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The Power of Words Le pouvoir des mots

Directions Academic Journal, January 2016 La revue Directions, janvier 2016


ABOUT THE JOURNAL À PROPOS DE LA REVUE Directions provides a space for established and emerging scholars, community organizations and race relations practitioners to publish their research. It also offers a forum for important dialogue and debate on race-related issues and best practices, and practical recommendations for policy development and change. Directions is curated to promote social cohesion amongst all individuals and groups living in a harmonious Canada. We are very pleased to relaunch Directions as a biennial scholarly publication, featuring original editorials, research papers, and other articles by leading and emerging scholars. – Anita Bromberg, Executive Director La revue Directions constitue un lieu pour les chercheurs, établis et émergents, de même que pour les praticiens du domaine des relations raciales et les organisations communautaires, de publier le résultat de leurs études. Elle offre également un forum pour le dialogue et les discussions sur les questions raciales et les meilleures pratiques autour de ces questions, et des recommandations pratiques en matière de développement et de changements stratégiques. Directions vise à promouvoir la cohésion sociale entre tous les individus et groupes qui vivent au Canada dans un souci d‘harmonie. Nous sommes très heureux de reprendre la publication de Directions, revue savante diffusée deux fois par an qui inclut des éditoriaux inédits, ainsi que des rapports de recherche et autres articles originaux rédigés par des chercheurs éminents ou émergents. – Anita Bromberg, directrice générale

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JANUARY 2016 ISSUE: THE POWER OF WORDS NUMÉRO DE JANVIER 2016 : LE POUVOIR DES MOTS Is our lexicon a positive force or part of the problem? Published in print and online in January 2016, The Power of Words speaks to the importance of reviewing and evolving social science terminology in response to changing demographics and settlement trends. The concept of hyphenated Canadians, terms such as ‘visible minorities’ and ‘newcomers’, and even the current iteration of ‘race relations’ require ongoing reassessment, and are being challenged and re-examined in the context of our changing society. How do language and lexicon in policy, in the media, and in daily interactions influence our experiences, identities, attitudes, and relationships? Does discourse create and perpetuate unbalanced power relations, marginalizing certain groups and individuals? How can we use language to promote positive race relations in a harmonious Canada? These dynamic questions represent the types of issues that CRRF explores in the January 2016 issue of Directions. 4


Notre lexique est-il un atout ou une partie du problème? À paraître sous forme imprimée et en ligne en janvier 2016, le numéro de Directions sur « Le pouvoir des mots » traite de l‘importance d‘examiner la terminologie des sciences sociales existante et de la faire évoluer pour mieux décrire l‘évolution démographique canadienne et les tendances actuelles en matière d‘établissement. Le concept de « Canadien à trait d‘union », l‘emploi de termes tels que « minorités visibles » et « nouveaux arrivants », et l‘idée même de « relations raciales », tout cela requiert une réévaluation constante, une remise en cause et un réexamen dans le contexte de l‘évolution de la société. En quoi la langue et le vocabulaire utilisés dans les politiques, les médias et les interactions quotidiennes influent-ils sur notre vécu, notre identité, notre comportement et nos relations? Comment le discours peut-il créer et perpétuer un déséquilibre du rapport de forces et marginaliser certains groupes et individus? Comment pouvons-nous mettre à profit le langage pour promouvoir des relations raciales positives dans une société canadienne harmonieuse? Ces interrogations dynamiques par nature représentent le type d‘enjeux que la FCRR étudie dans le numéro de janvier 2016 de la revue Directions. 5


