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TITRE le magazine de la culture et des sports alternatifs VOL 4 NO 2 ÉTÉ 2009 ISSN 1715-9857 JEAN-FRANÇOIS MAILHOT Fondateur / Éditeur jf@cruxco.tv Vivian savoy Directrice administrative vivian@cruxco.tv Collaborateurs rédaction Emilie Corriveau, Edwaard C., Sam Côté, Max Desjardins, Félix Faucher, Martine Letarte, Vivian Savoy Collaborateurs photos Angela Boatwright, Edwaard C., Félix Faucher, Jianca Lazarus, Jean-François Mailhot, Solo, Yann Roy Recherche et coordination Vivian Savoy Maquillage Anabelle Deschamps (www.missanabelle.com) COIFFURE Jonathan Lee-Riel STYLISME Marie Andrée Guimont, Danièle Proulx Correction et révision Emilie Corriveau, Vivian Savoy Stagiaire Andréanne Pigeon-O’Bomsawin PUBLICITÉ frédéric deshaies Directeur des ventes frederic@mediakartell.com (514) 576-2303 Nick Murray Représentant des ventes nick@mediakartell.com Impression Solisco Hébergement web K3 média - www.k3media.com Remerciements : Max Desjardins, Brendan O’Dowd @ Empire (www.thinkempire.com), Éric Blais et Stéphane Vallée @ South Park (www.south-parc.com), Alex Bastide @ Underworld (www.underworld-shop.com) AGENCE ALTERNATIVE CRUX INC. 3051 rue du Gadelier, St-Bruno-de-Montarville, Qc, Ca. J3V 0A5 Courriel : redaction@cruxco.tv www.cruxco.tv Crux est une publication indépendante axée sur la culture des sports alternatifs. Crux est publié quatre fois par année. À toutes les saisons! Chaque numéro est lu par quelque 60 000 lecteurs (source: Magazine Canada). Crux se libère de toute responsabilité par rapport au contenu des publicités publiées dans ses pages. Les opinions exprimées dans les articles ne sont pas nécessairement partagées par Crux et ne doivent en aucun temps être perçues comme des avis professionnels. Crux se réserve le droit à l’erreur et n’est aucunement responsable des textes et des photos qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. WWW.CRUXCO.TV

Toute reproduction, en tout ou en partie, sans l’autorisation écrite de l’éditeur est interdite.


Contenu ÉDITO INVITÉ : FRAÎCHEUR GARANTIT! // 10 Par Max Desjardins

MANIFEST : FÉLIX FAUCHER, // 12 JIANCA LAZARUS, YANN ROY NOUVELLES : RANDOM // 18 CRUX MUSIQUE : DES INCONTOURNABLES // 22 Par Edwaard C.

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CRUX MUSIQUE : DJ A-TRAK // 24 Par Edwaard C.

EXPRESSION URBAINE // 26 CRUX SHOP : BRAKELESS // 28 Par Martine Letarte

ARTIST SPOTLIGHT : MIKEY WELSH // 32 Par Emilie Corriveau

GURU DU STYLE : MARGAUX WALKER // 34 WONDERLAND Par Emilie Corriveau

DECK-ART // 40 JOE DARAÎCHE ET L’IMPORTANCE DU // 42 STYLE SUR UNE PHOTO Par Félix Faucher

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SNEAK SHOW // 44 PIN-UP POP // 46 GRAPHIC TEES // 48 COLLECTION SKDW 2009 // 50 NÉCESSAIRES ROAD-TRIP // 52 CHEAP TRIP : RETOUR À BROOKLYN // 58 Par Edwaard C.

SURF : TOFINO // 60

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Par Sam Côté

Sur la couverture

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MARGAUX WALKER WONDERLAND

Photo Jean-François Mailhot Artwork Mikey Welsh .

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ÉDITO INVITÉ

Fraîcheur garantiE!

Par Max Desjardins

Max Desjardins, anciennement directeur du marketing chez O’Neill Canada, évolue présentement au sein de C4 distribution à titre de gestionnaire de marque et compte plusieurs années d’expérience dans l’industrie. Son parcours distinct lui a valu au fil des ans un bagage propre... De sa contribution avec l’agence TBWA/CHIAT DAY (agence d’Apple World) jusqu’au moment où vient le temps de s’impliquer dans la scène locale, Max semble toujours apporter un regard rafraîchissant sur l’ensemble des conventions entourant notre industrie

D

epuis un moment déjà, les grands économistes sonnent leurs cloches face à l’imminence de la plus importante crise économique jamais perçue à ce jour… Selon eux, le Canada serait présentement en récession, et ce, jusqu’à la fin 2009. Toutefois, beaucoup de données sont encore inconnues et ils prévoient une économie fragile jusqu’à la fin 2010. Ce canevas semble surtout alarmant pour nos voisins du sud qui tentent par tous les moyens de garder leurs têtes au-dessus de la flotte. Ces débordements se rendront-ils jusqu’au sommet de nos montagnes? Et quel sera le réel impact de cette crise sur notre réalité, notre industrie, nos sports? Question de mettre la table et de satisfaire mon petit côté pragmatique, voici quelques faits qui contribueront à une meilleure compréhension de l’état actuel de la situation. Il est d’abord pertinent d’illustrer l’importance du lien commercial qui lie le Canada aux États-Unis. Année après année, un peu plus de 70 % de tous nos produits et services exportés leur sont destinés, ce qui nous rend extrêmement dépendants de leur situation financière. En exportant moins, nos entreprises canadiennes deviennent moins rentables, leurs employés subissent des coupures et forcément, le pouvoir d’achat de ceux-ci se voit dégrader à bonne cadence… Conséquemment, toute baisse de régime économique chez les Américains engendre des répercussions directes sur notre réalité locale, entre autres au niveau de l’emploi. En janvier dernier, un record de 43 ans a été battu lorsque 129 000 emplois ont été perdus sur l’ensemble du territoire. Ces conséquences se reflètent aussi dans le taux de chômage national qui s’établit maintenant à 8 %, soit le plus élevé depuis les sept dernières années. Le tourisme provenant des États-Unis lui aussi suit la cadence et dépérit continuellement depuis 1999 pour finalement régresser de 12 % en 2008. Conjointement, ces facteurs ont une énorme influence sur la santé économique locale. L’industrie du commerce de détail canadien n’y échappe pas et endosse des pertes annuelles de 6,4 % depuis l’an dernier. Le Québec semble être relativement épargné avec une décroissance de 1,7 % alors que les provinces de l’ouest (Colombie-Britannique et Alberta) semblent plus affectées avec des pertes annuelles allant jusqu’à 10 %.

Cela dit, ce survol plutôt pessimiste renferme tout de même beaucoup de positif. C’est lorsque tout suppose le pire et que l’impensable est maintenant réel que les grands moyens émergent. D’aussi loin que l’on peut se rappeler, chaque épreuve historique fut signée d’une révolution. Alors, comme toute nouvelle compréhension s’amorce d’abord dans la confusion, ce récent climat économique nous force simplement à recentrer nos priorités, à rétablir nos objectifs et à revoir nos habitudes, ce qui en soit est très positif. Je suis de ceux qui croient profondément aux bienfaits de continuellement défier son confort quotidien aux bénéfices du cheminement personnel. Cet effort conscient est souvent plus facile à dire qu’à faire; par contre, c’est lorsque confrontée à une situation de crise que l’intention se transforme en action. C’est à la sueur de notre front que nous parvenons à bâtir les outils qui nous permettent de nous adapter au contexte changeant et à l’adversité. Conséquemment, notre très chère industrie a subi elle aussi son lot de mutations au cours des dernières années. Pour les amateurs, la passion pour le sport reste toujours en avant-plan. Toutefois, les communautés se mèchent de plus en plus dans l’aspiration d’un mode de vie commun. On ressent beaucoup moins la rivalité interdisciplinaire qui régnait autrefois. Aujourd’hui, cette passion nous offre la capacité de s’intéresser à tout ce qui y touche ce qui devient l’essence même de notre raison d’être : des sports qui carburent nos sensations à la musique qui nous remplit d’émotion, de la nature qui nous offre les plus beaux terrains de jeux aux meilleures pratiques de développement durable qui nous permettra d’en profiter plus longuement, de l’art revendicateur au design architectural équitable… Bref, nos horizons s’élargissent, nous exposant ainsi un monde de possibilités. La facilité d’accès à l’information explique en partie ce phénomène. À travers le Web et la variété de médias qui offrent leur contenu gratuitement, les consommateurs sont plus avertis que jamais et achètent de façon un peu plus responsable. Aucun détail ne nous échappe, ce qui nous rend beaucoup plus sélectifs dans le choix des relations que nous entretenons. Donc, vu la diversité grandissante de nos intérêts, les compagnies qui réussissent à afficher clairement, de façon sincère et constante, leurs positions face aux grands enjeux de l’industrie auront plus de facilité à conserver une base de clients fidèles.

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La crise est aussi palpable chez les compagnies et les boutiques de l’industrie. La dynamique du contexte actuel, qui évolue à chaque instant, force ceux-ci à passer au peigne fin l’ensemble de leurs initiatives. Les compagnies offrent des cycles d’achat à intervalles plus rapprochés et plus fréquents ce qui facilite une gestion serrée des inventaires tout en augmentant la diversité des produits offerts. Ce contexte les incite à revoir également l’ensemble de leurs pratiques de commercialisation. Afin de mieux communiquer leur raison d’être, les compagnies retirent les fonds jadis investis dans les médias traditionnels pour les injecter dans de nouveaux moyens alternatifs beaucoup moins coûteux. Dans notre industrie, les médias gratuits, l’événementiel, le marketing électronique (Web 2.0, réseaux sociaux, blogues, etc.) et les relations de presse gagnent beaucoup de terrain au détriment des médias payants,de la télé, de la radio et des panneaux d’affichage. On mise sur la proximité des interactions en s’assurant de faire vivre l’expérience de notre marque à son plein potentiel. Et l’expérience se communique d’abord et avant tout par les ambassadeurs de marque; ceux qui supportent et véhiculent la richesse des valeurs de la culture de chaque organisation. Malgré les resserrements budgétaires, les compagnies seront toujours engagées à s’impliquer dans les communautés qui ont le désir et l’éthique de pousser notre industrie un peu plus loin. À la lumière de la situation, je crois qu’il n’y a vraiment pas de quoi paniquer. Nous serons certes mis au défi et nous ferons face à certaines difficultés… Cependant, nous ne pourrions en tirer de telles leçons en l’absence de crise. Alors, là où les pessimistes perçoivent une situation critique, les optimistes verront une occasion de renaissance. Tant qu’à moi, l’important est de ramener l’essence de nos actions à la base et de s’investir au maximum localement. Que ce soit les événements produits ici ou les vêtements dessinés dans notre province, c’est dans la collaboration que nous réussirons à pallier les jours plus sombres, et non dans la confrontation… - Max Desjardins


