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HIVER 2008 VALEUR DE 4.99$

SPORTS

CULTURE

MUSIQUE

LIFESTYLE

FUTURE’S NOW CHARLES REID MARIE-FRANCE ROY CHARLES GAGNIER KIM LAMARRE CRUX MUSIQUE MOBILE CARE FREE HUGO BALEK

STERLING DOWNEY UNDER PRESSURE

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HELLYHANSEN.COM


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NOM : YASMINE AGE : 26 SPORTS : SNOWBOARD, SURF. ACTIVITÉS : VOYAGER, SORTIR, RENCONTRER DES GENS POUR RIDER. NOMBRE DE PHOTOS : 53 NOMBRE DE VIDÉOS : 12

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TU VEUX UNE F%?*!#G COMMUNAUTÉ WEB À TON IMAGE? ÇA S’EN VIENT. INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT SUR

SPORTS

LIFESTYLE

PROFILS

PHOTOS

VIDÉOS CRUX MAGAZINE

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Contenu P50. FUTURE’S NOW Le sport est un flow. Il est connecté au temps et semble voyager du futur au passé en un rien de temps. Le sport est quelque chose de particulier; il est contagieux, éphémère, presque mystique. C’est souvent parce qu’il y a quelque chose dans l’air, un état d’âme qui touche tout le monde qui s’y trouve...

P62. HUGO BALEK, CARE FREE « Elle s’est passé comment ta première run? T’as bien fait? » « Je sais pas, je pense. Mais ça me dérange pas. C’était le fun. » C’est dans ce peu de mots, récoltés sur le tas au Vans Backyard party en septembre dernier, que réside l’essence du skateboard pour Hugo Balek...

Départements P16. ÉDITO INVITÉ : PHIL JOYAL ET APRÈS... P18. MANIFEST GALERIE PHOTO P24. CRUX NOUVELLES QUELQUES NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS P28. CRUX MUSIQUE : MOBILE CONTINUER SANS RECOMMENCER P32. CRUX SHOP : THREE MONKEYS DU SINGE À SON LOOK P36. CRUX PRODUITS LES INDISPENSABLES DE CRUX P42. GURU DU STYLE STERLING DOWNEY, LE GARS QUI MATCH P66. CRUX PERFORMANCE RICHARD GREENE : SHAPER SA VIE Sur le cover et sur cette photo : Sterling Downey Photographie : Jean-François Mailhot

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ÉDITO INVITÉ

ET APRÈS...

« LE SPORT, C’EST MA VIE, MA CARRIÈRE ».

LE MAGAZINE DE LA CULTURE ET DES SPORTS ALTERNATIFS VOL3 NO 4 HIVER 2008 ISSN 1715-9857

ÉDITEUR JEAN-FRANCOIS MAILHOT jf@cruxco.tv

PAR PHILIPPE JOYAL RÉDACTRICE EN CHEF ÉMILIE CORRIVEAU emilie@cruxco.tv

Peut-on vraiment en vivre et pour combien de temps? Y a-t-il une vie après le sport? La plupart des athlètes de haut niveau n’auront pas trop de difficultés à se placer les pieds dans leur domaine une fois leurs moments de gloire derrière eux. Ce ne sera pas le cas pour tous...

COLLABORATEURS

Émilie

Corriveau,

Jean-François Mailhot, Vivian Savoy. COLLABORATEURS

En atteignant le top, on se fait voir, connaître, on atteint différents niveaux de notoriété et par le fait même, quelques fois, de la crédibilité dans l’industrie. Et ce n’est pas parce qu’on rejoint les sommets rapidement qu’on en redescend aussi vite. Les chanceux, ou plutôt les talentueux, doivent rester présents dans les médias et événements spéciaux le plus longtemps possible, afin qu’on les voit et qu’on parle d’eux. Les décisions prises sont toujours stratégiques et des choix difficiles s’imposent. Doit-on risquer et tenter le podium dans une compétition d’importance et de haut niveau ou opter plutôt pour une séance photo organisée par un magazine international? Quel est le meilleur choix? Où se trouvent les meilleures chances d’obtenir des résultats bénéfiques?

RÉDACTION

Edwaard, Patrick Gauvin, Philippe Joyal, Martine Letarte,

PHOTOS

Kasey

Andrews,

JP

Daignault, Patrick Gauvin, Brian Hockenstein, Dave Lehl, Jean-François Mailhot, Félix Rioux, Erik Seo. CORRECTION ET RÉVISION Émilie Corriveau, Vivian Savoy.

DIRECTRICE ADMINISTRATIVE VIVIAN SAVOY vivian@cruxco.tv PUBLICITÉ

Incontestablement, peu importe les chemins choisis, le tempo du cirque diminuera. Pour plusieurs, le pire est de sentir la fin qui approche sournoisement. Les ambitions deviennent tranquillement plus modestes. Le désir de gagner se transforme en désir de podium, puis en top 10, pour finalement terminer vaincu... en participant. Peu se retireront immédiatement une fois le sommet atteint. Le feeling de gloire, surtout après plusieurs années d’efforts, est difficile à déclasser. On peut aisément développer un goût et même une dépendance à cette extase, à ce sentiment d’accomplissement héroïque, ce boost de confiance maximum et même le plaisir de se voir conféré un certain statut de célébrité. Le déclin peut faire mal. On devient numéro deux, souvent détrôné par un plus jeune possédant plus de talent et c’est le début de la fin, ou simplement, le début de « l’après ». On doit donc se préparer à la décélération et répéter l’exercice : placer ses pions stratégiquement.

PHILIPPE JOYAL ORGANISATEUR DE LA TOURNÉE DE SNOWBOARD COORS LIGHT SMF AINSI QUE DE LA TOURNÉE DE WAKEBOARD COORS LIGHT WAKE DANS’ RUE

DIRECTEUR DES VENTES FRÉDÉRIC DESHAIES frederic@mediakartell.com

(514) 576-2303

REPRÉSENTANT DES VENTES JEAN-FRANÇOIS DENIS jfdenis@cruxco.tv REPRÉSENTANT DES VENTES DOMINICK MÉNARD dom@cruxco.tv

IMPRESSION Solisco HÉBERGEMENT WEB K3 média AGENCE ALTERNATIVE CRUX INC.

Une fois la cadence ralentie, les plus talentueux et les plus businessmen auront encore droit à des offres alléchantes. Porte-parole de marques, représentant, entraîneur, conférencier, concepteur et designer de produits, producteur de films et d’événements, photographe, propriétaire et gérant de magasin spécialisé, les possibilités sont presque infinies. Est-ce du recyclage ou seulement la continuité incontournable d’une vie dévouée à son sport?

3051 rue du Gadelier,

Les avantages sont considérables. Les élus connaissent les deux côtés de la médaille : théorique et surtout pratique. Ils ont développé une expertise incomparable et des connaissances spécifiques sur les équipements utilisés, à travers leurs expériences et tests ultimes. En d’autres mots, ils savent de quoi ils parlent! Ils finissent par obtenir une crédibilité machinale et un respect immensurable. Sans parler (pour une poignée seulement) de comptes de banque enrichis et de placements rentables.

Crux est publié quatre fois par année. À toutes les saisons!

St-Bruno-de-Montarville, Qc, Ca. J3V 0A5 Courriel : redaction@cruxco.tv WWW.CRUXCO.TV Crux est une publication indépendante axée sur l’industrie des sports alternatifs et de sa culture.

Chaque numéro est lu par quelque 60 000 lecteurs (source: Magazine Canada). Crux se libère de toute responsabilité par rapport au contenu des publicités publiées dans ses pages. Les opinions exprimées dans les articles ne sont pas nécessairement partagées par Crux et ne doivent en aucun

Pour d’autres, ce bassin d’options est restreint. Souvent peu scolarisés en raison du temps considérable investi dans les voyages et les opportunités de rêve incontournables, plusieurs se retrouvent sur les bancs d’école à finir des certificats et bacs incomplets. Certains se tournent même vers des études secondaires dans le but d’obtenir un diplôme. Les bourses et salaires accumulés sont plus souvent qu’autrement dilapidés dans d’extravagantes dépenses de rockstars. Ces sportifs doivent remonter les échelons un à un en espérant retourner au sommet, cette fois avec d’autres méthodes et dans un tout autre environnement.

temps être perçues comme des avis professionnels. Crux se réserve le droit à l’erreur et n’est aucunement responsable des textes et des photos qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. Toute reproduction, en tout ou en partie, sans l’autorisation écrite de l’éditeur est interdite. Nous remercions tous ceux qui croient à notre projet et qui contribuent à son succès! Les idées novatrices sont toujours

Tout compte fait, il y a bel et bien une vie après le sport. Il suffit, comme dans tout, de planifier, se préparer et se lancer à 100%. De mon côté, grâce à ma modique apparition dans le monde des boardsports, qui ont d’ailleurs su me rétribuer quelques sous en retour, je poursuis maintenant ma passion à travers une compagnie de production d’événements de sports d’action. À chaque jour, et ce depuis six ans, elle me permet de vivre, mais surtout de continuer à me réaliser dans ce que j’aime le plus au monde. Faites donc ce que vous aimez et saisissez toutes les opportunités alléchantes sans hésiter. Il y aura toujours des options.

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les bienvenues. Annoncer dans Crux vous intéresse? Envoyez-nous un message à PUB@CRUXCO.TV et nous nous ferons un plaisir de vous envoyer notre kit média. Être publié dans Crux vous démange? Envoyez-nous vos idées d’articles et photos à REDACTION@CRUXCO.TV


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MANIFEST

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Photographe : Kasey Andrews. Rider : Kevin Lowry de Calgary. Lieu : Montréal « Kevin a passé beaucoup de temps à Montréal cet été. En fait, il est supposé déménager ici l’été prochain. Il est commandité par WeSC, Blueprint, Royal, éS, etc. » Kasey Andrews


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Photographe : Brian Hockenstein. Rider : Andrew Burns. Lieu : Village de Whistler « Cette photo, tirée d’un photoshoot à un endroit qui ne m’excitait pas particulièrement, a fini par être l’une de mes favorites. J’adore les couleurs et le mouvement de cette photo! » Brian Hockenstein


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Photographe : Erik Seo. Rider : Ian Cosco. Lieu : Stevens Pass, Washington, É.-U. « Ian Cosco pendant l’un des tournages de Rage Films. » Erik Seo


CRUX NOUVELLES

QUELQUES NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS

SPINWORKS À EDMONTON Cet automne, la compagnie québécoise Spinworks, qui oeuvre dans la conception et l’aménagement de skateparks depuis une dizaine d’années, a fait des ravages à Edmonton! Réputés pour la qualité de leur travail et l’originalité de leurs idées, Dan Vézina et Éric Blais, cofondateurs du SouthParc de Brossard, ont littéralement sauvé le parc de West 49 situé au West Edmonton Mall. Accompagnés de leurs fidèles acolytes Stéphane Vallée et Casey McDonald, ils ont carrément démoli l’aménagement en place, qui n’était pas du tout fonctionnel, pour reconstruire un parc beaucoup plus agréable à rider. « C’est mon petit parc préféré. Je pourrais avoir une chambre à côté et skater là tous les jours sans problème », commente Éric Blais. La qualité principale du parc? Sa fluidité. De tous bords tous côtés, les obstacles sont approchables. Une qualité que les skaters locaux ont semblé largement apprécier et qu’on doit à la créativité de Dan, conjuguée à la rationalité d’Éric! Bravo les mecs, il y a de quoi être fiers! Photos supplémentaires sur Cruxco.tv

COORS LIGHT SMF 2008 La tournée du Coors Light SMF bat son plein! Après Drummondville, Québec, St-Sauveur et Montréal, c’est au tour de Gatineau, Terrebonne et Tremblant d’accueillir les snowboarders en feu. Au total, plus de 7000$ en bourses sont remis aux gagnants durant la tournée. La finale du SMF aura lieu à l’ouverture de la station Mont-Tremblant où l’on y déterminera le champion du Grand Prix SMF 2008!

