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Tout commence à Glasgow dans les années 70. Alan McGee rencontre Bobby Gillespie avec qui il rejoint le groupe punk The Drains. A peine trois ans après, Creation Records naît. Une histoire qui commence tellement bien que le parcours de McGee, producteur-musicien-manager-blogeur hyperactif, passionné et (l’un ne va pas sans l’autre) acharné n’est finalement que suite logique. Un héros à qui l’on doit beaucoup de ce DIY très présent dans le discours ambiant et sans qui The Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, Slowdive, Primal Scream et même Oasis ou The Libertines ne seraient sans doute pas ce qu’ils sont. Parti de rien, opiniâtre, porteur d’une philosophie qui laisse admiratif, ce gamin amoureux de rock devenu géant de l’industrie persiste à surprendre par son autodidactisme exemplaire et à cœur ouvert. Entre la folie Creation et la sortie de son premier film cette année il y a un itinéraire hors du commun, une œuvre passionnelle qui a tatoué l’histoire de la musique, jusqu’au lancement tout récent de son nouveau label.

Alternative master 1978, Alan McGee a 18 ans et développe une sérieuse fascination pour le mouvement punk aux côtés de Bobby Gillespie, son ami de toujours. Après avoir posé un premier pied dans le monde de la musique avec The Drains, il forme en 1980 The Laughing Apple avec le guitariste Andrew Innes. A peine deux ans plus tard, il emprunte £1000 et fonde Creation Records avec Dick Green et Joe Foster (autre figure du milieu, producteur, musicien, acteur et historien, rien que ça). Cette année là, il commence aussi sa carrière de manager avec The Jesus And Mary Chain fraîchement formé, il crée son propre fanzine Communication Blur et Creation édite un tout premier disque, “’73 in ’83” de The Legend. Quelques mois plus tard, le label publie le single du nouveau groupe de McGee, Biff Bang Pow ! et celui des Jesus And Mary Chain : la machine est lancée, le label gagne l’attention immédiate de l’underground et s’installe parmi les record companies les plus prometteuses de la scène alternative en gestation.

De Creation à Poptones Tiré du groupe The Creation qui produisait un rock déjà bien crasseux dans les sixties, le nom choisi par

McGee et ses camarades pour le label donne le ton. L’ambition de McGee est claire : soutenir à sa façon des groupes qu’il aime et produire leur musique en vinyle. Fermement opposé à toute subordination aux majors, obstiné à soutenir une autre musique que la pop « manufacturée » très en vogue à l’époque, il se fait remarquer en imposant sa vision très personnelle de la production. Creation devient un incontournable de l‘Indie movement dès 1984. Le Label proposera jusqu’en 2000 un éventail impressionnant de singles, d’EP et d’albums incluant The Pastels, Primal Scream, The Weather Prophets, Felt, The House of Love, 18 Wheeler, My Bloody Valentine, Slowdive, Ride, The Telescopes, Super Furry Animals, Boo Radleys, Oasis ou encore The Cramps.

Crumb magazine 2010 2015  

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