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La mer Adriatique La mer Adriatique est la partie de la mer Méditerranée la plus encastrée dans le continent européen. La côte croate se compose de paysages divers et variés et est formée de 1185 îles, îlots, récifs et rochers. Elle s’étend sur une longueur de 5951 kilomètres. Les îles adriatiques sont idéalement situées pour les plaisanciers. Elles longent, par intervalles, toute la côte croate à partir de Rijeka jusqu’à Dubrovnik. Comme elles ne sont pas éloignées les unes des autres de plus de dix milles nautiques, elles forment, entre le continent et entre elles, de nombreux chenaux. Sur les îles et sur le continent, il y a beaucoup de petites baies et ports de plaisance favorables au mouillage ou à l’amarrage. Ce sont des endroits idéaux pour faire du yachting à voile, à moteur ou bien faire de la pêche sportive. Tout se trouve à proximité et, si vous le souhaitez, vous pouvez passer toute la journée à naviguer. Si le temps se gâte ou si le vent se lève, vous avez toujours à votre disposition un endroit sûr pour vous mettre à l’abri. Les vents principaux de la mer Adriatique sont, en général, assez connus des plaisanciers. Il s’agit - à partir du nord et dans le sens des aiguilles d’une montre - de la tramontane (N), de la bora (N-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du levant (E), du levant d’hiver, du jugo (S-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du optro (S), du lebić, du gabrin (S-O), du pulenat (O), du maestral (N-O, brise soufflant de la mer vers la terre) et du burin (vent d’été continental thermique). Pendant la saison nautique, le temps est en général favorable à la navigation. Le maestral (vent doux, à ne pas le confondre avec le “mistral”), qui en été est le vent le plus fréquent, et la tramontane modérée, rendent la navigation très agréable. Il en est de même avec le levant, ainsi qu’avec un jugo pas trop fort, mais celui-ci souffle rarement en été. La bora, en été, souffle un peu moins fort, mais il faut s’en méfier, ainsi que des nevera, forts coups de vent venant de l’ouest et du sud-ouest. La côte découpée, les courants marins et les vents locaux rendent la navigation très intéressante. À bord, il y a toujours de quoi s’occuper. Tantôt vous naviguez au vent, tantôt il faut tourner sous le vent et ensuite passer par un chenal ou une passe étroite. Cette diversité est la même si vous naviguez à moteur. Durant votre navigation, le paysage se transforme constamment. Il y a des endroits où la côte est

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inhabitée et déserte, en raison de la bora qui y souffle en hiver, comme les parties nord de Krk, Rab ou Pag. Les côtes sud sont en général riches en végétation. Vous passerez des instants “rafraîchissants” en naviguant le long des denses forêts de pins, descendant jusqu’à la mer, comme à Lastovo ou Jakljan, ainsi que des moments où vous ne verrez que du maquis et terrain pierreux. Vous passerez à côté et vous accosterez dans les villes méditerranéennes, mais aussi dans de petits villages de pêcheurs. Les petites villes insulaires sont diverses et intéressantes et elles méritent d’être vues. La plupart d’entre elles, comme Korčula, Stari Grad ou Vis, datent de l’antiquité. Les autres sont plus contemporaines, fondées comme petits ports de pêche ou ports des grandes agglomérations insulaires retirées à l’intérieur des terres. L’Adriatique peut être divisée selon différents critères. Les météorologues croates la divisent en Adriatique nord, centrale et sud d’après les lignes Ancona - Zadar et MonteGargano - Dubrovnik. Quant à la partie croate de l’Adriatique, les plaisanciers la divisent en général en deux parties, séparées par le cap Ploča, situé entre Rogoznica et Primošten. Cette division a une connotation géographique (en face du cap Ploča, il y a une barrière naturelle formée d’une série d’îles) et une connotation météorologique. En respectant les besoins nautiques, nous diviserons l’Adriatique en 3 parties : l’Istrie, le Kvarner et les îles au-dessous du Velebit, et les archipels et la côte des régions de Zadar, Šibenik, Split et Dubrovnik.

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La mer Adriatique La mer Adriatique est la partie de la mer Méditerranée la plus encastrée dans le continent européen. La côte croate se compose de paysages divers et variés et est formée de 1185 îles, îlots, récifs et rochers. Elle s’étend sur une longueur de 5951 kilomètres. Les îles adriatiques sont idéalement situées pour les plaisanciers. Elles longent, par intervalles, toute la côte croate à partir de Rijeka jusqu’à Dubrovnik. Comme elles ne sont pas éloignées les unes des autres de plus de dix milles nautiques, elles forment, entre le continent et entre elles, de nombreux chenaux. Sur les îles et sur le continent, il y a beaucoup de petites baies et ports de plaisance favorables au mouillage ou à l’amarrage. Ce sont des endroits idéaux pour faire du yachting à voile, à moteur ou bien faire de la pêche sportive. Tout se trouve à proximité et, si vous le souhaitez, vous pouvez passer toute la journée à naviguer. Si le temps se gâte ou si le vent se lève, vous avez toujours à votre disposition un endroit sûr pour vous mettre à l’abri. Les vents principaux de la mer Adriatique sont, en général, assez connus des plaisanciers. Il s’agit - à partir du nord et dans le sens des aiguilles d’une montre - de la tramontane (N), de la bora (N-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du levant (E), du levant d’hiver, du jugo (S-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du optro (S), du lebić, du gabrin (S-O), du pulenat (O), du maestral (N-O, brise soufflant de la mer vers la terre) et du burin (vent d’été continental thermique). Pendant la saison nautique, le temps est en général favorable à la navigation. Le maestral (vent doux, à ne pas le confondre avec le “mistral”), qui en été est le vent le plus fréquent, et la tramontane modérée, rendent la navigation très agréable. Il en est de même avec le levant, ainsi qu’avec un jugo pas trop fort, mais celui-ci souffle rarement en été. La bora, en été, souffle un peu moins fort, mais il faut s’en méfier, ainsi que des nevera, forts coups de vent venant de l’ouest et du sud-ouest. La côte découpée, les courants marins et les vents locaux rendent la navigation très intéressante. À bord, il y a toujours de quoi s’occuper. Tantôt vous naviguez au vent, tantôt il faut tourner sous le vent et ensuite passer par un chenal ou une passe étroite. Cette diversité est la même si vous naviguez à moteur. Durant votre navigation, le paysage se transforme constamment. Il y a des endroits où la côte est

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inhabitée et déserte, en raison de la bora qui y souffle en hiver, comme les parties nord de Krk, Rab ou Pag. Les côtes sud sont en général riches en végétation. Vous passerez des instants “rafraîchissants” en naviguant le long des denses forêts de pins, descendant jusqu’à la mer, comme à Lastovo ou Jakljan, ainsi que des moments où vous ne verrez que du maquis et terrain pierreux. Vous passerez à côté et vous accosterez dans les villes méditerranéennes, mais aussi dans de petits villages de pêcheurs. Les petites villes insulaires sont diverses et intéressantes et elles méritent d’être vues. La plupart d’entre elles, comme Korčula, Stari Grad ou Vis, datent de l’antiquité. Les autres sont plus contemporaines, fondées comme petits ports de pêche ou ports des grandes agglomérations insulaires retirées à l’intérieur des terres. L’Adriatique peut être divisée selon différents critères. Les météorologues croates la divisent en Adriatique nord, centrale et sud d’après les lignes Ancona - Zadar et MonteGargano - Dubrovnik. Quant à la partie croate de l’Adriatique, les plaisanciers la divisent en général en deux parties, séparées par le cap Ploča, situé entre Rogoznica et Primošten. Cette division a une connotation géographique (en face du cap Ploča, il y a une barrière naturelle formée d’une série d’îles) et une connotation météorologique. En respectant les besoins nautiques, nous diviserons l’Adriatique en 3 parties : l’Istrie, le Kvarner et les îles au-dessous du Velebit, et les archipels et la côte des régions de Zadar, Šibenik, Split et Dubrovnik.

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Marinas 1. ACI UMAG 2. MARINA NAUTICA NOVIGRAD 3. MARINA »ERVAR PORAT / PORE» 4. MARINA PORE» 5. MARINA PARENTIUM / PORE» 6. MARINA FUNTANA 7. MARINA VRSAR 8. MARINA VALALTA 9. ACI ROVINJ 10. ACI PULA 11. TEHNOMONT MARINA VERUDA / PULA 12. ACI POMER 13. ACI CRES 14. ACI OPATIJA / I»I∆I 15. MARINA ADMIRAL / OPATIJA 16. MARINA PUNAT 17. ACI SUPETARSKA DRAGA 18. ACI RAB 19. Y/C MARINA MALI LO©INJ

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20. MARINA LO©INJ 21. ACI ©IMUNI 22. MARINA BORIK /ZADAR 23. TANKERKOMERC MARINA ZADAR 24. MARINA VELI RAT / DUGI OTOK 25. OLIVE ISLAND MARINA / UGLJAN 26. MARINA PREKO 27. MARINA DALMACIJA / BIBINJE-SUKO©AN 28. MARINA VELI IÆ 29. MARINA KORNATI / BIOGRAD 30. MARINA ©ANGULIN /BIOGRAD 31. ACI ÆUT 32. ACI PI©KERA 33. MARINA HRAMINA / MURTER 34. MARINA BETINA 35. ACI JEZERA 36. MARINA TRIBUNJ 37. ACI VODICE 38. ACI SKRADIN 39. MARINA MANDALINA / ©IBENIK 40. YACHT MARINA SOLARIS / ©IBENIK 41. MARINA KREMIK / PRIMO©TEN 42. MARINA FRAPA / ROGOZNICA 43. MARINA AGANA / MARINA 44. ACI TROGIR 45. MARINA SEGET 46. MARINA KA©TELA 47. ACI SPLIT 48. MARINA MARTINIS MARCHI / ŠOLTA 49. MARINA LAV 50. MARINA BRELA 51. MARINA BA©KA VODA 52. MARINA VLAŠKA / BRAČ 53. MARINA TU»EPI 54. ACI MILNA 55. ACI VRBOSKA 56. ACI PALMIÆANA 57. MARINA OREBI∆ 58. ACI KOR»ULA 59. MARINA LUMBARDA 60. ACI DUBROVNIK

Éditeur OFFICE NATIONAL CROATE DE TOURISME www.croatie.hr Pour l’éditeur mr. sc. NIKO BULI∆ Rédacteurs SLAVIJA JA»AN OBRATOV BRASLAV KARLI∆ Assistant rédacteur IVA PUĐAK Texte BRASLAV KARLI∆ Traduction DIJANA MEREY SARAJLIJA ASIATIS, PARIS Design DIZAJN LAB Photographies IVO PERVAN BRASLAV KARLI∆ DAMIR FABIJANI∆ MILAN BABI∆ JURAJ KOPA» IVAN HRELJANOVI∆ NINO MARCUTTI RENCO KOSINOÆI∆ ZLATKO RAMNI»ER SMILJAN STRIHI∆ MIRO ANDRI∆ SERGIO GOBBO LJUBO GAMULIN MLADEN ©»ERBE Impression RADIN PRINT, Sveta Nedelja Zagreb, 2010. En cas d’erreurs ou pour toute information incomplète ou erronée, la responsabilité de l’éditeur ne peut être engagée.

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Marinas 1. ACI UMAG 2. MARINA NAUTICA NOVIGRAD 3. MARINA »ERVAR PORAT / PORE» 4. MARINA PORE» 5. MARINA PARENTIUM / PORE» 6. MARINA FUNTANA 7. MARINA VRSAR 8. MARINA VALALTA 9. ACI ROVINJ 10. ACI PULA 11. TEHNOMONT MARINA VERUDA / PULA 12. ACI POMER 13. ACI CRES 14. ACI OPATIJA / I»I∆I 15. MARINA ADMIRAL / OPATIJA 16. MARINA PUNAT 17. ACI SUPETARSKA DRAGA 18. ACI RAB 19. Y/C MARINA MALI LO©INJ

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20. MARINA LO©INJ 21. ACI ©IMUNI 22. MARINA BORIK /ZADAR 23. TANKERKOMERC MARINA ZADAR 24. MARINA VELI RAT / DUGI OTOK 25. OLIVE ISLAND MARINA / UGLJAN 26. MARINA PREKO 27. MARINA DALMACIJA / BIBINJE-SUKO©AN 28. MARINA VELI IÆ 29. MARINA KORNATI / BIOGRAD 30. MARINA ©ANGULIN /BIOGRAD 31. ACI ÆUT 32. ACI PI©KERA 33. MARINA HRAMINA / MURTER 34. MARINA BETINA 35. ACI JEZERA 36. MARINA TRIBUNJ 37. ACI VODICE 38. ACI SKRADIN 39. MARINA MANDALINA / ©IBENIK 40. YACHT MARINA SOLARIS / ©IBENIK 41. MARINA KREMIK / PRIMO©TEN 42. MARINA FRAPA / ROGOZNICA 43. MARINA AGANA / MARINA 44. ACI TROGIR 45. MARINA SEGET 46. MARINA KA©TELA 47. ACI SPLIT 48. MARINA MARTINIS MARCHI / ŠOLTA 49. MARINA LAV 50. MARINA BRELA 51. MARINA BA©KA VODA 52. MARINA VLAŠKA / BRAČ 53. MARINA TU»EPI 54. ACI MILNA 55. ACI VRBOSKA 56. ACI PALMIÆANA 57. MARINA OREBI∆ 58. ACI KOR»ULA 59. MARINA LUMBARDA 60. ACI DUBROVNIK

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Une fois qu’en naviguant de la baie triestine, on met le cap vers le phare de Savoudrija, dont la lumière, lorsqu’il fait beau, est visible à une distance de 32 kilomètres, on sait que l’on a la plus belle aventure devant soi. On naviguera le long de la côte croate jusqu’à Oπtra, son cap le plus méridional, en traversant plus d’un millier d’îles, rochers et récifs. On va amarrer aux rives centenaires des villes adriatiques, mouiller dans les baies où notre bateau sera tantôt une embarcation solitaire à la recherche d’un endroit romantique, tantôt un parmi tant d’autres qui aura trouvé tranquillité et refuge dans une marina moderne, et tantôt un bateau amarré dans un port sportif. On va naviguer d’une île à l’autre, parfois en pleine mer et parfois en passant par des chenaux larges d’à peine quelques milles. Bref, on a devant soi tout ce à quoi rêvent les plaisanciers pendant les longues journées d’hiver, quand les soucis d’affaires les amènent bien loin de leur milieu préféré - la mer.

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L’Istrie

La plus grande péninsule croate montre au plaisancier ses deux visages. Sa côte ouest, à partir de Kanegra au nord jusqu’à cap Kamenjak au plein sud, est parée de petites villes centenaires, marquées par leurs clochers qui se lèvent au-dessus de la mer. C’est la côte qui communique depuis toujours avec les ports italiens du nord. La côte est d’Istrie, qui s’étend jusqu’à Preluk, est plus mystique, moins peuplée et moins visitée. On y navigue rarement, parce que la route nautique ordinaire au sud de l’ Istrie nous mène vers Cres et Loπinj, puis le long d’une suite d’îles vers le sud-est. On retourne au pied du phare Savudrija, et le phare passé, on se dirige en général directement vers Umag, en contournant les bas-fonds qui s’étendent sur plus d’un demi-mille nautique de la côte.

Umag et Novigrad

Deux douanes y sont ouvertes à plein temps : une se trouve sur la digue de la marina et l’autre sur le quai de la rive d’Umag. À Umag est située l’une des meilleures et des plus grandes marinas de la chaîne des marinas de l’ACI (Adriatic Croatia International Club), la plus grande chaîne de marinas de la Méditerranée. Si vous y passez fin juillet, arrêtez-vous pendant quelques jours pour voir les meilleurs joueurs de tennis au monde qui disputent le tournoi ATP dans le stade d’Umag en forme de coquillage, tout près de la rive. Si vous voulez

ressentir l’ambiance d’un port de pêche typique, entrez à Novigrad, situé à environ sept milles au sud d’Umag. Sa darse, qui s’est encastrée jusqu’au centre de cette petite ville, est encombrée par des bateaux de pêche. Ces embarcations sont équipées pour la pêche des coquillages, dont la mer est très riche, et des poissons, le plus souvent de la sole. Votre bateau y sera en toute sécurité, amarré dans la marina Nautica, l’une des marinas les plus luxueuses en Adriatique, ou attaché à la digue qui protège le port de Novigrad des vents du sud, et vous pourrez également vous amarrer aux bouées du port ou de la baie de Karpinjan située en face. Si vous préférez moviller, vous en avrez l’occasion au sud de Novigrad dans la crique Tar, à côté du port de Mirna (“Paisible”), dans une baie profondément encastrée dans les terres, où se jette le fleuve du même nom. La baie est, grâce au mélange d’eau douce et salée, très riche en poissons, surtout de la perche et du muge, que l’on pêche massivement une fois par an, et c’est alors une grande fête de pêche.

PoreË et Vrsar

On continue le long de la côte jusqu’à Vrsar, en passant devant de jolies petites villes, sites touristiques, et des campings. Les plaisanciers peuvent entrer dans plusieurs marinas. La première est située dans le port de »rvar (»ervar), l’une des plus vieilles marinas de Croatie. À PoreË on en trouvera même deux ; une en ville et l’autre dans la 5

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crique de Mulandrija. Il est agréable d’amarrer sur la rive de cette petite ville, faire le tour de ses kala, petites rues étroites dont la géométrie date de l’antiquité romaine, et ensuite visiter la Basilique euphrasienne. Une autre occasion de vous arrêter vous est offerte à Funtana et Vrsar. Belles, modernes et bien gérées, ces deux marinas sont situées dans deux petites villes complètement différentes. Funtana, comme si elle se cachait de la mer, est retirée à l’intérieur des terres, en ne laissant sur la mer que des bateaux de pêche, yachts et baigneurs, tandis que Vrsar, une petite ville, où même Casanova eut quelques aventures amoureuses, surplombe la baie où l’on a construit l’une des marinas les plus belles et les mieux gérées en Adriatique. Toutes les côtes de ce port sont occupées par des yachts, bateaux et embarcations de pêche. Les colonnes de pierre le long de la côte sont de vraies œuvres d’art - chacune ayant été taillée de façon singulière par le sculpteur Duπan Dæamonja. Vrsar est la résidence d’été de cet artiste, le plus grand sculpteur croate vivant, dont l’atelier est entouré d’un grand parc de sculptures.

Rovinj

Jusqu’à Rovinj, notre prochain arrêt, considérée comme la plus belle ville côtière d’Istrie, il n’y a que cinq milles marins. À mi-chemin s’est encastré, profondément dans le continent, le Limski kanal (chenal de Limski). Très étroit et d’une dizaine de kilomètres de long, cet estuaire, creusé autrefois par un fleuve puissant, forme aujourd’hui un phénomène géomorphologique et biologique unique dans cette partie du monde. Sur ses côtes sud pousse la végétation du nord et sur ses côtes nord celle du sud, et ses fonds sous-marins grouillent de vie. Les huîtres du chenal de Limski, très connues pour leur goût savoureux, sont hors pair.

Tout plaisancier qui est déjà allé à Rovinj est capable de la reconnaître de loin. Les contours de la vieille ville, dominés par le clocher de l’église Sainte-Euphémie, sont par leur structure discrète sans rival. On a l’impression que, avec une suite d’îlots devant eux, ils voulaient se déchirer de la côte continentale. Où que l’on aille, le regard se pose sur les maisons qui sortent de la mer, sur la verdure de Sveta Katarina (st. Katarina), île forestière qui a autrefois servi de refuge au duc polonais Karol Milewsky, de même qu’elle sert aujourd’hui d’escapade aux touristes pour fuir le quotidien de la mondialisation. Et comment trouver les mots pour décrire la beauté des îlots qui mènent vers la pleine mer ! Les îles de Sveti Andrija (st. Andrija), Maπkin, Sveti Ivan, Sveti Ivan na PuËini (st. Ivan en Pleine Mer) et encore quelques rochers, qui donnent à Rovinj le charme des îles dalmates du sud, séduiront le plaisancier pour qu’il y jette l’ancre. Et ces îles elles-mêmes racontent leur histoire. L’île de Sv.Andrija, qui connaît aujourd’hui un essor touristique, a été autrefois le foyer de la famille Hütterott, et sur l’île de Sv. Ivan est située une petite église qui a été longtemps entretenue par les pêcheurs de Rovinj. Cette série se termine par Sv. Ivan na PuËini, grand rocher sur lequel est construit un phare en pierre très impressionnant.

Brijuni

En continuant au sud de l’Istrie, on longe la côte basse et c’est là que les plaisanciers dirigent en général leur gouvernail vers les îles Brijuni. Vers la fin du XIXe siècle, elles furent transformées par l’industriel autrichien Paul Kupelwieser d’une région abandonnée et paludéenne en un oasis de repos, sport et divertissement mondain. Il est possible d’y amarrer dans le port principal ou de mouiller au port de Sveti Mikula (st. Mikula), sur l’île de Mali Brijun (Petit Brijun). Cet archipel forme le parc national, dont

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les parties sud et ouest, avec la petite île de Vanga, sont occupées par des résidences nationales. Les îles Brijuni demevrent aujourd’hui un monde particulier. Vous avez l’occasion d’y visiter l’archipel dont ont profité les têtes couronnées européennes et les nobles. L’ancien président yougoslave Tito y a séjourné chaque été. Si vous vous promenez à l’intérieur des îles, vous y rencontrerez de vastes parcs aux prairies et aux arbres exotiques, ainsi que des forêts denses de chênes verts, où demeure un mélange insolite d’animaux. Vous y verrez se côtoyer des terrains de golf et de polo, ruines archéologiques du château de Gaj Lekanije et villas éparpillées ça et là… Au XIXe siècle, les îles Brijuni ont joué aussi un rôle militaire important. La tour Minor sur l’île de Mali Brijun nous rappelle même aujourd’hui cette époque, mais au lieu des

sévères officiers K.u.K. (“kaiserlich und königlich”) qui y demeuraient jadis, on peut y rencontrer les comédiens du théâtre Ulysse, auxquels elle sert de domicile et de scène estivale. Mouiller le bateau dans le port de Mali Brijun et prendre le bateau pneumatique pour aller s’installer dans la salle de spectacle improvisée et s’abandonner à la magie du théâtre… semble une bonne idée, n’est-ce pas?

Pula

Il n’y a que quelques milles de navigation des îles Brijuni jusqu’à Pula, grand port situé dans une grande baie protégée par la vieille digue. Dans ce vaste port, il y a sur la rive quelques places d’amarrages destinées aux plaisanciers, ainsi qu’une marina, où votre bateau sera situé tout près de l’Aréna de Vespasien, admirablement

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bien conservée, l’un des monuments antiques les plus beaux. Le reste est réservé au chantier naval Uljanik, autrefois appelé Arsenal, aux amarrages des barques de pêche et aux installations militaires, qui aussi dans l’avenir seront transformées en amarrages pour les plaisanciers. Des promenades à travers les rues étroites de Pula, des concerts dans l’Aréna et le célèbre Festival du film de Pula, donneront du piment à votre séjour. Mais le vrai pôle nautique se trouve à quelques milles plus au sud. En passant les stations balnéaires de Pula, ses rives et ses dalles au pied des villas et hôtels, on arrive jusqu’aux îlots Veruda et FraπkeriÊ, qui cachent l’entrée dans le port Veruda, PjeπÊana Uvala - Valsabion (“Baie de Sable”) et Soline. Veruda est un port très sûr, dont la côte ouest est occupée par les amarrages des clubs de voile de Pula, et sa côte forme la marina Veruda, l’une des plus grandes marinas en Adriatique. Y règne une vive atmosphère, et rares seront les occasions de voir la marina complètement déserte. C’est le siège de nombreuses flottes de sociétés de location de bateaux, car il n’y a que vingt milles d’ici à la grande série d’îles adriatiques. Pour prendre un bon repas, vous pouvez visiter plusieurs excellents restaurants. Si vous voulez fuir la foule, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin. Vous pouvez vous baigner à l’abri des vents sur l’île de Fraπkera, et passer une nuit tranquille à l’ancre dans la baie de Soline.

Veruda et Soline, ainsi qu’encore deux plus petites baies abritées, Paltana et Valmiæeja, sont les endroits nautiques les plus au sud de l’Istrie. D’ici à cap Kamenjak, la pointe la plus méridionale de la péninsule istrienne, il n’y a que trois ou quatre milles. Soyez-y particulièrement prudent et discret en naviguant, car ces eaux sont la demeure plusieurs fois avérée du phoque moine, qui est revenu s’établir en Adriatique après plusieurs décennies. Encore plus au sud de Kamenjak, on rencontrera une autre merveille - le phare de Porer. Il prévient éventuellement de la présence de rochers et de fonds marins dangereux, qui s’étendent sur un bon mille nautique au large de la côte. Passer au pied de cette tour, grande de 35 mètres, signifie entrer dans la région des îles adriatiques. La navigation à travers ces îles est ce à quoi la plupart des plaisanciers rêvent pendant les longues journées d’hiver. C’est pourquoi, à partir de Porer, on prend en général la direction d’Unije, éloigné de quelques vingt milles nautiques, ou la direction de l’île de Cres, plus proche. On va, par contre, choisir une autre voie : naviguer le long de la côte est de l’Istrie, vers le nord jusqu’à Rijeka, le plus grand port croate.

