurs tensions. 22

ILLUSTRATION: NOÉ FÉRET

lllllllllllllllLes contées sont des moments privilégiés qui permettent aux enfants de s’extraire du quotidien et de plonger dans leur imaginaire. Nous entrons avec eux dans une parenthèse de tous les possibles. L’histoire contée permet à chacun d’entre eux de créer ses propres images et par là même de s’identifier aux héros qui surmontent des difficultés inimaginables.


HISTOIRE D’UNE CONTÉE Par Lily Méli-Mélo

Je suis dans le grenier, j’attends que les enfants arrivent… Et soudain, telle une tornade, ils prennent possession des lieux. Ils se bousculent, se chamaillent, on dirait un vol de moineaux piaillant se disputant des miettes de pain… L’un d’eux, plus calme, dépose sa lampe de chevet à côté de moi afin que l’éclairage diffus soit plus propice à la contée. Je prends mon instrument, joue quelques notes, les petits moineaux s’installent en se bousculant sur le canapé, là…juste en face de moi. Les ailes se replient. J’entame alors mon rituel. J’entends encore quelques pépiements et quelques mots plus tard… Une ancienne histoire landaise les emmène découvrir une louve prise au piège, puis Thésée fait son apparition et en quelques phrases, les voilà partis pour la Grèce Antique. Je les vois, yeux écarquillés, plus rien d’autre ne semble exister que l’histoire que je leur raconte. Héraclès et Poséidon viennent nous rejoindre. Le temps semble suspendu, si l’un d’entre eux pose une question, les autres font « chuuut », un doigt sur la bouche. Ils attendent tous impatiemment le dénouement de l’épisode. Comme à l’accoutumée, ils restent sur leur faim, car je continuerai l’histoire de Thésée à la prochaine contée. Un petit conte zen et la contée devrait s’arrêter là, mais ils veulent encore quelques miettes d’histoires. Qu’à cela ne tienne, nous partons alors pour la brousse africaine… Ce soir, nous avons encore bien voyagé et ils me demandent de venir la prochaine fois avec des contes de pays dont ils m’égrènent les noms... Kazakhstan, Tibet, Pôle Nord, Québec, Madagascar… Que de beaux voyages en perspective. Le garçon qui reprend sa lampe de chevet me demande où je vais, si j’habite loin? Il est bien surpris que je vienne de si loin rien que pour eux, je sens qu’il en est ému… Après quelques notes de musique, ils s’envolent dans les escaliers rejoindre leur chambre… nous nous retrouverons un mois plus tard pour continuer nos voyages au gré des contes et de la mythologie. 23


ILLUSTRATIONS: NOÉ FÉRET

C’est quand on nous crie dessus.

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du


PAROLES D’ENFANTS Ces quelques mots d’enfants ou d’adolescents partagés avec spontanéité vous permettront de mieux entrevoir certains aspects de leur réalité. Nous leurs avons demandé: “C’est quoi le stress?”

Le stress c’est un peu comme la tristesse.

C’est quand on est en retard.

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LA COLÈRE DE POSÉIDON (Dès 8 ans)

Au cours du grand partage, Poséidon reçut la mer.

« Tu règneras sur et sous les flots », lui déclara Zeus solennellement. Or, ce royaume ne plaisait guère au fils ainé de Cronos. « Qu’ai-je à faire d’un « lot de consolation » ? Protesta-til, en défiant son jeune frère du regard. Tu t’attribues le pouvoir suprême, et que m’offres-tu à moi, qui suis né avant toi ? L’élément liquide ! Et pour sujets ? Des poulpes, des méduses, des dauphins, des baleines… - Tu seras également le maître des tempêtes qui font chavirer les navires et des raz-de-marée qui engloutissent les continents. Les hommes redouteront ton courroux destructeur ! - La belle affaire ! - Ton palais de coquillages, dans son écrin d’algues mouvantes, illuminera les fonds sous-marins… - Tandis que le tien se dressera au cœur du firmament! Puisque mon sort te semble si enviable, échangeons ! Donne-moi l’Olympe et prends les Abysses, nous verrons alors si tu es satisfait ! » S’ensuivit une dispute au terme de laquelle Zeus, hors de lui, hurla : « Disparais de ma vue, ingrat ! Puisque tu dédaignes mes présents, va par les chemins comme un vagabond. Et que je n’entende plus jamais parler de toi ! »

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Ainsi, Poséidon se retrouva-t-il sur terre dépossédé de tout. Ayant longtemps erré par le monde, il trouva refuge chez le roi de Troie, Laomédon. Bien qu’il ignorât son identité, ce dernier le prit sous sa protection. Entre eux naquit une amitié si grande qu’ils devinrent bientôt inséparables.


