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AYO Interview publiée le 19 mars 2011

Prendre un café avec Ayo dans un appartement parisien et lui poser des questions sur sa musique, sa carrière ou encore Michael Jackson est une chose qui ne s’oublie pas. Intime, légére, à cœur ouvert et en toute simplicité, nous avons rencontré l’artiste pour la sortie de son nouvel album « Billie-Eve », électrisant et coloré.

On a l’impression qu’au fil de l’évolution de tes albums, ceux-ci deviennent de plus en plus personnels. Ce troisième opus, notamment, porte le nom de ta fille, et il y a des morceaux comme « Before » particulièrement intimes… Oui ! La musique agit sur moi comme un antibiotique, peut-être le seul que j’arrive à digérer. Quand on a mal à la tête, on prend de l’aspirine, quand on a mal à la gorge, on prend du sirop, mais vous êtes-vous déjà poser de la question du remède quand on a mal à l’âme et au cœur ? C’est à ce moment-là que la musique intervient. La musique t’a sauvé ? Pas à chaque fois. J’écris cependant souvent dans l’instant présent pour soulager mes douleurs. Cela dépend. L’autre jour, je me demandais si ce n’était pas trop égocentrique de n’écrire que sur soi mais finalement écrire sur moi, sur ce que je ressens est la seule façon que j’ai trouvé de me libérer d’un poids. J’en ai besoin pour être bien et équilibrée. Tu écris beaucoup de chansons, en rapport avec des femmes. Tu es également ambassadrice de

l’UNICEF. En quoi cet engagement, est-il important pour toi ? Mon engagement est important vis-à-vis des femmes et des petites filles. Avant d’être artiste, je suis avant tout, femme, maman et fille. Cumuler les trois n’est pas facile tous les jours. Tant qu’il y aura des choses à changer dans ce monde, les engagements personnels, politiques, sociaux, humanitaires, quels qu’ils soient, seront toujours importants. Tu as été élue par le journal Jeune Afrique comme faisant partie des 100 personnalités les plus influentes de la diaspora africaine du XXIe siècle. Quel lien entretiens-tu avec tes origines ? (Visiblement émue) Je ne savais pas que j’avais été choisie par ce journal. C’est incroyable ! (Un instant). Pour être honnête, j’ai toujours un problème quand les gens me demandent d’où je viens. Je suis né en Allemagne, ma mère est gitane, mon père nigérien. Cela fait un grand mélange. Mais je crois en l’être humain, peu importe d’où il vient. Je suis une enfant du monde, cosmopolite, je ne crois ni aux passeports, ni aux frontières, je crois au bon et au mauvais. L’Afrique, en elle-même est aussi importante dans ma

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