Le long de la côte est de l’Istrie

Tout près du cap de Kamenjak, il y a deux belles criques, PortiÊ et Debeljak, agréables pour la baignade et le

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mouillage pendant la nuit, sauf si la bora souffle. Un peu plus au nord, il y a un vrai labyrinthe d’îles, îlots et rochers cachant l’entrée dans la baie de Medulin, qui porte le nom de la petite ville de sa côte nord-est. Dans cette baie, à Pomer, est située une autre marina de l’ACI. Elle est entourée de petites localités pittoresques - Premantura, Liænjan, ©iπan - où vous pouvez faire la connaissance des habitants locaux et boire un pichet de vin. On sort de la baie Medulin vers le nord. On contourne le cap de Marlera, passe en-dehors du port de pêche Kuja, et navigue vers le port de Budava. Bientôt, le paysage change. Les champs fertiles descendant jusqu’à la mer disparaissent. La côte commence à être rocheuse, couverte de maquis et forêts de conifère. On se trouve déjà ici dans les eaux du Kvarnerski zaljev (Golfe du Kvarner). Très loin au nord, on peut remarquer le massif d’UËka. Dans ce golfe, il faut se méfier de la bora qui y souffle plus souvent que le maestral estival. La première grande crique devant la proue est le port de Budava, d’une profondeur de presque un mille nautique. Aujourd’hui, à cause des bassins de pisciculture, il sert plus aux bateaux de pêche qu’aux plaisanciers. À quelques milles nautiques au nord se trouve l’estuaire Vinjola, avec ses trois bras, dont le plus long porte le nom de Duga uvala (“Grand estuaire”). On continue le chemin jusqu’au port de Krnica. C’est le siège de la plus grande flotte de pêche de cette partie de l’Adriatique. La plus grande baie de cette côte d’Istrie - Raπki, qui est, sans raison apparente, négligée par les plaisanciers, va offrir beaucoup à celui qui vient la visiter. Avant tout, elle vous permet de fuir la foule estivale et de vous retrouver dans une solitude agréable. À l’intérieur de ses six milles nautiques et demi, tant elle est retirée vers le continent, on peut trouver beaucoup d’endroits pour le mouillage, s’approcher de ses plages solitaires, aux rivages rocheux et sauvages, ainsi que des deux petites localités : Trget, plus vieille, tout au fond de la baie, et Tunarica, plus contemporaine, dont les maisons sont retirées dans une belle crique sur la côte nord-est de la baie. On continue vers Crna punta (“Point Noir”), l’un des caps les plus connus du Golfe de Kvarner, marqué par un phare élégant qui sort de la mer et au-dessus duquel on peut voir un dense bois d’un vert très foncé. La côte vers le nord est grise et inhabitée, et si l’on ne s’arrête pas dans la belle crique inhabitée de Prklog et dans celle habitée - St. Marina, on est obligé de naviguer sept milles jusqu’à Rabac. Cette petite ville, la première sur la route jusqu’à Preluk, attend toujours d’être découverte par les plaisanciers. L’amarrage sur sa rive, le mouillage dans sa baie et une marina en projet, c’est ce qui est offert. On a encore dix milles jusqu’à MoπÊeniËka Draga à partir de laquelle commence la suite des lieux de villégiature célèbres de la côte est de l’Istrie. On va passer devant le port de Plominska, grande baie dans laquelle est située une grande centrale thermique, et Brestova, port de ferry, et entrer dans les eaux du golfe de Rijeka. 12

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Kvarner

Les îles du chenal de Kvarner et celles au pied du Velebit - Krk, Cres, Loπinj, Unije, Srakane, Ilovik, Rab, Pag et les autres plus petites, ainsi que la côte continentale, ont deux visages. Jusqu’à Preluk, où le continent s’oriente brusquement au sud-est, à la manière d’un angle droit, une végétation abondante prédomine. Mais dès que l’on passe Rijeka, la côte devient plus aride et plus escarpée. On y trouve des torrents, lesquels ont drainé des galets brillants et ont formé une côte sauvage. Les parties nord des îles de Cres, Krk, Rab et Pag sont dépouillées à cause des rafales de la bora, tandis que leurs parties sud, où en général se situent les petites villes et villages insulaires, sont plus riches en végétation. Mais, vers l’île de Loπinj et les petites îles de Susak et Ilovik, ce vent arrive affaibli, en laissant leurs côtes nord plus vertes… Lors de la haute saison, par les chenaux que forment ces îles, naviguent un grand nombre de voiliers et yachts qui se dirigent vers le sud où en reviennent. Cette côte est pleine de petites criques et de lieux de mouillage. Il suffit de dire : Punta Kriæa, MaraËol, Artatore, Ilovik, Krivica, ∆ifnata pour que l’on imagine une suite de bateaux ancrés. Il y a aussi quelques marinas modernes ; sur la côte continentale dans IËiÊi et Opatija et sur la côte insulaire celles de Punat, Cres, Mali Loπinj, Rab et Supetarska Draga. Le chenal de Velebit est complètement différent. Presque toute dénudée, la côte du Velebit, qui se jette brusquement dans la mer,

n’est pas tout à fait favorable aux plaisanciers, mais il est également possible d’y trouver beauté et tranquillité.

Opatija et Rijeka

On retourne à la navigation. Le rivage blanc invite au repos et à la baignade, pendant que l’on entre dans le vaste golfe de Rijeka. On passe devant plusieurs petites villes - MoπÊeniËka Draga, Lovran, Ika, IËiÊi, Opatija et Volosko. Plages, petites darses, marinas, hôtels et villas se succèdent, que l’on choisira pour y amarrer la marina de l’ACI à IËiÊi, l’une des meilleures de toute la chaîne. Vous y attendent de longues promenades le long du lungomare d’Opatija, la vivacité de ces villes en haute saison de navigation, ou bien le réveil de la nature au printemps et l’apaisement agréable après l’été, en septembre et octobre. Le chemin pourrait facilement vous amener jusqu’à Rijeka, la plus grande ville-port croate, surtout si l’on s’y rend début juin, lorsqu’il y a lieu la Fiumanka, la plus grande régate de cette région, ou en septembre pendant la Galiola. Cette régate a pour le but d’atteindre le rocher de Galiola, qui s’est ancré au milieu du chenal de Kvarner, et s’en retourner, souvent par un temps assez défavorable. Rijeka est aussi connue pour arbiter les meilleurs plaisanciers et pêcheurs sportifs de la région. C’est ici que se trouvent leurs clubs et ports sportifs. On sort rarement du golfe de Rijeka par la route qui longe 15

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la côte continentale. Les routes nautiques principales vous dirigent le long de la côte sud de Krk et ensuite jusqu’aux îles de Cres et Loπinj. À partir de Rijeka vers le sud, il y a plusieurs petites villes historiques importantes. Bakar, situé dans sa baie très profonde et bien abritée, est le vieux conservatoire et centre maritime. Sur ses côtés sud-est est située Kraljevica avec son chantier naval. Les petites villes voisines, Crikvenica, Selce et Novi Vinodolski, sont des centres touristiques modernes, d’où un grand nombre de petits bateaux et bateaux-glisseurs partent chaque jour pour atteindre les criques et les plages sur la côte nord de l’île de Krk. Senj, le plus grand port au pied du Velebit, est un endroit au passé très riche. Jadis le centre des Uskok de Senj (guerriers contre les Turcs au XVe s.), lesquels rappelle le vieux donjon Nehaj, cette ville date de l’antiquité. Au XIXe siècle, elle fut le port des vieux voiliers. Bien que ces endroits n’aient pas de marinas modernes, on peut trouver des anneaux d’amarrage sur leurs rives. C’est la région où souffle la plus forte bora en Adriatique, mais si l’on tient compte de la météo et si l’on connaît ses indices, on peut bien profiter de la navigation dans ces eaux. À partir de Senj jusqu’à la mer de Novigrad, continue une côte rarement habitée et inhospitalière, avec une petite ville, Karlobag. Ici, on va retourner dans une des marinas d’Opatija et se diriger vers le sud. On va d’abord naviguer autour de Krk, puis autour de Cres et Loπinj.

Krk

On quitte la région d’Opatija et on arrive, à la tramontane matinale, jusqu’à Glavotok, sur l’île de Krk. On laisse au nord, derrière soi, la baie d’Omiπalj, partagée en terminaux maritimes, amarrages et ses jolies maisons. S’y trouvent aussi Njivice, localité touristique avec un petit port et de bons restaurants, Malinska, qui est de plus en plus visitée par les plaisanciers et où l’on a construit un petit port,

et enfin Porat et VantaËiÊ, autrefois de petits villages qui deviennent de plus en plus de petites villes. À partir de Glavotok, où l’on se trouve pour l’instant, commence pour la navigation la plus agréable partie de l’île de Krk. Ici se succèdent de petites criques, bordées de forêts denses, où l’on peut mouiller en solitude agréable, et aussi trouver quelques places d’amarrage. On peut jeter l’ancre juste devant le cap Glavotok, au pied du cloître et de l’église Sainte-Marie, mais en général, on navigue jusqu’à Vela Jana, Mala Jana (Grande et Petite Jana), Torkul, ou Sveta Fuska (st. Fuska) et on y cherche de la place ou un lieu de mouillage pour le bateau. De la baie suivante - Valbiska, partent sans cesse les ferry-boats en direction de Merag, sur l’île de Cres. Quelquefois, on jette l’ancre dans les criques de Lagdimir et Sveti Juraj (Saint Georges), entre Valbiska et la ville Krk, et d’ici, on part pour la localité la plus importante de l’île. Krk, la vieille cité glagolitique, est un endroit imprégné d’histoire. Alors si vous trouvez amarrage dans son port, restez-y au moins une journée, visitez la ville, ses églises et remparts. Bien que Krk soit la plus grande ville sur l’île, la ville de Punat est plus importante pour les plaisanciers, éloignée de trois milles nautiques. Sur la côte est de sa crique peu profonde et bien abritée, Puntarska draga, se trouve l’une des plus vieilles mais aussi l’une des meilleures marinas croates, avec un grand choix de services et son propre chantier naval. Et dans Puntarska draga, il y a aussi un endroit qu’il faut visiter. Sur l’îlot de Koπljun a été construit au XIIe siècle le monastère bénédictin. Il faut ressentir cette ambiance de paix et de contemplation, visiter la riche bibliothèque monastique. Bien sûr, on peut aussi jeter l’ancre dans la crique. Les plus belles plages de Krk se trouvent au sud de l’île, au pied de Stara Baπka et sur le chemin vers Senjska vrata (la “Porte de Senj”), connue depuis la nuit des temps pour les rafales violentes de la bora. Les plages de galets blancs, encastrées dans la côte, qui est de nouveau dénudée, sans

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arbres, auxquelles on ne peut accéder qu’en bateau, sont très pittoresques et invitent à la baignade. Quand on passe Senjska vrata, on entre dans Baπka draga, grande baie de la ville de Baπka, où se trouve la plus grande plage de l’île. À côté de la plage, il y a des bâtiments et hôtels modernes. La vieille partie de la ville s’est repliée autour de la digue qui protège le port de la ville. Ensuite, vers le nord et le long de la partie nord de l’île, la côte inabordable continue, agressée par la bora. Vela Luka et Mala Luka (“Grand et Petit Port”) sont les seules petites criques qui offriront l’abri jusqu’à Vrbnik, situé au milieu de la côte nord-est de l’île de Krk. Autrefois y demeuraient les ducs Frankopani qui, avec les ducs Zrinski, ont été les plus puissants grands feudataires croates. Si vous entrez dans le petit port de Vrbnik et amarrez votre bateau derrière la grande digue, qui vous protègera de la bora, vous verrez cette petite ville juste au-dessus de vous. Elle vous invitera à profiter de son ambiance, son excellent vin très connu, vrbniËka ælahtina, et plusieurs très bons restaurants et konoba (tavernes), dont les terrasses vous feront découvrir la belle vue sur Vinodolski kanal (le chenal de Vinodol). Dans ce chenal, sur la côte de l’île de Krk, se trouve une autre localité, un peu plus grande, ©ilo qui, il y a quelques années, a été le port principal pour les ferrys sur l’île. Un peu plus loin de ©ilo se situe la baie de Soline qui, comme Punat, est complètement abritée et, par consequènt, tres importante pour les plaisanciers. C’est le seul lieu de mouillage sûr du côté nord de l’île, et c’est pourquoi il y a toujours beaucoup de bateaux et yachts, soit ancrés, soit amarrés. Pour arriver de Soline à l’extrême sud-ouest de l’île, il faut passer par Tihi kanal (le Chenal “Paisible”) et naviguer au-dessous du pont de Krk, qui relie Krk au continent.

Cres et Loπinj

En arrivant au cap de ©ilo, on a fini le tour de Krk et on pourrait retourner dans le port de départ au pied d’UËka. Mais on a devant soi les baies et ports de Cres et Loπinj, et on va, en traversant le golfe de Rijeka, arriver à Jablanac, le point le plus au nord de l’île de Cres. En passant Porozina, on continue le long de la côte inhabitée, jusqu’à la baie de Cres et les villes de Cres et Valun. Pendant la navigation, on se rappelle le temps où Cres et Loπinj étaient reliées par un isthme bas, à côté de la petite ville d’Osor. Plus tard, on a creusé un chenal utilisé aujourd’hui par les propriétaires de petits yachts et embarcations, lorsqu’ils veulent raccourcir leur chemin. On n’est pas pressé, au contraire, on n’a que commencé la découverte de cette île en arrivant jusqu’à la petite ville de Cres. Grâce à sa baie parfaitement abritée, ses amarrages sur la rive et sa vaste marina de l’ACI, qui offre un grand nombre de services, Cres est un endroit très animé. Le plaisancier y remarquera l’une des plus belles darses en Adriatique, errera dans ses kala (petites rues étroites), ornées de maints bâtiments de l’architecture populaire de la Renaissance, visitera la cathédrale, le musée et la porte de la ville, ou il s’acheminera vers l’un des villages situés 18

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sur des collines insulaires, comme Lozant, où il profitera de la belle vue, en savourant des côtelettes d’agneau de Cres. Et le lendemain, s’il fait beau, il retournera dans la baie de Valun, car c’est l’une des raisons de sa venue. Ses côtes est et sud toutes entières forment une suite de plages magnifiques. Jetez y votre ancre et plongez dans la mer bleue, avant de visiter la localité de Valun. On n’y trouve que quelques amarrages pour les yachts, et seulement s’il n’y a pas de nevera (coups de vent violents venant de l’ouest et du sud-ouest) à l’horizon. Ce petit endroit a réussi à garder son intimité. L’église paroissiale avec le tableau de Valun, l’un des monuments glagolitiques les plus importants, l’auberge dans le vieux moulin, la belle darse et la promenade jusqu’à Lubenice, village situé au sommet d’un rocher à 378 mètres de haut au-dessus du niveau de la mer, vous tentent d’y rester aussi le plus longtemps possible. On continue autour du cap Pernat, vers Mali Loπinj, éloignée d’une trentaine de milles nautiques. Il y a aussi beaucoup de choses à voir. Au départ, on va longer la côte abrupte, encore une fois, depuis la mer, observer Lubenice, passer devant quelques petites criques et arriver à MartinπÊica, localité située au fond d’une large baie, qui a vue sur le petit îlot inhabité, ZeËa. Il faut s’arrêter aussi dans la baie d’Ustrine, au pied de la petite localité qui porte le même nom et qui est située très haut sur la pente d’une colline. À partir d’ici

jusqu’à Osor, on fait trois milles de navigation devant une suite de cirques, et dans chacune il y a une plage de galets. Osor s’étend sur les deux îles ; elle s’allonge sur les pentes de Cres et sur l’isthme bas au pied d’OsorπËica de la côte de Loπinj. En haute saison, tout le long de la côte, on est accompagné de petites embarcations qui attendent l’ouverture de la passe pour entrer dans le chenal de Loπinj (Loπinjski kanal). Cette fois-ci, on ne va pas les rejoindre. On va jeter notre ancre dans un des criques de cette partie nord de Loπinj, lesquels se succèdent jusqu’au cap de Loπinj le plus au nord. À partir d’ici, on naviguera jusqu’à Mali Loπinj, longeant la côte très peu découpée, à l’exception de la crique de Liski favorable au mouillage. On va continuer jusqu’au cap de Kuril et faire un détour vers le port de Mali Loπinj. Mais avant d’y entrer, on s’arrêtera dans la crique d’Artatura. Cette grande crique avec quelques bras forme un abri parfait pour lutter contre la tramontane et les nevera (coups de vent violents de l’ouest et du sud-ouest), et n’est située qu’à quatre milles de la rive de Mali Loπinj. En comparaison avec des autres agglomérations insulaires, Mali Loπinj est une assez grande ville. Vous pouvez le remarquer en entrant dans son port, d’une longueur de trois milles nautiques. Des demeures bourgeoises des deux côtés du port, une vaste rive, une grande place au fond de la rive… Au XVIIIe et XIXe siècle, Mali Loπinj fut

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l’un des centres les plus importants de l’Adriatique. Avec l’apparition de paquebots, elle s’est transformée en ville touristique. Elle offre aux plaisanciers la variété des villes adriatiques et un grand nombre d’anneaux d’amarrages sur la rive et dans les marinas situées sur la côte nordest et au fond du port. Beaucoup de plaisanciers restent dans cette charmante ville pendant plusieurs jours, en se dirigeant chaque jour vers l’une des criques sur la côte sud de l’île, ou bien vers les îlots d’Unije, Srakan, Susak, Ilovik, Velike Orjule et Male Orjule (Grandes et Petites Orjule). On va se diriger aussi vers ces îlots, mais pour l’instant, on continue à longer les criques jusqu’à l’extrême sud de l’île. Le grand port de »ikat, que l’on rencontrera sur le chemin en direction du sud, est en même temps la plus grande station balnéaire de la ville et un lieu de mouillage parfait. Ensuite se succèdent des criques, comme Veli æal (“Grands galets”) ou Sunfarnija, réservées uniquement pour ceux qui y viennent en bateau. Il en est de même pour les criques de Krivica et Balvanida qui sont, à côté de l’estuaire Plijeske, les dernières sur la côte ouest de l’île. Krivica (“Courbure”) est l’une de nos criques les plus photographiées. Nombreuses sont les affiches où l’on peut voir, pris d’en haut, la double courbure de cette crique, encastrée dans la côté en forme de S et ornée des bateaux amarrés sous des pins. On va se reposer un peu de notre escapade à Cres et Loπinj et mettre le cap vers les îlots voisins. On va d’abord visiter Unije, une île vraiment particulière. Sa partie nord, où se trouvent quelques grandes criques parfaites pour le mouillage, est en pierre et couverte par un maquis très dense et par la forêt, tandis que sa partie sud est basse, couverte de marne. Sa terre est particulièrement fertile et était autrefois complètement cultivée. Le seul endroit habité, qui compte quelques trois cents maisons, se trouve tout près de ce vieux champ. Pour le visiter, il faut amarrer au bord du môle, utilisé aussi pour le trafic maritime local, ou bien jeter

l’ancre dans la baie qui est ouverte aux vents du nord-ouest. La plage s’étend tout le long de la côte. Pour que votre visite ait du goût, vous pouvez visiter les auberges locales, où l’on vous offrira des plats de légumes et des viandes du terroir, préparés à la manière d’autrefois. Si le vent commence à souffler au nord-ouest, ou si vous avez simplement envie de jeter votre ancre en dehors d’un endroit habité, vous allez vous diriger vers les criques de MaraËol, Podkujni ou VogniπÊa. La plupart des bateaux restent à MaraËol. Cette crique profondément retirée dans les terres et bien à l’abri des vents est toujours choisie par tous ceux qui préfèrent rester à bord pour passer la journée à profiter de la baignade et de la vue sur les autres bateaux, loin de la foule estivale. Si à MaraËol il n’y a plus de place, il vous reste la possibilité d’aller vers deux autres criques, Podkujni et VogniπÊa, qui ne sont pas aussi larges ni aussi abritées. À cinq milles nautiques d’Unije est située l’île de Susak. En navigant vers elle, on passe devant Vele Srakane et Male Srakane (Grands et Petits Srakane). Au pied de Susak, on ne va peut-être jeter l’ancre que dans la crique de Bok, entourée de plages de sable, comme le sont toutes les plages de cette petite île, où n’habitent que deux cents habitants. Et peut-être va-t-on amarrer dans le seul petit port de l’île, dans la crique de DragoËa. Si on le fait en août, lorsque un grand nombre d’émigrants, qui sont partis il y a longtemps pour les Etats-Unis, reviennent visiter leur petite île, on va profiter d’une ambiance bien spécifique. Les émigrants viennent aussi pour y célébrer un mariage traditionnel où ils portent les costumes autochtones. Les îlots les plus au sud de l’archipel de Loπinj, Ilovik et Sveti Petar, sont très pittoresques, et Ilovik est le lieu de mouillage le plus populaire de cette région. La passe entre Ilovik et Sveti Petar ètait encore un lieu de mouillage important à l’époque des vieux Vénitiens. Dans la passe, il y a assez de place, mais en haute saison, il y a souvent beaucoup de monde.

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Qu’importe, surtout si vous êtes à votre ancre au pied de Sveti Petar, vous pouvez profiter du réveil matinal. Le bateau de la boulangerie locale passera vers huit heures à côté de vous et vous offrira des croissants savoureux et toutes sortes de petits pains. Et si dans l’après-midi, vous voulez sortir prendre un bon repas, de nombreux restaurants et konoba (restaurants-tavernes) vous attendent avec du poisson frais. D’Ilovik, on prend de nouveau la direction d’Osor. On longe d’abord les îles inhabitées de Vele Orjule et Male Orjule, où, en été, un grand nombre de bateaux jettent l’ancre, et puis on navigue devant quelques criques, après lesquelles on arrive dans le port de Rovenska. C’est le port sud de Veli Loπinj, la plus vieille et la plus belle petite ville de cette île. Il faut profiter de l’occasion pour entrer dans son petit port et amarrer au pied de l’église baroque sur la rive. Lorsque vous en sortez vers le nord, vous allez d’abord passer devant la crique de Baldarke, puis devant le port Sveti Martin (st.Martin), et puis vous allez voir la passe Privlaka. Si elle est ouverte, elle vous permet d’entrer dans le port de Mali Loπinj par le canal de Lošinj. Puis, il n’y a plus d’abris adéquats, et on s’en va directement vers Nerezine, port vaste et abrité. Il est agréable de faire le tour de la petite ville à pied, et ceux qui aiment l’escalade peuvent s’acheminer vers le sommet d’OsorπËica, d’où l’on peut voir l’archipel tout entier où l’on est en train de naviguer. Il ne nous reste que deux milles pour s’approcher d’Osor du côté sud et on se trouve de nouveau sur l’île de Cres. À la différence de la côte de l’île de Loπinj, celle de l’île de Cres, le long du chenal de Loπinj est plus “apprivoisée”, couverte d’une végétation dense, et ses criques sont moins larges, vers l’intérieur plus basses. Les plus belles sont celles de Sonte et Jazi. À partir d’ici, trois milles vers le sud-est, et ce jusqu’à la baie de Kaldonta, se succèdent de merveilleuses petites criques, avec quelques plages de galets. La baie Kaldonta est un lieu de mouillage bien protégé. À l’intérieur de son petit bras, devant la côte sud de la baie, se trouvent des bassins à pisciculture. La crique voisine, MartinπËica, est la plus grande dans la série des criques qui continuent jusqu’à l’extrême sud de l’île de Cres, le cap Suha (la “Sèche”). Ici se trouve aussi la baie de JadriπËica, qui s’est retirée plus d’un mille dans la côte et c’est pourquoi on l’appelle le port. Vers le bout de la baie, il y a un petit village de pêcheurs, Pogana, qui compte une cinquantaine de maisons où l’on peut s’amarrer ou mouiller. À partir du bout de la baie de JadriπËica jusqu’à l’unique endroit habité de ce côté de l’île, le village Punta Kriæa, il y a un kilomètre et demi de route. L’activité principale de ses habitants a été l’élevage de moutons, et vous ressentirez tout de suite une différence entre ce village et celui de Pogana. Sur la côte sud de Cres, il y a encore deux criques, Baldarin et Meli, mais on prend la direction du port Pod Sv. Kriæ (“Au Pied du st.Croix”), lieu de mouillage connu. Ce port, où l’on rencontre les criques de Kolorat, Majiπka, Ul, VrË et encore quelques-unes plus

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petites, nous offre l’ambiance qui régnait en Adriatique il y a quelques décennies. Les criques ont préservé leur apparence naturelle, il n’y a que quelques petits quais, il n’y a pas de bouées, de concessionnaires, ni de plaisanciers en vogue. S’y retire, en général, celui qui veut fuir la foule et profiter de la nature intacte. Pour la plupart des plaisanciers, les lieux de mouillage préférés sont dans les deux criques au pied du cap de Kolorat. La première porte le nom du cap et tout près d’elle se trouve la crique de Majiπka. Ce côté de Cres, entièrement couvert de chênes verts, forme un terrain de chasse plein de gibier, surtout des cerfs et des chevreuils qui, quelquefois, descendent jusqu’à la mer. Le port nord du village de Punta Kriæa est situé dans la crique d’Ul, qui est le plus profondément encastrée dans les terres de ce côté de Cres. Dans le village, il y a une auberge où vous pouvez sortir le soir. Si dans la crique d’Ul, il n’y a pas de place, on peut jeter l’ancre dans la crique voisine, VrË. Du port Sveti Kriæ (st.Croix), on met le cap vers l’île de Rab, parce que la côte est de Cres est grise, presque sans criques et très peu habitée. Cependant, celui qui décide d’y naviguer découvrira la beauté de TovernaπÊica, de l’île basse Trstenik, de Veliki ∆utin et de Mali ∆utin, de la crique abritée de KruπÊica, de l’île de Plavnik qui s’est ancrée entre les îles Krk et Cres, le charme de Merag, deuxième port de ferry de Cres, et enfin la magnifique image de Beli, village au sommet d’un rocher qui s’est penché au-dessous de la mer, en haut de la petite plage de galets et du port. Le village de Beli, comme le village de Lubenice à l’ouest, tel un soldat en faction, surveille la côte est de Cres, que l’on quitte doucement.

Rab

L’île de Rab est, surtout si on arrive à éviter l’importante foule estivale, le lieu idéal pour y arriver en bateau et rester plusieurs jours dans ses eaux. La ville de Rab, avec

ses quatre clochers, qui donnent à ses contours une particularité inoubliable, peut, par son héritage de la Renaissance, être comparée aux villes de Hvar et KorËula. Si l’on y vient par le nord, on arrive d’abord dans les baies de Kamporska draga et Supetarska draga. Les eaux de ces baies ne sont pas profondes ; il y a même des marais, et elles finissent par des champs partiellement cultivés. Tandis que la côte sud-ouest de la presqu’île est toute en pierre, celle du nord-est est complètement différente, couverte de marne d’une couleur rougeâtre où les vagues ont créé des formes diverses. Dans la baie de Supetarska draga, il y a une grande marina, bien abritée. Comme toute la partie nord de l’île, la baie de Lopar (Loparski zaljev) n’évoque pas tout à fait le paysage adriatique ordinaire. Du côté nord de Rab, il y a une belle vue sur PrviÊ, Goli et Grgur, trois îles inhabitées. Pour les amoureux des plages de sable, cette partie de Rab est le paradis, et c’est justement comme ça que s’appelle la plus grande plage au pied de l’hôtel San Marino - Raj (“Paradis”), qui se trouve dans la crique de Crnika. Il y a aussi une marina, bien abritée par une grande digue en pierres tassées. Ensuite la côte, sur laquelle souffle la bora, se poursuit, presque dénudée et sans criques. La seule crique est Mag. Ce paysage étrange continue jusqu’au port de ferrys Miπnjak, et commence à changer lorsqu’on entre dans le chenal de Barbat (Barbatski kanal) où se trouvent de nombreux petits débarcadères. La côte sud-ouest de l’île de Rab est, presque jusqu’à la ville de Rab, protégée par le môle naturel que crée l’île longue et inhabitée de Dolin. On a comme but le port de Rab. La pointe de sa presqu’île est réservée pour les paquebots, tandis que le reste est en général occupé par les barques d’excursion et voiliers touristiques. La plupart des plaisanciers amarrent dans la marina sur le côté nord-est du port. Le plus agréable est de passer la nuit en ville, ancré de l’autre côté de la presqu’île, dans la longue et vaste baie de Sainte-

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Euphémie, et de dormir tout près de l’endroit où se termine le quatuor des clochers, près de la crique Palit, où se trouvent de nombreux petits quais. Sur le côté nord de cette crique se trouve le monastère franciscain du XIIIe siècle, d’où la baie tient son nom. À partir de la baie de Sainte-Euphémie jusqu’au point le plus à l’ouest, Kalifront, se succèdent sept grandes criques et quelques autres plus petites, qui sont toutes très attractives pour les plaisanciers. Cette grande presqu’île, encore une dans la suite des presqu’îles de l’île de Rab, est entièrement recouverte d’une forêt dense, qui vous entourera pendant votre repos dans les criques mentionnées ci-dessus. Celles qui sont plus près de Fumija sont occupées par des hôtels, mais sur votre chemin vers Kalifront, il y a de moins en moins de bâtiments. Presque toutes les criques finissent par des plages de sable ou de galets. Le meilleur abri, dans cette suite de criques, est situé dans la première crique de Sainte-Mara.