Un jour qu’ils se promenaient côte à côte dans la cité, en causant de tout et de rien, Laomédon dit à son invité: « Sais-tu quel est mon rêve ? Dresser autour de Troie une muraille si haute qu’aucun envahisseur, si puissant soit-il, ne puisse la franchir. - C’est un beau projet, approuva Poséidon. Pourquoi ne le réalises-tu pas ? » Le roi se mit à rire. « Il faudrait que je possède une puissance divine, ou mon existence n’y suffirait pas ! » Poséidon sourit intérieurement. « Si quelque bâtisseur de génie s’en chargeait, comment le remercierais-tu ? - Je lui donnerais son propre poids en or ! » C’étaient, bien sûr, des paroles en l’air, car le roi croyait à une plaisanterie. Mais Poséidon les prit à la lettre. Aussi, la nuit suivante, usa-t-il de ses pouvoirs magiques pour élever, autour de la ville, une muraille infranchissable. Imaginez la surprise de Laomédon, le lendemain matin, en découvrant son vœu réalisé ! Comprenant subitement qui était son invité, il tomba à genoux, lui embrassa les pieds et couvrit ses mains de larmes de reconnaissance. Puis il organisa, en son honneur, une fête fastueuse, fit chanter ses louanges par mille musiciens, lui offrit ses plus belles esclaves. Bref, le remercia de toutes les façons – hormis la principale : le salaire promis. Et quand Poséidon le lui réclama… « Je ne puis te payer, car mes coffres sont vides», lui expliqua-t-il avec simplicité. Or, s’il était une chose qui déplaisait aux dieux, c’était bien le non-respect d’un engagement.

ILLUSTRATIONS: MARIAM LAMRANI

« Misérable menteur ! tonna Poséidon. Tu t’es moqué de moi ! Paie, à présent, le prix de ta trahison ! » Et, levant les bras vers le large, il fit gronder les flots, gonfler les nuages et souffler le vent, provoquant la plus effroyable tempête que l’on ait connue de mémoire d’homme. Durant des jours, des semaines, des mois, l’ouragan se déchaîna. Les vagues, comme autant de béliers, ébranlaient la muraille. Sous leurs assauts furieux, celle-ci finit par s’effriter. Une brèche s’ouvrit, puis une autre, qui

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permirent à l’eau d’envahir la ville. Et Troie la fière, Troie l’imprenable, Troie, dont les fortifications narguaient les océans, fut inondée comme un vulgaire village de pêcheurs… Réfugié sur la plus haute tour du palais, Laomédon voyait avec horreur s’effondrer son royaume et périr ses sujets. Et son désespoir ne connut plus de bornes quand il aperçut, surgissant de la mer en furie, un dragon gigantesque qui d’un coup de queue, fendit les roches sur lesquels était érigée la ville. « Pitié, Poséidon ! s’écria-t-il alors. Prends mes biens, ma couronne et même ma vie si cela te chante, mais épargne Troie et ses habitants ! » Le Dieu déchu, qui s’était réconcilié avec son frère et avait fait amende honorable, vivait à présent dans le palais des ondes. À l’appel de Laomédon, il se leva de son trône et apparut dans toute sa splendeur. « Ton repentir me touche, déclara-t-il, d’une voix qui couvrait le fracas de la tempête. J’accepte de te pardonner à une seule condition : que tu me sacrifies ta fille Hésione. - Quel genre de sacrifice ? s’enquit Laomédon. - Tu la précipiteras du haut de la falaise au coucher du soleil.» Bien que cette idée le révulsât, le roi s’inclina docilement. « Qu’il en soit fait selon ta volonté. » À ces mots, comme par magie, les éléments s’apaisèrent. Cependant, Laomédon, qui aimait tendrement sa fille, ne put se résoudre à la sacrifier au dieu cruel. Il la remplaça donc par une esclave qui offrait avec elle une certaine ressemblance. Mais Poséidon ne fut pas dupe. Ayant deviné la supercherie, il fit jaillir des flots une pieuvre géante qui saisit le roi félon entre ses tentacules et l’étouffa. Quand à la jeune esclave, dont le corps flotta au gré des flots avant d’être rejeté, disloqué, sur la grève, Poséidon, ému par sa beauté, la changea en étoile de mer.

