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Joe, tu faisais beaucoup de remixes au début. C’est quelque chose qui intéresse encore le groupe ou vous êtes passés à autre chose ? Joe : En fait, je n’ai pas commencé par des remixes, même si c’est comme cela que la plupart des gens ont entendu parler de Metronomy au départ. Je crois que j’en ai tellement fait que je me sens à court d’idées. A vrai dire, je préfère travailler avec des gens plutôt que de changer ce qu’ils ont déjà créé. D’ailleurs, Gbenga fait des remixes en ce moment, et je crois qu’Oscar a essayé d’en faire quelques-uns, dont il a honte (rires) !

dehors de cela, il me semble aussi que, traditionnellement, le public français se montre davantage réceptif aux choses et musiques un peu inhabituelles.

Anna : Personnellement je trouve qu’on devrait interdire les remixes ! Les remixes, c’est la mort de la face B. Cela donne juste une excuse aux musiciens pour ne pas se casser la tête et se contenter de changer un tant soit peu un morceau.

Oscar : Enfin en tout cas, ce qu’on peut dire, si c’est là où vous voulez en venir, c’est que la France était là avant tout le monde !

Gbenga : Non, je ne suis pas sûr que tout le monde ait cette approche-là. Pour les gens qui font de la pop peut-être… En tout cas, il y a des tas de groupe qui en font parce qu’on les pousse à produire plus qu’un simple album, on leur demande de fournir des morceaux en exclu, à droite et à gauche. L’industrie du disque l’impose d’une certaine manière… En tant que groupe qui s’est fait connaître en partie grâce à Internet, que diriez-vous à quelqu’un qui télécharge votre musique illégalement mais qui paye pour venir vous voir en concert ? Joe : C’est une question difficile pour nous, parce qu’Internet nous a permis de diffuser notre musique et de faire parler du groupe. Pour autant, je ne crois pas que la musique doive être distribuée gratuitement. Cela me fait bizarre d’entendre les gens me dire « Tu sais, j’ai piraté ton album, mais du coup je vais à ton concert ». C’est comme si je te disais « Je te vole 15 euros, mais t’inquiète pas, je vais t’acheter quelque chose avec » ! Oscar : Et puis on prend tellement de temps pour donner à l’album le son adéquat, que pirater une version mp3 avec un son moins authentique, je trouve cela un peu triste pour les gens qui téléchargent en fait. Gbenga : Pour moi, une partie du problème réside dans le fait que certaines personnes n’ont même pas conscience que l’on parle de vol. Il y a des pays comme la Chine ou la Russie où il est pratiquement impossible de gagner de l’argent avec un disque à cause du piratage. Un jour, on a fait un concert à Moscou devant 1500 personnes alors qu’on savait pertinemment qu’aucun d’entre eux n’avait acheté nos disques…

Gbenga : C’est vrai qu’en Angleterre, 5 ans après notre premier album, on est encore parfois considérés comme une nouveauté… Joe : Mais pour être vraiment honnête, avec ce nouvel album, on est devenus populaires un peu partout et pas seulement en France.

Quelle a été votre plus belle expérience en France jusqu’à présent ? Gbenga : On a joué dans les Arènes de Nîmes avec les Chemical Brothers (dans le cadre du festival de Nîmes, ndlr) ! C’était génial. Anna : Et La Cigale, à Paris, aussi ! Gbenga : Ah oui c’est vrai, La Cigale c’était vraiment spécial, mais Nîmes… Je n’aurais jamais crû que l’on pouvait faire ce genre de trucs ! Le décor était incroyable. Les Chemical Brothers jouaient le même soir, les arènes étaient bondées, les gens super réceptifs à notre jeu, et ce soir-là, je crois sans prétention que l’on a vraiment très bien joué ! Joe : Notre dernière tournée en France a commencé à La Cigale. C’était tellement dément que chaque concert qui a suivi nous a paru moins intense que ce soir là parce que le public ne devenait pas aussi dingue. Vous avez intitulé votre album « The English Riviera » en référence à la région du Devon en Angleterre. C’est un endroit que vous recommanderiez pour aller passer ses vacances à la plage ? Joe : Si tu veux passer tes vacances à la plage, je te conseillerais plutôt d’aller à Nice (rires). Il y a de très beaux endroits dans le Devon, mais ce que nous souhaitions avec The English Riviera, c’était rendre cette région un peu plus glamour qu’elle ne l’est en réalité. Pour des vacances, je n’en sais rien. Pour allez y bronzer, mieux vaut prendre une petite veste (rires).

Propos recueillis par Émilie Cochaud. Photos : Mathieu César, pour Crumb magazine

En dehors du Royaume-Uni, comment expliquez-vous le lien particulier que vous entretenez tous les quatre avec la France ? Joe : Je pense que cela s’explique d’abord par le fait que notre label soit français (Because Music, ndlr). En

Cette interview et les photographies qui l’accompagnent ont fait l’objet de la couverture du numéro de 10 de Crumb magazine, première version, alors qu’il était une revue digitale, à feuilleter. Il fut mis en ligne le 25 septembre 2011.

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