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MANIFEST

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Photo : Félix Faucher Rider : Kevin Lowry Lieu : Barcelone Trick : backside five-o frontside 180 out Barcelone, mars 2009. Le temps est nuageux, les gars sont un peu épuisés et la pluie de la veille a salopé le spot que l’on avait prévu de skater. Kevin Lowry effectue ce backside five-o frontside 180 out sur toute la longueur du curb à répétition. Après avoir cherché un bon angle, c’est finalement debout sur un mur étroit que je trouve ma composition. J’aime bien l’équilibre crée par les deux axes que forment le banc et le curb ainsi que le poteau aligné avec Max Fine assis qui regarde, à gauche. J’aime aussi la surface de gazon et le style de Kevin, avec le tail du board qui ne touche en aucun moment au curb. La petite ouverture qui lui permet de passer à côté de la poubelle, la ligne pointillée parallèle au banc, l’allée bordée de plantes tropicales, tout est en ordre. - Félix Faucher WWW.CRUXCO.TV


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MANIFEST

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Photo : Jianca Lazarus Rider : Inconnu Lieu : North shore, Hawaii Dans l’eau, à la nage, au Pipe sur la Côte Nord d’Hawaii, parmi 30 autres photographes à essayer d’avoir la shot. Non seulement faut-il essayer d’éviter la collision avec les surfers, mais faut-il aussi essayer de rester en vie dans l’eau avec ces vagues parmi les plus grosses du monde. Ce que vous faites quand, au son du bris de verre, vous plongez avant qu’elle ne vienne s’écraser sur vous! Si vous êtes chanceux et que vous ne vous écrasez pas contre un récif de corail dans l’une de ces grottes mortelles ci-dessous, et que votre timing est parfait, vous pouvez capturer un surfeur inconnu se préparant à affronter l’une de ces vagues hawaiiennes de 10 pieds de pure Pipe action! - Jianca Lazarus

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MANIFEST

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Photo : Yann Roy Rider : raphael derome Lieu : St-Hubert Trick : frontside tail slide De tous les endroits underground shooté en wakeboard au Québec, celuici fait sans aucun doute partie d’un de ceux qui feront le plus jaser. Le spot est situé en bordure de l’autoroute 30, à la hauteur de St-Hubert, entre 2 stationnements de magasins de meuble; Chez Léon et Ashley. On peut seulement rider cet endroit tôt en saison à la fonte des neiges car en plein été, l’endroit est sur le gazon. Durant cette séance photo du 25 avril, déjà il ne restait que 6 à 8 pouces d’eau. De plus, le module de 70 pieds avait un gap décalé vers la droite pour augmenter le niveau de difficulté et donner un peu plus de fils à retorde à Raphael Derome, l’un de ceux à avoir eu les nuts de le rider. - Yann Roy

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NOUVELLES RANDOM

Un voyage à L.A. et des DVD X Games à gagner sur le bras de la nouvelle boisson X GAMES ENERGY! Un voyage sur le bras, ça te dit? Gagne un voyage à L.A.! Participe pour voir les X Games 15 en direct! Tout le monde a déjà vu les X Games, mais qui y a déjà assisté en vrai? Cours la chance de t’envoler pour L.A. du 30 juillet au 3 août avec la personne de ton choix pour les X Games 15! Avion, hôtel, passes VIP et 500 $ en argent de poche compris! Un voyage d’une valeur de 5000 $ dont tu vas te souvenir! Inscris-toi d’ici le 30 juin 2009.

La planche de surf « Rocket » de Lost, nommée « Modèle de l’année »!

Vous vous voyez déjà sur une planche de surf cet été, les cheveux ballotant au vent? Sachez que la planche Rocket vit tout un succès! Nommée « Modèle de l’année » par le SIMA Image Award 2009, la planche, initialement taillée à 5 pieds 3 pouces par le pro surfer et ancien shaper de Lost, Noah Budroe, pour le jeune fils de Shane Beschen, est un peu plus large et beaucoup moins longue qu’une planche habituelle. Cette coupe puissante dite « minimaliste » faite pour les petites à moyennes vagues, peut être ridé de 4 à 8 pouces moins longs, 1/8 de pouce plus mince, et malgré un peu plus large qu’une planche habituelle, ne sacrifie aucune habilité de manœuvre. Extrêmement faible à l’entrée, le Rocket gagne une vitesse instantanée et agrémente la ride d’un gros kick dans le tail pour les virages serrés.

150 DVD du meilleur des X Games à gagner ! Cours la chance de gagner un des 150 DVD des meilleurs moments de l’histoire des X Games! Et c’est pas l’action qui a manqué! Tu n’as qu’à inscrire ton adresse courriel et le code UPC inscrit sur une canette X Games Energy pour participer.Un DVD à remporter instantanément chaque jour jusqu’au 30 septembre 2009.

« Surf Industry Manufacturers Association Image Awards 2009 » Le SIMA Image Awards est le seul programme de prix qui donne aux membres du SIMA et aux détaillants de surf spécialisés l’opportunité de reconnaître d’autres entreprises de l’industrie du surf pour leurs contributions exceptionnelles à l’industrie du surf. L’objectif du programme est d’identifier les compagnies les plus influentes de l’industrie du surf et de souligner leurs efforts à faire croître et avancer l’industrie au cours de la dernière année.

Mais quelle est cette nouvelle boisson?  X GAMES ENERGY, c’est une dose saine d’énergie, sans taurine, proposant un mélange unique dʼingrédients énergétiques naturels comme le guarana, le ginseng, lʼéchinacée et le ginkgo biloba. X GAMES ENERGY contient aussi du sodium et du potassium pour favoriser lʼhydratation. Enfin! Tu viens de trouver le complice idéal pour toutes tes activités qui demandent efforts et concentration!  Pour participer aux concours, allez sur : www.xgamesenergy.com

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On parle le même langage. 2777, boul. St-Martin O., Laval 2159, rue Ste-Catherine E., Montréal 1595, boul. des Promenades, Saint-Hubert (près des Promenades St-Bruno) 514.524.1106 www.lacordee.com


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CRUX MUSIQUE DES INCONTOURNABLES

Sum mer time!

LILI FATALE

NADA SURF

Gagnant du Félix pour révélation de l’année en 1998 et au top des palmarès pour la chanson Feels, la première sur le CD et le classique Mimi avec son « Let’s go, let’s go, let’s go », l’écoute nous replonge dans l’univers chaud et humide de l’été 1997. Électrorock-pop, on changea le titre de l’album pas tellement user friendly pour « Lili Fatale ». Quoique ça parait très hot de demander à quelqu’un s’il a le disque CK80296. Après un second album, Panavision, en 2001, les membres poursuivent depuis leur travail en solo.

Bien que le groupe ait sorti Lucky (un cinquième album), en 2008 et que celui-ci soit tout de même réussi, reste que High/Low, le premier du groupe, sorti en 1996, est sublime. Allez directement à la troisième, Popular, et rappelez-vous ce vidéoclip délicieux où nerds et quaterbacks se disputaient la très sexy cheerleader. Véritable hit, c’est cette chanson qui inonda les ondes et les MTV de ce monde. Plus discrète, et en toute fin d’album, Zen brain aurait mérité autant d’attention. Le groupe est considéré par plusieurs comme un des pionniers de la scène indie rock.

GORILLAZ

RED HOT CHILI PEPPERS

CAKE

Les sympathiques cartoons imaginés par Daman Albarn (chanteur de Blur) et Jamie Hewlett (dessinateur de Tank Girl) nous ont gravé dans la mémoire les mots : « I ain’t happy, I’m feeling glad, I got sunshine, in a bag » au printemps 2001. Véritable univers imaginaire, ayant été récompensé des plus prestigieux prix en musique, animation et web, le groupe élabore ici sa propre bio virtuelle et le enhanced CD permet d’aller naviguer dans celui-ci si écouté sur son ordinateur. En 2008, alors que le projet devait s’arrêter en 2006, les deux concepteurs annonçaient un troisième album studio. À suivre. Bon du début à la fin, idéal pour de longs déplacements au soleil sans air climatisé. No worries, la fraîcheur sortira des speakers.

Icônes de la musique californienne, en 25 ans de carrière, ils ont vendu 70 millions d’albums (plus de 11 millions uniquement pour celui-ci). Reconnus pour être très à l’aise avec la nudité sur scène et l’habile port de bas sur le pénis, en toute occasion (vieux truc qui leur avait permis de se faire remarquer par EMI en 1983, alors qu’ils jouaient dans un bar de danseuses de L.A.), ils ont redéfini la combinaison du rap, funk, métal, punk et rock. L’album Blood Sugar Sex Magic marque un tournant majeur pour le groupe. Give It Away et Under The Bridge, des succès intemporels, demeurent deux des plus grandes chansons du groupe.

Deuxième album du groupe, propulsé au top des palmarès avec The Distance et la reprise d’I Will Survive, Fashion Nugget mélange le ska, jazz, country et funk dans un univers sombre et tourmenté. À la base, considérée comme indie rock, la musique du groupe deviendra ensuite plus mainstream. Cinq albums plus tard, le groupe continue de faire plusieurs shows par années (les membres organisent même le covoiturage pour permettre aux fans de se rendre aux concerts sans détruire la planète), mais demeure discret sur l’éventualité d’un prochain album. Ils consacrent d’ailleurs un temps fou à alimenter leur site Web, l’inondant de nouvelles politico-socio-environnementales plutôt ennuyeuses… Stick to your amps guys!

L

es vitres baissées, l’avant-bras caressé par le vent, la main sur la cuisse de la passagère, destination n’importe où. Quand y’a le soleil, le gris de l’asphalte à l’infini, on glisse le CD dans la gueule du stéréo et on accélère. C’est l’été... y’a de ces classiques qui mèneront au bout du monde. Par Edwaard C.