RÉSULTATS DU COORS LIGHT SMF 2008 4 oct - SMF Drummondville / Cabal Boardshop

JASON DUBOIS SMF QUÉBEC

1. Fred Lacroix 2. Matts Kulisek 3. Jason Dubois

12 oct - SMF Québec / Boutique Périgny 1. Jason Dubois 2. Gabriel Mercier 3. JP Poirier

17 oct - SMF St-Sauveur / Boutique Performance 1. Jason Dubois

JP POIRIER, JASON DUBOIS, GAB MERCIER SMF QUÉBEC

2. Ghislain Montpetit 3. Fred Lacroix

UNDERWORLD REVU ET CORRIGÉ C’est entre les murs de ses nouveaux locaux montréalais que le team du Underworld a tenu le 11 octobre dernier un party d’ouverture mémorable. À quelques pas à peine de l’ancienne boutique, les invités, des amis, des riders, des gens de l’industrie et certains médias privilégiés ont assisté à l’inauguration officielle du Underworld revu et corrigé. Au son d’un band live et de disques jockeys, les fêtards ont pu se trémousser et prendre quelques verres à la santé de la nouvelle boutique. L’endroit, qui est beaucoup plus vaste et aéré que l’ancien Underworld, abrite plusieurs collections pour hommes et femmes et une intéressante sélection de chaussures et d’accessoires. À l’étage, la boutique compte aussi une salle de spectacle. Il est à parier qu’ainsi équipé, le Underworld ne risque pas d’en être à son dernier party! Photos supplémentaires sur Cruxco.tv

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25 oct - SMF Montréal / Boutique Empire 1.Jason Dubois 2. Régis Demac 3. Ghislain Montpetit PROCHAINES DATES ET LIEUX : 8 NOVEMBRE – SMF GATINEAU Boutique Fokus au East Side Mario’s 15 NOVEMBRE – SMF TERREBONNE Boutique Atlas au McTavish 22 NOVEMBRE – SMF TREMBLANT Boutique Adrénaline au P’tit Caribou *GRANDE FINALE* Photos des compétitions SMF sur Cruxco.tv

PHIL JOYAL ORGANISATEUR DU COORS LIGHT SMF


CRUX NOUVELLES

QUELQUES NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS LE SUCCÈS DE LA 2E ÉDITION DU DNA IF3 GARANTIT LE RETOUR DU FESTIVAL L’AN PROCHAIN! » C’est le 15 septembre dernier que s’est terminée la 2e édition du DNA IF3 à Montréal. Au menu, 12 premières de films professionnels et 5 films de niveau amateur. Des riders venant de partout et l’industrie internationale du freeski y étaient. Les organisateurs estiment à près de 3000 le nombre de participants qui se sont déplacés au Cinéma Impérial au cours du week-end. Ce succès garantit le retour du festival l’an prochain, c’est donc un rendezvous pour la mi-septembre 2009. Voici les gagnants :

BRAND SPOTLIGHT SUR CRUXCO.TV Il y a du nouveau sur Cruxco.tv! Les produits de vos compagnies préférés sont maintenant propulsés à l’avantscène avec le Brand Spotlight. Que ce soit pour vous faire découvrir leur nouvelle collection, pour mettre l’emphase sur la beauté de leurs modèles, ou pour vous dévoiler l’histoire qui se cache derrière leurs produits, vous aurez un plaisir assuré à regarder ces produits mis en valeur sous un autre angle. Pour votre plaisir et votre curiosité, voici les Brand Spotlight qui sont maintenant en ligne. Venez voir ça! Rossignol - Confesse ses «7 Artistic Sins»

CATÉGORIE PRO

I Found - L’art de la tuque!

Meilleur Film : Reasons, Poor Boyz Productions

Believe – Du 100% québécois

Meilleure Cinématographie : Massive, Red Bull Moving Images Meilleur Montage : Reasons, Poor Boyz Productions Meilleure Bande sonore : Massive, Red Bull Moving Images Meilleur Athlète Masculin : Tanner Hall,

FÉLIX RIOUX, ORGANISATEUR DU IF3

Red Bull Moving Images Meilleur Athlète Féminin : Jamie Burge, Rage Films CATÉGORIE AMATEUR Meilleur Film : Slamina, 4B19 Meilleure Cinématographie : Hat Trick, ESK Meilleur Montage : Outdoor Education, Voleurz Meilleure Bande sonore : Hat Trick, ESK Meilleure performance : Henrick Haleaut AUTRE

JF DUROCHER, ORGANISATEUR DU IF3

Prix du coup de cœur : Get Lucky, Field Productions Meilleurs effets visuels innovateurs : Up in Snow, Ride the Planets Meilleures images : Andreas Hatveit et Jon Hatveit for Reasons, Poor Boyz Productions Meilleur trick : Simon Dumont, Poor Boyz Productions

GAGNANTE DU CONCOURS IF3 ET CRUX! Merci à tous ceux qui se sont inscrits à notre concours IF3! Bravo à notre gagnante Marie Duchesneau de Montréal. Voici ce qu’elle a gagné : 1 Sac Dakine Heli Pro 20L style Logger Flannel d’une valeur de 90$ 2 tuques IF3 2 t-shirts IF3 2 passes VIP IF3 (Présentations IF3, Salomon 1080 Party, Massive Party et NS Awards) 26 CRUX MAGAZINE

PARTY SALOMON

I FOUND DÉBARQUE EN AUSTRALIE! C’est lors de leur dernier trade show que la compagnie de distribution australienne Sportfactor a lancé la collection I Found. Deux des meilleurs snowboarders du pays, Ryan Tiene et Tom Pelly, se sont joints à eux pour y faire la démonstration des produits. Aux dires de Guillaume Brochu, l’un des propriétaires de la compagnie québécoise I Found, l’enthousiasme de nos voisins éloignés était sans équivoque dû aux nombreuses commandes de leurs produits par de nouveaux magasins australiens. On doit préciser que leur hiver vient juste de se terminer alors que nous... nous attendons impatiemment l’ouverture de nos centres de ski. Sportfactor, qui devient leur distributeur officiel australien, a aussi sous son aile les produits de Nitro, L1, Raiden et Giro.

LE RED BULL CRASHED ICE DE RETOUR EN JANVIER 2009 Les hommes ne seront pas seuls à aiguiser leurs patins, puisque pour la première fois de l’histoire du Red Bull Crashed Ice, les femmes aussi enfileront les patins et s’attaqueront à la piste, dans le Vieux-Québec, le 24 janvier 2009, pour sa quatrième édition au Canada. Les habitués de cette compétition et les mordus d’adrénaline seront heureux d’apprendre que le parcours sera une fois de plus amélioré – le plan sera révélé plus tard – et un nouveau processus d’inscription, soit un système de loterie a été mis en place. Avec plus de 85 000 spectateurs le long du parcours de l’an dernier, la barre est haute pour 2009! Tous les participants intéressés peuvent s’inscrire dès maintenant, et ce, jusqu’au 24 novembre à 23 h 59, heure de l’Est, sur www.redbullcrashedice.ca.


CRUX MUSIQUE

CONTINUER SANS RECOMMENCER. MOBILE

ÉCRIRE UN DEUXIÈME ALBUM, QUAND LE PREMIER, QUI A ÉTÉ EN NOMINATION POUR UN JUNO EN 2007, S’EST VENDU À PLUS DE 50 000 COPIES, PEUT ÊTRE UN EXERCICE PARTICULIÈREMENT DIFFICILE. LES ATTENTES SONT IMMENSES, LES GÉANTS DE L’INDUSTRIE ESPÈRENT FAIRE UN MAX DE CASH, LES RADIOS ATTENDENT IMPATIEMMENT LE PREMIER SINGLE, LES DISQUAIRES ESPÈRENT DE BONNES AFFAIRES ET LES FANS ONT HÂTE DE RENOUER AVEC LEURS IDOLES. MAIS POUR LE BAND, UN DEUXIÈME ALBUM, ÇA REPRÉSENTE QUOI? LES CINQ GARS DE MOBILE L’ONT ÉCLAIRCI.

PAR EDWAARD, PHOTOGRAPHIES JEAN-FRANÇOIS MAILHOT

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CRUX MUSIQUE

MOBILE

Assis dans les fauteuils du Saint, coin Ste-Catherine et StLaurent, quelques heures avant le lancement de Tales From The City, les gars de Mobile sont confortablement installés les pieds sur la table. Alors que l’on s’affaire encore à tester l’éclairage et la machine à fumée et qu’un mec tente de coller de façon assez douteuse un poster du band sur une des colonnes du bar, Mat Joly, le chanteur, ouvre le bal : « Ben du monde disent que le deuxième album, c’est un genre de make it or brake it. Moi je pense que chaque album, ça passe ou ça casse, anyway ». Il a bien raison. Faire à sa tête. Jeff Saltzman (derrière le Hot Fuss du groupe The Killers), qui est le réalisateur de Tales From The City, leur a dit de faire cet album en se disant que c’était peut-être le dernier. Se foutre de ce que les gens penseraient et faire de leur mieux, c’est dans cet état d’esprit que les cinq Montréalais l’ont construit. Alors que le premier album, Tomorrow Starts Today, avait été réalisé avec l’espoir d’attirer l’attention des maisons de disques (et ce fut réussi, ils travaillent maintenant sous la prestigieuse étiquette Universal), le deuxième a plutôt été créé dans une perspective inverse : « Le premier, on voulait un record deal. Là, on voulait faire quelque chose qui nous ressemblait plus et pas juste faire un ramassis de singles », dit Christian « Criq » Brais, guitariste et compositeur. La différence est notable dès la première écoute : moins pop, plus rock et plus structuré : on a vraiment l’impression d’écouter un album, plutôt qu’un greatest hits. Sans pour autant marquer un tournant à 180 degrés, disons que tout ça marque une étape importante dans l’évolution du groupe. « On l’a fait pour nous, sans avoir trop d’attentes. Le but n’était pas de récrire un autre hit à la Outta My Head. Le but, c’était de reconnaître la vraie nature de Mobile », confirme Mat. N’empêche que lorsqu’un groupe décide de s’écouter un peu plus et d’en faire à sa tête, malheureusement, rien ne garantie que le public suivra. Mais comme Mobile a toujours entretenu une relation privilégiée avec sa crowd, c’est probablement ça qui lui permet d’espérer, sans trop d’angoisse, le succès de son nouveau disque.

