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huit ans. J’ai commencé par apprendre le piano, puis la guitare et la batterie quand j’étais ado. Je ne sais pas, j’ai toujours aimé faire de la musique. Qu’est-ce qu’écoutaient tes parents ? Tu as été nourri aux Nugget’s je crois (des compilations, ndlr) ? Ils ont tous les deux grandi dans les sixties donc il y avait beaucoup de musique de ce genre à la maison : Jimmy Hendrix, les Beatles. Ma mère, c’était surtout Hendrix et les Stones. J’ai aussi un grand frère donc j’écoutais pas mal sa musique aussi, et les trucs qui passaient à la radio dans les nineties. Je me souviens qu’on avait Nevermind de Nirvana en cassette, on l’écoutait tout le temps dans la voiture. Ça m’a probablement influencé. Comment as-tu réagis quand Pitchfork t’as nommé « Best New Track » et quand tu as signé chez Fat Possum dans la foulée ? Je ne m’y attendais pas. Je voulais juste sortir mon truc sur vinyle, peu importe la taille du label. J’ai mis mon morceau en ligne et je l’ai envoyé un peu partout. Je n’avais pas tellement de réponse de la part des labels mais les gens ont commencé à écrire dessus. Notamment Pitchfork, ouais, qui l’a nommé « Best New Track ». D’un coup j’ai juste été submergé par les emails. J’ai choisi Fat Possum pace que je suis fan depuis très longtemps et puis ça avait l’air d’être des mecs cools ! La « hype » autour de toi, est donc arrivée très vite. Comment tu te sens par rapport à ça ? J’en suis très content ! Je suis conscient qu’en général ça n’arrive pas aussi vite, c’est plus long pour la plupart des gens. Je suis juste vraiment heureux de pouvoir partir en tournée et tout ce qui va avec. Mais ça ne veut pas dire que ça vient de nulle part. J’ai travaillé dessus pendant deux ans ! J’ai essayé de faire les choses sérieusement et c’est vrai, tout s’est enchaîné rapidement… Parlons un peu de tes influences. Comme le chante Television Personalities dans I Know Where Syd Barret Lives, tu sais où vit Syd Barret ? (Rires) Il y a une tonne de musiciens que j’aime et Syd Barret est l’un deux. Je suis très admiratif, il force le respect. Et pas juste pour ses frasques et les moments où il devenait fou ! Vraiment, son attitude et le fait qu’il n’ait pas besoin de faire des longues interviews pour expliquer ce qu’il fait me touche beaucoup. Tu le comprends juste en l’écoutant ! Il a toujours parlé pour lui-même. Ceci dit, je peux aussi être inspiré par à peu près n’importe quoi. Je peux écouter une Pop Song à la radio et me dire : « Tiens, il faudrait que j’essaye de faire ça ». Tu écoutes beaucoup de musique mainstream ? Ça dépend de ta définition du mainstream ! La plupart du temps non, mais ça m’arrive de temps en temps, comme tout le monde. J’ai rien contre, si je trouve qu’un morceau est bon… Un exemple ? Ok, c’est un peu absurde mais le plus récent… Le truc

c’est que cela ne doit pas être pris hors contexte ! Ce n’est pas comme si je restais là, assis à l’écouter mais je dirais le morceau de Robin Thicke. C’est la première Pop Song que j’ai bien aimée depuis un moment. La mélodie est vraiment bien. J’aime vraiment bien l’aspect mélodique dans la musique. C’est vrai, tu as beau sonner très Lo-Fi, tes morceaux sont très mélodiques. C’est un choix de ne pas avoir du tout poli ton son ? Oui, c’est en partie dû au fait que j’aime enregistrer en analogique. J’aime bien l’analogique en général, en photo, en cinéma… J’ai commencé à enregistrer en numérique et puis un de mes amis a acheté un quatre pistes. J’ai aimé comment cela sonnait et la manière de faire. Je l’ai gardé. Pourquoi avoir intitulé ton album Melbourne alors ? C’était le nom de la maison où on vivait. Enfin, c’est le nom de la rue et on appelait la maison comme ça, genre « On rentre à Melbourne ! ». Comme j’ai tout enregistré là bas, j’ai trouvé que ça collait bien. T’as pris des acides quand tu enregistrais ton album ? Oui, effectivement. J’en ai pris quelques fois. Il y a un ou deux trips qui m’ont influencé. Il y a une fois notamment, il y a quelques étés, où j’ai pris de la mescaline. Je ne l’ai plus refait depuis mais c’était vraiment cool. Un peu comme, je n’sais pas, ça m’a inspiré. Pas tant pour les choses auxquelles tu penses que celles que tu vois. Ça peut t’amener à des idées très intéressantes. Mais je dois dire que Melbourne ce n’est pas vraiment ça. Je n’étais pas tout le temps à coté de la plaque ! Ça m’est arrivé de fumer de la Weed ou de boire, mais la plus part du temps j’étais sobre et concentré. Je voulais créer un album que peut-être tu pourrais écouter sous drogues mais on a jamais besoin d’être défoncé pour créer, c’est pas vrai. Tu as l’air de rejeter cette étiquette d’Indie Boy. Pourquoi ? Parce que je ne vois pourquoi on dit cela de moi. Effectivement, je suis sur un label indé mais certains ont l’impression que j’ai été nourri à l’Indie Music, que je n’écoutais que ça. Cela m’arrive bien sûr, mais j’écoute autant de rock que de rap. C’est juste cette connotation que je n’aime pas. Je n’ai vraiment rien contre en fait. Ca peut être rapidement tentant du coup de me catégoriser comme cela. Tu es très jeune et tu divises la critique. Un partie voit en toi quelqu’un de talentueux mais encore un peu jeune, l’autre pense que tu es juste très malin. Alors, branleur ou génie ? Je pense que mon jeune âge alimente tout ça. Je comprends pourquoi les gens le prennent en compte mais ça n’a jamais été important pour moi. Regarde Syd Barret, il n’avait que 21 ou 22 ans quand il a commencé ! Ca m’est complétement égal en fait.

Propos recueillis par Quentin Monville.

Crumb magazine 2010 2015  

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