Gorillaz 2001, EMI 15 chansons - 63 min. Angleterre www.gorillaz.com

CK80296 1997, Sony Music 12 chansons – 49 min. Montréal  www.lilifatale.com

Blood Sugar Sex Magic 1991, Warner Bros. 17 chansons – 73 min. Californie, USA www.redhotchilipeppers.com

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High/Low 1996, Elektra 10 chansons – 36 min. New York www.nadasurf.com

Fashion Nugget 1996, Capricorn Records 14 chansons – 48 min. Californie, USA www.cakemusic.com


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24 CRUX MUSIQUE DJ A-TRAK

A

TRAK

Sérieusement cool intensément relax

Par Edwaard C. Photo Angela Boatwright


Des clubs undergrounds, il est parachuté devant des foules de plus de 20 000 personnes : « Vraiment un sentiment jamais connu. Le show était centré sur Kanye et moi, c’était complètement fou. »

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e suis dans mon bureau, il est à Houston, Texas. C’est gris et humide chez moi, il fait soleil et près de 32 °C de son côté. Je book dix minutes dans ma journée pour une entrevue téléphonique avec lui, il trouve du temps dans son horaire chaotique de prestations, partys, entrevues et séances de photos pour me parler. Je suis à Montréal, DJ A-Trak est au South by Southwest, un des plus gros festivals de musique aux États-Unis. C’est lui-même qui me téléphone. L’entrevue était planifiée à 14 h 30, il m’appelle à 14 h 28. Il commence par : « Hey salut, ça va? C’est A-Trak, j’t’appelle pour l’entrevue ». Clairement relax, le ton est donné.

mais la culture, les arts, c’était quelque chose de vraiment encouragé chez nous. J’ai développé une grande curiosité pour l’art sous toutes ses formes, très jeune. »

du media bashing contre la musique hip-hop, il nous ramène dans le présent : « C’est encore la vieille conception du hip-hop qui prend toute la place. Cette culture-là a beaucoup changé avec le temps. »

Avant de se définir avec le scratch, lui et son frère, David Macklovitch, aka Dave One, du groupe Chromeo, partageaient très jeunes le piano et guitares : « C’était notre petit monde à nous. Mon frère est plus vieux que moi, je le suivais pas mal. Quand j’ai commencé à faire du scratch, c’était mon truc à moi, c’est là que j’ai commencé à m’identifier un peu plus, faire mon chemin et définir mon style. »

Et parlant de changement, il sait absolument de quoi il parle. Actif depuis 10 ans sur la scène musicale, il a vu la crowd évoluer sous ses yeux, tout en sueur, les pieds en feu, directement sur le dance floor : « De plus en plus de gens s’intéressent à la scène hip-hop, c’est pas aussi underground que ce l’était avant. Y’a vraiment un turn-over de génération. »

Vous faisiez quoi à 13 ans vous? Fumer en cachette, piquer l’alcool dans le bar de papa, vous sauver des flics après vous être fait prendre en plein party dans le boisé au bout de la rue, chercher inlassablement la maison de celui dont les parents étaient partis pour le week-end et de temps en temps, vous rappeler qu’il y avait aussi l’école? Alain Macklovitch, aka A-Trak, à 13 ans, il pratiquait son scratch, lui. Over and over, il refaisait les mêmes mouvements jusqu’à en arriver au mix parfait. En solo, chez lui, en revenant de l’école, sur une vieille table tournante de son père…

Parcours de rêve

Ayant grandi dans le Mile-End, il est à New York depuis trois ans. Entre le bout de la rue SaintLaurent et NYC, le DJ, qui passe plus de six mois par année en tournée, a fait des pas de géants en à peine plus de dix ans. Australie, Japon, Afrique du Sud, Norvège avant même d’avoir 18 ans, à la tête d’un label appelé Audio Research et puis d’un autre appelé Fool’s Gold, des soirées out of this world avec Boys Noize, un aller-retour sur la passerelle au défilé de Givenchy à Paris, des cours de DJ pour une centerfold de Playboy, un appel de Jay-Z…

A-Trak ajoute que la crowd est de plus en plus jeune. Et elle est bien servie cette crowd. « Chaque show est différent et le seul but, c’est de faire danser le monde », explique-t-il quand je lui demande ce à quoi on doit s’attendre en allant voir un show d’A-Trak.

Celui qui a remporté le DMC World DJ Championship à 15 ans, premier à sortir grand gagnant des trois plus importantes compétitions DJ (DMC, ITF et Vestax) et premier à remporter cinq championnats du monde de DJ, peut effectivement parler d’entraînement lorsqu’on lui demande comment il a pu en arriver là : « Fallait vraiment avoir une discipline pour combiner l’école et la musique. J’ai commencé vraiment jeune et je combinais ça avec l’école. Je m’entrainais environ trois heures, tous les jours, en revenant à la maison et je faisais mes shows le week-end. » Alors qu’il dit avoir beaucoup appris par luimême, A-Trak étudiait rigoureusement son art : « Je regardais les vidéos ou écoutais des mix et j’essayais de faire pareil. Graduellement, j’ai commencé à faire mes propres trucs ».

La culture avant tout

Quand tes parents te back pour combiner le DJing et l’école, que tu as à peine 15 ans et qu’ils vont te reconduire aux portes des clubs pour que tu puisses aller faire ton set, nécessairement que ça prend des vieux un minimum ouverts d’esprit… Justement, l’art occupait une place importante à la maison : « Mes parents ne sont pas des musiciens,

Et évidemment, une tournée avec Kanye West… quelques shows avec U2 en bonus. Recruté par la star qui l’a remarqué en performance live dans un magasin de disques de Londres, West lui a demandé de l’accompagner en tant que DJ pour sa tournée de 2004. Des clubs undergrounds, il est parachuté devant des foules de plus de 20 000 personnes : « Vraiment un sentiment jamais connu. Le show était centré sur Kanye et moi, c’était complètement fou. » Combinaison parfaite du MC et du DJ, c’était pour le DJ un intense exercice que de rester relax devant le défi que ça imposait : « Quand tu viens de l’underground et que tu te trouves à jouer avec un gars comme Kanye West, le but c’est d’être capable de plaire au monde plus mainstream sans pour autant compromettre ton style. » À lire les commentaires et critiques à propos de ses prestations avec Kanye, c’est mission accomplie. By the way, les collaborations avec les stars se poursuivent à un rythme d’enfer depuis ce temps-là.

Évolution is in the house

Catégorique quand on lui demande ce qu’il pense

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Et pour lui aussi les choses ont bien changé : « J’ai commencé à faire des shows dans les clubs vraiment avant d’avoir le drinking age. Pleins de fois, j’ai dû faire venir le gérant pour qu’il explique au doormen que c’est moi qui faisais le show… ». Aujourd’hui, non seulement, il n’a plus besoin de faire les line-up, mais il fréquente les clubs les plus en vue de la planète, fait danser les stars les plus hot et se pavane, le plus « sérieusement » du monde, en robe de chambre du Ritz dans son captivant DVD autobiographique Sunglasses Is A Must, sorti en 2006.

Next step?

En plein sprint promotionnel pour son dernier album Infinite+1, sorti le 31 mars dernier, tout bouge très rapidement pour lui. Une interminable tournée promotionnelle, des projets plein la tête et une liste d’artistes qui demandent à travailler avec lui qui ne cesse de s’allonger. Juste avant de raccrocher, je lui demande s’il aimerait se pointer à Tout le monde en parle, comme son frère l’a fait avec son band Chroméo. « Ce serait un honneur », lance A-Trak, sans hésiter une seconde. Sa présence serait probablement pas mal plus divertissante que bien des invités qui ont passé là dernièrement… Pour plus d’info, les réflexions du DJ, des vidéos, pleins de couleurs, un tas de flyers avec son nom dessus et un très inspirant hotel guide : www.djatrak.com


CRUX PROMO

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EXPRESSION URBAINE Femme

« La mode est éphémère; le style, éternel » - Yves Saint-Laurent Téléphone : Samsung CleoMC. Avec son clavier coulissant, c’est avec facilité que vous pourrez utiliser la messagerie texte, les courriels et Facebook. Téléphone offert chez Bell. Lunettes Erlik : Delight. Style électrisant muni d’une nouvelle technologie, brevetée par la compagnie québécoise, permettant à la charnière de s’ajuster facilement sur n’importe quel genre de visage. Sac à main Supremebeing : Bubble. À la fois classique, élégant et funky. Une fermeture éclaire est dissimulée dans la couture du côté, ce qui permet d’avoir accès rapidement à une pochette. Montre Nixon : The Ivy. L’exemple parfait d’une montre sexy. Pantalons Encantados : Pantaladin. Un must pour l’été! Peut se porter long ou retroussé en ¾. Cette compagnie québécoise a su créer une coupe qui plait et a même pensé à y insérer une petite poche à l’intérieur pour trimbaler nos petits trucs nécessaires. Sandales Volcom : Real Time. Pour les journées chaudes de l’été.

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CRUX PROMO

EXPRESSION URBAINE 27 HOMME

« Je suis certain qu’il y a beaucoup plus dans la vie que d’être vraiment, vraiment beau. Et je compte trouver ce que c’est. » - Derek Zoolander

Téléphone : Motorola HintMC 3G. Clavier coulissant compact qui fera votre bonheur au nombre de fois où vous « texterez » vos chums pour vous réunir autour d’un bon BBQ. Téléphone offert chez Bell. Lunettes Electric : OHM II. 100 % de protection UVA et UVB sous le confort d’un silicone ajustable au nez. Montre Rip Curl : Detroit. Style urbain, philosophie de surf. Allez sur Cruxco.tv pour voir la collection complète des nouvelles montres Rip Curl. Chapeau Volcom : Tape Brimmed Hat. Pour cacher vos cheveux en bataille instantanément. Sac Burton : DJ Bag. Plusieurs pochettes, zips et cachettes; un must pour trimbaler vos vinyles et équipements de party. Jacket Supremebeing : Blaster Track. Les Ghetto Blasters ne se portent plus au-dessus de l’épaule depuis cette collaboration avec Matt Helders, le drummer d’Arctic Monkeys. Souliers Converse : Chuck Taylor All Star Specialty. Le classique en cuir.

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CRUX SHOP BRAKELESS

Brakeless Une shop de vélos pas comme les autres Par Martine Letarte, Photos Jean-François Mailhot

Sur l’avenue du Parc, au cœur du Mile-End, Sylvestre Calin a ouvert une shop de vélos pas comme les autres : Brakeless. Spécialisée dans le fixed gear, la boutique tient aussi quelques collections de vêtements et d’accessoires street style. Mais ce qui différencie la shop des autres, c’est vraiment la crowd diversifiée qu’on peut y retrouver.

