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les paroles des morceaux, parfois même pas dans la langue de base, même si on reconnait le titre. Comment avez-vous découvert la musique des uns et des autres ? Flavien : Avec des potes on a un collectif, le Collectif Sin et lorsqu’on était étudiants on entendait parler de Salut C’est Cool, qui étaient déjà reputés pour leurs fêtes et leurs concerts. Il y a eu une rencontre, il y a super longtemps, entre le groupe et le Collectif mais je n’étais pas là. Puis un concert à Bourges, une sorte de battle entre nous, un truc dans le genre… SCC : un Dj set ping pong ! Flavien : Voilà. C’est vraiment comme ça que j’ai découvert leur musique et leur entité. SCC : Nous étions voisins avec les membres du Collectif Sin. On était à l’école ensemble quand Flavien a commencé à faire de la musique, on a vite entendu son travail. Du coup, cet été on s’est tué à Océan Rouge dans la bagnole, à la maison et un peu partout d’ailleurs. Vous avez tous fait des écoles d’Art. Toi, Flavien, tu y enseignes même… SCC : Sérieux, t’es prof ? (Rires)

Votre site internet dispose d’un journal intime avec pleins de photos ; est-ce que les réseaux sociaux fondés sur l’image, comme Instagram, vous attirent ? SCC : Instagram, on trouve ça chiant parce que le format de tes photos doit obligatoirement être carré. En plus, c’est à faire avec un smartphone et on en a pas donc, techniquement, ce n’est pas pour nous. Et puis, les photos partent directement de ton téléphone vers internet sans passer par ton ordinateur c’est à dire sans que tu puisses les archiver ou les classer. Nul. Flavien : Ca a l’air d’un truc pro en apparence mais c’est typiquement amateur. SCC : Et les filtres sont pas géniaux. La photo originale sera toujours mieux que si tu la retouches dix fois. Dans ce journal, il y a l’album des Eurockéennes, c’était comment de jouer là-bas ? SCC : C’était trop bien, il a beaucoup plu. Flavien : Les photos où vous allez dans une forêt puis dans une cabane, c’était là-bas ? SCC : Sûrement…oui Flavien : Ah ouais, ça dérive à mort (rires) !

Flavien : Oui, aux Ateliers de Sèvres, à Paris. SCC : C’est une interview révélation CRUMB ! C’est trop cool ! Mais tu as quel âge ? Flavien : 28 ans. SCC : Nous, on pourra être prof dans 3 ans (rires). Vos experiences respectives dans l’Art ont-elles une influence sur votre façon de penser et concevoir la musique ? Flavien : Oui je pense. C’est totalement lié même. Ca t’apprend à penser, à travailler. SCC : Si tu essaies de les séparer dans des compartiments (c’est ce que certains d’entre nous faisaient quand on était à l’école en parlant rarement du groupe), tu te rends vite compte que des ponts se font puisque c’est la même personne qui fait tout donc tu peux faire des parallèles de réflexion. La musique, après tout, c’est une forme d’expression comme une autre et, dans les écoles d’Art, le principe c’est de faire des projets. La musique en est un qui prend juste une forme différente. Et pour l’enseignement, Flavien ? Flavien : Cela permet d’être au courant de plein de choses niveau musique, des mecs de dix-huit ans qui arrivent en écoutant de l’acid et qui s’y connaissent trop bien, alors que c’est quelque chose d’inconnu pour ma part. Cela t’apprend l’humilité et t’ouvre l’esprit. Je ne donne pas de cours magistraux, j’apprends des techniques. Comme une expérience que je mets sur la table et que je partage.

SCC : C’est qu’on a joué hyper tôt. Du coup, on a eu le temps de bien s’amuser… Tu n’as pas d’albums photos dans ce type, Flavien ? Flavien : Non, en fait, j’archive tout. Des images se retrouvent dans certains de mes clips. J’accumule, encore et encore, sans vraiment savoir pourquoi. Après, lorsqu’un projet nécessite une certaine matière, c’est là-dedans que je la trouve. C’est ce qu’il va se passer pour mon prochain clip. La pratique de ma musique m’est très personnnelle, toutefois, je suis aussi un membre du Collectif Sin. SCC : D’ailleurs on trouve ça super courageux de faire de la musique tout seul. C’est quand même rassurant d’être en bande, d’aller à des endroits, d’être ensemble pour s’ennuyer moins. Flavien : Je ne m’ennuie pas vraiment car, finalement, je suis rarement seul, surtout en concert. SCC : Tu ne te démotives jamais ? Flavien : Parfois, je me retrouve dans des situations un peu abyssales à cause de la fatigue. Je ne dirais pas que c’est ennuyant sinon je ne ferais pas de musique. Je rencontre énormément de gens ; tant dans la phase de creation, que dans la production, je ne me sens vraiment pas seul. C’est aussi ce que m’ont appris mes etudes : gérer des étapes de projet, allier le bon travail aux bonnes étapes, avec les bonnes methodes.

Crumb magazine 2010 2015  

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