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de parler du style musical du groupe mais si Twin Twin a une vraie valeur par rapport au texte, c’est grâce à lui. Il vient du slam, il a vraiment su simplifier l’écriture et mettre en valeur premier et second degrés. Lorent : (tout sourire) Merci ! Par rapport au studio, c’est vrai que retranscrire en audio l’énergie pure du live est impossible. On fait du bidouillage, des essais mais on n’est pas encore satisfaits. Patrick : C’est d’autant plus difficile qu’on fait un mélange de rock, d’électro et de Hip-Hop. François : Peut-être que la solution serait de ne sortir que des albums live (rires) ! C’est un bon concept ! A l’origine de la formation du groupe donc et de la naissance du projet, vous ne pensiez pas du tout à l’album…
 Ensemble : Pas du tout ! 
François : Les premiers morceaux que l’on a crée sont nés d’une situation maison. Patrick jouait un truc, je l’entendais, ça me donnait idée de mettre des lignes de basse dessus et Lorent d’écrire les textes. C’est comme ça qu’est née Vive La Vie, notre première chanson. On a d’ailleurs appelé l’album comme cela car c’est la première chanson que l’on a vraiment faite ensemble et celle avec laquelle on ouvre tous nos concerts… Lorent : Comme on avait pas mal de connaissances dans différents milieux : musique, squat, mode, on s’est très vite retrouvés à jouer dans pas mal d’endroits et à faire plein de dates mais l’album on n’y pensait pas du tout. D’ailleurs, maintenant quand j’y repense, je me demande pourquoi on l’a fait (rires). François : C’est vraiment une démarche spontanée. Ce qui est marrant d’ailleurs, c’est que l’on n’a jamais cherché à avoir une vraie structure de chanson. On faisait les trucs, à notre matière et c’était les gens qui nous disaient ce qu’il fallait changer… Le public a, en effet, vraiment eu une importance capitale pour vous. Au delà du live d’ailleurs, vous avez remporté plusieurs prix dont SFR Jeunes Talents et le FAIR…
 François : Oui. C’est arrivé assez vite et ça nous a pas mal aidé. C’était important et on en garde que des bons souvenirs. D’ailleurs, le FAIR nous a emmené en Colombie pendant une semaine, c’était génial ! Patrick : J’ai fêté mon anniversaire dans l’avion ! Quelle a été la réception du public colombien ? François : Énorme. Pour t’expliquer. Là-bas, il n’y a pas de train. L’équivalent du train ce sont de petits avions de ligne, même pour des trajets de 30 minutes car tout est montagneux et il y a peu de routes. Pendant qu’on jouait, des gens nous suivaient et prenaient l’avion, juste pour venir nous voir… Lorent : Les groupes internationaux ne vont pas y jouer car il n’y a pas d’économie suffisante. La grande star internationale, c’est Shakira. Du coup, quand on est arrivés, les gens étaient incroyables avec nous. Ils sont hyper friands de nouveautés et de découverte lorsque des groupes étrangers viennent jouer. C’était hyper « à l’ancienne ». Des gamins venaient nous voir à la fin des concerts pour nous dire « On voudrait les

tablatures des morceaux, s’il vous plaît » (rires). François : Je pense que cela plairait vachement aux lecteurs de CRUMB. La ville de Bogota est un mélange de New-York et Berlin, avec du high-tech d’un côté, des tours recouvertes de graffitis de l’autre, à moitié détruites, à moitié modernes mais super vivantes… Ce sont ces prix qui vous ont aidé à signer chez Warner ? Lorent : Pas vraiment. Ca nous a évidemment aidé et apporté de la visibilité mais ce qui nous a amené chez Warner, c’est notre rencontre avec Nizard Bacar (Directeur Artistique, ndlr, membre de la chaîne Ofive). Il bossait dans le label à ce moment-là et il avait entendu parler de nous. François : Il y a quelque chose qui a attiré le regard des gens du métier, en revanche, c’est la tournée de 8 dates Ricard Live Music que l’on a faite avec VV Brown et BB Brunes. C’était à chaque fois des dates de 20,000 personnes. Lorent : Et ensuite on a vachement tourné… François : On a fait un peu plus de 220 dates en une année et demie… Sans album ! Lorent : L’album, ça a été la découverte d’un autre monde. Celui de la vente et des chiffres où les dates et les lives n’ont plus d’importance. Revenons sur le studio et l’album justement. Comment avez-vous travaillé ? François : On l’a pas mal taffé pendant notre tournée au départ. On n’avait pas le temps de se poser. Lorent : On a enregistré et maquetté avec un objectif de 12 titres mais on s’est vite rendu compte que l’on n’était pas satisfaits. Patrick : Cela rejoint ce que l’on disait au début. Nous ne sommes pas vraiment un groupe de studio. Lorent : On a longtemps discuté avec Warner. Eux aussi avaient des impératifs et des déceptions. Du coup, on a fait appel ensemble à deux producteurs, Ninja et Benjamin Constant. On a travaillé ensemble, dans leur studio de Montreuil. Ils nous ont apporté leur patte et leur expérience. Ils ont joué le rôle de magiciens. On a, je crois, crée un panel de tout ce qu’il est possible de faire. On a appris énormément. Cet album représente notre parcours, nos désirs, ce que l’on a n’a pas réussi à faire, nos succès, ce vers quoi on veut aller. Avec de l’inconnu, du travail, des erreurs. C’est un vrai premier album ! Patrick : Même s’il a été dur à faire – on est passés par des phases où l’on était enfermés pendant 6 semaines en studio, sans voir la lumière du jour – cet album c’est mon premier amour, je m’en souviendrais toute ma vie. Il y a souvent en France un frein social ou culturel face justement au côté « fun » que peuvent avoir certains artistes ou projets. Vous qui avez voyagé, vous avez senti une différence de perception par rapport aux publics étrangers ? Lorent : Totalement. Et c’est hyper intéressant. En Colombie par exemple, personne ne se pose de questions. Patrick : Je marchais dans les rues en leggings et les

Crumb magazine 2010 2015  

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