Encore plus proche des fans. Déjà inscrits sur des sites comme MySpace ou Facebook, ils ont dernièrement resserré les liens encore plus en ajoutant une portion blogue sur leur site www. mobiletheband.com. Un espace d’échanges où les membres du groupe post sur ce qui les touche et les influence dans leur musique. Criq décortique depuis quelques mois chacune des chansons du dernier album en expliquant le processus de création : « J’ai écrit ça en fonction de ce que j’aurais aimé lire sur le processus de création d’un disque comme Atchung Baby de U2 ». C’est là, par exemple, qu’on découvre quel artiste des années 80 a influencé la finale du premier single : The Killer et que Criq nous parle de la guitare qu’il a acheté pour composer Daylight Breaks. Mat Joly explique pour sa part dans quel contexte les paroles ont été écrites, lui aussi, chanson par chanson. « C’est sûr que je préfère que les gens se fassent leur propre idée du sens d’une chanson, mais en même temps, je comprends que les gens veulent savoir le vrai meaning du texte », dit l’auteur. À cela s’ajoutent des commentaires sur leurs journées en studio ou des anecdotes sur la vie de tournée. Cette perspective de l’intérieur permet d’apprécier encore plus le travail du quintet. Outre le blogue, le site ne cesse d’être retouché. « On a filmé pas mal de trucs au local, on aimerait ça mettre ça sur le web. Des photos aussi. On voudrait que chaque fois que quelqu’un revient sur le site, il trouve quelque chose de nouveau », explique Frank Williamson, guitariste. « La musique, c’est une des formes d’art où il y a le plus d’intervenants entre l’artiste et le public. Le fait d’avoir un site Web constamment updaté, avec un blogue, des photos et de la vidéo, ça permet de limiter un peu cette distance qui existe entre les deux », ajoute Dominic Viola, bassiste. Le rêve de la rockstar. Jouer du rock et en faire son métier amène son lot d’intensité. Et des moments marquants, c’est par dizaine qu’on les compte. « Le Juno de révélation de l’année en 2007 et le disque d’or, c’était vraiment cool. J’ai reçu mon

disque d’or sans m’en attendre, par la poste juste avant Noël. La compagnie voulait nous le donner, mais parce que c’était impossible de se voir, ils l’ont posté. J’ai vraiment capoté », confie Dominic. Pour Pierre-Marc Hamelin, le drummer, chaque nouvelle étape est en quelque sorte la plus marquante : « On a tripé autant la première fois qu’on a entendu notre tune à la radio, dans le temps qu’on avait gagné le CHOM l’Esprit 2001, que quand on a signé le contrat de disque ou qu’on est parti jouer en Europe.» Mais un des buzz les plus forts pour Mobile : unanimement, les gars s’entendent pour citer l’impressionnant « T in the park » alors qu’ils partageaient la scène avec The Who, The Strokes et Primal Scream. Considéré comme l’un des plus importants festivals extérieurs d’Europe, le « T » d’Écosse, c’est aujourd’hui près de 100 000 personnes et 200 bands répartis en deux jours sur une dizaine de scènes. Alors que les plus grands groupes rock de la planète y ont presque tous joué, pour eux, d’y avoir participé en 2006 aura été un des très grands moments des dernières années. Ensemble depuis 2000, ils ont passé aux travers bien des étapes pour en arriver là. Et pour eux, le fait d’être près les uns des autres dans la vie de tous les jours est essentiel pour arriver à quelque chose de bien autant en studio que sur scène. « Tu vis des choses tellement intenses. Je serais pas à l’aise si je connaissais pas aussi bien les gars », confie Pierre-Marc. « La chimie que les gens voient, c’est la même qui existe entre nous en dehors du stage », ajoute Frank. Et à les voir triper autant sur scène, pas de doute que pour eux, chimie et succès vont très bien ensemble. L’album Tales From The City est en vente depuis le 7 octobre 2008 et une série de concerts est prévue au cours des prochains mois. Visitez le site Web www.mobiletheband.com pour plus d’informations.

Entrevue et photos additionelles sur www.cruxco.tv

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CRUX SHOP

THREE MONKEYS

DU SINGE À SON LOOK

PAR EDWAARD, PHOTOGRAPHIES JEAN-FRANÇOIS MAILHOT

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COMPLÈTEMENT MONTRÉAL, FRANCHEMENT UNIQUE ET DIRECTEMENT BRANCHÉ SUR LES MACHINES À COUDRE DES DESIGNERS LES PLUS HIPS EN VILLE, C’EST ICI QU’IL FAUT VENIR POUR METTRE LA MAIN SUR CES PETITES EXCLUSIVITÉS QUI FERONT TOUTE LA DIFFÉRENCE. DES CRÉATIONS SOUVENT FAITES À LA MAIN, DANS BIEN DES CAS EXCLUSIVEMENT DESTINÉES À CETTE BOUTIQUE, C’EST AUX CHICS COURS MONT-ROYAL QUE VOUS TROUVEREZ CETTE PETITE OASIS DE FRAÎCHEUR. ET PAS LA PEINE D’AVOIR PEUR POUR SON FRIC.


CRUX SHOP

Mark : Manteau : SupremeBeing, JL4 Del Hood. T-Shirt : RVCA, Skull Bonnett. Jean : RVCA, Kevin Spanky Long X. Lunette : Super. Nadia : Manteau : Fenchurch, Foal leather Jacket. T-Shirt : Insight, I want it all Tee. Jean : WeSC, Eve. Chaussure : D.A.T.E, Tender High.


Entrepreneur au cube. Ils sont trois, jeunes, dynamiques et colorés. Mike Casali est photographe et DJ résident au Cafétéria, sur la rue St-Laurent, les mercredis soir. Paul Desbaillets est aussi le propriétaire du Burgundy Lion, pub très cool près du marché Atwater, et Arianna Rabinovitch est propriétaire d’une boutique de fringues et accessoires : Fly, sur la rue Ste-Catherine. Tout ça à Montréal. Leur ville. Leur point en commun : ce sont eux qui sont aussi derrière Three Monkeys, impressionnante boutique mode où l’on retrouve un condensé d’exclusivités colorées et branchées. Trois entrepreneurs, trois singes, trois passionnés de fashion. « Parce qu’un singe, c’est super chaleureux, c’est créatif, c’est énergique et ça adore jouer, le nom du magasin nous représente vraiment bien », nous dit Arianna Rabinovitch, une des trois copropriétaires. Stock exceptionnel. Ce qui surprend le plus en zieutant la marchandise, c’est qu’on réalise assez vite qu’avec ce que la boutique offre, c’est possible de s’habiller cool et flyé sans pour autant avoir à enfiler des trucs extrêmes du genre : lunettes roses, gilet fluo, pantalon bleu royal et bas de golfeur. En effet, très axée sur les arts graphiques, la sélection est non seulement hyper intéressante, mais peut convenir autant à l’artiste ultra marginal en mal de style qu’au BCBG travailleur qui cherche à ajouter un peu d’épices à son look de 5 à 7. Clientèle cible : 18 à 35 et elle évolue avec l’âge des proprios. « On a toujours été funky, mais comme on vieilli, on essaie d’ajouter des trucs qui collent bien avec notre évolution à nous aussi », ajoute Arianna. L’autre chose qui surprend en déambulant entre les jeans, t-shirts et accessoires, au son d’un électro bien choisi, c’est cet amour pour la métropole. Ça se sent dans chaque fibre du tissu. Tout ce que Montréal peut faire, c’est ici que c’est fait. « Près de 30 % de nos stocks viennent directement de designers montréalais. C’est vraiment important pour nous d’encourager les indies », explique la jeune copropriétaire. De Montréal à L.A. Alors qu’initialement le projet était de faire un magasin offrant exclusivement des créations montréalaises, c’était en 2004, des créations de designers new-yorkais ou torontois sont incluses dans le lot une année plus tard. Puis, en 2006, on choisit d’ajouter quelques marques exclusives venant des States. Bien que l’idée de départ était franchement intéressante, l’instabilité que créait l’approvisionnement chez des designers qui ne travaillent pas à produire en grandes quantités posait problème. Aujourd’hui on retrouve donc, parmi les Eve Gravel et Valérie Dumaine, des bijoux uniques d’artistes branchés de L.A., des chapeaux Brixton, des headphones WeSC, des pièces vraiment uniques signées Travis Taddeo, des shoes Pointer et du streetwear signé Lifetime Collective, Sixpack France ou Cheap Monday, histoire d’en nommer quelques-uns. Three Monkeys, c’est donc un lien direct entre les designers et le consommateur. Alors qu’il est difficile d’accéder aux dernières créations uniques d’un designer émergent et indépendant, à moins de l’avoir dans ses amis Facebook, le magasin offre une impressionnante gamme de morceaux exclusifs à tirage limité et disponible nulle part ailleurs. Finalement, en plus de faire eux-mêmes leurs campagnes publicitaires (ils shoot leurs pubs dans les rues de Montréal, avec le staff), ils font aussi leur propre ligne de t-shirts avec comme thématique : Montréal. La coproprio nous dit : « On voulait faire des t-shirts qui représentent bien le Montréal des Montréalais ». Pour ce faire, ils ont choisi des images du quotidien, comme le fameux logo Five Rose, le défunt Bens Deli ou la biosphère. On est franchement très loin du quétaine gilet de touriste « J’aime Montréal ». Party is essential ! Et puis comme les proprios aiment faire la fête, ce n’est pas surprenant que le magasin se transforme quelques fois par année en un petit lieu de party plutôt branché. Que ce soit pour souligner l’ouverture de la nouvelle boutique, pour annoncer la venue d’un nouveau designer ou simplement pour lancer la collection de la nouvelle saison, le carnet d’évènements est particulièrement bien rempli. Des 5 à 7 qui commencent habituellement entre les racks de fringues et présentoirs de t-shirts et qui se terminent habituellement quelque part dans un bar hip de la métropole. Vous n’avez qu’à visiter le site Web régulièrement. Et si vous manquez les derniers partys, pas de panique. Sur le Web, en visitant le « www. threemonkeys.ca », on y trouve, en plus des campagnes publicitaires accessibles en ligne, des podcasts exclusifs de DJs comme Jordan Dare, Ghislain Poirier ou Miguel Gracia ayant spinné dans les récents évènements. Notez qu’actuellement, le site est uniquement en anglais et encore en construction. Prochaine destination. Après avoir récemment déménagé dans un local plus grand, les proprios ne sont pas sans défis quant à l’expansion de l’entreprise. L’idée de rester le plus près possible de la communauté indie, de continuer à créer avec des artistes émergents et de rester marginal demeure un des piliers de l’entreprise. Ensuite, « si jamais une occasion se présente d’ouvrir d’autres boutiques ailleurs au Canada, nous le ferons, il s’agit de trouver le bon moment », nous explique Arianna. Mais selon cette dernière, le gros problème c’est qu’en ce moment, aucun des proprios ne se dit véritablement prêt à déménager de Montréal pour développer les affaires ailleurs: « On est de vrais Montréalais, c’est tellement une super ville, on veut pas partir! » justifie-t-elle. Ça paraît ou pas qu’ils tripent sur Montréal? Elke : Manteau : SupremeBeing, Vortex. Robe : Insight, Fields of Diamonds Collier : Faux Sentimental, Basic Eternal. Bottes : D.A.T.E, Candy.


