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Le choix du V de Chvrches, c’était pour faire hype ou surtout pour faciliter les recherches sur Google ? Lauren : C’est principalement dû au fait qu’on a commencé à vouloir déposer notre nom de domaine et “Churches Music” ou “Churches Band” ne donnaient pas grand chose. Parallèlement, notre amie Amy avait fait un logo pour nous -elle fait tout nos artworks désormais- et déjà, cet artwork avait ces figures en formes de V. Nous avons décidé de le faire correspondre au nom du groupe. C’est plus une question esthétique mais aussi la nécessité d’être facilement reconnaissable sur Internet. Cela peut paraître idiot mais c’est comme cela que les gens trouvent le plus facilement notre musique. Nous avons eu la même conversation il y a quelques temps avec “!!!” Martin : (Rires) Les gens ont enfin compris, après toutes ces années ! Il faut écrire Chk Chk Chk, sinon ça ne donne rien… Martin : En tout cas nous ne sommes pas vraiment des hipsters donc ce n’a jamais été pour ça. Et qu’est ce qu’un hipster pour vous ? Ca n’a pas vraiment de sens. Iain : Conduire un monocycle en portant une moustache frisée ? Lauren : S’amuser de tout de manière ironique, ça me dépasse, pourquoi pas rire, simplement. Martin : La boisson immonde que tout le monde boit à Berlin, comment s’appelle-t-elle ? Lauren : Club-mate ?! Martin : Oui, ça c’est hipster ! C’est quoi ? Lauren : Une boisson qui ressemble à une bière mais qui est, en réalité, plutôt de la limonade. Il y en a dans tous les cafés de Berlin. Martin : Et la taxidermie, ça a été cool à un moment… Iain : Si les hipsters achètent nos disques et aiment notre musique, tant mieux ! Le nom de domaine de votre site web est enregistré en Espagne, pourquoi ? Martin : Un type a acheté tous les domaines “chvrches.com” dès que nous sommes devenus ce groupe pour ensuite nous les revendre contre un accès backstage à vie pour nos concerts et 3000 euros. On lui a dit qu’il pouvait avoir le Pass et un point dans la figure mais pas l’argent. Lauren : Il faut croire que c’est plus répandu qu’on ne le pense, des gens gagnent bizarrement leur vie comme cela. C’est absurde. On n’allait pas payer quelqu’un qui nous avait doublé. Surtout qu’il n’avait pas été assez intelligent pour penser à acheter le domaine en Espagne, du coup on a pu échapper à ce

chantage. Les gens pensent probablement que c’est un effet de style de voir écrit chvrch.es mais c’était surtout un moyen pour ne pas rester dans l’ombre du net. Vous avez joué au festival de Pitchfork à Paris en 2012, qu’est ce que cela représente pour vous ? Iain : D’un côté, il y a Pitchfork, mais aussi tous les blogs, les sites internet et magazines autres, comme CRUMB, qui sont en grande partie responsables de la vitesse à laquelle nous avons attiré l’attention des gens. Vu d’un grand angle, Internet c’est chercher puis trouver une information. La façon dont les gens peuvent télécharger des morceaux sur leur téléphone n’importe où, en une minute a un impact sur la vitesse à laquelle les gens commencent à s’intéresser à des groupes comme nous. Je trouve cela extrêmement positif. Ce ne sont plus les labels qui décident de ce qui doit être entendu ou non, n’importe qui peut apparaître en ligne, sur Pitchfork ou une centaine d’autres médias en lignes et c’est vraiment, pour chaque partie, un moyen de communication excitant. Martin, ton accent me rappelle celui des acteurs de La Part des anges de Ken Loach… Martin : C’est parce que je viens du coin le plus pauvre, c’est ça ? Je n’ai pas encore vu ce film mais si tu trouves mon accent difficile, essaie encore de comprendre ce que je dis après quelques verres. Lauren : Même moi je n’y comprends plus rien. On vit tous à Glasgow mais on vient d’endroits complètement différents. Martin est né pas loin, Ian vient de l’autre côte de l’Ecosse et moi plus du nord. Parlez-nous des thématiques de vos morceaux. Lorsque l’on regarde simplement les titres, elles paraissent assez sombres et en rapport au corps humain. Lauren : Pour Under The Tide, je pensais à ces documentaires où l’on peut observer les vagues, leur mouvement et l’écume par en dessous, tout paraît plus calme, comparé à ce qu’on peut ressentir lorsque l’on est à la surface, remué par la houle. Par rapport au corps, j’ai réalisé après avoir fini l’album que l’on avait travaillé sur beaucoup de références aux membres, pour rendre l’impact ou l’émotion plus physique, je pense. Parler de choses que l’on ne peut pas vraiment voir comme les os et les rendre visible par la musique me fascine. Iain : On devrait peut être consulter un psy. Lauren : Oui, pourquoi suis-je inspirée par des jambes, des hanches ? Je ne sais pas. Mais c’est intéressant de voir comment les gens se réapproprient nos titres. The Mother We Share explore le thème de l’espoir ou son manque, mais cela ne parle pas de famille au sens propre. Les paroles sont plus dans l’impression que dans la narration d’une histoire particulière. Une fille nous a envoyé un mail pour en connaître son sens car elle comptait utiliser cette chanson pour danser avec son père à son mariage et nous étions vraiment surpris.

Crumb magazine 2010 2015  

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