VOLUME 7 | NUMÉRO 7

ABSTRACTS & AUTHORS RÉSUMÉS ET AUTEURS

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01

LET’S RE-THINK OUR PUBLIC POLICY OF “INTEGRATING” NEWCOMERS

REPENSONS NOTRE POLITIQUE PUBLIQUE D’« INTÉGRATION » DES NOUVEAUX ARRIVANTS

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THE POWER OF WORDS

LE POUVOIR DES MOTS

03

RACE WORDS: THE CASE FOR MANDATORY IMPLICIT BIAS TRAINING FOR EDUCATORS

LA QUESTION RACIALE : LA NÉCESSITÉ D‘UNE FORMATION OBLIGATOIRE DES ÉDUCATEURS AU SUJET DES PRÉJUGÉS

04

UNSETTLING GENOCIDE AND TRANSFORMING GROUP RELATIONS IN CANADA

REPENSER LE CONCEPT DE GÉNOCIDE HORS DU COLONIALISME ET TRANSFORMER LES RELATIONS DE GROUPE AU CANADA

05

“RACE” AND RACISM. REFLECTIONS ON THE POWER OF WORDS

« RACE » ET RACISME. RÉFLEXIONS SUR LE POUVOIR DES MOTS

06

POLITICS OF BROWN IDENTITY

LES POLITIQUES D‘UNE IDENTITÉ DITE « BROWN »

07

THE POWER OF WORDS VS. THE WORDS OF POWER IN ACADIA

LE POUVOIR DES MOTS FACE AUX MOTS DU POUVOIR EN ACADIE


EDITORIAL ADVISORY PANEL COMITÉ CONSULTATIF DE RÉDACTION

Iain Benson, Ph. D. Betsy Chaly Robert Daum, Ph. D. Éric Forgues, Ph. D. Andrew Griffith Gugan Kaur Will Kymlicka, Ph. D. David Matas Deirdre Meintel, Ph. D. Myer Siamiatycki, Ph. D. Phil Triadaphilopoulos, Ph. D. Madeline Ziniak, C.M., O.Ont. Guest Editor-in-Chief Rédactrice en chef invitée Cynthia Welsey-Esquimaux, Ph. D.

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01

LET’S RE-THINK OUR PUBLIC POLICY OF “INTEGRATING” NEWCOMERS REPENSONS NOTRE POLITIQUE PUBLIQUE D’« INTÉGRATION » DES NOUVEAUX ARRIVANTS

We often fail to recognize the genealogy of our public policy discourse – that is, why our institutions use certain language and concepts to describe policy objectives. One such example is the use of the term “integration” as a policy goal with respect to newcomers to Canada. The use of the term in policy documents resonates with out-dated social theories related to race relations and cultural assimilation, and appears to be inconsistent with Canadian public discourse and political theory related to multiculturalism. The author nominates the concept of “participation” to take the place of “integration” in public policy, because it offers greater clarity and coherence with broader policy objectives. Il arrive souvent que l‘on ne tienne pas compte de la généalogie de notre discours sur les politiques publiques, c’est-àdire de la raison pour laquelle nos institutions utilisent un certain langage et certains concepts pour décrire des objectifs stratégiques. L’utilisation du terme « intégration » comme objectif stratégique à l’égard des nouveaux arrivants au Canada en est un exemple. Employé dans des documents relatifs aux politiques, il renvoie à des théories sociales dépassées sur les relations raciales et l’assimilation culturelle, et paraît incompatible avec le discours public et la théorie politique associés au multiculturalisme canadien. L‘auteur se propose donc de remplacer ce concept d’« intégration » en politique publique par celui de « participation », plus clair et plus cohérent avec les objectifs stratégiques plus généraux.

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GEOFFREY CAMERON Geoffrey Cameron is a PhD Candidate and Trudeau Scholar in the Department of Political Science at the University of Toronto. His research examines the role of religious and voluntary groups in the development of refugee resettlement admissions to Canada, United States, and United Kingdom. Geoffrey is also Principal Researcher with the Baha‘i Community of Canada. He has a BA from Trent University and MPhil from Oxford University, and coauthored Exceptional People: How Migration Shaped Our World and Will Define Our Future (Princeton University Press, 2011). Geoffrey Cameron est titulaire d’une bourse Trudeau et doctorant à la faculté de sciences politiques de l’Université de Toronto. Il s’intéresse au rôle des groupes religieux et des groupes de bénévoles dans les démarches menant à l’accueil de réfugiés en provenance de pays tiers au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il est également chercheur principal pour la communauté baha‘ie du Canada. Geoffrey qui a obtenu son baccalauréat à l’Université Trent et son diplôme de maîtrise en philosophie à l’Université d’Oxford. Il est coauteur de l’ouvrage Exceptional People: How Migration Shaped Our World and Will Define Our Future (Princeton University Press, 2011).

