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Interview publiée le 15 janvier 2011

Quand la planète hype s’émeut d’une personnalité, on prend toujours une pose suspecte. Soyons au moins honnête, on a tout entendu sur Uffie : arnaque musicale, absence de performance scénique mais aussi artiste incontournable, bad girl talentueuse, princesse de l’électro. Nous nous sommes demandé qui elle était vraiment et pour répondre à nos quelques interrogations, il nous fallait la rencontrer.

Hong-Kong est une terre de contraste. Au modernisme des centres commerciaux et des gratte-ciel immenses, se mêlent les coutumes et traditions établies depuis des siècles par les populations. Un méli-mélo des genres. Beau, compliqué, tiraillé et éclatant à la fois. C’est ici qu’a grandi Anna Catherine Hartley, dite « Uffie ». Elle naît en Floride et passe son temps dès lors à faire (quasiment ou presque) le tour des États-Unis : Miami, Cincinnati et tant d’autres. Et puis enfin Hong Kong ! Pas le temps de se poser, de s’arrêter, de souffler. Pas le temps de se faire des ami(e)s, de nouer des liens, de s’attacher. Des souvenirs ? Oui. Ceux des rares instants où elle allait vendre ses poupées avec sa sœur au marché aux poissons. La ville est grande, mais sans danger. Les gens sont polis, attentionnés, prudents, protecteurs. Comment le vit-on quand on est une enfant que l’indépendance passionne ? On trouve un refuge. Pour Anna, ce sera la musique. La suite vous la connaissez, devenue égérie malgré elle, Uffie a tout connu en peu de temps : le succès, l’argent, la gloire, l’amour, les voyages et enfin la joie d’être maman. Cela fait beaucoup pour une seule personne. Alors, il y a bien évidemment les remises en question, les doutes et… Sex Dreams And Denim Jeans, un étrange ovni, dont elle a mis du temps à accoucher – la sortie ayant été repoussée à plusieurs reprises, après un mariage avec le graffeur André, un divorce et une grossesse. Étrange objet que cet album, oui. A première vue, pas grand-chose pour séduire – en témoigne la voix frêle et ultra trafiquée de la chanteuse – mais voilà Uffie peut faire des miracles. Qu’elle soit associée à Pharell Williams, plus sombre sur un Art Of Uff, signé M. Oizo ou bien mélancolique sur Our Song, la blondinette dévoile ses facettes. Un ovni en somme qui fait bon écouter mais que l’on aime détester. Jamais peut-être un/une artiste électro n’aura suscité autant de controverses et passionné autant d’ados curieux. Nous avons tout entendu oui, des critiques les plus sévères aux éloges les plus grands. Mais tous les témoignages auxquels nous avons eu à faire portaient en eux le regard de la passion. Question de contrastes. Et si c’était cela finalement Uffie ? Un méli-mélo des genres. Beau, compliqué, tiraillé et éclatant à la fois.

Le 22 octobre, le lendemain de son concert à la Cigale à l’occasion de la « Uffie Diesel Party », CRUMB a rencontré Uffie. Encore épuisée de sa prestation de la veille, elle nous a reçu dans les locaux du label Because, pour répondre, en toute simplicité à quelques questions. En 5 minutes chrono. (Uffie commence) : Pour info, je ne suis pas tombée hier soir, sur scène et je n’étais pas bourrée. J’essayais juste de faire monter une fille sur scène et j’ai perdu l’équilibre ! Je n’avais pas prévu de t’en parler ! Tant mieux car d’autres ne parlent que de ça. C’est le boomerang médiatique. Comment tu te situes sur la scène électro rock française ? Je ne me situe pas du tout. Par contre, je pense que je suis probablement une des seules filles à faire de l’électro en France. Et ça je le revendique. Est-ce que ton enfance en Chine a influencé ton rapport à la musique ? Pas vraiment, cela remonte à trop loin. C’est surtout les goûts musicaux de mes parents qui m’ont influencé. Il paraît que tu es en train de préparer un album « rock ». Oui, façon de parler. Mais il va resté très électro. Avoir joué mon album actuel en live m’a appris beaucoup de choses sur ma manière de travailler. Pour le prochain, j’aimerais utiliser beaucoup plus d’instruments. Il y aura donc, oui, même si cela reste très électro, un côté plus « rock ». Comment appréhendes-tu ta carrière, maintenant que tu es maman ? Cela ne se passe pas très bien. Particulièrement ces tempsci. Mais chaque jour est différent. Malheureusement, je ne peux pas être là tous les jours pour mon bébé donc j’essaie juste d’apprécier autant que je peux les moments que je passe avec. J’arrêterai un jour la musique pour ne m’occuper que d’elle. Pour l’instant je ne peux pas. Nicolas Cassagnes (et Thomas Carrié)

Crumb magazine 2010 2015  

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