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SCC : Nous, on est très mauvais, pour gérer nos projets, meme si c’est plus organisé qu’avant… Flavien : Faut voir aussi ce que ça donne si vous vous mettez à tout faire de manière très organisée : vous allez peut être ressembler à un boys band (rires). SCC : Faire de la musique, c’est aussi prendre du temps sur notre quotidien. C’est un peu paradoxal parce que tu t’empêches de faire d’autres choses. Flavien : Je ressentais cela avant aussi mais, maintenant, je considère ce temps comme moteur et nécessaire pour le reste. (…) Mais, je comprends pas. Ca t’empêche de faire quoi ? De l’argent ? (Rires). SCC : Non, on a nos paillassons pour ça (rires). En fait, il y a la musique mais aussi tout ce qui l’environne, que l’on considère comme une extension de nous-même. Communiquer sur ce qu’on est en train de faire et de créer s’inscrit dans une pratique globale. Mettre en ligne un album des Eurockéennes de Belfort nous paraît naturel comme n’importe qui, y étant allé, aurait envie de partager ses photos. Flavien : Mais c’est rendu possible par l’humour, que le roman photo soit l’extension du concert ! C’est aussi pour ça que je suis content d’être là ce soir. A l’inverse de mes disques, les concerts sont un peu plus drôles. Il y a plus de derision, alors que le disque est plus premier degré et romantico-imagé. Je pense que l’humour est un moyen de tout transformer en Salut c’est cool. Toutes vos images sont des chansons, c’est comme cela que je vous perçois en tout cas. SCC : C’est une façon de voir les choses un peu différente, faire de la musique c’est pas le but unique. Flavien, tu as des projets particuliers pour 2015 ? Flavien : Je vais sortir un album en entier, complet. C’est intéressant de se plier à l’exercice consistant à composer des morceaux plus courts pour en avoir plus. Il y a toujours un thème précis. En l’occurrence, cette fois, ce sera une attraction de fête foraine qui fait évoluer un personnage jusque dans les abysses de l’océan. Les morceaux sont faits, l’album est en mixage. Après viendront les concerts… D’où te viens ta fascination pour la fête foraine ? Flavien : De l’imagerie collective. La fête foraine, on la connait tous, on en a tous fait, il y en a toujours eu partout. Il y un an, à Berlin, je suis allé au marché de Noël avec des copains. On avait fait la fête la veille. Il y a eu un déclic opéré par le reste de drogues qu’on avait dans le sang et les lunettes psychédéliques qu’on nous avait mis sur les yeux pour faire la fameuse attraction du Palais du Rire. C’est devenu super inspirant et j’ai commencé à faire des chansons sur ce thème. J’en visite plein depuis pour l’imagerie de l’album, là j’étais à celle de Rouen puis il y aura celle de Rennes et après j’irais voir celle de Brighton. SCC : T’as open bar sur les attractions du coup?

Flavien : Pas trop. C’est le label qui paie les attractions, du coup, on demande des reçus, ça donne des trucs assez géniaux. On en a un avec marqué dessus : “Vingt cinq euros” en manuscrit et juste “King” tamponné dessus. C’était pour une montagne russe. Ça ne passera jamais à la comptabilité. D’ailleurs à Rouen, l’autre jour, l’attraction c’était un énorme disque, entouré d’autres disques qui tournent dans des sens différents avec au milieu de ça une statue d’un DJ du futur, qui tournait lui-même. Il avait des lunettes de soleil immenses, les verres faisaient le tour de sa tête, une casquette à l’envers en plastique, et il tournait au milieu de l’attraction, c’était incroyable, magnifique, magique. SCC : Ca a l’air trop bien ! Il y a souvent des attractions qui paraissent moins impressionnantes mais c’est avec elles que tu auras les sensations les plus fortes genre “La poêle A Frire”, où tu sautes comme un fou. La dernière fois qu’on est monté dessus, il pleuvait à moitié, c’était tellement extrême. On avait vraiment l’impression de perdre pied, à la fin, on était mal ! “La Poêle A Frire” de Stasbourg, ça déchire. C’est à tester ! Vous avez déjà pensé à tourner un clip dans une attraction ? SCC : Je ne sais pas si c’est trop notre délire parce que c’est souvent un seul thème du coup ça pourrait être un peu relou de devoir promouvoir un unique personnage. Genre, une poêle à frire. Flavien : Un parc à votre nom est prévu, non ? Un parc d’attraction géant Salut C’est Cool ? Ouverture en 2016 ? (Rires). SCC : Oui ! Il sera totalement en paillasson ! Propos recueillis par Alice De Jode.

Crumb magazine 2010 2015  

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