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02

THE POWER OF WORDS LE POUVOIR DES MOTS

The words we use have the power not only to reflect divisions of our world but to help reinforce them. Indeed, it is always a challenge to establish a balance between recognizing social divisions and perpetuating and reinforcing their conceptual basis. This paper examines the use of terms such as “white privilege” and “settlers” in the anti-racism lexicon and the conceptual framework from which both the terms and the rhetoric associated with them derive. It is posited that these strategies can tend to validate the racist framework that anti-racists wish to combat. It questions whether a more neutral and nuanced approach might not be a more effective way to build a society where all can live together in mutual respect for their common humanity. Les mots que nous utilisons ont non seulement le pouvoir de rendre compte des divisions du monde dans lequel nous vivons, mais également de les renforcer. Il est effectivement toujours difficile de trouver un juste équilibre entre la reconnaissance des divisions sociales et la perpétuation et le renforcement de leur fondement conceptuel. Dans cet article, l’auteur étudie l’utilisation de termes tels que « privilège blanc » et le terme anglais « settlers » dans le contexte du lexique de l’antiracisme et dans le cadre conceptuel dont dérivent ces termes eux-mêmes et la rhétorique qui leur est associée. Il signale que ces stratégies peuvent tendre à valider le cadre raciste que les antiracistes entendent combattre. Il se demande si une approche plus neutre et plus nuancée ne pourrait pas constituer un moyen plus efficace d’établir une société dans laquelle tout le monde peut vivre dans le respect mutuel de l’appartenance commune à l’humanité.

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RUBIN FRIEDMAN Rubin Friedman, on the Board of the CRRF, has over thirty years experience in dealing with issues of community, integration, prejudice and discrimination. He held senior federal positions in Language Testing, Citizenship Participation policy, Japanese Canadian Redress and Multiculturalism Integration Programming. In community he has dealt with racism, prejudice and hatred at a senior level and has given workshops to over 5000 people across Canada, including police, teachers, students, union members, Canadian Human Rights Commission staff, public servants, and a variety of community groups. His articles have appeared in magazines and newspapers such as the National Post, the Ottawa Citizen and the Montreal Gazette as well as in the Jewish community press. Rubin Friedman, qui siège au conseil d’administration de la FCRR, possède plus de 30 années d’expérience dans le traitement de problèmes communautaires, d’intégration, de préjugés et de discrimination. Il a occupé divers postes de cadre au sein du gouvernement fédéral, centrés sur l’évaluation linguistique, la politique de participation citoyenne, la réparation des injustices subies par les Canadiens d’origine japonaise ou encore la planification de l’intégration du multiculturalisme. À l’échelle communautaire, il a géré des problèmes de racisme, de préjugés et de haine à un haut niveau et a donné des ateliers dans tout le Canada, offerts à un total de quelque 5000 personnes : services de police, enseignants, étudiants, syndicalistes, personnel de la commission canadienne des droits de la personne, fonctionnaires, et divers groupes communautaires. Ses articles ont paru dans des magazines et journaux tels que The National Post, The Ottawa Citizen et The Montreal Gazette de même que dans la presse communautaire juive. 11


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RACE WORDS: THE CASE FOR MANDATORY IMPLICIT BIAS TRAINING FOR EDUCATORS LA QUESTION RACIALE : LA NÉCESSITÉ D‘UNE FORMATION OBLIGATOIRE DES ÉDUCATEURS AU SUJET DES PRÉJUGÉS

