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Croatian National Tourist Office

Kroatische Zentrale für Tourismus

Narodowy Ośrodek Informacji Turystycznej

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HRVATSKA TURISTIČKA ZAJEDNICA

Kroatische Zentrale für Tourismus

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Kroatische Zentrale für Tourismus

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Kroatiska Turistbyrån

Kroatisch Nationaal Bureau Voor Toerisme

Ente Nazionale Croato per il Turismo

1081 GG Amsterdam, Nijenburg 2F, Netherlands Tél: +31 20 661 64 22 Fax: +31 20 661 64 27 E-mail: kroatie-info@planet.nl

Ente Nazionale Croato per il Turismo

1000 Bruxelles,Vieille Halle aux Blés 38, België Tél: +32 255 018 88 Fax: +32 251 381 60 E-mail: info-croatia@scarlet.be

20122 Milano, Piazzetta Pattari 1/3, Italia Tél: +39 02 86 45 44 97 Fax: +39 02 86 45 45 74 E-mail: info@enteturismocroato.it 00186 Roma, Via Dell’Oca 48, Italia Tél: +39 06 32 11 0396 Fax: +39 06 32 11 1462 E-mail: officeroma@enteturismocroato.it

Chorvatské turistické sdružení

110 00 Praha 1, Krakovská 25, Česká Republika Tél: +420 2 2221 1812 Fax: +420 2 2221 0793 E-mail: info@htz.cz; infohtz@iol.cz

Chorvátske turistické združenie

821 09 Bratislava, Trenčianska 5, Slovakia Tél: +421 2 55 562 054 Fax: +421 2 55 422 619 E-mail: infohtz@chello.sk

Horvát Idegenforgalmi Közösség

1054 Budapest, Akademia u. 1, Magyarország Tél.: +36 1 267 55 88, Fax: +36 1 267 55 99 E-mail: info@htz.hu

Office National Croate de Tourisme

75116 Paris, 48, avenue Victor Hugo, France Tél: +33 1 45 00 99 55 Fax: +33 1 45 00 99 56 E-mail: infos.croatie@wanadoo.fr

Croatian National Tourist Office

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Office National Croate du Tourisme

Хорвaтckoe туристическое соовщество 123610 Moscow, Krasnopresnenskaya nab. 12 office 1502, Russia Tél: +7 495 258 15 07 Fax: +7 495 258 15 07 E-mail: HTZ@wtt.ru

Hrvaška turistična skupnost

1000 Ljubljana, Gosposvetska 2, Slovenija Tél: +386 1 23 07 400, Fax: +386 1 230 74 04 E-mail: hrinfo@siol.net

Kroatische Zentrale für Tourismus

8004 Zürich, Badenerstrasse 332, Schweiz Tél: + 41 43 336 20 30, Fax: +41 43 336 20 39 E-mail: info@kroatien-tourismus.ch

Oficina Nacional de Turismo de Croacia

28001 Madrid, Calle Claudio Coello 22, esc.B,1 °C España Tél: +34 91 781 5514 Fax: +34 91 431 8443 E-mail: info@visitacroacia.es

Kroatiens Turistkontor

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PHARE STRUGA, ÎLE DE LASTOVO


PHARE STRUGA, ÎLE DE LASTOVO


LA PRESTIGIEUSE HISTOIRE MARITIME ADRIATIQUE PRÉSENTÉE DANS LES MUSÉES ET COLLECTIONS DE MUSÉE DES VILLES DE DUBROVNIK, OREBIĆ, KORČULA, SPLIT, BIOGRAD, SENJ, RIJEKA, ROVINJ ET NOVIGRAD

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LE MERVEILLEUX PATRIMOINE CULTUREL DE LA CROATIE Le patrimoine culturel de la Croatie n’est pas aussi connu que le patrimoine culturel des grands pays. Elle ne possède pas de monuments grandioses, comme les pyramides en Égypte, Pompéi en Italie ou encore le château de Neuschwanstein dans les Alpes germaniques. La Croatie n’a même jamais été le centre d’un grand empire passé et les nombreux visiteurs s’étonneront donc que, proportionnellement à sa superficie, elle possède plus de villes dont le patrimoine culturel est protégé par l’UNESCO que des pays comme la France ou l’Allemagne. La Croatie offre aussi de nombreux autres monuments culturels importants qui pourraient également trouver leur place sur la liste de l’UNESCO. Proportionnellement à sa taille, la richesse du patrimoine immatériel croate est particulièrement significative, car avec pas moins de neuf éléments culturels inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, la Croatie se place parmi les pays qui possèdent le plus de biens immatériels protégés dans le monde. Les éléments qui figurent sur la liste de l’UNESCO sont la Fête de la Saint-Blaise à Dubrovnik, la dentellerie croate avec les centres de Lepoglava et les îles de Hvar et Pag, la troupe de carnaval des sonneurs de cloches de Kastav, près de Rijeka, une manifestation religieuse unique – la procession « Za križem » sur Hvar, le chant à deux voix et la musique dans la gamme istrienne, la procession de printemps de la troupe folklorique des Reines en Slavonie, la fabrication traditionnelle des jouets en bois dans la région de Hrvatsko Zagorje, le Sinjska Alka – un tournoi de chevalerie à Sinj et l’art du pain d’épices en Croatie du Nord. Le chant Ojkanje figure sur le la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. L’une des raisons de la richesse de ce patrimoine culturel matériel et immatériel est la position exceptionnelle de la Croatie sur les importantes voies de communication et au carrefour des grandes civilisations, dont chacune d’elles a souhaité laisser sa trace. Pour cette raison, la Croatie se distingue par un patrimoine culturel d’une diversité exceptionnelle pour un si petit espace et la présence de monuments de toutes les époques de la civili-

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sation, de la préhistoire à l’époque la plus récente. On peut ainsi trouver en Croatie des monuments de la Grèce antique, de la Rome ancienne, du haut Moyen Âge, de la renaissance méditerranéenne et du baroque d’Europe centrale ainsi qu’un patrimoine de la récente sécession, auxquels on peut ajouter les témoignages uniques de la préhistoire la plus ancienne, comme l’un des plus importants sites mondiaux de l’homme de Neandertal à proximité de Krapine, la culture néolithique de Vučedol, près de Vukovar, les vestiges illyriens préromains et beaucoup d’autres choses. On trouve aussi en Croatie de nombreux témoignages artistiques de personnalités locales qui ont suivi les tendances contemporaines des grandes cultures voisines, mais qui ont aussi créé des réalisations autochtones uniques, comme les églises médiévales des souverains du sud de la Dalmatie ou les palais de la Vielle ville de Dubrovnik. Nombreux sont les architectes et artistes croates auxquels l’humanité doit beaucoup, comme Juraj Dalmatinac qui, au XVe siècle, a appliqué à la construction de la cathédrale de Šibenik une technique de montage encore jamais vue, ou bien Ivan Meštrović, dont les statues ornent des lieux particulièrement importants de la lointaine ville de Chicago, aux États-Unis. La Croatie a aussi réussi à préserver une architecture rurale autochtone qui témoigne clairement de sa diversité culturelle. On peut ainsi voir encore aujourd’hui d’anciennes maisons et églises en bois dans la plaine de Pannonie, de longues maisons slavonnes uniques avec de grandes cours en Podunavlje, des cabanes pittoresques sur les collines du nord de la Croatie ou encore d’anciennes maisons couvertes d’un bardeau dans les montagnes croates enneigées. Avec leurs maisons en pierre construites au sommet des montagnes en Istrie ou au bord de la mer sur le littoral croate et les îles, le charme des villages méditerranéens est peut-être encore plus grand. La diversité de la Croatie montre clairement que de grandes civilisations européennes s’y sont mêlées et qu’elle a été la zone de contact des influences des plus grandes nations européennes, les Slaves, les Romains et les Germains. Le fait que ses frontières orientales constituaient autrefois la frontière des chrétientés d’Occident et d’Orient, autrement dit des cultures européennes occidentale et orientale, a aussi contribué à la splendeur du patrimoine culturel croate. Cette zone constituait également au bas Moyen Âge la dernière ligne de défense face à la civilisation islamique voisine, ce dont témoignent les nombreuses et puissantes forteresses ainsi que les autres monuments d’une riche histoire militaire. Les six éléments les plus significatifs du patrimoine culturel de la Croatie, la Vieille ville de Dubrovnik, le complexe historique de Split avec le palais de Dioclétien, la ville historique de Trogir, la basilique Euphrasienne de Poreč, la cathédrale Saint-Jacques de Šibenik et la plaine de Stari Grad sur l’île de Hvar, sont protégés en tant qu’éléments du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Outre ces monuments, la Croatie compte 340 autres complexes historiques protégés et toute une série d’édifices historiques, d’églises et chapelles, de forteresses et châteaux, de palais et manoirs, ainsi que de sites archéologiques. La Croatie conserve dans ses nombreux musées un trésor culturel inestimable et d’une grande diversité et organise de nombreux festivals et manifestations, d’événements musicaux et cinématographiques à des manifestations et carnavals folkloriques. Du point de vue culturel, il y en a pour tous les goûts, alors allons-y et profitons-en !

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RÉGIONS TOURISTIQUES DE CROATIE ZAGREB

ISTRIE

CROATIE CENTRALE

KVARNER

SLAVONIE LIKA-KARLOVAC

DALMATIE – RÉGION DE ZADAR DALMATIE – RÉGION DE ŠIBENIK DALMATIE – RÉGION DE SPLIT

DALMATIE – RÉGION DE DUBROVNIK

En cas d’erreurs ou d’informations incomplètes ou erronées, la responsabilité de l’éditeur ne peut être engagée.

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UNESCO VILLES POSSÉDANT UN PATRIMOINE CULTUREL AUTRES SITES CULTURELS IMPORTANTS

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Istrie – Pays magique La péninsule d’Istrie, située à l’extrême ouest de la Croatie, où la mer Méditerranée pénètre au plus profond du continent européen, a toujours été une région particulière. La région touristique d’Istrie, constituée d’un seul comitat du même nom, est de loin la première région touristique de Croatie par sa fréquentation. La particularité de l’Istrie provient de sa position et de son isolement du reste de la Croatie par le haut massif de l’Učka. Sa position unique et la mixité de diverses influences ont mené à la création d’une culture, d’une musique, d’une gastronomie et de paysages particuliers, ce qui explique que beaucoup l’appellent affectueusement le pays magique. Les premiers habitants connus de l’Istrie étaient la tribu illyrienne des Histres, qui ont donné leur nom à la région. À l’époque antique, l’Istrie faisait partie intégrante de l’Empire romain puis après la chute de l’Empire et l’arrivée des Croates, les souverains francs et le Patriarcat d’Aquilée s’y sont succédés. À partir du XVe siècle, la partie côtière de l’ouest de l’Istrie a été dominée par Venise et la partie orientale et l’intérieur par les Habsbourg. À la fin du XVIIIe siècle, l’Istrie a été gouvernée par les Français, puis a été sous la domination autrichienne jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Pendant l’Entre-deux-guerres, la région a appartenu au Royaume d’Italie puis a finalement intégré la Croatie en 1945, d’abord en tant que région de la Yougoslavie, puis en tant que comitat de l’État indépendant à partir de 1991. Ce bref aperçu historique est essentiel pour comprendre l’origine de la richesse de la culture istrienne et la spécificité de son espace dans lequel s’est exprimé, peut-être le plus en Croatie, la mixité des grandes cultures et nations slaves, romaines et germaines. Pour cette raison, les Istriens sont connus de loin comme des gens qui savent préserver leur spécificité, mais aussi comme des gens très tolérants qui respectent la diversité. Ainsi, malgré la faible minorité nationale italienne présente en Istrie, le croate et l’italien y sont des langues qui bénéficient des mêmes droits. La richesse de la culture istrienne et la beauté de son patrimoine sont présentes sur toute cette péninsule magique, et la ville de ROVINJ en est peut-être l’exemple le plus représentatif. Le panorama de Rovinj, avec l’église Sainte-Euphémie et le clocher du centre-ville, est l’un des symboles les plus impressionnants d’Istrie (1). Depuis les temps les plus reculés, la beauté de Rovinj

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a attiré de nombreux artistes inspirés par ses vues magiques, préservées par ses anciennes maisons (8) et les étroites ruelles pittoresques de la vieille ville (5). Parmi ces ruelles, celle qui y a une place particulière est la Grisia, où se réunissent traditionnellement les artistes qui proposent leurs œuvres aux nombreux touristes (7). Au musée de Rovinj, établi dans un édifice baroque du centre-ville, les nombreuses œuvres picturales des anciens maîtres ont la place principale (2 et 11). On y trouve aussi des œuvres d’artistes du XIXe siècle inspirés par la vie à Rovinj et en Istrie, en particulier de l’époque du pouvoir autrichien, lorsque l’Istrie constituait un point stratégique essentiel du puissant Empire des Habsbourg (15). À Novigrad, cité historique pittoresque située sur une charmante presqu’île, on trouve la « Galerion  », une collection unique et très spéciale d’objets et de photographies qui décrit d’une manière impressionnante la signification et la vie de la marine de guerre austro-hongroise (3). Le Lapidarium (4), situé à côté de l’église paroissiale, conserve et présente d’une manière tout à fait unique des fragments en pierre de l’inventaire liturgique de l’église, d’une grande valeur et particulièrement importants pour l’histoire de l’Istrie. Novigrad est parvenu à préserver une grande partie de son patrimoine architectural, dont d’impressionnantes murailles de défense (10). Umag, ville côtière la plus au nord de l’Istrie et en face de laquelle se situe l’une des plus grandes marinas de Croatie, s’est implanté d’une façon semblable à Novigrad (6). D’autres villes côtières bénéficient d’un emplacement tout aussi pittoresque, comme Vrsar, situé sur une colline au-dessus d’une baie sûre et prisé des nombreux plaisanciers (13). Une grande partie du patrimoine culturel conservé sur le littoral istrien a été bâtie à l’époque du pouvoir vénitien, ce dont témoigne le lion ailé, symbole de l’évangéliste Marko et des protecteurs de la Sérénissime, comme par ex. à Bale, au sud de l’Istrie. Un patrimoine archéologique particulièrement riche est aussi présenté dans les nombreux musées, et l’un des plus grands et des plus importants d’entre eux dans le pays par sa qualité et son nombre de pièces est le musée archéologique de Pula (14). Comme Rovinj, Novigrad ou encore Umag, la ville centrale de la côte ouest de l’Istrie, Poreč, se distingue par son bel emplacement sur une presqu’île (16). Cette ville, centre touristique le plus puissant de toute la Croatie par son nombre de touristes, possède aussi le monument historique et culturel le plus important d’Istrie. Il s’agit de la BASILIQUE EUPHRASIENNE DE POREČ, l’unique monument du patrimoine culturel de l’Istrie inscrit jusqu’à présent sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La basilique a été construite au VIe siècle, à l’époque de l’évêque Euphrasius dont elle a reçu le nom, sur les fondations d’une basilique encore plus ancienne. L’époque de sa construction est précisément l’une des raisons de sa valeur, car il n’existe quasiment aucun monument entièrement conservé de cette période ancienne de l’histoire chrétienne. La basilique est aussi unique par son style de construction particulier, magnifique exemple de l’ancien art byzantin du VIe siècle, que l’on trouve rarement aussi loin en occident. Cela est la conséquence du pouvoir bien organisé de l’illustre empereur byzan-

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tin Justinien qui a restauré à cette époque le pouvoir de l’Empire romain, tombé durant les siècles précédents. En raison de son insertion dans la structure urbaine de l’ancien noyau de la ville de Poreč (18), la basilique est quasiment imperceptible de l’extérieur, mais si nous entrons à l’intérieur, nous serons immédiatement étonnés par sa structure unique (22), et en particulier par la splendeur et la particularité de son autel (21). Comme d’autres églises byzantines de cette époque, elle est ornée de riches mosaïques, dont les mieux conservées se trouvent dans l’abside de l’église (17) ainsi que dans une collection particulière située à l’intérieur de tout le complexe de la basilique. La plus connue d’entre elles est la mosaïque du poisson (20), symbole historique du Christ, qui constitue un emblème particulier de la ville de Poreč, que l’on nomme parfois la ville des mosaïques. Poreč, bien sûr, n’offre pas qu’une basilique, son noyau urbain pittoresque possède aussi d’autres beaux et anciens édifices bien conservés. Comme d’autres villes d’Istrie, Poreč bénéficie aussi de son propre musée, où la peinture tient un rôle particulier, la partie la plus précieuse de la collection appartenant à la riche et jadis puissante famille Carla (19). La plus grande ville d’Istrie, PULA, située à l’extrême sud de la péninsule, ne laisse pas présager au premier regard de la richesse culturelle qu’elle recèle ni de la beauté de ses proches alentours. Les raisons sont son emplacement dans une plaine, la grandeur de la ville et la position de ses édifices à ses extrémités. Mais si nous entrons dans le centreville, nous serons tout de suite étonnés par son caractère monumental et la conservation de l’amphithéâtre de Pula (28) qui témoigne de l’importance de la ville et de l’Istrie depuis l’époque antique. Il s’agit du sixième plus grand amphithéâtre romain au monde et aussi l’un des mieux conservés. L’amphithéâtre a été construit à l’époque de l’empereur Vespasien au premier siècle après J.C. et son aspect est resté quasiment inchangé pendant deux mille ans. Il servait autrefois d’arène pour les cruels combats de gladiateurs auxquels pouvaient assister jusqu’à 20 000 personnes et sert aujourd’hui d’attraction touristique et de scène prisée pour diverses manifestations (31). La plupart d’entre elles sont des manifestations musicales, de la mu-

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sique classique et des ballets (30) aux concerts de rock (29), qui bénéficient de l’atmosphère et de l’acoustique uniques de l’arène. Cependant, la plus célèbre de toutes ces manifestations est le festival national, et depuis peu international, du film qui a lieu tous les ans en juillet. Outre l’amphithéâtre de Pula, la ville offre une série d’autres monuments de l’époque romaine, comme l’Arc de Triomphe des Sergi (33), situé dans le centre même de la ville, et possède l’un des musées les plus importants de Croatie par la valeur de sa construction, le Musée archéologique d’Istrie. Le musée abrite la plus grande collection de découvertes archéologiques d’Istrie de la préhistoire au Moyen Âge (34). De nombreux et précieux monuments, en particulier de l’époque moderne, sont aussi conservés au Musée historique d’Istrie ainsi que dans les petites galeries (27). L’impressionnant bâtiment de la mairie abrite également d’intéressantes peintures et gravures (32), en particulier de l’époque des Habsbourg de l’Empire austro-hongrois (25), lorsque Pula était l’un des plus grands ports militaires du monde. Les alentours de Pula regorgent aussi de monuments culturels et historiques d’une valeur exceptionnelle et le Parc national de Brijuni se distingue comme la principale perle du patrimoine naturel de l’Istrie. Le parc possède des monuments particulièrement précieux de l’Antiquité, comme des villas romaines (26), et des complexes de fortification de l’époque austro-hongroise. Parmi eux, le plus impressionnant est la forteresse de l’île de Mali Brijun (24), qui sert régulièrement aujourd’hui de scène pour des représentations théâtrales. À proximité de Pula, on trouve aussi l’ancienne ville illyrienne antique de Nesactium, de l’époque préromaine, et à la pointe de l’extrême sud de la péninsule istrienne, près du cap Kamenjak, l’impressionnant phare Porer (23).


