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                                                  Interview publiée le 13 mai 2013         Hiver 2012. Une chambre d’hôtel à Paris. Michael Fassbender nous attend. Il est à l’affiche du dernier   événement de Steve McQueen, « Shame », dans lequel il joue le rôle de Brandon, un trentenaire film   new-yorkais souffrant d’addiction sexuelle. La couverture médiatique est grande et Michael a déjà l’aura   d’une star. Nous faisons partis des rares médias web (sous-entendu, moins légitimes) à être accrédités   pour l’occasion. Nous entrons. Et, là, au fil des mots et des pensées, nous l’avons vu se confier à Crumb, sur son travail d’acteur. Rencontre en toute intimité…            

MICHAEL FASSBENDER

Pour votre rôle dans Hunger, en 2008, je sais que vous aviez rassemblé de nombreuses informations et témoignages concernant votre personnage pour cerner son caractère et l’incarner au plus juste. Pour Shame, comment cela s’est-il passé ? En règle générale, je me concentre beaucoup sur le texte, pour commencer, je le décortique comme une partition de musique, comme pour déchiffrer les rythmes présents dans la mélodie. Je poursuis ensuite mon travail en rencontrant les gens. J’ai eu la chance de m’entretenir avec des personnes souffrant de ce trouble, de cette maladie et je leur en suis très reconnaissant. En discutant, j’essaie d’ouvrir le dialogue et de pousser ces gens à me raconter des histoires. Poser des questions directes n’est pas très

habile et peut parfois placer l’interlocuteur sur sa défensive. À travers les histoires, on trouve des origines, des sources de motivation, voire l’essence même de ce que représente ce trouble d’addiction au sexe. Parmi les témoignages de ces gens y a t’il une histoire qui vous ait marqué en particulier ? Oui, bien sûr. Elles étaient parfois très intimes et racontées sur le ton de la confidence. Je ne raconterai évidemment pas ce que l’on m’a confié, mais ces récits m’ont permis de comprendre ce que ce sentiment d’intimité était, ce que les problèmes découlant de cette intimité représentaient. C’est ce qui habite mon personnage, Brandon : cette peur de responsabilité émotionnelle envers quiconque au sein

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

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