Recently, there has been an explosion of attention paid to implicit bias training in the context of institutional racism within surveillance and police organizations in the United States. This phenomenon has been mirrored in Canada as well, where the Toronto Police Services recently hired a preeminent trainer in “implicit bias” from the United States to train its force. This paper examines the value of implicit bias training for educators in Canada in light of the tenuous historical relationship between Canada and the Black population. Can “implicit bias” training for Canadian educators guide a productive conversation about anti-Black racism and also provide effective solutions for overcoming implicit biases in teaching and pedagogical practices? This paper incorporates a critical analysis of implicit bias data, as well as the research of the author, who facilitates implicit bias trainings for primary and secondary school pupils, educators, and teaching supervisors at the university level. On a récemment assisté à une explosion de l‘attention portée à la formation aux « préjugés inconscients » dans le contexte du racisme institutionnel au sein des organismes de surveillance et des forces de police états-uniens. Ce phénomène s‘est rapidement manifesté au Canada, où l‘on a vu la police de Toronto faire appel aux services d‘un formateur étatsunien en « préjugés inconscients », pour former son personnel. Dans cet article, l‘auteure examine la valeur d‘une telle formation pour le personnel éducatif canadien à la lumière de la fragile relation historique que le Canada entretient avec sa population noire. La formation des éducateurs canadiens aux préjugés inconscients saura-t-elle guider un dialogue productif au sujet du racisme à l‘égard des Noirs et offrir des solutions efficaces pour surmonter ces préjugés dans l‘enseignement et les pratiques pédagogiques? L‘article comporte une analyse critique des données sur les préjugés inconscients, de même que les études menées par l‘auteure, qui anime des formations à ce sujet à l‘intention des élèves et éducateurs du palier secondaire ainsi que des cadres de l‘enseignement universitaire.

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RACHEL ZELLARS Rachel Zellars, MA, JD, is an attorney and PhD candidate in Education at McGill University. Her research focuses on the histories of slavery, 19th century Black migration, and public schooling in Canada. In 2012, she created the first course on critical race theory in education for the university and has taught courses on critical race theory in Education and the Institute for Gender, Sexuality, and Feminist Studies at McGill. She is a co-founder of the Third Eye Collective, the first organization in Montreal that supports Black women who have experienced gendered and state violence, and the community-led study group, Black Intellectual Traditions. Recently, she led an effort through the Toponymy Commission in Quebec to rename natural sites in the province that contain the words “nigger” and “nègre” with the expertise of local Black scholars and to call for nationwide investments in Black Canadian Studies at the university level. Rachel Zellars, qui est titulaire d’une maîtrise ès arts et d’un juris doctor, est avocate et doctorante en éducation à l’Université McGill. Ses recherches portent sur l’histoire de l’esclavage, de la migration des Noirs au XIXe siècle et de l’éducation publique au Canada. Elle a conçu en 2012 le premier cours universitaire sur la théorie critique sur la race en éducation et enseigne actuellement des cours à ce sujet à l’Institute for Gender, Sexuality, and Feminist Studies de l’Université McGill. Elle est cofondatrice du Third Eye Collective, premier organisme montréalais à offrir un soutien aux femmes noires victimes de violence sexospécifique et étatique, et du groupe d’études communautaire Black Intellectual Traditions. Elle a récemment mené une initiative mettant en jeu la Commission de toponymie du Québec en vue de renommer des sites naturels de la province qui comportent le terme anglais « nigger » ou le terme français « nègre », avec le concours d’universitaires noirs locaux. Elle a aussi demandé que l’on investisse partout au Canada dans les études universitaires sur les Noirs du Canada. 13


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UNSETTLING GENOCIDE AND TRANSFORMING GROUP RELATIONS IN CANADA REPENSER LE CONCEPT DE GÉNOCIDE EN DEHORS DU COLONIALISME ET TRANSFORMER LES RELATIONS DE GROUPE AU CANADA