Pag

Quitter un après-midi d’été la crique de Sainte-Mara pour se rendre jusqu’à l’île de Pag, c’est-à-dire jusqu’à sa pointe extrême au nord-ouest, le cap de Lun, signifie naviguer durant six milles nautiques par maestral (brise de mer). Bien que l’île de Pag soit, en grande partie, située en dehors de la route nautique principale - cela concerne surtout sa côte nord et sud-est - on peut voir de plus en plus de plaisanciers la longer. En tout cas, on va passer devant les îlots de Veli Laganj, Mali Laganj et Dolfin, qui sont sur notre route vers Novalja. On peut également continuer encore plus vers le sud et approcher de l’île par ©imuni, ce promontoire qui s’étend sur dix kilomètres de long, où l’on trouvera sûrement quelques petites criques qui méritent notre attention. Quelques-unes d’elles sont : Tovarnele, Jakiπnica ou PotoËnica. Si vous vous y arrêtez, ne manquez pas de visiter les oliveraies de Lun, qui sont parmi les plus

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anciennes du monde et comptent plus de 1 500 oliviers sauvages. Ces arbres vous fascineront par leurs formes et le fait que certains d’entre eux ont plus de seize siècles. Il y a une ambiance complètement différente à Novalja, lieu de villégiature de la jeunesse en vogue, désireuse de distractions nocturnes. Même si la vie nocturne se passe le plus sur la plage de ZrÊe, de l’autre côté de l’île, on peut ressentir aussi à Novalja une atmosphère effrénée. Il faut alors en tenir compte si vous avez jeté l’ancre dans la vaste baie, exposée aux vents de l’est et aux nevera, ou si vous avez réussi à amarrer au bord de la rive. Vous trouverez plus de sérénité si vous choisissez de vous éloigner de huit milles nautiques de la marina de ©imuni. En y allant, vous passerez à côte des îlots dépourvus de végétation et inhabités de ©karda et Maun. La marina de ©imuni n’a pas changé, la forme de sa crique est bien encastrée dans la côte insulaire. Les architectes ont respecté la configuration du terrain et ont construit les rives de la marina en obéissant à l’aspect du bras naturel préservé. De ©imuni, vous pouvez vous rendre en voiture vers l’autre côté de l’île et visiter la ville de Pag. Vous devez ressentir les bienfaits de cette petite ville hautement urbanisée, connue pour sa dentelle traditionnelle, son fromage de mouton et son sel de mer. On s’y rendra un peu plus tard, en contournant le côté sud-est de l’île. En continuant vers le sud-est, l’île de Pag commence à être de plus en plus basse, surtout lorsqu’on passe la baie de Koπljun et arrive à Povljana. Ici, on est de nouveau dans une zone où soufflent une violente bora et un jugo très fort dans le chenal entre les îles de Pag et Vir. Il faut y faire attention ! On peut trouver refuge dans les criques Stara Povljana et Dinjiπka, en face des baies de Nin et de LjubaËki sur la côte nord de Ravni kotari. L’île de Pag est reliée au continent par le pont de Pag, au-dessous duquel on entre dans le chenal du Velebit. S’il y a de la bora, il est très dangereux d’y naviguer, surtout en hiver et au début du printemps. C’est pourquoi la ville de Pag s’est développée bien à l’intérieur d’une baie bien abritée. Après avoir amarré au bord de la rive, on peut tranquillement se promener dans les ruelles de cette ville, qui garde une histoire très riche, et qui a su préserver son apparence à taille humaine. Pag est aussi une ville radieuse, pleine de vie, où règnent les courbes fines de sa dentelle, où l’on ressent l’odeur du fromage et de la viande d’agneau à peine cuite qui se répand des konoba (sorte de taverne). Le matin suivant, c’est obligatoire, vous continuez votre navigation encore plus vers l’intérieur de la baie en longeant les petites plages solitaires. Jetez y votre ancre, ou bien choisissez l’une des plages au pied des villages : de Metajna, ZuboviÊi ou Caska. Lorsqu’on sort de la baie de Pag, on retourne jusqu’au cap de Lun, où l’on a commencé notre tour de Pag. Il faut de nouveau naviguer le long de la côte nord pierreuse, où l’on rencontrera le port de ferry de Æigljen et la localité touristique de Stara Novalja. 25

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La Dalmatie

L’archipel de Zadar

Lorsqu’en navigant vers le sud on arrive jusqu’aux îles de Premuda, Silba et Olib, on est entré dans l’archipel de Zadar, qui comprend beaucoup d’autres îles. Lui appartient aussi la partie sud de l’île de Pag, que l’on vient de quitter. On rencontre de nouveau la côte basse fertile et quelquesunes des agglomérations les plus anciennes en Adriatique. Ici se trouvent les villes de Nin, Zadar, Biograd, pleines de traces historiques. Devant elles, il y a une suite d’îles : Dugi Otok, Iæ, Ugljan, Paπman, Vrgada … Si l’on est intéressé par de petites villes insulaires ou si nous cherchons l’isolement, si l’on a envie d’ancrer dans des baies telles que celles de Pantera ou TelaπÊica, dont la dernière forme le parc naturel régional, on trouvera tout cela dans cet archipel. En plus, on peut aussi y trouver beaucoup de marinas modernes.

Silba et Olib

En général, on entre dans l’archipel de Zadar en partant d’Ilovik. On prend la direction de Silba, puis on continue vers Premuda, ©karda, Ist et Molat. Silba est un vieux “port des capitaines” sur l’île du même nom. En général, on y amarre dans le port de Mul, à l’est de l’île de Silba, bien protégé des vents du nord par une grande digue. On peut aussi amarrer de l’autre côté de l’île, dans le port de ÆaliÊ qui est le débarcadère principal de l’île, mais à cause du trafic des paquebots et de l’ouverture de ce port vers les vents du nordouest, le port de Mul est un meilleur choix. La petite ville de Silba se trouve sur l’isthme bas au milieu de l’île. Les vieux

capitaines y construisaient leurs maisons, dont les grands jardins sont toujours pleins de plantes importées des quatre coins du monde. Ils y ont aussi construit six églises votives. On peut ancrer au pied de Silba, mais aussi dans la crique de Pernastika, située au nord de l’île, et dans le port de Sveti Ante (Saint-Ante) au sud. Ce port s’étend sur deux criques, Sveti Ante à l’ouest et Porat au sud. Sur la côte de la première se trouve une petite chapelle dont elle tire son nom, et sur la côte de la deuxième, il y a une belle plage de sable. À l’est de Silba se trouve Olib, île basse, évitée par les plaisanciers sans raison apparente. Peut-être parce qu’elle était, contrairement à Silba, “l’île des agriculteurs” et à cause de cela moins connue. L’activité principale des vieux habitants d’Olib était l’abattage des arbres et le transport du bois de chauffage à Venise et Zadar. Comme c’était une vie très dure, beaucoup d’habitants ont émigré aux EtatsUnis. Aujourd’hui, leurs descendants reviennent pour y passer les vacances d’été. Ils profitent, simplement comme nous, de ses plages de sable, qui sont différentes de celles de galets des îles voisines. L’ancien port insulaire a été aggrandi et est aujourd’hui utilisé pour l’accueil des bateaux de transport de passagers et l’amarrage des plaisanciers.

Premuda et ©karda De Silba on prend, en général, la direction de Premuda, île en pleine mer avec l’un des plus beaux lieux de mouillage, Kirjal. Le port de Kirjal est une passe entre l’île de Premuda et 27

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une suite de récif-barrières créant une lagune bien protégée, d’une profondeur maximale de cinq mètres, dans laquelle la couleur bleue de la mer fait des irisations magnifiques. De plus, ce lieu de mouillage est vraiment bien à l’abri, en raison des récifs qui l’entourent. La localité de Premuda se trouve un peu au-dessus de la mer, au sommet de l’île. À deux milles nautiques de là, à une profondeur de quelques soixante mètres, se trouve l’épave du navire de guerre austro-hongrois Szent Istvan, un des bateaux naufragés les plus connus. En longeant la côte sud de l’île, on passe devant les criques de Premuda, Zaporat et ©iroka, et navigue vers l’île de ©karda. Lorsqu’on arrive à l’extrême sud de l’île de Premuda, le cap de Lopat, on laisse derrière soi Grebeni, trois hauts rochers nus, autour desquels on peut toujours rencontrer quelques barques de pêcheurs. Sur la côte nord-est de l’île dépeuplée de ©karda, à côté de la crique Trate, il y a une vingtaine de maisons que leurs habitants ont abandonnées il y a quelques années, pour n’y

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revenir qu’en été. Il en est de même dans la crique de Griparica, où une vieille maison avec sa petite tour y est rénovée. Cette crique est favorable au mouillage quand souffle le maestral et on peut y trouver cinq à six bateaux ancrés.

Ist et Molat Au sud-est de ©karda se trouvent deux îles importantes pour les plaisanciers, Ist et Molat. On entre d’abord dans la crique ©iroka (la “Large”), sur l’île d’Ist, laquelle sert de port au village situé sur l’isthme entre deux criques aux visages différents. La crique ouverte vers le nord-ouest, KosiraËa, avec les darses, quais et petites maisons a gardé l’ambiance d’un port de pêche, tandis que ©iroka, ouverte vers le sud-est, est en été envahie par les bateaux et yachts de plaisance. Sa côte est surchargée de grandes maisons où l’on peut louer un gîte ou une chambre. Il y a beaucoup de places d’amarrage, du côté intérieur comme extérieur, et aussi des bouées d’amarrage. La crique est bien protégée du vent, sauf du jugo. Dans la

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journée, vous vous baignerez tranquillement, et vers le soir vous vous acheminerez vers l’île afin de la visiter. Ne vous arrêtez pas toute de suite dans le premier restaurant. Derrière le village commence un sentier qui au bout de vingt minutes vous emmènera jusqu’au sommet Straæa (“Sentinelle”) d’une hauteur de 175 mètres, où se trouve l’église Gospe od sniga (Notre Dame des Neiges). Vous y aurez une vue magnifique sur la passe Zapuntel, par laquelle, en été, passent de nombreux bateaux. Les îles voisines de ©karda, Premuda, Silba, Olib et Molat seront comme dans votre paume. Si vous n’arrivez pas à vous décider entre rester sur l’île d’Ist ou partir vers Molat, l’île voisine, vous allez peutêtre finir par jeter votre ancre entre ces deux îles, dans la passe de Zapuntel. Dans cette passe, où en été naviguent de nombreux plaisanciers, il y a deux lieux de mouillage ordinaires. Le premier est dans la partie nord de la passe, dans la crique de l’île d’Ist, Mljake, et l’autre se trouve en face, dans la crique de Porat, sur l’île de Molat. Mljake est

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une belle crique inhabitée, qui vous protègera de tous les vents sauf de la bora. Si vous avez envie de changer un peu d’ambiance, entrez dans Porat, la crique qui appartient à Zapuntel, village situé à un kilomètre et demi à l’intérieur de l’île. Il y a quelques maisons, un petit port avec un môle, quelques pendilles d’amarrage et, ce qui est le plus important, deux auberges. Vous pouvez donc quitter votre bateau et faire une petite excursion dans la civilisation. À partir de Zapuntel, il faut naviguer presque quatre milles nautiques le long de la côte de l’île de Molat pour contourner le cap de Bonaster et entrer dans la baie de Brgulje qui s’encastre sur deux kilomètres dans la côte. Sur son côté nord-est, la petite ville insulaire la plus importante est Molat. Il faut cinq minutes à pied pour arriver du débarcadère et des postes d’amarrage au bord de la rive. Sur le côté nord de la baie, il y a deux lieux de mouillage. Le premier, plus petit et pas très connu, se situe dans la crique de Pod grabe, et le deuxième est celui

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Zverinac et Sestrunj, mais c’est exactement ce qui fait leur charme. Les petits villages sur les îles de Zverinac, Sestrunj et Rivanj (Tun est inhabitée), ont gardé l’ambiance d’autrefois. Dans leurs darses, vous trouverez les pêcheurs qui viennent de sortir le filet, et en été, sur les terrasses, vous verrez les figues sécher au soleil. Mais, de l’île de Molat, on prend déjà le large en direction de l’île de Dugi otok.

Dugi otok

qui est protégé par l’îlot Brguljski et qui est beaucoup plus connu. On peut, en général, ancrer à l’intérieur de toute la baie et il est très agréable d’aller jusqu’au fond de la baie, qui s’appelle Luka (“Port”), et d’être parmi un nombre plus restreint de bateaux. À première vue, la baie de Brgulje ne vous offre pas un grand choix d’activités, mais il s’avère que c’est justement ce que recherchent ceux qui y jettent leur ancre. Il y a plusieurs criques du côté nord de l’île de Molat, et la plus grande est Jazi. L’île de Molat ferme le côté nord de la passe SedmovraÊe, qui nous conduit vers les îlots peu habités - Zverinac, Tun, Sestrunj et Rivanj, tout près de l’île d’Ugljan qui se trouve en face de Zadar. Mais on s’y rendra un peu plus tard. Ces îles très intéressantes sont peu connues même par les plaisanciers qui ont une grande expérience. Il n’y a pas de services nautiques, marinas ou rives aménagées, excepté à

Les côtes de Dugi otok (“Île longue”) sont aussi très diverses. Celle tournée vers la pleine mer est à peine escarpée, à l’exception de la belle crique de Sakarun, avec une plage de sable où la mer a une magnifique couleur turquoise et où l’on peut mouiller en toute sécurité par tous temps, sauf lorsque le jugo souffle. Au bord de cette côte peu découpée, où on peut trouver quelques plages de galets, naviguent en général les pêcheurs et de temps en temps un bateau de plaisance solitaire. Si vous avez choisi cette route, vous allez arriver jusqu’au pied de la cime de Mrzlovica, après laquelle se succèdent les fameuses falaises de Dugi otok qui se précipitent dans la mer d’une hauteur de plus de 150 mètres. Toutes les agglomérations de cette île sont situées sur le côté nord d’une longueur de 45 milles nautiques. L’île commence et finit par de grandes baies. Au nord-ouest se trouve la baie de SoliπÊica, et au sud-est TelaπÊica, parc naturel à l’entrée des Kornati. On entre d’abord à SoliπÊica, dans sa partie appelée la baie de Pantera, qui figure parmi les lieux de mouillage les plus grands de l’Adriatique. Il y a souvent une centaine de bateaux de plaisance, soit ancrés, soit liés aux bouées installées ces dernières années. Mais n’ayez pas peur ; la baie est vaste et il n’y aura pas foule. Vous profiterez de la vue sur le plus haut phare adriatique, Veli rat (“Grand Cap”), qui se trouve sur le côté extérieur de la baie. Au pied du phare il y a des plages de galets où les plaisanciers viennent se baigner.

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Au bout de la baie sont situées deux localités, Veli rat et VeruniÊ, derrière lesquelles s’étend la crique de ∆una, qui est complètement fermée. Les deux localités disposent de très bonnes auberges ; il est rare que quelqu’un en parte sans avoir dégusté l’excellent poisson. Dans Veli rat est construite une petite marina. Au nord de la baie de SoliπÊica est située une autre petite localité, Soline. La navigation le long de la côte nord de l’île commence par le chenal de Zverinac, où, entre les îles de Dugi otok et de Zverinac il n’y a plus d’un demi-mille. La première localité sur cette côte est Boæava. Abritée derrière le cap forestier de Muljkovac, elle est cachée dans une petite crique. Si vous amarrez derrière la digue, vous pouvez de votre cockpit profiter d’une belle vue sur la charmante petite localité. À partir de Boæava vers le sud, parmi les nombreuses petites criques, nous allons retrouver la crique de Dumboka, qui sert de petit port à la localité de Dragove, située plus à l’intérieur.

un café devant l’auberge sur la rive, ou aller faire les courses dans le magasin où se trouve aussi la poste locale. La localité de Savar, située plus au sud, est aussi un endroit pittoresque. Si l’on y jette l’ancre, on sera protégé par le cap forestier de Pelegrin, où se trouve une petite église avec son cimetière. À partir de Savar, jusqu’à la crique de Luka (“Port”), la côte est principalement inhabitée. Il n’y a pas non plus, à l’exception de la petite crique d’OvËa, un lieu favorable au mouillage, et on va pour l’instant s’éloigner de l’île de Dugi otok pour se diriger vers Rava. Insérée entre les îles d’Iæ et de Dugi otok, Rava est une île qui mérite notre visite. Tout y est calme. Vous pouvez donc tranquillement amarrer dans Mala Rava (Petite Rava), ancrer dans Paladinica ou bien accoster au quai de la crique de Marinica qui est le port de Vela Rava (Grande Rave), et faire à pied le tour de la ville. Visitez ses petits villages, montez au sommet de Vela Rava, le village qui se restaure au jour

Le petit port de Bokaπin appartient aussi à Dragove, après lequel nous arrivons à LuËine. C’est une crique un peu plus vaste qui est en plus protégée par l’îlot d’Utra. LuËine est aussi un port de ferrys, et reste assez vaste et sûre pour y ancrer ou amarrer aux bouées un grand nombre de bateaux. Si l’on y débarque, on peut, à travers un isthme bas, arriver à pied dans la localité de Bribinj, où les plaisanciers, d’habitude, arrivent en bateau. C’est l’un des lieux de mouillage les plus beaux de l’île de Dugi otok, qui est beaucoup moins vaste que Pantera ou TelaπÊica, mais très romantique, surtout si l’on ancre au pied du cap de Koromaπnjak. Ici, il faut bien attacher la proue à la bouée et ensuite se reculer au quai municipal pour attacher la poupe avec des amarres de chaque côté, et aller se baigner ou lire sur le cockpit. On peut également s’approcher de la côte avec un bateau pneumatique, faire un tour, prendre

le jour, et dont les anciens habitants dispersés aujourd’hui de Zadar jusqu’aux Etats-Unis, retournent pour s’y installer. De l’île de Rava on retourne vers l’île de Dugi otok, directement dans la crique de Luka, protégé par l’îlot de Luπki. Il est agréable d’y jeter l’ancre, et si votre tirant d’eau n’est pas trop profond, vous pourrez accoster sur la rive. La localité suivante que l’on visite est ÆmaniËÊa, au pied du village de Æman, qui est situé cinq cents mètres plus haut et qui a gardé son ancienne apparence. Pour arriver dans la crique et la localité de Zaglav, on passera entre l’île de Dugi otok et Krknata, petit îlot qui s’est allongé parallèlement. Krknata est un petit paradis plein d’oliviers avec une dizaine de maisons. Zaglav est protégée par une digue de trois cents mètres de long qui s’étend de la côte jusqu’au rocher Pohlib. C’est une belle crique avec trois bras et une nouvelle rive, construite récemment du côté nord, 31

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qui est très animée. Les ferrys y accostent et on trouve là l’unique station maritime de carburant insulaire. Sali, la plus grande localité de l’île de Dugi otok, est encore plus animée. Elle était jadis le centre de pêche de cette région, et aujourd’hui, elle se tourne plutôt vers les plaisanciers et le tourisme. C’est pourquoi il y a une dizaine d’années, une nouvelle rive du côté sud du port fut construite, et il y a maintenant de la place pour quelques soixante-dix bateaux. Sali est un endroit pittoresque. Trois petites darses dans le fond du port sont pleines de barques locales. Souvent, lorsqu’ils reviennent de la pêche, on peut y acheter du poisson frais. Pour arriver par Mala Proversa (Petite Proversa), une passe étroite qui sépare l’île de Dugi otok et l’île de Katina, jusqu’à TelaπÊica, l’autre grande baie de l’île, il faut encore longer l’îlot Lavdara, au nord de Dugi otok. Le parc régional de TelaπÊica est un lieu de mouillage vaste et bien abrité, au sud de l’île de Dugi otok, juste à côté du Parc national des Kornati. Elle comprend plusieurs criques favorables au mouillage. La plus connue d’entre elles, est la crique de Mir (la “Paix”), qui se trouve à côté du lac du même nom. Il ne faut pas manquer de quitter le bateau pour faire une promenade à pied jusqu’au lac et les falaises du côté sud de l’île. De ce côté de TelaπÊica, il y a beaucoup de bouées et, par conséquent, pas mal de monde. Les dernières années, de nombreuses bouées ont été installées dans les autres criques, dont la plupart dans la partie le plus au fond de la baie, qui est la mieux abritée. Étant donné le nombre de criques, vous en trouverez toujours une à TelaπÊica, qui, dans toutes les conditions météorologiques et par n’importe quel vent, vous offrira refuge.

De TelaπÊica, on ne va pas tout de suite continuer vers les Kornati, mais on va, si notre tirant d’eau ne dépasse pas la

profondeur de 2 mètres, retourner vers Iæ, un île située entre les îles de Dugi otok et d’Ugljan. Les agglomérations d’Iæ se trouvent aussi sur la côte nord, qui est plus découpée, à l’exception de la crique de Soline et les îlots devant elle. La localité la plus importante de l’île et le plus grand centre nautique est Veli Iæ (Grand Iæ). Il s’est développé autour du port, dans lequel se trouve aussi une marina avec une cinquantaine d’amarrages. Si, par hasard, vous ne trouvez pas de place dans le port, vous pouvez amarrer dans la crique voisine, Drage. Veli Iæ, appelé Zamoraπnje selo par les gens de la région, fut habité des l’époque des Libourniens (Liburni). Iæ est l’île des oliviers, des pêcheurs et des “gens de la mer”, et passe toujours pour être un endroit insulaire calme, même si le tourisme y a déjà pris racines. Passer ici deux ou trois journées, sortir pour aller se baigner dans les criques voisines ou au pied de l’îlot de Rutnjak, semble une excellente idée. Les autres localités de l’île d’Iæ sont aussi pittoresques, surtout Mali Iæ (Petit Iæ), mais on y accoste difficilement, sauf si l’on est sur un petit bateau. Il faut donc y aller à pied. Si l’on veut jeter l’ancre à côté d’Iæ, il serait préférable de le faire dans le lieu de mouillage aménagé au pied de l’îlot de Knezak ou dans la partie sud du côté nord-est, dans la crique de Vodenjak, qui est protégée par les îles de Temeπnjak et ©koljiÊ.

