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Estrie zone verte Été 2013 Volume 5, numéro 2

Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

Dans ce numéro : Mot de la directrice

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Un nouvel organisme et un nouvel évènement pour la région

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Lutte aux cyanobactéries

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Retour sur une visite au centre de tri

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Le PARk(ing) Day à Sherbrooke!

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Une 2e édition pour la RanDONnée !

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Un automne politique pour le transport en commun

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1ère édition du Tour à vélo du mont Orford pour la solidarité

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Des Jeux et un stage écoresponsables!

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Stratégie agroenvironnementale de l’UPA 2010-2020

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Des actions concrètes pour des plages municipales en santé

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Parc national du Mont-Mégantic © S. Giguère --

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Mot de la directrice De tout cœur avec Lac Mégantic! Par Chantal Bouchard, directrice générale Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Les conseils régionaux de l'environnement (CRE) des régions de l'Estrie et de Chaudière-Appalaches ainsi que le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ) ont été profondément affligés de la tragédie qui s’est produite à Lac-Mégantic, comme l’ensemble de la population québécoise.

Comme l’a déclaré le ministre Yves-François Blanchet au journal La Presse le 9 juillet, « en plus des décès et de l'importance des dommages, […] une catastrophe environnementale d'une magnitude peut-être sans précédent » a eu lieu à Lac Mégantic. Les CRE des régions ChaudièreAppalaches et Estrie, qui sont directement concernés par le secteur de Lac-Mégantic et de la rivière Chaudière, ont été vivement interpellés par la situation et souhaitent contribuer à la hauteur de leurs moyens à la gestion de cette crise. En effet, malgré les enjeux globaux que soulèvent inévitablement un tel accident, les CRE souhaitent avant tout se mettre à la disposition du gouvernement du Québec, de la municipalité de Lac-Mégantic et de toutes les municipalités qui ont subi et qui subissent toujours les impacts environnementaux qui en découlent. Soutenus par le RNCREQ, nous leur avons proposé notre expertise environnementale et la force mobilisatrice de notre réseau afin de favoriser le rétablissement des écosystèmes touchés et pour contribuer aux efforts de décontamination. C’est pourquoi les CRE ont proposé, de façon coordonnée et complémentaire avec les autorités :  d’offrir aux responsables de la ville de Lac-Mégantic et de celles des zones affectées de participer avec elles à évaluer les besoins de suivis environnementaux à court, moyen et long terme;  de constituer deux banques de personnes ressources bénévoles qui offrent actuellement et qui continueront à offrir leur support au cours des prochains mois, dans un cas leurs expertises (biologistes, géologues, aménagistes, physiciens, chimistes, juristes) et pour la seconde de leur temps, afin de pouvoir accompagner les citoyens et intervenants. (Pour vous inscrire sur une de ces listes de bénévoles, rendez-vous sur notre site Internet : www.environnementestrie.ca);  de participer à toute autre action pertinente pour lesquelles ils pourraient être sollicités (relai d’information, organisation de corvées de nettoyage, etc.).

À ce jour, environ 110 experts et une centaine de citoyens se sont inscrits sur nos listes. Déjà, certains experts ont été sollicités par la ville de Lac-Mégantic sur des questions spécifiques. Nous espérons également pouvoir organiser une corvée cet automne, mais nous devons attendre que la ville nous interpelle à ce sujet avant de pouvoir participer à cette corvée. Cet événement sans précédent au Québec relance entre autres les questions du transport des produits dangereux, la qualité de l’entretien du réseau ferroviaire privé et la question des enjeux énergétiques. En ce sens, nous vous rappelons que dès septembre des consultations publiques auront lieu à la grandeur du Québec sur cette dernière question. Le gouvernement du Québec souhaite déposer une nouvelle politique énergétique en 2014. Afin d'amorcer une réflexion sur les principaux enjeux énergétiques provinciaux et prendre connaissance des recommandations de la population, le gouvernement du Québec a mis en place la Commission de consultation itinérante sur les orientations du Québec en matière de développement énergétique.