CRUX PRODUITS « SUPRANO, LE PRO MODEL DE JIM GRECO! Soulier skate Supra qui « flash dans l’dash », rien de mieux pour ensoleiller notre hiver de plein fouet! Design simple au look classique. Semelle en caoutchouc vulcanisé et muni du SupraFoam ® offrant au pied une résistance entière à l’impact. Flexion optimale qui permet la sensation de la planche. www.suprafootwear.com

LES INDISPENSABLES DE CRUX

DE LA MONTRE VELOCITY DE KR3W AUX FIXATIONS CONTRABAND DE RIDE, OU BIEN DES ÉCOUTEURS MASTER BLASTER DE NIXON AU SAC HELI PRO DE DAKINE, CRUX VOUS PRÉSENTE SA LISTE DE PRODUITS SOIT DITE «INDISPENSABLE» ET COMPLÈTEMENT MALADE AFIN DE SORTIR DU LOT CET HIVER.

Photos supplémentaires sur www.cruxco.tv

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PHOTOGRAPHIE JEAN-FRANÇOIS MAILHOT


THE JOHNSTON COMPUTER PACK DE LA COLLECTION BLUELINE DE BRUXE Comme mission, la compagnie BRUXE s’est donné de créer des accessoires de qualités qui tiennent les mérites d’une bonne technologie, mais avant tout, qui reflètent un style, des tissus et des détails à la mode. Toute personne qui se passionne pour le style, l’art et la culture de la rue y trouvera son compte avec la nouvelle collection « Blueline ». En boutique depuis le 15 octobre dernier, cette collection de quatre modèles est très limitée puisqu’une centaine de sacs par modèle seulement sont disponibles sur les tablettes des boutiques. www.bruxedesign.com UNE CAMÉRA POUR LES CASSE-COUS! Ok, vous ne deviendrez pas photographe professionnel avec cet appareil, mais il sera pratique pour immortaliser vos prouesses sportives, ça c’est certain! La Stylus 1050 SW résiste aux chutes jusqu’à cinq pieds de haut, est étanche sous l’eau jusqu’à une profondeur de dix pieds, supporte le froid jusqu’à -10°C et dispose d’un zoom optique 3X. De plus, cette caméra a de belles petites fonctions comme le « TAP control » qui vous permet de contrôler l’appareil en tapotant sur le boîtier, même avec des gants! www.getolympus.ca

AUTUMN INCIDENTAL APPAREL C’est en fabriquant des straps à guitare que l’idée est venu d’en faire des ceintures! Tissu souple et résistant au look funky, désormais, plus besoin d’être une rockstar pour en profiter. Ces ceintures, adaptés à tous vos états d’âmes, seront disponible dès la mi-novembre dans plusieurs boutiques de musique au Québec (là où les straps à guitare sont disponibles) pour ensuite faire leurs chemins dans vos boutiques préférées. Pour plus d’infos : 514-849-9000

ALLNIGHTER ET ESCOBAR POUR LES SOIRÉES INTENSES! Si Corey Hart portait ses lunettes la nuit, c’est que c’était sûrement des Anon. Leur look nous donne envi de chiller dans les places les plus cool… Et leur style donne du punch dès la levée du jour! Parfait pour cacher la fatigue d’une soirée bien arrosée. www.anonoptics.com

SMARTBOX ADRÉNALINE Quoi offrir aux riders qui ont tout, aux tripeux full equiped, aux copains commandités de la tête au pied? La compagnie Smartbox propose une solution intelligente et innovatrice aux problèmes du genre : le coffret Adrénaline. Le concept est simple, on achète une boîtecadeau et on l’offre! L’heureux élu aura la possibilité de choisir parmi 140 expériences différentes à vivre. Qu’il s’agisse de surf, de parachutisme, de wakeboard ou d’une foule d’autres activités, le choix est grand! Disponible sur Internet ou pour la saison des Fêtes, au Centre Eaton à Montréal. Pour plus d’infos : www.smartbox.com « MONTRE KREW VELOCITY Angel Cabada connaît bien la nécessité de produits à la fois élégant et fonctionnel dans le monde du skate. Skateboarder et fondateur de KR3W, il affirme vouloir s’engager à rester la tête dirigeante de la compagnie aussi longtemps que son corps le lui permettra. Avec les beaux modèles pondus dans la nouvelle collection de montres, nous aussi on l’espère bien… www.kr3wapparel.com CASQUE D’ÉCOUTE MASTER BLASTER DE NIXON » Nixon donne l’heure juste aux écouteurs avec le Master Blaster! Faits de cuir véritable et ayant un système d’enceintes en métal léger, ces écouteurs sont conçus pour être confortable et durable. Ils ont même un branchement 3.5 stéréo pour iPhone. Il faudra cependant être un peu patient car ces écouteurs seront disponibles qu’à partir de décembre seulement. www.nixonnow.com

CEINTURE FRONTIN’ C’est en imprimant des t-shirts « à la main » dans un local de Cambridge, Angleterre, que Supremebeing a vu le jour 9 ans passées. Fidèle à sa philosophie de vouloir créer pour des gens qui aiment leur art, leur musique et leurs amis, cette compagnie a su offrir au cours des années une collection complètement flyée de vêtements, de souliers et d’accessoires pour hommes et femmes. www.supremebeing.com


CRUX PRODUITS

BOTTES SMITH DE ROME » Qui a dit que l’on a besoin d’être un super producteur pour réussir à compiler des sons et en faire un hit? Tout comme la musique de garage dément cette croyance, la nouvelle Smith nous prouve qu’il est possible de focaliser sur les éléments essentiels de confort et de flex pour obtenir une botte qui convient à tous les terrains et à tous les styles. www.romesnowboards.com

LES INDISPENSABLES SNOWBOARD « THAT’S IT THAT’S ALL Pour réaliser ce film, Travis Rice et son équipe se sont lancés dans une opération de recherche et destruction de nouvelles zones, de nouveaux trucs et de nouvelles perspectives sur le sport. Présentées par Red Bull et Quiksilver ces images à couper le souffle vous transporteront en Nouvelle-Zélande, Valdez, Colombie-Britannique, Munich, Tokyo, Jackson Hole et bien d’autres endroits. En un rien de temps, vous redécouvrirez le snowboard sous toutes ses coutures. www.thatsit-thatsall.com


« WIRED JACKET O’NEILL DE LA SÉRIE EXPLORE Développée pour les riders, approuvée par les riders, la série Explore se concentre sur la performance, la fonctionnalité et la durabilité. Elle a été minutieusement conçue pour répondre aux exigences des riders de big mountain et de backcountry du monde entier. La recherche et le développement de la série Explore ont été créés en collaboration avec l’équipe de freeriders O’Neill classée mondialement. Elle dispose d’une gamme de tissus avec technicité avancés qui offre un confort optimal au rider grâce à la supériorité de l’étanchéité et de l’aération. Avec une pochette pour iPod intérieur et un contrôleur audio sur le bras, le Wired Jacket vous permettra d’écouter votre musique tout en gardant votre iPod au sec. www.oneill.com BOARD BAG ANALOG » Vous ne passerez certainement pas inaperçu avec ce sac pour snowboard aux imprimés criants. Les fanatiques de sang et de vieux films d’horreur en raffoleront. Fait de polyester et de nylon résistant, ce sac est d’une longueur de 160 cm et est équipé d’un compartiment avant zippé. La sangle d’épaule rembourrée est confortable et ajustable. www.analogclothing.com

BIG-B DE BELIEVE Envie de mettre un peu de couleur dans votre vie? Le t-shirt Big-B de la compagnie québécoise Believe est un choix tout désigné. Sur un fond éclatant, des éléments graphiques utilisés au fil des saisons et des collections forment un gros B, dans un style «collage». Cette collection sera en vente sur les tablettes des magasins dès le printemps 2009! www.gottabelieveit.com

SHAUN WHITE SNOWBOARDING Développé par Ubisoft en étroite collaboration avec Shaun White, médaillé d’or aux Jeux olympiques et snowboarder le plus titré à ce jour, Shaun White Snowboarding s’apprête à redéfinir le genre du jeu de sport et d’action sur la nouvelle génération de consoles!

BRAIN BUCKET DE SANDBOX Les nouveaux modèles de « Brain Bucket » sont malades! La saison passée, une édition limitée était disponible. Cette année, avec la forte demande, Sandbox a décidé de nous faire plaisir avec un modèle un peu plus raffiné garni de caches-oreilles amovibles, ainsi qu’un clip amovible pour les lunettes. La forme et les lignes sont lisses donnant à ces casques un beau genre. Maintenant offert en bleu clair et vert pomme avec des imprimés. www.sandboxland.com

Dans ce jeu, vous plongerez dans l’univers du snowboard pour une liberté totale, où vous pourrez créer votre propre expérience de jeu et choisir où, quand, comment et avec qui jouer. Si l’on vous juge assez fort, vous aurez peut-être même le privilège d’incarner le personnage de Shaun White lui-même. www.shaunwhitegame.fr.ubi.com

FIXATIONS CONTRABAND, ÉDITION DFC DE RIDE Sur les pentes, chaque seconde compte! Même Flash Gordon ne saurait faire mieux sans ces fixations qui s’installent et s’enlèvent d’un tour de main.

LA PLANCHE SIMON CHAMBERLAIN DE STEPCHILD Ayant été beaucoup impliqué dans la conception des vêtements chez Nomis c’était un naturel et d’une importance primordiale pour Chamberlain d’inclure des impressions de cette compagnie dans le design de sa planche StepChild. Sa planche devait lui ressembler et refléter le cours de sa vie.