Ugljan et Paπman

À partir de l’île d’Iæ, on emprunte un itinéraire qui n’est pas habituel pour les plaisanciers. On part vers l’île d’Ugljan, qui, avec l’île de Paπman, protège la côte basse de Zadar et Biograd des vents du sud. On prend d’abord la direction de Mala Lamjana (Petite Lamjana) et Vela Lamjana (Grande Lamjana), deux criques de la côte sud d’Ugljan, qui, avec la crique de SabuËÊica et les îlots de Koπara et ©kolj, rendent la côte sud d’Ugljan, très découpée. Si l’on veut s’y arrêter, il vaut mieux le faire dans les criques de Mala Lamjana ou SabuπÊica. Dans Vela Lamjana se trouvent chantier naval, port de pêche et

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bassin de pisciculture, qui ont occupé toute la crique. À même pas un mille du sud de SabuπÊica est situé la passe Ædrilac, où les îles d’Ugljan et Paπman ne sont pas éloignées de plus d’une cinquantaine de mètres. Une atmosphère très animée règne toujours dans la passe. Il faut y faire très attention, et surtout lever vos yeux vers le pont qui passe au-dessus, où est bien marqué 16,5. C’est, en fait, sa hauteur. Alors, si vous y passez avec un voilier dont le grand mât dépasse cette hauteur, vous serez obligés de prendre un chemin plus long pour arriver dans le chenal de Zadar. Après avoir franchi le passage récemment approfondi et élargi situé sous le pont, les côtes d’Ugljan et Paπman s’éloignent brusquement et se rapprochent de nouveau, en créant un lac maritime, très favorable au mouillage. Pourtant, on ne s’y arrête pas, mais on continue vers Kukljice, port de pêche qui attire par son charme typique de l’île d’Ugljan. Dans ce grand port abrité où plusieurs pontons sont destinés aux plaisanciers, on trouvera toujours quelques places d’amarrage libres. Comme les habitants s’occupent de plus en plus du tourisme, il y a toujours du bon poisson dans les konoba (sorte de taverne). On continue la navigation par visiter la petite ville de Kali. Sa flotte de pêcheurs est tellement grande qu’elle ne trouve pas assez de place dans ses deux ports, Kali et Batalaæa, même pas au bord de la rive de Lamjana. Si, par hasard, vous réussissez à obtenir l’autorisation des pêcheurs de vous attacher à un de leurs bateaux ou au môle, vous serez dans l’épicentre adriatique de la pêche ; les filets sont étendus à travers la digue, l’équipage est toujours occupé par son bateau, même s’il est amarré. Et si vous y passez par pleine lune en juillet, il y aura autour de vous une fête de pêche, qui n’est pas simplement une fête estivale dithyrambique, mais aussi une réunion importante de pêcheurs croates. Les pêcheurs de Kali ne pêchent pas seulement en Adriatique, mais aussi à l’étranger, par exemple dans le Pacifique. Leur projet est

de faire élargir leurs ports, pour y avoir assez de place pour tous leurs bateaux, mais aussi pour les plaisanciers, qui viendraient attirés par le poisson frais, mais aussi par l’ambiance de pêche. Ce que les habitants de Kali ont en projet, ceux de Preko l’ont déjà réalisé. Leur petit port a été agrandi en une petite marina située dans le centre-ville même. Deux îlots à côté de Preko, cette belle localité insulaire, lui donnent encore plus de charme. Oπljak, le plus grand et Galovac, le plus petit, sont comme deux soldats en faction qui gardent Preko des côtés est et ouest. Ces dernières années, le but fréquemment recherché des plaisanciers est SutomiπËica. Dans cette crique, où, il y a encore peu de temps, on ne pouvait que jeter l’ancre ou s’amarrer au petit quai, une nouvelle marina a récemment été construite. Ses propriétaires ont ébauché le projet, fondé sur la tradition des oliviers d’Ugljan. De plus, si l’on veut visiter Zadar en bateau, et éviter la foule, on peut très bien amarrer ici et prendre le bateau-glisseur de la marina pour traverser rapidement le chenal de Zadar. Du côté nord de Zadar, on va encore naviguer le long de deux localités de l’île d’Ugljan, Veli Lukoran et Ugljan, puis par la passe Veli Ædrilac pour arriver jusqu’à sa côte sud-ouest. Celle-ci est beaucoup moins habitée. Ses deux criques, qu’il faut connaître, Pavleπina et Prtljug sont ouvertes vers le sud. On continue le long de cette côte vers Paπman. L’île de Paπman est plus calme que celle d’Ugljan et ses localités, au bord de la mer, sont plus petites, mais c’est justement là son charme. On navigue le long de sa côte sud et si l’on souhaite être à côté d’un rivage quasi désertique, il faut s’arrêter dans une petite crique abritée et jeter notre ancre pour y passer la nuit. Il y en a plusieurs du même genre. On n’entre plus dans Kablin, à cause des bassins de pisciculture, et on continue jusqu’à Kobiljak et la crique de Sveti Ante (Saint-Ante), dans lesquelles il y a souvent beaucoup de

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bateaux. Il y en a encore plus dans les trois criques qui suivent, où, comme à Sveti Ante, des lieux de mouillage ont été aménagés - Soline, le meilleur, ÆinËena et Lanin. Il y a quelques années, ces trois criques étaient désertiques, à l’exception de quelques maisons de plaisance. Aujourd’hui, cela a changé ; il y a de nombreuses maisons, konoba (sorte de tavernes) et épiceries qui tombent à pic si l’on a envie de faire un tour à pied. De Lanin, à côté du petit archipel formé des îlots : Koπara, Maslinjak et Æiæanj, puis Gangaro et Kotula, on continue vers le côté nord de l’île et le chenal de Paπman. La mer du côté nord de Paπman est peu profonde, et dans le chenal, il y a une trentaine d’îlots et quelques écueils. Il faut donc y passer avec beaucoup d’attention, ce qui rend la navigation plus intéressante. Le trafic y est important, de nombreuses barques démarrent pour aller trouver un endroit de baignade, des bateaux sortent des marinas de Biograd ou de Sukoπan… On prend la direction de Tkon, distant de deux milles nautiques de l’extrême sud de l’île de Paπman. On peut facilement y trouver un point d’amarrage sur la digue du port, sortir se promener et visiter deux couvents pas trop éloignés. Le premier est celui des bénédictins du XIIe siècle avec une église gothique au sommet de la colline »okovac, et le second, éloigné de trois kilomètres, est celui des franciscains, qui se trouve au bord de la mer dans le village de Kraj. D’ici, on peut déjà très bien voir les maisons de Paπman, localité la plus importante de l’île. Si l’on souhaite entrer dans son port, il faut faire attention et passer au nord de la petite série d’îlots formée par Veliki Duæac, Mali Duæac et Muntar. C’est le seul moyen d’être sûr d’avoir assez de profondeur au-dessous de la quille. À partir de la localité de Paπman jusqu’à celle de Ædrelac, il y a toute une série de petites localités : Barotul, Mrljane, Neviane, Dobropoljana, Banj et Ædrelac. Dans chacune d’elles, vous pourrez trouver un point d’amarrage et profiter du calme et de l’intimité offerts par ce genre d’endroit.

Zadar De Ædrelac à Zadar, il y a exactement six milles nautiques. Au cours de cette navigation, on pourrait mettre le cap vers le nord, aller visiter les petites villes de PetrËani, Zaton, Privlaka, contourner l’île de Vir, pour arriver dans les baies de LjubaËki et Nin, atteindre les parties sud du chenal du Velebit et retourner dans le royaume de la bora. On pourrait aussi, en accostant dans les petits ports de Raæanac et Vinjerac, à travers la passe de Novigrad, entrer dans la mer de Novograd et celle de Karin, bassins maritimes fermés, ancrer devant la localité de Posedarje pour acheter de l’excellent jambon cru, spécialité de la région, puis entrer dans le petit port de Novigrad rendre visite aux célèbres pêcheurs… On laissera tout cela pour une autre croisière. Cette fois-ci, on entrera dans la marina de Tankerkomerc, au cœur de la ville antique de Zadar. On pourrait également amarrer dans la marina de Borik, du côté ouest de la ville, près du petit port de plaisance du club de voile le plus connu de la région, Uskok. Ces deux marinas sont, à côté des autres ports, le centre de la vie nautique de la région. Ces dernières années, la ville de Zadar est devenue un grand centre nautique. Dans ses eaux ont lieu de nombreuses régates, des yachts célèbres y accostent, et là se trouvent les sièges de nombreuses compagnies de location, ainsi que trois chantiers navals construisant des yachts et voiliers. Vous pouvez y rester plusieurs jours sans vous ennuyer. Cette ville est pleine d’histoire ; elle été détruite et conquise au fil des siècles, en gardant de chaque époque au moins un témoignage : ruines du forum romain de Jadera, église Saint-Donat, cathédrale romane… Zadar, c’est Kalelarga (sa rue principale), Foπa (le fossé), ses betula (bistrots) et cafés, les conversations incessantes sur le basket et la mer, car c’est la raison de vivre de ses habitants. À partir d’ici, on se dirige vers la marina Dalmacija, la plus grande de la côte est de l’Adriatique, exactement à mi 35

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chemin entre Bibinje et Sukoπani. Fondée sur la partie basse de la côte, autrefois délaissée, elle est aujourd’hui une base nautique ou siègent de nombreuses flottes de charters et à partir de laquelle on arrive jusqu’aux plus belles îles de l’Adriatique centrale. Il n’y a que neuf milles vers le sud, de cette marina à Biograd, la vieille ville royale croate. Biograd est aussi un centre nautique important. Dans ses deux marinas, Kornati et ©angulin, il y a presque mille bateaux amarrés. Il est agréable, à Biograd, de se perdre dans ses kala (ruelles étroites), s’asseoir dans ses konoba (sorte de tavernes) et se promener sur la rive. Vous pouvez toujours y rencontrer quelqu’un que vous connaissez et avec qui vous commencerez à discuter de Vis, Hvar, des Kornati, ou bien de l’automne à Biograd (lorsqu’ ont lieu de nombreuses régates et la foire nautique). Vers le sud de Biograd, la zone étroite de la côte entre le lac de Vrana (Vransko jezero) et la mer, les îles de Vrgada et Murvenjak et deux îlots, Arta Velika et Arta Mala (Grande et Petite Arta) appartiennent aussi à la région de Zadar. Bien que de Biograd, on prenne en général la direction de Paπman et Vrgada, il est aussi agréable de longer la côte basse jusqu’à Pakoπtane, ou bien entrer dans les criques de Vela luka ou Mala luka (Grand et Petit port). Où que vous vous arrêtiez, le parc naturel du lac de Vrana (le plus grand lac naturel en Croatie), se trouve à proximité. Il s’étend parallèlement à la côte maritime. C’est aussi une réserve naturelle ornithologique. Ensuite, on continue vers Vrgada, petite île avec la charmante localité de Luka, sa crique et son lieu de mouillage dans la passe entre les îlots d’Artina et Vrgada, où l’on jette l’ancre pour prendre le dernier bain dans les eaux de Zadar. Puis on commence à longer la côte et des îles qui appartiennent à la région de ©ibenik.

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La Dalmatie

La région de ©ibenik

La côte de ©ibenik et ses îles sont différentes de celles de la région de Zadar, que l’on vient de quitter. C’est toujours la côte basse, mais beaucoup plus découpée, riche en ports et baies encastrés dans les terres. Il y a aussi un nombre important de marinas modernes. Les îles les plus proches sont reliées au continent. Y sont situées de grandes agglomérations insulaires, tandis que sur les îles les plus éloignées de la côte, on ne trouve que quelques maisons avec des habitants saisonniers ou de petits ports de pêcheurs et des villages campagnards. La région de ©ibenik comprend également l’archipel des Kornati. Même s’il n’y avait rien d’autre à voir dans la région de ©ibenik, ces îles charmantes y attireraient, à elles seules, de nombreux plaisanciers.

Murter

Murter, la première île que nous rencontrons, est aussi appelée la capitale des Kornati. La plupart des maisons et terrains des Kornati appartiennent aux habitants de Murter, qui y demeurent en été pour y pêcher et s’occuper de la récolte des oliviers en automne. De petites barques, appelées gajete, leur servant à déménager, sont pour eux la chose la plus importante au monde. Vous trouverez rarement autant de gajete aussi charmantes et bien entretenues. Elles sont amarrées dans des dizaines de petites darses spécialement aménagées pour elles. Jadis, on naviguait vers les Kornati à voile ou à rames, et cette tradition perdure. Vous pouvez faire de la voile non seulement entre les îles des Kornati, mais aussi dans l’archipel situé 39

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devant l’île de Murter. Entre les îlots : Radelja, Æminjak, Veliki Vinko et Mali Vinko (Grand et Petit Vinko), on avance avec précaution, à cause des bas-fonds qui y sont très nombreux. Mais cette zone dangereuse passée, on se trouve amarré dans Hramina, grande marina de Murter bien protégée, où l’on peut se reposer en se régalant dans un des nombreux restaurants. On pourrait aussi choisir une autre place d’amarrage sûre dans le port de Betina, localité voisine connue pour son vieux chantier naval. À Betina, ainsi qu’à Murter, on a conservé la tradition de construction des bateaux en bois. À partir d’ici, on met le cap à travers la baie bien protégée vers Tisno, la localité où l’île de Murter est reliée par un pont au continent. On pourrait partir d’ici vers Pirovac, ou encore plus au nord entrer dans la baie de Pirovac, mais pour l’instant on continue le tour de l’île. Pour le faire, on doit passer au-dessous du pont de

Tisno, relevé deux fois par jour. De Tisno, où l’on peut amarrer à la rive, il n’y a qu’un mille jusqu’à Jezera, port bien abrité où se trouve la troisième marina de l’île. On y trouve le centre de big game fishing (pêche au gros) sur la côte est de l’Adriatique. Et lorsqu’on sort de Jezera et passe, après un mille et demi de navigation, au pied du cap de Rat, on pourrait continuer le long de la côte sud de Murter, où se trouvent les criques de Sveti Nikola (Saint-Nikola), Kosirina, VuËigrae et Stanica, ou bien continuer encore un peu plus loin. On choisit la route naturelle, celle qui mène à l’archipel des Kornati.

Kornati

Faire le tour des îles des Kornati est le rêve de tout plaisancier. Contempler les paysages sublimes que découvrent les chenaux de Kornat ou de Æut, louvoyer entre les îles de Raπip et Piπkera, ou Gustac et Lavsa, se glisser dans une crique à peine suffisante pour un petit voilier et quelques barques locales, aller à la rencontre des habitants de ces petites maisons juchée au-dessus d’une petite darse où flotte seule une barque de pêche, se réveiller à l’aube pour monter au sommet de Toreta et y laisser le regard vagabonder tantôt sur le chenal de Kornat, tantôt sur Tarc, se joindre peut-être à l’un des rares pêcheurs pour la levée des filets... - sur les îles de Kornati, l’homme vit depuis toujours en symbiose avec la mer et la nature. Les îles de Kornati sont complètement différentes de toutes les autres îles adriatiques. Ici on n’arrive pas dans de petites villes côtières qui, même d’apparence négligée, possèdent un caractère urbain et vivent en été à un rythme effréné. On pénètre, au contraire, dans un espace où l’on tend à s’isoler dans de petites criques bien protégées ou dans un logis dans les champs, en laissant tout le reste à la bonne volonté du soleil, aux moutons qui bondissent sur les rochers en bord de mer, aux ânes réfugiés à l’ombre et à soi-même lorsqu’on arrive en bateau. On pourrait sans cesse naviguer à travers les Kornati. On peut longer les passes de Mala Proversa et Velika Proversa, puis s’amarrer à Katina, ou bien continuer la route et, en laissant à sa droite le grand phare de Vela Sestrica, entrer dans le chenal de Kornat. On y trouvera de nombreux endroits où l’on peut mouiller ou amarrer au pied des maisons insulaires : la crique de ©pinate, le petit port de pêcheurs de LuËica, l’îlot de Levrnaka avec l’une des plages les plus belles de l’Adriatique dans sa crique de Lojena… Il ne faut pas manquer de s’arrêter au pied de l’église de Gospe od Tarca (Notre-Dame de Tarac), où tous les habitants des Kornati, début juillet, préparent la fête et montent ensuite à Tureta, forteresse d’où, au VIe siècle déjà, on surveillait la navigation maritime de cette région. Tout près d’ici se trouve la crique de Striænja, avec ses pêcheurs devant leurs maisons, ou l’on peut jeter notre ancre à côté de l’île de Striænjak. On continue vers Vrulje, la capitale de cet archipel, qui grouille de vie en plein été. On se dirige ensuite vers la crique de Gujka, au-dessus de laquelle on peut voir du bétail brouter librement l’herbe rare et sèche sur les terrains séparés par des suhozidi (sorte de clôture en pierre pure) qui s’étendent d’une

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côte insulaire à l’autre, en partageant les terres verticalement. On est aussi attiré par la série des îles extérieures de l’archipel. Passer par les Kornati sans découvrir leur côté sud, où les falaises de Mane et Raπipa se précipitent dans la mer, signifie se priver d’épreuve de la rencontre de la puissance de la mer et de la persistance de la pierre. Lorsque, paisiblement, on décide de continuer la navigation, on peut amarrer dans la marina de Piπkera, unique dans ce parc national, où bien entrer dans la baie de l’île de Lavsa, qui compte une dizaine de maisons et qui représente un endroit idyllique typique des Kornati avec les darses, petits quais et bateaux à voile ancrés devant eux. Un peu plus loin, en faisant attention aux bas-fonds et aux kalahatine, sorte de rochers dangereux, où se sont déjà heurtés plusieurs bateaux, on arrive dans Ravni æakan, ancienne criée où jadis les pêcheurs débarquaient le poisson pêché et où les plaisanciers amarrent aujourd’hui au môle. Si l’on retourne vers Kornat, on a encore à visiter la crique d’Opat (“Abbé“), au pied de la colline pierreuse

dont le sommet rappelle un bonnet d’abbé, qui est connue pour ses auberges, ainsi que la crique de Smokvica Vela. Vous vous trompez si vous pensez que l’on a tout vu. Il reste encore le côté nord de l’île de Kornat, avec ses criques de Statival, LupeπÊina et Stinava, puis on arrive rapidement jusqu’à l’île voisine de Æut où, entre autres, on peut mouiller dans sa marina, située à l’intérieur du port du village de Æut. On est sorti du parc national, mais on peut toujours ressentir l’atmosphère des Kornati. La marina, elle aussi, donne l’impression d’y être depuis toujours. Il y a sur l’île de Æut d’autres belles localités : Bizikovica, à l’ouest de Æut, une vraie petite lagune de Sabuni et Pristaniπte qui se trouve dans le deuxième port insulaire, HiljaËa. Il est différent de naviguer le long de la côte sud de Æut, presque désertique, à l’exception de quelques maisons et deux à trois criques. En quittant Æut et l’archipel de Kornati, rares sont ceux qui ne pensent pas : “Quand reviendrai-je?”

Les îles de Æirje, Kakan, Kaprije et Tijat À l’est des Kornati jusqu’à la côte devant ©ibenik, il y a huit grandes îles et une quarantaine de petites. On y trouve de grandes agglomérations, à l’exception de celles situées sur les îles plus près de la côte, comme PrviÊ, Zlarin et Krapanj. Il en est de même sur l’île de Æirje, l’île la plus éloignée du continent dans cette partie de l’archipel de ©ibenik. Lorsqu’on arrive des Kornati, on navigue le plus souvent le long de son côté sud, en passant à côté de la baie de Tratinska (lieu de mouillage assez profond) et en profitant de la belle vue sur le phare de Blitvenica, situé à trois milles vers la pleine mer, on se dirige vers Stupica Vela et Stupica Mala (Grande et Petite Stupica), les baies de son extrême sud. On jette l’ancre le plus souvent dans la baie de Velika Stupica, plus sûre, pour s’y reposer et se baigner. Du côté nord de l’île, il y a trois localités : la première dans la crique de Koromaπna, où l’on peut ancrer, la deuxième dans la crique de Mikavica, du côté nord-est de l’île, et la troisième à Muna, port principal de

l’île où accoste le bateau local qui relie l’île de Æirje à ©ibenik. Celui qui y amarre peut faire une promenade jusqu’à Æirje, un village un peu dépeuplé qui, retiré dans une petite vallée encaissée, vit au rythme d’autrefois. On n’est pas loin de Kakan et Kaprije, deux îles, proches l’une de l’autre d’un demi-mille nautique. Le chenal de Kakan (Kakanski kanal) a plus l’air d’une mer fermée parce qu’il est protégé par les îles de Veliki Borovnjak et Mali Borovnjak (Grand et Petit Borovnjak), c’est pourquoi il y a toujours beaucoup de yachts ancrés. Si vous préférez vous installer près d’une localité, vous n’avez qu’à continuer encore deux milles vers le port de Kaprije, profondément encastré dans l’île. Kaprije est une petite localité où arrive régulièrement le bateau de ©ibenik apportant des touristes et la vivacité de l’été. L’île voisine, Zmajan, totalement inhabitée, n’a pas d’agréables lieux de mouillage, à l’exception des criques de Bok et ZakloπÊica, du côté nord, et Smetnja Vela, du côté

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sud de l’île. Au contraire, sur son île voisine, la petite île d’Obonjan, il y a en été une atmosphère très vive en raison du camping qui s’y trouve. L’île suivante, si l’on va vers le continent, est Tijat, également inhabitée, mais dont la baie de TijaπÊica est un grand lieu de mouillage. C’est aussi un lieu d’excursion prisé de toutes les localités voisines.

Les îles de PrviÊ, Zlarin et Krapanj

Les trois îles les plus proches du continent, PrviÊ, Zlarin et Krapanj, sont plus habitées et intéressantes. Sur l’île de PrviÊ, éloignée d’un mille du continent, il y a deux localités pittoresques, ©epurine et PrviÊ Luka. ©epurine est une belle localité aux maisons de pierre qui donnent l’impression de sortir de la mer. Même si, avec ses deux ports, elle occupe tout l’isthme étroit de l’île, il est très difficile d’y trouver une place d’amarrage pour un grand bateau. On trouve de la place au sud de la localité, mais le bateau local de ©ibenik y arrive plusieurs fois par jour. Il est beaucoup plus facile de trouver

de la place à PrviÊ Luka, où l’on amarre les yachts à moteur ou à voile derrière la digue qui protège la crique du vent jugo. L’île de Zlarin, qui n’est éloignée du continent que d’un mille, a préservé l’ambiance d’autrefois. Elle était à l’époque du règne de l’Autriche-Hongrie un port très important où accostaient les plus grands navires militaires. Il y est construit pour eux un grand môle de cent quarante mètres de long où il y a toujours de la place pour le bateau régulier de ©ibenik, pour les barques d’excursion, ainsi que pour les nombreux plaisanciers qui y viennent. Du côté nord-est, il y a plusieurs petites criques à partir desquelles vers le sud-est se succèdent six îlots, dont Krapanj est le plus proche du continent et le seul habité. Aussi petite qu’elle soit (sa superficie ne fait même pas un demikilomètre carré), elle est très célèbre, ceci grâce à ses plongeurs qui sont connus pour leur adresse à ramasser, façonner et fabriquer les éponges et coraux. C’était autrefois la seule activité des habitants de Krapanj ce, que rappelle aujourd’hui le petit musée du couvent de Sveti Kriæ (Sainte-Croix).

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Tribunj et Vodice

©ibenik

À Krapanj finit la croisière dans les îles de l’archipel de ©ibenik. On retourne maintenant par le chenal de ©ibenik (©ibenski kanal) vers les localités du continent. Après huit milles nautiques, on arrive à Tribunj, une autre petite localité pittoresque, dont la vieille partie se trouve sur une autre petite île reliée au continent par un pont. Depuis qu’une marina moderne y est construite, Tribunj est devenu un grand centre nautique. Cette marina est excellemment aménagée et de grands événements y sont organisés, en particulier les régates qui durent du printemps à la fin de l’automne. Il y a encore plus d’animation dans la localité voisine de Vodice. Ici se trouve une grande marina de l’ACI, et il y a aussi de nombreuses places d’amarrage dans le port. Bien que Vodice soit un centre touristique, elle a aussi un caractère nautique affirmé grâce à sa marina où sont aussi amarrés de nombreux bateaux destinés à la location.

On peut de plus en plus ressentir ce caractère nautique à ©ibenik, cette ville antique située sur la côte d’une baie abritée. Lorsqu’on navigue par le chenal de Saint-Ante (Kanal Svetog Ante), d’une longueur de plus d’un mille, la forteresse du même nom et de nombreuses autres vieilles fortifications militaires dans ce chenal et au-dessus de ©ibenik rappellent que cette ville a toujours été, d’une grande importance stratégique. Aujourd’hui, les plaisanciers ont remplacé les navires militaires. L’un des plus beaux lieux d’amarrages est la rive même de la ville, au pied de la cathédrale Sv. Jakov (Saint-Jacques), chef-d’œuvre de la Renaissance, construite par les Maîtres Juraj Dalmatinac et Nikola Firentinac. Il y a quelques années, la marina Mandalina a été aménagée près du chantier naval de remontage, et une grande marina est également en construction sur la presqu’île de Kuline.

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©ibenik est la ville de la chanson, de la gaieté, du Festival international des enfants, mais aussi la ville de la bonne nourriture, des produits de la mer et des champs alentours. Alors, si vous venez, profitez de tout cela. ©ibenik est la seule ville de la côte croate qui vous offre la possibilité d’entrer avec votre bateau profondément dans les terres, jusqu’à Skradin, une petite ville située au bord du cours inférieur du fleuve Krka. Le long de la baie de ©ibenik (©ibenski zaljev), d’une longueur de trois milles et qui n’est que la bouche inondée du fleuve Krka, il y a de nombreux bassins de conchyliculture. Au bout de cette baie se trouvent la petite ville de Zaton et son petit centre nautique situé dans la crique de Dobri Dolac. Un pont élégant, sous lequel on passe pour entrer dans le détroit de Prokljan, puis un mille et demi bordé des falaises des deux côtés, et on entre dans le lac de Prokljan (Prokljansko jezero). Pour arriver dans la marina de Skradin, il faut encore naviguer deux milles sur le fleuve Krka et passer sous le pont de l’autoroute qui relie Zagreb au sud de la Dalmatie, après quoi on est plongé dans une ambiance réellement fluviale, navigant dans les eaux claires entre les roseaux et les joncs. Skradin est une vieille ville qui date de l’époque des Libourniens (Liburni). C’était déjà un port très important au XIIIe siècle. On y amarre dans la marina ou jette l’ancre en face de la rive, puis on débarque pour déguster un risotto de Skradin. Le lendemain, on peut aller visiter les chutes de Krka (Slapovi Krke) et le monastère franciscain de l’îlot de Visovac à l’aide du service local de bateaux d’excursions. En effet, il n’est pas permis de continuer à l’intérieur du parc national avec son propre bateau.

Primoπten et Rogoznica

Après être entré profondément dans le continent, on en sort par le chenal de Saint-Ante, et continue le long de la côte

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vers le sud jusqu’à Primoπten. On repasse au large de l’île de Zlarin et des îlots sud. On laisse ensuite au nord la baie de Grebaπtica et l’îlot de Tmara, et approche de Primoπten, petite ville située sur deux presqu’îles. Celle du nord est couverte par une forêt dense de pins, dans laquelle sont situés les hôtels. Sur la presqu’île sud se trouvent l’église et la vieille ville. Primoπten dispose de deux débarcadères. Un se trouve au pied de la presqu’île, où sont aménagées la rive de la ville et la longue digue. En été, il est encombré par des yachts. Sur l’autre débarcadère, dans la crique de Porat, sont amarrés les bateaux d’excursions et barques de pêcheurs. Mais Primoπten est connue des plaisanciers pour la marina Kremnik du port de Peleπ, un mille plus au sud. Cette grande marina bien équipée occupe tout le nord du port. Au-dessus de Primoπten, dans une dentelle de pierre, pousse la vigne dont on produit le fameux vin BabiÊ. Lorsque vous y passez, ne ratez pas l’occasion de le déguster. D’ici à Rogoznica, port dont les deux bras se sont bien encastrés dans le continent, il y a moins de trois milles. Rogoznica est depuis toujours un lieu important de mouillage et un port connu des plaisanciers qui naviguent dans les eaux croates. Ceci bien avant l’aménagement des nombreuses marinas. La forêt dense de pins sur l’îlot de Kopar, les vieilles maisons en pierre sur sa rive, les barques de pêcheurs, donnent à la vieille ville de Rogoznica les couleurs d’une petite ville de pêcheurs. La marina Frapa a été construite il y a une quinzaine d’années à Soline, du côté ouest de la crique de Rogoznica, au pied du lac Zmajevo oko (“l’œil du dragon”). Elle est l’une des marinas les mieux équipées, ce qui rend le séjour des plaisanciers très agréable et la maintenance du bateau plus facile. En sortant de Rogoznica, on passe au large de l’îlot de Smokvica (la “Petite Figue”) et des criques de Movar et StivanËica, puis on arrive au cap de PloËa, plus connu sous le nom de Punta Planka. C’est là que commence la région dalmate de Split.