Une partie du mandat de cette commission est de mener une vaste consultation dans toutes les régions du Québec sur les questions relatives à l'énergie. Dans ce cadre, le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) souhaite déposer et présenter un mémoire devant la Commission. Nous souhaitons que ce mémoire soit le fruit d’une collaboration avec nos partenaires régionaux et qu’il soit dans l’esprit des travaux de la table régionale Par notre propre Énergie. En plus, du mémoire, le CREE souhaite pouvoir diffuser les livrables produits dans le cadre des travaux de cette table. Enfin, le CREE souhaite aussi encourager une large participation de la société civile régionale à la consultation. Pour information : Pour l’Estrie, la séance publique aura lieu le mercredi 9 octobre 2013. Notre mémoire devra alors être déposé, au moins 5 jours avant. Pour ceux et celles souhaitant déposer un mémoire sans le présenter devant la Commission, la date limite de dépôt est le 11 octobre. Pour consulter les documents de consultation et prendre connaissance de plus amples informations, vous pouvez aller sur le site de la Commission : http://consultationenergie.gouv.qc.ca/index.asp

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Le CREE en action Un nouvel organisme et un nouvel évènement pour la région! Par Antoni Daigle Adjoint aux communications et partenariats membre du C.A du Dégustabière Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Une équipe de passionnés de Sherbrooke se sont rassemblées pour créer un organisme et du même coup un événement de dégustation bière & nourriture à la hauteur de la qualité de ce que les Cantons-de l’Est ont à offrir : le Dégustabière. Notre mission est de promouvoir la qualité et la diversité des produits brassicoles et agroalimentaires des Cantons-de-l'Est, ainsi que véhiculer la dégustation responsable et la consommation locale et écoresponsable. Le Dégustabière, c’est…    

Une célébration des artisans brassicoles et agroalimentaires des Cantons-de-l’Est; Douze microbrasseries et plusieurs restaurateurs; Des accords méticuleusement choisis de bière & bouchées à chaque kiosque; Des produits du terroir en vedette à tous les kiosques;

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Une occasion de promouvoir ses produits et d’échanger avec les visiteurs; De l’animation, des ateliers et des conférenciers.

De plus, l’équipe du Dégustabière est heureuse de vous présenter pour sa première édition un évènement qui répond à des standards élevés du développement durable. La volonté des membres de l’équipe du Dégustabière a toujours été d’aller dans cette voie. En cohérence avec la mission de valoriser la consommation et l’achat local, il était naturel pour le Dégustabière de se doter d’une politique et d’un plan d’action en développement durable. L’équipe du Dégustabière intègre le développement durable à toutes les étapes de son organisation. En passant, par la sélection des fournisseurs, la gestion du matériel, de l’énergie et de l’eau; la gestion des matières résiduelles; la sélection de l’alimentation et finalement par la gestion des moyens de transport des mesures ont été prévues pour diminuer les impacts négatifs et optimiser les impacts positifs de l’évènement. Comme le développement durable est un processus d’amélioration continue, l’équipe du Dégustabière veillera sans relâche à améliorer les pratiques de son organisation.

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Retour sur l’assemblée générale annuelle Faits saillants de l’année 2012-2013 Relance des comités thématiques du CREE  2 nouveaux comités mis sur pied (Eau et Agriculture (OGM));  Total de 8 comités dont 6 réunis avec, pour plusieurs, des porteurs de dossiers;  Réunions fréquentes pour certains comités;  Prises de position dans certains dossiers. Gouvernance  Implication soutenue du président en environnement dans la région et sur des dossiers nationaux;  Rencontres assidues du Conseil exécutif;  Arrivée de la directrice intérimaire qui collabore avec l’équipe pour assurer la transition durant l’absence de la directrice;  Participation des membres, particulièrement dans les comités de travail et dans les activités organisées par le CREE (prix pour les membres);  Amélioration des procédures d’assemblée (réunions moins longues). Nouveaux partenariats et ouverture sur la région  Relations établies avec quelques municipalités supplémentaires et des MRC;  Développements importants dans le secteur de la gestion des matières résiduelles;  Poursuite du développement des relations avec les acteurs du développement des technologies vertes;  Poursuite du développement des relations avec les acteurs en mobilité durable et aménagement du territoire;  Travail entrepris pour le redéveloppement des relations avec les acteurs du milieu naturel, de l’eau et de l’agriculture. Nouveaux dossiers  Inventaire majeur de la gestion des matières résiduelles estriennes (ICI) complété;  Inventaire PNPE et plan d’action dans le cadre du projet national Par notre propre énergie (phase 2);  Planification d’un inventaire visant le développement durable en région (Étudiants à la maîtrise en environnement);