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Alors que le patrimoine culturel de la partie côtière de l’Istrie retient l’attention des visiteurs par une atmosphère méditerranéenne globalement urbaine, le bel intérieur de la péninsule coupe le souffle par la beauté des paysages majoritairement agricoles des villages et des petites villes d’Istrie. Sa plus belle partie est constituée de petites villes romantiques au sommet des collines, dont la plus célèbre est MOTOVUN (35), située au-dessus de la vallée de la plus grande rivière istrienne, Mirna, et de la verdoyante forêt de Motovun. La ville est connue comme le lieu d’organisation du Festival du film de Motovun qui, contrairement au traditionnel festival de Pula, attire un public globalement jeune et donne ainsi une dose unique de vitalité à cette ancienne ville. La ville magique de Grožnjan (41) est aussi animée par de jeunes visiteurs car elle abrite le Centre culturel international de la jeunesse musicale croate (39). On y trouve également Buzet (43), Oprtalj, Hum, Pićan, la ville romantique de Završje (42) et beaucoup d’autres petites villes. Outre le fait qu’elles ornent les collines istriennes, la plupart de ces petites villes se distinguent par des points de vue magnifiques depuis lesquels on peut, comme à Buzet (44), profiter de la magie de la beauté de l’intérieur de l’Istrie. L’Istrie se distingue aussi par la plus petite ville au monde, la minuscule ville de Hum, avec ses 17 habitants au total. Celle-ci est connue pour son Allée glagolitique – sentier long de sept kilomètres orné de sculptures de lettres stylisées de l’ancienne écriture croate, le glagolitique (45). L’intérieur des églises et palais de l’arrière-pays de l’Istrie offre aussi de nombreuses attractions. L’intérieur de l’église SaintBlaise à Vodnjan, avec ses momies de saints datant des débuts du christianisme, ainsi que l’autel (40) et les précieuses peintures (37) de l’église Sainte-Marie à Buje, sont particulièrement attractifs. Mais de toutes les œuvres d’art des églises istriennes, les plus connues sont peut-être les fresques de Vincent de Kastav, dont la représentation d’une danse mortuaire du XVe siècle dans

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la petite église Sainte-Marie de Škrlinah à Berm, près de Pazin (52). La ville de LABIN (47) a une place particulière en Istrie, car elle est la seule grande ville de l’est de la région d’Istrie. Cette ville, autrefois minière, possède un noyau historique particulièrement pittoresque (36 et 38) parsemé d’édifices significatifs des différentes époques historiques et qui abritent de nombreux petits musées et galeries. La galerie de sculptures à ciel ouvert, où de nombreux sculpteurs locaux et étrangers créent et exposent encore aujourd’hui (56), représente une attraction particulière. La ville est aussi connue pour 58 une révolte des mineurs contre les occupants fascistes pendant l’Entre-deux-guerres. Dans le centre même de l’Istrie, on trouve sa principale ville, PAZIN. La ville est dominée par un château monumental (49) situé au-dessus de l’effrayant gouffre de Pazin, qui a inspiré le grand Jules Verne pour son roman « Mathias Sandorf ». Le château est apparu au haut Moyen Âge, à l’époque des souverains francs, et a reçu sa forme actuelle au XVIe siècle, à l’époque des Habsbourg. Le château abrite, selon l’avis de nombreuses personnes, le musée le plus intéressant de toute la région, le Musée ethnographique d’Istrie (46). Il conserve une précieuse collection de costumes traditionnels qui montrent la spécificité du patrimoine populaire istrien. Parmi eux, le costume traditionnel de la ville de Vodnjan (58), au sud de l’Istrie, se distingue tout particulièrement par son harmonie. Non loin de Vodnjan, une autre petite ville istrienne particulière, Svetinčenat, se distingue par sa place centrale, la Placa. La place renaissance est dominée par le palais Grimani, symbole de cette ville (57), ainsi que par une église et une série de maisons du même style. On trouve partout en Istrie des beautés de tous genres – des anciens clochers, comme à Sveti Lovreč (51), et des châteaux et palais, comme à Bale (48), à de mystérieuses ruines, comme à Boljun (53 et 54), qui nous invitent à explorer ce pays magique.

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KVARNER – Charme de

l’imprégnation de l’Europe centrale et de la Méditerranée À l’intérieur de la Croatie, pays d’une grande diversité naturelle et culturelle, l’une des parties les plus diversifiées est le territoire du Kvarner, qui correspond au territoire du comitat Primorje-Gorski Kotar. Cette région comprend le territoire côtier du golfe du Kvarner, avec ses nombreuses îles, et la plus grande partie de la province historique de Gorski Kotar, dans les montagnes croates. C’est précisément dans cette région que l’espace de la chaude Méditerranée, avec ses maisons en pierre et son riche patrimoine médiéval et renaissance, passe

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dans le territoire plus froid de l’Europe centrale, avec ses puissantes forteresses, châteaux et églises baroques. Contrairement à l’Istrie et à la Dalmatie, qui ont été sous domination étrangère durant une grande partie de leur histoire, le territoire du Kvarner est gouverné par les souverains croates depuis le haut Moyen Âge. Pour cette raison, cette partie de la Croatie se distingue par de nombreux monuments de la culture croate autochtone. La famille noble Frankopan, dont les châteaux et forteresses sont encore aujourd’hui conservés à travers tout le Kvarner, y a largement contribué. Le riche patrimoine écrit en glagolitique,


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une écriture unique utilisée par les Croates du IXe au XIXe siècle en témoigne également. Une particularité supplémentaire du Kvarner est la forte tradition de carnavals, dont celui de Rijeka qui est l’un des plus grands au monde. À l’intérieur du Kvarner, plusieurs petits territoires diversifiés se distinguent : le Primorje et la riviera du Kvarner sur la partie côtière de la péninsule istrienne, l’archipel de Cres-

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Lošinj, les îles de Krk et Rab, et enfin le Gorski Kotar dans l’arrière-pays montagneux. D’un point de vue culturel et historique, la riviera du Kvarner et l’archipel de Cres-Lošinj appartiennent à l’Istrie, l’île de Rab appartenait autrefois à la Dalmatie, et Krk a été un temps rattaché et à l’Istrie et à la Dalmatie. Tous ces espaces sont aujourd’hui rattachés à Rijeka, le chef-lieu de la région.


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Le territoire du Kvarner est aussi important en tant que berceau du tourisme croate, car le centre de la riviera du Kvarner, OPATIJA, est l’un des premiers centres balnéaires d’Europe et était autrefois la principale destination balnéaire de la Monarchie austro-hongroise. Pour cette raison, beaucoup situent le début « officiel » du tourisme croate en 1844, lorsqu’a été construite, à côté d’une ancienne abbaye (d’où le nom de la ville qui signifie abbaye), la villa « Angiolina », le premier édifice destiné à l’accueil des touristes généralement aisés de l’époque. Quasiment tous les anciens hôtels d’Opatija ont encore aujourd’hui la même fonction, et la vue d’Opatija, noyée dans la verdure des pentes du mont Učka, est l’une des vues touristiques les plus prisées du Kvarner (1). Parmi ces hôtels, l’hôtel « Kvarner » tient une place particulière dans le centre même d’Opatija (2). En raison de la splendeur de son intérieur et de son extérieur (5), mais aussi de la conservation de l’esprit de son lointain passé, cet hôtel est un lieu prisé pour la tenue d’importants événements et manifestations. Mais les autres hôtels anciens d’Opatija n’en sont pas moins splendides, comme les hôtels « Palaca » (4), « Zagreb » (10), « Opatija » (12) et beaucoup d’autres. En raison d’un climat très agréable et sain, Opatija tient un rôle de station climatique, pour lequel ont été construits les premiers hôtels. Les centres de tourisme médical actuels, comme le célèbre centre « Thalassotherapia » (7), en témoignent. Opatija possède aussi de nombreux casinos (13), d’élégants restaurants et cafésbars (16), et bénéficie d’une célèbre promenade côtière de dix kilomètres (le « lungomare ») qui conduit jusqu’à l’ancienne ville pittoresque de Lovran. Lovran et les petites villes voisines, comme Medveja et Ika, se distinguent par leurs villas luxueuses (11), souvent situées dans des lieux attractifs (6). La riviera d’Opatija est aussi marquée par les formes provenant de la grande imagination des anciens architectes, qu’il s’agisse de la forme globale des bâtiments (15), des balcons (8) ou des façades (14). Elle s’est aussi exprimée dans la réalisation des décors des hôtels et villas (3) et dans l’enrichissement des intérieurs par un aménagement luxueux et par des peintures et sculptures de grande valeur. Le patrimoine de RIJEKA, le principal port croate et la ville la plus caractéristique de toute la Croatie occidentale, témoigne de l’importance historique particulière du Kvarner en tant qu’espace situé à la frontière de la Méditerranée et de l’Europe centrale. En raison de sa position stratégique exceptionnelle, la ville a vu se succéder

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dans son histoire divers souverains, comme les Vénitiens, les Habsbourg, les Français, les Hongrois et les Italiens, et a même été partagée entre l’Italie et la Yougoslavie pendant l’Entre-deux-guerres. Les édifices les plus monumentaux de Rijeka remontent à la seconde moitié du XIXe siècle, lorsqu’elle est devenue le

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principal port de la partie hongroise de la Monarchie austrohongroise. Un grand port avec des bâtiments administratifs (17), le palais Modello (23) et le palais du gouverneur, à l’intérieur aussi splendide que l’extérieur, sont alors construits. La ville possède aussi plusieurs églises, dont l’église capucine Notre-Dame-de-Lourdes (24) qui retient l’attention par


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son aspect particulier. La beauté de Rijeka se trouve dans les nombreux détails architecturaux, aussi bien sur les façades des bâtiments publics (26) qu’à l’intérieur, comme dans le Théâtre national croate Ivan pl. Zajc (21). Rijeka est aujourd’hui connue pour son carnaval, l’un des cinq plus grands au monde. Il se distingue par le mélange unique des anciennes traditions slaves et d’un carnaval urbain semblable à celui de la ville proche de Venise. Un grand nombre d’habitants de Rijeka et de tout le Kvarner y prennent part et le principal cortège du carnaval peut réunir plus de 100 000 participants et spectateurs. Les plus célèbres participants du carnaval de Rijeka sont les sonneurs de cloches d’Halubje (22), village situé dans les montagnes de l’arrière-pays voisin, qui invoquent d’anciennes coutumes païennes, et les « Morčić » (18), dont le nom provient des anciens serviteurs maures de la cour vénitienne. Les « Morčić » sous forme de boucles d’oreilles ou d’autres bijoux constituent un symbole particulier et un souvenir prisé de la ville de Rijeka. Rijeka offre aussi de nombreux monuments des époques les plus anciennes. Parmi eux, l’église du saint patron de Rijeka, l’église Saint-Guy du XVIIe siècle,

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située dans le centre même de la ville et d’une forme ronde unique (28), y a une signification particulière. Le riche patrimoine de Rijeka est conservé dans ses musées, dont les plus importants sont le Musée de la ville de Rijeka, le Musée maritime et historique, situé dans le palais du gouverneur, et le Musée d’Art moderne (20). Les monuments les plus anciens de Rijeka ne se trouvent pas dans son centre-ville, mais dans sa banlieue Trsat, située sur une colline à l’est du centreville. On y trouve les ruines de Trsat, dont les débuts remontent à l’époque préromaine (29). Le point culturel central de Trsat est l’église Sainte-Marie,

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à côté de Marija Bistrica, le centre de pèlerinage le plus important de Croatie. Les débuts de ce sanctuaire et église remontent au XIIIe siècle, tandis que l’église dans sa forme actuelle de style baroque (27) a été bâtie par les Frankopan au XVIIe siècle. Le patrimoine des Frankopan est encore plus visible aux alentours de Rijeka. Le château de Crikvenica (38 et 39), dont une partie sert aujourd’hui d’hôtel, et la forteresse des Frankopan, à Kraljevica, ont été parfaitement conservés jusqu’à aujourd’hui. La tour Tureta à Bribir (37), la forteresse de Drivenik, construite sur les fondements d’une forteresse antique (40) dans l’arrièrepays de Crikvenica, et la forteresse Grobnik (35), bâtie avant le XIIIe siècle, sont aussi relativement bien conservés. Dans les alentours de Rijeka, on trouve aussi d’autres forteresses auxquelles sont souvent rattachées de petites villes sur les sommets des collines, semblables à celles d’Istrie. D’ailleurs, bien qu’elles se situent tout près de Rijeka, les villes de Brseč (31), Kastav (33), Veprinac (36) et Mošćenice (32) font historiquement partie de l’Istrie. De nombreuses villes côtières à proximité de Rijeka se distinguent aussi par leur caractère pittoresque, en particulier la petite ville de Bakar (30), située dans la baie du même nom et connue pour sa longue tradition maritime. Le territoire de Gorski Kotar, à la nature pittoresque, n’est pas

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particulièrement riche en monuments culturels et historiques car avant la construction des premières routes modernes il y a une trentaine d’années, ces espaces étaient presqu’entièrement recouverts d’un désert forestier inhabité. Mais on y trouve aussi des forteresses datant de l’époque des Frankopan, de jolis châteaux et églises, tandis que les petites villes montagnardes se distinguent par une architecture traditionnelle pittoresque (43). Les habitations sont généralement situées le long des routes, que ce soit sur les hauteurs des collines, comme Crni Lug (41), aux abords du Parc national Risnjak, ou sur les plateaux des plaines karstiques, comme le village particulièrement long de Ravna Gora (42). Parmi les châteaux, on distingue le château des Zrinski à Čabar, du XVIIe siècle (46), ainsi que le romantique château Stara Sušica, près de Ravna Gora, de la fin du XIXe siècle (45), et parmi les monuments sacrés le monastère or-

thodoxe de Gomirje du XVIIe siècle (44). Repartons maintenant vers la mer, cette fois sur la partie orientale du Kvarner qui offre de nombreux joyaux aux amateurs de patrimoine culturel. La plupart des monuments importants se situent dans les principales villes historiques insulaires, comme Krk, Rab ou Cres, mais pas seulement. Ainsi, sur les îles de CRES ET LOŠINJ, la localité la plus riche en monuments culturels et historiques est la ville historique d’Osor, située à l’endroit où se rejoignent ses deux îles. Jusqu’au XVe siècle, cette ville était également la principale ville de ces deux îles et le siège de l’évêché, ce dont témoigne le noyau médiéval presque entièrement préservé (47). D’autres villes rurales sont tout aussi pittoresques, comme par ex. Nerezine, sur l’île de Lošinj (49), ainsi que plusieurs autres villages situés sur les petites îles appartenant à l’archipel de Cres-Lošinj. On ne trouve sur ces îles aucune voiture

