Page 236

                                    Interview publiée le 4 novembre 2013       « My Name Is » est à la fois un premier album et un album de la maturité. Pensé et élaboré pendant plus   de cinq années et porté par des collaborations multiples et prestigieuses, il matérialise l’entrée de Cécile   Cassel dans le monde de la musique. Ce n’est pas un double qu’elle convoque alors mais bien une   identité nouvelle. Cécile Cassel choisit de s’affirmer avec ses codes graphiques, musicaux et un nouveau   nom, piquant et à son image. Rencontre à la croisée des arts.            

HOLLYSIZ

Pourquoi as-tu choisi le nom Hollysiz ? Qu’est ce qu’il veut dire pour toi ? Déjà c’est le diminutif de mon petit surnom qui est Siz depuis longtemps. Mes amis m’appellent comme ça. J’avais donc vraiment envie qu’il soit présent dans le nom et Holly c’est plusieurs choses. En anglais c’est le houx et c’est une plante qui est rouge et qui pique donc ça me plaisait bien par rapport au projet vu qu’il y avait déjà cette dominante rouge. C’est aussi un personnage de La Balade Sauvage de Terrence Malick, qui a inspiré une chanson de l’album. Je trouvais que cela sonnait bien. J’aime bien le côté doux et ciselé en même temps. C’est un changement d’identité ? Presque. C’est une manière de changer d’identité pour se rapprocher encore plus de soi. Quand on pense aux supers-héros des comics, ils mettent une cape pour se rapprocher de ce qu’ils sont profondément. C’est un peu ça, mettre une cape pour faire des choses que je n’osais pas faire avant. Comme quoi ? La musique, tout bêtement. Le fait d’avoir fait le choix de l’anglais fait d’ailleurs partie de la même démarche, une manière pudique de parler de choses dont je n’aurai pas osé parler en français. C’est comme

mettre un espèce de filtre pour pouvoir dire des choses personnelles, tout en restant proche de mon identité. Du coup, la musique c’était une évidence ? Ca a toujours été présent. Je fais de la musique depuis toujours, j’écris des textes qui au départ étaient des poèmes, des nouvelles, pour moi. Et puis un jour il a fallu que j’officialise un peu tout. Ca a pris du temps. Cet album, c’est justement l’officialisation que je n’osais pas vraiment faire. Tu as fait beaucoup de scène avant d’enregistrer. L’album est nourri de ça ? C’est un mélange de mes textes très personnels avec l’envie de faire de la musique qui marcherait pour la scène. Lorsque j’ai fait des premières parties, j’ai réécrit totalement des morceaux en sortant de scène parce que d’un coup je me disais “ça marche pas comme j’en ai envie”. La scène a imprégné l’album de partout. Le studio aussi. J’ai eu cependant la chance de faire ce disque sans pression, parce que personne ne le savait, personne ne m’attendait. Ca m’a permis de réfléchir, retravailler, prendre le temps juste par plaisir de faire de la musique, mélanger et au final de faire quelque chose qui me paraissait cohérent parce que d’un coup j’y retrouvais tout ce qui me plaisait.

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you