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Deuxième édition d’une Journée portes ouvertes sur les actions municipales; Poursuite du projet d’éducation environnementale avec clientèle en alphabétisation (avec UdeS); Début d’un projet en transport durable au centre-ville de Sherbrooke (À pied à vélo jusqu’au boulot); Projet avec Recyc-Québec; Formation de Sentinelles de lac en collaboration avec le COGESAF pour le suivi des cyanobactéries; Amélioration soutenue dans la gestion des projets; Idées de projet en développement :  Transport durable  Développement durable  Gestion des matières résiduelles (2 projets)  Centre de documentation des sciences et de l’environnement en Estrie  Milieux naturel  Phase 3 de « Par notre propre Énergie » Équipe verte pour l’Estrie en préparation pour le legs des équipements de gestion des matières résiduelles, du matériel de formation et de l’équipe de bénévole qui aura lieu à la fin des Jeux du Canada – Sherbrooke 2013.

Le CREE en Chiffres… En 2012-2013

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138 membres actifs

27 administrateurs

8 comités de travail (21 administrateurs impliqués)

11 grands projets

4 employés à temps plein; 5 à temps partiel / temporaire

6 événements grand public

26 communiqués / 2 mémoires

Plus de 50 apparitions médias

Plus de 50 communications dans les médias sociaux Bulletin environnemental du CREE — Été 2013


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Nouveau conseil d’administration 2013-2014 Représentants des groupes environnementaux avec structure légale 1. Denis Bachand (2015) Administrateur RAPPEL 2. Jean-Jacques Caron (2014) Trésorier Enviro-Accès 3. Jean-Marie Croteau (2014) Administrateur Les Sentiers de l’Estrie 4. Jean-Pierre Gouin (2015) 1er Vice-Président ConcertAction Estrie 5. Normand Meunier (2015) Administrateur Réseau Environnement 6. André Nault, (2015) Administrateur AmiEs de la Terre de l’Estrie 7. Armand Paré (2015) Administrateur COGESAF 8. Erich Smith Peter (2014) Administrateur Memphrémagog Conservation inc 9. Denis Tremblay (2014) Administrateur Association protection Lac Wallace et du bassin versant

Représentants du secteur socio-économique 10. Denis Beaudin (2014) Secrétaire Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie (CSN) 11. Pierre Morency (2015) Président Nova Envirocom

12. Nancy Richard (2015) Administratrice Garlock du Canada Ltée 13. Serge Beauvais Administrateur UPA-Estrie

Représentants des municipalités et des MRC 14. Michel Brien (2013) Administrateur Municipalité de Racine 15. Mariane Paré (2014) Administratrice Municipalité de Dudswell 16. Thérèse Ménard Théroux (2014) Administratrice Municipalité de Newport

Représentants du milieu de l’éducation et de la recherche 17. Annie Chaloux (2014) Administratrice École de politique appliquée Université de Sherbrooke 18. Jean-François Comeau Administrateur CUFE Université de Sherbrooke

19. Samuel Pépin (2015) Administrateur REMDUS Université de Sherbrooke 20. Suzan Taylor (2014) 2e Vice-Présidente Université Bishop’s

Représentants des individus et organisations sans structure légale 21. Philippe Calvé (2014) Administrateur 22. Jacques Foisy, (2015)

