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idées, je sais ce que je veux donc je n’ai pas tellement le réflexe de demander aux autres. On se tourne vers des personnes dans les domaines où l’on n’a pas accès car on n’a pas les connaissances. Je m’entoure donc de gens qui savent faire, mais quand je m’en sens capable, ou que j’ai envie de développer quelque chose et d’apprendre, je fonce, je n’ai jamais su faire les choses autrement. Je racontais cette histoire au premier album. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas racontée donc je vais vous la dire. Quand j’étais petite on m’a offert un album de Kate Bush et j’ai adoré. Je me souviens très bien qu’avec mon regard d’enfant, quand je tenais ce disque, que j’écoutais la musique tout en lisant les paroles dans le livret, je voyais son visage en photo sur la couverture, je la voyais, elle. Je voyais ses mots, je voyais que c’était elle qui avait écrit et pour moi c’était normal. Je ne pouvais m’imaginer que d’autres artistes chantaient les mots d’autres personnes. J’ai grandi en écoutant des artistes qui ont développé un univers fort et personnel. Il y avait Kate Bush, Joni Mitchell, aussi. Adolescente, j’ai découvert Björk. Ce contrôle, c’est une façon de faire, une philosophie. J’ai envie de développer un maximum de choses dans la limite de mes capacités mais je pense que l’on a tous des compétences illimitées pour rejoindre ce que tu dis. Il faut juste se donner le temps pour bien diriger son objectif et au moins essayer. Cet album est très ouvert, très riche, comment allezvous le transposer sur scène ? On a commencé les répétitions la semaine dernière. Il y a beaucoup de changements par rapport aux albums précédents. Nous avons simplement fait un seul concert pour Franky Knight. Avec The Big Machine, nous étions trois sur scène et c’est vrai que le pari de cet album était de pouvoir tout gérer. J’étais au contrôle de tout ou presque, j’avais quatre claviers, quatre pédales, l’ordinateur, le micro, le bras, etc. J’avais envie de voir jusqu’où je pouvais aller en m’occupant de tous ces postes. Aujourd’hui, je n’ai plus du tout envie d’aller dans cette direction-là, en live, contrairement à la réalisation d’ailleurs. Pour le coup-là, j’ai envie de m’alléger de plein de choses. Je crois que j’ai envie d’être vraiment avec les gens et de chanter tout simplement, sans forcément faire plusieurs choses en même temps. Sur scène, cela va être intéressant de me retrouver finalement plus comme au premier album où je jouais de temps en temps des instruments, mais n’étais pas systématiquement derrière le clavier, j’étais un peu plus libre de mes mouvements. Comment se passe votre relation avec le public sur scène ? Je suis super contente de pouvoir bientôt retrouver mon public, ça me rend tellement heureuse.

C’est assez étrange car on écrit des morceaux au départ pour nous et finalement, l’envie de les partager avec d’autres personnes surgit. Faire vivre les morceaux sur scène, c’est juste fantastique, c’est une forme de communication, de communion parfois. Il y a des choses magnifiques qui peuvent se passer sur scène, rien qu’avec des notes de musique et du chant. Lorsque tout cela se transforme dans la même pièce, c’est super. Cela me manque énormément, entre deux albums. J’ai hâte. Qu’avez-vous découvert récemment qui vous a permis d’enrichir votre domaine musical ? La Côte Ouest des États-Unis, la Californie, les couchers de soleil de l’Arizona, il y a beaucoup de cela dans l’album. Les grands espaces assez épiques, c’est un mélange entre de nombreux lieux et d’images qui ont défilé devant mes yeux et qui défilent aujourd’hui dans ma tête.

Propos recueillis par Louise Autain

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