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Flash Info Industrie alimentaire Janvier 2011

Le Mot du Président

2011 s'annonce comme une année remplie de défis syndicaux pour l'industrie alimentaire, avec notamment les négociations pour un nouvel accord sectoriel. Dans ce Flash Info, nous faisons le point sur un certain nombre de dossiers d'actualité dans le secteur. Nous reprenons également les nouveaux salaires minimums sectoriels à partir du 1er janvier 2011.

Avant de nous retrousser les manches pour relever tous ces défis, nous tenons à vous souhaiter, au nom de tous les membres du personnel et des militants de la CSC Alimentation et Services, une excellente année 2011, pleine de santé et de bonheur, y compris pour les personnes qui vous sont chères. En 2011 aussi, vous pourrez compter sur nous. Louis De Prins Président CSC Alimentation et Services

Négociations sectorielles Au moment d'écrire ce Flash Info, les négociations relatives à ce qu'on appelle l'accord interprofessionnel sont toujours en cours. Via cet accord bisannuel, les syndicats et les employeurs concluent des accords pour tous les travailleurs du secteur privé. Cet accord délimite aussi les contours des négociations qui seront menées par la suite dans les secteurs et dans les entreprises. Dès que nous en saurons plus sur cet accord interprofessionnel, nous consulterons nos délégués dans les entreprises. Grâce à leur présence quotidienne sur le terrain, ils savent en effet ce que leurs collègues veulent. Ils nous communiquent ce qui est important et ce qui doit être réglé via l'accord sectoriel bisannuel. Il peut s'agir d'une augmentation, de la prépension, de plus de formation, etc. Ceci débouche sur notre cahier de revendications, (= notre "liste de courses") avec lequel nous partons discuter avec les employeurs et sur base duquel les négociations sont menées. Celles-ci démarreront au printemps 2011. Dans un prochain Flash Info, nous vous tiendrons au courant de leur déroulement et du résultat. Les accords sectoriels sont très importants pour la CSC Alimentation et Services. De cette manière, nous pouvons convenir avec les employeurs d'améliorations qui s'appliqueront à tous les travailleurs du secteur, y compris dans les petites entreprises. Autant dire que nous allons “tout donner” durant ces négociations !

Dans ce numéro Adaptation des salaires au 1er janvier 2011 : page 4 Actualités des sous-secteurs : • Industrie des légumes et café : nouvelle classification : page 2 • Chocolat : page 2 • Viande : lutte contre la fraude chez les sous-traitants : page 3

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Actualités des sous-secteurs Industrie des légumes :

Chocolat

proposition de nouvelle classification L'ancienne classification des fonctions dans l'industrie des légumes date de plus de 40 ans. Elle n'était plus du tout adaptée aux machines et aux techniques de production modernes et n'était donc plus utilisable. C'est pourquoi la CSC demandait, depuis déjà plusieurs années, une nouvelle classification, en phase avec notre époque. Dans l'accord sectoriel 2007-2008, nous avions obtenu qu'une nouvelle classification soit élaborée pour le secteur. Mais le travail ne faisait que commencer... D'abord, il a fallu développer une nouvelle classification au niveau technique. Ensuite, il a fallu conclure une CCT avec les nouveaux salaires minimums et avec les modalités d'application correctes de cette nouvelle classification. Finalement, nous sommes parvenus à un projet d'accord avec les employeurs le 15 novembre 2010. Au moment de rédiger ce Flash Info, cette proposition devait encore être soumise à nos délégués dans les entreprises. Après approbation, la CCT sera signée lors de la Commission paritaire du 10 janvier 2011. La classification des fonctions devrait entrer en vigueur le 1er avril 2011.

