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                                                Interview publiée le 16 mai 2012     B   comme Burgalat, génie sans langue de bois. Tour à tour pyromane, magicien, chanteur mais surtout producteur/arrangeur (pour Alain Chamfort, Katerine, April March, Supergrass, Christophe Willem, Alizée,   Depeche Mode, ou encore Mick Harvey). Bertrand Burgalat a sorti son quatrième album personnel,   «   Toutes Directions ». Le fondateur du label Tricatel a donné une interview fleuve à Crumb. On a gardé l’essentiel : on a parlé d’à peu près tout, et quand on est parti, on s’est dit que ce mec-là avait tout d’un   génie.            

BERTRAND BURGALAT T

« Toutes Directions » est votre quatrième album personnel. En regardant votre parcours, on vous retrouve un peu partout. Vous avez collaboré avec énormément d’artistes, notamment Charles Berling, que j’ai interviewé pour notre précédent numéro. Il me parlait d’un texte de Genet qui évoquait Rembrandt. Genet écrit que Rembrandt a passé sa vie à peindre des portraits pour à la fin de ses jours ne finir par peindre que des autoportraits… Est-ce que pour créer et dépeindre votre univers à vous, vous avez besoin un peu à la manière de Rembrandt de peindre celui des autres, de vous immiscer dans le leur ? C’est une question intéressante. Je ne sais pas vraiment. La musique n’est bien que si on la partage, si on crée des rencontres. Travailler avec d’autres personnes permet souvent de se libérer, de livrer des choses plus personnelles. Il m’arrive de donner quelques trucs intimes, de les placer sur les disques

des autres. Je peux me livrer sans avoir peur d’être impudique, vu qu’il ne s’agit pas de moi, pas directement en tout cas. A contrario, ce n’est pas qui vous écrivez les paroles sur ce disque… Raconter sa vie et ses états d’âmes n’a de sens que si on les transcende. Faire appel à des auteurs permet de se libérer. J’ai essayé par moi-même, je n’y suis pas arrivé. Pour Sentinelle Mathématique, par exemple, j’avais le titre et l’idée depuis un an et demi. Je visualisais quelque chose sur la société. J’avais l’impression d’avoir déjà tout dit dans le titre, d’avoir tout exprimé. Plusieurs auteurs ont essayé d’y apposer des paroles, ça n’a jamais marché. Et puis j’ai confié le truc à Barbara (Barbara Carlotti, ndlr), je lui ai envoyé le mp3, trois jours après, elle avait écrit le texte définitif que je trouve super.

Crumb magazine 2010 2015  

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