Dotée du nouveau V-Strap à cliquet unique, la Contraband est parfaite pour ceux qui passent le plus gros de leur temps à chausser et déchausser leurs fixations pendant les séances de rails ou de jumps. www.ridesnowboards.com

Côté technique, c’est comme le « tout terrain » du snowboard, elle glisse aussi bien sur les montagnes que dans les rues. Et les bandes de carbones ajoutés lui donnent du dynamisme et du « pop ». www.stepchildsnowboards.com

LA NEWTON DE NIXON Fondé par un surfer et un snowboarder il y a 11 ans, Nixon a dès le début eu comme objectif de répondre à la demande des athlètes de concevoir une montre solide, durable et qu’ils seront fiers de porter. Dans sa nouvelle collection, on y trouve la Newton. Munie d’un bracelet en silicone (qui ne jaunit pas) et d’un boîtier pouvant aller jusqu’à 50 mètres sous l’eau, cette montre sera, sans aucun doute, votre partenaire de style lors de votre prochain voyage de surf. www.nixonnow.com CRUX MAGAZINE

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CRUX PRODUITS LUNETTES DRAGON DX TWEED Ces lunettes sont la prochaine génération et le successeur du modèle Legacy fait par la même compagnie. Depuis leur début à la production d’équipement pour le surf et le Motocross, Dragon a toujours fourni les meilleurs matériaux de qualité dans leurs produits et ce n’est pas différent pour la DX. Ces lunettes incluent une protection complète contre les rayons UV et ont un cadre suffisamment grand pour les têtes de taille moyenne ou large, y compris ceux qui portent des lunettes de vision. La DX est solide, a un prix raisonnable, et sa lentille antibuée assure dans toutes les conditions de températures, idéale pour les sports de glisse. www.dragonalliance.com

LES INDISPENSABLES FREESKI REASONS DE POOR BOYZ PRODUCTIONS Grand gagnant du DNA IF3 08’. Dans ce film, Poor Boyz met en lumière les raisons pour lesquelles nos athlètes font ce qu’ils font. Pendant 14 ans, Poor Boyz a contribué au monde du ski en nous montrant les skieurs plus progressifs à ce jour dans les endroits les plus purs. Derrière chaque cliché se cache une histoire. «Reasons» met l’accent sur les raisons pour lesquelles l’équipage fait le choix qu’il fait, et pourquoi ces décisions sont prises. Poor Boyz nous invite dans la vie des athlètes et met l’accent sur les petits détails de leur aventure pour montrer la passion du sport au-delà de la lentille. www.poorboyz.com

LUNETTES DX AVEC ÉCOUTEURS SKULLCANDY Certaines choses sont faites pour être ensemble comme le Rhum et le Coke, le beurre d’arachide et la confiture, le rock et le roll, et Sid et Nancy. On peut dire que le résultat de la collaboration entre Skullcandy et Dragon donne aussi ce résultat. Avec toutes les caractéristiques des lunettes DX s’ajoute maintenant une bonne dose de sons qui vous aidera à accomplir les sauts plus fous. www.dragonalliance.com


CHANDAIL MULTISQUARE DE VOLEURZ Dans un sous-sol délabré, quelque part entre les pochoirs et les vapeurs de peinture, un T-shirt a été créé; une idée formée… Né depuis 2003, c’est cette année que Voleurz nous lance sa toute première collection. Petite compagnie qui ne se prend pas au sérieux, elle se considère « brillante et amusante », pour qui ses alchimistes débordant de créativité s’amusent tout en travaillant. L’équipe Voleurz était présente au DNA IF3 08’ à Montréal. Les gars y ont présenté leur nouveau film, Outdoor Education pour lequel ils ont gagné le prix du Meilleur Montage dans la catégorie amateur. Visitez le magazine en ligne pour voir le teaser. www.voleurz.com BOTTE SAS FS 1 DE ROSSIGNOL Une belle botte de grande performance qui a du chien! Conçue pour les évasions qui dure toute la journée dans les parcs et dans les superpipes. Cette nouvelle botte freestyle a de nombreuses innovations qui vous permettront tous les sauts et atterrissages possibles. www.rossignol.com

BAKER AUDIO ET SCATTER DE BERN Présenté pour la première fois au monde l’année passée à Torino par le médaillé d’or olympique et ami de Bern Seth Wescott, le modèle Baker a su attirer l’attention de tous les athlètes sérieux de sports alternatifs. Équipé de la première visière fonctionnelle sur la planète, le Baker est disponible en tant que Hard Hat avec la mousse Brock Foam pour impacts multiples, ou disponible avec la mousse EPS. Le Baker peut aussi être équipé d’un système audio pour dévaler les pentes au son du rock. Le système est muni d’un branchement haute-fidélité qui est intégré dans le tricot protège-froid du casque. Pour plus de stabilité des lunettes, deux clips sont disponibles sur le casque. Chaque côté du casque, des clips s’enclenchent pour faciliter l’intégration d’une doublure pour la température froide ou chaude. www.bernunlimited.com

LE SURVIVAL ONEPIECE DE HELLY HANSEN Pour les gens extrêmes, qui veulent un look core! Pas besoin de vous soucier de la météo avant d’aller rider. La technologie HellyTech® est conçue pour être utilisé toute la saison et dans la plupart des conditions météorologiques. HellyTech® établit la norme technologique des vêtements imperméable qui respire et qui offre un environnement parfait pour les sports de glisse. Ce onepiece a toute la protection et les caractéristiques nécessaires pour rider dans toutes les conditions que vous affronterez. www.hellyhansen.com

SAC HELI PRO 16 L DE DAKINE Le sac de confiance pour le rider sérieux. Doté de compartiments multiples et d’endroits pour ranger votre équipement de backcountry, ce sac a été créé pour vous permettre de foncer où vous le voudrez, quand vous le voudrez, et ce, pendant toute la journée. Le Heli Pro peut porter un snowboard en position verticale ou croisée, et peut porter des skis en diagonale. Il est équipé d’une pochette pour lunettes à doublure en ouatine, une pochette amovible pour bouteille d’eau, une poche pour appareil photo à doublure en ouatine imperméable, un manchon Hydro isolé, et un manchon de piolet à accès rapide. www.dakine.com

COLLECTION ROSSIGNOL RÉTRO 1907 Inspirée par les tendances des années 70, plus particulièrement des Jeux olympiques d’hiver de 1968, la collection 1907 de Rossignol a un style vintage qui fera baver les plus jeunes et qui rendra nostalgiques les plus vieux. Le célèbre logo du coq Rossignol a même été redessiné pour l’occasion afin de signer cette collection. Tirés de cette lignée, ce sac Eldar et ces lunettes Park City ont un style rétro urbain qui nous plait bien. www.rossignol1907.com

LES SKIS THREAT DE SALOMON Menacez la gravité avec ces skis ultras légers dans les big airs cet hiver. La construction à effet nerveux de ce monocoque vous donnera une précision et une efficacité de transfert d’énergie absolue, de sorte que vous aurez plus de facilité à maîtriser vos prouesses dans les pipes et dans les pentes abruptes. Les skis Threat de Salomon ont été réinventés pour 2009 afin de créer la combinaison parfaite pour les aspirants de parc et de pipe qui veulent une polyvalence de tout-terrain. www.salomonsports.com


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GURU DU STYLE

STERLING DOWNEY, LE GARS QUI MATCH VOUS CONNAISSEZ UN PEU LA SCÈNE UNDERGROUND MONTRÉALAISE ET LE MONDE DU GRAFFITI? VOUS CONNAISSEZ SANS DOUTE STERLING DOWNEY. IL S’EST FAIT CONNAÎTRE AU MILIEU DES ANNÉES 90 SOUS SON NOM DE GRAFFITEUR SEAZ. UNDER PRESSURE, LE FESTIVAL ET LE MAGAZINE : C’EST LUI! STERLING A SU S’IMPOSER ET DURER AU FIL DES ANS DANS LA CULTURE UNDERGROUND. SON STYLE EST UNIQUE ET EN INSPIRE PLUSIEURS. IL A ACCEPTÉ DE DONNER AU CRUX QUELQUES-UNS DE SES TRUCS. PAR MARTINE LETARTE, PHOTOGRAPHIE JEAN-FRANÇOIS MAILHOT

Jeans : H&M dark denim SLIQ fit. Wife beater : HANES. Souliers : VANS ERA. Mask à Gaz : AOSafety.


GURU DU STYLE


Au premier coup d’œil, Sterling a l’air du typique « jeans, t-shirt » kind of guy. Avec son attitude cool du gars de 35 ans qui en a vu d’autres, il semble ne pas trop s’en faire avec son look. Jamais on n’imaginerait qu’il peut passer deux heures le matin devant son miroir à choisir ses vêtements. « Je suis pire que ça! Je change de t-shirt plus de 20 fois avant de trouver le bon. » Plus fou encore, Sterling choisit ses vêtements en suivant tout un rituel. « Je choisis d’abord mon jean. Ensuite, je choisis mes shoes en fonction de la coupe de mon jean et de sa couleur. Après, je choisis mon t-shirt. Ça doit être le perfect fit de couleurs, mais aussi de coupes. Par exemple, je ne vais pas porter un jean baggy avec un t-shirt large », explique-t-il, le plus sérieusement du monde! C’est à ce moment qu’il fait remarquer au Crux que ses running shoes noir et blanc, qui ont l’air bien ordinaires à première vue, ont un œillet vert. Le même vert que le print de son t-shirt… Maniaque? « Obsessif compulsif! », précise-t-il sans complexe. LE GARS AUX TATTOOS Sterling est aussi bien connu pour ses tatouages qui recouvrent une bonne partie de son corps. Étrangement, même s’il en a dépensé de l’argent pour ça, il s’en débarrasserait sans hésiter. En fait, ses tattoos actuels servent plutôt à cacher ses erreurs de jeunesse. « J’ai commencé à me faire tatouer à 15 ans, parce que je me cherchais et que je voulais me faire accepter dans un gang, prouver que j’étais le plus fou. » Il s’est donc fait tatouer « Made in Canada » sur le crâne et bien d’autres niaiseries. Dans son collège privé, avec son uniforme ben straight, ça ne passait pas inaperçu! Comme ses tatouages référaient à une période heavy de sa vie, dès l’âge de 19 ans, il a voulu les recouvrir. Et ça continue depuis! « Ça fait trois fois que je change mes tattoos. Tant qu’à être pogné avec, je ne veux pas que ça ait l’air fou. Je veux un vrai travail d’artiste. » Les tatouages de Sterling suivent donc son évolution dans la vie (et les multiples couleurs sur ses bras ont été choisies pour matcher avec ses t-shirts… sans blague!). C’est d’ailleurs lorsqu’il a commencé à s’imposer dans le monde du graffiti qu’il s’est fait faire son dos, avec son nom de graffiteur, SEAZER, tagué dans le bas. « Dans le temps, personne n’avait de gros tattoos comme ça. Ça faisait tout un style et ça m’a aidé à gagner en crédibilité. » LE GARS QUI A DU VÉCU Sterling a donc traversé quelques époques en matière de style et c’est un peu tout ça qui forme son look d’aujourd’hui. Vers 12-13 ans, il était à fond dans le skateboard et il tripait sur des compagnies comme Vans, Vison StreetWear et Stussy. Ensuite, il a fait de la musique dans des groupes punk rock, métal et death métal. Le style a suivi : jeans Levi’s noirs ajustés, t-shirts de bands. Et il est entré dans le monde underground, le graffiti, le hip hop, le nightlife et tout ce qui vient avec. « Je faisais de la promo pour des clubs et je me suis fait ben des contacts dans le monde du streetwear : les compagnies et les boutiques. J’ai commencé à faire aussi de la promo pour eux et du design de boutiques. En échange, ils m’habillaient, alors je me suis mis à m’intéresser vraiment au streetwear. » Tellement, qu’il a eu la piqûre du design et il a cofondé Urban X-Pressions, une compagnie de design graphique qui a travaillé sur des projets de snowboards, de t-shirts, etc. qui existe encore aujourd’hui. Toute cette expérience acquise au fil des ans a amené le gars qui a seulement son 5e secondaire à travailler comme directeur de marketing pour différentes compagnies de streetwear comme LRG. Sterling n’a toutefois jamais délaissé ce qui lui tient à cœur depuis toujours : les jeunes et la culture underground. « Même si je suis rendu à 35 ans, je suis toujours resté près des jeunes. J’aime leur donner la chance de faire des choses naïvement, comme moi j’ai pu le faire dans ma vie. Par exemple, pour le magazine Under Pressure je choisis toujours de jeunes éditeurs sans expérience et je les guide. Je leur donne la chance d’exploiter leur potentiel et je ne suis jamais déçu. »

Jeans : H&M dark denim SLIQ fit. T-shirt : BOXFRESH LTD collaboration with Pete Fowler. Souliers : VANS Prison Issue. Artiste tattoueur : Pierre Chaplan @ TATTOO MANIA.