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Souliers Clae : Whitman Concrete - Jean WeSC : Kelvin Jacket Lifetime : Under Suspicion - Chemise Brixon Casquette Frank Chop Shop


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CRUX SHOP BRAKELESS

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l y a Aaron, designer industriel, un vrai tripeux de fixed gear depuis longtemps. Il y a Johnny, avec qui Sylvestre a monté son premier fixed. Il y a Rob, ami de longue date de Sylvestre, producteur, musicien et véritable party animal. Il y a Jesse, qui a acheté son premier fixed chez Brakeless et qui depuis, s’occupe du site web de la shop. Il y a aussi Mike, bien branché sur le milieu du BMX et du skate, mais qui boude encore le fixed. « Ces gars-là font pratiquement partie des meubles, mais il y en a d’autres aussi. Et on est ouvert. Je trouve ça ridicule les shops de vélos où t’as l’impression de devoir faire partie du club select pour pouvoir y entrer. Moi, je veux vraiment que les gens soient à l’aise quand ils viennent ici », a expliqué Sylvestre au Crux par un bel avant-midi de printemps, avant d’ouvrir les portes de sa boutique aux nombreux promeneurs du dimanche. Parce que Brakeless, c’est aussi un lieu de rencontre, une place où des gens discutent, se lient d’amitié, prennent un café… ou une bière! On peut y retrouver un médecin dans la cinquantaine qui jase avec quelques jeunes hipsters typiquement Mile-End et Yoan, le fils de Sylvestre, âgé de neuf ans, qui aime bien aller faire un tour à la shop avec son BMX. Parce que si Brakeless se spécialise dans le fixed gear, ces vélos à une seule vitesse utilisés dans les vélodromes, la boutique n’est pas fermée sur le reste. « Pas besoin d’avoir un fixed pour venir ici! D’ailleurs, j’aime bien aller rider avec toutes sortes de personnes qui viennent de différents milieux. » Cette ambiance bien particulière qu’on retrouve chez Brakeless, où des gens bien différents se retrouvent ensemble à se conter leur vie, rappelle d’ailleurs à Sylvestre quelque chose qu’il connaît bien. « C’est comme le barbershop de mon père, où j’ai passé mon enfance, en Roumanie! », dit-il en riant.

La manière Sylvestre

Avec sa personnalité forte et son style bien à lui, Sylvestre fait les choses à sa manière. Lorsqu’il a lâché sa job dans une boutique de balayeuses pour ouvrir Brakeless, avec tout le soutien de sa blonde Nathalie, Sylvestre avait envie de gagner sa vie en faisant ce qui le fait vraiment triper. Point final. Un an et demi plus tard, il peut dire mission accomplie.

« Il y a bien des gens qui entrent ici et qui me disent qu’ils ont l’impression d’entrer dans l’univers de quelqu’un. C’est vrai dans le fond, c’est un peu l’extension de ma personne. Et ce que j’ai comme produits évolue toujours. »

« Souvent, je monte le vélo avec le client, donc nous regardons les pièces, nous essayons des affaires. Il faut oser, mais en même temps, c’est très important pour moi que le vélo reflète l’individualité du client. Je m’adapte à chacun. »

D’ailleurs, c’est un peu difficile de décrire le stock de la boutique. Comme Sylvestre n’a pas une grande superficie à remplir, il y va vraiment en suivant ses coups de cœur. « J’essaie des trucs, j’achète ce que j’aime et mes distributeurs le savent. Ils n’essayent même pas de me refiler des trucs qui, supposément, se vendent bien. »

Toutefois, bien des clients de Sylvestre préfèrent lui expliquer en gros ce qu’ils veulent et le laissent aller par la suite. Ils lui font confiance, comme on fait confiance à son coiffeur ou à son tatoueur. Et que les pressés se rassurent : Sylvestre garde aussi toujours en boutique quelques vélos « prêts à rider ».

Mais il y a quand même quelques incontournables. Les vêtements et accessoires Brixton, par exemple. « C’est vrai que jusqu’à maintenant, c’est une de mes marques préférées. Il y a toujours quelque chose qui me rejoint dans leurs collections. Mais si un jour ils prennent une direction différente, que j’aime moins, ce sera fini. Je n’ai aucune attache », affirme-t-il.

Une autre grande tendance que Sylvestre aime bien, c’est le mélange old school/new school. Il n’hésite pas d’ailleurs à acheter de beaux frames de piste des années 70 qu’il agence par la suite avec différents trucs dernier cri. « Je ne crois pas qu’il faille retourner dans le passé, mais c’est intéressant de s’en inspirer. C’est le fun de montrer aux jeunes qu’ils n’ont pas tout inventé. Des pneus violets, on en faisait il y a 30 ans! Et d’ailleurs, plusieurs jeunes aiment les pièces old school. »

Et comme Sylvestre considère maintenant ses distributeurs et quelques designers montréalais comme de véritables amis, il a maintenant droit à certains privilèges et exclusivités. Les gars de Bruxe ont même créé un sac en son honneur « The Sylvester », parfait pour aller rider! « J’aime bien essayer d’utiliser toutes les possibilités qui viennent d’ici pour ma shop. Il y a beaucoup de talent à Montréal », indique Sylvestre. D’ailleurs, côté vélo, on ne peut évidemment pas passer sous silence le travail de Marinoni, fabricant de réputation internationale qui a pignon sur rue à Lachenaie, à qui Sylvestre achète souvent des frames.

Drôles de mélanges

Mais un fixed gear, c’est quoi dans le fond? Deux éléments sont essentiels : le frame et les roues, de piste. Pour le reste, il n’y a pas de barrières. Et c’est ça qui est le fun, d’après Sylvestre. « On va piger nos morceaux un peu partout. Moi, par exemple, mon bike a un guidon de BMX. Ça donne un look original. » Effectivement, si les fixed gears peuvent être très différents les uns des autres, bien souvent, on les reconnaît par leurs détails colorés, leurs looks flyés et aussi, leurs mélanges de genres.

Bon OK, c’est bien beau tout ça, mais plusieurs continuent de se demander c’est quoi au juste, le trip du fixed gear ? C’est un retour à la base, à la simplicité, affirme Sylvestre. « Ce qui a ramené le vélo sur la map, c’est le Tour de France. Dans ce contexte-là, la technologie, les vitesses, c’est important. Mais en ville, on n’a pas besoin de ça. » D’ailleurs, si le fixed gear fait souvent parler de lui parce que les riders ont tendance à rouler sans frein, la controverse ennuie Sylvestre à mourir. « Il ne faut pas résumer le fixed à ça. Si un client veut un frein, je lui en pose un, c’est tout. » Sortis des vélodromes par les courriers à vélo des grandes villes, les fixed gears se conduisent en fait très différemment des vélos ordinaires. Comme aucune roue n’est libre, il faut toujours pédaler, même lorsqu’on descend une pente et c’est avec les muscles des jambes qu’on contrôle la vitesse. Mais attention, pas besoin d’être un casse-cou pour embarquer dans le trip. Pas convaincu? Vous pouvez toujours arrêter faire un petit tour chez Brakeless pour en jaser, autour d’un café, avec Sylvestre, Aaron, Rob, Johnny, Jesse, Mike et les autres. La boutique Brakeless est située au 5390, avenue du Parc, à Montréal. www.brakeless.ca

Sur Sylvestre - En haut - Manteau Nixon - Pantalon Lifetime : Belafonte - Souliers Pointer : High Cyril - Montre Nixon Au centre - Chapeau Brixton : Gain - Sac Bruxe : The Sylvestre - Chemise Brixton : Barron - Pantalon Lifetime : Smoke Show - Souliers Pointer : Cyril Low WWW.CRUXCO.TV


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ARTIST SPOTLIGHT MIKEY WELSH

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Les cheveux en bataille, des taches de peinture pleins les doigts et sur son jean savamment déglingué, l’artiste Mikey Welsh peut difficilement nier la nature de ses occupations quotidiennes. Depuis huit ans, l’ex-rock star, membre du groupe Weezer de 1998 à 2001, troque sa basse et sa vie de tournée pour ses pinceaux et son studio! Par Emilie Corriveau, Photo Jean-François Mailhot

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articulièrement colorées, les toiles de Mikey Welsh sont pour la plupart inspirées de l’enfance de l’artiste. Ses personnages, souvent clownesques, témoignent de sa fascination pour cette période. Son art, énergique, agressif et peu conventionnel, rappelle particulièrement celui du peintre Jean-Michel Basquiat et de la mouvance néoexpressionniste. «  I would describe my art as manic, somehow violent, with a little bit of humor in it. It is playful at one extreme, and at the other extreme, there is a lot of really dark stuff going on. My paintings can be dark, but at the same time, they are always colorful», commente Mikey Welsh.  Pour le peintre, il ne fait aucun doute que ses années passées au sein de Weezer ont influencé son art. Selon lui, c’est en partie grâce ses expériences de rock star qu’il réussit aujourd’hui à rendre ses toiles si vibrantes. « My paintings have a tremendous amount of energy in them and I think that comes from me playing in a rock and roll band: super loud music, party people, people going crazy worshiping you…I think my years in Weezer stuck with me », réfléchit à voix haute l’artiste-peintre. Curieusement, bien qu’il est loin d’avoir délaissé la musique, son premier amour, Mikey Welsh préfère de loin travailler en silence qu’au son de ses artistes préférés. Pour lui, cela fait partie intégrante du processus de création  : «  I love the solitary nature

of being a painter and I love the silence of it. I guess maybe music can be too distracting for me. When I listen to music, I get obsessed with it and then it’s all I can pay attention to. Silence is like feeling numb or something like that. It’s like I’m meditating. »

De l’art sur planche

Reconnue comme l’une des compagnies les plus innovatrices dans le domaine du snowboard, Burton est aussi particulièrement créative en matière de design graphique. Tout récemment, elle a fait appel à Mikey Welsh pour illustrer un de ses nouveaux modèles, le Farm. Le peintre, qui habite aujourd’hui le Vermont, raconte que sa collaboration avec Burton est survenue par surprise. Après que quelques représentants américains de la compagnie se soient intéressés de près à ses œuvres, il a reçu le coup de fil d’une des grosses pointures de Burton. On lui a alors demandé si une collaboration pourrait l’intéresser. Sans réfléchir trop longuement, Mikey Welsh, qui n’avait jusqu’alors jamais mis les pieds sur un snowboard, a accepté l’offre avec enthousiasme. Quelques mois plus tard, le résultat est particulièrement concluant  : le peintre s’est mis à dévaler les pentes et s’amuse comme un petit fou sur son snowboard Burton Farm. Le modèle, hyper coloré et déjanté, est tout à fait à l’image du travail que réalise généralement le peintre sur des canevas réguliers. « I ride my own snowboard, so when I’m out on the slopes, I can actually look at my art », souligne fièrement l’artiste. « It’s CRAZY! »

Pour visiter son site Web : www.mikeywelsh.com Photos supplémentaires de ses oeuvres sur www.cruxco.tv

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Chapeau Quiksilver Robe Insight : Delta Lady Dress Collier Emmanuelle Walker Montre Nixon : 51-30 PU

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WON DER LAND Margaux Walker

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G

rande, blonde, bien tournée et dotée d’une magnifique paire de yeux bleus… Difficile de croire que la Montréalaise d’origine suisse Margaux Walker évolue dans le domaine de la mode, mais à l’abri des flashs plutôt que sur les passerelles. Bien connue des amateurs de skateboard pour son appartenance au groupe des Skirtboarders, lorsque vient le temps de montrer de quoi elle est capable, l’étudiante en commercialisation de la mode est loin de faire dans la dentelle! Par Emilie Corriveau, Photos Jean-françois Mailhot, Maquillage Anabelle Deschamps (missanabelle.com), Coiffure Jonathan Lee-Riel.

