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LULU GAINSBOURG Interview publiée le 25 novembre 2011

Au coin de la rue Etienne Marcel, à Paris, Lulu Gainsbourg patiente, chapeau sur la tête, en utilisant la table comme un instrument à percussions, il tapote un rythme binaire. J’entre le saluer, il est timide mais souriant. Au premier abord, se retrouver face à Lulu Gainsbourg c’est comme toucher du doigt une infime partie mythique de l’histoire de la chanson française. Mais Lulu n’est pas que le « « fils de », c’est un véritable artiste. Franchement pas dégueu’ comme dirait l’autre…

Depuis le Petit Lulu du Zénith 89, où à l’époque vous étiez l’enfant-star le plus médiatisé, jusqu’à aujourd’hui, la sortie de votre premier album, ou étiez-vous ?
 J’étais sur le point d’arrêter mes études pour devenir acteur et puis j’ai vécu pas mal d’aventures et voyagé ici et là. En 2001 j’ai rendu, en compagnie de ma mère (Bambou, ndlr), cet hommage à mon père avec la chanson Ne dis rien, et dernièrement la chanson Quand Je Suis Seul pour Marc Lavoine en 2010. Cet album aujourd’hui, From Lulu To Gainsbourg, je l’ai fait sur un coup de tête. Avec un ami. Je me suis dit que c’était le moment. Peu importe les critiques, je le fais pour mon père. Comme un message personnel.

Que représente le voyage pour toi ? L’apprentissage. J’ai découvert de nouveaux peuples, de nouvelles atmosphères, c’est un continuel renouveau. J’ai eu la chance d’avoir un père qui a très bien réussi, ma mère qui m’a très bien élevé, je n’ai manqué de rien quand j’étais petit et je ne manque toujours de rien aujourd’hui. Mais j’ai également eu la chance d’aller en Inde et de découvrir justement tout le côté inverse. Et pourtant il y a une telle richesse à travers chaque personne que tu vas croiser. Ils sont heureux alors qu’ils n’ont rien. Quand je vois des gens ici en France qui se plaignent pour des choses superficielles, je trouve cela assez injuste.

On a l’impression qu’une place importante a été laissée à l’improvisation et à la spontanéité… Oui c’est vrai. Surtout dans l’enregistrement. Il y a beaucoup de titres aux couleurs jazz, qui permettent ce genre de liberté. Mon père adorait le jazz, il a commencé comme cela. C’est une musique qui me touche. Le classique aussi.

Es-tu déjà retourné au 5 bis rue de Verneuil ? (L’hôtel particulier de Serge Gainsbourg à St Germain- des-près, où Lulu a grandi jusqu’à la mort de son père en 1991, ndlr). Oui ! La dernière fois c’était en juin. L’avantage c’est que je peux entrer à l’intérieur, il y a toujours une grande énergie. L’âme de mon père y est toujours présente. Je la sens.

Quel genre de classique ? Plutôt contemporain ? Surtout la période classique romantique. La musique classique a un pouvoir en plus par rapport aux autres musiques. Elle peut vous déstresser, vous mettre dans un état euphorique ou bien vous bercer.

Propos recueillis par Aurélien Lovalente. Pour les besoins de la mise en page, l’interview a pu être raccourcie ou écourtée de certains passages.

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