GURU DU STYLE


Cette proximité avec les jeunes fait aussi de Sterling un super candidat pour différents organismes qui travaillent avec les ados. Il est d’ailleurs le président de The 411 Initiative For Change, qui pousse les jeunes à s’impliquer dans le développement de leur communauté et à devenir des citoyens du monde. Il est aussi membre du conseil d’administration de Black Star, un organisme montréalais de Grands frères et Grandes sœurs. « Dans le fond, j’amène à ces organismes-là un contact direct avec les jeunes. J’amène aussi une mentalité différente, je crois. » Sterling est aussi un modèle positif pour les jeunes, parce que s’il demeure cool à leurs yeux, il ne consomme ni alcool, ni drogue depuis qu’il a 21 ans. « Mon seul vice, c’est que j’aime bien fumer un bon cigare chaque week-end. » On a déjà vu pire! LE GARS FREAK DE CHEVEUX Le bénévolat de Sterling pour des causes importantes et sérieuses ne l’empêche toutefois pas de continuer à s’en faire avec son style. Car, si on a parlé de ses vêtements et de ses tatouages, il ne faudrait pas oublier de parler de ses cheveux. D’abord, parce qu’ils sont particuliers : ils sont gris depuis qu’il a 22 ans. Et ça le fait triper! Mais est-il aussi freak avec ses cheveux qu’avec ses vêtements? « Ah oui! » Toutes les trois semaines, il se rend à son salon Tonic, pour une coupe et il n’utilise que les produits Aveda. Et oui, chaque matin, il sort son fer plat! Obsessif compulsif qu’il disait? Jusqu’au bout! « Quand je m’achète une nouvelle auto, je la prends toujours grise ou argenté pour qu’elle match avec ma couleur de cheveux. » Que rajouter à ça? « Oui, je sais, je suis complètement métrosexuel et je m’assume! »

Chemise à boutons : BOXFRESH. Jeans : H&M washed out NOW fit. Souliers : VANS Skate High’s. T-shirt : ORISUE. Montre : NIXON Banks. Cigar : Romeo Y Julieta no.2. Peinture : Montana Gold


SNOWBOARD & FREESKI

LE SPORT EST UN FLOW. IL EST CONNECTÉ AU TEMPS ET SEMBLE VOYAGER DU FUTUR AU PASSÉ EN UN RIEN DE TEMPS. LE SPORT EST QUELQUE CHOSE DE PARTICULIER; IL EST CONTAGIEUX, ÉPHÉMÈRE, PRESQUE MYSTIQUE. C’EST SOUVENT PARCE QU’IL Y A QUELQUE CHOSE DANS L’AIR, UN ÉTAT D’ÂME QUI TOUCHE TOUT LE MONDE QUI S’Y TROUVE. CE PHÉNOMÈNE NE SE RÉDUIT PAS QU’À UNE SEULE PERSONNE, MAIS CHAQUE ANNÉE QUELQUES INDIVIDUS SORTENT DU LOT ET SE DÉMARQUENT. ILS INSPIRENT LE MOMENT ET ÉTABLISSENT LE FLOW DE LA SAISON QUI REPRÉSENTE LE FUTUR. EN VOICI QUELQUES-UNS.

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CHARLES REID PAR ÉMILIE CORRIVEAU, PHOTOGRAPHIE : PORTRAIT JEAN-FRANÇOIS MAILHOT, ACTION JP DAIGNAULT C’est sur un fond de beat hip hop, pas tout à fait à l’aise, que Charles Reid se prête au jeu de la caméra et de l’entrevue. S’il se plie aux courbettes médiatiques sans trop grogner, c’est parce qu’il est conscient que ce genre de visibilité importe beaucoup aux commanditaires et plaît aux adeptes de snowboard. Mais ce qui le branche franchement, lui, c’est de rider sa planche! « Charles, c’est un gars vraiment simple, très modeste, qui a de bonnes valeurs », me confie Billie, la copine du rider, qui le connaît depuis plusieurs années. Alors que la vedette du jour rigole avec le photographe en se demandant que faire de ses bras, Billie m’explique que Charles vient d’une famille tissée serrée, le genre de tricot pure laine qui dure des années! Selon elle, l’attitude de Charles est largement attribuable à son éducation. Guillaume Beaudoin, un snowboarder montréalais qui a voyagé, cohabité et ridé à plusieurs reprises avec Charles, abonde dans le même sens : « C’est un gars super respectueux… Il n’est pas du genre à changer d’attitude. C’est de famille, je pense! » Pourtant, le jeune homme de 18 ans pourrait facilement s’enfler la tête et se la jouer façon star internationale. Ses commanditaires sont d’importants joueurs dans l’industrie : Burton, Anon, Nomis et Axis. Ses succès sont multiples et sa polyvalente excellence, presque indécente. En 2008, il a notamment remporté le Shakedown devant Sébastien Toutant et a terminé sur la troisième marche 52 CRUX MAGAZINE

du podium (la première était occupée par Shaun White) du prestigieux Burton US Open Slopestyle à Stratton au Vermont. Il s’est aussi illustré en août dernier lors du Stylewars d’Australie, en dominant non seulement le Rail Jam mais en exécutant aussi le meilleur truc de la compétition, un « nollie backside 270 lipslide gap » sur une rampe démesurée, lui permettant de remporter le Best trick! Le lendemain, après s’être hissé pour une dernière fois en première place de la finale, il s’est vu décerner le titre de Grand Master de l’événement! Ses apparitions sur les podiums lui ont valu des bourses de plusieurs milliers de dollars et lui ont permis de se hisser jusqu’au 3e rang du classement mondial du World Snowboard Tour. Incontestablement, Charles joue maintenant dans la cour des grands. Mais la tête passe toujours dans le cadre de porte! Voyager. Ce talent, qu’il tente de cultiver depuis l’âge de cinq ans (parce qu’avant, c’était le ski… Impressionnant, quand même, ce que les kids savent faire de nos jours à deux ans et des poussières!), lui permet aussi de voir du pays… D’est en ouest du Canada, bien sûr, mais aussi une part des États-Unis, de l’Amérique du Sud, de l’Europe, de l’Asie et de l’Océanie. Disons qu’il a plus d’une destination derrière la cravate et que dans quelques années, il risque d’avoir vu plus de montagnes dignes de ce nom que la majorité d’entre nous dans toute une vie. D’ailleurs, il revient de Nouvelle-Zélande, où il a passé une partie de l’été pour participer à quelques compétitions.

Cet hiver, il compte bien participer au Ticket to Ride World Snowboard Tour, un circuit international dont les compétitions s’étendent sur une saison de dix mois, sur quatre différents continents. Le circuit comprend notamment le Burton US Open, un événement auquel Charles veut prendre part en 2009 pour répéter ses exploits de 2008. Lorsque son horaire chargé le lui permettra, il viendra rider dans les parcs québécois. « Je vais faire toutes les compétitions que je peux… Shakedown à St-Sauveur, Red Bull à Tremblant. Il y en a que je ne pourrai pas faire, mais le plus possible je vais essayer d’être là! », précise le snowboarder. Évidemment, pour Charles, l’important est d’abord de s’amuser. Mais si le plaisir est pratiquement toujours de la partie lorsqu’il dévale les pentes, le rider avoue sans fausse modestie qu’il participe aux compétitions pour les gagner. « Charles, c’est un gars qui overall est très fort. Il est bon dans tout. C’est aussi un gars très déterminé. Ça se voit, ça se sent! Même s’il est blessé, il va rider », ajoute Guillaume Beaudoin. Des adversaires dont on s’inquiète? « Ben, le petit Seb là! », me signifie Charles avec un haussement d’épaules, comme si ça allait de soi. Le petit Seb, ça, c’est Sébastien Toutant, l’autre jeune prodige qui a plus d’un tour dans son sac. S’il continue à performer aussi bien que par le passé, celui-ci pourrait sérieusement coller aux fesses de Reid sur les podiums. Pas le choix, il faudra donc surveiller les jeunots cet hiver. Il risque d’y avoir de l’action sur les Big Air!


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MARIE-FRANCE ROY PAR MARTINE LETARTE, PHOTOGRAPHIE : PORTRAIT JEAN-FRANÇOIS MAILHOT, ACTION DAVE LEHL Dans le monde du snowboard, Marie-France Roy est une véritable star! L’an dernier, elle a raflé presque tous les prestigieux Transworld Awards, dont celui de la Female rider of the year et celui du Reader’s choice. Pourtant, la vie de l’athlète de 24 ans aurait pu être très différente si elle n’avait pas eu le courage, il y a quatre ans, de prendre ses cliques et ses claques, direction : Whistler. « Ah pis merde! Je ne serai pas jeune toute ma vie! » Voilà ce que s’est dit Marie-France alors qu’elle terminait sa technique en écologie au Cégep de La Pocatière. Et elle est partie à Whistler pour l’été. C’était en 2004. Elle y est encore! « Je savais que là-bas, j’aurais de bonnes chances de percer, mais j’y allais surtout pour le fun. Je me suis dit qu’il arrivera ce qui arrivera! » Finalement, tout s’est enchaîné très rapidement pour Marie-France. « À Whistler, tout le monde se connaît. C’est La Mecque du snowboard! Mes compétitions allaient bien, je me faisais des contacts, je commençais à trouver plus de commanditaires, à faire un peu d’argent et voilà! » La belle vie! Et ça ressemble à quoi la vie de professionnal snowboarder pour la jeune femme originaire du petit village des Éboulements, dans la région de Charlevoix? C’est la belle vie en maudit! D’abord, il faut préciser que Marie-France fait du slopestyle, une sorte de freestyle qui n’a encore jamais été présenté aux Jeux olympiques. Les événements les plus importants de la discipline sont les X Games et le Us Open. À part les compétitions, une partie importante du job de pro est de faire des films.

