Page 84

préfère écrire des chansons honnêtes, qui comptent pour moi. Alors, la plupart de mes paroles racontent des expériences personnelles ou vécues par des proches. D’ailleurs, c’est plutôt marrant d’écrire un morceau qui détaille les histoires de son meilleur ami. Lorsqu’il s’en rend compte, ça fait une drôle de surprise ! Tu écris donc plus facilement sur les peines de cœur et les problèmes sentimentaux ? Oui. Il est très rare que j’enregistre un morceau sur le simple fait d’être content, sur les histoires d’amour qui se passent bien, sans que cela soit complètement nul (rires). Prenons Loving You par exemple : magnifique, mais si n’importe qui d’autre que Minnie Riperton la chantait, cela serait ridicule. Morrissey ou les Smiths, par exemple, écrivent des morceaux avec des accords majeurs, des mélodies joyeuses et des paroles sombres et tristes. Je préfère les accords mineurs, cela doit venir du Blues. On ressent comme une sorte de construction / déconstruction sur ton album… J’ai grandi à San Francisco, je me sens américain avant tout. À l’école, toutes les origines et cultures étaient mélangées. Cela semblait normal. Nous mangions de la nourriture étrange tous les jours. À la maison, tout le monde parlait anglais, même si avec les membres de chaque famille respective, ce pouvait être de l’arabe ou du tagalog. Je suis fils unique, mais il y avait tout le temps des amis d’origines différentes à la maison. Je ne me suis jamais senti bizarre, même si bien sûr, il arrivait parfois qu’un camarade blanc trouve mon déjeuner spécial. C’était avant les événements du 11 septembre et la vague de racisme

                                               

et de peur envers les personnes originaires du Moyen-Orient. Je parle seulement anglais. C’est dommage, je sais. Mais cette culture fifties/sixties, elle te vient d’où ? Les années 50’s/60’s sont une période de l’histoire particulièrement iconique avec laquelle tout le monde grandit aux États-Unis. Elles font vivre une légende, même si elles ne sont pas de ton temps. C’est comme ancré dans l’esprit collectif. L’univers fifties en général me met de bonne humeur. Sur mon album, les références sont authentiques, mais ma musique n’est pas fifties. Mon ami Nick a 25 ans et ça, c’est sa musique : (Il prend son téléphone et nous fait écouter une chanson qui aurait pu être enregistrée dans les années 50, aux États-Unis) C’est un morceau qu’il a enregistré cette année. Alors, quand je pense à ma musique, je me dis que lui sonne fifties mais pas moi. Ma musique est plutôt un mélange de Garage, de Blues, d’inspirations d’un gros bordel d’influences musicales, que je condense dans chaque morceau. J’aime aussi certains aspects de Heavy Rock Psyché et de Punk. Build Destroy est très Punk. The Seeds, The Sonics faisaient du Garage super. Ma guitare, ma voiture, appartiennent à cette époque, aussi, c’est une vraie passion. L’interview se termine en écoutant Oo ma liddi, de JJ Jackson… “Désolé, j’ai tendance à parler un peu trop de musique” (rires). Merci Hanni, tu sais, on est venu pour ça ! Propos recueillis par Bastien Internicola.

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you