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Interview publiée le 29 juillet 2013 On ne vous présente plus le groupe australien Jagwar Ma que nous avions déjà croisé en juin dernier. Entre temps est sorti leur premier LP, Howlin’, un album pop résolument moderne qui insuffle sur des sonorités 90’s une énergie nouvelle, dans un savant mélange de dream pop psychédélique, d’acid house et d’electronica. Après leur concert parisien à la Flèche d’Or et un mois avant leur venue au Pitchfork Music Festival le 1er novembre prochain, nous avons rencontré la tête pensante du groupe Jono Ma et le chanteur Gabriel Winterfield.

L’été touche à sa fin, quels sont les meilleurs souvenirs que vous garderez des scènes sur lesquelles vous avez joué ? 
Gab : Tout a été parfait. Il n’y a eu que des bons souvenirs. Il y a eu des moments très importants pour nous. Jouer à Glastonburry était vraiment spécial car quelques heures avant, Jono était très malade et il y avait de fortes chances pour qu’il ne puisse pas jouer. On s’était fait une raison, et puis finalement il est monté sur scène avec nous, c’était magique ! Ensuite on a fait le Leeds Festival, très intéressant, puis le Bestival sur l’île de Whight, très différent mais tout aussi cool. On a aussi tourné en France avec Foals à Lyon, Lille, et Paris où l’on a fait un concert à la Flèche d’Or la semaine dernière. C’était très chouette. Comment ça s’est passé avec Foals ? Vous avez aussi tourné avec The XX… 
Gab : Foals est vraiment un groupe à part, très différent des autres groupes avec lesquels on a joué. La dernière fois, je suis resté éveillé, avec eux, jusqu’à 7 heures du matin à parler politique étrangère avec Yannis. Il a des origines grecques. Son point de vue sur ce qu’il se passe là-bas est très intéressant. Il est passionné par le sujet, très patriotique donc c’est marrant de parler de cela avec lui. Moi-même j’ai des origines iraniennes et l’on en parle beaucoup aussi. Jamie (de The XX, ndlr), lui, est une des rares personnes que je connais à Londres qui skate donc on n’arrête pas de parler de cela, de s’envoyer des vidéos de skate, etc. The XX est vraiment un chouette groupe, ils sont tous adorables et leur public est à leur image donc c’est vraiment très agréable de jouer devant eux, on ne se sent pas comme des étrangers. La première fois que l’on a fait leur première partie, nous pensions que personne ne nous connaissait et

que la salle serait déserte. En fait ils sont tous venus tôt pour nous écouter aussi, c’était vraiment cool ! Howlin’ est un album très éclectique. Si vous deviez définir votre style, vous diriez quoi ? Gab : Notre style c’est avant tout “des mecs qui jouent à la guitare” ! Ce n’est pas vraiment un style mais on fait tous de la guitare depuis notre adolescence et c’est ce qui nous a inspiré le plus, ce qui nous a tous donné envie à un moment de monter un groupe. C’est très difficile d’en choisir une en particulier, c’est comme choisir un de ses enfants, quoi (rires). Quand l’idée vous est venue, vous étiez plutôt jeunes. Vous jouiez dans des fêtes d’ados ? Gab : Ouais, très souvent ! C’était le meilleur moyen que j’avais trouvé pour qu’une fille vienne m’aborder : jouer Come As You Are de toutes mes tripes ! Et ça marchait ?
 Gab : Absolument pas ! Quel regard portez-vous sur la scène électro de ces dernières années ?
 Jono : elle est saine, plus saine que jamais. L’électro est une musique en perpétuelle mutation qui évolue très vite tout en se recyclant énormément. J’aime beaucoup la Classic House, la Deep House, des mecs comme les Pachanga Boys par exemple. Il y a quelques années, tout devait être très rapide, immédiat, dansant. Je trouve l’électro plus saine aujourd’hui car certains styles sont plus profonds, plus calmes mais elle n’est plus aussi intense. Bon il y a des exceptions, regarde le Dubstep américain ! Pour le coup je ne sais pas si c’est une musique saine mais en tout cas définitivement très intense !

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