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                                                Interview publiée le 25 novembre 2011     Charlie nous a mordu… Chez Shakespeare & Co, ou la librairie anglaise de Paris. Nous nous sommes faufilé, le   temps d’un instant, parmi les étagères, remplies d’illustrations, d’histoires et d’odeurs de papiers noirs ou jaunis,   à la recherche de Charlie. Et de son nouvel album « Running Still ».        

CHARLIE WINSTON

Au delà de tes succès artistiques et médiatiques, particulièrement en France d’ailleurs, nous savons finalement peu de choses sur toi. D’où viens-tu Charlie ? Par où commencer ? Pendant longtemps, j’ai joué dans des clubs et bars à Londres, dans différents groupes, avec mon beau-frère, à la fin des années 90. Assez rapidement, nous avons signé un contrat avec une maison de disques. Je me suis mis à écrire ma propre musique, de mon côté, à voyager à travers l’Europe… J’ai rencontré des amis, qui sont aujourd’hui toujours là. Et puis, un jour, un CD que j’avais enregistré avec l’aide de Peter Gabriel tomba dans les mains de Marc Thonon (Monsieur Atmosphériques, le très joli label français, fidèle partenaire de Crumb, ndlr). Ma musique lui a plu. Il a voulu produire un album sur-le-champ. Nous avons pris notre temps – huit mois – pour enregistrer mon premier “vrai” opus et « préparer le terrain » afin d’avoir la meilleure réception possible. Je parle de celle du public. Hobo est sorti en janvier 2009 et c’est devenu dingue : les français se sont rués dessus dès le début. Je ne m’attendais vraiment pas à une telle ampleur. En deux ans, j’ai vendu plus d’un demi-million d’exemplaires de l’album. Et maintenant, me voilà, devant vous. J’ai arrêté la promo de Hobo il y a bientôt un an. 2011 m’a permis de repenser ma manière de travailler. Je suis parti un moment à Los Angeles, c’était assez difficile d’enregistrer à nouveau en France. Tout était miroir, tout ce que je regardais semblait appartenir au personnage de Hobo, alors je me suis exilé quelques temps pour puiser quelque chose de nouveau en moi. Je viens de là. Cela répond à ta question ?

Absolument. Aujourd’hui te voilà de retour avec Running Still, peux-tu nous en dire quelques mots… Tout un tout nouvel album, oui. J’y ai beaucoup pensé, réfléchi. Hobo, de son côté, s’était construit et développé des années durant. Après cela, je ne savais pas vraiment où j’allais, mais ce dont j’étais certain, c’était une sensation que j’avais envie de transmettre. Running Still laisse transparaître un sentiment de laisser aller, pour s’échapper et prendre le temps d’être spontané. L’album est né d’un mélange de solitude et de mélancolie. Il illustre de manière très juste le fait qu’en travaillant pendant deux ans, en gagnant expérience et succès, j’ai compris que plus on est au centre des attentions, plus la solitude nous gagne. C’est ce dont cet album parle, au fond. On le ressent dans le premier extrait, qui porte d’ailleurs bien son nom, « Hello Alone »… Oui. C’est une sorte de solitude accueillante, comme avec un vieil ami dont tu pensais t’être débarrassé, dans ta tête mais qui est toujours là, au fond de toi. Il me semble que c’est le seul morceau cependant qui ressemble à peu près à l’univers de mon premier album, celui pour lequel les gens me connaissent. Il rappelle aux gens qui je suis. J’avais besoin, je crois, de cette chanson, besoin de convier à nouveau les gens, de leur dire « C’est toujours moi, mais je vous emmène ailleurs, cette fois ». Propos recueillis par Bastien Internicola. Pour les besoins de la mise en page, l’interview a pu être raccourcie ou écourtée de certains passages.

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