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GURU DU STYLE WONDERLAND

T-Shirt Insight : Forest Invaders Tee Shorts Insight : Boy Candy Short Écouteurs Nixon : Nomadic Montre Nixon : 51-30 PU Bas Vans : Off the Wall Shoes Vans : Authentic Black Satin

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Plutôt calme et posée, c’est sur un skateboard que la jeune femme de 23 ans s’exprime avec le plus d’éloquence. Suffit de la regarder rouler quelques minutes pour comprendre que Margaux n’est pas de celles qui ont peur de se casser un ongle… ni une jolie chix qui s’est retrouvée sur un skateboard parce que c’était cool et branché! Son talent, elle le cultive depuis déjà pas mal d’années : « En fait, j’ai commencé à skater à l’âge de douze ans. Je sortais de l’école puis je voyais des gars qui skataient au bout de ma rue. Ils faisaient des tricks et je les trouvais bons. Ça m’a beaucoup impressionnée et j’ai voulu faire la même chose, alors j’ai demandé un skateboard pour ma fête et après, je n’ai jamais arrêté. » N’habitant pas très loin du premier Taz, Margaux soutient que ce grand terrain de jeux pour planchistes l’a grandement aidée à développer son talent : « Je pouvais y aller quand je voulais, parce que c’était tout près. Dès que je finissais l’école, c’est là que je me retrouvais. J’ai rencontré plein de monde là-bas! » Aujourd’hui fan de mini-rampe et de street, on peut voir Margaux rouler un peu partout dans les rues de Montréal, au Square Berri et au Peace Park. Plus souvent qu’autrement, elle se déplace en bande, avec ses copines des Skirtboarders.

«Alice au pays des merveilles, c’est un film qui m’a beaucoup marquée. Ça représente vraiment ma jeunesse. Je me suis beaucoup interrogée sur cette histoire-lÀ» WWW.CRUXCO.TV

« C’est Mathilde qui nous a rassemblées au début. On se voyait dans les rues et dans les parcs, puis on a commencé à s’appeler pour aller skater ensemble. On a fini par faire des voyages de skate en groupe et ça nous a beaucoup rapprochées. Maintenant, on est plusieurs à rouler ensemble. On a même une amie Skirtboarder au Mexique », raconte Margaux. À ceux qui y verraient un acte délibérément féministe, Margaux répond que ce n’est pas du tout le cas : « Comme les gars, les filles aiment skater entre elles. Je souligne même que c’est grâce aux gars que je fais du skate, c’est eux qui m’ont initialement donné l’envie d’en faire et c’est aussi eux qui m’ont supportée et appris à en faire... Il faut se l’avouer, le skateboard a toujours été très masculin! »

Margaux style

Si Margaux Walker est loin de manquer de couilles sur un skateboard, il ne faut surtout pas croire qu’une fois les pieds sur terre, la jeune femme ne sait faire preuve de féminité : « Quand je skate, je mets des jeans, un t-shirt et mes Vans. On ne me verra jamais en petite jupe par exemple. Mais quand je ne suis pas en train d’en faire, j’essaie de ne pas trop m’habiller en skate », précise la Skirtboarder.


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GURU DU STYLE WONDERLAND

Veste Obey : Sweet Assasin Blouse Vans : Pinstripe Pleats Top Jeans Insight : Miss Red Skateboard Alien Workshop : Arto Saari Abduction Montre Nixon : Capital

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«Je m’inspire beaucoup des gens dans

la rue. J’emprunte un peu de tout à tout le monde… Ce que j’aime sur moi, je le garde et j’en fais mon style»

Son look qu’on pourrait qualifier à la fois d’urbain, de rétro, de sur-mesure, de new grunge, mais avec une touche d’élégance, lui sied à merveille. En fait, c’est dans l’harmonisation parfaite de plusieurs styles et tendances que Margaux fonde son identité vestimentaire.

m’arranger pour que ça me fasse! J’aime beaucoup les bijoux qui ont l’air ancien aussi. »

Les merveilles de Margaux

« Je m’inspire beaucoup des gens dans la rue. J’emprunte un peu de tout à tout le monde… Ce que j’aime sur moi, je le garde et j’en fais mon style », avoue Margaux. Ainsi, sa garde-robe se constitue principalement de chemises longues, de petites vestes, de pulls, de jeans et de souliers Vans. Pour les journées un peu plus glam, Margaux revêt volontiers les talons hauts et les jolies robes. Chose certaine, elle n’oublie jamais d’accessoiriser le tout : chapeaux de toutes sortes, colliers et boucles d’oreilles font toujours partie de son quotidien! Étudiante en commercialisation de la mode à l’UQAM, Margaux affirme que son parcours scolaire s’est naturellement imposé à elle : « Je me suis intéressée à la mode le jour où j’ai décidé de me faire des t-shirts en sérigraphie. C’est un projet qui m’a dirigée vers les études en mode à l’UQAM. Ce projet ne s’est jamais réalisé, mais mon appréciation du domaine s’est tout de même développée, car il est vrai que plus on en apprend sur quelque chose, plus on s’en passionne. J’ai donc continué sur cette voie qui m’a menée là où je suis aujourd’hui. » Pour la jeune femme, le top du top en matière de design, c’est Karl Largerfeld. Margaux dit apprécier grandement le travail du célèbre personnage. « Il est trrrrroooop stylé », lance-t-elle en parlant de lui.

S’il est un élément qui rend le style de Margaux Walker unique et qui lui confère une bonne dose d’attitude sans effort, c’est sans contredit son magnifique tatouage. Réalisée par l’artiste espagnol Jesus Sayalero, cette demi-manche particulièrement réussie témoigne de l’intérêt de la jeune femme pour une œuvre qui a marqué son enfance. « Alice au pays des merveilles, c’est un film qui m’a beaucoup marquée. Ça représente vraiment ma jeunesse. Je me suis beaucoup interrogée sur cette histoire-là. J’ai eu envie de me faire tatouer Alice sur le bras », raconte Margaux. Autre chose qui marque considérablement la jeune femme : la musique. Beaucoup de indie, une bonne dose d’électro, un peu de hip-hop et quelques classiques se retrouvent dans son iPod, sans lequel dit-elle, il serait maintenant difficile de vivre! Du Crystal Castle à Jack Johnson en passant par Gwen Stefani et The Cure, Margaux a des goûts très variés. « J’écoute de tout, mais je n’écoute pas n’importe quoi. Ça dépend beaucoup de mon mood aussi. Quand je veux écouter une tune en particulier, il faut que ce soit celle-là et pas une autre. J’associe beaucoup les chansons à mes humeurs » précise la Skirtboarder. Aux merveilles de Margaux s’ajoutent les voyages, qui non seulement forment la jeunesse, mais aussi les amitiés de la skateuse. Grâce à sa planche, et surtout ce qu’elle réussit à en faire, elle a mis les pieds dans plusieurs coins de pays et rencontré une foule de personnes qui partagent son intérêt pour la planche.

L’homme, qui présente ses collections à Milan, Paris et New York depuis déjà bon nombre d’années, est reconnu pour ses fashion statements. Il a réussi à ajouter sa touche de modernité à des griffes comme Chanel et Fendi, tout en conservant leurs coupes classiques et raffinées. Tout comme cet emblème de la mode qu’elle respecte, Margaux affirme avoir un petit quelque chose pour le vintage et les trésors du passé qu’elle revampe au goût du jour : « J’aime beaucoup me promener dans les magasins où l’on trouve de vieux vêtements. S’il y a quelque chose que j’aime, mais que ça ne me fait pas parfaitement, je vais juste l’acheter puis le recoudre. Je vais

Son pays des merveilles? La Californie. « Si je pouvais partir n’importe où, n’importe quand, j’irais tout simplement en Californie, confie Margaux. J’adore cet endroit. C’est l’État américain que j’ai toujours le plus apprécié. Il est d’ailleurs sûrement en lien avec le fait que je skate encore aujourd’hui, car j’ai visité cet endroit pour la première fois avec mes parents alors que je commençais tout juste à faire du skateboard... Depuis, j’y suis retournée pour réellement découvrir la scène du skate local et maintenant, le seul mot qui me vient en tête lorsqu’il y a de la neige sur le sol de Montréal, c’est CALI! »

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DECK-ART

La série « Just 4 Bam Bam » d’Element

Après s’être fait tatouer plusieurs fois par Kat Von D, l’artistetatoueuse de LA Ink, c’est au tour à ses skates de se faire faire une beauté par cette dernière. Offerte en édition limitée, cette série dessinée par Kat et spécialement conçue pour Bam Margera, se compose de trois planches : « Reach », « Angel » et « Look ». Maintenant offertes en couleur or, ces planches, qui sont fabriquées à partir de récoltes sélectives d’arbres afin de protéger nos forêts, se détaillent à 74,95 $ chacune.

Deathtoons par Deathwish

C’est sous des caricatures de personnages bien connus que Deathwish a décidé de lancer ses pro models. Avec des références au jeu de Monopoly, à Mickey Mouse, à Oscar de Sesame Street et à bien d’autres, on se demande si cette collection sera sur le marché pour bien longtemps. Parmi les modèles offerts, voici le « Get Out Of Jail Free », le « Deathtoons Team », le « Lizard King » et le « Slash » détaillés à 74,95 $ chacun.

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Control Skateboards

De la série « Vivid » voici le Hanna Hilton, le modèle pro de Thomas Parent. La planche de Casey MacDonald, elle, fait partie du « 87 Series ». Offertes à 64,95 $ chacune. Les signatures? Ça na pas de prix!