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et on y vit encore aujourd’hui comme autrefois, comme par ex. sur l’îlot de Susak, connu pour son costume traditionnel unique (48) et son intéressant cimetière (51). Le village d’Unije, sur l’île du même nom, se distingue par les vues de ses maisons anciennes (50 et 52), et l’île quasi déserte de Srakane Vele par son isolement au beau milieu de la mer (53). Un sentiment d’isolement encore plus total peut être ressenti dans les phares isolés autour de Lošinj, comme dans celui de Galijola (54), qui sert aujourd’hui d’hébergement aux touristes amateurs de ce que l’on appelle le tourisme de Robinson. La localité la plus importante de Lošinj est aujourd’hui Mali Lošinj (Petit Lošinj), également la plus grande ville de toutes les îles de l’Adriatique (59). La ville y a tenu le rôle principal dès le XIXe siècle lorsqu’elle est devenue plus grande que sa ville voisine, Veli Lošinj (Grand Lošinj), autrefois la plus grande des deux villes comme nous l’indiquent leurs noms. Mali Lošinj s’est récemment fait connaître pour sa statue antique d’Apoxyomène du IVe siècle avant J.C. (55-58), découverte en 1996 dans un fond sous-marin voisin et pour laquelle un lieu d’exposition a été spécialement aménagé dans le palais Kvarner. D’autres précieuses pièces sont exposées

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dans les autres espaces d’exposition de Mali Lošinj, comme dans la collection privée Piperata (61), tandis que dans la ville pittoresque de Veli Lošinj (62), l’église Saint-AntoineDu-Désert (63) se distingue par sa signification culturelle et historique, avec une peinture du célèbre peintre vénitien renaissance Bartolomeo Vivarini (60). Contrairement à la petite île à la population dense de Lošinj, la plus grande île croate, Cres, à côté de Krk, est particulièrement peu habitée. La majorité des habitants vit dans l’unique localité urbaine, Cres, qui s’est fortement développée à partir du XVe siècle, lorsqu’elle est devenue la principale ville de l’île (71). Parmi ses monuments, l’église Sainte-Mariedes-Neiges du XVe siècle, qui se distingue par un remarquable portail (65), un bel intérieur (66) et de précieuses œuvres d’art (67), a une importance particulière, tout comme son monastère franciscain (68), qui date de la même époque. Les nombreux petits villages de l’île de Cres sont protégés


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en tant que collectivités rurales particulièrement précieuses en raison de leur position pittoresque au sommet des très hautes collines surplombant la mer et de leur architecture préservée. Parmi eux, on trouve les villages de Predošćica (64) et Orlec, connu pour son joli costume populaire (72), Beli, connu pour son éco-centre de protection des vautours fauves (69), et le village certainement le plus attractif, Lubenica, situé sur un rocher escarpé au-dessus d’une agréable vallée sablonneuse et bénéficiant de vues incomparables sur le large (70). L’île de KRK possède également de grandes localités tout aussi remarquables, comme la ville ancienne de Krk, avec son noyau urbain préservé (73), mais aussi de petites localités, comme le village pittoresque de Vrbnik (80), au-dessus de la mer, comme le dit un ancien chant populaire. La ville de Krk est un centre épiscopal doté d’une cathédrale (82) dont les débuts remontent au lointain XIe siècle et qui se distingue par une riche collection sacrée (75). Non loin de la ville de Krk, on trouve aussi le monastère franciscain de Košljun, situé sur un îlot (74), avec une belle église (76) et un musée connu pour sa précieuse collection d’œuvres d’art (81 et 83) et ses importantes archives de manuscrits anciens (79).

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L’île de Krk est le lieu de découverte de la célèbre stèle de Baška (77), qui est considérée comme le plus important monument de l’histoire diplomatique croate écrit en glagolitique de la fin du XIe siècle. Celle-ci a été retrouvée près de Baška, au sud de l’île, dans le village de Jurandvor, connu pour ses belles plages et son patrimoine populaire préservé (78). Si Jurandvor en conserve une copie, l’original de la stèle de Baška est conservé en tant que pièce d’exposition particulière dans le porche de l’Académie croate des Sciences et des Arts de Zagreb en raison de sa valeur exceptionnelle et de sa fragilité. L’île de RAB, à l’extrême sud du Kvarner, est connue de loin pour le noyau historique préservé de la ville de Rab (84), où les quatre clochers (trois clochers romantiques du XIIe siècle et un baroque du XVIIe siècle) de ses églises (87 et 93), qui sont aussi le motif favori de nombreuses peintures (88), ont une place particulière. Tout comme Krk, Rab est un centre épiscopal et sa cathédrale se distingue par son intérieur médiéval d’origine (86) orné de peintures (92) et d’autres précieuses œuvres d’art (89, 90 et 91). Rab a joué un rôle particulier dans la fondation du micro-État de Saint-Marin sur la péninsule apennine voisine. En effet, selon la légende, Saint-Marin a été fondé au IVe siècle par le sculpteur Marin, originaire de l’île de Rab, qui a donné son nom à l’État.


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RÉGION DE LIKAKARLOVAC Région au riche passé militaire

De toutes les régions qui débouchent sur la mer Adriatique, la région de Lika-Karlovac est la plus grande car elle correspond aux parties les moins peuplées de Croatie. Outre une nature sauvage, la faible densité de population de cet espace a été influencée par une histoire mouvementée, à savoir une exposition fréquente à de nombreuses destructions de guerre, en particulier pendant la lutte entre les chrétiens d’Europe et les Ottomans. Pour cette raison, on y trouve relativement peu de monuments historiques, et ceux qui ont été préservés sont en grande partie liés à une riche histoire militaire. Cette région est constituée de deux comitats croates, Lika-Senj et Karlovac. La plus grande partie de la province historique de Lika, dans les montagnes croates, la partie karstique et sauvage du littoral bordant la Lika et la partie septentrionale de l’île de Pag sont rattachées au comitat de LikaSenj. Le comitat de Karlovac comprend aussi une partie des montagnes croates, mais sa plus grande partie correspond aux provinces historiques de Kordun et Pokuplje, en Croatie pannonienne. La tradition militaire de cette région est aussi indiquée par le fait que sa plus grande ville, Karlovac, a été fondée comme une forteresse militaire, et que même le nom de la province de Kordun vient

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de la dénomination française de cet espace, le cordon militaire. Malgré la faible densité de population, de nombreuses personnalités historiques illustres sont originaires de ces contrées. Les plus célèbres d’entre elles sont l’un des plus grands inventeurs mondiaux, Nikola Tesla, ainsi que des personnalités particulièrement importantes pour l’histoire de la Croatie, le politicien Ante Starčević, connu comme « le père de la

patrie », l’aristocrate et guerrier Fran Krsto Frankopan et l’un des plus grands écrivains croates Ivan Brlić-Mažuranić. Dans la partie côtière de la région de Lika-Karlovac, la seule grande localité est la ville de SENJ, située au pied du versant de la plus grande montagne croate, Velebit. On y trouve l’une des forteresses les plus monumentales de tout le littoral croate, la tour Nehaj (1). Cette forteresse a été bâtie au XVIe siècle et a accueilli les célèbres Uscoques de Senj qui ont défendu le littoral croate des offensives turques. La tour abrite aujourd’hui un musée (5) qui se distingue par une riche collection d’armes (2) et de costumes traditionnels (6). La tour du port de la ville (3) et le phare pittoresque en forme de forteresse ronde (4) témoignent de l'importance militaire de Senj, tandis que sa signification maritime peut être constatée à partir des maquettes de bateaux exposées dans les musées de la ville, et même dans la petite église Sainte-Marie-d'Art (7). L'importance de Senj, comme de son port, provient du fait que de toutes les villes côtières, elle est la plus proche de l'intérieur de la Croatie. La ville possède même un monument consacré à la route Joséphine (9), construite au XVIIIe siècle, qui la reliait à Karlovac. Malgré sa petite taille, Senj est pour cette raison une ville épiscopale, ce dont témoigne la cathédrale Sainte-Marie, du XIIe siècle (8). La seule grande île qui appartient à la région de Lika-Karlovac est PAG, à laquelle on accède en ferry depuis le petit port de Prizna, à proximité de Senj (12). La région ne possède plus exactement que la partie nord de l'île de Pag, qui faisait autrefois partie de la ville de Rab. La partie sud de l'île, qui appartenait autrefois à la ville de Zadar, fait aujourd'hui partie du comitat de Zadar. L'unique grande localité de cette partie de l'île est la petite ville de Novalja, connue pour la belle plage de Zrće et la qualité de sa vie nocturne. Le territoire de Novalja est peuplé depuis

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l’époque romaine, ce dont témoignent les vestiges d’aqueducs romains (15) et les nombreux sites sous-marins d’amphores (17). On peut en apprendre plus sur son patrimoine maritime et ethnologique (11) en visitant le musée local (16). Autour de Novalja, on trouve plusieurs petites localités, dont Caska (ville antique de Cissa), qui se distingue par ses vestiges archéologiques remarquables d’une ville autrefois puissante datant de l’époque de l’Empire romain, sa thonaire et sa colonne d’observation de thons (13), et Lun, situé à l’extrême nord de l’île, connu pour ses remarquables petites églises anciennes (14) et ses oliviers vieux de plus de deux mille ans (10). Si nous partons de Senj en direction de l’intérieur de la LIKA en passant par le mont Velebit, nous serons accueillis par des paysages ruraux pittoresques intégrés dans la verdure des forêts likaniennes et des lacs limpides, comme à proximité du lac Krušćica (21). Grâce à la richesse de ses forêts, mais aussi en raison de son rude climat, les maisons y sont généralement construites en bois. Celles-ci sont le mieux conservées dans une vallée prisée par les pêcheurs, la Gacka, qui longe la rivière du même nom (29) et où l’on peut tomber de-ci de-là sur des complexes meuniers (30) et des

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moulins d’une époque ancienne (27). Des villages meuniers semblables sont aussi présents ailleurs dans ces contrées, comme dans la localité la plus significative de la province historique de Kordun, la petite ville de Sljunj, qui se distingue, outre les ruines d’une ville médiévale fortifiée, par le village meunier de Rastoke, à l’embouchure de la Slunjčica dans la Korana (26). La culture populaire autochtone a aussi été préservée dans les villages entourant la principale ville du comitat de LikaSenj, Gospić, ce dont témoignent les exemples d’architecture traditionnelle rurale, les plus anciens comme les plus récents (25). La Lika a en partie conservé d’anciens savoirfaire, comme la fabrication de l’instrument traditionnel croate, la tambouritsa (28). On trouve à Gospić le Musée de la Lika, connu pour ses vestiges de l’époque préhistorique (23). Le village de Smiljab, près de Gospić, est le lieu de naissance de l’un des plus grands scientifiques mondiaux, Nikola Tesla. Un musée a été aménagé dans sa maison natale, devant lequel trône également sa statue (18). Le musée récemment aménagé en 2006 (20) à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Nikola Tesla, présente des photographies


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de sa vie et des représentations de ses célèbres inventions liées au courant alternatif, la transmission d’énergie électrique sans fil et bien d’autres (19). Dans la seconde plus grande ville de Lika, Otočak, située dans la vallée de la Gacka, on trouve aussi une remarquable collection muséale qui conserve des objets du riche patrimoine populaire de cette région (24). Sa pièce la plus importante est le célèbre casque de l’âge de bronze (22), qui appartenait aux aborigènes de cette contrée, la tribu illyrienne des Japodes. À l’autre bout de la région Lika-Karlovac, au point de départ des anciennes routes Joséphine, Caroline et Louisiane, on trouve la ville de KARLOVAC, fondée en 1579 pour se protéger de la conquête turque. Cette ville renaissance idéale a été bâtie sur une plaine à l’embouchure de la Korana dans la Kupa en forme d’étoile à six branches entourée de tranchées, ce qui est encore aujourd’hui partiellement visible (32). Outre Karlovac, les nombreuses ruines (43), tours (37) et châteaux anciens témoignent de l’importance militaire de

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ses alentours. Parmi les forteresses et les châteaux les mieux conservés, on distingue Dubovac, à l’extrémité de la ville même de Karlovac, Novigrad na Dobri (35), Ozalj, construit sur un rocher surplombant la rivière Kupa (34), et le château Frankopan à Ogulin (36). Ribnik (33), important en tant qu’unique exemple de « Wasserburg », type de château entièrement entouré d’eau, et la forteresse Sokolac à Brinje, sur la route de la Lika, avec sa chapelle aulique préservée et restaurée de style gothique (41), se distinguent par leur particularité. Karlovac étant le point de départ des anciennes routes importantes menant à la mer, la ville possède aussi un grand nombre d’anciens ponts (42) et monuments consacrés aux bâtisseurs de route (44). Les nombreuses pièces d’exposition du Musée de Karlovac, tout comme le fait que la ville d’Ozalj, près de Karlovac, possède l’une des plus anciennes centrales hydroélectriques de cette partie d’Europe, la populaire centrale « Munjara » (40), témoignent de la richesse et du progrès de la région de Karlovac dans le passé.


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CROATIE CENTRALE – Empire des églises et palais baroques et des

forteresses et châteaux médiévaux

À première vue, la Croatie centrale n’est pas vraiment centrale, car elle s’étend en réalité au nord-ouest du pays en raison de la forme inhabituelle de la Croatie. Mais elle est la région centrale car elle se situe entre deux autres grands ensembles, la partie montagneuse, au sud-ouest, qui mène à la mer, et la Slavonie, à l’est. Une raison plus importante de sa « centralité » est peut-être aussi le fait qu’il s’agisse de la partie la plus densément peuplée de Croatie, où vit près de la moitié de sa population. La Croatie centrale est aussi de loin la plus grande région touristique du pays. Elle est constituée de pas moins de sept comitats (Zagreb, Krapina-Zagorje, Varaždin, Međimurje, Koprivnica-Križevci, Bjelovar-Bilogora et Sisak-Moslavina) qui encerclent, tel un anneau, Zagreb, la capitale de la Croatie. La forte densité de population et l’importance du patrimoine culturel sont la conséquence du fait que cette partie de la Croatie a généralement été épargnée des destructions de guerre dans le passé. Pour cette raison, la Croatie centrale possède un grand nombre de villes médiévales préservées, d’anciennes ruines et fortifications au sommet

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des montagnes, de châteaux, forteresses et palais romantiques, d’églises somptueuses et de musées importants. La Croatie centrale est constituée d’une série de petites régions historiques, la région escarpée de Hrvatsko Zagorje, au nord de Zagreb, Međimurje, entre les rivières de la Mure et de la Drave, le plateau de la Podravina, le long de la Drave, et la Posavina, le long de la Save, la Banovina, dans le sud karstique, ainsi que le Prigorje, la Moslavina, le Turopolje et le Žumberak. Pour cette raison, Zagreb, capitale de la Croatie située au centre de cette région, offre à ses habitants et invités une série d’attractions diversifiées dans ses alentours. Étant donné que dans le lointain passé, le centre de l’État croate se trouvait sur sa partie côtière, la plupart des monuments culturels importants de la Croatie centrale remontent au bas Moyen Âge et à l’époque moderne, bien qu’elle possède aussi de nombreux monuments préhistoriques et antiques. Une place particulière est tenue en Croatie centrale par la région densément peuplée de Hrvatsko Zagorje, connue pour la beauté de ses collines viticoles, comme par ex. autour d’une ville précisément appelée Vinagora (en français « la Montagne du vin »). Les nombreuses croix votives situées le long des routes contribuent aussi au caractère pittoresque des paysages ruraux (14). Le Hrvatsko Zagorje est aussi connu comme le lieu de naissance de nombreux Croates illustres. Le plus célèbre d’entre eux est Josip Broz Tito, chef du mouvement antifasciste et

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président de la Yougoslavie socialiste durant de nombreuses années, né dans le village de Kumrovec. On y trouve aujourd’hui un ethno-musée à ciel ouvert unique, composé d’une série de maisons rurales authentiques dans lesquelles est représenté le mode de vie des gens d’autrefois (11). L’une d’entre elles est la maison natale de Josip Broz, devant laquelle a été érigée sa statue (3). Le chef de la renaissance populaire croate du XIXe siècle ainsi que le premier président de l’État croate indépendant, Franjo Tuđman, étaient aussi originaires de la région de Hrvatsko Zagorje. C’est précisément dans le chef-lieu de la région de Hrvatsko Zagorje, Krapina, que l’on trouve aussi la plus importante zone paléontologique du pays, le site de l’homme de Neandertal de Krapina. Le Musée de l’Homme de Neandertal de Krapina (10), pour beaucoup le plus attrayant musée croate, a été aménagé en 2010 à proximité du site, à l’endroit de l’ancien musée, avec une présentation de l’évolution de l’homme de Neandertal de la préhistoire à nos jours, et des statues de l’homme de Neandertal (7) et des animaux qu’il côtoyait ont été érigées dans un parc situé sur une colline près du bâtiment. La Croatie centrale est malheureusement liée aux événements les plus horribles du passé de la Croatie. L’un des lieux en question est le village de Jasenovac, dans la région de Posavina, à côté duquel se trouvait le tristement célèbre camp de concentration oustachi durant la Seconde Guerre mondiale. On y trouve aujourd’hui un lieu commémoratif