Nouvelle classification aussi

Le 8 décembre dernier, les délégués CSC du secteur du chocolat se sont réunis à Elewijt. Lors de cette journée d'étude, nous avons discuté de la situation du secteur en Belgique. Les différents délégués y ont exposé la situation dans leurs entreprises. La production durable de cacao était également à l'ordre du jour. Lors d'une journée d'étude l'année précédente, nous avions parlé des conditions de travail dans les plantations de cacao du sud. Les histoires poignantes de travail des enfants avaient suscité l'indignation de nos militants. Lors de la journée d'étude du mois de décembre, nous avons examiné ce qui avait eu lieu l'année écoulée en la matière. Nos délégués ont discuté de la manière dont ils peuvent aborder ce problème au sein de leur entreprise et apporter ainsi leur modeste contribution à la recherche d'une solution. Ces sujets ont également été traités par les syndicats au niveau européen. Ceci a eu lieu dans le cadre du “projet Cocoanet.EU” auquel participe la CSC Alimentation et Services. L'objectif de ce projet est de mettre en réseau les syndicats et les conseils d'entreprise du secteur du cacao et du chocolat. Le site web www. cocoanet.eu a été créé à cet effet. Il a pour but de permettre l'échange d'informations sur le secteur. Dans le cadre de ce projet, les syndicats discutent aussi de la durabilité dans le secteur du cacao et du chocolat.

pour le secteur du café Une nouvelle classification des fonctions se profile également dans le secteur de la torréfaction de café. Le travail technique est déjà terminé. 39 fonctions de référence ont été décrites, pondérées et catégorisées. Les fonctions de référence sont des fonctions qui se rencontrent habituellement dans le secteur et que l'on peut comparer avec les fonctions dans les entreprises en vue de les intégrer dans la bonne catégorie. A présent, des négociations doivent débuter sur salaires minimums les nouveaux sectoriels et sur la manière dont cette nouvelle classification des fonctions doit être instaurée dans les entreprises.

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Viande : la CSC poursuit sa lutte contre la fraude chez les sous-traitants Le 8 septembre dernier, les syndicats et les organisations d’employeurs FEVIA, FEBEV et FENAVIAN ont conclu au sein de la Commission paritaire de l’industrie alimentaire un « protocole de coopération pour un travail régulier et une concurrence loyale dans les secteurs de la viande. » Cet accord va leur permettre de s’attaquer conjointement à la problématique de la fraude sociale dans le secteur de la viande. En effet, de plus en plus d’entreprises du secteur font appel, pour désosser et découper la viande, à des sous-traitants qui ne respectent pas la législation et qui exploitent leur personnel. Au mois de janvier de cette année, la CSC a mené une action afin de dénoncer ces abus. En effet, nous ne voulons pas que le secteur de la viande tombe aux mains des pourvoyeurs de main d’œuvre et que les “bons emplois” disparaissent. Cette action a permis aux employeurs de réaliser que quelque chose devait changer et, après des mois de négociations, ils étaient prêts à conclure un accord sur le sujet. Les organisations syndicales et patronales sont bien conscientes que les entreprises du secteur de la viande ont souvent des difficultés à trouver du personnel qualifié et qu’elles doivent dès lors faire appel à des sous-traitants. Elles soulignent cependant que ces sous-traitants doivent respecter la législation sociale. Les irrégularités sociales et la concurrence déloyale doivent être évitées. Pour ce faire, les syndicats et les organisations patronales

veulent poursuivre, avec les autorités, la lutte contre le non-respect de la législation. Le protocole conclu contient une série de mesures à propos desquelles les employeurs et les syndicats sont d’accord, mais qui doivent encore être développées. Elles instaureront notamment, en concertation avec les autorités, un système de contrôle qui enregistre les sous-traitants, le lieu des activités (déclaration de chantier) et la présence du personnel des sous-traitants et qui centralise ces données. Ce protocole n’est donc qu’une première étape. Il y aura encore du pain sur la planche pour le mettre en œuvre et conclure les accords nécessaires avec les autorités. Les discussions à ce sujet se poursuivent actuellement au sein de la Commission paritaire pour l'industrie alimentaire. La CSC participe activement à ces discussions afin de trouver une réponse adaptée au problème de la fraude sociale dans le secteur de la viande. L'industrie de la viande en Belgique souffre de la

concurrence féroce de l'Allemagne. Dans ce pays, il n'existe pas de salaires minimums pour le secteur. Résultat : on y travaille à des prix planchers, surtout via des sous-traitants. Les autres pays européens en subissent aussi les conséquences. Le syndicat européen de l'alimentation (Effat) et la fédération patronale européenne de la viande ont donc pris contact avec le Commissaire européen Lazlo Andor, compétent pour les affaires sociales et l'emploi. Durant cet entretien, ils ont dénoncé la situation en Allemagne et ont demandé au Commissaire européen de prendre des mesures adaptées.