Administrateur

© Armand Paré -5-

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Le cree en action La sécurité des déplacements actifs vers l’école dans le cadre de l’entente avec Ville en Santé À pied, à vélo à l’école ? Par Nicolas Balasi, chargé de projets Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Émilie, 9 ans, se rend presque tous les jours à l’école à pied ou à vélo. Elle n’a pas droit au transport scolaire puisqu’elle habite à l’intérieur de la zone de 1,6 km de son école. L’année passée ses parents l’accompagnaient à tour de rôle, matin et soir, dans ses déplacements entre la maison et l’école, afin de lui inculquer les bons réflexes. C’était également un moment privilégié où parent et enfant pouvaient discuter ensemble. Maintenant, Émilie connaît bien son environnement et les règles de sécurité pour se déplacer seule. Il lui arrive parfois de donner rendez-vous à une ou deux amies, question d’agrémenter la randonnée. Émilie fait partie des trois jeunes du primaire sur dix (30 pourcent) qui se déplacent au Québec de manière active entre l’école et la maison. Ce pourcentage diminue à 15 % des jeunes au secondaire. Qu’est-ce qui explique que si peu de parents et d’enfants favorisent ces modes de transport dans leurs déplacements vers l’école ? La plupart des parents évoquent la distance comme principal motif pour justifier leur choix, vient ensuite l’absence d’aménagements appropriés sur le parcours puis enfin, les normes sociales et culturelles. Qu’est-ce qui inciterait parents et enfants à revoir leurs perceptions face aux modes de transport actif (marche et vélo) dans les déplacements ? Il faudrait vraisemblablement y travailler collectivement en prenant le temps de : réévaluer et de bonifier les aménagements en faveur des déplacements actifs (avancées de trottoirs, voies réservées, trottoirs, signalisation…), multiplier les activités de sensibilisation dans les classes, revoir nos habitudes de déplacements et de renforcer la réglementation en vigueur. Nul besoin de vous énumérer tous les bienfaits que procurent les déplacements actifs : meilleure concentration en classe, amélioration de la forme physique et de la santé générale, possibilité de socialiser et de contribuer au développement de l’autonomie de l’enfant…. En ce qui concerne les parents d’Émilie, ils ont dû faire certaines concessions en lien avec leur décision. Ils ont dû laisser de côté leur instinct de « surprotection » et apprendre à faire confiance à leur fille. Ils ont préféré

s’impliquer de façon constructive par exemple en transmettant au besoin à la direction de l’école leurs observations sur les règlements du Code de la route les moins respectés aux abords de l’école. Nous vous invitons à faire votre part pour renverser la tendance !

À propos du programme « À pied, à vélo ville active » Il vise à modifier les habitudes de déplacement des enfants et de leurs parents sur le trajet domicile-école-travail en créant des environnements sécuritaires afin de favoriser le transport actif pour l’ensemble des citoyens. Références : www.quebecenforme.org www.velo.qc.ca

Saviez-vous que : 

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Les élèves qui se rendent à pied à l’école font en moyenne 24 minutes d’exercice de plus par jour que les élèves transportés; La marche est plus performante (temps alloué aux déplacements réduits) que la voiture sur une distance entre 500 m et 1 km; Le vélo est plus performant (temps alloué aux déplacements réduits) que la voiture sur une distance entre 3 et 5 km; Les parents qui reconduisent leurs enfants en voiture contribuent à rendre les abords de l’école moins sécuritaires et diminuent la qualité de l’air; La limite de vitesse aux abords des écoles de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) sera bientôt réduite à 30 km/h; Le plan directeur cycliste et piéton de la ville de Sherbrooke permettra de bonifier le réseau de transport actif existant; Cette année, le programme À pied, à vélo ville active, de Vélo Québec portera le nombre d’écoles participantes à vingt en Estrie?

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Le cree en action Lutte aux cyanobactéries Par Geneviève Pomerleau, agente de projets Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Les algues bleu-vert sont des organismes microscopiques dont le nom scientifique est « cyanobactéries ». L’appellation algues bleues ou algues bleu-vert origine des premières espèces identifiées qui étaient de coloration bleue, alors que les colorations peuvent varier du vert olive au rouge. Les cyanobactéries sont naturellement présentes dans nos plans d’eau. Lorsque leur densité devient très importante en raison d’une prolifération massive, elles deviennent visibles à l’œil nu et différents termes similaires décrivent ce phénomène : fleur d’eau, floraison, efflorescence ou « bloom » en anglais. En général, une floraison de cyanobactéries prend l’aspect d’un déversement de peinture ou d’une soupe de brocoli, et elle est appelée « écume », lorsqu’elle s’entasse près du rivage.