This article explores the work performed by the genocide concept in the context of discussions about the Canadian Indian Residential School (IRS) system. In particular, after briefly tracing the history of genocide debate in Canada, the author details tensions arising from the genocide concept, especially as they relate to fostering historical understanding and decolonization. This involves examination of Raphael Lemkin’s rationale for creating the term, its revision through the discussions that produced the United Nations Convention on the Prevention and Punishment of Genocide (1948), and use of the term by the Truth and Reconciliation Commission and the Canadian Museum for Human Rights. The author engages in this critical reflection not to discount the importance of genocide recognition in Canada, but rather to argue that the genocide concept, as well as the field of genocide studies, must be unsettled and decolonized if they are to play a productive role in Canadian “reconciliation” or, more ambitiously, transformation. On a récemment assisté à une explosion de l‘attention portée à la formation aux « préjugés inconscients » dans le contexte du racisme institutionnel au sein des organismes de surveillance et des forces de police états-uniens. Ce phénomène s‘est rapidement manifesté au Canada, où l‘on a vu la police de Toronto faire appel aux services d‘un formateur étatsunien en « préjugés inconscients », pour former son personnel. Dans cet article, l‘auteure examine la valeur d‘une telle formation pour le personnel éducatif canadien à la lumière de la fragile relation historique que le Canada entretient avec sa population noire. La formation des éducateurs canadiens aux préjugés inconscients saura-t-elle guider un dialogue productif au sujet du racisme à l‘égard des Noirs et offrir des solutions efficaces pour surmonter ces préjugés dans l‘enseignement et les pratiques pédagogiques? L‘article comporte une analyse critique des données sur les préjugés inconscients, de même que les études menées par l‘auteure, qui anime des formations à ce sujet à l‘intention des élèves et éducateurs du palier secondaire ainsi que des cadres de l‘enseignement universitaire. 14


ANDREW WOOLFORD Andrew Woolford is professor of Sociology at the University of Manitoba and president of the International Association of Genocide Scholars. He is author of This Benevolent Experiment: Indigenous Boarding Schools, Genocide and Redress in the United States and Canada (2015, University of Manitoba and University of Nebraska Presses), The Politics of Restorative Justice: A Critical Introduction (2009, Fernwood) and Between Justice and Certainty: Treaty-Making in British Columbia (2005, UBC Press). He is co-author of Informal Reckonings: Conflict Resolution in Mediation, Restorative Justice and Reparations (2008, Routledge). He is co-editor of Colonial Genocide in Indigenous North America (2014, Duke) and The Idea of a Human Rights Museum (2015, University of Manitoba Press). Andrew Woolford est professeur de sociologie à l’Université du Manitoba et président de la International Association of Genocide Scholars. Il est l’auteur de plusieurs livres dont This Benevolent Experiment: Indigenous Boarding Schools, Genocide and Redress in the United States and Canada (2015, University of Manitoba and University of Nebraska Presses), The Politics of Restorative Justice: A Critical Introduction (2009, Fernwood) et Between Justice and Certainty: Treaty-Making in British Columbia (2005, UBC Press) et le coauteur de Informal Reckonings: Conflict Resolution in Mediation, Restorative Justice and Reparations (2008, Routledge). Il est en outre le rédacteur adjoint de l’ouvrage Colonial Genocide in Indigenous North America (2014, Duke) et de The Idea of a Human Rights Museum (2015, University of Manitoba Press).

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“RACE” AND RACISM. REFLECTIONS ON THE POWER OF WORDS « RACE » ET RACISME. RÉFLEXIONS SUR LE POUVOIR DES MOTS