Gudule, 1000 ans de contes, Mythologie grecque, Édition Milan

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- Découpez sur les traitillés - Repliez les languettes de chaque côté des personnages afin de les faire tenir debout. 30

- Amusez-vous bien!

ILLUSTRATIONS: MARIAM LAMRANI

EXPLICATIONS:


4

EXPLICATIONS DÉCOR:

Matériel: Une paire de ciseaux et du scotch - Découpez sur les traitillés - Placer les quatre paysages face verso dans l’ordre des numéros. Il faut que les quatre éléments soient bord à bord. - Scotchez les différentes parties entre elles afin de construire le décor. (Vous pouvez aussi scotcher la partie 4 avec la partie 1 afin de créer un décor qui peut tourner.) - Amusez-vous bien! - Version ouverte

3

- Version à tourner


2

1


LES FLOCONS ET LA COLOMBE “Dis-moi combien pèse un flocon de neige ?” demanda la mésange charbonnière à la colombe.

ILLUSTRATION: MARIAM LAMRANI

“Rien d’autre que rien”, fut la réponse. Et la mésange raconta alors à la colombe une histoire : “J’étais sur la branche d’un sapin quand il se mit à neiger. Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence. Comme je n’avais rien de mieux à faire, je commençais à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais. Il en tomba 3’751’952. Lorsque le 3’751’953e tomba sur la branche (rien d’autre que rien, comme tu l’as dit), celle-ci cassa”. Sur ce, la mésange s’envola. La colombe, une autorité en matière de paix depuis l’époque d’un certain Noé, réfléchit un moment puis se dit finalement: “Peut-être ne manque-t-il qu’une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix ? » Soyez chaque jour ce « petit flocon » de calme. Henri Gougaud Le livre des chemins. Contes de bon conseil pour questions secrètes. Albin Michel 2009

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EN BEAUTÉ

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LECTURE

L’énorme crocodile

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Un conte célèbre écrit par Roald Dahl et illustré par Quentin Blake a été revisité en musique par Isabelle Aboulker. Le conteur François Morel est accompagné par l’Orchestre de chambre de Paris, et vous feront découvrir les péripéties d’un vilain croco qui rêve de dévorer des enfants… Edition Gallimard Jeunesse, livre + CD audio CHF 38.20


GUY ET JEAN À GENÈVE Par Fabio

ILLUSTRATIONS: ALYAA KAMEL

En une douce fin de journée, celle dont on rêverait de vivre tous les jours, je me baladais le long de la Place Neuve à la recherche de la fraicheur du Parc des Bastions. Soudain, j’entendis un terrible fracas. C’est ainsi que j’aperçus l’improbable : la statue d’un homme à cheval qui se dirigeait vers moi, insouciante, coupant la route aux voitures, provocant chaos et insultes envers lui. “Mon ami, il me serait agréable que vous m’indiquiez quel jour nous sommes ? “ me demanda la statue, toujours aussi imperturbable. Ébahi, abasourdi, je lui répondis que nous étions vendredi. “ Vendredi ? Vendredi 13 pendant que vous y êtes ? “ – Vous y êtes presque. En réalité, nous sommes le vendredi 26 mai, lui dis-je. – Certes. Sachez que vous m’embarrassez de ne me préciser l’époque ! – Nous sommes au XXIème siècle. Et plus concrètement, en 2017. A ces mots, je vis la statue s’effriter tel un château de sable par grande bise, et laisser apparaitre un homme de belle corpulence à l’allure fière.

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“Permettez-moi de me présenter. Général Guillaume-Henri Dufour. Et pour les intimes, Guy, à votre service. – A mon tour de vous présenter mes hommages. Je me nomme Fabien de Coire, chef de la patrouille libanaise des Castors, pour vous servir. – Mais éclairez-moi davantage, mon cher ami, quant à ce lieu qui me fait déjà tant rêver.“