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dominé par le monumental mémorial « la Fleur de Jasenovac » (2). Mais la Posavina est aussi connue aujourd’hui pour ses villages et leur construction populaire traditionnelle des maisons familiales et des navires conservés (12 et 13) aux structures et ornements en bois caractéristiques (8). Parmi ces villages, le plus connu est Čigoć, dans la Parc naturel de Lonjsko Polje, promulgué en 1994 premier village européen du genre (9). En raison des nombreuses eaux thermales et de la tradition de leur utilisation, la Croatie centrale possède le plus grand nombre de stations thermales de tout le pays. Certaines d’entre elles ont été fondées à l’époque de l’ancienne Rome, ce dont témoignent en particulier les thermes de Varaždin, autrefois nommé Aquae Iasae (6). Leurs bâtiments balnéaires monumentaux témoignent aussi de l’importance des thermes de la Croatie centrale, notamment à Daruvar (4) et Lipik (5). L’esprit de la Croatie centrale s’exprime cependant tout particulièrement dans les VILLES BAROQUES et de la Basse renaissance, comme Varaždin, Bjelovar, Sisak, Koprivnica, Samobor et Čakovec. Ces villes conservent un patrimoine architectural typiquement centre-européen, dont la plus grande partie date des XVIe et XVIIe siècles. Les places principales des villes sont particulièrement belles, comme celle de Koprivnica, enrichie d’un parc paysager (16), celle de Samobor, ornée d’une ancienne fontaine (17), ou la place principale de la ville des pèlerins du Très-Précieux-Sang-du-Christ, Ludbreg, sur laquelle est indiqué de manière symbolique « Centrum mundi » (« Centre du monde ») (24). De nombreux édifices attirent l’attention par leur aspect luxueux, comme le palais Prassinsky-Sermage de Varaždin, du XVIIe siècle (29). Les ponts sont aussi particulièrement remarquables, comme le Vieux pont en briques rouges de Sisak (15), et l’aspiration à la beauté est aussi visible dans l’horticulture des parcs et cimetières des villes. On trouve parmi eux le plus beau cimetière de Varaždin, décoré d’une grande haie qui lui donne l’apparence d’un parc (18). Un grand nombre de vestiges du passé et d’œuvres artistiques est conservé dans les musées que l’on trouve dans quasiment chaque ville. La plupart d’entre eux sont régionaux et possèdent différentes collections, comme le musée de Samobor (30), mais on trouve aussi des musées spécialisés, comme le Musée de l’alimentation de Koprivnica (22). La Croatie centrale possède également une forte tradition picturale et propose de nombreuses galeries, comme la Galerie Stančić à Varaždin, consacrée au plus célèbre peintre de la ville (25). En raison d’un précieux patrimoine conservé, d’un grand nombre de musées et de l’accueil chaleureux des visiteurs, la ville de Varaždin tient une place particulière parmi les villes de la Croatie centrale. Cela s’exprime particulièrement pendant le Špancirfest, un festival de rue typiquement centre-européen (19). Chaque année, vers la fin du mois d’août, le Špancirfest peut réunir près de 200 000 visiteurs, dont plus de mille interprètes d’une vingtaine de pays. Les anciennes tenues traditionnelles (20) et les manifestations costumées (21 et 26) constituent le symbole du Špancirfest. Le festival donne l’occasion aux anciens savoir-faire restaurés (28) et à la culture musicale marquée de Varaždin (27) de s’exprimer librement. Sur place, divers produits traditionnels sont vendus et des spécialités du patrimoine gastronomique peuvent être goûtées. Le Špancirfest est aussi une bonne occasion d’acheter des peintures (23). Les PALAIS, CHÂTEAUX ET FORTERESSES, dont on ne trouve nulle part ailleurs en Croatie un aussi grand nombre et dans des formes aussi luxueuses, sont considérés comme les plus beaux décors de la Croatie centrale. Parmi eux, le château de Trakošćan (37), situé au beau milieu d’une dense forêt au-dessus d’un romantique lac dans la partie nord-ouest de la Croatie, y tient la première place. Celui-ci est été bâti au XIIIe siècle comme une petite forteresse et a reçu sa forme actuelle vers la fin du XIXe siècle, à l’époque des comtes Drašković. La splendeur de Trakošćan s’exprime tout particulièrement dans ses tours (39) et dans l’entrée du château (38), et l’attention des visiteurs est également retenue par l’aménagement des bâtiments annexes et des cours (40). La popularité de ce château s’explique aussi par le fait que ses pièces abritent un musée qui possède la plus importante collection d’armes et d’ancien matériel militaire de Croatie (36). Celle-ci a été en grande partie fournie par le comte Drašković en personne, et outre les nombreux fusils anciens, on y trouve d’anciennes armures médiévales (31). Un précieux mobilier (32 et 33) ainsi que de nombreux livres et documents anciens (34) y sont aussi exposés. La Vieille ville de Varaždin du XVIe siècle (48), qui abrite le principal musée, le Musée municipal, se distingue aussi par sa somptuosité. Au nord de Varaždin, au

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centre de la province la plus au nord de la Croatie, Čakovac, on trouve le château des illustres comtes Zrinski (50), également aménagé en musée (54, 55 et 56). Au sud de la ville, on trouve aussi un très joli château, le romantique château de Maruševec (42). Encore plus au sud, sur les collines de la région de Hrvatsko Zagorje, on trouve l’impressionnant château de Veliki Tabor, dont l’aspect extérieur est demeuré quasiment inchangé depuis le XVIe siècle, époque de sa construction (46). Le château est connu comme le lieu de rassemblement des escrimeurs et fauconniers qui apprécient l’atmosphère médiévale au pied de ses remparts et dans la cour du château (47). Il est aujourd’hui aménagé en un musée (41) qui témoigne des événements mouvementés de son passé (52 et 53), dont la légende de Veronika Desinićka et de son tragique amour qui y tient une place particulière. Le Hrvatsko Zagorje possède des châteaux plus récents, comme celui d’Oršić à Gornja Stubica (43 et 49), dans lequel a été aménagé l’intéressant Musée des révoltes paysannes (58). C’est précisément là qu’à été organisée l’une des plus grandes révoltes paysannes de Croatie, ce qui explique qu’une statue de son instigateur Matija Gubec orne l’espace situé sous le château (57). Bežanec, près de Pregrada, transformé en hôtel exclusif, fait partie de ces châteaux récents (51). À proximité de Zagreb, on trouve aussi le domaine féodal préservé unique de Novi Dvori, près de Zaprešić, où vivait le ban croate Josip Jelačić. L’un des bâtiments du domaine abrite une collection de peintures du célèbre peintre croate Matija Skurjeni (61).

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Le sud-est de la Croatie centrale possède de magnifiques châteaux au bord de l’eau, comme la forteresse de Hrvatska Kostajnica (59), située au beau milieu de la rivière Una. Mais parmi ces édifices, le plus important est la forteresse de Sisak, à l’embouchure de la Kupa dans la Save (60), connue pour la grande victoire de l’armée croate sur l’armée ottomane, bien supérieure, en 1593. La forteresse de Đurđevac (62), au sud-est de la Croatie centrale, se distingue aussi par un glorieux passé similaire. Malheureusement, de nombreux châteaux ont été détruits par le temps, et seuls des vestiges, comme les remparts de la ville de Samobor (44) ou de Kalnik (45), près de Križevci, indiquent aujourd’hui leur gloire passée. La beauté du PATRIMOINE RELIGIEUX DE LA CROATIE CENTRALE n’a nullement rien à envier à celle du patrimoine historique. Quasiment chaque ville se distingue par une impressionnante église et les villages possèdent de nombreuses églises de grande valeur. Avec son important patrimoine sacré, la ville de Varaždin, connue depuis longtemps comme la ville des clochers, y tient une place particulière. Parmi ses églises, la plus importante est la cathédrale de l’Assomption de la Vierge Marie du XVIIe siècle, connue pour son splendide autel (63). L’église Saint-Jean-Baptiste, avec sa belle chaire (66), date de la même époque. Le Hrvatsko Zagorje se distingue aussi par son précieux patrimoine sacré, bien qu’il n’y ait aucune grande ville. L’église la plus importante est celle de Notre-Dame-de-Bistrica à Marija Bistrica (68 et 69), le principal centre de pèlerinage croate (65). Mais l’église qui détient la première place par


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la beauté de son autel est l’église Sainte-Marie-des-Neiges, située dans le village de Belac (67). L’église du monastère paulinien de Lepoglava (75) se distingue par son intérieur et son extérieur splendides et l’église de Vinagora (70) par son aspect extérieur fabuleux. Des églises pittoresques au riche intérieur ornent d’autres parties de la Croatie centrale. Parmi les plus belles, on peut citer l’église de Sela (64 et 72), près de Sisak, l’église de Komin (71), près de Sveti Ivan Zelina, et l’église Saint-Jeronimo de Štrigova (76), près du point le plus au nord de la Croatie. L’église Sainte-Trinité du village de Krašić (74), près de Jastrebarsko, lieu de naissance de l’archevêque Alojzija Stepinac a une place particulière. Parmi les églises catholiques non romaines, on distingue la cathédrale gréco-catholique de Križevci (73). La découverte de la culture de la Croatie centrale ne serait complète sans un regard sur les œuvres de ses ARTISTES NAÏFS, qui l’ont rendu célèbre à travers le monde. Cela concerne d’abord l’école picturale de Hlebine, située dans le village du même nom, près de Koprivnica, en Posavina.

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On y trouve deux galeries, la Galerie d’art naïf Hlebine et la Galerie Generalić (84), où sont exposées des peintures du fondateur de l’école Ivan Generalić (81), ainsi que des représentations de sa vie (87). Son fils, Josip Generalić (80 et 89), et d’autres habitants de Hlebine et des villages voisins de la Podrava se sont aussi fait connaître par leurs talents de peintre, mais c’est également le cas d’artistes naïfs d’autres parties de la Croatie centrale. Nombre d’entre eux sont toujours actifs et pratiquent, en plus de la peinture, la sculpture (88), comme l’une des rares artistes féminines de la Podrava, Ljubica Matulec (82 et 83). De nombreux artistes naïfs possèdent leurs propres galeries dans leurs villes natales, comme par exemple Ivan Lacković Croata (78) dans le village de Batinska (86), en Podrava, Ivan Rabuzin à Ključ, village de Hrvatsko Zagorje, et Matija Skurjeni, né à Veternica, à Zaprešić, près de Zagreb. La majorité des principales œuvres des artistes naïfs croates se trouvent aujourd’hui au Musée d’art naïf de Zagreb, comme les célèbres œuvres de Mijo Kovačić (79), Ivan Rabuzin (77) et Matija Skurjeni (85).


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VILLE DE ZAGREB – Capitale moderne au patrimoine médiéval et moderne préservé

Comme la grande majorité des autres capitales d’Europe, Zagreb se distingue par la richesse caractéristique de son patrimoine culturel. Pour cette raison, elle constitue une entité administrative à part entière (comitat) et une région touristique entourée par l’espace de la Croatie centrale. Étant donné que Zagreb est devenu une localité importante dès le XIe siècle et la capitale de la Croatie au XVIe siècle, la ville possède de nombreux monuments de ces époques lointaines, en particulier dans son ancien noyau préservé, la Ville haute. Le centre-ville actuel de la Ville basse se distingue par un grand nombre d’édifices de la transition du XIXe au XXe siècle. Malgré son importance, Zagreb n’a été qu’une petite ville jusqu’au XXe siècle. Quasiment toutes les principales attractions culturelles se trouvent donc dans son centre, à savoir dans la Ville basse et la Ville haute. On y trouve presque tous les plus précieux palais, églises et musées, ainsi que les plus importants hôtels. Pour cette raison, les visiteurs de Zagreb peuvent explorer à pied la plupart des monuments du patrimoine culturel. La ville a aussi conservé une atmosphère intime particulière et atypique pour les capitales de la plupart des états européens. L’abondante verdure et les nombreux parcs du centre-ville accentuent le plaisir de la visite. L’espace appelé « le Fer à Cheval de Lenuci  », succession de parcs en forme de fer à cheval qui entourent le noyau de la ville, y tient le rôle principal. Celui-ci porte le nom de l’architecte Milan Lenuci, le plus reconnu pour son œuvre au passage du XIXe au XXe siècle.

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Pour les visiteurs qui apprécient les courtes promenades et souhaitent aussi visiter les autres parties de la ville, un tramway est à leur disposition. Celui-ci est traditionnellement le principal moyen de transport public depuis le XIXe siècle, et Zagreb, comme peu de villes en Europe, se distingue par un dense réseau de tramway qui mène aux plus importantes parties de la ville. Les visiteurs disposent aussi d’un vieux funiculaire entre la Ville haute et la Ville basse, ainsi que d’un téléphérique qui conduit au sommet du mont Medvednica et duquel on peut apercevoir la verdure de toutes les parties de la ville. Cette montagne forestière (2) s’étend jusqu’à l’actuel centre de la ville, la Place du ban Josip Jelačić (1), en passant par la Ville haute même. Nous serons aussi accueillis par la verdure si nous arrivons à Zagreb par le train, car tout de suite à la sortie de la Gare principale s’étend une vue sur la série de parcs qui mènent au centre-ville. Ce spectacle accueillait également les voyageurs du célèbre Orient Express, qui reliait Paris à Istanbul et pour lequel a été construit en

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1925 le plus célèbre hôtel de Zagreb, « l’Esplanade  », qui fait aujourd’hui partie de la chaîne d’hôtel Regent (3). Juste devant cet hôtel, on trouve la partie la plus verdoyante dudit Fer à Cheval de Lenuci, le Jardin botanique de Zagreb. Si nous partons de la Gare principale directement en direction du centre-ville, nous verrons se succéder les bâtiments monumentaux de la sécession de LA VILLE BASSE, globalement construits à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Le premier d’entre eux est la Gare principale, avec sa façade caractéristique (8). De l’autre côté de la route, en face de la gare, nous serons accueillis par l’une des vues les plus célèbres de Zagreb, le Pavillon des Arts (12), le premier grand édifice croate exclusivement destiné à l’exposition. L’espace situé devant lui se distingue par un parc avec des fontaines et un mémorial dédié au premier roi croate, Tomislav (19), qui régnait sur la Croatie au Xe siècle. Si nous partons en direction du centre par la route voisine, à l’ouest de l’hôtel «  Esplanade  » (14) et du Jardin botanique, nous passerons à côté du bâtiment du Théâtre national


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croate (13) et du Musée Mimara (15). Où que l’on parte, notre chemin se terminera sur la principale place de la ville (7) où prône en son centre la statue du ban croate Josip Jelačić (5), dont elle porte aussi le nom. Les Zagrebois sont particulièrement attachés à cette statue, car elle avait été retirée de la place principale par le pouvoir communiste. Les habitants avaient acclamé son retour après l’obtention de l’indépendance croate en 1991.

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On trouve aussi aux extrémités de la Ville basse de remarquables édifices. Le plus connu d’entre eux est le bâtiment de la Maison des artistes croates, construit en 1938 par le plus célèbre artiste croate, Ivan Meštrović (16). Les palais de la Ville basse sont le plus souvent ornés d’un splendide intérieur (4 et 6) et d’un mobilier de grande valeur (9). La galerie de l’Octogone (10), précurseur en son genre des centres commerciaux modernes actuels, se distingue en particulier par son élégance.

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Aux abords de la Ville basse, de nouveaux bâtiments ont aussi poussé, comme le gratte-ciel « Cibona » (11), bien que ce type d’édifices soit plus présent dans la partie sud de la ville, plus moderne, où se distingue en particulier le bâtiment du Musée d’art contemporain (18). Mais même là-bas, le besoin des Zagrebois d’avoir de la verdure et de prendre soin de leurs enfants n’est pas oublié (20). Le lac le plus proche du centre-ville, Bundek (17), à Novi Zagreb, est pour cette raison un lieu de rassemblement particulièrement prisé des Zagrebois et de leurs visiteurs. Contrairement à la vivante Ville basse, LA VILLE HAUTE, à la base médiévale, respire le calme et la tranquillité. Sa position sur deux collines surplombant l’actuel centre-ville et ses étroites rues romantiques, sur lesquelles on arrive le plus souvent encore aujourd’hui par des portes de la ville encore plus étroites, y ont contribué. Parmi ces portes, la plus connue est la Porte de pierre (23), également un important

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lieu votif, avec sa peinture miraculeuse de la Sainte Vierge. La Ville haute est constituée de deux parties, le quartier laïc de Gradec, sur la colline ouest, et le quartier religieux de Kaptol, sur la colline est. Au centre de Kaptol prône la cathédrale zagréboise de Saint-Stéphane et de l’Assomption de la Vierge Marie qui est, avec ses 105 mètres de haut, le plus grand édifice religieux de Croatie (35). Elle a été construite au XIe siècle, mais a été modifiée plusieurs fois et n’a obtenu sa forme actuelle qu’à la fin du XIXe siècle. Sur la place de la cathédrale, on trouve une colonne avec une statue en or de la Sainte Vierge Marie (27). Parmi les autres églises de la Ville haute, l’église Saint-Marc du XIVe siècle (33), connue pour son toit orné des armoiries de la Croatie et de Zagreb, a pris une place considérable dans le cœur des Zagrebois. Juste à côté d’elle, dans le centre du vieux quartier « laïc » de Gradec, on trouve le bâtiment de l’Assemblée croate (32 et 34), avec sa porte d’entrée mo-


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numentale (29). Non loin de là, l’église jésuite Sainte-Catherine (24) se distingue par son intérieur (25) et son autel (21) majestueux. L’un des principaux espaces d’expositions de Zagreb, le Palais des Klović (22 et 38), se situe juste à côté d’elle. On trouve dans la Ville haute, selon l’avis de nombreuses personnes, le musée zagrébois le plus attractif par son aménagement, le Musée de la ville de Zagreb. Le musée est orné de pièces originales de l’histoire de la ville (36) et de représentations d’anciens Zagrebois (39), et son emplacement central est occupé par une maquette de la Ville haute (37). En face des remparts de la Ville haute, dans le paisible parc de Tuškanac, on trouve le musée du grand écrivain zagrébois et centre-européen Miroslav Krleža dans la maison où il vivait (28) et devant laquelle prône sa statue (31). La Ville basse possède encore plus de musées, et Zagreb est d’ailleurs connu pour leur grand nombre. On compte une

trentaine de MUSÉES À ZAGREB, et encore plus de galeries. Le plus célèbre d’entre eux est le Musée Mimara, qui porte le nom de son fondateur, le collectionneur Ante Topić Mimara. Il abrite environ 4 000 pièces diverses et est particulièrement connu pour sa collection de verreries (48), sa collection d’Extrême-Orient (49) et sa collection de peintures d’anciens maîtres (44 et 56), dont des œuvres de grands noms de la peinture, comme Bruegel (53) et Velazquez (54). Par le nombre et la valeur des pièces exposées (460 000), en particulier de l’époque romaine antique, la première place est détenue par le Musée archéologique. Il possède des sections particulières pour la préhistoire (52), l’Antiquité (43) et le Moyen Âge, ainsi qu’une collection unique d’Égypte. Le Musée des Arts et Métiers se distingue aussi par un grand nombre de pièces exposées (environ 160  000) qui constituent l’essence de l’histoire de la culture matérielle en Croatie (40 et 50). Parmi les 19 différentes collections,

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la collection d’horloges (45) et de meubles y tient une place particulière. Ce musée est avec le Palais des Dvorić (51) le lieu le plus utilisé pour les expositions temporaires.Parmi les galeries d’art, la Galerie Strossmayer (55), qui porte le nom de son fondateur, l’évêque Josip Strossmayer (60), se distingue par sa collection d’anciens maîtres (59). La splendide Galerie moder-

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ne est admirée pour ses œuvres d’artistes locaux des XIXe et XXe siècles (47), de Nikola Mašić, connu pour ses idylles rurales (46), à Edo Murtić et ses splendides abstractions (42). Le Musée technique, connu pour son ancienne mine, ses inventions de Nikola Tesla et ses vieux avions originaux (57), est aussi extrêmement populaire, tout comme le Musée d’art contemporain (61), depuis son ouverture en 2009.

