Page 122

                                    Interview publiée le 16 mai 2012       SOKO. Ses vidéos révèlent une nostalgie en 8mm, des influences si multiples qu’on ne les reconnaît pas   forcément toutes. Nous l’avons rencontré. Exercice délicat qu’échanger avec une artiste à la personnalité   riche mais qui semble préférer le silence aux grands discours.                

SOKO

Comment qualifierais-tu ce premier album ? Je voulais que cet album soit très intime, honnête et touchant. Un ensemble vrai, intense et un peu dreamy. Les chansons sont pour moi comme des secrets racontés. Un peu journal intime ? Oui, parce que tout ce que j’écris, je l’ai vraiment vécu. Je ne me verrais pas du tout monter sur scène et raconter des histoires fausses ou des trucs inventés. On sent dans tes chansons le besoin de parler d’un certain mal-être… J’ai vraiment ce truc débile d’artiste torturé qui ne peut écrire que quand il ne va pas bien. J’imagine que c’est cliché mais ça transparaît forcément. Je suis tout le temps un peu up and down et les chansons que j’écoute ne sont pas très joyeuses donc. J’ai écris beaucoup de paroles sur la dépression et le suicide. Et tu penses qu’un jour tu pourrais parler de tes joies aussi ? Que ça t’inspirerait ? Je ne sais pas. Je crois que je suis un peu trop torturée pour ça. Dans tes vidéos et tes textes, tu as un fort rapport à

l’enfance, c’est une source d’inspiration très importante ? J’ai un vrai côté nostalgique. J’ai grandi trop vite et voulu être une adulte trop tôt. Je suis partie de chez mes parents à 16 ans et à 20 ans j’avais l’impression d’être une mamie, d’avoir déjà tout fait. Si je restais là, immobile, j’allais stagner et ma vie allait être misérable. J’ai fait une espèce de crise d’adolescence, du genre bombe à retardement. J’avais envie d’être complètement sans attaches, insouciante et vivre un peu comme un enfant. Hook, est mon film préféré. Je pense que quand on sait cela de moi, on sait beaucoup de choses. C’est vraiment important pour moi de ne pas perdre l’enfant que l’on était, de pouvoir encore s’amuser, voler et aller au pays imaginaire si on en a envie. Et ce premier album, c’est ton bébé ? Oui ! À chaque montée de chaque petite marche, j’avais envie d’y arriver toute seule. Je voulais pouvoir jouer de tous les instruments, faire tous les arrangements, être à fond dans la production, réaliser mon artwork, faire mon site web, tourner mes vidéos. Pour moi, c’est un ensemble ! Le truc le plus flippant, ce serait d’être un produit contrôlé par d’autres. J’ai la chance que l’on me laisse faire un peu ce que je veux. Donc j’en profite et je contrôle tout !

Crumb magazine 2010 2015  

Le meilleur du fanzine CRUMB, 2010-2015 dans un book digital. Fil rouge de 5 années d'aventures en 300 pages et 70 interviews, riches en pho...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you