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J’eus à peine le temps de commencer à lui décrire ces contrées, que soudainement, je fus à nouveau projeté de stupeur dans l’irréalité d’une statue de pierre qui s’avanca vers moi. Soudainement, je fus poussé par Guy, épée à la main, pour affronter cette incroyable créature ! La statue de pierre se mortifia tant qu’elle en fit tomber son livre. A cet écho assourdissant, j’entendis une voix faible : “Sans le bon Di, nos étivon to prai, À to zamai son Sain Non sai begni !“ Je saisis mon téléphone pour tenter de traduire ce langage si étrange mais pourtant si familier. Après quelques clics, je m’adresse donc à l’inconnu: “Sire, bienvenue dans votre ville, la cité de Calvin !“ D’ainsi avoir été apostrophée, la pierre s’effrita, et laissa paraitre un homme austère au teint grisâtre et la mine bien renfrognée. “Ma ville ? Qu’en reste-t-il ? C’est à peine si je la reconnais! “ Offusqué, Guy s’adressa à Jean. “En tant que général défenseur de la paix, j’ai mené avec succès une politique d’agrandissement pour enfin ouvrir ma ville au monde. – Votre ville ? Votre ville ? Mais de quel droit vous l’appropriez-vous ?, s’exclama Jean, outré. –  Mais regardez-donc autour de vous ! Il suffit


d’observer la place de mon premier exploit pour comprendre la grandeur de ce succès, juste à l’extérieur des remparts de votre ville d’origine. Enfin, un Grand Théâtre, un Conservatoire, et surtout un Musée qui diffusent l’expression de notre culture et transmettent l’art, au sens généreux du terme ! – Que d’inutiles efforts et de superficialités, mon pauvre Général. Mais qu’avez-vous donc fait ? J’ai si longtemps protégé la ville de ce flux incessant et de ce bruit assourdissant. Nous, qui avons offert le refuge et la protection à ceux qui en ont eu besoin. Voyez le chahut et la pollution qui résulte de vos actions !“ En voyant la situation se péjorer rapidement, je leur proposai un rafraichissement. Arrivés au Café Papon, nous reprîmes notre souffle. “Vous voyez, Jean, ce chahut dont vous parlez, commençai-je, il n’est que la preuve du grand succès économique de Genève, et de la grande richesse culturelle que nous y accueillons! Mais Guy, ressentez combien ici, l’air est si agréable et le gazouillis des oiseaux est si joyeux. C’est ce qui fait tout le charme de cette ville internationale, l’alliance de la sérénité et du dynamisme.“ C’est ainsi que Guy et Jean, le jour de leur rencontre à Genève, purent transformer leurs différends en une occasion d’enrichissement personnel. Ils devinrent ainsi compagnons de voyage. Au temps où les lunes se croisèrent, deux hommes que rien ne pouvait lier tant ils étaient séparés par leurs idéaux, leurs goûts et surtout par trois incroyables siècles, se rencontrèrent à la lueur d’un impossible reflet.

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ESPACE AVEC MOI-MÊME LUNDI 7H

Ecouter en boucle ma super chanson préférée pour débuter en belle forme ma semaine.

MARDI 10H

M’offrir une pause namasté.

“Namaste. J’honore ce lieu en toi en qui l’univers entier demeure. Un espace de lumière, d’amour, de vérité, de paix et de sagesse. J’honore ce lieu en toi, où quand tu y résides et que j’y suis également, nous ne sommes plus qu’un.” 40

- Mahatma Gandhi -

MARDI 18H

Pause sport pour se défouler tout en prenant soin de mon corps.

MERCREDI 16H

Déguster avec les enfants une délicieuse tranche de pain d’épice dont la recette est en page 42.


JEUDI 12H

Partager un délicieux repas avec une personne de mon cœur.

VENDREDI 20H JEUDI 16H

Aller faire un tour à vélo au bord du lac pour profiter du paysage.

Allumer quelques bougies et me plonger dans un voluptueux bain moussant. Je n’oublie pas d’y ajouter mon huile essentielle magique.

SAMEDI 14H

Se retrouver autour d’un gourmand coloré de rires.

brunch

DIMANCHE 16H

Se relaxer avec l’audio de l’histoire du Renne Blanc sur la boîte à outils www.csf-fondation.org.

PHOTO: MÉLISSA MÜLLER

DIMANCHE 11H

Transformer les corvées ménagères en jeux drôles: À la maison, celui qui a terminé de faire son lit en premier a gagné! Au supermarché, donnez à chacun une liste de course... et faites la course.

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CAKE AU PAIN D’ÉPICES Préparation: 20 min. Cuisson: 50 min. (160° C) Type: Sucré Difficulté: Pour 4 personnes: 100g de miel liquide 40g de beurre ramolli 3 cailloux blancs 1 verre de lait de Marguerite 1 pincée de sel 1 c. à café d’épices à pain d’épices 250g de farine de neige 1 c. à café de bicarbonate de soude

Pour le goûter des enfants.