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SLAVONIE – Europe centrale authentique sur les rives du puissant Danube

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À l’est de la Croatie, entre les grandes rivières du Danube, de la Drave et de la Save, se trouve la fertile Slavonie. C’est après la Dalmatie la plus grande région historique croate, connue pour ses plaines étendues, ses forêts de hêtres, ses coteaux viticoles pittoresques et ses caves ainsi que pour ses églises et palais anciens. Le patrimoine folklorique croate, avec ses calèches décorées, ses costumes traditionnels pittoresques, les sons de ses tambouritsas et ses spécialités culinaires uniques, y est particulièrement bien conservé. C’est aussi après la Croatie centrale la plus grande région touristique de Croatie. Elle est composée de cinq comitats : Virovitica-Podravina, PožegaSlavonie, Brod-Posavina, Osijek-Baranja et Vukovar-Syrmie. Pour l’instant, la région est relativement peu fréquentée par les touristes, car elle est éloignée des principales routes touristiques qui mènent généralement à la mer. Mais elle offrira à ceux qui souhaitent la découvrir de nombreuses et agréables surprises, en particulier aux amateurs sentimentaux d’événements culturels cachés. Bien qu’en raison de sa position centre-européenne, la Slavonie possède une culture semblable à celle de la Croatie centrale, elle s’en démarque par de nombreuses choses. En effet, alors que la Croatie centrale a été épargnée par les destructions de guerre, la Slavonie a connu une grande partie de son histoire l’occupation turque, de laquelle elle ne s’est libérée qu’au début du XVIIIe siècle. Pour cette raison, ses habitants actuels sont majoritairement des immigrés des autres régions de la Croatie, et en partie des autres régions de l’Empire des Habsbourg, dont elle a ensuite fait partie. En raison de ces circonstances historiques, la Slavonie possède relativement peu de monuments culturels anciens. Cependant, quelques précieux monuments de l’Âge de bronze ont été préservés, comme le symbole particulier de la Slavonie, la Colombe de Vučedol, vieille de plus de 4 000 ans (8). On y trouve aussi les vestiges de cités et forteresses antiques autrefois puissantes et de rares monuments du Moyen Âge pré-turc ont été conservés dans certains recoins de la région. Les remparts de la ville croate la plus à l’est, Ilok (3), qui surplombe le Danube, en font partie. Grâce à eux, la ville a résisté aux offensives turques jusqu’au début du XVIe siècle. Ils ont ensuite été utilisés par les Turcs et ont été conservés jusqu’à aujourd’hui grâce à leur solide structure. La plupart des monuments culturels de Slavonie remontent au XVIIIe siècle, lorsqu’ont été bâtis les édifices les plus attractifs, en particulier les églises, témoins du retour de cet espace aux mains chrétiennes. Elles sont souvent ornées de splendides autels, comme le monastère franciscain de Slavonski Brod (2). Cette époque est aussi liée à une grande prospérité économique, ce dont témoignent les armoiries décorées des corps de métiers de la ville de Požega (4). En raison de son encerclement par les rivières du Danube, de la Drave et de la Save, la Slavonie est aussi devenue une importante région de transit (5). La marchandise était alors transportée depuis les ports de rivière par des attelages de chevaux, et la Slavonie est encore aujourd’hui connue pour sa tradition d’élevage de chevaux (1).

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Malheureusement, en raison de son importance transitoire et de ses paysages de plaines, la Slavonie a depuis toujours été convoitée par les grandes armées conquérantes, et son espace a été exposé à de terribles destructions lors de quasiment toutes les grandes guerres. Elle a particulièrement souffert pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque s’y est déroulée sur le Danube, près de Batina, l’une des plus grandes batailles entre les nazis et l’Armée rouge soviétique. Un monument du sculpteur croate Antun Augustinčić (6) y a été érigé à la mémoire de cette bataille. De toutes les parties de la Croatie, c’est aussi la Slavonie qui a le plus souffert pendant la Guerre de Croatie, en particulier la ville de Vukovar. Cette ville martyre a été presque entièrement détruite par l’Armée populaire ex-yougoslave et a connu l’un des plus grands génocides d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, ce dont témoignent le mémorial d’Ovčara et le monument aux héros du cimetière de Vukovar (7). Pendant la Guerre de Croatie, la plus grande ville de Slavonie, Osijek, a aussi connu de nombreux dégâts, mais est aujourd’hui presque entièrement restaurée. Sa vue sur les rives de la Drave, avec ses PALAIS URBAINS caractéristiques, comme celui qui abrite le principal théâtre de la ville (12), est dominée par la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul

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(9), érigée sur la place principale de la ville, la Place Ante Starčević (10). D’autres palais monumentaux embellissent aussi les autres villes de Slavonie, comme Vinkovci (11), Vukovar (20), Virovitica (14), Slavonski Brod (15 et 18) et tout particulièrement Požega (13 et 16). Cette ville, autrefois la plus importante de Slavonie, se distingue par l’une des plus belles places de Croatie (19), même si les habitantes de Slavonski Brod (17), aujourd’hui la seconde plus grande ville de Slavonie, ne sont certainement pas de cet avis. Cependant, de tout le patrimoine architectural baroque de la Slavonie, la première place est détenue par la Forteresse d’Osijek. La construction de cette alliance unique d’une forteresse militaire et d’une ville, où l’on connaît une vie urbaine ordinaire, a débuté en 1712 sur le modèle des fortifications militaires hollandaises. Outre les remparts, qui sont en grande partie détruits, la Forteresse est restée jusqu’à aujourd’hui dans un état quasi inchangé (32). Elle abrite aujourd’hui l’Université d’Osijek et le Musée de Slavonie (24) ainsi que la plus grande attraction, le Musée archéologique contemporain (28 et 29). Cette forteresse, également le seul monument culturel de Slavonie, a été proposée pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. À la différence de la Forteresse d’Osijek, les anciens rem-


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parts de défense de Slavonski Brod ont été bien conservés (27). Comme la plupart des forteresses slavonnes du XVIIIe siècle, cette forteresse a été imaginée par l’illustre chef de guerre, le prince Eugène Savojski. La forteresse occupe aujourd’hui en grande partie une fonction touristique en servant de musée (21) et d’espace destiné à la conservation des anciens savoir-faire (38), et est en partie utilisée par la mairie de Slavonski Brod (42) pour ses propres besoins. Parmi les anciens complexes de fortifications de Slavonie, les fortifications de la ville d’Ilok, avec le monastère franciscain et le château de la famille romaine Odeschalchi (anciens princes d’Ilok), où a été aménagé un musée contemporain, sont restées relativement bien conservées (34). Au pied du château, on trouve la très célèbre cave d’Ilok (26), où l’on produit un vin réputé, l’Iločki traminac. Non loin de là, le domaine de villégiature de Principovac (35) est utilisé pour diverses festivités en raison de son aménagement attractif. Contrairement à Ilok, la ville médiévale autrefois puissante de Ružica, située au-dessus de la ville d’Orahovica sur le

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mont Papuk, n’a conservé de ses remparts que des ruines (36). Le musée de Batina, érigé sur le lieu d’une grande bataille de la Seconde Guerre mondiale, témoigne cependant de la riche histoire militaire moderne de la Slavonie et de la Baranja (25). En raison des constructions relativement récentes en Podravina slavonne, on trouve de nombreux châteaux et palais conservés à l’ouest d’Osijek. Parmi eux, le plus monumental est le château de Prandau-Normann, à Valpovo (22), avec ses remparts partiellement conservés (31). Le plus élégant est le château classiciste Pejačević à Našice (39), entouré d’un joli parc paysager et d’un lac (40), qui porte le nom de l’illustre famille de comtes (33) qui régnait autrefois sur la plus grande partie de la Podravina. Ce château a été habité par la célèbre compositrice et pianiste Dora Pejačević, dont le piano (23) est l’une des principales pièces du Musée régional de Našice. Un autre château des Pejačević orne le centre de la ville la plus à l’ouest de la Slavonie, Virovitica (30). Mais le plus par-


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ticulier est le récent château de Prandau Mailath, à Donji Miholjac, près de la rivière de la Drave, construit au début du XXe siècle dans un style anglais de maison de chasse atypique pour cette région (37). On trouve aussi de jolis châteaux plus au sud, dans la vallée viticole de Požega, comme le château de Kutjevo (41), à côté d’une célèbre cave à vins du XIIIe siècle. LE PATRIMOINE SACRÉ DE LA SLAVONIE a aussi conservé l’esprit de l’époque à laquelle il a été construit. Les plus précieux édifices sont situés dans les centres épiscopaux, comme Požega, qui possède l’un des plus beaux bâtiments épiscopaux (49) sur sa place principale, la Place SainteTrinité. La place est aussi ornée du « Kužni pil », un monument érigé à la mémoire des victimes de la peste (48). L’édifice sacré le plus monumental de Slavonie est la cathédrale de Đakovo, construite par l’évêque de la ville, Josip Juraj Strossmayer, pour faire de Đakovo le centre religieux de la Slavonie. La cathédrale de Đakovo est très belle de l’extérieur, avec ses briques d’une couleur rouge captivante (47), comme de l’intérieur, orné d’un splendide autel et de magnifiques vitraux (43). La couleur rouge caractéristique est aussi visible sur l’extérieur de la principale église d’Osijek, l’église Saint-Pierre-et-Paul (46). Le monastère franciscain de Virovitica, avec l’église Saint-Roch (55), se distingue aussi par sa beauté, en particulier l’intérieur de l’église (50), la cour du monastère (56) et le réfectoire (45). Les Franciscains sont aussi loués pour la splendeur de l’église Sainte-Trinité de Slavonski Brod (52) et le monastère de Šarengrad, près du Danube (54). Quelques petites églises ont également une valeur exceptionnelle, comme l’église SaintLaurent de Lipovac, en Syrmie (58), ou l’église Saint-Pierre-et-Paul à côté du village de Topolje, en Baranja, érigée par le prince Eugène Savojski en signe de reconnaissance pour la victoire sur les Ottomans (59). L’église dont la signification dépasse l’importance de son aspect extérieur est la petite église templière Saint-Martin de Našice (60), l’une des rares églises conservées de l’époque pré-turque. L’église Toussaints de Đakovo (51), avec son intérieur préservé d’ancienne mosquée turque, ainsi que la chapelle construite au sein des remparts du château de Valpovo (57), sont tout aussi particulières. Parmi les édifices religieux à l’aspect particulier, on distingue aussi l’église Sainte-Thérése d’Avila de Suhopolje, près de Virovitica, l’église Saint-Dimitri de Brodski Drenovac (46) et le monastère orthodoxe Saint-Nikola, près d’Orahovica (53). Enfin, une promenade culturelle en Slavonie ne peut être imaginée sans le contact avec sa CULTURE POPULAIRE unique. Elle émane de la pastorale des villages slavons, comme Davor, sur la Save, avec ses toits couverts d’herbe (68), et de la richesse des grandes cours avec leurs vieilles voitures (67). Les couleurs chaudes des façades (69) et la simplicité de l’intérieur des maisons (63) témoignent aussi de l’âme de la Slavonie. Les grandes maisons rurales fabuleuses (66) et les maisonnettes destinées au repos du travail laborieux dans l’environnement viticole, comme celles situées sur les collines des vignobles de Požega (64), sont d’une égale beauté. Parmi ces villages, Zmajevac, en Baranja, avec les clochers de ses églises harmonieusement insérées parmi les maisons du village le long de la rue principale (61), se distingue tout particulièrement par sa beauté. L’esprit de cette contrée peut être encore mieux ressenti en entrant dans les maisons des vignerons de Baranja (62) et en goûtant aux vins légers qu’ils gardent dans leurs caves soigneusement aménagées (65).

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DALMATIE – RÉGION DE ZADAR – Aux origines de l’ancienne

culture croate

La Dalmatie est la région la plus grande de Croatie et la plus connue au monde. Elle s’étend jusqu’à l’extrême sud de la Croatie et est donc l’espace du soleil, de la mer chaude, des oliviers, du vin, du poisson, de la poésie et des villes pittoresques avec leurs maisons en pierre – la véritable Méditerranée primaire. C’est la partie la plus riche sur le plan culturel, où l’on ne trouve pas moins de cinq des six lieux protégés en tant qu’éléments du Patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Comme nous arrivons en Dalmatie le plus souvent du nord, nous sommes accueillis par la première des régions touristiques de Dalmatie, le territoire dalmate de Zadar, qui comprend le comitat du même nom.

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On y trouve le centre historique de la Dalmatie, Zadar, ainsi que les îles de Pag, Dugi otok, Ugljan, Pašman et de nombreuses petites îles. Le territoire de Zadar possède, de plus, le plus grand nombre d’îles habitées de toutes les régions touristiques de Croatie, et le vaste arrière-pays continental est aussi connu comme le territoire agricole le plus développé de toute l’Adriatique croate. Toutes ces contrées sont riches d’un patrimoine historique dont les débuts remontent à l’âge préhistorique, et en particulier d’un patrimoine de l’Antiquité et du haut Moyen Âge. En raison de sa qualité de vie attractive et de son importante position stratégique au centre de l’Adriatique croate, le territoire de Zadar a durement souffert lors des nombreuses guerres, dont la Guerre de Croatie. On y trouve de nom-

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breuses traces de vie datant de l’âge préhistorique et de l’âge des anciens peuples illyriens et romains, et c’est précisément sur le territoire de Zadar que s’est développée la première royauté croate et que l’on trouve le plus grand nombre de monuments de l’ancienne culture croate. C’est au VIIe siècle que les Croates sont arrivés au contact de la culture antique, dont on trouve des vestiges à chaque pas, et ont été l’un des premiers peuples européens à adopter le christianisme. Bien qu’à partir du XVe siècle, la partie côtière du territoire de Zadar ait été occupée par les Vénitiens et que l’arrièrepays soit tombé sous la domination de l’Empire turc, l’espace de la partie zadaroise de la Dalmatie a toujours conservé un fort esprit national croate. Celui-ci s’est aussi maintenu à l’époque du pouvoir autrichien, du XIXe siècle à la fin de


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la Première Guerre mondiale, avant de renforcer, précisément sur le territoire de Zadar, le mouvement national avec l’aspiration d’unir la Dalmatie à la Croatie, qui s’est d’abord concrétisée au sein de l’ex-Royaume de Yougoslavie, puis de la Croatie indépendante à partir de 1991. Aujourd’hui, ce fort esprit national conduit vers un développement économique particulièrement rapide, ce qui explique que Zadar et ses alentours appartiennent aux parties les plus dynamiques de la Croatie sur le plan économique. Malgré un fort développement, le patrimoine naturel de la région de Zadar est resté préservé, et les nombreux monuments culturels sont toujours harmonieusement intégrés dans le paysage naturel (4) et la structure urbaine des villes (5). L’un des meilleurs témoignages de la grande importance

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historique de la région zadaroise et de la grande valeur de son patrimoine est le noyau historique de la ville de ZADAR, le plus grand de l’Adriatique croate (1). La ville et les îles voisines, comme Pašman (3), sont aussi liées à un patrimoine sacré exceptionnellement riche. Les habitants de Zadar, la seconde ville de Dalmatie par sa grandeur, considèrent le coucher de soleil sur leur rivage comme le plus beau du monde, ce que le réalisateur britannique Alfred Hitchcock a aussi déclaré lors de sa visite de Zadar dans les années 70. On trouve aujourd’hui à cet endroit un impressionnant complexe d’installations particulièrement intéressant et réjouissant pour les habitants, les Orgues marines et le Salut au soleil (2). Parmi les nombreuses églises de Zadar, l’église Saint-Donat