Dans son bilan final pour l’année 2012, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs faisait état de 139 plans d’eau touchés au Québec, dont 48 nouveaux. Pour l’Estrie, cela représente 14 plans d’eau touchés en 2012, dont 2 pour la première fois. Réseau de sentinelles des lacs

Le CREE, en collaboration avec le Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF), a initié à l’été 2012, un projet pilote de

sentinelles des lacs, auquel 15 représentants de plans d’eau de l’Estrie ont participé, afin d’assurer une surveillance régulière de l’apparition de fleurs d’eau de cyanobactéries sur leur plan d’eau. Cette année, le réseau se développe, puisque 7 nouveaux participants se sont ajoutés. Une formation donnée conjointement par le CREE et le COGESAF a été offerte à deux reprises en juin. À nouveau cette année, le COGESAF assumera la coordination du réseau et la compilation des résultats des carnets d’observation à la fin de l’été. Si vous êtes intéressé par le réseau, n’hésitez pas à contacter le COGESAF : sentinelle@cogesaf.qc.ca ou le CREE : cree@environnementestrie.ca. Pour plus d’information, nous vous invitons également à visionner la présentation du projet et à télécharger le carnet d’observation de la sentinelle sur le site internet du CREE.: http:// www.environnementestrie.ca/site/activites.php#eau

Sondage: L’eau, une ressource à partager et à protéger

Afin d’approfondir les connaissances sur le dossier de l'eau en Estrie, et plus particulièrement la problématique des cyanobactéries dans les plans d'eau de la région, et de mieux connaître et cibler les besoins et intérêts en formation et réseautage, le Conseil régional de l’Environnement de l’Estrie (CREE) a élaboré et diffusé au début juin le sondage « L'eau, une ressource à partager et à protéger! » auprès des associations de lacs et de riverains de l’Estrie, ainsi qu’auprès de municipalités concernées par la problématique. En date du 15 juillet 2013, 32 participants avaient répondu au sondage. De ce nombre, 97% se sont dits intéressés par la question des floraisons de cyanobactéries et 78% ont déclaré avoir déjà observé des floraisons de cyanobactéries sur un ou des lacs de l'Estrie. Et à la question « Quels seraient vos besoins en formation? », 58% des répondants à cette question ont manifesté des besoins de formation au niveau de la réglementation et de l’identification de floraisons de cyanobactéries.

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Le cree en action Retour sur une visite au centre de tri Par Antoni Daigle Adjoint aux communications et partenariats Conseil régional de l’environnement de l’Estrie D’emblée, je me confesse d’avoir tant tardé à visiter le centre de tri afin de mieux saisir l’ampleur de la tâche effectuée par ce dernier. Cela fait déjà trois ans que je travaille sur des dossiers en lien avec la gestion des matières résiduelles au Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) et je n’avais pas encore pris le temps de le visiter. Finalement, le jeudi 13 juin dernier, dans le cadre de son assemblée générale annuelle, le CREE a organisé une visite au centre de tri de Sherbrooke. Retour sur une visite étonnante! Les visites au centre de tri proposent habituellement une présentation sur le recyclage en général. On voit le chemin que parcourent nos matières, les erreurs les plus fréquentes, des trucs pour faciliter le tri, etc. Au centre de tri de Sherbrooke, les présentations sont faites par nul autre que la Recycologue Monique Clément, une experte en Estrie. En même temps que la recycologue nous enseigne l’ABC du tri, nous avons en arrière-plan une vue sur la courroie de tri du papier. On y voit les employés qui s’activent comme des fourmis à enlever les matières indésirables, dont la gangrène des centres de tri, les sacs de plastique. Statistique maison : au moins 50% des citoyens mettre leur publi-sac dans leur bac dans le sac de plastique d’origine. Résultat: on enlève un par un les journaux et circulaires des sacs. Le tout s’effectue à une vitesse ahurissante sur le tapis roulant, de quoi étourdir et donner la nausée à un nouvel employé. J’ai su que certains employés consommaient des gravols afin de leur permettre de s’habituer à ce travail. Pour éviter les désagréments, les employés effectuent des rotations de postes au cours d’une même journée. Le centre de récupération de l’Estrie, bien qu’il soit public, confie la gestion de ses opérations à une entreprise privée par appel d’offres. De 1999 à 2009, Cascades à gérer les opérations du centre. Depuis, c’est Recycle City inc. qui en fait la gestion. Le contrat accordé à Recycle City est de 13.90 $/Tonne métrique pour le traitement des matières. Les villes propriétaires de Récup-Estrie payent donc 13,90 $ la tonne à Recycle City qui tri approximativement 30 000 tonnes de matières par année. Pour financer ce service

