Page 16

Djembé depuis le lycée. Mais où est-ce que je veux en venir ? (Rires). Baio : Violons. C’est l’instrument qui a le son le plus royal, majestueux, avec le clavecin, parmis tous. Sur Modern Vampires Of The City, il y a moins de violon et plus de clavecin que sur les précédents. Je sais que le terme “royal” n’est pas à proprement dit musical, mais on a beaucoup discuté de ce terme, on l’a exploré au sein du groupe, il convient bien. En écoutant l’album, on se rend compte que le son des violons est très bas, presque masqué par le reste des instruments. Pourquoi ? Baio : Rostam et Ariel (qui co-produit l’album, ndlr) sont très méticuleux lorsqu’il s’agit de mixer les morceaux. Ils choisissent précisément l’importance des instruments les uns par rapport aux autres. Certains titres ont été mixés plus de quinze fois ! Ce que j’aime beaucoup avec les cordes de Modern Vampires Of The City c’est qu’il est, la plupart du temps, difficile de deviner s’il s’agit de vrais instruments ou s’ils ont été joués au synthétiseur. C’est ce qui rend cet album unique. On a vu votre prestation sur le plateau de Jimmy Kimmel et on s’est demandait où était le violoncelle… Baio : (Rires) Il y avait un violoncelle ! C’est juste que la caméra ne l’a pas vraiment mis en valeur… Tomson : Il y avait aussi trois cors à côté de moi. Et un violoncelliste, tout seul. En général, à la télévision américaine, si des musiciens accompagnent un groupe, ils sont rarement filmés. Baio : En ce qui concerne les guitares électriques, il y en a aussi très peu sur cet album. À part pour Diane Young. Les habitudes commençaient à s’installer au sein de la formation, et les riffs de guitare hauts perchés, aux motifs africains, qui caractérisent si bien les deux premiers albums avaient été assez exploitées. Nous ne voulions pas nous répéter. Tomson : Les influences africaines sont toujours là, au fond, mais vous en auriez sûrement eu marre si l’on vous sortait un A-Punk II. Baio : Carrément ! Imaginez qu’on écrive un B-Punk, un C-Punk ! (Tomson explose de rire ndlr) Si on vous dit Paris/New-York/Los Angeles/London/Berlin ? Tomson : New York. On y vit tous. C’est là qu’on écrit la majorité des morceaux et où Rostam et Ezra démarrent le processus de création. Par contre, la production s’est faite à Los Angeles avec Ariel, dans un studio. J’ai aussi envie de choisir une ville qui n’est pas dans les propositions. Alors qu’on était à la moitié de l’album, on est allé sur l’île Martha’s Vineyard, près des côtes du Massachusetts pour travailler ensemble. C’est là que la “finalisation” du disque s’est mise en marche. On a rien foutu à Londres par contre.

Baio : Quand même ! Notre maison de disques est làbas. Cela nous mène à y passer un peu de temps, c’est comme une deuxième maison, surtout durant les tournées. Tomson : Pas faux. On a aussi joué à Tokyo pour cet album, et donné quelques interviews japonaises. Berlin. Chris à joué là-bas quelques fois en tant que DJ. Baio : Oui, dans une salle qui devait contenir à peu près quatre-vingt personnes. C’était génial. On a aussi fait des super concerts dans cette ville. Quand savez-vous qu’un morceau est terminé ? Tomson : C’est assez variable. Il est arrivé plusieurs fois, sur différents titres, qu’on ait un morceau qui aurait pu être laissé tel quel. Pourtant, il manquait quelque chose. La solution, en général, c’était d’en retirer certains éléments, certaines couches, pour les rendre plus intéressants.

Discussions formelles/discussions en soirée/tristesse/mélancolie/solitude ? Tomson : Nous avons une discussion formelle, en ce moment, assis dans des beaux fauteuils, à côté de vieux tableaux, dans une chambre d’hôtel rouge.

Baio : Pour les discussions en soirée, j’imagine un cercle, avec des amis et des verres en plastique rouge ou bleu, comme dans toutes les fêtes américaines. Je pense à la fac, à l’idée de se socialiser. Cela semble être un rituel. Je pense aussi à la mélancolie, à la solitude : entre le premier album et la fin de la tournée de Contra (leur deuxième album, ndlr), on n’a pas arrêté une seconde. À chaque moment du jour ou de la nuit, on savait où l’on serait le lendemain, avec un emploi du temps parfaitement orchestré et des gens qui s’assuraient qu’on le respecte. On a vieilli de quatre ans d’un coup et le break qu’on a pris il y a deux ans nous a fait du bien. Après ce mouvement incessant, le fait de se retrouver sans rien faire, sans but précis, de pouvoir rester dans son lit pendant deux semaines, n’en sortir que pour se nourrir, histoire de rester en vie, a quelque chose de profondément mélancolique. La solitude et la tristesse pouvaient se faire ressentir dans de tels moments. Je pense d’ailleurs que la plupart des musiciens doivent se sentir ainsi lorsqu’ils terminent leurs tournées, à moins qu’ils n’enchaînent directement sur un autre projet. Cela se produit très certainement pour tous les artistes en général, en achevant un roman ou un film. C’est important, pour que le processus de création fonctionne. Vous voyez vos amis/votre famille pendant les tournées ? Tomson : On garde contact avec notre famille et nos amis bien sûr, grâce à internet. Mais le fait de partir un mois, revenir, repartir, cela nous fait rater des trucs, c’est normal. On le savait de toute manière. moments du quotidien que l’on

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you