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La Dalmatie

La région de Split

Nombreux sont ceux qui considèrent la côte et les îles qui entourent Split comme étant la plus belle région de l’Adriatique. Que l’on soit d’accord ou pas, et bien que le reste de l’Adriatique soit magnifique - les îles de ©olta, BraË, Hvar, Vis et un grand nombre d’îles plus petites, ainsi que la côte du cap PloËa jusqu’à l’embouchure du fleuve Neretva, séduisent le plaisancier par leurs attraits architecturaux et la beauté des paysages. La navigation le long de cette partie de la côte est particulièrement agréable en été. Il y a plusieurs marinas de qualité, ainsi qu’un grand nombre de ports spacieux, dont la plupart se trouvent à Split et dans ses environs. Les îles ne sont pas très éloignées du continent. Les plus proches, Drvenik, ©olta et BraË, sont situées à moins de cinq milles de la côte. Entre Split et l’île de Hvar, il y a vingt kilomètres, et jusqu’à l’île de Vis, trente. Les chenaux parallèles à la côte sont favorables à la navigation, surtout à celle à voile, pendant les vents d’été très stables. Les conditions météorologiques dans cette partie de l’Adriatique sont très souvent favorables de mai à octobre, quand la navigation est la plus fréquente. Elles changent invariablement. Au début de la saison, début avril, prédominent les vents du sud. Ce sont ensuite les vents stables du nord-ouest, puis, vers la fin de la saison, on peut ressentir l’apaisement de l’automne. Il faut être prudent en cas de bora qui, au pied des massifs, reprend sa force, de

soudaines bourrasques de nevera, et de passages de cyclone. Sur ces îles dalmates, il y a quatre marinas, mais les plaisanciers sont aussi attirés par les rives aménagées et les baies et criques protégées. Les rives de Vis - ville de 2400 ans, Komiæa - ville de pêcheurs, et les rives ensoleillées de Hvar, Stari Grad (Vieille Ville), dont le nom évoque ses racines antiques, les rives de Vrboska ou Milna, sur l’île de BraË, celles de PuËiπÊa - ville des maîtres de la pierre… sont parmi les endroits préférés des plaisanciers. Ils s’y rendent du début du printemps à la fin de l’automne. À peine quelques milles plus loin, on peut profiter de l’ancrage dans des criques qui ont gardé l’ambiance des temps où peu de yachts y passaient. La crique de StonËica, la lagune de Budihovica, sur l’île de Vis, les criques de l’archipel des Paklinski otoci, celles de Starogradska luka, sur l’île de Hvar, celles de BoboviπÊa, Povalja ou LuËica, sur l’île de BraË, de NeËujam, sur l’île de ©olta, sont parmi les criques les plus belles de la Méditerranée. Et on n’en a énuméré que quelques unes… Dans les localités insulaires qui, à l’époque des pirates, se sont développées plutôt à l’intérieur des terres des îles, règne encore la dure vie des agriculteurs. ©krip, Dol, LoæiπÊa et NereæiπÊa, sur l’île de BraË, Brusje, Velo Grablje, Malo Grablje ou Gdinj sur l’île de Hvar, Grohote sur l’île de ©olta… méritent une promenade pour s’imprégner de l’atmosphère. De l’autre côté se trouvent des îlots presque inhabités, comme Biπevo, ©Êedro, Svetac ou Palagruæa, une île mythique 49

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et isolée avec son phare qui se dresse cent mètres au-dessus de la mer. On peut ancrer au pied des îles de Biπevo et ©Êedro dans des criques sauvages ou à côté d’une cabane de pêcheur. Au bord des îles de Svetac et Palagruæa, on ne peut s’ancrer qu’à l’abri du vent ou par beau temps.

Split et ses environs

Pour se reposer d’une croisière dans les îles, on peut mettre le cap sur les villes de Split, Trogir, Makarska, ou vers de plus petites comme Omiπ ou Brela, qui se trouvent sur la côte continentale. Au-dessus d’elles se dressent les massifs de Kozjak, Mosor et Biokovo, dont la forêt de pins et d’oliviers descend jusqu’à la mer. Split, ville de l’empereur romain Dioclétien, dont le palais est aujourd’hui encore le cœur de la ville, est le lieu d’une longue tradition maritime et nautique. On entre dans ses petits ports et marinas ou on mouille dans le port donnant sur le Palais de Dioclétien, puis on peut faire le tour de ses kala (ruelles étroites) ou se promener sur sa rive ensoleillée. Ce programme devrait être inscrit dans toute visite nautique de cette région ! Le plaisancier choisira le plus souvent la grande marina de l’ACI, dans le port principal de Split, mais il y en a encore quelques-unes qui appartiennent aux clubs sportifs et où l’on peut aussi trouver un amarrage. Split est le plus grand centre de voile de la Croatie et le siège des célèbres clubs de voile croates Labud, Mornar, Zenta, Split… ou sont formés d’excellents marins. Split est le point de départ de grandes régates ; c’est ici qu’ont lieu des compétitions européennes et mondiales. Split est aussi le coeur de l’industrie nautique croate. Au nord-ouest de Split, il y a trois bases nautiques importantes - Kaπtel Gomilica, Trogir et Marina. À Kaπtel Gomilica, l’une des sept localités qui se succèdent le long de la côte du chenal de Kaπtel (Kaπtelansi zaljev), a été construite, il y a quelques années, une grande marina bien aménagée, équipée pour accueillir les très grands yachts. Depuis longtemps, les

plaisanciers connaissent Trogir. Dans cette petite ville, classée à l’UNESCO, on amarre au pied des palais de la Renaissance et de la cathédrale Saint-Laurent qui est le monument roman le plus important en Dalmatie, ou dans la marina de l’ACI sur l’île de »iovo, qui s’appuie sur la ville. Où que l’on amarre, on ressent l’ambiance de cette ville, la vivacité de ses rues étroites et de sa rive ensoleillée, et si l’équipage a envie de calme, il lui suffit de contourner »iovo et d’amarrer au pied de l’îlot de Saint-Fumije, l’un des lieux de mouillage les plus beaux de la région. Et à Marina, une localité située bien à l’intérieur d’une baie profondément encastrée, il existe depuis longtemps une marina, mais celui qui préfère le mouillage peut se diriger dans la baie profonde de ViniπÊa, qui n’est située qu’à quelques milles à l’ouest, ou bien une autre crique au bord de la route jusqu’au cap de PloËa. Si l’on continue le long de la côte, au sud de Split, on aura constamment les massifs des Mosor et Biokovo au-dessus de soi. Dès que l’on passe l’embouchure du fleuve Ærnovnica et la luxueuse marina de l’hôtel Lav commence à se lever Mosor, qui est un peu plus bas, et ensuite le haut massif escarpé de Biokovo. Sur la côte du pied de ces massifs se sont repliées de nombreuses localités, dont chacune est un peu particulière. À Jesenice se trouve la plus grande flotte des trabakuli (sorte de grand voilier) de l’Adriatique. Ces voiliers ont été convertis en hôtels flottants, permettant d’organiser des croisières sur l’Adriatique du début du printemps à la fin de l’automne. Omiπ, petite ville située sur la bouche du fleuve de Cetina, fut autrefois une des bases des pirates de l’Adriatique. C’était l’époque où les habitants de la région essayaient de rester indépendants en leurrant les Vénitiens. Mais ces pirateries sont abandonnées depuis cinq siècles. Aujourd’hui, on vous accueillira chaleureusement si vous décidez d’amarrer à leur digue.

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Makarska Bien qu’il n’y ait pas de grandes baies, à l’exception du port de Makarska, la riviera de Makarska, entre Brela au nord et Zaostrog au sud, peut vous offrir beaucoup. Il y a une vingtaine d’années qu’à côté des vieilles rives ont été construits plusieurs petits ports et marinas. À partir de l’ouest, on tombe d’abord sur la marina de Brela, localité avec les plages les plus belles de cette région, puis sur la marina de Baπka Voda et celle de Krvavica. À Makarska, on amarre dans le port, la marina étant encore en projet. Si l’on continue vers le sud, on va amarrer à TuËepi ou Podgora, le célèbre village de pêcheurs situé au pied de la statue Galebova krila (les “Ailes de la Mouette”), signe qu’ici a été fondé la marine des partisans au cour de la deuxième guerre mondiale. Puis jusqu’à Gradac, on peut trouver quelques

places d’amarrage aux digues des localités situées au pied de Biokovo. Point très important à mentionner : les plages de sable et de petits galets apportés par les torrents de Biokovo, couronnées par l’ombre des pins, figurent parmi les plages les plus belles de l’Adriatique ! Mais on retourne à notre point d’amarrage à Split et prend, pour y passer un week-end prolongé, la direction des Drvenici et ©olta, les îles les plus proches de Split de son côté nord.

Les îles des Drvenici et l’île de ©olta Il n’y a que douze milles de l’aéroport de Split aux îles des Drvenici. On navigue le long de la côte sud de »iovo, vers la lagune de la côte sud-est de l’île de Drvenik Veli (Grand Drvenik), protégée par les îlots de Veliki Krnjkaπ (Grand Krnjkaπ) et Mali Krnjkaπ (Petit Krnjkaπ). C’est un endroit

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d’une beauté exceptionnelle. On peut y prendre de très jolies photos, dont les plus belles sont celles prises d’en haut, d’où la limpidité de l’eau et tous les charmes de cette lagune peu profonde sont mis en relief. C’est pourquoi il y a dans la journée une foule de bateaux, venant essentiellement de Trogir pour profiter de la baignade et prendre un bon repas. Vers le soir, la lagune devient plus discrète. La plupart des bateaux prennent la direction des marinas voisines, sauf quelques-uns qui restent à l’ancre. De l’autre côté de l’île, sur la côte ouest, se trouve la seule localité de l’île, qui porte aussi son nom. Elle est située dans le port encastré un mille dans le continent où l’on peut amarrer au môle, abrité par la digue. Il y a sur l’île quelques autres criques, dont quelques-unes sont occupées par les bassins de pisciculture, et dans les autres, on peut mouiller.

marina. Tout cela a une agréable atmosphère insulaire, qui donne envie chaque fois d’y retourner. On continue le long de la côte nord de ©olta, à côté des villages principaux de l’île, et on se dirige vers le port de RogaË, où accoste le ferry qui relie l’île de ©olta à Split. Autrefois, RogaË était le port de Grohote, localité qui s’est retirée à l’intérieur des terres. Ce port comprend trois bras, dont les deux restent isolés de la foule du débarcadère de ferry, à proximité duquel on trouve également des lieux d’amarrage pour les plaisanciers. Dans le port voisin, NeËujam, le plus grand de l’île de ©olta, il y a un peu la même ambiance. Ses criques de Piπkera, Maslinica et Podkamenica figurent parmi les lieux de mouillage préférés des habitants de Split. Cet endroit intéressa déjà l’empereur Dioclétien, qui y fit implanter des bassins de pisciculture, que l’on surveillait même pendant la nuit en gardant le meilleur

Même si l’île voisine, Mali Drvenik, est sans grands ports ni criques, elle est intéressante pour les propriétaires de petits bateaux. Ils peuvent trouver de la place dans le petit port de Borak et ancrer dans la crique de Vela Rina. L’île de ©olta, au contraire, offre beaucoup d’endroits bien abrités. On prend la direction de sa côte ouest, pour jeter l’ancre devant elle, dans un petit archipel de six îlots: Stipanska, Balkun, Saskinja, Polebrnjak, Grmej et Radula. Ils sont idéaux pour la baignade tout au long de la journée, quelque soit le vent, car ils sont bien protégés l’un par l’autre. Le soir, on peut choisir l’ancrage à ©eπula ou l’amarrage à Maslinica. Si l’on choisit la longue et étroite crique de ©eπula, on y sera, en général, seul. Maslinica est un port de pêcheurs connus pour leur adresse à la pêche à la ligne flottante, où l’on trouve deux ou trois auberges ainsi que le chateau remarquablement rénové de Martinis Marchi, qui abrite un luxueux hôtel et surplombe une petite

poisson pour lui faire bonne chère. L’ancienne coutume d’y passer la nuit a été transmise jusqu’à nos jours par les habitants de la métropole dalmatienne, éloignée de huit milles. Ces dernières années, un grand nombre de maisons de plaisance ont été construites à NeËujam, ainsi qu’à Podkamenica et Maslinica. Seule Piπkera, avec ses deux maisons, a réussi à garder son ambiance naturelle. Du côté nord de l’île, il y a encore un endroit, Stomorska. Si l’on garde une journée pour chacun des beaux endroits mentionnés ci-dessus, on pourra profiter des îles des Drvenici et de l’île de ©olta toute une semaine. Stomorska est probablement l’un des villages les plus beaux de ©olta. Sa vieille rive de pierre, bordée de maisons du même matériau, et une trentaine de places pour les plaisanciers suffisent généralement aux voiliers et yachts qui y accostent. Pour gagner l’extrème est de ©olta, on rencontre un autre village, Gornja Kruπica. 53

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Ceux qui souhaitent être plus isolés dans une nature plus sauvage navigueront le long de la côte sud de l’île. Ce côté, ouvert vers le sud, cache aussi quelques belles criques profondes, généralement inhabitées. La première que l’on rencontre est Livka, à l’intérieur de laquelle il y a suffisamment de place pour le mouillage, souvent en compagnie des bateaux de pêche. On peut aussi mouiller à StraËinska, la troisième de cette suite de criques, qui a l’air d’un fjord profond bordé de quelques maisons. On continue le long des calanques inhabitées dont les falaises se précipitent abruptement dans la mer et retrouve de nouveau les traces de la civilisation à Tatinja, la baie la plus grande et la plus visitée du côté sud de l’île de ©olta. On y trouve également Poganica, la dernière crique de la croisière de l’île, avant de retourner, par le petit archipel de Maslinica, à Split.

BraË

On a l’impression que l’île de BraË a trois côtes complètement différentes. Sa côte ouest, pleine de criques bien abritées, attire des centaines de voiliers, yachts et bateaux à moteur qui naviguent par la passe de Split, lieu de trafic nautique le plus dense en Adriatique. Il est rare qu’un plaisancier se dirige le long de la côte nord, où se trouvent la plupart des petites villes de BraË, à l’exception des plaisanciers qui ont amarrés à Omiπ ou dans la riviera de Makarska. Sinon, on prend moins d’une heure pour arriver de Split à l’île de BraË en voilier ou en bateau à moteur ordinaire, et en bateau glisseur encore moins. Son côté sud n’est pas trop habité, mais il s’y trouvent plusieurs endroits très recherchés des plaisanciers, avec la seule petite ville importante - Bol. Lorsqu’on prend le large de la marina ACI de Split, pour aller visiter BraË, cela peut être seulement le début d’une excursion de week-end, mais aussi la première étape d’une longue croisière d’été. Dès que l’on gagne le cap Gomilica, on ressent l’intensité de l’île. Il est agréable de s’y arrêter dans les criques de Stipanska et Stiniva, mais en général, le but est BoboviπÊa, la petite ville du grand poète de BraË, Vladimir Nazor. BoboviπÊa est aussi le port du village d’agriculteurs LoæiπÊa, localité avec une architecture populaire, couronnée d’un clocher ornementé, qui s’est retirée à un kilomètre de la côte insulaire. Amarrer à la rive, ou bien ancrer, pour aller visiter la petite ville-port et, en montant jusqu’au village au-dessus d’elle, s’acheminer vers l’intérieur de l’île - fait partie du rite de la visite de l’île de BraË. C’est parce qu’à l’intérieur de ces terres, il y a autant de localités que sur la côte. Si vous n’entrez pas à BoboviπÊa, ou si vous n’ancrez pas dans leur crique de ViÊa, votre premier port peut aussi être l’adorable Milna. Autrefois le port principal de l’île dont se servaient les habitants de la localité de NereæiπÊa et de l’ermitage de Blaca, il est aujourd’hui le centre nautique principal de l’île. Deux marinas, la rive de la ville et la

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rive devant l’usine de conditionnement de sardines sont suffisantes pour accueillir la flotte qui y vient, le vendredi et le samedi, des marinas de Split et de ses alentours. Devant Milna est ancré l’îlot de Mrduja, dont la petite taille tranche avec sa célébrité. Sa gloire est due à la plus grande régate croate qui la contourne, ainsi qu’aux murailles de la vieille ville, mais aussi à l’histoire de son appartenance, source de disputes entre les habitants de BraË et ceux de ©olta. Lorsqu’on passe entre BraË et ©olta par le passage appelé Splitska vrata (la Porte de Split), commence une suite de criques qui s’étend jusqu’à six milles nautiques, jusqu’à Farska. Les plus belles et les plus grandes sont : Osibova, LuËice, Maslinova, Smrka, KruπÊica, Blaca et Farska. Quelquesunes d’entre elles, comme Maslinova, sont temporairement occupées par des bassins de pisciculture, mais la plupart sont accessibles aux plaisanciers, et parmi elles, deux sont les plus connues. La première est LuËice, grande crique avec cinq vastes bras. La deuxième est la crique de Blaca, où commence un chemin étroit par lequel, après une randonnée d’une quarantaine de minutes, à travers un environnement inhospitalier, on aboutit à l’ermitage de BraË le plus connu, microcosme contemplatif où les moines catholiques ont trouvé l’harmonie du travail, de la sagesse et de la culture. Prendre le large après cette expérience mystique et s’en aller vers Bol, regardant de la mer des plages de galets solitaires, au pied des vignobles de braËki plavac, est un vrai changement d’univers. Plusieurs dizaines de bateaux ancrés autour de la plage à la fois naturelle et mondaine de Zlatni rat, formant une curieuse avancée triangulaire dans la mer, ce qui lui a valu le surnom de Corne d’Or, des surfeurs qui fendillent la mer comme s’ils voulaient s’envoler, un amarrage à la rive, l’animation matinale et du soir, des cafés au bord de la darse, de nombreux restaurants et hôtels - tout cela fait de Bol une attractive destination touristique. Si vous aimez l’alpinisme, vous pourrez y gravir le mont Vidova, haut de 778 mètres, le plus haut sommet des îles de l’Adriatique, d’où s’étend une vue sur toutes les îles de la Dalmatie centrale. Si vous faites de la voile, c’est un endroit pour vous. Les vents y sont au moins d’un Beaufort plus puissant, et il ne faut pas manquer l’occasion de glisser sous le spinnaker ou de venir au lof. À partir de Bol, et jusqu’à Sumartin, entrée de l’île où accostent les ferry de Makarska, on ne rencontrera aucun village. Sumartin, localité de pêcheurs et de constructeurs de navires, fut jadis la base des hajduk (guerriers rebelles contre les Turcs) d’où ils s’élançaient, à travers le chenal, sur le continent occupé par les Turcs. Si vous amarrez à l’un des quelques amarrages de la rive, ne manquez pas l’occasion de faire une promenade jusqu’à Selca, un localité construite par les tailleurs de pierres qui constituent aussi la plupart des habitants. Jusqu’à Povalje, sur le côté nord de l’île, il y a encore une crique un peu plus grande, Rasotica, des rives rocheuses, pour

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quelques yachts qui y trouveront le lieu de mouillage ou une place d’amarrage. Mais en naviguant le long de ce côté de BraË, il faut se méfier de la bora qui s’y précipite du Biokovo en soufflant très fort. Heureusement, elle sera annoncée par la danse des petits nuages qui se déchirent en volant dans le ciel juste avant pour vous permettre de trouver un abri. Il y en a beaucoup dans la vaste baie de Povlja (Povaljski zaljev). On peut en trouver un sur la rive de sa petite ville, choisie jadis par un certain Paulus, dont elle tient son nom, pour y faire construire sa villa. Puis, au VIe siècle, une ancienne basilique chrétienne très imposante y a été construite. La crique de Luka peut aussi offrir un abri sûr. Les places d’amarrage bien protégées, du bon poisson, des coquillages, de l’agneau, de l’excellente huile d’olive et des légumes du terroir - à ne pas manquer ! PuËiπÊa, le prochain arrêt, garde l’une des ambiances les plus impressionnantes de l’Adriatique. Cette localité est cachée au fond de la baie, que l’on reconnaîtra grâce à la carrière la plus grande de BraË, Veselje (“Joie”). À l’est de son cap est extraite de ses entrailles une pierre que l’on retrouve éparpillée dans le monde entier, sous forme de constructions d’une blancheur éblouissante. PuËiπÊa est étrangement, peu visitée par les plaisanciers. C’est une belle crique, bien à l’abri, avec beaucoup de place sur la rive, bordée de maisons blanches et de petites villas fortifiées. Et de plus, l’école des tailleurs de pierre d’où sortent les meilleurs maîtres de cet art, et dont l’atelier est ouvert même en été - une attraction à ne pas manquer ! Il reste encore quatre petites villes pour achever le tour de l’île. Et toutes les quatre ont leurs “sœurs jumelles” à l’intérieur de l’île qui méritent aussi d’être visitées. Si vous amarrez dans la belle crique de Splitska, d’où jadis les constructeurs romains emportèrent de la pierre pour la construction du Palais de Dioclétien à Split, vous devez aller voir ©krip, le village le plus ancien de la ville. Vous y trouverez les murs illyriens cyclopéens, un mausolée antique, une petite église préromane et la maisontourelle RadojkoviÊ, dans laquelle sont situés le musée de l’île de BraË et le Palais Cerineo. Ça vaut vraiment le détour ! Positra, localité connue pour ses pêcheurs et son industrie de la pêche, possède aussi son double à l’intérieur de l’île. C’est Dol, village le plus rapproché de la côte de toutes les agglomérations de l’intérieur, avec ses maisons enterrées dans les rochers de la colline et ses grottes dans lesquelles vécurent des hommes préhistoriques. Il y a aussi trois konoba (sorte de taverne) où l’on mange, boit et chante. Il faut aussi visiter Supetar, la plus grande localité de l’île, le port principal de ferry, le centre touristique et également le centre de toute l’île de BraË, vous pouvez y amarrer soit dans l’agréable vieux port, soit dans le nouveau port de ferry, construit récemment, si vous n’êtes pas gênés par le bruit et le contact permanent avec le continent. Son double intérieur est NereæiπÊa, la plus grande localité de l’intérieur de l’île, autrefois la localité principale de l’île et son centre administratif. D’ici des chemins mènent à Vidova gora, le sommet adriatique insulaire le plus haut, mais aussi à Selca et Bol. Vers l’extremité nord-est de l’île, il n’y a que Sutivan qui s’y

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est isolée dans toute sa beauté. On trouvera difficilement de la place dans son port, mais si vous en trouvez, arrêtezvous. Son clocher fin avec le rouge dôme bulbeux, qui se lève tout au-dessus de votre amarrage, la villa magnifique de la famille IliÊ et la résidence baroque du poète Jerolim Kavanjin, ne constituent qu’une partie de la beauté qui vous exaltera. Et voilà que l’on a presque fini la croisière de BraË. On n’a qu’à passer encore une fois par la Porte de Split (Splitska vrata) pour se trouver sur la route de Hvar.

Hvar

Hvar est une île du littoral ensoleillée, ornée côté sud-ouest par l’archipel des Paklinski Otoci et par ©Êedro, au pied de la haute colline de Hum. On prend la direction du cap Pelegrin et entre doucement dans le chenal des Paklinski otoci (les Îles de Paklina ; paklina est la résine extraite des pins pour calfater les bateaux, mais ces îles sont aussi appelées par ignorance Pakleni otoci - “les Îles Damnées”). Pendant la navigation le long de la côte de Hvar, d’une longueur de quatre-vingt milles, défilent des paysages et des images différents. La ville effervescente et dithyrambique de Hvar, avec son archipel des Paklinski otoci, est en été le petit centre du monde. Tout y bouillonne de vie, et dans le chenal à côté viennent des centaines de bateaux. La principale rive de la ville est encombrée par des grands yachts. Les plus petits se bousculent ancrés sur les bouées au milieu du port ou amarrés dans la partie ouest de la rive. Tout le monde est à la recherche de la magie estivale de Hvar ; de l’animation de ses places et ruelles étroites, de l’ambiance mystique de ses églises et couvents, des fêtes portuaires et des vins enivrants des vignes des pentes sud de l’île. Dans la journée, les barques et yachts locaux déménagent dans les criques les îles voisines. Ædrilica, Stipanska, Vloka, TraπÊe, VinogradiπÊe ne sont que quelques-uns de ces endroits enchanteurs qui relient la clarté de la mer et les betula (sorte de l’auberge) où l’on se régale de poisson et de vin. Si vous y restez tard le soir,

passez-y la nuit. Ce sont des lieux de mouillage idéals. On quitte cet archipel et, à côté de l’îlot de Pokonji dol, continue vers l’est. En longeant le littoral inhabité, tracé par des galets et caps avancés dans la mer, on arrive jusqu’aux criques ensoleillées de Milna et Dubovica, couvertes de galets d’un blanc immaculé qui encouragent à la baignade. Plus loin, vers SuÊuraj, localité sur le cap est de l’île, la côte est inhospitalière. Elle n’offrira pas d’abri au plaisancier, mais enchantera sa vue par les pentes de Sveta Nedija, Ivan Dolac et Zavala, où les vignes poussent presque verticalement comme si elles aspiraient au ciel. On ne peut y trouver un abri qu’à côté de l’îlot de ©Êedro. Avec le port de LoviπÊe et la crique de Mostir sur sa côte nord, et les criques de Borova et Čarnjeni sur celle du sud, ©Êedro fut un point important des routes de navigations antiques, le seul abri pendant un fort jugo. Ce fut aussi le théâtre de la bataille entre les Pompéiens et César, en 49 av. J.-C. Au XVIe siècle, il y fut construit un monastère dominicain. Il n’y a plus d’habitants sur cet îlot. Ils ne viennent qu’en été quand toutes ses criques sont occupées par les yachts à voile, à moteur, ainsi que par les petites barques de pêche, et offrent notamment à leurs visiteurs le réconfort dans quatre petits restaurants. On continue le long de l’île de Hvar devant les adorables criques où se sont blotties quelques maisons, comme Srhov Dolac, Torac, Smarska… Les collines de Hvar y disparaissent en descendant vers SuÊuraj, qui a l’air de s’être acheminée vers le continent et vers la bouche de la Neretva. C’est un port important de l’île dans lequel les ferrys transportent les touristes venant du sud et de l’est. On y trouve quand même de la place pour les plaisanciers sur les pontons d’amarrage installés il y a quelques années. À partir de SuÊuraj, on longe la côte nord de l’île. Jusqu’à Jelsa, on se trouve dans une ambiance complètement différente. Il n’y a presque pas de bateaux. Au lieu de la haute mer, la vue y est bornée par le massif du Biokovo. Si les vents commencent à se précipiter par ses pentes abruptes, on trouvera difficilement

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refuge avant Jelsa, éloignée de vingt deux milles. Sur ce chemin, dans les criques solitaires de Bristova, Pokrivenik et Stinava, les habitants sont plutôt tournés vers la terre que vers la mer. Il n’y a pas trop de places d’amarrage ni de lieux de mouillage. Vous ne pouvez amarrer qu’à Pokrivenik. Une autre image autour de Jelsa et Vrboska. Jelsa, avec sa crique en arc, ainsi que Vrboska, nichée dans sa baie particulière, qui est encastrée presque d’un mille nautique et demi dans les terres, nous donnent envie d’y entrer. Les deux nous offrent des places d’amarrage sûres sur leurs rives, mais aussi à la marina ACI à Vrboska. À Vrboska, cette “Venise insulaire”, se trouve l’église de Sainte-Marie, qui, à côté de son rôle spirituel, avait aussi la puissance défensive d’une forteresse et était équipée de canons. Il faut y traverser les trois ponts reliant Mala banda et Vela banda (Petite partie et Grande partie), visiter le musée de la pêche, endroit qui nous rappelle le labeur et la vie difficile des pêcheurs insulaires qui vécurent sans sondes, ni guindeaux électriques ou fishfinders, seulement les filets, la torche et le harpon à la main. Nous avons quinze milles de navigation pour arriver à Stari Grad (Vieille Ville). On y passera à côté d’une quarantaine de criques. Dans l’une d’elles, Æukova, pendant les forts maestral d’été, les surfeurs de Zlatni rat, sur l’île de BraË, y arrivent comme des flèches. À la beauté de ce rivage bien découpé, qui forme l’une des images les plus charmantes de l’Adriatique, se joint aussi l’îlot de ZeËevo, situé à un demi-mille au nord de la sortie du port de Vrboska (VrbovaËka luka). La baie de Stari Grad (Vieille ville), encastrée dans les terres de presque cinq milles, vous donnera l’impression d’entrer dans un fjord nordique. Mais ses nombreuses criques, sa végétation et la localité, sur la rive de laquelle vous allez amarrer, vous ramèneront dans la réalité de la Méditerranée, mais aussi dans le passé lointain où, il y a deux milles quatre cents ans, fut fondée cette petite ville. Il est difficile de choisir ce qui séduit le plus : la plaine de Stari Grad, où l’on trouve encore les traces du lotissement antique du terrain, les ruelles de la ville en pierre, la Tour HektoroviÊ (HektoroviÊev Tvrdalj) ou la musique qui, le soir, au cours des festivals d’été, se répand en ville. Ensuite, vers le cap Pelegrin, de nouvelles criques de galets blancs et de petites localités côtières : GraËiπÊe, LuËiπÊe et Stinava. Un coup d’œil jeté vers les sommets des collines vous révèlera que ce ne sont que les ports des localités de Grablje et Busije, autrefois grandes villages intérieures. Encore un peu plus vers l’ouest se trouve le vieux port de ferry Vira, dont les pêcheurs se servent aujourd’hui pour amarrer. Puis le cap Pelegrin et le retour dans la ville de Hvar. La boucle est bouclée ; la croisière de l’île de Hvar est finie.

