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        Deuxième rencontre   Interview publiée le 6 mars 2014         L’effervescence autour de la sortie de The English Riviera, avant-dernier album du groupe, a amené le   quatuor jusqu’aux planches des Zénith et des festivals. Une reconnaissance méritée et intrigante qui   nous amène à discuter avec un Joseph Mount, un peu différent de celui que l’on avait croisé la dernière   fois. Plus conscient des enjeux que représente la sortie de son nouveau disque, Love Letters.    

METRONOMY #2

Après le succès de The English Riviera (…), ton nouvel album sonne plutôt home-made... Il sonne effectivement plus intime. On l’a enregistré dans un bon studio, mais le matériel utilisé et la façon de produire m’ont permis d’obtenir cette ambiance. J’ai évidemment fait attention à ce qu’il sonne mieux que si on l’avait enregistré dans ma chambre, mais dans l’intention, c’était ça. Avec The English Riviera, je voulais un disque très fouillé, sérieux tandis que pour Love Letters, j’ai souhaité qu’il soit moins parfait, moins propre… On entend différentes époques dans ce disque, des années 60 aux années 80. C’était voulu ? Non pas vraiment, tout dépend vraiment de la manière dont les gens perçoivent la musique. Je ne ferai jamais de musique en me disant “Ca, ça va sonner 70’s”. Je m’inspire de souvenirs, de sonorités que mon oreille a toujours entendues. J’ai pris une rythmique binaire, très sixties sur Love Letters. C’est quelque chose que l’on a toujours retrouvé dans ma musique. Parle-nous de ces petites imperfections d’enregistrement… J’ai enregistré cet album en essayant d’être le plus fidèle à mes premières intentions, ces moments de recherche en studio où parfois des erreurs se glissent. La façon dont les disques sont aujourd’hui enregistrés est très clinique : tout doit être parfait, propre, calé à la seconde près, et j’avais envie de transgresser cette règle. On trouve donc sur Love Letters certaines petites choses inattendues que l’on a gardées. Il faut bien tendre l’oreille… Après des morceaux comme The Bay ou The Look, tu n’avais pas peur de devoir courir après les hits ? Heureusement non ! Mon label ne vient pas me voir en me faisant “hey Jo’, il faut nous sortir du lourd !”. Ils me laissent faire ma petite cuisine et ensuite ils écoutent. Même si j’avais un peu plus la pression que

pour mes disques précédents, je n’y ai pas pensé. Si les gens veulent un album avec des tubes, ils peuvent appeler Pharrell Williams et le problème sera réglé ! Et le fait d’enregistrer un nouvel album en sachant que l’attente des gens est forte ? Cela me semble être hyper stimulant ! Il faut en profiter. Les artistes et les groupes que j’aime ont su apprécier ce genre d’attente, en surprenant leurs fans. Ou parfois même en les décevant… Les gens n’ont pas encore écouté l’album, ils connaissent deux singles qui ne représentent pas entièrement le disque. Mais d’un autre côté, c’est une opportunité tellement rare pour moi de pouvoir décevoir, je ne sais pas, 200 000 personnes sur Terre (sourire). Tu aimes les jeux de l’interview ? Cela dépend (…). Ca peut parfois vraiment être horrible. L’avantage lorsqu’on est plus populaire, c’est que les gens s’intéressent plus à toi et à ce que tu fais. Aux débuts du groupes, les questions étaient parfois terriblement chiantes… Pourquoi est-ce que Metronomy dit moins de bêtises sur Twitter ? Beaucoup se rappellent de ce fameux tweet lors des élections présidentielles françaises. (Rires) Je m’en souviens ! Je me suis dit qu’il fallait peut être s’arrêter, ou au moins se calmer. La politique et la musique, c’est pas toujours ça… J’adore Internet, mais je n’ai plus le temps de tenir un compte Twitter, cela m’ennuie. Puis j’ai un enfant maintenant. Mais rien ne dit que je ne risque pas de m’y remettre quand on repartira en tournée…

Propos recueillis par Brice Bossavie 
Photos : Pierre & Florent Pour les besoins de la mise en page, l’interview a pu être raccourcie ou écourtée de certains passages.

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