indispensable, il en coûte 7 $/porte par année aux citoyens. Simple coïncidence ou pas, l’arrivée de Recycle City en 2010 à amener les employés du centre de tri à se syndiquer. D’ailleurs, ils ont aussi signé récemment une convention collective après plusieurs mois de négociation. Selon les travailleurs rencontrés, plusieurs s’ennuyaient du temps où Cascades gérait le centre de tri. Les gains salariaux et de santé-sécurité obtenue dans la dernière convention ne sont pas immenses, mais sont tout de même significatifs mentionne le président de la CSN-Estrie, Denis Beaudin. Parmi les éléments de santé-sécurité obtenus, il y a entre autres : avoir des appareils de chauffage adéquats et fonctionnels durant l’hiver et des pauses plus fréquentes durant la période estivale quand la chaleur dans le centre devient intense. Avouons qu’il ne s’agit pas d’un luxe pour ces travailleurs. Selon M. Beaudin, les prochains enjeux demeurent de sécuriser les emplois au centre de tri. Il mentionne également que les employés souhaiteraient que la convention collective soit attachée au prochain appel d’offres pour la gestion des opérations. Actuellement, le changement d’opérateur ne lie pas ce dernier à la convention collective. Généralement la visite s’arrête après l’exposé de Monique Clément. Comme la plupart des visites que reçoit le centre de tri sont organisées dans le cadre d’activités scolaires visant des enfants, il est rare que les gens sortent de la salle de conférence. Pour l’occasion, la directrice de Récup -Estrie, Taraneh Sepahsalari, nous emmène au cœur du bâtiment. Bruits, poussières et odeurs désagréables sont au rendez-vous et nous accompagnent tout au long de cette incursion au cœur du centre. On comprend assez vite pourquoi il est demandé aux citoyens de rincer leur contenant avant de les mettre dans le bac. En plus d’être un contaminant pour les autres matières et un irritant pour le nez, les contenants non rincés attirent la vermine. D’ailleurs, une armée de chat montre la garde. La régie inter-municipale Récup-Estrie reçoit presque toutes les matières recyclables des municipalités de l’Estrie et celles de quelques industries, commerces et institutions. Elle reçoit annuellement une quantité approximative de 30 000 tonnes avec une capacité maximale de 50 000 tonnes alors que le gisement potentiel de matières recyclables en Estrie est d’environ 151 743 tonnes (134,3 kg/ pers./année).

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Le cree en action Récup-Estrie a aussi un taux de rejet relativement enviable se situant un peu en dessous de la moyenne québécoise, entre 5 % et 8 %. Bon an, mal an, les quantités de matières recyclables reçues au centre de tri de l’Estrie augmentent, entre autres parce qu’on constate une plus grande desserte des logements multiples et des petits commerces, le renforcement des campagnes de sensibilisation, la diversification des matières acceptées dans la collecte sélective, mais aussi parce que les quantités de matières résiduelles produites et générées augmentent.

Parmi les différentes matières reçues sur le site de Sherbrooke, les fibres (papier-carton) occupent une très grande place. Le papier représente en poids (tonne) près de 55 % des matières reçues, alors que le carton en représente 14 %. Actuellement en ce qui a trait au papier journal, le marché est très bas. Son prix se situe aux alentours de 47 $ la tonne ce qui est nettement insuffisant pour assurer la rentabilité du tri de cette matière. Le seuil de rentabilité se situe à environ 80 $, nous mentionne Mme Sepahsalari. Compte tenu de la place qu’il occupe par rapport aux autres matières, cela risque d’amputer les revenus du centre de tri. Quant à lui, le prix du carton demeure stable. Généralement, plus le prix est bas pour une matière, plus la qualité écope puisque la vitesse de tri est déterminée par le prix. Ceux qui ont suivi l’actualité entourant le recyclage du verre savent probablement que l’usine Klareco à Longueuil, où 70% du verre était recyclé, a fermé ses portes au mois d’avril. Si bien que maintenant après avoir toujours été l’enfant pauvre du recyclage, le verre est devenu l’orphelin du recyclage. Il est encore possible de le valoriser, mais le recycler est devenu pratiquement mission impossible. En plus d’avoir à payer pour se départir du verre, cette matière occasionne des bris dans les équipements et détériore les autres matières à trier. La situation devient donc urgente, puisque le verre s’accumule actuellement. Les centres de tri n’auront peut-être pas d’autres choix que de devoir l’enfouir. Une autre mauvaise nouvelle est venue secouer le milieu du recyclage au début du printemps. Le Gouvernement Chinois a pris de nouvelles mesures pour freiner l'importation de ballots de plastique/papier, etc. en provenance des différents marchés; d'abord l’année dernière en resserrant le contrôle de l'importation et du commerce de matériaux de récupération, et maintenant, en adoptant un nouveau règlement qui interdit les pratiques abusives

