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House, deux autres super groupes leadés par des voix féminines. Comment perçois-tu l’image des femmes dans la musique actuellement ? Les femmes interagissent avec la musique par des moyens vraiment uniques. Nous ne sommes pas accablées par les schémas classiques du rock car les perspectives féminines ne s’y sont jamais reflétées dans la plupart des cas. Donc en tant que femme, tu crées quelques chose qui reflète ton unique perception. Les gens sont attirés par la musique faite par les femmes. Par quels liens te sens-tu connectée à la scène musicale de Montréal ? Montréal est ma maison. Lorsque nous y sommes, je passe mon temps à aller à des concerts. Je me sens membre de cette scène en tant que spectatrice. La scène a évolué dans le bon sens depuis que j’ai commencé à jouer dans des groupes, c’est cool à observer. En ce moment, beaucoup de genres et d’approches différents semblent coexister paisiblement, ce qui est très plaisant car j’aime autant aller à des concerts de punk, qu’aller danser ou écouter un concert de rock chill. Je suis inspirée par la musique autour de moi mais en fin de compte, ce que nous faisons existe indépendamment des évolutions de la scène de la ville. Te réfères-tu à des endroits particuliers dans ta musique ou certains t’influencent-ils dans ton processus de création? 
Dès que je suis chez moi, je m’installe un petit studio avec mon synthé, une guitare et une boite à rythmes et j’y passe beaucoup de temps. C’est ici que je

                                                 

m’entraîne, que j’écris, que j’enregistre beaucoup de notre travail. Sur la route, je suis inspirée par tout ce qui m’entoure et je retranscris tout cela dans un carnet lorsqu’on roule d’une ville à l’autre.
 D’où t’es venue l’idée de cette esthétique épurée pour le clip d’Outside ? La danse est une discipline que tu pratiques régulièrement ? Je savais que je voulais faire une vidéo où je bougeais à travers un espace en exprimant l’isolement. La chanson est à propos d’une femme frappée d’ostracisme pour être prise d’une passion. En commençant à préparer la vidéo, j’ai compris que je devais préparer mes mouvements donc je me suis mise à travailler avec Bronwyn Ford et ça s’est fini en vraie chorégraphie. Je ne suis pas danseuse, il a fallu que je m’entraîne des heures. L’atmosphère évoque la tristesse mais les mouvements sont contrôlés et puissants. Ils reflètent cette prise de responsabilité que je recherchais via l’écriture de ce titre et son clip, en adoptant la vulnérabilité Les histoires que tu racontes dans tes titres gardent toujours une part de mystère, qu’est-ce qui t’attire dans l’exercice d’écriture ? 
C’est très difficile pour moi de séparer mes expériences personnelles de mes chansons. Je sens que j’ai besoin de faire connaître ma perception des choses, la faire proliférer par le biais de la créativité. C’est une pulsion que je ne peux pas expliquer. Mais je fais de la musique pour ça.

Propos recueillis par Alice De Jode

Crumb magazine 2010 2015  

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