Vis

Vis a toujours été une île lointaine et magique ; un port antique important, la villégiature des grands feudataires croates, un important centre commercial, le théâtre des batailles maritimes les plus importantes du XIXe siècle qui déterminèrent les souverains de l’Adriatique. Au cours de 58

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tous ces siècles, ce fut aussi le foyer des pêcheurs de Komiæa, toujours prêts à défendre leur mer et le droit à la pêche, ainsi que des agriculteurs qui, en dépit de la nature sèche, y cultivaient leurs vignes. L’île puisait depuis toujours sa force du chenal de Vis (Viπki kanal) qui, en même temps, le séparait du continent et où il était difficile de naviguer pour les paquebots et les vieux trabakuli (bâtiment de commerce à deux mats) pendant les tramontanes estivales, d’autant plus pendant les bora et levant hivernaux. Un jour, tout changea. Les plaisanciers vinrent avec leurs nouveaux bateaux, de plus en plus grands, rapides et toujours meilleurs. Le chenal de Vis, toujours bouillonnant parfois, arrêta d’être un croque-mitaine. En été, il est visité tous les jours par des centaines de bateaux. Lorsque vous y passez, consacrez-lui le temps qu’il mérite - au moins une dizaine de jours, au cours desquels vous allez vivre toute sa beauté en entrant dans au moins quelques-unes des cinquante-quatre criques dont l’île de Vis dispose. En amarrant votre bateau dans le port de Sveti Juraj (SaintGeorges), laissez vous charmer par la petite ville de Vis avec une ambiance vraiment particulière, avec ses ruelles étroites de Kuta et sa promenade sur la rive de Luka. Visitez le cimetière sur la presqu’île de Prirovo, où, au milieu de la grande baie, se relient la vie et la mort, ressentez la paix des cyprès et la rumeur de la station balnéaire, promenez vous à travers les ruines de la vieille Issa (l’ancien nom de Vis), des thermes antiques et des forteresses anglaise et austro-hongroise, visitez les musées, entrez dans les tavernes, goûtez le vin rouge plovac et le vin blanc bugava et savourez la riche gastronomie de la mer croate. Le côté sud de l’île est unique par sa beauté intacte. Les criques s’y succèdent : StonËica, avec son phare sur le cap devant elle, Smokova, Milna, Zaglav, le village de pêcheurs Rukavac, Srebrena, et devant elles - les îlots : Greben, Paræanj Veli, Paræanj Mali, Pupak, Æuberka, PloËica, Budihovac, Veli Ravnik, Mali Ravnik, qui les cachent et les protègent, en offrant toujours à leurs pêcheurs de riches butins de poissons. L’îlot de Budihovac, avec l’une des lagunes les plus belles de l’Adriatique, ainsi que Ravnik avec sa Zelena πpilja (“Grotte verte”), dans laquelle, en entrant par un trou à son sommet, les rayons solaires se dispersent dans le bleu de la mer, vous racontent, toutes les deux, leurs histoires particulières. On continue le long des criques, dont chacune nous chuchote son histoire d’autrefois et vit avec les gens d’aujourd’hui Ruda, Velika Travna et Mala Travna se succèdent avec leurs rangées de plaques de pierre, comme si un constructeur géant les avait posées les unes sur les autres. Ensuite, on tombe sur Stinava (la “Rocheuse”). Les hautes presqu’îles des deux côtés se rapprochent en forme d’entonnoir et quand on approche de la côte, les deux falaises se dressent comme deux mégalithes en se rejoignant presque et en laissant un espace d’une largeur de quelques mètres à peine. L’espace à l’intérieur, entouré des hautes falaises, s’ouvre en créant un tout petit monde, comme si on était descendu 59

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jusqu’au fond d’une grotte voûtée. Dans les galets, quatre maisonnettes et le sentiment d’être complètement protégé. Plus loin, sur la route vers Komiæa, continuent des calanques de galets blancs entre les rochers, avec quelques maisons sur leur côte pierreuse et déserte. Sur les crêtes rocheuses formées par les vagues, il existe tout un royaume des mouettes les plus grandes de l’Adriatique. Komiæa, le village de pêcheurs le plus connu de Dalmatie, s’est blotti dans la partie nord-est de la baie, au pied de l’église Muster et la haute colline de Hum. De tous les côtés, la côte rocheuse descend vers la mer d’une manière escarpée, en cachant les plages vierges de galets qui vous invitent à venir, en petit canot, après avoir amarré votre bateau à Komiæa, pour y profiter de la plage à vous tout seul pendant toute la journée. Komiæa est connue pour ses pêcheurs dont la gloire est due à leur savoir, leur courage et leurs légendaires prises de poissons. Dans le port est ancrée leur flotte, et son histoire célèbre est évoquée dans le musée particulier de la Pêche, qui se trouve dans la tour d’un fortin, et aussi par la gajeta (embarcation en bois construite selon une tradition ancienne), nommée Falkuπa, qui se balance dans le port. Si vous y passez vers la fin de l’automne, le jour de la fête de Saint-Nicolas, vous assisterez à la cérémonie traditionnelle du brûlage d’offrande d’une vieille barque qui apporte la quiétude et la sécurité à ceux qui naviguent et pêchent, en leur assurant de la bienveillance et de la protection du révérend abbé de Mira. Du littoral de Komiæa, on a une vue sur Biπevo, et si l’on prend le large à côté de l’îlot volcanique de Brusnik, le panorama s’étend sur l’îlot de Saint-Andrija, surnommé Svetac (le “Saint”) par les habitants de Komiæa. Les deux petites îles ne vivent qu’en relation avec Komiæa comme si elles y étaient liées par un cordon ombilical. Biπevo, qui est peu habitée, ainsi que Svetac, dont la dernière habitante l’a quittée il y a quelques années, revivent l’été. Dans les criques de l’île de Biπevo - Porat, Salbunara et Mezoprat - on peut alors tomber sur de nombreux yachts ancrés. Devant la célèbre Modra πpilja (“Grotte Bleue”), à l’intérieur de laquelle les rayons de soleil pénètrent à travers une ouverture sous-marine en créant un spectacle de lumière magnifique, il y a des dizaines de barques d’excursion, dont les estivants ne manquent pas l’occasion de se baigner dans cette beauté bleu argent. Le côté nord de l’île est dans sa grande partie sauvage, très ouvert à la bora et dangereux quand ce vent souffle. Néanmoins, elle possède de grands attraits, ses criques, ses plages de galets et ses villages. Vous y trouverez OkljuËna, où viennent à peine quelques touristes aventuriers, en y cherchant la tranquillité dans un silence absolu, mais aussi dans un espace dénué des luxes de la civilisation. En longeant les adorables criques de Tiha, Slatine et Gradac, on aboutira sur l’îlot de Host, situé devant le port de Sveti Juraj (Saint-Georges), qui doit son nom au capitaine anglais Hoste, qui, en 1811, dans la bataille au pied de Vis, vainquit l’escadrille franco-italienne. 60

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La Dalmatie

La région de Dubrovnik

La région de Dubrovnik comprend la côte au sud de l’embouchure du fleuve Neretva, la presqu’île de Peljeπac et toute la côte croate jusqu’à la presqu’île de Prevlaka, y compris le côté ouest de l’entrée de Boka Kotorska et de nombreuses îles, bien connues des plaisanciers : KorËula, Lastovo, Suπac et Mljet, ainsi que l’archipel des îles Élaphites, plus proches du continent et de Dubrovnik : Jakljan, ©ipan, Lopud, KoloËep, Daksa, Sveti Andrija et Lokrum. Bien avancée dans la mer, mais d’une ligne parallèle à la côte continentale, s’étend la deuxième grande presqu’île adriatique - Peljeπac. Et sur la côte continentale l’attend Dubrovnik - la ville qui fut le cœur de DubrovaËka Republika (la République de Dubrovnik) qui, pendant des siècles, a réussi à garder son indépendance et sa liberté entre l’Empire ottoman et la République de Venise. C’est la ville où, grâce à la navigation et au commerce, la science et l’art ont tojou florissants. C’est la région des vents du sud, ouverte vers la porte d’Ortranto, mais très favorable à la navigation pendant la saison nautique. On commence la croisière par PloËe et l’embouchure de la Neretva, encore un fleuve qui apporte de l’eau fraîche dans la mer croate. On y rencontre en général de petites barques locales qui, quelquefois, entrent dans les bras de ce grand fleuve et y naviguent de PloËe à MetkoviÊ, et vont jusqu’à Opuzen ou Komin, amarrent à Blace, Duboka et Klek. Le long de la côte maritime, on passe devant Neum, ouverture de la Bosnie et Herzégovine sur

la mer, et la crique de Bistrina, et en continuant vers Mali Ston, on arrive dans la région des bassins de conchyliculture les plus grands de l’Adriatique. On ne peut y entrer qu’avec une petite barque ou un voilier au tirant d’eau peu profond, et amarrer sur la rive de Mali Ston, où il n’y a de place et de profondeur que pour deux ou trois bateaux.

Peljeπac

Mali Ston fut construit au XIVe siècle par les habitants de Dubrovnik, qui l’ont aussi fait entourer de hauts remparts dominés par une forteresse. À cette époque, la petite ville fut un port important avec son chantier naval et ses magasins de sel. Elle a gardé son ancienne apparence et est connue pour ses bons restaurants dans lesquels on savoure de l’excellent poisson, mais aussi des coquillages, notamment des huîtres et des moules. Les bassins de leur élevage, appelés ardini (les jardins), couvrent toute la baie de Mali Ston, et leur saveur est l’une des plus renommées dans le monde entier. On se dirige de Ston vers Malo more (la “Petite mer”) où continue le royaume de l’élevage de coquillages. Il y a une dizaine d’îlots éparpillés entre Brijesta, du côté est, et Streser, du côté ouest. Il faut profiter de l’occasion pour ancrer et se baigner à l’abri des quelques îlots. Le soir, il est préférable d’ancrer à Brijesta, après avoir acheté des coquillages dans un des jardins. Le matin, il faut continuer vers Trpanj, en s’arrêtant dans la crique est de Luka, pour profiter d’une bonne baignade. Autrefois centre renommé de la navigation 63

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et de la pêche, Trpanj vit aujourd’hui essentiellement du tourisme. On y amarre dans son port bien protégé. Dans cette région de Peljeπac, il y a beaucoup de stations de pêche où l’on peut acheter du poisson à peine sorti de la mer à des prix intéressants. Bien qu’il y ait à Trpanj une belle plage, après la journée passée sur la rive, on continue le long de Peljeπac encore deux milles nautiques vers l’ouest, pour aller s’ancrer et se baigner dans la crique Divna (la “Merveilleuse”), l’une des plus belles plages de l’Adriatique. On pourrait passer la nuit à Duba, jolie localité au pied de Sveti Ilija (Saint-Élie), le sommet le plus haut de Peljeπac. Mais on prend la direction de Loviπta, l’un des lieux de mouillage les plus visités de la région. On jette l’ancre dans la partie nord-ouest du port, dans la crique de Runce. Même s’il y a une quarantaine de bateaux, ils ne sont pas dérangés les uns par les autres. Pour sortir le soir dans la localité, éloignée d’un demi-mille, il faut prendre le bateau gonflable. Les eaux de la crique sont quelquefois agitées par le maestral, ce qui fait que, souvent, vous débarquez mouillés - petit sacrifice en comparaison du plaisir que vous aurez en goûtant le muge à grosse tête (mugil cephalus), poisson que l’on pêche vers la fin de l’été et qui est la spécialité renommée de cette région. D’ici, on entre dans le chenal de Peljeπac (Peljeπki kanal). C’est généralement une bonne occasion de faire de la voile ; quelque soit le vent qui souffle, maestral, tramontane ou jugo, il reprend de la force dans le chenal. C’est pourquoi les surfeurs aiment bien venir ici. En passant à côté de Viganj et KuËiπte, sur notre route vers OrebiÊ, on en voit une dizaine filer autour de nous. À OrebiÊ, on amarre dans la marina et on quitte le bateau pour faire une belle balade. On peut remarquer que cette petite ville, jusqu’à la fin du XIXe siècle, a compté de nombreux capitaines croates célèbres : on est entouré par leurs belles demeures et leurs jardins exotiques pleins de plaintes diverses rapportées des voyages lointains. On peut visiter le musée maritime et le cloître franciscain avec le cimetière au-dessus de la ville,

d’où vous pouvez voir tout le chenal comme s’il était dans votre paume. Les vieux capitaines sont donc restés fiers même dans la mort ; ils choisirent pour dernière demeure l’endroit dont la vue est semblable à celle de la passerelle de commandement de leur navire.

KorËula

On quitte le paisible et mélancolique OrebiÊ, ainsi que la presqu’île de Peljeπac, où l’on retournera bientôt. On prend la direction de l’île de KorËula, éloignée de deux milles nautiques. Les chenaux qui l’entourent, celui de Peljeπac et de KorËula (KorËulanski kanal), au nord et celui de Lastovo (Lastovski kanal), au sud, sont agréables pour naviguer, ainsi que pour y faire de la voile. Nombreux sont ceux qui préféreront la côte est de l’île, avec la ville de KorËula et son petit archipel. D’autres préfèreront le chenal de Vela Luka (VeloluËki zaljev), orné des îles de Proizda et Oπjak. Ceux qui aiment faire de la voile choisiront le chenal de Peljeπac. Et pour ceux, enfin, qui aiment la solitude, on conseille la côte sud, à partir de la crique Tri luke jusqu’à celle de Brna… KorËula offre aussi beaucoup d’attrait dans ses terres. Ærnovo, Pupnat, »ara, Smokvica et Blato, les agglomérations les plus grandes sur les îles croates, méritent d’être visitées, tout comme les célèbres vignes de KorËula. Dans la ville de KorËula, on peut trouver un anneau d’amarrage dans son port ouest, dans la marina ACI ou dans la crique Luka. Le plus sûr est, bien sûr, celui dans la marina, puis le lieu d’amarrage dans la crique Luka, tandis que dans le port ouest, il ne faut amarrer que par temps calme, quand il n’y a aucun vent du nord-ouest à l’horizon. Mais où que vous amarriez, vous allez profiter de cette belle ville à l’architecture harmonieuse. Son vieux centre, situé sur une petite péninsule, dont les ruelles s’étendent d’une côte à l’autre en formant une arête de poisson, est entouré par des remparts. Les KorËulais, autrefois d’excellents tailleurs de pierre et constructeurs de navires, bâtissaient aussi leurs demeures plus récentes avec le

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sens de la mesure, si bien que toute la ville possède un charme très particulier. Vous y trouverez la cathédrale avec son clocher, chef-d’oeuvre du maître Marko AndrijiÊ, ainsi que la maison natale de Marco Polo et le palais Arneri. Il y a aussi Moreπka, la danse des Épées qui, pour les habitants de l’île de KorËula n’est pas uniquement une manifestation folklorique, mais aussi un rituel de la mémoire collective célébrant la bataille des insulaires pour la liberté. Ici, on mange du bon poisson et on boit les vins renommés de KorËula : le délicieux grk, fort comme le miel, le poπip, frais et clair, ainsi que rukatac, la cetinka et la plavka. On passe donc l’après-midi et le soir dans la ville de KorËula à se régaler. Quelque soit la durée de votre séjour, il y a devant cette île autant d’îlots que vous y trouverez chaque jour une nouvelle crique de galets ou un rocher réservés uniquement pour vous. On en mentionnera seulement deux : l’îlot de Badija, connu pour son monastère franciscain, et Vrnik, deuxième îlot après Badija par sa superficie, parmi les dix-neuf îlots devant la côte est de KorËula, formant entre eux maints passages, bas-fonds et rochers. Il y a de ce côté-là encore une grande crique - Bufalo. Lorsqu’on en sort par le sud, on a devant soi la localité de Lumbarda, connue pour ses sculpteurs et ses vignes aux terrains sablonneux. Il s’y trouve aussi une marina dont le môle le plus long est réservé pour les plaisanciers. Nombreux sont ceux qui y restent plusieurs jours, en profitant dans la journée de belles baignades au pied du cap de RaænjiÊ ou dans la cirque de Præina, du côté sud de l’île, et en se régalant le soir dans une des bonnes konoba (sorte de tavernes) de Lumbarda, où ils peuvent vérifier la vieille recette traditionnelle qui dit que le poisson doit nager trois fois : d’abord dans la mer, puis dans l’huile et enfin dans le vin. Réconforté par un bon repas, on retourne vers la côte nord de l’île et on longe le chenal de Peljeπac pour arriver à RaËiπÊe. Chemin faisant, on passe à côté des criques de Ærnovska banja et Vrbovica, deux lieux de mouillage bien protégés, mais aussi à côté des îlots de Veliki Kneæak et Mali Kneæak (Grand et Petit Kneæak) à l’abri desquels il est agréable d’y jeter l’ancre pendant les maestral d’été. Puis on s’arrête à RaËiπÊe, vieux port de trabakuli (bâtiments de commerce à deux mats) dans lequel, jadis, amarrait une quarantaine de bateaux à la fois, tous appartenant aux habitants de RaËiπÊe. De cette époque, il reste le môle avec la digue de soixante mètres de long et une belle rive en pierre qui s’étend à travers la plus grande partie du port. Les trabakuli n’y sont plus, mais la tradition demeure. De nos jours, de nombreux habitants de RaËiπÊe sont des officiers à la retraite ou des marins encore en service naviguant dans le monde entier. Le prochain arrêt est Prigradica, port de la localité intérieure de Blato, d’où l’on exportait le vin et l’huile produits par les agriculteurs de la région. On y arrive en longeant le littoral rocheux. Rares sont ceux qui y viennent, à l’exception de quelques plaisanciers et bateaux de pêche, bien qu’il y ait assez de place. La partie ouest de l’île, où l’on navigue en passant devant une dizaine de petites criques peu habitées, finit par une 66

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grande baie appelée dans le langage local vela luka (“grand port”), d’où la baie et sa petite ville tirent leur nom. La côte de la baie est bien découpée et décorée de trois endroits à ne pas manquer. Proizd est un îlot du côté nord-ouest de la baie. C’est ici que les habitants de Vela Luka viennent se baigner et profiter de ses plages de galets et de ses “chaises longues” créées par les rochers. Il est agréable de naviguer par la passe sablonneuse, Vraca, entre Proizd et l’île de KorËula. Sa profondeur est de 3 mètres, mais à cause de la transparence de l’eau, on a l’impression qu’elle est moins profonde. Dans la baie de Vela Luka, on peut ancrer dans la crique de Gradina. Oπjak, “îlot des amoureux” (souvent cité dans les chansons traditionnelles), avec sa forêt de pins descendant dans la mer, est aussi un endroit où il faut s’arrêter pour s’y baigner. Vela Luka s’étend sur les deux bras de la côte est de la baie. C’est une petite ville connue pour ses bains de boue, son chantier naval et sa chanson. S’y trouve une galerie avec des chefs-d’œuvre de grands sculpteurs du XXe siècle, dont Henry Moor. Vu que dans le port, il n’y a pas trop de place pour les plaisanciers, une vingtaine d’anneaux d’amarrage seulement, on ancre dans son bras nord-est. Ici, dès l’aube, on assistera au départ des bateaux des estivants s’en allant vers Proizd ou Oπjak. En été, des barques d’excursion partent aussi pour l’autre côté de la baie, croisant des barques de pêche rentrant de leurs expéditions nocturnes. On prend le large de Vela Luka, contourne le cap de Velo Dance et passe à côté de quelques criques pour se diriger vers le côté sud de l’île. Lorsque, après un mille de navigation, on atteint l’îlot de Trstenik, qui, avec Parænjak Veli, Parænjak Mali et Lukovac, protège l’entrée dans Tri luke (“Trois ports”), on arrive dans la partie la plus belle de la côte sud de l’île. Jusqu’à Brna, située sept milles plus à l’est, et parallèlement à la côte, s’étend une suite d’îlots qui protègent de petites localités de la côte et vous offrent refuge par toutes conditions météorologiques. Brna, le plus grand port de tout le côté sud de l’île, comprend

deux criques ; Istruga, complètement protégée de tous les vents, mais sans débarcadère, et Brna, avec beaucoup plus de possibilités d’amarrage et d’ancrage. Brna est le port de Smokvice (les “Petites figues”), un village de vignerons. Vous pourrez, vers la fin de l’été, voir des tonneaux que l’on fabrique d’une manière traditionnelle pour les vendanges. À partir d’ici et jusqu’au bout est de l’île se succèdent de nombreuses criques, la localité de Zaglavica, le port enchanteur de »ara, connu pour son excellent vin, et enfin Pupantska luka, la plus belle crique de cette partie de l’île, encastrée dans l’île sur environ cinq cents mètres. Les sept milles suivants, le long de la côte, on découvre le littoral rocheux entourant quelques criques et petites localités. Smolva, BaËvica, Orlanduπa, Pavja luka, Rasohatica… on pourrait entrer dans chacune d’elles, mais on retourne à Præina, là où l’on a commencé la découverte de cette belle île. Le tour de KorËula fini, on met le cap vers Lastovo.

Lastovo

Le jour où l’on prend le large de KorËula en direction de Lastovo, cette île immergée dans le grand bleu de la haute mer Adriatique, déclarée, avec les îlots voisins et le phare de Sušac, parc naturel, il faut prévoir deux étapes. Le matin, d’abord, il faut bien diriger le bateau jusqu’à l’îlot de MrËara, éloigné de vingt-deux milles. Il est agréable d’y jeter l’ancre pour profiter d’une baignade dans la passe entre MrËara et Preæba. Il est encore plus merveilleux de s’arrêter au pied des îlots des Rutvenjaci, où des deux côtés de la passe, la forêt dense de pins descend dans la mer. D’ici à Velji lag, sur l’île de Lastovo, il n’y a que deux milles, et là-bas, on a trois possibilités. Si vous avez besoin d’eau ou d’électricité et si vous souhaitez ressentir la vie de Lastovo durant quelques jours, amarrez devant l’hôtel. Si vous voulez ancrer votre bateau en toute sécurité, choisissez Jurjeva luka (le Port de Georges), crique où se trouvait autrefois une base militaire. Et peut-être est-il plus agréable de passer la nuit dans

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la crique de Kremena ; d’y jeter l’ancre et ensuite reculer vers la côte pour attacher la poupe avec des amarres de chaque côté au pied des pins centenaires, et d’en profiter comme si toute la crique était à vous. De là à la rive de l’hôtel, où s’amarrent ceux qui souhaitent trouver un peu de compagnie, il n’y à que quelques minutes à effectuer en bateau pneumatique. D’ici, le long de la côte ouest de Velji lag, on se dirige vers la localité d’Ubli. Vous pouvez aussi jeter l’ancre dans la crique de Mali lag, qui renferme Lastovo d’un côté. De l’autre se trouve l’île de Preæba, reliée avec l’île de Lastovo par un pont qui sépare en même temps Velji lag et Mali lag. De Velji lag, on peut prendre la direction de Kopiπta, îlot à l’ouest de Lastovo, ou bien longer la côte sud de l’île, qui est moins découpée et dominée par la vaste et assez sûre crique de Skrivena luka (le “Port caché”), dont l’entrée est marquée par le phare Struga. Qu’allez-vous y faire, à vous de choisir : vous baigner, vous amuser à pêcher à la ligne, vous asseoir dans une auberge à l’ombre de la crique, ou bien trouver un moyen de transport pour aller visiter Lastovo, localité pittoresque qui descend de la colline vers les champs. Il ne faut pas manquer de sortir de Skrivena luka pour aller piqueniquer dans le petit archipel des Lastovnjaci, ensemble de dix îlots qui forment entre eux de magnifiques lagunes. Passer ici une journée et, si possible, la nuit, en toute solitude, au pied des îles de »eπvinica et ©tomorina, est une expérience inoubliable. Du côte nord de l’ile, la baie de Zaklopatica vous offre un ancrage idèal pour une nuit tranquille a bord. Mais s’il fait beau et si vous voulez être le plus près possible de la localité principale de l’île, Lastovo, amarrez au môle du petit port de Saint-Michel et faites une belle ballade. Sur le chemin du retour, arretêz-vous à LuËica, village de pêcheurs pittoresque dans la baie voisine. À Zaklopatica, la plus importante localité du nord de l’île, on peut amarrer au pied de l’îlot qui la protège, sur sa rive ou devant un des nombreux bons restaurants. Le menu, que les restaurants de l’île de Lastovo vous offre, est principalement composé de poissons et de langoustes à

peine sortis de la mer. D’ici à Mali Lag, il n’y a que deux milles à peine. À mi-chemin est située la crique de KruËica. On quitte l’île de Lastovo, qui a prouvé qu’elle êtait l’une ce ces îles qui abreuvent les yeux et nourrissent l’âme. Elle possède une magie, cachée dans le chuchotement des bateaux avec la mer, et plongée dans les passages étroits entre ses îlots où, à l’ombre des hautes oliviers, la vie bouillonne depuis la nuit des temps.