Avec un verre de lait et une bonne histoire, installés bien au chaud au coin du feu. Disposez les cailloux blancs en ligne devant vous (ils devraient vous permettre de ne pas perdre le fil de la recette). Versez la farine (aussi blanche que la neige qui tombe dehors) dans un saladier. Diluez le bicarbonate de soude dans 5cl d’eau. Ajoutez à la farine les épices (que vous vous serez procuré chez la sorcière), le sel et le beurre ramolli (le petit chaperon rouge devrait en avoir). Versez le miel, le bicarbonate de soude puis le lait en mélangeant doucement. Vous pouvez verser la mixture dans un moule et enfourner. 42


ILLUSTRATION: MARIAM LAMRANI


CONCOURS COLORIAGE

A votre tour de « wahouwiser » notre couverture! Crayons, néocolors, feutres et d’autres textures… tout est permis. Laissez-place à votre imaginaire ! Les 4 meilleurs dessins seront publiés dans un prochain Wahouw! Retrouvez votre dessin sur notre page Facebook.

Pour participer au concours : Tous les âges sont les bienvenus :-) Envoyez-nous votre coloriage avant le 30 mai 2017 à l’adresse suivante: CSF Fondation Grand’Rue 65 1296 Coppet Nom: ................................................................................. Prénom: ............................................................................. e-mail: ............................................................................... Nous garantissons la confidentialité de toutes les données reçues.

Page facebook de la fondation:

www.facebook.com/csf.fondation


DESSINS: ALYAA KAMEL

s n s tio lle t p e ce u’ en s dé r q nn nce s u ie e se po ev éri d xp e

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LE COIN-COIN ANTI-STRESS UN PETIT JEU À FAIRE AVEC VOTRE ENFANT: Demandez à votre enfant de choisir un chiffre entre 1 et 10. Ouvrez le coin-coin un nombre de fois égal au chiffre. Demandez à votre enfant de choisir un dessin. Lisez la petite phrase à voix haute. Suivez nos petits conseils en fonction du mot trouvé:

Donnez-vous de gros câlins. Jouez à cache-cache. Interessez-vous à ses passions. Plannifiez ensemble la journée de demain. Trouvez des formes dans les nuages.

Valorisez ses qualités.

Encouragez-le à réessayer.

Écoutez le Renne Blanc sur www.csf-fondation.org ;)

recto (imprimé)

verso (blanc)


ECHOPPE SUR WWW.CSF-FONDATION.ORG Au fil de son expérience, l’équipe de CSF Fondation vous propose ses produits, conçus dans une perspective de pédagogie ludique.

Des petits bonheurs à s’offrir ou à partager…. Un achat qui vous permet aussi de soutenir nos actions en faveur des familles


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ILLUSTRATION: NOÉ FÉRET

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« La bonne grâce est le vrai don des fées, sans elle on ne peut rien, avec elle on peut tout. » - Edgar Morin -

RÉPARTIONS DES DONS Grâce à l’engagement fidèle de mécènes, la totalité de nos frais administratifs et promotionnels est prise en charge. 1/3 du budget annuel est ainsi couvert.

Frais Admin.

Les 2/3 de notre budget sont assurés à travers vos dons qui sont intégralement attribués aux activités auprès des enfants. 50% des dons sont consacrés au visites contées, 30% à l’appui à la famille et 20% à la sensibilisation.

Mécènes privés (1/3) Dons (2/3)

Avec notre chaleureuse gratitude envers nos partenaires, mécènes, donateurs et bénévoles.

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IMPRESSUM WAHOUW! Edition 2017 | N°1 IMPRESSION Achevée en mars 2017 500 exemplaires Imprimé en Suisse ÉDITEUR CSF fondation Direction éditoriale: Stéfania Zaugg Poulie Grand’Rue 65 CH - 1296 Coppet www.csf-fondation.org contact@csf-fondation.org GRAPHISME Noé Féret ILLUSTRATION DE COUVERTURE Mariam Lamrani RÉDACTION Stéfania Zaugg Poulie Fabio El Khoury Valérie Frison Vanessa Imhasly Mélissa Müller

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CETTE PREMIÈRE ÉDITION EST GRATUITE GRÂCE À UN MÉCÈNE.


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ÉMERVEILLER POUR RÉCONFORTER:

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Découvrir des pistes pour soutenir le développement de l’enfant notamment au travers du magazine Wahouw!

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