In this article, the author gives a critical analysis of the discourse on racism, as conveyed by international institutions, researchers, the state, NGOs and minority associations. She shows the multiplicity of this discourse, the variations and theoretical controversies that it generates and how it permeates “racial thought”. She maintains that it is possible to analyze and combat racism without using the word “race”, which itself is a product of racist ideology and perversely fixes and essentializes identities into undifferentiated totalities. She believes that antiracism requires specific interventions and should be kept distinct from the political ideologies of multiculturalism, interculturalism and any other discourse promoting diversity, diversities or superdiversity. Dans cet article, l‘auteure procède à une analyse critique du discours sur le racisme, tel que véhiculé par les institutions internationales, les chercheurs, l’État, les ONG et les associations de minorités. Elle démontre la multiplicité de ce discours, les variations et les controverses théoriques qu‘il suscite, ainsi que sa forte imprégnation de la « pensée raciale ». Elle soutient que l’on peut analyser et combattre le racisme sans avoir recours au mot « race », produit même de l’idéologie raciste qui a pour effets pervers de fixer, d’essentialiser les identités en des totalités indifférenciées. Pour elle, l’antiracisme requiert des interventions spécifiques et devrait être tenu distinct des idéologies politiques du multiculturalisme, de l’interculturalisme ou de tout autre discours de promotion de la diversité, des diversités ou de la super-diversité.

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MICHELINE LABELLE Micheline Labelle has a doctorate in anthropology from the Université de Montréal and is professor emerita of sociology at the Université du Québec à Montréal. She held the ConcordiaUQAM Chair in ethnic studies (1993-1996; 2006-2008) and the UQAM Chair for research on immigration, ethnicity and citizenship (2008-2014). In 2003, she established the Observatoire sur le racisme et les discriminations, the only one of its kind in Canada. At the request of UNESCO, she participated as an expert in the elaboration of the Action Plan of the International Coalition of Cities against Racism. Awarded the Thérèse Casgrain Prize in 1989, she received the Hommage Prize in 2015, celebrating 40 years of the Quebec Charter of Human Rights and Freedoms and presented by the Quebec Commission of Human Rights and of Rights of Youth in recognition of her work in the area of racism and the struggle against discrimination. Micheline Labelle qui a obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université de Montréal, est professeure émérite de sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Elle a été titulaire de la Chaire Concordia-UQAM en études ethniques (de 1993 à 1996 et de 2006 à 2008) et de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQAM (de 2008 à 2014). En 2003, elle a mis sur pied l‘Observatoire sur le racisme et les discriminations, unique au Canada. À la demande de l‘UNESCO, elle a participé comme experte à l‘élaboration du Plan d‘action de la Coalition internationale des villes unies contre le racisme. Récipiendaire du Prix Thérèse Casgrain en 1989, elle est également lauréate du Prix Hommage – 40 ans de la Charte des droits et libertés de la personne, remis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec en 2015 pour son travail dans le domaine du racisme et de la lutte aux discriminations. 17


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POLITICS OF BROWN IDENTITY LES POLITIQUES D‘UNE IDENTITÉ DITE « BROWN »

There is growing body of research examining identity, racialization, and anti-racist resistance of South Asian youth in Canada. The current study explores the possibilities and limitations of theorizing Brown identity as an anti-racist and anti-colonial framework. Through a grounded theory approach, the discursive representations of Brownness and Brown Identity in the Brown Canada Project, a community-led project of the Council of Agencies Serving South Asians, are analyzed. Findings suggest that Brown identity is salient in terms of a spirit injury that results from migration, is characterized by assertion of pride in resistance and by shared values and experiences of racism that form pedagogies for community-building. These findings inform a theory of Brown identity and Brownness for anti-racist and anti-colonial political activism, and solidarity with other racialized communities. The implications of these findings as a new framework for conceptualizing the racialization and identity of South Asians are discussed. De plus en plus de recherches sont consacrées à l’étude de l’identité, de la racisation et de la résistance antiraciste des jeunes d’origine sud-asiatique au Canada. Dans la présente étude, l’auteure explore les possibilités et les limites associées à l’élaboration d’une théorie centrée sur ce qui serait l’identité « Brown » en tant que cadre antiraciste et anticolonialiste. S‘appuyant sur une approche théorique à base empirique, elle sonde les représentations discursives de la « Brownness » et de l’identité « Brown » dans le cadre du Brown Canada Project, initiative communautaire menée par le Council of Agencies Serving South Asians. Selon les résultats obtenus, l’identité « Brown » revêtirait de l’importance en ce qui a trait à la blessure psychologique qui résulte de la migration en ce qu’elle se caractérise par l’affirmation de fierté dans la résistance, de même que du fait des valeurs et expériences communes du racisme à la base de pédagogies forgeant un sentiment communautaire. Ces résultats seraient utiles à l’élaboration d’une théorie sur l’identité « Brown » et la « Brownness » à l‘appui d‘un militantisme politique antiraciste et anticolonialiste et d‘une solidarité avec d’autres groupes racisés. EN conclusion, l’auteure discute de l’implication des résultats obtenus quant à l’établissement d’un cadre de conceptualisation de la racisation et de l’identité des jeunes d’origine sud-asiatique. 18


