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ma tête s’afficher ! Le soir où je suis rentré de Finlande, j’ai clôturé le journal de Claire Chazal, j’ai fait bon nombre d’interviews, j’ai aussi été invité sur le plateau de LCI qui m’a laissé commenter l’actualité comme je le souhaitais, durant quinze minutes… C’est ça la vie. Mais, pour répondre à ta question, est-ce que j’ai, pour ma part, aider à démocratiser l’Air Guitar, je ne pense pas. Tu as peut-être donné envie à des jeunes de se lancer, même si ce genre de passion est parfois catalogué de « ringardes », un peu comme le tunning… Oui ! Mais celui qui trouve cela ringard, c’est qu’il n’a jamais passé une soirée Airnadette ou assisté à une compétition. Ce que l’on dit souvent c’est que ce ne sont pas les gens qui n’aiment pas l’Air Guitar, c’est nous qui ne voulons pas d’eux ! Les événements qui sont organisés autour de nous font partie d’un même petit univers. D’ailleurs, avec Airnadette et tous les gens qui nous suivent, nous pensions que ça ne durerait qu’un mois et au final cela fait deux ans que nous « exerçons » et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Tu dis ne pas vouloir de certaines personnes, dans le milieu de l’Air Guitar. De qui parles-tu ? De ceux qui nous critiquent lorsque l’on poste des vidéos en ligne. On peut avoir plus de 100 000 vues mais le peu de personnes qui laissent des commentaires insultants ou dégradants sot toujours les mêmes. J’ai juste envie de leur dire: «Hé les mecs, si vous n’aimez pas ce que l’on fait, pourquoi vous perdez votre temps à suivre notre travail et à nous regarder ? ». Après, l’important, c’est déjà qu’on puisse parler librement d’Air Guitar, que ce soit en bien ou en mal. En parallèle des critiques, tu as quand même un vrai public fidèle ? Oui. Il y a des gens qui nous suivent. Je m’en suis aperçu sur Facebook. Je me retrouve avec une quantité incroyable d’amis, je n’en connais pas plus d’une trentaine. Les gens me connaissent généralement car ils m’ont vu sur Canal+. Le pire, tu sais, c’est que je reçois de vraies lettres de fans, oui, comme dans les années 70 (rires). La dernière que j’ai reçu était celle d’une petite fille de huit ans qui avait écrit quelque chose du genre « vous êtes trop génial génialement génial ! ». C’est extraordinaire. L’Air Guitar est un sport fédérateur ? Bien sûr ! Et si je parle constamment des Airnadette, c’est parce que le Gunther que je suis ne fait pas de shows tout seul. L’important, c’est qu’à chaque nouveau spectacle, on retrouve des gens, qui viennent là pour rire et ça fait du bien. Il n’y a pas de codes. Sans qu’on sache expliquer pourquoi, le public accepte toujours le concept et rentre dans son rôle. Tu t’inventes une nouvelle vie sur scène ? Je la démultiplie. Un personnage d’Air Guitar, c’est un prolongement de soi, un peu comme Sacha Baron Cohen qui interprète Borat. Il entre dans le rôle de son personnage lors d’interviews, comme ici, mais en

dehors, il reste Sacha Baron Cohen. Dans le milieu de la musique, en France, il y a les Airnadette : une caricature de ce qu’est précisément le monde de la musique et celui des paillettes. Comment est le vrai Gunther dans la vraie vie ? En fait, un peu comme maintenant. L’Air Guitar prend tellement de temps que je n’ai plus le choix. Depuis deux ans, tout le monde m’appelle Gunther (Sylvain Quimène, dans la vraie vie, ndlr). Même mon père ! Rassures moi, tu n’es pas schizophrène ? Non, ça va. J’ai travaillé pendant trois ans au sein d’un hôpital psychiatrique. Ca m’as plutôt aidé (rires). Parmi les gens qui t’ont aidé ou lancé d’ailleurs, qui ont compté pour toi, il y a Bruce Toussaint (Canal+, ndlr). Si tu devais lui faire une déclaration d’amour, tu lui dirais quoi ? Bruce ? C’est mon mentor ! Lorsque je suis arrivée chez Canal, il m’a immédiatement pris sous son aile et m’as mis en confiance. C’est quelqu’un de très rassurant. D’ailleurs s’il lit cette interview dans CRUMB, j’aimerais lui dire de raser sa barbe. Il m’avait promis en début d’année, qu’il ne raserait pas sa barbe tant que je ne serais pas reçu officiellement à l’Élysée, en tant que champion du monde officiel d’Air Guitar. Du coup, il ne s’est toujours pas rasé et il commence sérieusement à ressembler au Père Noël. Et une déclaration d’amour à Daphné? Et bien que des bouffées d’amour. C’est mon amoureuse. Qu’est-ce que qu’on peut te souhaiter pour la suite ? Toujours autant de bêtises. Et surtout de plaisir !

Propos recueillis par Laurie Cassagnes Photographie : Diane Sagnier

                                       

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