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  Il   faut le dire, la perspective de passer une demie heure à la rencontre de la jeune Australienne Iggy   Azalea, était aussi excitante qu’inquiétante. Qui est-elle réellement ? Allai-je me retrouver face à la même   brut et sexy que dans les clips sulfureux et menaçants ? Passée la sortie de plusieurs mixtapes et fille d’un EP, sous l’aile de Diplo et TL, il était temps pour la demoiselle de s’attaquer à un premier album   attendu pour la fin de l’année. A cette occasion, rendez-vous était donné avec la musicienne dans un   hôtel parisien, près des Champs Elysées, un jour ensoleillé de Juin. Me voici, donc, dans une chambre   parfumée, seuls. Iggy est en train de faire une autre interview, pendant que nous tentons de scruter le son   de sa voix. Je stresse un peu, il faut le reconaître. Dans quelques minutes c’est moi, face à la jeune fille.   Du   retard, comme souvent lors des journées promo, qui me fait attendre “LE” moment. Et, c’est pile à cet instant que la porte s’ouvre : elle est là, face à moi (ou plutôt au dessus tant sa taille est vertigineuse), elle   me tend la main avec un grand sourire : « Hey, my name is Iggy ! ».             Salut Iggy, ce n’est pas un peu frustrant de passer deux jours à Paris, enfermée dans une chambre d’hôtel, à répondre à des journalistes aux accents horribles ? (Rires) Ca ne me dérange pas du tout de discuter avec vous, malgré vos accents bizarres, mais j’aurais bien aimé avoir un peu de temps pour faire les magasins. Paris est sûrement une de mes villes préférées, pour dépenser mon argent et me balader, donc je suis un peu triste de ne pas pouvoir le faire. Je m’organiserai ça un peu plus tard ! Tu as récemment fêté tes 23 ans. Qu’est-ce-qui a changé pour toi depuis ton dernier anniversaire ?
 Je pense que j’étais un peu perdue. J’avais décidé de ne pas sortir un premier album à tout prix et au plus vite, donc les gens me prenaient un peu pour une dingue. Je ne savais pas ce que je devais faire ou ce qui allait arriver à ma carrière, si ce n’est que j’envisageais de sortir un album, mais sans savoir comment, ni avec quel label, et quelles personnes pour m’aider… Cette année, on peut dire que tout va mieux : j’ai signé chez Mercury et Def Jam avec deux singles sur les rails, je suis beaucoup plus sereine. Tout semble être arrivé vite et facilement… 
Ca a été facile quand les choses se sont enclenchées. Je cherchais un label depuis longtemps, et j’ai décidé d’arrêter de démarcher l’année dernière pour expérimenter, trouver mon véritable “son”, en sortant des EP et des mixtapes. Une fois passée cette étape, je suis repartie à la recherche d’un label pour mon album, et le choix de Dej Jam Records s’est très vite imposé. Travailler avec eux et Mercury est vraiment un plaisir, ils ont compris où je voulais aller, avec une réelle passion pour la musique, ce qui n’est pas actuellement pas le cas partout. De plus en plus de businessmen s’intègrent malheureusement dans le milieu. Comment décrirais-tu la Iggy Azalea de 2013, par rapport à celle de 2012 ? 
Peut-être un peu moins irrationnelle et dépassée !

(Rires) Mais toujours un peu irrationnelle quand même ! Je pense que l’année dernière, beaucoup de choses incroyables me sont arrivées pour la première fois, donc ma réaction était extrême, du genre : “ Wow ! Qu’est ce qui m’arrive? C’est dingue !”, alors que ces mêmes choses se répètent maintenant, mais j’ai plus d’expérience pour les comprendre. Je me sens plus calme, et un peu moins sensible aux rouages de l’industrie musicale. Je ne suis pas une Iggy Azalea adulte, mais plutôt “grandie”. A l’écoute de tes deux nouveaux singles, Bounce et Work, on ressent vraiment une influence plus dance. Tu es d’accord avec ça ?
 Bien sûr. Pour Work, j’ai été énormément influencée par Bombs Of Bagdad de Outkast, que j’écoutais énormément : c’est une chanson très dansante, parfaite pour une soirée, mais avec en même temps un message vraiment intéressant et sérieux, sans empêcher les gens de danser dessus. J’ai eu envie de faire exactement pareil. On me demande très souvent de raconter mon histoire mais ma vie est tellement sérieuse ! Je ne veux pas que les gens se sentent triste là-dessus, je veux qu’ils s’amusent. J’ai donc voulu raconter mon histoire, sans être déprimante, et en laissant les gens s’amuser dessus. Je préfère laisser un message positif, en expliquant que je n’ai pas eu une jeunesse facile mais que je m’en suis parfaitement sortie ! J’ai ensuite sorti Bounce pour ne pas arrêter mon message positif, ça aurait été dommage de mettre aussi vite fin à la fête ! Celle-ci est parfaite pour l’été. Dans tous les cas, il y aura une alternance entre chansons “concrètes” et dansantes sur mon album. Pour l’instant, il y a plus de titres sérieux que l’inverse, mais je me disais justement ce matin que je devrais penser à ré-équilibrer la balance. C’est important d’avoir un mélange des deux. Je ne veux pas qu’on se sente triste en m’écoutant mais je n’ai pas non plus envie qu’on pense que suis une fille complètement superficielle qui pense juste à s’amuser. Work est un peu une réponse à tes détracteurs…

Crumb magazine 2010 2015  

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