« C’est certain que comme on ne peut pas aller aux olympiques, le sport n’est pas aussi respecté que d’autres. Mais c’est ça aussi qui fait que c’est si le fun », croit Marie-France. En effet, en slopestyle snowboarding, pas de pointage cumulatif, pas de rang mondial, pas de coach, pas de régime de vie strict! « On fait le party! C’est vraiment la belle vie! On fait vraiment ça pour le fun et on est payé pour le faire, souvent mieux d’ailleurs que les espoirs olympiques. » Pas toujours facile d’être une fille! Et dire que toute cette aventure a commencé après que Marie-France ait décidé, lors de sa première journée familiale en skis au Massif, qu’elle voulait faire comme ses deux grands frères : du snowboard! Elle a dû par contre travailler très fort pour se rendre là où elle est aujourd’hui. Elles ne sont pas si loin derrière elle les nuits froides d’hiver au Québec qu’elle a passées dans sa voiture (pour éviter de payer le motel!) après avoir conduit pendant des heures pour participer à des petites compétitions! Aussi, il ne faut pas oublier que le snowboard est surtout un monde de gars. « D’ailleurs, je suis super contente parce que j’ai pu participer, la saison dernière, au film de mon commanditaire, Rome (No Correct Way). J’étais la seule fille! J’ai été chanceuse parce que souvent, les filles font les compétitions, mais ne sont pas invitées à faire les films. Mais ça s’améliore! »

Ce qui s’en vient. Et cette saison? « Je voudrais aller aux X Games et faire aussi beaucoup de films, avec des tricks encore plus hot dans la poudreuse. » Mais d’abord, la jeune athlète devra gérer la pression. « La saison dernière a vraiment été ma pire! Comme je revenais d’une super bonne année, tout le monde s’attendait à ce que je fasse encore mieux et m’en demandait toujours plus. Je n’étais pas capable de dealer avec ce côté business. » Depuis, Marie-France a pris du recul et croit être en mesure de mieux gérer la pression. « Dans le fond, j’ai compris qu’il faut que je m’écoute plus. J’ai appris à dire non. Si je ne feel pas un jump glacé, je ne le fais pas. De toute façon, si je le fais quand même et que je me blesse, personne ne sera gagnant. » Faut croire que les succès et les épreuves apportent une certaine maturité! Quoique ça n’empêche pas MarieFrance d’être toujours aussi crazy lorsqu’elle pose ses deux pieds sur sa planche! Si elle a atteint déjà plusieurs objectifs qu’elle croyait inatteignables il y a quelques années à peine, Marie-France a encore plusieurs projets. « Je veux continuer à faire ce que je fais, à voyager, à pousser mes limites pendant encore quelques années. Ensuite, je me calmerai. Je retournerai à l’écologie. Ça a toujours été clair que je voulais travailler dans ce domaine-là, mais je me suis dit que j’aurais le temps en masse de le faire! » Elle a bien raison! CRUX MAGAZINE

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CHARLES GAGNIER PAR ÉMILIE CORRIVEAU, PHOTOGRAPHIE : PORTRAIT JEAN-FRANÇOIS MAILHOT, ACTION FÉLIX RIOUX Entre deux coups de marteau et une pose de gyproc, Charles Gagnier prend quelques minutes pour discuter avec moi. Affairé à rénover le sous-sol de sa nouvelle maison, l’exceptionnel skieur de 23 ans se confie au Crux.

les années 90, la plupart des jeunes exprimaient leur « coolitude » sur les pentes en snowboard, Charles ridait sur deux planches plutôt qu’une. Il réussissait tout de même à faire baver d’envie ses compatriotes dans les parcs!

Nul n’est prophète en son pays : c’est le proverbe qu’on a tendance à utiliser pour expliquer qu’une personne fort talentueuse ne soit pas particulièrement connue chez elle. C’est tout à fait le cas de Charles Gagnier, qui a pourtant réalisé nombre d’exploits sur ses deux planches! Alors qu’en France et chez nos voisins du sud, il est carrément une vedette du ski, ici, seuls les connaisseurs savent l’identifier sur les pentes.

La petite histoire. C’est à Victoriaville que la petite histoire de ce grand champion québécois a débuté. Entouré de ses trois frères, ses deux sœurs et ses parents, il s’est rendu pratiquement tous les week-ends de son enfance au chalet familial du Mont Saint-Anne pour dévaler les pentes.

À cinq reprises, Charles a participé aux X Games d’hiver et en 2005, il a même gagné l’épreuve du slopestyle. Une semaine plus tôt, il avait remporté le US Open. Depuis, il continue de bien performer, de monter les marches du podium et de terminer dans les tops cinq. Malgré tout, son nom est toujours méconnu ici. Il faut dire que Charles n’est pas des plus bavards. C’est ce que souligne Félix Rioux, un photographe de sport qui connaît bien le skieur : « Il est très humble malgré son talent. C’est un gars qui est facile d’approche, mais il est tellement timide qu’il faut l’apprivoiser pour en savoir plus à son sujet. Quand on le connaît, on s’aperçoit qu’il a beaucoup d’humour et que s’il est à l’aise, il est capable de se lâcher un peu plus lousse! » Chose certaine, il a été l’un des premiers Québécois à redonner ses lettres de noblesse au ski. Alors que dans

À 15 ans, il est allé passer un été à Whistler avec l’un de ses frères. L’expérience a été déterminante pour lui et depuis, il se passionne pour le freestyle. « Je l’ai rencontré au Mont Saint-Bruno en 2000, raconte Félix Rioux. Il était tout jeune. Il faisait déjà des moves qu’il était pas mal le seul à faire. Il a toujours été bon, mais au début, il lui manquait de style. Avec le temps, il a approfondi ses trucs. Il a un style particulier, il est très en contrôle et très flexible. Il exécute des trucs qui sont très difficiles à faire, mais avec beaucoup de fluidité. C’est un créateur, il fait toujours des choses différentes. » Encore aujourd’hui, c’est avec sa famille que le slopestyleur aime particulièrement rider. Son frère aîné Antoine, qui l’a beaucoup influencé comme skieur, est toujours l’un de ses partenaires de descente préférés. Il faut dire qu’il est pratiquement du même calibre que Charles, mais qu’il gère moins bien le stress des compétitions, aux dires du champion.

L’hiver 2009. Cet hiver, Charles appréhende un peu sa saison. En mars dernier, il s’est blessé sur un saut en France et s’est déchiré le ligament croisé antérieur (ça, c’est au milieu du genou!). « J’ai entendu pop et j’ai su que c’était fini, raconte Charles. Tout le long où je dérapais, je me suis dit que ma saison était finie. » Ce triste accident l’a malheureusement mis K.O. pour plusieurs mois et l’a empêché de prendre part aux premières compétitions de la saison 2008-2009. Après plusieurs semaines de physiothérapie et de séances de gym, Charles se dit prêt à revenir en force. Le skieur avoue avoir hâte aux X Games, qu’il apprécie particulièrement pour l’ambiance et confie qu’il souhaite participer à de nombreux contests cette année, malgré son été plutôt désolant. « Je veux faire beaucoup de compétitions et filmer plus que l’an dernier. Je tournerai encore avec Poor Boyz Productions et je souhaite avoir un segment complet dans le film. » En attendant, Charles se remet au marteau : « Ça m’occupe au moins! » Et après? 23 ans, c’est encore jeune pour la plupart d’entre nous, mais parce que pour les athlètes de haut niveau, la fin de carrière s’annonce souvent bien avant la trentaine, Charles envisage d’autres avenues pour assurer son futur. « Après ma carrière, j’entrevois retourner à l’université. J’aimerais ça continuer à travailler dans le monde du ski, peut-être directement avec les compagnies. J’aimerais peut-être monter des évènements aussi » lance le skieur, qui ne ferme aucune porte aux opportunités qui s’offriront à lui le moment venu.


FREESKI


KIM LAMARRE PAR MARTINE LETARTE, PHOTOGRAPHIE : PORTRAIT JEAN-FRANÇOIS MAILHOT, ACTION ERIK SEO Sa grand-mère a participé aux Jeux olympiques de Cortina (Italie) en ski alpin, en 1956, son père a été entraîneur et sa mère a toujours skié : Kim Lamarre avait sans aucun doute des gênes de skieuse. Et ça paraît! À deux ou trois ans, elle était déjà dans la pente-école et la saison dernière, à 19 ans seulement, elle remportait la deuxième place au slopestyle ski du Us Open. Pas toujours facile de trouver où est Kim Lamarre sur la planète. Crux l’a finalement repéré… en Nouvelle-Zélande! C’est ça la vie de skieuse pro! Ce qu’elle faisait là? Un shooting photo pour son commanditaire de skis, Armada. La Nouvelle-Zélande est d’ailleurs l’un des endroits dans le monde où Kim préfère embarquer sur ses skis. Et c’est à plus d’une vingtaine d’heures de vol du Lac-Beauport, près de Québec, où elle a grandi! « Si j’ai pu me rendre où je suis maintenant, c’est en grande partie parce que je suis allée passer un été à Whistler il y a déjà quelques années », explique Kim. Encore Whistler… Décidément, il semble que la ville soit vraiment un incontournable pour celui qui veut faire une carrière de pro en ski ou en snowboard! C’est donc là-bas, après avoir vu Kim skier, que les gens de 4frnt ont voulu la commanditer. Ensuite, les choses se sont enchaînées pour Kim qui peut maintenant compter sur l’appui de plusieurs commanditaires : Armada, Nikita, D-Structure, Scott USA, Dakine et Salomon Boots & Bindings. « Pour une fille, je crois que c’est quand même assez facile de trouver des commanditaires qui vont te

donner de l’équipement, mais pour arriver à en vivre, ça prend quand même du temps, de la passion et de bons résultats », explique-t-elle. De gros objectifs. Ça tombe bien, parce que de la passion et de bons résultats, Kim en a à revendre! Même après une blessure assez sérieuse au genou, elle a recommencé les compétitions l’an dernier. Elle a décroché la deuxième place à l’important US Open. « J’étais contente de recommencer les compétitions la saison dernière et là, je veux en faire encore plus cette année. Si le slopestyle ski fille entre aux X Games cet hiver, je vais être là c’est certain! » D’ailleurs, si elle souhaite récolter quelques médailles aux X Games au cours de sa carrière, Kim Lamarre trouve aussi important de faire sa part pour l’avancement du sport auprès des filles. « C’est certain que je veux faire mon nom dans l’industrie, mais je veux aussi pousser le sport pour les filles et pourquoi pas, devenir une Sarah Burke de notre sport! » D’ici là, elle devra continuer à travailler fort pour remporter des titres un peu partout dans le monde. Elle prévoit entre autres se rendre à une compétition en Europe et au Japon cette saison. « Heureusement que j’adore voyager! Mais c’est certain que des fois, je m’ennuie de ma famille quand je suis loin, surtout si ça ne va pas. »

à cause de sa mère qu’elle s’est mise au slopestyle vers 12 ou 13 ans! « Ma mère travaillait pour la compagnie Hors-la-loi à l’époque qui commanditait Thomas Rinfret. Il lui a apporté le film de ski Propaganda, que ma mère a rapporté à la maison et voilà! J’ai regardé ça et j’ai trouvé ça vraiment fou! J’ai dit à ma mère que c’était ça que je voulais faire. Elle riait à ce moment-là, mais c’est quand même ça que j’ai fait! » Et sa mère l’a toujours encouragée, même dans les moments difficiles. « Mes parents ont toujours été super! Mais c’est certain que ma mère aime moins ça quand je l’appelle de l’autre bout du monde pour lui dire que je me suis blessée, mais c’est normal! » Kim a seulement 20 ans, mais lorsqu’on est dans le sport extrême, on sait que la retraite se prend assez jeune! Qu’est-ce qu’elle a envie de faire après? « Ben, avec mes problèmes de genou, j’ai découvert que la physiothérapie et l’orthopédie m’intéressent beaucoup. Mais là, je suis encore au niveau cégep, en sciences de la nature. » Et Kim risque d’être où à 40 ans? « Bonne question! J’espère juste pouvoir regarder ce que j’ai fait quand j’étais jeune, être contente et ne rien regretter! » Mais d’ici là, bien des compétitions en vue, bien des nouveaux tricks, sûrement bien des bleus et espérons-le : bien des médailles!