DANIELLE SANDHU Danielle Sandhu recently graduated with her MA in Sociology and Equity Studies in Education from the Ontario Institute for Studies in Education of the University of Toronto. Her academic focus is anti-racism education, South Asian identity, and sociopolitical movements. Her master’s thesis, Theorizing Brown Identity, examines the possibilities and limitations of theorizing Brown identity as an anti-racist and anti-colonial framework. She is a student activist who advocates on issues of access to education for marginalized communities. Sandhu completed her Honours Bachelor of Science at the University of Toronto and served three terms on the executive of the University of Toronto Students’ Union. Danielle is currently Executive Director at the Association of Part-time Undergraduate Students of the University of Toronto, a not-for-profit students’ union dedicated to advancing lifelong learning and access to education for all. Danielle Sandhu a récemment obtenu son diplôme de maîtrise en sociologie et en études sur l’équité en éducation de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario (Université de Toronto). Sa recherche porte sur l’éducation antiraciste, l’identité sud-asiatique et les mouvements sociopolitiques. Dans sa thèse de maîtrise, intitulée « Theorizing Brown Identity », Danielle Sandhu explore les possibilités et les limites associées à l’élaboration d’une théorie centrée sur ce qui serait l’identité « Brown » en tant que cadre antiraciste et anticolonialiste. C’est une militante qui œuvre à favoriser l’accès à l’éducation pour les groupes marginalisés. Pendant qu’elle préparait son baccalauréat ès sciences à l’Université de Toronto, elle a assumé trois mandats au sein du bureau du syndicat étudiant. Elle est actuellement directrice administrative de l’association des étudiants à temps partiel de son université, syndicat étudiant à but non lucratif qui s’emploie à faire progresser l’éducation permanente et l’accès à l’éducation pour tous.

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07

THE POWER OF WORDS VS. THE WORDS OF POWER IN ACADIA LE POUVOIR DES MOTS FACE AUX MOTS DU POUVOIR EN ACADIE

In this article, the author proposes to identify, from the language debates which punctuate the recent history of New Brunswick Acadia, some potential ways of thinking about the capacity of communicative ethics to advance these debates, which often reveal a lack of understanding of the language rights of the Acadians, or even a refusal to recognize these rights. He observes that some Acadians believe the solution lies in dialogue and education. According to the author, if it is true that Acadian players must exploit all the possibilities offered by the ethics of communication, they must also rely on other means such as the mobilization of the population and the establishment of a true balance of power in order to gain recognition and respect for the language rights of the Acadians. Dans cet article, l’auteur se propose de dégager, à partir des débats linguistiques qui jalonnent l’histoire récente de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, quelques pistes de réflexion sur la capacité d’une éthique communicationnelle à faire progresser ces débats, souvent révélateurs d’une incompréhension, voire d’un refus de reconnaître les droits linguistiques des Acadiens et des Acadiennes. Il observe que, pour certains Acadiens, la solution passe par le dialogue et l’éducation. Selon lui, s’il est vrai que les acteurs acadiens doivent exploiter toutes les possibilités qu’offre l’éthique de la communication, ils doivent aussi miser sur d’autres moyens, tels que la mobilisation de la population et l’établissement d’un véritable rapport de force, afin de faire reconnaître et respecter les droits linguistiques des Acadiens et des Acadiennes.