Mljet

Revitalisé par les fruits de la mer et du soleil, on prend le large vers Pomena, éloignée de dix-sept milles. C’est le grand et vaste port de la porte est de l’île de Mljet. Cette île verte et mystique est l’une des grandes îles du sud de la Dalmatie, dont le tiers ouest forme le parc national. On entre avec précaution dans Pomena, car il y a devant elle beaucoup de rochers et récifs, après quoi on peut choisir un anneau d’amarrage sur la rive agréablement aménagée ou rester ancré au pied de l’îlot de PomeπÊak ou dans la crique de Lokva. Amarré ou ancré, peu importe ; vous ne vous y ennuierez pas. Il ne faut pas manquer la visite des lacs Malo jezero (le “Petit lac”) et Veliko jezero (le “Grand lac”), ainsi que la découverte de l’îlot de Sv. Marija (Sainte-Marie) dans le parc national. La forêt dense y descend dans la mer, dont le fond est couvert par un sable bleuâtre. Ici, tout est calme, on n’entend que des cigales. Du côté nord du Veliko jezero est situé un îlot avec son monastère bénédictin. Ne manquez pas de vous asseoir dans le canot qui vous y conduit ! Le retour à Pomena finit en général dans un de ses bons restaurants, devant lesquels se trouvent les places d’amarrage. Si à tout cela on ajoute la baignade, que faire de plus ? De Pomena, il n’y a que quatre milles jusqu’au port de PolaËe. En y naviguant, on passe à côté de l’îlot de Glavata et de ses bas-fonds, et si l’on veut s’arrêter, on peut le faire dans la crique bien abritée de Maslinovac. Le port de PolaËe et la localité du même nom, situés sur

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sa côte sud-ouest, est l’une des criques de Mljet les plus abritées et aussi l’un des meilleurs endroits de mouillage de la partie sud de la Dalmatie. L’endroit le plus beau et le plus protégé se trouve au fond même du port, dans la crique de RogaË, en face de la localité de PolaËe. Comme votre bateau y sera ancré en toute sécurité, vous pouvez, après une bonne baignade, le quitter et prendre le bateau pneumatique pour aller visiter la localité. Ne manquez pas de voir son palais, sa basilique romaine, et d’aller vous asseoir dans un de ses nombreux restaurants. Si vous avez le temps et l’envie, vous pouvez louer un vélo ou marcher vers les lacs de Mljet, éloignés de trois kilomètres. Pour vous reposer un peu de votre promenade, vous pouvez prendre un bon bain à Soline, où le lac de Veliko jezero est relié à la mer. S’il fait beau, il faut absolument passer une nuit dans la crique de Titanica, au pied de l’îlot de Kobrava. Ensuite, continuez le long de la côte nord de l’île dans la direction de Proæura. Vous rencontrerez sur votre chemin le port pittoresque de Kozarica, avec une vingtaine de maisons, et Sobra, le principal port de ferrys de l’île. Proæura est un port de pêcheurs abrité par les îlots de Planjak, Borovac et Senjevac, ainsi que par le rocher GoliÊ. Il faut y ancrer et monter quelques deux kilomètres jusqu’au village de Proæura pour s’imprégner de la vie de Mljet d’autrefois. Bien qu’il n’y demeure que quelques habitants, le village a gardé son ancienne apparence ; de ses étables on pourra apercevoir un âne ou une mule, qui ont été jadis le principal moyen de transport insulaire. Pour atteindre le cap est de Mljet, on passera encore à côté d’Okuklje, port protégé, où l’on peut amarrer sur la rive ou ancrer au milieu de la crique. Okuklje est devenu la destination préférée des plaisanciers. C’est pourquoi il y a toujours beaucoup de bateaux, dont les équipages aiment bien s’asseoir dans quelques restaurants ouverts récemment. Lorsqu’on contourne les caps de Debeli et Gruj, et arrive au pied de la côte sud de l’île, on a devant soi un autre paysage pittoresque, la crique de Blaca. La plage de sable complètement abritée par les rochers, devant lesquels on jette l’ancre, a un faux air des mers du sud. C’est un endroit sablonneux unique en Adriatique. On croit que la tortue caouanne (Caretta caretta) - l’une des espèces en voie de disparition les plus menacées au monde - y couve de temps en temps ses œufs. La mer Adriatique représente pour elle une zone nourricière et un lieu de repos crucial. Si l’on y vient, il ne faut pas déroger au rite nautique de passer la nuit à Saplunara, crique de la côte sud-est de Mljet. C’est aussi une crique sablonneuse qui, pour tous ceux qui sont habitués aux plages de galets ordinaires en Adriatique, représente une expérience inoubliable. Saplunara est bien protégée des vents bora et jugo et sur son sable, l’ancre tient bien. À partir d’ici et jusqu’ à Pomena, où l’on avait abordé l’île de Mljet, un littoral inabordable, par une mer assez profonde, se poursuit. On ne peut y ancrer que par mer calme, c’est pourquoi il faut rester vigilant. Si vous décidez de le faire quand même, il faut choisir la grotte d’Odyssey

(Odisejeva πpilja), au pied de Babino Polje, à l’intérieur de laquelle les rayons de soleil, provenant de l’ouverture de son plafond, créent un jeu de lumière impressionnant. D’ici, on n’a que huit milles jusqu’au port de Goniturska, baie au pied de Soline où les lacs et la mer se relient. On peut y ancrer en sécurité ou entrer dans la longue crique de Blaca. Pour y arriver, on suit la côte sud de l’île en passant devant encore quelques criques et villages de pêcheurs : Sutmiholjska, Ropa, Grabova… après quoi commence de nouveau un littoral inabordable jusqu’à Pomena.

La côte sud de Peljeπac et Ston

De Pomena, on retourne vers la presqu’île de Peljeπac. Rappelez-vous que l’on n’a pas encore découvert sa côte sud, mais on ne retourne pas à OrebiÊ, d’où on longerait dix milles d’une côte presque inaccessible et dont les terrains sont couverts de vignobles produisant des vins appréciés par les gourmets : postup et dingaË, par bonheur plus abondants de jour en jour. On prend plutôt la direction de Trstenik, situé du côté ouest de la baie de Æuljana (Æuljanski zaton). On y amarre sur la rive pour goûter les vins poπip et plavac mali. La baie de Æuljana consiste en une suite de plages solitaires dont la plupart n’est accessible qu’en bateau. Vers la fin de la journée, on pourrait amarrer sur la digue de Æuljana, localité située sur la côte est de la baie, mais on continue vers le sud, en passant entre l’îlot de Lirica et la côte abrupte. Il y a peu de criques, et il faut faire attention si l’on s’y arrête. C’est pourquoi on continue encore vers le chenal de Ston (Stonski kanal). Sur la côte sud du chenal de Ston se trouve Kobaπ, petit centre nautique populaire. Ici, sur les quais situés devant trois restaurants, il y a plusieurs dizaines de bateaux à la recherche de calme et d’un bon repas. On a pour but la rive de Ston, où l’on arrive à travers le passage étroit au bout du chenal. Cette rive n’est éloignée que d’un peu plus d’un mille de celle de Mali Ston, où l’on avait commencé notre croisière de Peljeπac. Comme à Mali Ston, Ston est 69

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aussi entouré par des fortifications, de cinq kilomètres et demi de long. Elles furent construites au XIVe siècle par la République de Dubrovnik, après être devenue le propriétaire de ces terres, et ont été récemment rénovées. Ne manquez donc pas de vous y promenener. L’autre particularité de Ston sont les plus anciennes et les plus grandes salines de la Méditerranée, dont la tradition date de l’Empire ottoman.

Les îles Élaphites

De Ston, on prend le large vers les Élaphites. Cet archipel le plus méridional de l’Adriatique attire les plaisanciers grâce à la couleur bleu mystique de la mer où se reflètent les couronnes des arbres des forêts denses au-dessus du littoral rocheux. Il est impossible d’y rester indifférent. Lorsqu’en naviguant de l’ouest vers Dubrovnik, le long d’une région inhabitée au paysage monotone, on arrive jusqu’à Mali vratnik et Veliki vratnik, on tombe tout d’un coup sur une

ambiance magnifique, qui est considérée par de nombreux plaisanciers comme la plus belle partie de l’Adriatique. On a l’impression d’être sur un grand lac, dont les côtes sud, couvertes par une forêt dense, vous donnent envie d’y rester. Les Élaphites sont composées de quatorze îlots et îles, commençant par l’île d’Olip, à côté de Peljeπac, jusqu’à l’île de Lokrum, au pied de Dubrovnik. Elle tirent leur nom du mot grec elaphos, qui signifie ”le cerf”. De nombreux autres toponymes, ainsi que les anciens scripts du Ier siècle, relèvent aussi la présence de ces animaux sur les îles, bien qu’aucune trace des civilisations grecque ou romaine n’y ait été retrouvée. Mais il y a beaucoup de vestiges croates ; de nombreuses petites églises préromanes du IXe, Xe et XIe siècle. Au total, il y en a quinze sur les îles de ©ipan, Lopud et KoloËep, situées à côté des champs fertiles, des oliviers ou sur des collines. Une belle promenade pour les retrouver nous rappellera le temps où ces îles étaient pleines de vie.

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Boca falsa et le côté sud de l’Olipa, par leurs rochers nus, nous signalent que cet endroit est l’un des endroits de l’Adriatique les plus exposés aux coups des vagues du sud. Néanmoins, il y a sur l’île d’Olipa, sur son côté nord-ouest, une belle crique appelée Lupeπka. Tout de suite après Olipa, on rencontrera Jakljan, île longue et basse, couverte d’une forêt dense qui, du côté nord, descend dans la mer. Le côté sud de cette île est rocheux et abrupte. Le long de sa côte nord, il y a plusieurs petites criques adorables qui vous donnent envie d’y jeter l’ancre. Quelques centaines de mètres au nord de Jakljan est situé Tajan (le ”Secret”). C’est entre cet îlot-ci et l’îlot de Crkvina que les galères attendaient jadis que les vents tombent pour continuer leur navigation vers l’ouest. Aujourd’hui, ce sont les plaisanciers qui y ancrent pour passer la nuit. La plus grande crique sur l’île de Jakljan, nommée Veli Jakljan (le Grand Jakljan), fut autrefois la demeure des bénédictins. De nos jours, cet îlot est inhabité ; il n’y a que quelques oliviers, dans l’intérieur de l’îlot, qui sont cultivés par les habitants de ©ipan. Les îles Jakljan et ©ipan sont séparées par le passage de Harpoti. Sa côte forme la grande baie du village de ©ipanska Luka, fier de ses résidences qui appartenaient aux riches patriciens de la grande époque de Raguse (le vieux Dubrovnik), du palais ducal où demeurait le duc du territoire de ©ipan (©ipanska æupa), et de son lieu de mouillage sûr et de ses bons restaurants. Grâce aux pêcheurs locaux, on peut toujours y trouver du poisson frais. Des rascasses et rougets de ©ipan sont d’une taille et d’une saveur exceptionnelles. ©ipan n’a pas de criques favorables pour un séjour plus long, ni au sud, ni au nord. On peut s’arrêter pour se baigner dans les criques de Tiha et Pakljena. Le village de Suura, situé à l’est de l’île, fut à l’époque de la République de Dubrovnik le port principal de l’île. Le long de sa côte sud, on peut toujours voir de grandes colonnes de pierre qui servaient à l’amarrage des galions. S’y trouve aussi le château de la famille des navigateurs SkoËibuha du XVIe siècle, qui,

avec ses deux donjons et son église-forteresse, est assez bien conservé. Suura et ©ipanska Luka sont reliés par un véritable oasis vert de cinq mètres de long. Il ne faut pas manquer d’y faire une belle balade le long du champ au bord duquel se succèdent d’anciennes résidences d’été et maisons de campagne, entourées d’oliviers et de vignes. Lopud, l’île voisine, ainsi que sa crique du même nom qui est peu protégée, donne tout de suite l’impression d’un endroit fondé à la grande époque de la République de Dubrovnik. La plupart des palais le long de la crique étaient en la possession des célèbres familles de Raguse, dont celui de Miho Pracet, riche armateur et commerçant du XVIe siècle. Au-dessus du port de Lopud se trouve aussi le monastère franciscain avec son clocher. La crique de sable ©unj, à l’est de Lopud, est une des stations balnéaires préférées des îles Élaphites. C’est une plage pleine de monde, de petits café-restaurants au-dessous des larmiers des feuilles de palmiers où l’on sert des plats simples à base de poisson, et devant lesquels se trouvent plusieurs barques ancrées appartenant aux habitants de Dubrovnik qui ont fui la chaleur de la ville. Le soir, cette image change entièrement, comme dans la crique de Lopud, d’ailleurs. La plupart des bateaux et yachts prennent le large, et tout plaisancier qui décide d’y rester va être témoin d’une ambiance complètement différente et apaisante. En prenant la direction de Dubrovnik, on rencontrera encore KoloËep, nommé Kalamota par les habitants de Dubrovnik. Cette île possède deux ports dans les villages de Gornje »elo et Donje »elo, dont les places d’amarrage sont assez limitées. Le plaisancier qui est venu seulement pour se baigner ou prendre un bon repas doit rester, dans la plupart des cas, à quai. Autrefois, KoloËep fut le lieu de mouillage des voiliers, et au XVe siècle, environ une soixantaine d’entre eux appartenaient à ses habitants. Ils étaient aussi connus pour la pêche des coraux. La plupart

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des maisons de Donje »elo datent de cette époque-là. Au sud de Lopud, à environ un mille nautique et demi, se trouve l’îlot de Sv. Andrija. De loin, il a l’air d’un grand bateau. Au sommet de l’île, à côté du phare, construit en 1870, on peut toujours voir les murs du monastère bénédictin, du XIIe siècle. Le donjon, ainsi que toutes les parties de l’église et du monastère ont été conservés jusqu’à la construction du phare, en 1870. Les eaux autour de l’île sont riches en poissons et coraux. La pêche du corail a été l’une des activités préférées des moines, ce dont s’occupent aujourd’hui les plaisanciers qui les cherchent sur les pentes sous-marines descendant verticalement jusqu’à une profondeur de 100 mètres. Juste devant l’entrée du port de Gruæ et de Rijeka dubrovaËka est situé l’îlot de Daksa, couvert d’une dense forêt. Il ne se trouve qu’à 500 mètres de la presqu’île de

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Lapad. Un peu plus vers le sud, à partir du cap Petko vers l’ouest, sur une longueur de 1200 mètres, s’étendent les Grebeni, suite impressionnante de rochers. La seule île des Élaphites située au sud de Dubrovnik est l’île de Lokrum. Elle protège le lieu de mouillage devant Gradska luka, le port de la ville, auquel, à côté des paquebots qui s’y arrêtent dans la journée, viennent jeter l’ancre de plus en plus de plaisanciers. Pour tous ceux qui passent la nuit devant Gradska luka, la meilleure solution pour une baignade matinale est Lokrum. La plupart des bateaux de plaisance, accompagnés de nombreuses barques locales, y ancrent sur le fond sablonneux de la crique de PortoË. Une belle balade dans le silence des rangées de toutes sortes d’arbres et d’oliviers, troublée uniquement par les cris des paons, soivie de la visite du monastère bénédictin, nous évoque les légendes et les secrets de cette île.

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Dubrovnik Lorsqu’on arrive à Dubrovnik, il faut chercher les anneaux d’amarrage dans le port de Gruæ ou dans la marina ACI Miho Pracat à Komolac. Gruæ, qui est aussi un port de paquebots, sera choisi par tous ceux qui souhaitent être le plus près de la vieille ville. À l’intérieur de Gruæ se trouve aussi le petit port du club de voile d’Orsana. Pour amarrer dans la marina de Komolac, il faut passer au-dessous d’un nouveau pont, dont la construction élégante surplombe la baie de Rijeka dubrovaËka, encastrée de deux milles dans le continent. Gruæ et Rijeka dubrovaËka furent les villégiatures de la noblesse ragusaine, comme l’attestent de nombreuses villas en bord de mer. La villa de SorkoËeviÊ est probablement la plus ancienne et la plus belle, qui se trouve juste à côté de la marina, laquelle est, elle aussi, l’une des plus belles marinas de l’Adriatique. Elle est située à l’embouchure du fleuve Ombla, et si vous y venez, vous pourrez profiter d’une vraie ambiance fluviale. Aussi long que soit votre séjour dans la marina, vous n’en aurez jamais assez de visiter et revisiter Dubrovnik. Vous ne vous lasserez jamais ni de son unité harmonieuse qui toute entière représente un chef-d’œuvre unique, ni de ses animations estivales, notamment le Festival

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d’été nommé les Jeux d’été (DubrovaËke Ljetne igre). De la marina, on prend le large vers les Élaphites, que l’on a déjà découvertes, et on continue le long de la côte qui appartenait jadis à la célèbre République de Dubrovnik. Si l’on prend la direction du nord-est, on aura l’occasion d’ancrer dans deux grandes criques bien protégées, Zaton et Slano. Dans la première crique, surtout dans sa partie appelée Mali Zaton, on trouvera encore quelques maisons des patriciens ragusains, à côté d’excellents restaurants. On y croisera une foule d’autochtones. Sur la route vers Slano, on passera devant le petit débarcadère au pied du complexe hôtelier Vrtovi sunca (les “Jardins du soleil”), puis on longera l’arboretum de Trsteno, superbe parc du XVe siècle surplombant la mer, et enfin la crique de BrseËine. Malheureusement, on s’y arrêtera difficilement, car, bien que chacun de ces jolis endroits possède un petit quai avec une digue, il y a peu de places d’amarrage. Mais à Slano, ce n’est pas le cas. On peut y ancrer dans toute sa vaste baie et amarrer sur sa rive récemment aménagée. Slano est une localité touristique, très animée dans la saison, où il ne faut pas manquer de visiter le monastère franciscain. Pour venir d’ici de Mali Ston, que l’on a déjà visité, on doit encore passer

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devant le petit port de Doli et la crique de Janska. Mais on retourne dans la marina de Komolac, d’où l’on est parti pour cette courte excursion, pour en ressortir vers le sud. On contourne d’abord les célèbres remparts de Dubrovnik. Lorsqu’on sort de la marina Miho Pracat ou du port de Gruæ, en évitant les bas-fonds marqués entre les Grebeni et l’hôtel Palace, on se trouvera au pied des falaises abruptes de Mala Petka et Velika Petka. D’ici, on voit bien les remparts de la ville avec ses tours. La crique en éventail de DanËe tire son nom du couvent de religieuses qui s’y trouve. Notre-Dame de DanËa est vénérée depuis toujours par les navigateurs qui la saluent en passant à côté, et les religieuses leur répondent par la sonnerie des cloches. On est déjà au pied de la forteresse de Lovrijenac, dressée sur un grand rocher verticalement par rapport à la mer. C’est là que commence la navigation au pied des remparts, un système de fortifications unique en son genre. On longe Bokar, deux Buæe, petites stations balnéaires au pied des remparts, et approche de la forteresse Saint-Jean. La digue de Porporela passée, on a devant soi l’entrée dans Gradska luka, protégé aussi par la digue Kaπe. Dans le port, il y a trop peu de place pour les bateaux de passage. Peut-être un plaisancier particulièrement habile arrivera-t-il à y amarrer, sinon on sera obligé d’ancrer devant le port, protégé par l’île de Lokrum.

Au sud de Dubrovnik

Rares sont les plaisanciers qui décident de naviguer au sud de Dubrovnik, vers Cavtat ou encore plus loin, vers Prevlaka. C’est parce que la côte y est très abrupte et inabordable pour le plaisancier, à l’exception de la baie de Æupa (Æupski zaljev), de Cavtat et de Molunat. On admirera Æupski zaljev du bateau, car il n’y a que quelques places d’amarrage à Kupari, Srebreno et Mlini. On est plus attiré par trois îlots inhabités, tout près de Cavtat. Le plus petit d’entre eux est Supetar, îlot bas au nord-ouest de Cavtat. C’est une station balnéaire assez populaire où, en été, viennent de nombreux bateaux d’excursion des localités voisines, mais aussi de

Dubrovnik. Mrkan, îlot long et inhabité, du côté extérieur de Cavtat, est éloigné d’un mille de la côte. Le fond de ses eaux est une région riche et intéressante pour les pêcheurs et plongeurs. À cinq cents mètres à l’ouest de Mrkan se trouvent les rochers de RaænjiÊ, Hljeb, Trava et le plus grand d’entre eux - Bobara, qui tous ensemble, Mrkan y compris, sont nommés Cavtatski grebeni (les “Rochers de Cavtat”). Lorsqu’on entre à Cavtat, une grande crique couverte d’une forêt dense avec de nombreuses villas, on verra au moins une dizaine de luxueux yachts amarrés sur la rive ou ancrés devant la crique de Tiha, deuxième port de Cavtat, qui attendent leurs voyageurs, car la plupart d’entre eux partent précisément d’ici en voyage sur l’Adriatique. Cavtat est une petite ville pittoresque avec une belle rive, des stations balnéaires, des bistrots et d’excellents restaurants. Ne manquez pas de visiter son cimetière, l’un des plus beaux de l’Adriatique, d’où vous aurez une belle vue vers l’île de Mljet. D’ici, il faut s’en aller vers Konavle, fuir la foule estivale pour prendre un excellent repas en profitant encore du beau panorama de cette région. Le littoral raide au sud de Molunat forme un lieu favorable à la pêche sous-marine. Les falaises inabordables surplombant la mer, quelquefois d’une hauteur de plus de cent mètres, notamment celles de Konavaoske stijene (les “Falaises de Konavle”), cachent les villages du côté sud de Konavaosko polje (le “Champ de Konavle”). Chacun de ces villages a creusé dans ces falaises verticales un chemin pour descendre vers la mer. Les Konavaoske stijene passées, on voit déjà bien le cap de Lokvica, ainsi que l’entrée dans la baie de Donji Molunat, encastrée presque d’un mille dans le continent. Cette baie est complètement abritée des vents du sud et de l’est, mais pas des nevera de l’ouest. C’est pourquoi les plaisanciers préfèrent Gornji Molunat, situé plus au sud, protégé par les îlots de Veliki ©kolj et SupetriÊ. Si l’on continue encore cinq milles vers le cap d’Oπtro, on peut, s’il fait beau, ancrer dans la crique de Prevlaka, qui est le point le plus au sud de la côte croate.

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Informations importantes pour naviguer en Croatie Tout bateau ou yacht qui navigue en Croatie sous pavillon étranger est tenu d’avoir une vignette qui certifie sa déclaration à la douane et l’accomplissement des conditions en vue de la navigation dans les eaux territoriales croates, et qui atteste également du payement des frais nécessaires. Sont considérés comme bateaux, les embarcations de plus de 3 mètres de long ou d’une puissance de plus de 5kw. Les navires de plaisance dont la longueur dépasse 12 m et qui, en dehors de l’équipage, peuvent transporter 12 passagers au maximum sont classés dans la catégorie des yachts.

La déclaration du bateau à l’arrivée en Croatie Tout bateau ou yacht battant pavillon étranger qui entre dans les eaux territoriales croates est tenu d’emprunter le chemin le plus court pour accoster dans le port le plus proche ouvert au trafic international, où il effectuera le contrôle des documents personnels et les formalités douanières, et obtiendra de la capitainerie du port une vignette, valable pour une période d’un an à partir de sa date de délivrance. Les postes - frontières maritimes permanents sont les suivants : Umag, PoreË, Rovinj, Pula, Raπa-Brπica, Rijeka, Mali Loπinj, Zadar, ©ibenik, Split, PloËe, Vela Luka, KorËula, Ubli à Lastovo et Dubrovnik - Gruæ. En été, les postes - frontières saisonniers sont aussi mis en activité : marina ACI d’Umag, Novigrad, Sali, Ugljan, Boæava (Dugi Otok), Primoπten, Hvar et Stari Grad, sur Hvar, Vis et Komiæa, sur Vis, et Cavtat. C’est à ces mêmes ports qu’il faut s’adresser avant de quitter la Croatie et sortir des eaux territoriales croates par le chemin le plus court. Lors de la déclaration d’arrivée et de séjour de bateau en Croatie, une liste d’équipage et des passagers ou liste des personnes à bord, préalablement certifiée par la police douanière, est soumise à la capitainerie ou la succursale. La liste d’équipage (crew list), certifiée par la capitainerie ou l’antenne, doit se trouver à bord du bateau en usage. En cas d’accident, c’est sur cette base que l’on détermine qui se trouve à bord. Les changements dans la liste d’équipage (crew list) peuvent être certifiés uniquement par la capitainerie du port (ou la succursale). En cas d’arrivée en Croatie par la route, on est également tenu, avant de commencer la navigation, de s’adresser à la capitainerie

du port ou la succursale pour obtenir la vignette. Il en est de même pour tous les bateaux battant pavillon étranger qui ont un amarrage permanent en Croatie. En déclarant son arrivée, le propriétaire doit présenter les documents suivants : un document ou une attestation qui certifie que le bateau est inscrit sur le registre des bateaux du pays d’origine, un certificat de propriété ou de droit de possession du bateau, les documents réglementaires certifiant l’aptitude du capitaine ; les noms des membres d’équipage et des passagers à bord, un certificat d’assurance au tiers si la puissance du moteur dépasse 15 KW. Le Code Maritime, ainsi que les règles qui l’accompagnent, définissent le nombre maximal de personnes qui peuvent être remplacées (embarquement et débarquement) en Croatie sans aucun frais pendant la durée de validité de la vignette. Le nombre des personnes déclarées peut aller jusqu’au double, augmenté de 30%, de celui déclaré sur les documents d’immatriculation, sans compter les enfants de moins de 12 ans. Les membres d’équipage inscrits sur la liste des personnes à bord peuvent être remplacés un nombre de fois illimité pendant la durée de la vignette. Les personnes qui sont de passage ne sont pas inscrites sur la liste. L’activité de location de bateaux dans les marinas et les ports croates n’a droit d’être exercée que par les bateaux battant pavillon croate. Un bateau de location étranger, muni de sa vignette réglementaire, peut naviguer librement dans les eaux territoriales croates, à condition de ne pas changer d’équipage dans les ports croates. Lors de l’enregistrement du bateau dans la capitainerie du port, il faut payer certaines taxes : pour la sûreté de la navigation, pour la signalisation maritime, la taxe administrative et la carte d’informations nautiques, et acheter la vignette pour vous acquitter de la taxe de séjour.