À cause de sa mère! Il faut dire que Kim a eu la chance de toujours être soutenue par ses parents. C’est même CRUX MAGAZINE

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HUGO BALEK CARE FREE « Elle s’est passée comment ta première run? T’as bien fait? » « Je sais pas, je pense. Mais ça me dérange pas. C’était le fun. » C’est dans ce peu de mots, récoltés sur le tas au Vans Backyard party en septembre dernier, que réside l’essence du skateboard pour Hugo Balek. Aucun doute possible, pour lui, l’essentiel, c’est le plaisir, avec un grand P! PAR EMILIE CORRIVEAU , PHOTOGRAPHIES JEAN-FRANÇOIS MAILHOT En entrevue, Hugo est agréable, rigole et prend quelques minutes pour répondre à mes questions. Mais clairement, ce genre de choses n’est pas sa tasse de thé. Le feu aux fesses, il n’a qu’une envie, aller rejoindre les copains dans le park pour faire quelques galipettes. Ce qu’il ne se gêne d’ailleurs pas pour faire, puis me revenir, une trentaine de minutes plus tard, le souffle court et le t-shirt trempé de sueur, afin de poursuivre notre entretien. 62 CRUX MAGAZINE


Si aujourd’hui, Hugo est apprécié et respecté de ses pairs, par le passé, il ne s’est pas toujours mérité l’affection des autres skaters. Problème d’attitude? Sa crise d’adolescence ne semble pas avoir été particulièrement agréable pour ses compatriotes. « Quand j’étais jeune, c’était pas pour mal faire, mais disons que j’ouvrais ma gueule un peu trop souvent. Je disais des affaires que j’aurais dû garder pour moi à mes amis, c’était toujours en joke, mais ça faisait frustrer les gens. Ils ne m’haïssaient pas, mais ils m’appelaient tous le petit criss », raconte le skater qui vient à peine de souffler ses 18 chandelles sur son gâteau d’anniversaire. Heureusement pour Hugo, les hormones responsables de son attitude avec un grand A semblent avoir fait relâche. « Dans les trois dernières années, Hugo a vraiment connu une nette amélioration, lance Thomas Parent, un pro rider côtoyant Balek depuis déjà un bon bout de temps. Il est passé de petit criss à un grand skater. Il est tout le temps en train de skater, parce qu’il n’y a rien d’autre qui l’intéresse et franchement, ça donne quelque chose d’assez débile! » Assez débile, c’est le mot. Les nombreuses heures passées au South Parc ou dans les rues à skater semblent avoir porté fruit. Hugo a la cote de l’industrie, est respecté de ses pairs et réussit à performer en compétition. Chad Albert, team manager Am Element pour le Canada, concède qu’Hugo n’est pas un jeune tout à fait comme les autres : « Hugo is a «care free» youngster that skates like one of the pros. Hugo has definitely been influenced by skating with all the older guys at South Parc, and it really shows in his skating. He is the type of kid that can watch a trick, learn it and be doing it better in no time. » Hugo apporte toutefois un léger bémol. Il y a certaines passes qui lui causent un peu plus d’ennuis que d’autres, malgré leur simplicité. « Je suis incapable de faire un nollie flip, avoue le skater en rigolant. Quand j’essaie, le skate roule sous mes pieds et ça ne donne pas du tout ce que ça devrait donner! » Pour Chad Albert, l’un des plus grands atouts d’Hugo est le fait qu’il maîtrise plusieurs styles. Selon lui, le jeune Balek se débrouille aussi bien dans les rues que dans les parcs et les demi-lunes. Aux dires du team manager, un autre des points forts du skater est sa grande propension au déconnage et aux pitreries, ce qui rend toute session de skateboard agréable lorsqu’il est dans les parages. Thomas Parent confirme : « Hugo n’a pas la langue dans sa poche. Il a le don pour faire des niaiseries partout… C’est tout le temps drôle de l’avoir à côté de soi. Ça rend les sessions plus dynamiques! » C’est probablement pour ces raisons qu’Hugo compte d’importants commanditaires : Element skateboards and clothing, éS Footwear, Independent trucks et le South Parc. Sans eux, impossible de faire tout ce qu’il aime faire dans la vie!

« LE SKATE, C’EST MA PRIORITÉ. C’EST CE QUI ME PERMET DE VIVRE, DE VOYAGER. JE DÉCOUVRE DES PAYS À CAUSE DU SKATE, JE ME FAIS PAYER PAR LE SKATE! UN DE MES RÊVES, C’EST DE DÉCOUVRIR LES CULTURES DES AUTRES PAYS PUIS LE SKATE, ÇA ME PERMET DE FAIRE ÇA ALORS C’EST PARFAIT! » À ce jour, Hugo a eu la chance de se promener un peu partout au Canada et aux États-Unis. Il dit adorer San Francisco pour ses côtes (lire entre les lignes : descendre les côtes à toute vitesse sur son skate) et pour l’ambiance qui y règne. Sa prochaine destination? Incertaine… Là où le skate le mènera! Mais s’il y a une chose de sûre, c’est que quand tu as besoin d’arrêter une entrevue pour aller faire quelques tricks, quand tu es soit à l’école, soit au skatepark, quand ton seul sujet de conversation, à part les filles, c’est la planche et quand, à chaque fois que tu prends l’avion, c’est pour aller rider ailleurs dans le monde….c’est que t’es un vrai passionné de skate. Pour Balek, pas de doute! 64 CRUX MAGAZINE


HUGO BALEK

Hugo Balek : Backside Smith


CRUX PERFORMANCE Présenté par

Richard Greene à l’oeuvre

SHAPER SA VIE TEXTE ET PHOTOGRAPHIE PATRICK GAUVIN

Un peu moins rêveur que moi, Richard me confie que son antre est parfait pour son travail, car il partage les lieux avec d’autres shapers et que le loyer n’est pas très cher. Mais malgré son affection pour l’endroit, il n’est pas totalement enchanté. Il faut dire que c’est quand même son quatrième atelier à Maui. Il m’explique en riant : « On est habitué de déménager, des fois quand le loyer augmente trop ou simplement lorsque le propriétaire n’en peut plus de voir des morceaux de styrofoam dans sa cour. » Il cherche même présentement pour un nouvel atelier, car la vieille usine où il est situé tombe en ruine et devrait être démolie sous peu. C’est avec nostalgie qu’il se remémore ses premières années à Maui : « La coupe du monde de planche à voile n’avait jamais été aussi populaire, c’est à ce moment que j’ai commencé à faire des planches personnalisées avec de nombreux planchistes du circuit. »

PASSER SES JOURNÉES SUR LA PLAGE, SENTIR LES VAGUES SUR SES PIEDS, TOUT QUITTER POUR DÉCOUVRIR DE NOUVEAUX HORIZONS… IMPENSABLE? RICHARD GREENE EST L’EXEMPLE VIVANT QUE CE GENRE DE RÊVE EST RÉALISABLE. BLASÉ DE LA VIE TRANQUILLE DE SON MARYLAND NATAL, IL EST PARTI IL Y A PRESQUE 20 ANS POUR MAUI AFIN DE VIVRE DE SA PASSION : LA CONSTRUCTION DE PLANCHES DE SURF.

En plus de faire des planches à voile, il a construit un grand nombre de surfboards à cette époque. Par contre, étant lui-même un grand véliplanchiste, il a d’abord concentré ses énergies sur ce sport : « Nous étions tous extrêmement passionnés par ce que nous faisions. On expérimentait beaucoup sur les planches, on avait beaucoup de plaisir à le faire... Qui d’autre peut justifier de quitter le boulot pour aller s’amuser dans l’eau et faire des tests sur l’équipement? » J’avoue qu’il n’a pas tort et je connais une bonne liste de gens qui aimeraient bien l’idée!

C’est dans son atelier que j’ai rencontré le shaper. À première vue, cet endroit débordant de poussière de mousse semblait tout ce qu’il y a de plus normal. Par contre, lorsque j’y ai vraiment mis les pieds, j’ai rapidement ressenti une énergie spéciale. Telle une salle d’accouchement, car l’endroit a vu naître des centaines de planches de surf de toutes sortes. Ça, c’est des milliers de vagues que des gens comme vous et moi ont pu surfer grâce au travail acharné d’un shaper comme Richard. Il y a de quoi faire réfléchir…

Sans le qualifier de vieux de la veille, Greene a quand même vu les percées technologiques défiler sous ses yeux. Plus besoin de faire le moule de la planche manuellement maintenant, grâce aux ordinateurs. Malgré cela, il reste fidèle aux vieilles méthodes de ses débuts : « Je préfère davantage créer la forme à la main pour ensuite la transposer sous format numérique, au lieu de l’inverse. Il n’y a rien de mieux que de mettre un peu de soul et quelques gouttes de sueur dans la création d’une planche! »

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De plus, chaque millimètre étant important dans la conception, l’approche classique lui permet d’analyser tous les petits changements qu’il effectue sur la planche. Il n’y a rien de mieux qu’un œil bien aiguisé et l’expérience d’un surfer de longue date pour le faire. Malgré tout ces changements de conception, les matériaux sont sensiblement restés les mêmes depuis près de dix ans. « À la vitesse qu’ils naviguent et les impacts qu’ils absorbent, nous voulons que les clients puissent profiter de leur matos pour une période de deux à trois saisons. Les matériaux que l’on utilise depuis sont fiables et économiques, alors c’est la recette parfaite pour l’instant », précise Richard. Le futur s’annonce prospère pour les shapers de Maui. Le Stand-Up surf, une nouvelle mode qu’il qualifie de « folie furieuse » envahit littéralement les plages des Îles Hawaiiennes. Ces planches de dimensions variant entre 9 et 16 pieds et se pratiquant avec une rame sont devenues l’outil de mise en forme par excellence des habitants du coin. Pour les shapers, ce nouvel engouement est très intéressant, car les surfboards utilisés ne sont pas encore très commercialisés par les grandes compagnies, en raison de leur coût de transport élevé. Les adeptes n’ont souvent guère le choix de se tourner vers les shapers de planches personnalisés comme Richard. Puisqu’il est l’un des premiers à avoir travaillé ce genre de planches et qu’il continue à en confectionner couramment, les perspectives d’affaires sont très bonnes pour lui. Chose certaine, c’est qu’après toutes ces années, le travail de Greene ne lui a jamais enlevé le goût de mettre les pieds dans l’eau... Alors, comme lui, la prochaine fois que vous sauterez sur votre planche, ayez une petite pensée pour le travail effectué par ces shapers. Car sans eux, votre plaisir sur l’eau ne serait sûrement pas le même! Voir l’entrevue l’entrevue vidéo vidéo dans dans le magazine magazine en en ligne ligne le Voir l’entrevue www.cruxco.tv www.cruxco.tv

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Cet hiver, le facteur vent va être ben important.

En paraski comme dans tous les sports d’hiver, les compromis n’existent pas. Pour les accros du froid et de la neige, nous avons tout ce qu’il faut pour passer l’hiver dehors.


Crux magazine  

Crux est le seul magazine québécois spécialisé dans les sports alternatifs. L’objectif : faire la promotion des sports alternatifs, de sa cu...

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