Le Hoodbusters de World Industries

Quelqu’un a vu Malcom dernièrement? 74,95 $

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DECK-ART 41

Ripper Skateboards

C’est dans une recherche pour de nouveaux défis que l’artisteillustrateur, Jason Godbout, s’est retrouvé à collaborer dans ce projet artistique avec Ripper. Tirés des contes classiques de notre jeunesse, c’est par le biais du « Red Ridding », d’« Alice » et du « Snow White » que Jason nous dévoile sa version des choses. Ces trois planches, offertes en édition limitée, se détaillent à 59,95 $ chacune. De plus, ayant la conscience verte, Ripper s’engage à planter un arbre pour chaque skate vendu. Une initiative qui vaut la peine d’être soulignée!

Toy Machine

Ayant un fétiche durement marqué pour ces bonshommes à un œil, Ed Templeton continu sous la même lignée d’artwork sa collection de pro models. Le « Johnny Layton Metal Sect », l’« Ed Templeton Jaba The Sect », le « Billy Marks Sectula » et l’« Austin Stephens Sect Head » sont détaillés à 74,95 $ chacun.

Merci à Spin Skateshop chez qui ces decks sont disponibles (www.south-parc.com). WWW.CRUXCO.TV

Le Dustin Dollin de Baker

Rip-off du « Vision Psycho Stick » des années 80’… avec un plus beau sourire. Prix : 74,95 $.

Mercenary Intelligence of Canada

Parmi les pionniers-skateux de Montréal, parfois mieux connus sous des termes du genre « godfathers », Éric Mercier et Phil Beauséjour officialisent leur savoir-faire avec un diplôme en matière de street knowledge and style (69,95 $ chacun). À ne pas manquer cet été, une collabo entre Mercenary et le Roi Heenok. T’entends?


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SKATE


Joe Daraîche et l’importance du style sur une photo. Par Félix Faucher

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l y a environ cinq ans, j’ai commencé à entendre parler d’un nouveau skater dont on vantait le pop et la témérité. Nathaniel Bélanger et Dave Pelletier insistaient pour que je prenne des photos avec leur nouvelle trouvaille : Jonathan Daraîche.

J’ai toujours été sceptique lorsque vient le temps de commencer à documenter un nouveau skater. La photographie ne pardonne pas. Lorsqu’on grandit en regardant les images de skate dans les revues, on n’a pas conscience de la perfection avec laquelle les manoeuvres sont exécutées. Si vous avez déjà tenté de documenter en images fixes un ami qui faisait du skate, vous aurez remarqué que contrairement à la vidéo, la photo fait ressortir tous les défauts. Des manoeuvres qui passent très bien en vidéo peuvent être inutilisables lorsqu’immortalisées sur un support fixe, que ce soit par procédé argentique ou numérique. Il y a même des termes qui existent pour désigner les défauts qui rendent une photo inexploitable. Avoir des « air feet » signifie que le skate a décollé des pieds du skater, disqualifiant de ce fait la légitimité du trick. Un « flip rocket » qualifie l’angle du board lorsqu’il atteint le point le plus haut de la manoeuvre. Normalement à ce stade, la planche doit être parfaitement parallèle au sol (flat) ou alors pencher vers l’avant, ce qu’on appelle « flicker » ou « pocker » son trick (ce qui est bien). Si la planche au contraire penche vers l’arrière, alors c’est ce qu’on appelle un « rocket ». C’est la honte et la photo n’est pas bonne! Un « heel clicker » c’est lorsque les pieds collent ensemble au milieu d’un trick, enlevant par le fait toute grâce à la manoeuvre. La distance entre les pieds lors de l’exécution d’un trick doit normalement être équivalente à la distance entre les deux trucks du skate. Je dis normalement, parce que les tricks évoluent et le style pour les exécuter aussi. Depuis que Stephan Janowsky exécute des tre flips avec le pied arrière

exagérément reculé, où il attrape le board avec le pied avant au-dessus du truck avant, il n’est pas question de faire des tre flips autrement.

Un nose qui touche au curb lors d’un nosegrind, une rotation inachevée dans les airs et qui se termine par terre lors d’un revert, autant de détails qui peuvent vous gâcher des photos de tricks qui pourtant semblaient impeccables à l’oeil nu (ou dans le viseur de la Sony VX 1000, caméra vidéo à poignée, très utilisée par les vidéastes de skateboard, accompagnées du fameux fish-eye manufacturé par Century Optics). En vidéo, à cause de la rapidité du mouvement, on ne le remarque pas. Mais sur une photo que l’on peut garder sous les yeux aussi longtemps que l’on veut, le défaut est flagrant, saute au visage, et restera gravé pour l’éternité dans la petite histoire de notre sport. Dans l’évolution des manoeuvres, il y a également des défauts qui à une époque peuvent rendre une photo inutilisable parce qu’involontaires et qui se transforment en phénomènes de mode. L’exemple par excellence : les fire crackers. Sauter en bas des marches est une pratique courante depuis le début du skate de rue. Lorsque la vitesse est insuffisante, il peut arriver que l’on accroche la ou les dernières marches d’un escalier. Même si on continuait à rouler après le petit accident de parcours, il était formellement interdit de publier la séquence. Mais voilà qu’au milieu des années 2000 est arrivée une génération de skaters, représentée par Ragdoll et plus récemment Richie Jackson, qui a mis à la mode cet « accident » en le baptisant même du nom fire cracker (pétards) en référence au son sec et à répétition rapide que produit le tail de la planche lorsqu’il tape sur les dernières marches de l’escalier. Ce qui n’aurait pas passé dans une photo quelques années auparavant devient un défaut recherché, qu’on veut précisément avoir sur la photo.

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De retour à Jonathan, je croyais que parce qu’il avait la réputation de se lancer en bas de n’importe quel set d’escaliers, son style allait laisser à désirer sur photo. Ce qu’on pourrait appeler du skating burly ou de « pitchage » (dans le sens de se « pitcher » en bas d’un set d’escaliers ou d’un édifice) est rarement compatible avec le raffinement d’un bon style. Mon temps disponible pour la photo de skate étant monopolisé par les quelques skaters avec qui je travaillais le plus, je n’ai pas pris de photos avec Joe et c’est de loin que j’ai vu évoluer ce rider. Dans les films et les revues, je voyais un skater progresser et devenir de plus en plus technique.

La scène du skate a subi des changements à Montréal depuis cinq ans et j’ai maintenant la chance de documenter le petit groupe de skaters que forment Joe Daraîche, Luk Baslanti, Alexis Lacroix, JP Grenier et Nathaniel Bélanger. Cette piscine se trouve à Trois-Rivières. La journée où nous sommes passés, un des gardiens qui effectuait des travaux de réparation voulait se battre avec nous, ni plus ni moins. C’était un jeune et il semble que le fait que nous profitions de la structure l’insultait personnellement. Le hip que forme le ciment de cette piscine est assez difficile à rider parce qu’il est mal défini. Contrairement à une pyramide de skatepark où chaque coin est mis en évidence par les jointures des planches de bois ou de masonite, ici la continuation des formes force le skater à prendre une décision quant au « où » et « quand » déclencher le pop. Qu’à cela ne tienne, Joe Daraîche nous sert ici un backside kickflip revert parfaitement « catché » et dont le revert s’effectue complètement dans les airs. Ce rider forgé par le skating de gros obstacles est désormais flanqué d’un style smooth et raffiné, faisant de lui l’une des figures actuelles les plus redoutables de la scène du street skate québécois.


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SNEAK SHOW HOMME

DC Manteca 3S 94 $

Globe Superfly Vulcan 90 $

Nike SB Blazer Premium SB 120 $

Supra Cuban 84 $

Supra Deathwish Suprano High 136 $

Etnies RVL 78 $

Adidas Skateboarding Campus Vulc 100 $

ĂŠS Accel TT Hi 116 $

Reebok Ex-O Fit Hi S.G. Strap 130 $

Lakai Carroll Select 88 $

Emerica HSU 84 $

Gravis Baltic Indo 105 $

Gravis Dylan Lead 130 $

Circa 50 Lopez 65 $

Macbeth Mike Dirnt Studio Project 110 $

Osiris Tranzor 130 $

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SNEAK SHOW FEMME

Circa 8 Track 77 $

Gravis Liberty Gemini Hi 105 $

Nike 6.0 Dunk High 120 $

DVS Gracie Mid 87 $

Reebok Top Down 90 $

DC Volcano LX 115 $

Etnies Lenny High 99 $

Osiris South Bronx 110 $

Vans Wellesley 70 $

Pointer Soma II 95 $

Creative Recreation W’s Cesario 160 $

Macbeth The Nolan 85 $

Macbeth The Women’s Eliot 65 $

Creative Recreation W’s Galow Hi 180 $

Kangaroos Magnolia 80 $

Converse CT Clear OX 70 $

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Robe WeSC : Timor, ceinture uranium : Stardom, chaussures Seychelles : Half Slip

Bikini WeSC : Brazil, short Volcom : Totally Loaded, chaussures Seychelles : Half Slip

Robe Addict : Bella, broche uranium : Sock Hop, bikini L-Space : Back From Bali, chaussures Seychelles : Half Slip

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Bikini Salinas : Kim, collier uranium : Miami, montre Nooka : Zenh, chaussures Seychelles : Half Slip

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Photographie : Jean-François Mailhot Maquillage : Anabelle Deschamps (missanabelle.com) Coiffure : Jonathan Lee-Riel Styliste : Marie Andrée Guimont. Assistante : Danièle Proulx Modèle : Elke Schorer

Camisole Lifetime Collective : Diamond, bikini L-Space : Jungle Love, collier uranium : Athens, short RVCA : Narcissa, Chaussures Seychelles : Half Slip

Robe Hurley : Viceroy, montre Nooka : Zotc, Chaussures Seychelles : Half Slip

Undress me pens


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GRAPHIC TEES HOMME

Deathwish Dixon Get Out of Jail 30 $

Nixon Silverback 35 $

RVCA Hot Deezy Og 40 $

Volcom Valient Thor 25 $

Alien Workshop Fetus SST 35 $

Teaspoon Spaceship One 39 $

RVCA The Ice Age 40 $

Emerica Bug Shield 27 $

Hurley Head Studies 42 $

Believe Molotov 30 $

Teaspoon Milend 39 $

Lost Around The Block 32 $

RVCA Marathon 40 $

Hurley Retinal Zar 32 $

LRG Brains Of The Operation 30 $

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Nixon N Leg 30 $


GRAPHIC TEES 49 FEMME

Obey Rose Girl 40 $

RVCA Apache 34 $

Hurley Bob Dob Curiosity 40 $

Obey Bulletin Board 40 $

True Colors Clothing Walrus 25 $

Famous Stars & Straps Spread The Love 40 $

Famous Stars & Straps Lips Are Sealed 40 $

Teaspoon I’m Not Human 39 $

RVCA AA Web 34 $

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Lost Save The Tape 30 $

Osiris Outdoors 40 $

Volcom Kitty Trix Tee 25 $

Ragwear Let Me 40 $

Teaspoon Taï-Chi Spoon 39 $

Obey Lacey Icon Face 40 $

Volcom Skullux Video 35 $

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Plus de détails et photos sur www.cruxco.tv


CRUX PROMO

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COLLECTION SKDW 09

COLLECTION SHAKEDOWN 2009 La mission du Shakedown est de créer une série d’événements qui nous rappellent le pur plaisir ressenti lorsqu’on dévale les pentes entre amis. « Non seulement mettonsnous 100% de nos efforts dans la création d’un événement de snowboard de qualité, mais nous nous assurons également de mettre l’accent sur la création d’une marque qui vivra pour toujours. Le snowboard n’est pas seulement un sport; c’est un style de vie qui a changé toute une génération. » - SKDW Offert au www.shakedown.ca ainsi qu’aux endroits suivants: Axis, Empire, DLX, Fokus, Illusion et MSSI.

