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scène. C’est important pour toi de garder la main sur ton image ? Je voulais faire de l’Art avant-même de vouloir faire de la musique. Le choix a été assez difficile d’arrêter ma Prépa Art pour faire de la musique. Mais c’était nécessaire car je n’arrivais plus à faire les deux en même temps. J’ai décidé que si je faisais de la musique, je voulais vraiment avoir la main mise sur ce qui se passerait à l’image car c’est ce qui m’intéresse aussi et que c’est un ensemble. Je veux vraiment quelque chose de sincère et qu’à aucun moment on ne m’impose quelque chose. Généralement, c’est moi qui propose les maquettes et ce sont ensuite mes maquettes qui sont proposées à des professionnels de la photographie. Comme Coco Chanel et sa fameuse petite robe noire, tu as choisi la sobriété en portant toujours ta petite robe noire. Pourquoi ce choix ? A la base, c’était principalement pour ne pas influencer les gens. Je voulais vraiment qu’au niveau de l’image, on voit bien le contre pied avec ce que je proposes dans mon album. Je voulais quelque chose de sobre et de classique, jouer sur le blanc et le noir, que l’on retrouve aussi peut-être dans les sonorités de ma musique. Cette robe montre le contraste qu’il y a dans l’album. J’aime bien surprendre les gens par exemple lors des festivals, lorsqu’ils me voient arriver dans cet habit qui fait un peu « nonne ». Ils se demandent ce que je vais faire avant de m’écouter rapper. C’est drôle de voir leur réaction. Avant de te voir en concert, je me suis figurée que tu étais un petit peu comme un paquet cadeau dont on ne sait pas du tout ce qu’il contient avant de le déballer. Finalement, on ne sait pas du tout à quoi s’attendre en te voyant, on ne sait pas du tout quelle étiquette te donner.

C’est quelque chose qui m’a toujours fait peur car la musique, c’est quelque chose qui doit évoluer. J’ai envie d’essayer plein de choses différentes et surtout qu’on me laisse tranquille et qu’on ne me range dans aucune case. Je ne veux correspondre à aucune étiquette. Je ne veux pas que l’on m’impose de faire un style de musique particulier, je veux proposer, réaliser et vivre celle dont j’ai envie, qui est mienne.s Tu passes bientôt aux Étoiles, à Paris (à guichet fermé, ndlr) et ensuite à la Maroquinerie. Comment appréhendes-tu ces premiers concerts ? C’est plus la sortie de l’album qui me fait un petit peu peur que ces concerts. Je ne sais pas du tout comment il va être reçu. Mais pour le moment je suis très contente des live que j’ai fait et surtout d’avoir enfin pu rencontrer mon public. Les dates parisiennes seront assez émouvantes car il y aura ma famille, mes amis, les gens qui ont soutenu le projet pendant beaucoup de temps. Est-ce que tu aimerais un jour collaborer avec certains artistes ? J’aimerais beaucoup collaborer avec un rappeur, pour croiser nos univers mais aussi avec des artistes africains. Je ne me suis pas encore trop posée la question mais oui, j’aimerais beaucoup faire des collaborations et d’ailleurs pas forcément qu’avec des chanteurs, mais pourquoi pas aussi avec des artistes en général, quels que soient leurs domaines. Je vais y réfléchir ! Tu penses retourner au Congo un jour et leur présenter ta musique ? J’aimerais beaucoup. Donner un concert un jour, làbas, ainsi la boucle serait bouclée… Propos recueillis par Mélodie Ravasi.

Crumb magazine 2010 2015  

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