Page 152

                           

Interview publiée le 16 mai 2012

En provenance directe de Los Angeles, nous avons rencontré les héritiers des MGMT, Electric Guest. Groupe qui a de grandes chances de gravir les sommets et s’impose déjà comme une des révélations de l’année ! Rencontre avec Asa et Matthew.

Les médias français parlent de vous comme d’un groupe « électro funk psychédélique ». Vos instruments et voix sont souvent comparés à Vampire Weekend ou Two Door Cinema Club et votre musique est assez trippante pour qu’on vous vous appelle les « nouveaux MGMT », cela vous plaît ? Asa : MGMT ! Wow, j’aime beaucoup ce dernier commentaire ! Enfin, Vampire Weekend ont fait deux albums vraiment cool mais ils ne sont pas si bien passé que ça aux US… Quant à Two Door Cinema Club, c’est un peu trop pop pour moi… Matthiew : Par contre, j’adore vraiment MGMT ! Asa : C’est tellement génial que les gens croient autant en nous ! Quel serait le pire groupe auquel on puisse vous comparer ? Asa : Ouh ! Je crois qu’on sait tous les deux la réponse à cette question ! Matthiew : Ah oui ! Quel est ta chanson préféré mec ? « Pumped Up Kicks » ! (Rires) Foster The People ? Vous avez tout de même fait leur première partie… Matthiew : Oui mais je ne peux juste pas ! C’est une différence de culture je crois… Asa : Je sais que cela va sonner bizarre et je crois que c’est quasiment impossible d’expliquer ça à un français. Mais la base du problème c’est que Foster The People est comment dire, « fourbe ». Quand on connaît toutes les tendances musicales qu’il peut y avoir aux US, ce qui est sorti ces dernières années, les différents genres, etc, on a l’impression qu’ils ont étudié ce qui était populaire et ont fait un parfait package de ce qui était en vogue pour s’assurer le succès. Quel est le morceau que vous auriez rêvé de créer ? Asa : « Follow », de Danny Richie Havens. C’est lui qui a ouvert à Woodstock. Son arrivée sur scène en hélicoptère a marqué tous les esprits. Il y avait tellement de monde qu’il ne pouvait pas y accéder autrement ! Une fois sur scène, on lui a dit qu’il devait y rester 2 heures alors qu’il n’avait que 8 morceaux à jouer. Il s’est mis à improviser. C’est de là qu’est né «

Follow ». Cela reste, pour moi, le meilleur morceau de tous les temps! Derrière la mélodie de vos chansons, les paroles sont assez dures. Chaque morceau semble être une critique de la société Asa : Avec les temps qui courent, les gens ne veulent pas forcément faire passer un message dans leur musique, ils préfèrent que le public se change les idées avec. Mais pour moi c’est essentiel. La musique est un moyen de se faire entendre sur tous les plans et ce que je vais dire dans mes chansons compte beaucoup. Les paroles que j’écris sont travaillées et pensées pour chaque morceau. Alors oui, j’y parle de société. Vous avez une anecdote folle à nous raconter ? Asa : (Rires) Où trouvez-vous ces questions ? Quand on était en train d’enregistrer l’album, on est resté quasiment 2 semaines cloitrés dans le studio avec Danger Mouse. Il y avait toujours Brian et ses deux ingénieurs du son. A force d’être ensemble vingtquatre heures sur vingt-quatre, Brian et moi avons eu quelques tensions. Un jour, je suis rentré dans le studio et les deux ingénieurs qui ne sortaient jamais ont, décidé d’aller chez Starbucks. Je me suis retrouvé en tête à tête avec Brian, dans une atmosphère très tendue. Au bout d’un moment, il me dit : « Asa, viens t’asseoir ! Faut qu’on parle. Il va falloir qu’on arrive à s’entendre tous les deux si on veut réussir à travailler ensemble… ». Et là, il me fait écouter un album entier de David Bowie et il me dit : « Il faut que t’écoutes ça. Que tu l’écoutes vraiment. Fais en l’expérience totale ». Et il est parti. C’est peutêtre la manière de régler des problèmes la plus incroyable que j’ai connu. Et ça a marché. Propos recueillis par Marie Polo. Pour les besoins de la mise en page, l’interview a pu être raccourcie ou écourtée de certains passages.

Cette interview et les photographies qui l’accompagnent ont fait l’objet de la couverture du numéro 14 de Crumb magazine, première version, alors qu’il était une revue digitale, à feuilleter. Il fut mis en ligne le 16 mai 2012.

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you