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9 0 M U I R I L VÉ T

V E LI R I U M .C O M

I U N U E L B I Y T R A P T I 25 JUILLE SAMED

P IE D D U DÈS É2LE1CTH EURE AU R O D E L’ H L A N U IT

INT M O N T- S A

E-ANNE.

THE RAPTURE

(DJ SET) – NY

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RADIO RADIO

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AL TERNATION FESTIVAL IN MONDE

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NDS DU LES WEEK-E ILLET

U 26 JN NUE , Q U É B E C 11NA T- S A IN TE -A MO

Partenaires OR ATINE Partenaires PL

Site hôte

édias

Partena

touristiques ires publics et

Partenaires m


52 NÉCESSAIRES ROAD TRIP...

ROAD TRIP LES NÉCESSAIRES...

Ça sent l’été, le soleil nous chauffe la couenne et tout ce qu’on a envie de faire c’est de sauter dans l’auto pour vivre autre chose le temps d’un weekend. Afin de passer des moments inoubliables pendant cette escapade, Crux vous propose les « nécessaires » à mettre dans votre sac. Photos Jean-François Mailhot. Maquillage Anabelle Deschamps (missanabelle.com). Coiffure Jonathan Lee-Riel. Styliste Marie Andrée Guimont. Assistante styliste Danièle Proulx. Modèles Audrey Gauthier et Nick Murray.

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Sapin sent-bon L’odeur d’un bon sapin frais éveille les sens du chasseur dans l’âme.

Serviettes magiques Pratique si vous considérez que votre passager devient un tout petit peu baveux...

Keg à café Format familial ou rien du tout.

Le e-Messenger Redonne la liberté aux Twitteriens accros en leur permettant d’afficher leurs « statuts » dans la fenêtre de l’auto.

Audrey : Robe Hurley : Kinsey, manteau Lifetime Collective : Rollerball, collier uranium : Intense

GPS Garmin Indispensable pour trouver la prochaine station-service… Tout en étant perdu dans votre trajet.


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NÉCÉSSAIRE ROAD TRIP...

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Coors Light Pour le spectacle des montagnes changeant de couleur.

Mini Absolut Vodka fruités assortis Parce que des fruits, c’est santé!

Eau gazeuse Pellegrino Un must pendant ou après le party.

Crottes de fromage Cheezies Un must en matière de party.

Nick : Chandail Volcom : Relative Deep-V Henley, manteau RVCA : Maddox, Boardshort Hurley : Icon, casquette RVCA : Geo et bas RVCA. Audrey : Camisole Oakley : Across, jupe Hurley : Morgan, colliers uranium : Bedazzled et Ying

Skip-Bo Un must s’il n’y a plus de party.


56 NÉCESSAIRES ROAD TRIP...

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Pepto-Bismol Original Le condiment idéal pour contrer les effets néfastes de vos excès à une heure tardive.

Soie dentaire de Dr. Bob Ne vous faites pas prendre avec du pepperoni entre vos dents, ça risquerait d’écourter la soirée.

Teddy, votre ami Après quelques verres, la voix de Teddy vous guidera vers lui.

Axe - Kilo Parce qu’on n’a rien à perdre… et tout à gagner.

Nick : Chandail Lifetime Collective : Reckless, camisole Supremebeing : Buff, pantalon FLY53 : Have Slim, chapeau Volcom : Pierce Brimmed Merci au Madrid pour leur hospitalité. www.manoir-bigfoot.com

Condoms Magnum Large Parce qu’il vaut mieux prévenir que de guérir... Et vous pouvez toujours vous en servir pour écraser des mouches en les enfilant tel que démontré. Pratico-pratique!


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CHEAP TRIP

Retou R Àà RETOUR R ETOUR Rooklyn BBROOKLYN BROOKLYN Par Edwaard C. Photos Edwaard C. et Solo.

J

’avais d’autres trucs prévus pour ce weekend de Pâques. Pourtant, après une solide nuit de débauche, je me réveille vendredi matin, assis dans le derrière d’une mini van avec cinq de mes amis. L’appel du Saint-Esprit en ce jour pascal : j’étais en route pour un 24 heures à Brooklyn. Paraît que ça prend environ sept heures pour se rendre à New York en partant de Montréal. Aucune idée, le rhum de la veille a désajusté mon horloge biologique. Tout ce que je sais, c’est qu’on s’est arrêté dans les Adirondacks pour bouffer un peu.

Brooklyn, here we are

On voulait initialement aller au Loft Hostel (www. nylofthostel.com), seule auberge intéressante du coin selon HostelWorld. « Complet » que le gars au frontdesk me dit. Considérant son accent et le nombre de fois que j’ai dû répéter ma question, vraiment pas convaincu qu’il ait compris. Nous sommes à Bushwick, considéré par plusieurs internautes comme l’un des quartiers les moins recommandés de Brooklyn. Peur de rien, on en profite pour flâner un peu et manger une pizza au Roberta’s (www.robertaspizza.com). Immédiatement, on se fond dans la masse de ce resto de quartier sur Moore St. Rapidement rassuré par le serveur, le secteur n’est apparemment pas aussi pire qu’on le décrit. Malgré tout, il me confirme que côté hébergement,

à moins de vouloir dormir dans le plus friendly des crackhouses, le Glenwood Hotel, il vaut mieux traverser sur l’île de Manhattan par le Williamsburg Bridge et crécher dans le Lower East Side. On trouve une chambre au Jazz On The Town (www.jazzhostels.com). Il ne reste que cinq lits disponibles dans une chambre de huit. Nous sommes six. Allez savoir pourquoi, mais c’est moi qu’on décida de cacher sous le lit.

Du chili à en perdre la vue

On a faim et soif, on choisit le Blind Pig (www. blindpignyc.com), juste à côté de l’auberge, sur la 14e, pour sa bière et son ambiance. Comme mon estomac travaille encore très fort sur le rhum de la veille, le cheeseburger des Adirondacks et la calzone de Roberta’s, je me dis que je devrais choisir quelque chose de doux pour l’intérieur : j’opte donc pour un chili épicé, spécialité maison. On tente d’aller ensuite au Beauty Bar, juste à côté. Salon de coiffure des années 50, avec les séchoirs chromés et tout le kit, on y sert maintenant les drinks les plus funky du Lower East Side. Le doorman, également policier en service, me refuse l’entrée faute d’avoir mes ID sur moi. On rentre. Clandestinement, je me cache sous l’un des lits les cheveux pris dans le métal du quadrillage qui retient le matelas, incapable de me retourner, la tête appuyée contre mes bottes 18 trous qui sentent la mort. Je me

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convaincs que c’est mieux que coucher dehors.

De l’autre côté du pont

Au matin, on traverse le Williamsburg Bridge pour aller flirter avec le nouveau quartier hip de New York. Mi-chemin entre l’industriel, le décadent et le glamour, lieu de rassemblement des artistes émergents, usine à création pour les futures étoiles de la mode, du design et de la musique : Williamsburg, un des quartiers les plus cool et branchés du nouveau Brooklyn. Une fois sur Bedford (LA rue centrale de ce secteur en évolution), Solo, le chauffeur, gare la van dans un parallèle exemplaire. Nous sommes juste au nord de Metropolitain. Le métro aurait été une option simple et efficace, mais des travaux sur la ligne L nous ont découragés. Première étape : une bière à deux dollars au Cyn Lounge, coin cinquième. Sa terrasse arrière qui donne l’impression d’une scrapyard est certes accueillante et détonne royalement avec la terrasse ultra-hip du bistro Juliette, perchée juste en haut. Finalement, ce sera quelques bières.

la balade

En marchant du côté est de la rue, on reste au soleil tout l’après-midi. Les trottoirs débordent de gens lookés et uniques. Tout le monde est beau, même les laids. Tout le monde a un style, même moi. Je ne suis jamais venu ici, j’ai pourtant la solide


impression que je reviens à la maison… Un grunge ultra-Seattle me tend un flyer et une pile de stickers. Il fait la promo du Hair Metal Salon (578 Driggs Ave.). Un genre de Miami Ink pour cheveux ultra couru à New York. J’ai pas 75 $ à mettre dans mes poils de crâne…

durant le happy hour. On garde ma deuxième pinte bien au frais, dans son habitat naturel qu’est son baril de fût. Le samedi et le dimanche, c’est spécial BBQ. Sur la terrasse arrière, Matt fait des hot-dogs pour un dollar et des hamburgers à deux piastres sur un vieux BBQ de fond de cour.

nous : chars abandonnés, vitres cassées, graffitis conjuguant le verbe to fuck, lampadaires éteints et abris de fortune de locataires clandestins. C’est pas notre place… Il y a encore un peu de vieux Brooklyn dans le nouveau Brooklyn…  

Toujours sur Bedford, une devanture métallique avec ses trois bulles de verre attire l’attention : Realform Girdle Co. Un regroupement de cinq boutiques. Tout au bout, DigitalFix, un magasin top cool. Je trouve une lampe à l’huile en forme de grenade, idéale pour des soirées explosives. Mais à 68 $, je me rassure que je peux faire des étincelles moi-même. En ressortant de là, je m’attarde à la machine d’autocollants devant l’entrée. Pour 4 $, tu peux te faire prendre en photo et te faire sortir la face en mini collants. Passionnant.

