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                                Interview publiée le 24 novembre 2013           Souvent la frontière peut s’avérer bien étroite entre l’hypnotique et le fun, l’envoûtant et le débordement.   Avec les Twin Twin, nouveaux héros d’un slam-pop à la française, cela ne tient qu’au talent. Hip-hop,   hyperactifs, bariolés mais surtout particulièrement généreux dans leur travail, l’exploration d’univers variés  et la création d’une musique graphique aux couleurs uniques, le trio est le groupe français le plus   incontrôlable et déroutant de l’année. Leur premier « vrai » album, comme ils disent,Vive La Vie, sorti ce   mois, les raconte. Mais qui sont-ils donc ?   Questions fleuves et réponses croisées.          

TWIN TWIN

Commençons par le tout début. Votre rencontre et votre amitié. Cela me semble capital dans l’histoire du groupe. D’ailleurs, certaines légendes urbaines racontent qu’alors que vous aviez monté le groupe Chimère – Lorent et François – vous avez trouvé Patrick qui faisait du beatbox dans une cave… Patrick : Alors, je tiens à démentir cette information (rires). Pour être honnête, j’ai intégré Chimère en fin de vie. Le hasard a voulu qu’au moment où je cherchais un endroit où me loger, j’ai rencontré Lorent et François qui avaient une maison à Montreuil. J’y ai emménagé en même temps qu’ils me proposaient de bosser avec eux. Nous souhaitions quelque part tous évoluer et passer à une autre forme de musique…

On travaillait sans cesse, ça nous a soudé. C’est ce qui a fait naître l’amitié avant même le projet.

Et ça a collé tout de suite ? François : Oui ! Parce qu’il a fait des travaux dans la maison (rires). Patrick : En plus il y avait une cheminée ! François était le seul à répéter qu’il fallait aller chercher du bois. On ne l’a jamais trop écouté jusqu’à l’arrivée de l’hiver. Là, tout le monde était motivé pour aller en chercher ! Lorent : C’est l’histoire vraie. Il y avait pas mal d’autres artistes, c’était une vraie communauté. Chacun faisait sa musique, ses photos, ses images.

Vous êtes finalement un groupe qui est né du live… Ensemble : Totalement ! Patrick : On a surtout beaucoup de choses à apprendre de l’autre monde, le studio.

Qui s’est fait dans la bricole… Lorent : Complètement ! A l’époque, mon frère faisait de la basse et j’écrivais des textes dessus. Patrick faisait du beatbox. Petit à petit, on a trouvé ensemble un schéma qui fonctionnait, avec une boite à rythme, des gimmicks de synthé-samplé et des ajouts vocaux et notre style est né. Dans Vive La Vie, il y a ces détails, ces petits riens qui créent un univers. Nous n’avions rien mais nous faisions des concerts dans des squats. Il y en avait un mythique : le Cercle PAN, rue de Belleville où l’on a fait de très belles soirées…

J’allais y venir. Quand on vit de la scène et que l’on en dégage autant d’énergie comment appréhendes ton le travail en studio où tout est clos ? 
Lorent : C’est hyper-dur. Patrick : Désolé je te coupe mais il faut que je dise un truc. Je veux parler des textes, parce que Lorent vient

Crumb magazine 2010 2015  

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