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du IXe siècle (8), à la forme ronde unique (7), symbole particulier de la ville de Zadar et partie immanquable de sa vue, a une place particulière. On y trouve également la basilique Saint-Chrysogone du XIIe siècle (9 et 10), la cathédrale Sainte-Anastasie des XIIe et XIIIe siècles (6) et l’église Saint-Simon des Ve – XVIIIe siècles, dont le corps est conservé dans le célèbre coffre de l’autel principal (13). Le statut de centre archiépiscopal depuis le XIIe siècle témoigne aussi de l’importance de Zadar. Pour cette raison, l’Exposition permanente du Musée d’Art sacré populairement appelé, d’après le grand écrivain croate Miroslav Krleža, « l’Or et l’argent de Zadar », se distingue par ses nombreuses œuvres artistiques en or et pierres précieuses, en

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particulier les croix (11), et par ses importantes peintures religieuses (15). Le noyau historique de Zadar est parsemé de divers monuments culturels – les remparts, les tours, les églises, les palais, les édifices publics et les majestueuses portes. Parmi les tours, on distingue la tour du Capitaine, et parmi les portes, celle de la Terre ferme (11), chef-d’œuvre de l’architecte de la Basse renaissance Michele Sammicheli. Zadar abrite le Musée du verre antique qui se distingue par sa collection unique et son exposition permanente (14) ainsi que par son aspect général (16). Hors des remparts, Zadar est aussi loué pour quelques œuvres architectoniques modernes, parmi lesquelles on distingue le nouveau complexe sportif, avec sa salle de basketball et sa piscine couverte (17), et le Salut au

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soleil (18), une remarquable installation visuelle. Étant donné qu’au haut Moyen Âge, Zadar était le centre de la Dalmatie byzantine, c’est la ville de NIN qui tenait le rôle de centre religieux du royaume croate autour de lui. Cet îlot pittoresque (17), dans lequel on entre par plusieurs portes anciennes (22 et 26), a abrité une ville du peuple illyrien des Liburnes dès le IXe siècle avant J.C. Nin étant devenu le centre des évêchés croates, une église médiévale d’une valeur exceptionnelle, l’église Sainte-Croix, à l’aspect particulier, y a été construite au XIe siècle, mais l’intérieur de la ville est aussi orné d’autres petites églises et chapelles (25). Sur une colline à proximité de Nin, on trouve une autre perle de l’art médiéval croate, la petite église romantique Saint-Nicolas (19). L’église Saint-Anselme, autrefois cathé-

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drale à l’époque du Christianisme ancien et au Moyen Âge, avec son clocher du XIIe siècle (24), joue aujourd’hui le rôle d’église paroissiale. Le trésor de l’église paroissiale recèle de très précieux objets de l’ancienne cathédrale datant du lointain passé croate, avec les inscriptions des noms de puissants donateurs, comme les princes Šubić (20 et 21). La collection archéologique conserve une précieuse collection d’artefacts de la préhistoire à nos jours, avec un accent particulier mis sur la période romaine et l’époque de la Croatie ancienne (23 et 29). Les restes des navires croates du haut Moyen Âge retrouvés dans la lagune de Nin ont une valeur particulière (28). L’arrière-pays continental zadarois des microrégions RAVNI KOTARI ET BUKOVICA offre également de précieux monuments culturels et historiques. Parmi eux, les monuments croates liés aux chevaliers des Templiers et de Malte y ont une place particulière. Leur centre se situait dans la ville de Vrana, et jusqu’à leur chute aux mains des Turcs au XVIe siècle, les célèbres prieurs de Vrana avaient un rôle clef dans la direction de l’état croate médiéval. Aujourd’hui, il ne reste de Vrana que ses remparts (37), disposés le long

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du village du même nom sur les rives du lac de Vranje, et les restes d’une auberge turque (caravansérail), donation de Jusuf Mašković, amiral de l’armada turque né à Vrana. Le centre actuel des Ravni Kotari, la ville de Benkovac, se distingue par une puissante forteresse et une ancienne église située à côté d’elle (38). Benkovac était aussi un centre important à l’époque antique, ce dont témoignent, non loin de là, les restes de la ville romaine antique d’Asseri (33). À proximité de Benkovac, on trouve les anciennes forteresses de Kličevica (34) et de Karin (42), qui abrite le monastère franciscain de Karin des XVe – XVIIIe siècles (39 et 40), dans le golfe adriatique de la mer de Karin, au plus profond du continent. La mer de Karin se déverse, à travers la gorge de Ribnica, dans le golfe de la mer de Novigrad, qui porte le nom d’une petite ville pittoresque située au pied d’une ancienne forteresse médiévale (31). Encore plus loin vers l’intérieur, dans le désert karstique du versant sud-est du mont Velebit, on trouve le monastère orthodoxe de Krupa du XVIe siècle, situé dans la vallée de la rivière du même nom (32) et dont l’église, connue pour son intérieur orné de fresques, date de 1602 (36). Les Ravni Ko-

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tari et la Bukovica offrent aussi un grand nombre de petites églises anciennes (41), qui sont harmonieusement intégrées au paysage environnant, entre les versants du mont Velebit et les rivages de la mer (35). Les nombreuses ÎLES DE ZADAR possèdent aussi un précieux patrimoine historique, et le territoire de Zadar se distingue par son littoral exceptionnellement découpé, raison pour laquelle elle est tellement appréciée des plaisanciers. Parmi ces îles, l’île de Pašman, avec ses deux précieux monastères placés l’un à côté de l’autre, le monastère franciscain de Kraj, des XIVe – XVIIIe siècles (48), et le monastère bénédictin de la colline de Ćokovac, au-dessus de Tkon, des XIIe – XVe siècles (49), a une place particulière. Ce dernier est important car il est l’unique monastère bénédictin d’hommes actif en Croatie. Il se distingue aussi par une précieuse collection de peintures anciennes (47). À côté de l’île d’Ugljan, sur l’îlot de Galevac, on trouve le joli monastère des Franciscains du Troisième Ordre du XVe siècle (51).

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Les îles de Zadar offrent aussi des forteresses et tours anciennes, comme Kaštelina, sur l’île de Vir (50), ou encore Toreta, point de vue situé sur Silba (53). À Veli Rat, sur l’île de Dugi Otok, on trouve aussi l’un des plus beaux phares de Croatie (43). Cependant, le patrimoine culturel le plus précieux des îles de Zadar se trouve sur la plus grande île, Pag, l’île du sel, du fromage et de la dentelle. Elle est reliée au continent par un pont et est encore aujourd’hui fortifiée par des tours préservées (45 et 52). Le noyau de l’actuelle ville de Pag du XVe siècle (46), avec son quadrillage de rues et de places orthogonal, a certainement été réalisé selon un projet du célèbre architecte et sculpteur croate Juraj Dalmatinac. Dans son centre, on trouve l’église de l’Assomption de la Vierge Marie, qui date de la même époque (44).


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DALMATIE – RÉGION DE ŠIBENIK

– Gardienne des monuments de l’architecture méditerranéenne qui a marqué le monde

Si nous partons de Zadar en direction du sud, nous serons accueillis par le territoire dalmate de Šibenik, connu pour ses parcs nationaux de la Krka et des Kornati. Mais cette région, constituée par le comitat de Šibenik-Knin, possède aussi un très précieux patrimoine culturel. D’ailleurs, le comitat lui-même porte le nom des deux plus importantes villes historiques, l’importante ville de Šibenik, chef-lieu situé sur la côte de l’Adriatique, mais aussi la ville royale autrefois importante de Knin, dans l’intérieur de la Zagora dalmate. La région dalmate de Šibenik se compose, tout comme le territoire voisin de Zadar, de trois parties, le littoral dont la partie centrale abrite la ville de Šibenik, la partie insulaire très séparée, avec les îles de Murter, Prvić, Kaprij, Žirje, Zlarina et Krapanj, ainsi que le vaste arrière-pays de la Zagora dalmate autour des villes de Drniš et Knin. Même s’il ne possède aucune grande île, le territoire de Šibenik possède le plus grand nombre d’îles de toutes les régions dalmates, car il comprend l’archipel adriatique découpé des Kornati. Comme les autres parties de la Dalmatie, le territoire de Šibenik offre de nombreux monuments culturels de la préhistoire à nos jours. On y trouve un nombre particulièrement grand de monuments des époques illyrienne, romaine et du haut Moyen Âge, et ceux des XVe et XVIe siècles ont la plus grande valeur. Pour l’histoire de la

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Croatie, ce territoire est important car il constituait le centre du royaume croate du haut Moyen Âge dirigé par les rois et princes croates à partir du IXe siècle et ce, jusqu’à l’union avec la Hongrie au XIIe siècle. Ainsi, contrairement à la plupart des villes dalmates construites sur les fondements de villes antiques, Šibenik est la première grande ville croate authentique de la côte. Elle est apparue au XIe siècle, à l’époque du roi Petar Krešimir IV, d’après lequel la ville est appelée affectueusement la ville de Krešimir. À cette époque, la capitale de la Croatie était Knin, que l’on appelle encore aujourd’hui la ville de Zvonimir, d’après le roi qui l’avait choisi comme capitale. Le monument le plus connu et le plus précieux de cette partie de la Dalmatie est la cathédrale de Šibenik, protégée car faisant partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve aussi la ville pittoresque de Primošten et ses vignobles ainsi que de nombreux sites archéologiques antiques, en particulier à Bribirska Glavica et dans les environs de Knin. Parmi les édifices sacrés, le monastère franciscain de l’îlot Visovac (1) se distingue par sa beauté et son emplacement unique sur un îlot au beau milieu d’un lac situé dans le prolongement de la rivière Krka. Non loin de là, dans un canyon de la rivière Krka, on trouve aussi le monastère orthodoxe Saint-Archange (3), qui est considéré, avec le monastère de Krupa, comme le plus précieux monument de l’Église orthodoxe serbe en Croatie. Le symbole particulier de cette partie de la Dalmatie est ses nombreuses forteresses, témoins d’un passé mouvementé. Ainsi, on distingue à Šibenik même trois forteresses monumentales, Saint-Jean, Sainte-Ana et Šubićevac (2), et l’unique porte maritime de Šibenik, à travers l’étroit chenal Saint-Ante (8), où est située la monumentale forteresse Saint-Nicolas du XVIe siècle (9), est aussi fortifiée. La remarquable église récemment construite dans le village de Kijevo, au pied de la plus haute montagne croate, la Dinara, témoigne également des souffrances de la récente guerre (6). Le territoire de Šibenik est connu pour ses nombreux lieux pittoresques, comme Skradin, sur la rivière Krka (5), ou Prvić Šepurine, sur l’île de Prvić (4). Ce caractère pittoresque est aussi marqué dans les villages de l’arrière-pays de la Zagora dalmate, d’où est originaire le plus grand sculpteur croate, Ivan Meštrović. C’est son village natal, Otavice, qu’il a aussi choisi comme lieu de sépulture en y érigeant un mausolée unique (7). Mais le monument culturel le plus important de la cette partie de la Dalmatie est cependant la CATHÉDRALE SAINT-JACQUES de la ville de Šibenik. Cet édifice grandiose a été bâti

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en plus de 100 ans, de 1431 à 1535, et le principal responsable de son aspect est le plus grand architecte et sculpteur croate, Juraj Dalmatinac, tandis que sa coupole a été achevée par Nikola Firentinac. Les principales raisons de son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO sont son alliance unique des styles gotique et renaissance (10 et 16) et le mode de construction particulier avec de grands blocs de pierre. Ce type de construction s’exprime tout particulièrement dans la coupole de la cathédrale (15). Et l’intérieur est encore plus impressionnant que son splendide extérieur (12). Une valeur supplémentaire a été donnée à cet édifice par la frise ornée de 71 têtes d’hommes, de femmes et d’enfants (11 et 13), l’intérieur de l’église richement décoré de sculptures (14) et le magnifique portail (21). La cathédrale est harmonieusement intégrée dans le noyau de la ville de Šibenik et ses étroites rues escarpées aux pieds des versants de la colline de Šubićevac (17), qui offrent aussi d’autres précieux monuments culturels. De nombreuses églises se distinguent particulièrement, comme l’église Sainte-Barbara (19), Saint-Jean (20) et l’église orthodoxe de l’Assomption de la Vierge (18), à l’endroit d’une ancienne église catholique. Parmi les édifices laïcs de Šibenik, on distingue le bâtiment renaissance de la Mairie du XVIe siècle (22). LE LITTORAL ET LES ÎLES de cette partie de la Dalmatie ne possèdent pas autant d’édifices monumentaux de grande valeur que la ville de Šibenik, mais c’est pour cette raison que l’attention des visiteurs est retenue par le caractère pittoresque et la préservation du patrimoine populaire. Cela se rapporte particulièrement à la ville de Primošten (24), sur une presqu’île escarpée reliée au continent par un isthme étroit sur laquelle s’étendent de célèbres vignobles, exemple d’un travail humain assidu sur une pierre peu fertile (32). La valeur des vignobles de Primošten est aussi démontrée par le fait que le Jardin croate, dans lequel ils avaient le rôle principal, a reçu la médaille d’or à l’exposition mondiale « Japan Flora 2000 ». Après cela, une procédure de classement des vignobles de Primošten sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO a aussi été entamée, appuyée notamment par le fait que leur photo orne un lieu important de l’intérieur du bâtiment de l’UNESCO à Paris. Les anciennes coutumes ont également été préservées dans les villages autour de Primošten, comme dans

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le domaine du Palais de Jurlina (29), où l’on peut voir comment on vivait (27) et travaillait (30) autrefois. De nombreuses localités insulaires se distinguent par leur authenticité et leur préservation des traditions, comme Betina sur l’île de Murter (23), connue pour sa tradition de fabrication de bateaux en bois (26). On y trouve aussi le centre de pêche Murter (25), dont les habitants sont propriétaires des terres des îles Kornati (33) depuis des temps anciens, et la plus petite île habitée, Krapanj (31), connue pour sa tradition de pêche à l’éponge (28). L’île abrite aussi un monastère franciscain, avec un musée régional typique. L’espace intérieur de la ZAGORA DALMATE recèle aussi de nombreuses attractions, en particulier de l’Antiquité et du haut Moyen Âge. Le site le plus important est Bribirska Glavica, sur une colline près de Skradin, avec ses remparts de l’époque illyrienne partiellement conservés et ses vestiges d’une ville de l’époque romaine (35) et de la Croatie ancienne. À côté d’un canyon de la rivière Krka, on trouve le site de Burnum, avec ses restes conservés de camp romain bâti sur les fondements d’un camp illyrien encore plus an-

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cien (41), à côté desquels on trouve les restes d’une arène romaine (44). Le village de Danilo, à proximité de Šibenik, abrite les vestiges d’un village préhistorique (43). L’intérieur de l’église Saint-Salut du IXe siècle, au pied de la plus haute montagne de Croatie, la Dinara, connue comme la plus vieille église croate au clocher préservé (40), constitue une attraction tout à fait particulière. Au pied de la Dinara, dans la ville de Knin, on trouve certainement la plus grande forteresse renaissance du XVIe siècle (34). Elle abrite un petit musée (37) qui présente des pièces d’un passé lointain, mais aussi plus récent, de la Guerre de Croatie (36). On trouve aussi de nombreuses forteresses autour de Drniš (45), sur la rivière Krka, comme Nečven grad (46) ou la forteresse surplombant la ville même de Drniš (42). Le célèbre sculpteur croate Ivan Meštrović étant originaire des alentours de Drniš, son musée possède une riche collection de ses œuvres. Outre ses sculptures (39), il conserve l’une de ses rares peintures – la figure de la Vierge (38).


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DALMATIE – RÉGION DE SPLIT

Trois grands complexes monumentaux protégés par l’UNESCO et bien d’autres monuments 94


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La région la plus touristique de la Dalmatie est la partie située autour de sa plus grande ville, Split, qui ne comprend qu’un seul comitat, le comitat de Split-Dalmatie. Cette région est le centre et le véritable cœur de la Dalmatie. C’est là que vit la majorité de ses habitants et où l’on trouve les principales îles dalmates et les plus belles plages. On y trouve aussi le plus grand nombre de précieux monuments culturels et trois des sept sites déclarés Patrimoine mondial de l’UNESCO – le centre historique de Split, avec le palais de Dioclétien, la ville historique de Trogir et la plaine de Stari Grad, sur l’île de Hvar. Si la Dalmatie constitue précisément, comme beaucoup le disent, la Méditerranée authentique, sa partie centrale autour de Split est précisément le cœur de toute la Méditerranée.