La location de bateau Si vous prenez un bateau en location, vous êtes tenu de vérifier si le loueur est autorisé à exercer l’activité de location, si à bord se trouvent le certificat de navigabilité ainsi que la copie de l’autorisation de concession, et finalement si les membres d’équipage sont inscrits sur la liste (crew list). La plupart des sociétés de location ont la possibilité de déclarer la liste d’équipage par Internet. La possession de tous les

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documents mentionnés ci-dessus est indispensable lors du contrôle effectué par des personnes autorisées. Si vous désirez affréter un bateau en Croatie, et si c’est vous le skipper à bord, vous devez avoir une attestation certifiant votre aptitude à barrer, en conformité avec les règles de navigation de votre pays d’origine, ou bien une autorisation de la République de Croatie (A, B, C). En Croatie, il n’est pas autorisé de barrer un bateau sans permis réglementaire. Si une radio VHF se trouve à bord, un des membres d’équipage doit également avoir le permis nécessaire à son utilisation. La société de location effectuera le contrôle de ces documents au moment où vous louerez le bateau. Quant aux contrôles de routine, ils sont effectués de temps en temps par le personnel compétent de la capitainerie et de la police. Les citoyens étrangers peuvent passer un examen dans les capitaineries afin d’obtenir le permis bateau qui inclut celui d’utiliser la radio VHF. Pour l’examen et les horaires, il faut se renseigner auprès des capitaineries de port. Le permis bateau vous donne l’autorisation de barrer des navires jusqu’à 30 TB et le droit d’utiliser la radio VHF qui se trouve à bord. Les informations complètes et à jour sur les règles de la navigation en Croatie, ainsi que les renseignements sur les changements éventuels dans ces règles, peuvent être trouvés sur le site du Ministère de la mer à l’adresse www.mmpi.hr où il faut sélectionner la langue anglaise, le chapitre sea, puis nautics. Vous y trouverez également d’autres informations, comme des renseignements sur les lieux de mouillage concessionnaires ou les autorisations délivrées par les pays où l’on peut battre pavillon croate.

La sûreté en mer En Croatie existe un service de recherche et sauvetage en mer qui vous aidera en cas d’accident, panne ou une autre nécessité. Dans ces cas-là, les bateaux de gardecôtes (capitainerie, police, marine) et les autres navires à usage spécial, les avions et les hélicoptères, se joignent à la recherche. Les services de recherche et sauvetage sont dirigés par le bureau central national pour les recherches et le sauvetage (Maritime Rescue Cordination Centre), situé à Rijeka, qui assure une permanence 24 heures sur 24. En cas de besoin, les actions de sauvetage sont menées en coordination avec les services des pays frontaliers. En plus du Centre national, une permanence est également assurée par huit capitaineries de port, leurs succursales, les stations radio côtières, les phares gardés et une unité de recherche et de sauvetage. Une permanence est également organisée sur les chaînes VHF 10 et 16, tandis qu’au Centre national de recherche et de sauvetage, la ligne téléphonique 155 est installée pour tous les besoins en mer (à partir de l’étranger : +385 51 155). L’opérateur répond aussi aux appels selon le système GMDSS. En Croatie fonctionne aussi le numéro de téléphone unique pour tous les cas d’urgence. En cas de nécessité concernant votre navire ou un autre, il est indispensable d’avertir au

plus vite l’un de ces services chargés de la sûreté en mer. En plus du numéro de téléphone de permanence 155, la fréquence radio et le système GMDSS, il est également utile de connaître les numéros de téléphone des capitaineries de port : 052 222 037 Pula 051 214 031 Rijeka 053 881 301 Senj Zadar 023 433 778 022 217 214 ©ibenik Split 021 362 436 PloËe 020 679 008 Dubrovnik 020 418 989 Vous pouvez appeler ces numéros de téléphone non seulement pour demander de l’aide, mais aussi pour connaître la météo.

Les prévisions météorologiques Aujourd’hui, aucun plaisancier ne navigue sans écouter au préalable la météo. L’institut météorologique national donne, par le biais des stations radios côtières, des prévisions météo destinées aux navigateurs qui contiennent une météo générale, la météo pour l’Adriatique et la Porte d’Otran pour une période de 24 heures selon les régions (l’Adriatique du nord, du centre et du sud). La météo est diffusée trois fois par jour, en croate et en anglais, par les radios de Rijeka, Split et Dubrovnik. Elle correspond aux 12 heures suivantes plus 12 à partir du moment de la diffusion. Radio Rijeka diffuse la météo selon l’UTC (heure de Greenwich) à 5h35, 14h35 et 19h35 sur le canal 24 ; Radio Split diffuse la météo à 5h45, 12h45 et 19h45 sur les canaux 7, 21 et 28 ; tandis que Radio Dubrovnik diffuse la météo à 6h25, 13h20 et 21h20 sur les canaux 4 et 7. Les prévisions météo sont aussi données par les capitaineries toutes les 15 minutes en quatre langues (croate, anglais, italien et allemand). Les capitaineries des ports de Pula et Dubrovnik diffusent sur le canal 73, celle

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de Rijeka sur le canal 69 et celle de Split sur le canal 67. Les stations de radio et de télévision diffusent également les prévisions météo, et on peut aussi en être informé dans les marinas. Le long de toute l’Adriatique le signal est bon pour les stations radios côtières italiennes de Trieste, Venise, Ancône, Pescara et Bari. Il est possible de consulter les prévisions météo sur le portail de l’Institut national météorologique à l’adresse : http://meteo.hr, ou http://prognoza.hr/aladin-prognoza.html

La navigation dans les ports et devant les plages Pour des raisons de sécurité, il n’est pas permis de naviguer dans les entrées de port, dans les passages étroits, à une distance inférieure à 50 m de la côte ou de la zone de baignade sécurisée, et à 200 m des plages naturelles. Les glisseurs hors-bord, les bateaux à jet et les navires sur

coussin d’air n’ont le droit de naviguer que dans les régions où cela est permis et qui sont à moins de 300 m de la côte. On conseille de ne pas entrer ni sortir des ports à des vitesses provoquant des vagues qui pourraient endommager les autres bateaux et les équipements du port. Dans la plupart des ports, la vitesse de navigation autorisée est visiblement in diquée. Les bateaux de la police et des capitaineries du port contrôlent rigoureusement la navigation sur le littotal et respectent scrupuleusement la législation. Ne vous exposez donc pas à une intervention de leur part.

La pêche sportive On peut pêcher uniquement si on possède un permis que l’on peut obtenir dans les organismes locaux de pêche sportive. Vous trouverez toutes les informations nécessaires dans votre port d’arrivée ou sur le site Internet www.hssrm.hr. On peut acheter un permis de pêche pour une période d’un, trois, sept, trente jours ou d’un an. Il y a une différence entre les permis de pêche à la ligne et les permis de pêche sousmarine avec fusil. La pêche sportive est possible dans toute l’Adriatique à l’exception des parcs nationaux de Brijuni, Kornati, Mljet et Krka et dans certaines localités plus petites où des permis spéciaux délivrés par les administrations de ces institutions sont exigés.

La plongée En Croatie on peut plonger équipé d’un matériel de plongée autonome (SCUBA diving) uniquement si on possède un certificat de plongée issue par l’Union croate de plongée. Ce certificat est valable pour une période d’un an et est délivrés aux plongeurs qualifiés (CMAS, PADI, SSI, NAUI, NASDS, YMCA, MDEA, NASE, IDEA, IANDT, NSSCDS, ANDI, TDI, NACI, PSA, PDIC, SDI, FIAS, ACUC, BSAC, VDST, BARACUDA etc.). On peut obtenir une autorisation de plongée individuelle sans surveillance auprès des capitaineries de port, dont le prix est beaucoup plus élevé. En principe, la plongée en Adriatiqe est libre, mais certaines zones maritimes sont interdites à la plongée par règlement particulier, tandis que dans d’autres zones, on ne peut plonger qu’avec un permis spécial. Les zones interdites sont : les ports, les entrées des ports, les lieux de mouillage et les zones où le trafic est très dense. Il est également défendu de plonger dans les réserves spéciales, dans les parcs naturels et dans les zones maritimes et sous-marines protégées, comme la baie de Mali Ston, le chenal de Limski kanal et les parcs nationaux de Brijuni et Krka. On ne peut pas plonger dans un périmètre de 100 m autour des bateaux de guerre et des bâtiments militaires surveillés. Les zones où la plongée nécessite un permis particulier sont les suivantes : Kornati, Mljet, parc naturel de TelaπÊica. Les permis sont délivrés par les directions respectives des parcs nationaux. À Brijuni, la plongée organisée est possible.

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Informations utiles générales

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Documents de voyage

Postes et télécommunications

Le passeport valide ou tout autre document reconnu par la convention internationale ; pour quelques pays, la carte nationale d’identité (document prouvant l’identité et la nationalité du titulaire). Informations : missions diplomatiques et consulaires de la république de Croatie à l’étranger ou ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne de la République de Croatie (Tél. : +385 1 4569 964 ; Courriel : stranci@mvpei.hr; konzularni.poslovi@mvpei.hr ; www.mvpei.hr).

Les jours ouvrés, les bureaux de poste sont ouverts de 07 h 00 à 19 h 00 ; dans les petites communes de 07 h 00 à 14 h 00, certains ouvrant le matin et l’après-midi avec une pause. Dans les grandes villes et les centres touristiques, certains bureaux de poste ouvrent le samedi et le dimanche. Les téléphones publics fonctionnent avec des cartes, qui sont en vente aux guichets des postes et dans les kiosques à journaux. On peut téléphoner à l’étranger depuis toutes les cabines publiques. www.posta.hr

Dispositions douanières

Horaires d’ouverture des magasins et des services publics

Les dispositions douanières de la république de Croatie sont conformes aux normes appliquées dans les pays de l’Union européenne, mais en ce qui concerne l’introduction d’objets de nature non commerciale à usage privé, seuls les objets d’une valeur ne dépassant pas 1.000,00 kunas sont exonérés du paiement des droits de douane et de la TVA. Les étrangers et citoyens croates résidant à l’étranger peuvent importer et exporter librement les devises étrangères, la monnaie nationale et les chèques, mais avec l’obligation de déclarer à la douane tout montant supérieur à 10.000 €. Tout équipement technique et professionnel de valeur doit également être déclaré au douanier au poste-frontière. Les personnes physiques qui ne possèdent pas de permis de séjour ou de résidence, temporaire ou définitif, en Croatie, ont droit au remboursement de la TVA croate sur la marchandise achetée en Croatie si la valeur de celle-ci sur une seule facture est supérieure à 740 kunas, à condition de faire valider la formulaire ”PDV-P” ou ”Tax cheque” auprès du douanier lors de la sortie vers l’étranger de la marchandise achetée dans un délai de trois mois à compter de la date d’achat. Le citoyen étranger doit présenter sa demande de remboursement de la TVA dans un délai de six mois à compter de la date d’établissement de la facture. Pour toute information supplémentaire, merci de contacter l’administration douanière (www.carina.hr). Pour tout renseignement sur les conditions d’introduction des produits d’origine animale dans les bagages personnels des voyageurs, nous vous prions de contacter le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et du Développement rural Direction vétérinaire (tél.  : +385 1 6109 749; 6106 703 et  6106 669; www.mps.hr)

Monnaie nationale La monnaie officielle de la Croatie est la kuna (1 kuna = 100 lipas). Les devises étrangères peuvent être changées dans les banques, bureaux de change, bureaux de poste, ainsi que dans la plupart des agences touristiques, hôtels et campings. Les cartes de crédit (Eurocard/Mastercard, Visa, American Express et Diners) sont acceptées dans presque tous les hôtels, marinas, restaurants et magasins, ainsi qu’aux distributeurs automatiques de billets.

Pendant la saison touristique, la plupart des magasins sont ouverts les jours ouvrés de 8h00 à 20h00, et beaucoup sont également ouverts le week-end. Les services et entreprises publics sont ouverts de 08 h 00 à 16 h 00 du lundi au vendredi.

Soins médicaux Les grandes villes sont dotées d’hôpitaux et de cliniques, et les petites villes de dispensaires et de pharmacies. Les touristes étrangers affiliés à l’assurance obligatoire dans les pays avec lesquels la Croatie a signé une convention sur la sécurité sociale ne paient pas les soins médicaux d’urgence lors de leur séjour privé en Croatie, à condition qu’ils soient en possession d’un justificatif attestant du droit à des soins médicaux prévu par la convention. En cas d’urgence, ils bénéficient de soins médicaux (y compris le transport) dans les mêmes conditions que les assurés croates et en participant selon les mêmes modalités que ceux-ci aux frais de la protection santé (participation). Tension électrique du réseau urbain : 220 V, fréquence : 50 Hz L’eau du robinet est potable sur tout le territoire national.

Fêtes et jours fériés Le 1er janvier - Jour de l’An, Le 6 janvier - Épiphanie, Pâques et Lundi pascal, Le 1er mai - Fête du Travail, Fête-Dieu, Le 22 juin - Journée de la Lutte antifasciste, Le 25 juin - Fête Nationale, Le 5 août - Jour de la Victoire et de la reconnaissance à la patrie, Le 15 août - Assomption, Le 8 octobre - Jour de l’Indépendance, Le 1er novembre - Toussaint, Les 25 et 26 décembre - Noël

Stations-service Dans les grandes villes et sur les routes internationales, les stations-service sont ouvertes 24h/24. Les stations-service sont approvisionnés en Eurosuper 95, Super 95, Super 98, Super plus 98, Euro Diesel et Diesel, et

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celles situées dans les grandes villes et sur les autoroutes distribuent également du GPL. Informations sur les prix et liste des stations-service qui distribuent du GPL : ww.ina.hr; www.omv.hr; www.tifon.hr; www.hak.hr

Numéros de téléphone importants : Indicatif international pour la Croatie : +385 Urgence médicale : 194 Sapeurs-pompiers : 193 Police : 192 Assistance routière : 1987 (Si vous appelez depuis l’étranger ou d’un téléphone portable, composez le +385 1 1987) Centre national de recherche et de sauvetage en mer : 155 Numéro d’appel d’urgence unique européen : 112 Informations générales : 18981 Informations sur les numéros de téléphone locaux et interurbains : 11888 Informations sur les numéros de téléphone internationaux : 11802 Météo et état du trafic : 060 520 520 Automobile Club de Croatie (HAK) : +385 1 4640 800 ; www.hak.hr ; courriel : info@hak.hr

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LISTE DES BUREAUX DE REPRÉSENTATION DE L’ OFFICE NATIONAL CROATE DE TOURISME

HRVATSKA TURISTI»KA ZAJEDNICA (Croatian National Tourist Board) Iblerov trg 10/IV, p.p. 251 10000 ZAGREB Croatia Tél. : +385 1 46 99 333 Fax : +385 1 45 57 827 Courriel : info@htz.hr www.croatia.hr Kroatische Zentrale für Tourismus 1010 Wien Am Hof 13 Österreich Tél. : +43 1 585 38 84 Fax : +43 1 585 38 84 20 Courriel : office@kroatien.at Kroatische Zentrale für Tourismus 60313 Frankfurt / M Hochstrasse 43 Deutschland Tél. : +49 69 23 85 350 Fax : +49 69 23 85 35 20 Courriel : info@visitkroatien.de Kroatische Zentrale für Tourismus 80469 München Rumfordstrasse 7 Deutschland Tél. : +49 89 22 33 44 Fax : +49 89 22 33 77 Courriel : kroatien-tourismus@t-online.de Ente Nazionale Croato per il Turismo 20122 Milano Piazzetta Pattari 1/3 Italia Tél. : +39 02 86 45 44 97 Fax : +39 02 86 45 45 74 Courriel : info@enteturismocroato.it Ente Nazionale Croato per il Turismo 00186 Roma Via Dell’oca 48 Italia Tél. : +39 06 32 11 0396 Fax : +39 06 32 11 1462 Courriel : officeroma@enteturismocroato.it Chorvatské Turistické Sdruæení 110 00 Praha 1 Krakovská 25 »eská republika Tél. : +420 2 2221 1812 Fax : +420 2 2221 0793 Courriel : infohtz@iol.cz; info@htz.cz

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Chorvátske Turistické Zdruæenie 821 09 Bratislava TrenËianska 5 Slovakia Tél. : +421 2 55 562 054 Fax : +421 2 55 422 619 Courriel : infohtz@chello.sk Horvát Idegenforgalmi Közösség 1054 Budapest Akademia u. 1 Magyarország Tél. : +36 1 267 55 88 Fax :+36 1 267 55 99 Courriel : info@htz.hu Office National Croate de Tourisme 75116 Paris 48, avenue Victor Hugo France Tél. : +33 1 45 00 99 55 Fax : +33 1 45 00 99 56 Courriel : infos.croatie@wanadoo.fr Croatian National Tourist Office London W6 9ER 2 Lanchesters 162-164 Fulham Palace Road United Kingdom Tél. : +44 208 563 79 79 Fax : +44 208 563 26 16 Courriel : info@croatia-london.co.uk Narodowy Osśrodek Informacji Turystycznej Republiki Chorwacji IPC Business Center ul. Koszykowa 54 00-675 Warszawa, Polska Tél. : +48 22 828 51 93 Fax : +48 22 828 51 90 Courriel : info@chorwacja.home.pl Oficina de turismo de Croacia 28001 Madrid, Espana Calle Claudio Coello 22, ESC. B, 1°C Tél. : +34 91 781 5514 Fax : +34 91 431 8443 Courriel : info@visitacroacia.es Croatian National Tourist Office New York 10118 350 Fifth Avenue, Suite 4003 U.S.A. Tél. : +1 212 279 8672 Fax : + 1 212 279 8683 Courriel : cntony@earthlink.net

Kroatiska Turistbyrån 11135 Stockholm Kungsgatan 24, Sverige Tél. : +46 853 482 080 Fax : +46 820 24 60 Courriel : croinfo@telia.com Kroatisch Nationaal Bureau Voor Toerisme 1081 GG Amsterdam Nijenburg 2F, Netherlands Tél. : +31 20 661 64 22 Fax : +31 20 661 64 27 Courriel : kroatie-info@planet.nl Office National Croate du Tourisme 1000 Bruxelles Vieille Halle aux Blés 38, Belgique Tél. : +32 255 018 88 Fax : +32 251 381 60 Courriel : info-croatia@scarlet.be Хорватское туристическое сообщество 123610 Moscow Krasnopresnenskaya nab. 12 office 1502, Russia Tél. : +7 095 258 15 07 Fax : +7 095 258 15 07 Courriel : HTZ@wtt.ru Hrvaπka turistiËna skupnost 1000 Ljubljana Gosposvetska 2, Slovenija Tél. : +386 1 23 07 400 Fax : +386 1 230 74 04 Courriel : hrinfo@siol.net Kroatische Zentrale für Tourismus 8004 Zürich Badenerstrasse 332, Switzerland Tél. : + 41 43 336 20 30 Fax : +41 43 336 20 39 Courriel : info@kroatien-tourismus.ch Kroatiens Turistkontor, Bjørnholms Allé 20; 8260 Viby J; Danmark Telefon: +45 70 266 860 Telefaks: +45 70 239 500 Courriel : info@altomkroatien.dk クロアチア政府観光局 Ark Hills Executive Tower N 613 Akasaka 1-14-5, Minato-ku, Tokyo 107-0052 Tél. : + 81 (0)3 6234 0711 Fax : + 81 (0)3 6234 0712 Courriel : info@visitcroatia.jp

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Marinas 1. ACI UMAG 2. MARINA NAUTICA NOVIGRAD 3. MARINA »ERVAR PORAT / PORE» 4. MARINA PORE» 5. MARINA PARENTIUM / PORE» 6. MARINA FUNTANA 7. MARINA VRSAR 8. MARINA VALALTA 9. ACI ROVINJ 10. ACI PULA 11. TEHNOMONT MARINA VERUDA / PULA 12. ACI POMER 13. ACI CRES 14. ACI OPATIJA / I»I∆I 15. MARINA ADMIRAL / OPATIJA 16. MARINA PUNAT 17. ACI SUPETARSKA DRAGA 18. ACI RAB 19. Y/C MARINA MALI LO©INJ

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20. MARINA LO©INJ 21. ACI ©IMUNI 22. MARINA BORIK /ZADAR 23. TANKERKOMERC MARINA ZADAR 24. MARINA VELI RAT / DUGI OTOK 25. OLIVE ISLAND MARINA / UGLJAN 26. MARINA PREKO 27. MARINA DALMACIJA / BIBINJE-SUKO©AN 28. MARINA VELI IÆ 29. MARINA KORNATI / BIOGRAD 30. MARINA ©ANGULIN /BIOGRAD 31. ACI ÆUT 32. ACI PI©KERA 33. MARINA HRAMINA / MURTER 34. MARINA BETINA 35. ACI JEZERA 36. MARINA TRIBUNJ 37. ACI VODICE 38. ACI SKRADIN 39. MARINA MANDALINA / ©IBENIK 40. YACHT MARINA SOLARIS / ©IBENIK 41. MARINA KREMIK / PRIMO©TEN 42. MARINA FRAPA / ROGOZNICA 43. MARINA AGANA / MARINA 44. ACI TROGIR 45. MARINA SEGET 46. MARINA KA©TELA 47. ACI SPLIT 48. MARINA MARTINIS MARCHI / ŠOLTA 49. MARINA LAV 50. MARINA BRELA 51. MARINA BA©KA VODA 52. MARINA VLAŠKA / BRAČ 53. MARINA TU»EPI 54. ACI MILNA 55. ACI VRBOSKA 56. ACI PALMIÆANA 57. MARINA OREBI∆ 58. ACI KOR»ULA 59. MARINA LUMBARDA 60. ACI DUBROVNIK

Éditeur OFFICE NATIONAL CROATE DE TOURISME www.croatie.hr Pour l’éditeur mr. sc. NIKO BULI∆ Rédacteurs SLAVIJA JA»AN OBRATOV BRASLAV KARLI∆ Assistant rédacteur IVA PUĐAK Texte BRASLAV KARLI∆ Traduction DIJANA MEREY SARAJLIJA ASIATIS, PARIS Design DIZAJN LAB Photographies IVO PERVAN BRASLAV KARLI∆ DAMIR FABIJANI∆ MILAN BABI∆ JURAJ KOPA» IVAN HRELJANOVI∆ NINO MARCUTTI RENCO KOSINOÆI∆ ZLATKO RAMNI»ER SMILJAN STRIHI∆ MIRO ANDRI∆ SERGIO GOBBO LJUBO GAMULIN MLADEN ©»ERBE Impression RADIN PRINT, Sveta Nedelja Zagreb, 2010. En cas d’erreurs ou pour toute information incomplète ou erronée, la responsabilité de l’éditeur ne peut être engagée.

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La mer Adriatique La mer Adriatique est la partie de la mer Méditerranée la plus encastrée dans le continent européen. La côte croate se compose de paysages divers et variés et est formée de 1185 îles, îlots, récifs et rochers. Elle s’étend sur une longueur de 5951 kilomètres. Les îles adriatiques sont idéalement situées pour les plaisanciers. Elles longent, par intervalles, toute la côte croate à partir de Rijeka jusqu’à Dubrovnik. Comme elles ne sont pas éloignées les unes des autres de plus de dix milles nautiques, elles forment, entre le continent et entre elles, de nombreux chenaux. Sur les îles et sur le continent, il y a beaucoup de petites baies et ports de plaisance favorables au mouillage ou à l’amarrage. Ce sont des endroits idéaux pour faire du yachting à voile, à moteur ou bien faire de la pêche sportive. Tout se trouve à proximité et, si vous le souhaitez, vous pouvez passer toute la journée à naviguer. Si le temps se gâte ou si le vent se lève, vous avez toujours à votre disposition un endroit sûr pour vous mettre à l’abri. Les vents principaux de la mer Adriatique sont, en général, assez connus des plaisanciers. Il s’agit - à partir du nord et dans le sens des aiguilles d’une montre - de la tramontane (N), de la bora (N-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du levant (E), du levant d’hiver, du jugo (S-E, peut être cyclonale et anticyclonale), du optro (S), du lebić, du gabrin (S-O), du pulenat (O), du maestral (N-O, brise soufflant de la mer vers la terre) et du burin (vent d’été continental thermique). Pendant la saison nautique, le temps est en général favorable à la navigation. Le maestral (vent doux, à ne pas le confondre avec le “mistral”), qui en été est le vent le plus fréquent, et la tramontane modérée, rendent la navigation très agréable. Il en est de même avec le levant, ainsi qu’avec un jugo pas trop fort, mais celui-ci souffle rarement en été. La bora, en été, souffle un peu moins fort, mais il faut s’en méfier, ainsi que des nevera, forts coups de vent venant de l’ouest et du sud-ouest. La côte découpée, les courants marins et les vents locaux rendent la navigation très intéressante. À bord, il y a toujours de quoi s’occuper. Tantôt vous naviguez au vent, tantôt il faut tourner sous le vent et ensuite passer par un chenal ou une passe étroite. Cette diversité est la même si vous naviguez à moteur. Durant votre navigation, le paysage se transforme constamment. Il y a des endroits où la côte est

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inhabitée et déserte, en raison de la bora qui y souffle en hiver, comme les parties nord de Krk, Rab ou Pag. Les côtes sud sont en général riches en végétation. Vous passerez des instants “rafraîchissants” en naviguant le long des denses forêts de pins, descendant jusqu’à la mer, comme à Lastovo ou Jakljan, ainsi que des moments où vous ne verrez que du maquis et terrain pierreux. Vous passerez à côté et vous accosterez dans les villes méditerranéennes, mais aussi dans de petits villages de pêcheurs. Les petites villes insulaires sont diverses et intéressantes et elles méritent d’être vues. La plupart d’entre elles, comme Korčula, Stari Grad ou Vis, datent de l’antiquité. Les autres sont plus contemporaines, fondées comme petits ports de pêche ou ports des grandes agglomérations insulaires retirées à l’intérieur des terres. L’Adriatique peut être divisée selon différents critères. Les météorologues croates la divisent en Adriatique nord, centrale et sud d’après les lignes Ancona - Zadar et MonteGargano - Dubrovnik. Quant à la partie croate de l’Adriatique, les plaisanciers la divisent en général en deux parties, séparées par le cap Ploča, situé entre Rogoznica et Primošten. Cette division a une connotation géographique (en face du cap Ploča, il y a une barrière naturelle formée d’une série d’îles) et une connotation météorologique. En respectant les besoins nautiques, nous diviserons l’Adriatique en 3 parties : l’Istrie, le Kvarner et les îles au-dessous du Velebit, et les archipels et la côte des régions de Zadar, Šibenik, Split et Dubrovnik.

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/La-Croatie-en-Bateau-2011  

http://business.croatia.hr/Documents/780/La-Croatie-en-Bateau-2011.pdf