L’accident avant le bowling

Et qu’en est-il de toutes ces histoires d’horreurs sur Brooklyn, qui combinaient misère humaine, drogue, violence et poubelles en feu? Un des coins les plus violents de New York dans les années 70 et 80, Brooklyn subit l’effet de l’embourgeoisement, comme tout quartier pauvre et industrialisé qui grandit. Encore tôt dans le processus, ça explique que le quartier Williamsburg / Bushwick soit une destination aussi stimulante et colorée : les artistes, les marginaux et les audacieux donnent à ce secteur industriel une nouvelle saveur. Encore bien avant les colonisateurs bourgeois qui transformeront chaque pied carré en loft urbain et branché d’ici quelques années.

Plus loin, l’immense graffiti « Live, work, create » affiche en grand la philosophie de Brooklyn Industrie, magasin de fringues branché de New York, coin Bedford et huitième. Je choisis une salopette jaune et un t-shirt noir. J’en profite pour faire une séance de photos devant le mur extérieur de la boutique. La soif nous gagne. Un tableau attire mon attention fragile : 2 pour 1. Sans même m’attarder à ce qui est en rabais, j’entre. Le Soft Spot, sur Bedford, coin de la dixième, s’avère être un choix judicieux. C’est la pinte de bière qui est doublée

Il est tard. On plane. En revenant du Soft Spot, on aperçoit une BMW foncer à toute allure sur Bedford. La voiture noire bloque les roues et tente un virage à droite. Complètement manqué. Bang, dans une Honda Accord, bang, dans une vieille Plymouth, bang, dans une Econoline et finale en beauté dans la petite clôture en fer forgé d’un duplex aux allures de bordel. Un type louche sort de la voiture et se sauve en courant. On a fait pareil, histoire de ne pas être mêlé à ce douteux incident… De toute façon, vu notre état, j’imagine mal ce qu’on aurait pu raconter aux flics. Quoi de mieux pour oublier ce stress que d’aller abattre quelques quilles au bowling? Le guide gratuit UnScene Brooklyn nous propose le Gutter (www. thegutterbrooklyn.com). Le salon de quilles se trouve sur le bord de l’eau, en face de Manhattan, dans une usine abandonnée. Sur place, on y sert des pichets de bières artisanales américaines.   Sauf qu’un dimanche de Pâques, à 23 h 30, c’est fermé. Triste, on sentait déjà le bois franc glisser sous nos pieds. Le trash-décor autour de

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Dangereux?

Dangereux? Non. Disons simplement que pour y déambuler paisiblement, il faudra ne pas trop aller vers l’est et bien aiguiser son flair parce que comme partout, y’a là des zones où franchement, ça craint. Darren Aronovsky n’a quand même pas choisi sans raison Brooklyn comme trame de fond pour son film Requiem for a dream - Retour à Brooklyn…


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SURF

TOFINO

TOFINO CAPITALE CANADIENNE DU SURF Par Sam Côté, Photos Jean-François Mailhot

Depuis quelques années, le surf gagne en popularité et séduit beaucoup de nouveaux adeptes. On retrouve maintenant de bons surfeurs partout à travers le monde, même dans les pays nordiques! Au Canada, l’ile de Vancouver compte une multitude d’endroits de qualité pour surfer qui sont principalement situés aux environs du village de Tofino. En collaboration avec Crux, pendant une semaine j’ai profité de ces vagues de l’Ouest avec quelques-uns des meilleurs surfeurs du pays, afin de partager avec vous les richesses du surf au Canada.

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Noah Cohen Team O’Neill Résident de Tofino


62 SURF TOFINO

longue route

À mon arrivée à Vancouver, mon ami Marc Fuller, anciennement responsable de l’équipe de surf O’Neill Canada, est venu me prendre à l’aéroport. Il faut dire que la route est longue de la capitale à Tofino. On doit d’abord se rendre à Horseshoe Bay et prendre le traversier jusqu’à Nanaimo pour ensuite aller rejoindre l’océan du côté ouest de l’ile. Il faut prévoir environ cinq heures pour faire ce voyage! Marc étant aussi motivé que moi en matière de surf, tout de suite après avoir déposé nos effets à la maison, nous nous sommes précipités vers la plage la plus proche! Après un rapide coup d’œil sur internet pour voir l’état des vagues, nous avons décidé de nous diriger vers Wick, une plage qui est exposée à la houle, mais dont la pointe cache les surfeurs du vent du sud. Dès notre arrivée, la routine habituelle était en marche. D’abord un « spot check » de l’endroit, question de voir si les vagues étaient à notre goût. Ensuite, une bonne dose de musique forte pour trouver le courage de se changer sous la pluie froide qui est si fréquente sur l’ile de Vancouver. Puis finalement, un peu de cire sur la planche et hop! À l’eau pour quelques vagues! Nous avons surfé jusqu’à 22 h le premier soir, en fait, jusqu’à ce que la noirceur et la température glaciale de l’océan parviennent à nous faire sortir de l’eau. En juin, la clarté semble ne jamais vouloir s’estomper dans l’Ouest canadien. Dire que nous avions l’océan pour nous seuls… Nous étions partis pour une semaine de surf intense.

Noah Cohen

les locaux

Ce soir-là, histoire de profiter de l’avis des locaux, nous nous sommes informés des conditions de la journée dans différents spots : « Comment était Wick? Comment était Cox? Êtes-vous allés voir South Beach? Où allez-vous demain? Appelle-moi pour me dire comment sont les vagues… » Le genre de blabla qui aide à profiter pleinement de nos journées de surf! Le lendemain matin, après une courte nuit de sommeil, un léger déjeuner et un grand café, Marc et moi sommes allés rejoindre Reid Jackson et Noah Cohen à South Beach près de Tofino. Kye Peladeau, le champion junior canadien, Noah Cohen et Sepp Bruhwiler, trois riders adeptes du surf new school, qui implique beaucoup de manœuvres aériennes, étaient aussi à l’eau. Les conditions étant plutôt ordinaires cette journée-là, c’est après la session que le plaisir a commencé!

À la recherche du « sweet spot »

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Célébration, Long Beach Surf Shop

Sam Côté

Le classique sur l’ile de Vancouver, c’est de prendre une (ou plusieurs) bière « Lucky Lager» après le surf. On en profite pour se remémorer de vieilles histoires... Comme les surfeurs aiment en général voyager, ils ont souvent un bagage incroyable d’aventures à raconter.

Facebook? Noah Cohen et Sam Côté

Ce soir-là, nous étions sept ou huit autour de la van O’Neill à déblatérer des histoires de filles sur le party, de piqûres de scorpions, de requins… Et même de vol à la pointe d’un couteau, une aventure dans laquelle Reid et Marc se sont retrouvés en Amérique Centrale. Évidemment, plus le temps avance, plus la bière fait effet… Et plus les discussions deviennent riches! C’est le genre de moment qui finit par nous manquer une fois de retour au bercail. Ce dont on s’ennuie vraiment en fait, c’est de l’environnement dans lequel on se plonge lorsqu’on se réunit entre surfers : un monde ouvert d’esprit, sociable, relax et sans prétention. Feux de camp, soirées spectacle au bar de la ville à jouer au billard, partys à la maison à regarder des vidéos de surf ou à jouer au pingpong font partie du quotidien. Le lifestyle du surfeur est unique, simple, c’est la dolce vita! Le lendemain soir, nous sommes allés au Long Beach Surf Shop à Tofino pour que je puisse m’inscrire à une compétition. Marc connaît bien Bill, le propriétaire, qui a déjà été son « boss » alors qu’il travaillait dans un surf shop de Vancouver. Bill, c’est le genre de personne très sympathique avec qui tout le monde s’entend bien. Il est très impliqué sur la scène du surf à Tofino. Il juge les compétitions, donne des cours, etc. Il surf d’ailleurs tous les jours. Nous avons discuté avec lui pendant quelques heures dans sa boutique en l’écoutant nous raconter ses anecdotes colorées. Marc lui a ensuite annoncé que sa copine était enceinte, ce qui a pas mal bouleversé la soirée! Le surf shop s’est transformé en véritable fiesta. Bill est allé chercher de la bière froide, sûrement cachée quelque part au fond d’un frigo, ainsi que du whisky. Une autre de ces

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Kye Peladeau

mémorables soirées débutait... C’était certainement l’un des beaux moments improvisés du voyage.

rip curl Stew ii

Les jours suivants, nous avons surfé ensemble en vue de la compétition Rip Curl Stew II. Plus les jours avançaient, plus les surfeurs d’un peu partout débarquaient sur l’ile pour y participer. Tigre et Diego Cadena du Mexique et Peter Devries, champion local, en faisaient notamment partie. Nul besoin de dire que le calibre était très fort dans l’eau! Heureusement, l’ambiance n’était pas tendue. En fait, c’était plutôt amusant de voir team Mexico qui gelait dans l’eau. Pour certains d’entre eux, il s’agissait d’une première session dans une combinaison de six millimètres. Malgré cela, ils étaient capables de nous impressionner comme s’ils avaient toujours surfé cet endroit! Après cette compétition, qui a été un succès avec une température parfaite et des vagues correctes, j’ai pu surfer une dernière fois à Wick avec l’équipe avant de partir. J’ai été surpris de réaliser que tous voulaient venir essayer le surf de rivière au Québec. Étonnant puisque les puristes du surf d’océan montrent généralement un scepticisme face au surf de rivière. Bien au contraire, les gars de l’Ouest ont démontré une curiosité marquée et m’ont posé des questions toute la semaine en s’assurant d’avoir une place chez moi quand ils viendraient à Montréal. C’est sur cette note que s’est terminée mon aventure dans l’ouest de la Colombie-Britanique. Pour ceux qui n’ont jamais visité la capitale nationale du surf, je vous invite fortement à visiter Tofino pour y découvrir l’ouverture des gens et le talent local. De plus, si vous voyez dans les prochains mois des surfeurs qui ressemblent étrangement à Peter Devries, Noah Cohen, Ryan Cameron, Reid Jackson ou Kye Peladeau surfer les rivières de Montréal, dites-vous qu’il s’agit peut-être d’eux… Parce que le monde est petit et que désormais, le surf à Montréal se retrouve aussi sur la map!

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Photos supplémentaires sur www.cruxco.tv



Crux Vol 4 no 2