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Adaptation des salaires au 1er janvier 2011 Au 1er janvier 2011, les salaires dans l'industrie alimentaire seront indexés de 2,42 %. Cela signifie que les anciens salaires devront être multipliés par 1,0242. En raison de la conversion de la prime annuelle en salaire horaire, les salaires minimums dans l'industrie des légumes augmentent aussi au 1er janvier 2011 : +0,08 €. Dans les entreprises du secteur des légumes où la prime annuelle n'avait pas encore été convertie, les salaires réels augmentent aussi de 0,08 €. Dans ces entreprises, la prime annuelle de 175 EUR a donc été payée pour la dernière fois au mois de décembre. Dans le tableau ci-contre, vous trouverez les salaires minimums sectoriels à partir du 1er janvier 2011. Les montants mentionnés s'appliquent dans un régime de 38 heures/semaines. Nous indiquons uniquement les salaires minimums les plus bas, c'est-à-dire pour la catégorie la plus basse du sous-secteur. Pour connaître les salaires minimums dans les catégories supérieures ou les salaires horaires minimums dans un régime de 37 heures/semaine, n'hésitez pas à contacter nos secrétariats ou votre délégué CSC dans votre entreprise.

(1) Dans les petites boulangeries et pâtisseries, on peut payer pendant les six premiers mois 90 % du salaire qui est applicable après six mois de service. Ceci est compensé par la suite sous la forme d’une prime. (2) Moins de 12 mois de service (3) A partir de 12 mois de service (4) A partir de 24 mois de service (5) A partir de 48 mois de service

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Editeur responsable : Louis De Prins—Rue des Chartreux, 70—1000 Bruxelles

SALAIRES MINIMUMS A PARTIR DU 1ER JANVIER 2011 Sous-secteur 6 premiers mois Après 6 mois Meuneries 12,46 12,86 Pâtes alimentaires 11,60 11,99 Petites boulangeries/pâtisseries - 10 travailleurs 11,20 (1) Petites boulangeries/pâtisseries 10-20 travailleurs 11,35 (1) Grandes boulang./pâtisseries 11,04 11,35 Glucose 11,70 12,09 Biscuiteries 11,53 11,90 Biscotteries 11,41 11,80 Pâtisseries industrielles 11,41 11,80 Sucreries 12,26 12,68 Levure / distilleries 12,24 12,67 Candiseries 12,26 12,68 Brasseries 12,22 12,65 Malteries 12,26 12,68 Eaux de boisson / Limonades 12,18 12,61 Autres boissons 12,11 12,54 Légumes 10,54 10,69 Confiture 11,59 11,98 Conserves de viande 12,30 12,72 Abattoirs 11,75 12,15 Boyauderies 11,47 11,85 Fondoirs de graisse 12,22 12,65 Tueries de volaille 11,41 11,80 Laiteries 12,39 12,79 Fromage fondu 12,07 12,47 Crème glacée 11,71 12,10 Huile-margarine 12,22 12,65 Huile de lin 12,09 12,50 Chocolat 11,53 11,90 Confiseries 11,14 11,53 Industrie du froid 12,11 12,54 Conserves de poisson 11,48 11,86 Torréfaction de chicorée 11,67 12,07 Torréfaction de café 11,66 12,04 Vinaigre 11,51 11,88 Spécialités alimentaires 11,66 12,04 Aliments pour bétail 12,26 12,68 Transform. pommes de terre 10,49 (2) 10,69 (3) 10,87 (4) 11,03 (5) Epluchage de pommes de terre 10,49 10,69

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