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La partie splitoise de la Dalmatie a partagé le destin historique des autres parties de la Dalmatie, mais en raison de sa position centrale et de la protection de son vaste arrière-pays, elle a été un peu moins exposée aux dévastations que ses contrées voisines. C’est pour cette raison que tant de gens y vivent et que l’authentique esprit méditerranéen y est si bien préservé. Cela vaut en particulier pour la ville de Split, la plus grande ville de Croatie après Zagreb et son principal centre culturel. À proximité de Split, on trouve aussi d’autres grandes villes côtières de la Dalmatie centrale, Trogir et Omiš, tandis que plus au sud s’étend la riviera pittoresque de Makarska. Presque toutes les grandes îles dalmates, Brač, Šolta, Čiovo, Hvar et Vis, sont alignées une à une en face de Split, et c’est aussi vers Split qu’est orientée la plus grande 10 partie de l’intérieur de la Dalmatie, avec les villes de Sinj, Imotski, Vrlik et Vigorac. Bien que tous ces espaces soient riches d’un patrimoine culturel de la préhistoire à l’époque moderne, ce qui rend la partie centrale de la Dalmatie particulière est son patrimoine antique exceptionnellement bien conservé. On y trouve les deux plus importantes villes antiques de Dalmatie, la ville grecque antique d’Issa et la ville romaine de Salon, ainsi que la plus grande perle antique de la Croatie, le CENTRE HISTORIQUE DE SPLIT, AVEC LE PALAIS DE DIOCLÉTIEN. Une célèbre chanson splitoise qui raconte que l’empereur romain Dioclétien a bâti son palais sur « la plus belle partie du monde, et précisément au beau milieu de Split » (1), n’est pas loin de la vérité. Vers la fin du IIIe siècle, cet empereur romain a choisi pour son palais une vallée calme et protégée au pied de la colline forestière de Marjan, devant laquelle s’étendent des îles, toutes plus belles les unes que les autres, et où coulent encore aujourd’hui des eaux médicinales. Le palais est d’une structure régulière, presque carrée, avec des côtés d’une longueur d’environ 200 mètres, et est entouré de hauts remparts et de nombreuses tours (2). Le fait que son espace ait été presque constamment habité de cette époque à aujourd’hui et qu’il constitue toujours le centre de la vie de la plus grande ville dalmate montre combien cet emplacement est précieux. La cathédrale de Saint-Domnius (5), saint patron de Split, est située depuis des siècles dans le mausolée de l’empereur Dioclétien de la fin du IIIe et du début du IVe siècle qui, en raison de sa fonction, est considérablement cloisonné et doté à l’intérieur d’un précieux inventaire sacré. Devant son entrée, un splendide clocher a été bâti au XIIe siècle. Son magnifique intérieur est aujourd’hui encore un lieu de rassemblement de croyants, comme de nombreux touristes. Devant la cathédrale, on trouve le Péristyle, espace autrefois destiné à l’expression de l’adoration de Dioclétien, et aujourd’hui point de rassemblement de croyants et touristes et scène estivale incomparable, avec ses représentations d’opéras mythiques, en particulier l’Aïda de Verdi (4). Aujourd’hui, le palais de Dioclétien accueille des représentations théâtrales (8) et des chœurs dalmates (7) – c’est là que se déroule le quotidien de Split (11). Juste à côté, on trouve aussi des

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monuments dédiés à d’illustres Croates, comme le protecteur de la langue croate, l’évêque Grgur Ninski (12), et « le père de la littérature croate », Marko Marulić (6). On peut en sortir par quatre portes, la Porte de fer, la Porte d’or, la Porte d’argent, qui débouche sur la place splitoise Pjaca (10), et la Porte de bronze, qui mène à la rive de Split à travers les caves du palais (9). On y trouve, au bord de la mer, la promenade et le lieu de rassemblement le plus prisé des Splitois et de leurs visiteurs. On trouve aussi de nombreux monuments culturels de grande valeur en dehors des remparts du palais de Dioclétien. Parmi eux, la Procurative (27), place néo-renaissance au bord ouest du palais où se tient chaque année le Festival de la chanson dalmate qui célèbre l’amour des Splitois pour la belle chanson. De beaux palais historiques ornent également les autres parties de Split (28). Split est aussi connu comme LA VILLE DES MUSÉES. Parmi eux, le Musée des monuments archéologiques croates (16), qui abrite de précieux vestiges de la culture matérielle croate, en particulier de l’époque de l’État médiéval du IXe

au XIIe siècle, a une place particulière. On trouve aussi à Split la plus importante des trois galeries consacrées au plus grand sculpteur croate, Ivan Meštrović (13 et 14). De nombreuses et précieuses peintures sont aussi conservées au Musée de la ville de Split, qui se distingue également par son remarquable aménagement intérieur (18 et 19). Split abrite aussi de nombreuses galeries d’art, parmi lesquelles on distingue la Galerie des arts (21), située dans le bâtiment d’un ancien hôpital (22), qui possède une précieuse collection de peintures du XIXe siècle (20), ainsi que la Galerie Vidović, qui porte le nom d’un célèbre peintre croate (17). Le Musée maritime croate de Split témoigne de l’importance de la ville en tant que plus grande ville côtière croate et troisième plus grand port de voyageurs de la Méditerranée. Le musée conserve une série de maquettes de bateaux qui naviguaient sur les différentes mers au haut Moyen Âge (24) et de l’époque des grands voiliers (25) à l’époque contemporaine (23). La partie du musée consacrée à la marine militaire des XIXe et XXe siècles est particulièrement riche (26). Split n’est devenu le chef-lieu de la Dalmatie qu’après la Pre-

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mière Guerre mondiale, lorsque le chef-lieu d’alors, Zadar, est tombé sous la domination temporaire de l’Italie. Dans l’Antiquité, le centre de la Dalmatie était Salon, dont on trouve les vestiges juste à côté de la ville de Split, dans l’actuelle ville de Solin. La VILLE ANTIQUE DE SALON était une métropole de la grande province de Dalmatie, qui comprenait alors un espace sur la côte est de l’Adriatique plus grand que toute la Croatie actuelle. L’importance de Salon est démontrée par les vastes ruines (42), qui surprennent souvent les visiteurs (37) par leur emplacement dans la principale banlieue industrielle de Split. À certains endroits, on peut voir le tracé complet de certains édifices (30) et les arcs préservés d’anciens palais romains (35). Mais la plupart des découvertes de Salon sont conservées au plus important musée de Split et le plus vieux musée croate, le Musée archéologique, fondé en 1820. Le bâtiment du musée est orné d’un porche remarquable (40), et l’intérieur soigneusement aménagé (36) d’environ 150 000 pièces diverses. Outre les découvertes de Salon et d’autres villes romaines, on y trouve de nombreux vestiges de la Grèce antique et du haut Moyen Âge. Parmi les pièces exposées, on distingue les collections de sarcophages antiques (31 et 34), de sculptures en pierre (32 et 38), de lanternes antiques en argile et de verreries romaines (29 et 41), d’objets en ivoire et en métal (39) ainsi que la collection de pierres précieuses. Sur la côte de la baie de Kaštela, où se situent Split et la ville antique de Salon, on trouve une autre grande perle du patrimoine culturel de la Croatie protégé en tant qu’élément du

Patrimoine mondial de l’UNESCO, la VILLE HISTORIQUE DE TROGIR. Elle se situe sur un îlot entre le continent et l’île de Čiovo, avec laquelle elle est reliée par plusieurs ponts, et a conservé un aspect quasi inchangé depuis le Moyen Âge (43). Le site de Trogir se distingue par la continuité de son existence depuis l’époque de la Grèce antique. On y trouve par conséquent, les uns à côté des autres, des monuments de l’époque helléniste, de la Rome antique, du haut et du bas Moyen Âge. Le plus important monument culturel de Trogir est la cathédrale Saint-Laurent, construite du XIIIe au XVe siècle. Celle-ci est connue pour son portail romantique impressionnant sculpté par celui qui était peut-être alors, comme l’indique une inscription, le meilleur maître sculpteur, Radovan (47), et son autel au ciboire monumental (54). Sur la nef sud de l’église, on trouve la chapelle Saint-Jean Ursini construite au XVe siècle (49), dont le magnifique ornement des murs et du plafond (57) est considéré comme le sommet de l’architecture et de la sculpture renaissances en Dalmatie et dans laquelle Nikola Firentinac, Andrija Aleši et Ivan Duknović ont laissé leurs traces. Juste à côté de la cathédrale, on trouve la Loggia municipale du XVe siècle (56). La tour Kamerlengo (55), située à l’extrémité ouest de la ville et louée dans les mélodieuses chansons de Trogir, date de la même époque. La plus grande partie des découvertes de la riche histoire de Trogir est conservée au Musée de la ville de Trogir, dans le palais Garagnin-Fanfogna. Le musée se distingue par ses précieuses œuvres de peintres (45 et 46) et de sculpteurs

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(52) et possède une riche bibliothèque (44). Le monastère bénédictin de femmes Saint-Nicolas, du XIe siècle (50), se distingue aussi par une collection de grande valeur. Sa pièce la plus importante et le symbole particulier de la ville de Trogir est le bas-relief grec de Kairos, dieu de l’occasion opportune (53), du IIIe siècle avant J.C. Les alentours proches de Trogir abritent aussi de nombreux monuments culturels préservés. Parmi eux, le moulin du XVIe siècle de la localité de Pantana, non loin de l’aéroport de Split (48), et la tour du XVe siècle du village de Marina (51) ont une place particulière. Si nous partons des côtes de la partie splitoise de la Dalmatie pour les îles centre-dalmates, nous serons aussi accueillis par un grand nombre de monuments antiques et médiévaux, mais aussi par la verdure du paysage ainsi que des villes et villages pittoresques. Parmi ces îles, HVAR, l’une des dix plus belles îles du monde selon le célèbre magasine américain « Traveller », a une place particulière. Les visiteurs y seront principalement attirés par la beauté de la principale ville, Hvar (58), entourée d’imposants remparts médiévaux. Sa forteresse Španjola (60), qui s’élève loin au-dessus de la ville, offre des vues magnifiques sur les îles vertes de l’Enfer (61) et le large. Les petits musées et les autres espaces d’exposition de la ville de Hvar (66) recèlent de très précieuses œuvres d’art. La plus importante d’entre elles est la peinture du Dernier repas (65), située dans le  réfectoire du monastère franciscain de Hvar du XVe siècle. Pourtant, les touristes de Hvar aiment passer la plupart de leur temps sur la place principale de la ville, devant sa cathédrale, un édifice de la Basse renaissance du début du XVIIe siècle (70), et à côté du vieil Arsenal et du plus ancien théâtre croate. On y visite aussi volontiers le monastère des bénédictines, connu pour sa fabrication d’une dentelle unique en fil d’agave (67). Cependant, l’île de Hvar est depuis peu connue dans le monde entier pour l’ager de Stari Grad (Vieille Ville), l’ancien Pharos antique, qui a donné son nom à l’ensemble de l’île. En effet, cette parcelle de terre est restée intacte depuis la lointaine époque helléniste, raison pour laquelle la plaine de Stari Grad a

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été classée en 2008 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (63). On trouve ainsi au Musée de Stari Grad, autrefois la principale ville de l’île, une collection particulière consacrée à l’ancien Pharos. Outre cette collection, le musée abrite une collection maritime et ethnographique particulière ainsi que la galerie de peintures « Juraj Plančić », qui porte le nom de ce célèbre peintre croate originaire de Stari Grad (62, 71 et 83). La ville même de Stari Grad attire les visiteurs par l’atmosphère méditerranéenne authentique de ses côtes (69) et de ses rues (79). La plus importante partie du patrimoine culturel de Stari Grad est Tvrdalj, un château renaissance fortifié du XVIe siècle construit par le grand poète croate, Petar Hektorović, qui y a séjourné et écrit (72). D’autres parties de l’île, ornées de champs de lavande, de vieux murs de pierres sèches ainsi que d’anciennes églises et chapelles se distinguent aussi par leur caractère pittoresque (64). La ville de Jelsa se distingue par sa place renaissance-baroque Saint-Jean (68), Vrboska est connue pour son église-forteresse unique Sainte-Marie de la Miséricorde, du XVIe siècle (73), tandis que Velo Grablje se distingue parmi les villages à l’architecture traditionnelle en pierre préservée (59). L’île la plus grande et la plus élevée, BRAČ, ne possède pas autant de monuments antiques que Hvar, mais elle retient

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l’attention des visiteurs par ses points de vue magnifiques, ses jolis paysages méditerranéens aux murs de pierres sèches caractéristiques (82), ses plus belles plages et la blancheur des pierres de ses maisons. La pierre avec laquelle ont été construits un grand nombre de palais de Dalmatie, de Venise et une partie de la Maison blanche à Washington provient précisément des carrières antiques de Brač. Les habitants de Brač sont connus pour leur caractère particulier, qui se distingue par la réalisation de monuments dédiés aux personnalités qui les ont particulièrement touchés. Ainsi, la ville de Selce possède des monuments dédiés au pape JeanPaul II, au politicien allemand Hans Dietrich Genscher et à l’écrivain russe Léon Tolstoï (80). Le monument culturel le plus significatif de l’île de Brač est le désert Blaca, bâti au plus profond des collines par des moines glagolitiques au XVe siècle (74). Le monastère se distingue par son atmosphère contemplative mystique, son vieil observatoire et la collection de son musée (76). Le principal musée régional insulaire est situé dans l’intérieur escarpé de l’île, dans une ancienne tour (81) située dans le village pittoresque de Škrip (77). Les visiteurs de Brač sont aussi attirés par les magnifiques clochers de ses églises de pierres blanches. Le plus intéressant d’entre eux est le clocher du village de Ložišći du XIXe siècle, œuvre du sculpteur croate Ivan Rendić (75). La blancheur de la pierre de Brač orne aussi


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l’attractif musée de la famille Petrinović, situé dans la plus grande ville de Brač, Supetar (78). La grande île centre-dalmate la plus éloignée, VIS, située en haute mer, est connue pour son site helléniste, le plus important de Croatie, mais aussi pour son atmosphère méditerranéenne authentique et sa pure mer cristalline sur les rives de ses villes Vis et Komiža (88). L’isolement de cette île jusqu’en 1991 y a en partie contribué. En effet, en raison de son rôle de base militaire pendant la Yougoslavie communiste, le séjour des étrangers y était interdit. Cette authenticité est particulièrement marquée à Komiža,

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au sud de l’île (89 et 92), dont le centre est dominé par la pittoresque tour Grimaldi (86). La plus importante église de Komiža, Saint-Nicolas, s’élève au-dessus de la ville (85) et offre des points de vue magnifiques sur le large et les lointaines îles adriatiques de Biševo, Sveti Andrija et Palagruža. La vue est encore plus belle des petites églises qui s’élèvent encore plus haut au-dessus de Komiža (90). La mer autour de Komiža est depuis toujours riche en poissons, raison pour laquelle elle est connue comme l’un des principaux centres de pêche de l’Adriatique. La ville possède aussi un musée de pêche particulier, et son restaurant de poisson se distingue


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par son atmosphère particulière (87). La ville de Vis, sur la partie nord de l’île, est située dans une baie vaste et calme où les plaisanciers s’encrent avec plaisir (94). Vis est aussi orné d’anciennes églises (95) et d’harmonieuses maisons en pierre (99), et c’est précisément là que se trouvait au Ive siècle avant J.C. la plus importante ville de Dalmatie, la colonie grecque d’Issa. Les vestiges d’Issa sont conservés au Musée archéologique de Vis, connu pour sa grande collection d’amphores anciennes (96) et d’autres céramiques (97). Sa pièce la plus connue et le symbole particulier de Vis est la tête de bronze de la déesse grecque Artémis

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(93). En raison de son importante position stratégique en Méditerranée, Vis a connu en 1866 l’une des plus grandes batailles maritimes entre les marines habsbourgeoise et italienne, dont on commémore encore aujourd’hui la date anniversaire (98). L’île de Vis a joué un rôle important pendant la Deuxième Guerre mondiale, car elle abritait en 1944, dans une grotte de l’intérieur de l’île, le commandement suprême de l’armée partisane du général Josip Broz Tito (100). Pour terminer notre voyage en Dalmatie centrale, intéressons-nous un peu à son intérieur karstique, la ZAGORA

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DALMATE, pays d’origine de fiers montagnards et guerriers, connus pour leur préservation des anciennes coutumes. La plus célèbre de ces coutumes est le tournoi croate de chevalerie « l’Alka de Sinj ». Elle se déroule chaque année dans la plus grande ville de la Zagora dalmate, Sinj, pour l’anniversaire de la bataille de 1715, où les 500 soldats croates de Sinj ont repoussé l’offensive de 60 000 soldats turcs. Dans cette compétition chevaleresque, le cavalier, paré du costume traditionnel de l’alkar (105), tente à trois reprises de toucher avec une lance le centre d’un petit anneau en fer, «  l’alka  » (106), sur un cheval en pleine course et de réunir ainsi le plus grand nombre de points pour la victoire. Les autres participants de l’alka sont aussi vêtus de costumes traditionnels (102), tout comme les jeunes filles de Sinj et de ses alentours (103). Outre l’Alka, Sinj est connu pour son pèlerinage à la Vierge miraculeuse, le principal de Dalmatie (101), et possède un intéressant musée (104). Les alentours de Sinj possèdent aussi de nombreux vestiges archéologiques de l’Antiquité et du haut Moyen Âge, et une particularité lui est donnée par ses stèles – monuments funéraires médiévaux particuliers (107). Sur la route de Sinj, en direction de Split, on trouve aussi le monument le plus monumental de la Zagora dalmate, la magnifique forteresse de Klis, connue pour ses batailles avec les Turcs au XVIe siècle (108). Ses remparts (112) et ses tours (109 et 111), conservés jusqu’à aujourd’hui, offrent l’une des plus belles vues sur la ville de Split. Une forteresse monumentale orne aussi la seconde ville la plus importante de la Zagora dalmate, Imotski (110 et 113), sous laquelle s’étend le magique Lac bleu.