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ÉRIC FORGUES Éric Forgues received his PhD in sociology from the Université de Montréal. His thesis was on the role of the state in the economic development of Francophone Quebec. Since 1998, he has been conducting research at the University of Moncton on community development and social economy, as well as on regional and sustainable development. He taught sociology and environmental studies at the University of Moncton. He has also worked in the Office to Support Innovation at the University of Moncton. Since 2012, he is the Director of the Canadian Institute for Research on Linguistic Minorities. He was assistant director and researcher from 2003 to 2012 at the CIRLM. His research focuses on the development of minority communities and the role of governance, social capital and community capacity development initiatives. Other work focuses on migration, income disparities, the management model of health needs of communities in a minority context. Éric Forgues a obtenu son doctorat en sociologie à l‘Université de Montréal. Sa thèse portait sur le rôle de l‘État dans le développement économique des francophones au Québec. Depuis 1998, il mène des recherches à l‘Université de Moncton sur le développement communautaire et l‘économie sociale, ainsi que le développement régional et durable. Il a enseigné à l‘Université de Moncton en sociologie et en études environnementales. Il a également œuvré au Bureau de soutien à l‘innovation de l‘Université de Moncton. Depuis 2012, il est Directeur général de l‘Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Il a été directeur adjoint et chercheur de l‘ICRML de 2003 à 2012. Ses travaux portent sur le développement des communautés en contexte minoritaire et le rôle que jouent la gouvernance, le capital social et les capacités communautaires dans les initiatives visant leur développement. D‘autres travaux portent sur la migration, les disparités de revenu, le modèle de prise en charge des besoins en santé des communautés en contexte minoritaire. 21


© Clive Chilvers | Dreamstime.com

ALSO IN THIS ISSUE ÉGALEMENT DANS CE NUMÉRO DE DIRECTIONS

CONTACT COORDONNÉES

Along with research articles on a variety of topics, Volume 7 of Directions will feature creative writing and poems, book abstracts, and trend pieces that illustrate “The Power of Words,” including:

Canadian Race Relations Foundation Fondation canadienne des relations raciales

Five White Roses and a Red – A Poem by Imam Habeeb Alli The Taxonomy of Human Services: A common language to connect people and programs – A Trends Piece by John Allec, Clive Jones and Georgia Sales Outre des articles de recherche sur divers sujets, figureront dans le no 7 de Directions des poèmes et pièces créatives, des résumés de livre et des billets illustrant le « pouvoir des mots » de nos jours. Cinq roses blanches et une rose rouge - Poème de l‘imam Habeeb Alli La taxonomie des services sociaux: langage communément utilisé pour faire connaître les services existants à la population. Article sur les tendances actuelles de John Allec, Clive Jones et Georgia Sales 22

6 Garamond Court, Suite 225 Toronto, Ontario M3C 1Z5 6, cour Garamond, bureau 225, Toronto (Ontario) M3C 1Z5 416-441-1900 | 1-888-240-4936 directions@crrf-fcrr.ca

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NEXT VOLUME PROCHAIN NUMÉRO Directions Volume 8 will be published for CRRF’s 2016 National Symposium in Toronto in October 2016. La parution du numéro 8 de Directions coincidera avec la tenue, en octobre 2016, du Colloque pancanadien de la FCRR.

October 26-27 2016

March 2016: Call for papers opens Publishing date related to conference Mars 2016 : Lancement de la demande de communication

et remise du Prix d'excellence de la

les 26 et 27 octobre 2016

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Directions Journal: Research and Policy on Race Relations in Canada La revue Directions : Recherche et politique sur les relations raciales au Canada 24

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Directions Volume 7 - Preview Booklet / le no 7 de la revue Directions - le livret  

The preview booklet provides biographies and abstracts for Issue #7 of Directions, "The Power of Words." Ce livret contient la biographie d...

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