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Le plus beau joyau du patrimoine culturel croate, la Vieille ville de Dubrovnik, se situe à son extrême sud dans la région touristique croate la plus ensoleillée, le territoire dalmate de Dubrovnik. Elle se compose du comitat de Dubrovnik-Neretva, qui s’étend presque entièrement le long des côtes de la mer. La région abrite la ville de Dubrovnik, la plus belle et la plus importante, mais nullement l’unique perle culturelle. On y trouve le lieu d’origine de Marco Polo, l’île de Korčula, les îles vertes de Mljet, Lastovo et des Élaphites et leurs localités pittoresques, la presqu’île de Pelješac, avec ses vigno-

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bles et ses maisons de capitaine, la vallée magique de Konavle et le fertile delta de la Neretva. Le territoire de Dubrovnik a aussi bénéficié d’un développement historique particulier car à l’époque du XIIIe au XVIIIe siècle, la culture et l’art croates y fleurissait particulièrement. Son apogée se situe au XVIe siècle, pendant le plus grand pouvoir de la glorieuse République de Dubrovnik (1). La vue de la VIEILLE VILLE DE DUBROVNIK, lorsque nous l’abordons de la route qui passe loin au-dessus de la mer (2), en direction de l’aéroport de Dubrovnik, est l’une des vues les plus connues de la Croatie et de la Méditerra-


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née. D’ailleurs, la première phrase de la description de Dubrovnik sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO commence par « la perle de l’Adriatique sur la côte dalmate », car peu de villes bénéficient d’une aussi belle position sur un rocher au-dessus de la mer et peu d’endroits possèdent des remparts et des tours médiévales en pierre aussi bien conservés (3). Ces remparts ont été érigés pour la simple et bonne raison que Dubrovnik, en raison de sa beauté et de sa richesse, était convoité par de nombreux envahisseurs, même lors de la récente guerre de la dernière décennie du XXe siècle. Aujourd’hui, ce ne sont plus des soldats qui côtoient les canons des remparts de Dubrovnik, mais des touristes pacifiques (4 et 8) ainsi que des interprètes de pièces de théâtre et des participants de manifestations folkloriques (4). À la place des canons et des fusils, les touristes bien intentionnés admirent aujourd’hui ce panorama unique au monde, en tentant de l’immortaliser avec leur appareil photo pour en garder un souvenir durable (7 et 9). L’artère du Dubrovnik médiéval de l’intérieur des remparts est la rue Stradun (30), où l’on trouve à son extrémité ouest la grande fontaine d’Onofrio (6), et à son extrémité est, sur la Place de la Loge, la colonne d’Orlando, symbole de Dubrovnik libre (10). La Place de la Loge est le lieu de ras-

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semblement favori des touristes (29) et l’un des principaux espaces d’organisation de manifestations, et en particulier de la principale manifestation culturelle, le Festival d’été de Dubrovnik (11). Autour de la Place de la Loge sont alignés les plus importants édifices laïcs de la ville médiévale de Dubrovnik – le bâtiment gothico-renaissance du Palais des recteurs, le centre du pouvoir de Dubrovnik (18), et le Palais Sponza (26). Les deux ont été construits au XVe siècle, comme la majorité des principaux bâtiments de la Vieille ville. Le Palais des recteurs est orné d’un porche remarquable, scène populaire de pièces de théâtre (16). L’intérieur du palais (14), transformé en musée, abrite de nombreux meubles anciens (15), des peintures et des sculptures (17), et même les chaises à porteurs des seigneurs de Dubrovnik (19). Le Palais Sponza, ancien bureau de la douane et aujourd’hui Archives de la ville de Dubrovnik, se distingue aussi par un remarquable porche (27). Le long de la Place de la Loge, on trouve aussi les principaux édifices sacrés – l’église Saint-Blaise (31), saint patron de Dubrovnik, et la cathédrale de l’Assomption de la Vierge (23). Les deux bénéficient de la splendeur du baroque car ils ont été bâtis vers la fin du XVIIe siècle, après le terrible tremblement de terre de 1667. L’intérieur de la cathédrale


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est orné d’un magnifique orgue (22), et sa trésorerie de précieuses pièces d’exposition, dont le plus important reliquaire de la tête de Saint-Blaise (21). Le noyau de la ville de Dubrovnik possède aussi quelques harmonieux monastères dotés d’un splendide intérieur. L’église à l’intérieur du monastère jésuite est ainsi ornée d’un intérieur de murs peints (24), le monastère franciscain d’une collection d’anciens accessoires pharmaceutiques, et le monastère dominicain d’une riche collection de peintures (20) et d’une cour soigneusement aménagée (28). Parmi les édifices sacrés d’autres religions, on distingue la synagogue du XVe siècle (25), la seconde plus ancienne d’Europe par la continuité de son utilisation. Dubrovnik est aussi connu pour ses musées, visités par presque un demi-million de visiteurs par an. Outre le musée le plus visité du Palais des recteurs, on distingue le musée maritime, où l’on peut tout apprendre de l’histoire de la marine de Dubrovnik du Moyen Âge au XXe siècle (12 et 13). Les alentours de Dubrovnik ne possèdent pas beaucoup d’édifices monumentaux, mais se distinguent par l’harmonie de son architecture intégrée dans l’environnement verdoyant. Cela s’exprime tout particulièrement dans le recoin le plus au sud de la Croatie, la fertile vallée de KONAVLE. Elle se distingue par la préservation de ses jolis costumes traditionnels (39) et son héritage architectural conservé, comme Konavovski Dvori, à la source de la rivière Ljuta (34). Le trésor ethnographique du Konavle est conservé au Musée ethnographique de Čilipi (37). La partie la plus au sud du Konavle et de toute la Croatie continentale, sur la presqu’île de Prevlaka, est connue pour son importance stratégique en raison du contrôle de l’entrée dans le golfe de Boka Kotorska, au Monténégro voisin, qui est encore

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aujourd’hui dominé par une forteresse monumentale (33). La principale localité du Konavle est la ville pittoresque de Cavtat, lieu de naissance du grand peintre croate Vlaho Bukovac. Sa maison natale a été réaménagée en galerie (40) afin d’y accueillir ses peintures (38). L’autre précieux monument de Cavtat est le mausolée de la famille Račić, de 1921, œuvre du sculpteur croate Ivan Meštrović (36). Le littoral de Dubrovnik, qui s’étend à l’ouest de la ville, est connu pour ses domaines de villégiature des seigneurs de Dubrovnik, entourées de verdure. Sur l’une de ses possessions, dans la ville pittoresque de Trsteno (42), a été aménagé le plus bel arboretum de Croatie, où diverses espèces de plantes, de fleurs et d’arbres subtropicaux ont été plantées dans un petit espace. Tout l’arboretum est aménagé comme un parc paysagé orné de sculptures, dont la plus célèbre est la statue du dieu grec Poséidon, devant une fontaine pittoresque (45). L’arboretum est aussi orné d’espaces de repos soigneusement aménagés, d’où l’on peut jouir d’une vue sur le large (49). Encore plus à l’ouest, on trouve la partie la plus particulière sur le plan naturel, le DELTA DE LA NERETVA, avec ses paysages marécageux préservés et ses villes pittoresques le long de la rivière Neretva, parmi lesquels la petite ville d’Opuzen, qui se distingue par sa beauté et son aménagement (46). Non loin de la plus grande ville du delta de la Neretva, Metković, on trouve le village de Vid, situé à l’endroit de l’ancienne ville antique de Narona. Le village abrite sur le lieu original du site un musée construit à l’emplacement d’une partie du forum romain, l’Augusteum, qui conserve de nombreuses statues d’empereurs sculptées dans le marbre (43 et 44). Si nous quittons le littoral de Dubrovnik en direction de l’île

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de Korčula, nous traverserons la presqu’île viticole escarpée de PELJEŠAC. L’ancien centre de la presqu’île est la petite ville de Ston, située sur l’isthme qui la relie au continent. Entre Ston et la ville voisine de Mali Ston, connue pour son élevage d’huîtres, on trouve d’impressionnants remparts (41). À l’extrémité ouest de Pelješac, on trouve Orebić, sa plus grande ville et célèbre capitainerie (47). Sa forte tradition maritime est démontrée par l’existence de deux collections maritimes, l’une au Musée maritime (52) et l’autre au sein de la collection (51) du monastère franciscain (48) sur la colline surplombant Orebić. Là, à côté de l’église et du monastère franciscain Notre-Dame-des-Anges (50 et 53), s’étend une vue inoubliable sur le canal de Pelješac, Korčula et d’autres îles. La plus grande île du territoire de Dubrovnik, KORČULA, offre de nouveau de grands édifices splendides, en particulier sa principale ville du même nom (58). Elle doit globalement son aspect actuel à l’époque du XIVe au XVIe siècle,

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lorsqu’à la différence du reste du territoire de Dubrovnik, elle appartenait à la République de Venise. Korčula est reconnaissable par son quadrillage de rues en arrêtes de poisson et ses édifices gothico-renaissances préservés. Parmi eux, on distingue la cathédrale Saint-Marc (64), à l’extérieur et à l’intérieur (67) richement ornés, qui conserve une peinture du grand peintre vénitien Tintoretto (63). L’autre plus important édifice sacré est le monastère franciscain (69) situé sur l’îlot de Badija, à côté de la ville, à l’aménagement extérieur tout aussi splendide (68). La ville abrite aussi le Musée municipal de Korčula (59), qui possède des pièces des temps les plus anciens (62) au XXe siècle (65). Mais le plus intéressant pour les visiteurs de Korčula est la maison de la famille Polo (66), l’île étant le lieu d’origine de son plus illustre fils, le grand explorateur Marco Polo. Les habitants de Korčula conservent soigneusement leur patrimoine, qui s’exprime dans la préservation des mani-


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festations religieuses (60) et encore plus dans le tournoi de chevalerie médiéval de Moreška, qui se déroule traditionnellement une fois par an dans les rues de la ville (61). Deux grandes villes de l’ouest de l’île possèdent aussi un précieux patrimoine, Vela Luka et Blato. À côté de Vela Luka (54), connue pour la jolie chanson, on trouve le site préhistorique le plus important de Dalmatie, Vela Spila. De nombreux objets en céramique, en pierre et en ivoire de l’époque du néolithique, ainsi que des sépultures ornées bien conservées (56), y ont été retrouvés dans une grotte surplombant la ville (57). La ville pittoresque de Blato, dans l’intérieur de l’île, autrefois la plus grande ville des îles de l’Adriatique, est aujourd’hui connue pour son agriculture de qualité et son architecture éphémère préservée (55). Deux îles éloignées de la région de Dubrovnik, MLJET ET LASTOVO, sont connues pour leur patrimoine naturel – le Parc national de Mljet et le Parc naturel de Lastovo. Mais on y trouve aussi de remarquables monuments culturels, dont le plus important monastère bénédictin du XIIe siècle (74) situé sur un îlot au beau milieu du Grand lac dans le parc naturel (75).

Sur l’île de Lastovo, l’attention des visiteurs est retenue par l’aspect de sa principale ville du même nom, installée tel un amphithéâtre sur les versants des collines au-dessus d’une plaine fertile (73). Elle est connue pour les cheminées créatives des toits de ses maisons (70), ses costumes traditionnels préservés (71) et son carnaval particulier. Les vieux phares du XIXe siècle, situés sur de lointains îlots dans les eaux de Lastovo, Sušak (72) et Glavat (76), constituent aussi des bijoux d’architecture tout à fait particuliers. Avant de terminer notre voyage en Dalmatie et en Croatie, ce serait un péché de ne pas citer l’archipel des Élaphites, en face de Dubrovnik, avec ses anciens domaines de villégiature et palais magiques de l’apogée de la glorieuse République de Dubrovnik. Le plus grand nombre d’entre eux se situe sur l’île de Šipan, et le palais renaissance de la famille Stjepović-Skočibuh du XVIe siècle (77) y constitue la plus belle de ces demeures.

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ÉDITEUR: Office de tourisme de Croatie / POUR L’ÉDITEUR: mr. sc. Niko Bulić / RÉDACTRICE: Slavija Jačan Obratov ASSISTANTE : Iva Puđak / CONCEPT-TEXTE: Prof. dr. sc. Zoran Klarić / RÉALISATION DE LA CARTE: Studio Bregant / RÉVISEUR: Miljenko Domijan / CONCEPT-DESIGN: Sergio Gobbo/Studio Gobbo Grožnjan / PHOTOGRAPHIES: Sergio Gobbo, Damir Fabijanić (photo n° 10, p. 45), Musée d’art contemporain (photos n° 18, p. 59, et n° 61, p. 63) / TRADUCTION ET RELECTURE : Asiatis/3 W Communication / PRÉPARATION D’IMPRESSION: Comgraf Umag / IMPRESSION: RADIN PRINT, Sveta Nedelja, décembre 2010.

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HRVATSKA TURISTIČKA ZAJEDNICA

Kroatische Zentrale für Tourismus

Republiki Chorwacji 00-675 Warszawa, IPC Business Center, ul. Koszykowa 54 Polska Tél: +48 22 828 51 93 Fax: +48 22 828 51 90 E-mail: info@chorwacja.home.pl

Kroatische Zentrale für Tourismus

11135 Stockholm, Kungsgatan 24, Sverige Tél: +46 853 482 080 Fax: +46 820 24 60 E-mail: croinfo@telia.com

1010 Wien, Am Hof 13, Österreich Tél: +43 1 585 38 84 Fax: +43 1 585 38 84 20 E-mail: office@kroatien.at

60313 Frankfurt/M, Hochstrasse 43, Deutschland Tél: +49 69 23 85 350 Fax: +49 69 23 85 35 20 E-mail: info@visitkroatien.de 80469 München, Rumfordstrasse 7, Deutschland Tél: +49 89 22 33 44 Fax: +49 89 22 33 77 E-mail: kroatien-tourismus@t-online.de

Kroatiska Turistbyrån

Kroatisch Nationaal Bureau Voor Toerisme

Ente Nazionale Croato per il Turismo

1081 GG Amsterdam, Nijenburg 2F, Netherlands Tél: +31 20 661 64 22 Fax: +31 20 661 64 27 E-mail: kroatie-info@planet.nl

Ente Nazionale Croato per il Turismo

1000 Bruxelles,Vieille Halle aux Blés 38, België Tél: +32 255 018 88 Fax: +32 251 381 60 E-mail: info-croatia@scarlet.be

20122 Milano, Piazzetta Pattari 1/3, Italia Tél: +39 02 86 45 44 97 Fax: +39 02 86 45 45 74 E-mail: info@enteturismocroato.it 00186 Roma, Via Dell’Oca 48, Italia Tél: +39 06 32 11 0396 Fax: +39 06 32 11 1462 E-mail: officeroma@enteturismocroato.it

Chorvatské turistické sdružení

110 00 Praha 1, Krakovská 25, Česká Republika Tél: +420 2 2221 1812 Fax: +420 2 2221 0793 E-mail: info@htz.cz; infohtz@iol.cz

Chorvátske turistické združenie

821 09 Bratislava, Trenčianska 5, Slovakia Tél: +421 2 55 562 054 Fax: +421 2 55 422 619 E-mail: infohtz@chello.sk

Horvát Idegenforgalmi Közösség

1054 Budapest, Akademia u. 1, Magyarország Tél.: +36 1 267 55 88, Fax: +36 1 267 55 99 E-mail: info@htz.hu

Office National Croate de Tourisme

75116 Paris, 48, avenue Victor Hugo, France Tél: +33 1 45 00 99 55 Fax: +33 1 45 00 99 56 E-mail: infos.croatie@wanadoo.fr

Croatian National Tourist Office

London W6 9ER, 2 Lanchesters, 162-164 Fulham Palace Road, United Kingdom Tél: +44 208 563 79 79 Fax: +44 208 563 26 16 E-mail: info@croatia-london.co.uk

Office National Croate du Tourisme

Хорвaтckoe туристическое соовщество 123610 Moscow, Krasnopresnenskaya nab. 12 office 1502, Russia Tél: +7 495 258 15 07 Fax: +7 495 258 15 07 E-mail: HTZ@wtt.ru

Hrvaška turistična skupnost

1000 Ljubljana, Gosposvetska 2, Slovenija Tél: +386 1 23 07 400, Fax: +386 1 230 74 04 E-mail: hrinfo@siol.net

Kroatische Zentrale für Tourismus

8004 Zürich, Badenerstrasse 332, Schweiz Tél: + 41 43 336 20 30, Fax: +41 43 336 20 39 E-mail: info@kroatien-tourismus.ch

Oficina Nacional de Turismo de Croacia

28001 Madrid, Calle Claudio Coello 22, esc.B,1 °C España Tél: +34 91 781 5514 Fax: +34 91 431 8443 E-mail: info@visitacroacia.es

Kroatiens Turistkontor

Bjørnholms Allé 20; 8260 Viby J; Danemark Tél.: +45 70 266 860 Fax: +45 70 239 500 E-mail: info@altomkroatien.dk

JAPAN, Ark Hills Executive Tower N613, Akasaka 1-14-5, Minato-ku, Tokyo 107-0052 Tél.: +81 03 6234 0711, Fax: +81 03 6234 0712 E-mail: info@visitcroatia.jp

GRATUIT

/Voyages-a-travers-le-patrimoine-culturel-de-la-Croatie-201  

http://business.croatia.hr/Documents/1363/Voyages-a-travers-le-patrimoine-culturel-de-la-Croatie-2011.pdf

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