de recyclage qui peuvent polluer l'environnement. Selon plusieurs spécialistes, les exportateurs avaient les yeux rivés sur les quantités plutôt que sur la qualité. La situation qui sévit actuellement dans le milieu du recyclage démontre les ratés de la collecte sélective au Québec et d’un marché qui fluctuent en fonction de la Bourse. Ils sont nombreux à vouloir revoir le modèle d’affaire de la gestion des matières résiduelles au Québec. Cependant, les solutions ne font pas l’unanimité pour tout le monde. D’un côté, certains réclament l’élargissement de la consigne à d’autres types de matières et pour d’autres pour qui cette méthode n’est pas assez tendance, réclament qu’on équipe de nouvelles technologies nos centres de tri. Rappelons en terminant que le ministre de l’environnement, M. Blanchet, est supposé prochainement prendre une décision sur l’épineuse question de la consigne versus la collecte sélective.

Quelques réponses à vos questions posées sur Facebook : 

Vos bouchons de bières sont recyclables et peuvent être reçus au centre de tri, dans la mesure où vous prenez la peine de les placer dans un contenant refermable qui les empêche de sortir et de se mêler au reste du contenu de votre bac!

Pour les attaches à pain et cannettes, ce sont des associations qui sont chargées de les récupérer et non le centre de tri. Informez-vous auprès de l’école de votre quartier!

Il faut idéalement rincer les contenants avant de les mettre au recyclage, surtout pour une question d’hygiène et de respect des travailleurs qui doivent les manipuler.

La styromousse est actuellement récupérée dans les éco-centres de Sherbrooke et non au centre de tri.

Laisser les bouchons en plastique sur les bouteilles en plastique. Ils seront ainsi récupérés!

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Le cree en action Retour sur une visite au centre de tri (suite)

© Fanie Lebrun

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Le cree en action Le PARK(ing) Day à Sherbrooke! Par Chantal Bouchard, directrice générale Conseil régional de l’environnement de l’Estrie PARK(ing) Day est un événement annuel qui se déroule dans 162 villes réparties dans 35 pays à travers le monde. Il rassemble artistes, citoyens, élus et organisations afin de transformer temporairement des cases de stationnement en parcs publics conviviaux et mener un débat ludique et critique sur l’importance de ces espaces. Cet événement permet une réflexion globale sur le rôle de l’automobile dans le processus de monopolisation de l’espace public pour un usage privé. Ainsi, le PARK(ing) Day encourage les citoyens à se réapproprier l’espace public à travers des actions innovatrices de représentations artistiques et culturelles variées. Quoi de plus banal que de voir des automobiles stationnées sur nos rues. Pourtant l’espace occupé par ces automobiles est public, au même titre qu’un trottoir ou une place publique. Il semblerait plus juste que tous les citoyens puissent profiter équitablement de ces espaces tant ceux embarqués dans leurs véhicules motorisés, que les cyclistes ou les piétons. Mais le partage adéquat de l’espace public, entre ces différents usages, reste malheureusement inégal et mérite un débat. C’est dans cet esprit que le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) organise, pour une première année, une journée PARK(ing) Day Sherbrooke, en partenariat avec le Centre de mobilité durable et ce, dans le cadre de la semaine de mobilité durable qui aura lieu en septembre 2013. Cette journée, propice à la réflexion sur la présence de l’automobile en ville, nous permet de nous interroger sur la place prédominante que l’on accorde au stationnement dans nos villes, voire dans la société québécoise.

Ne nous méprenons pas, le but n’est pas de blâmer les automobilistes, mais plutôt de démontrer que nous pourrions répondre aux besoins de mobilité des personnes, incluant les automobilistes, en allouant moins d’espace public à des fins de stationnement. Même, si certains acteurs, comme la Ville de Sherbrooke, semblent de plus en plus concernés par la question du stationnement, il semble y avoir encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire. L’une des premières étapes pour encourager ces changements de position au sein d’acteurs publics et privés est d’aider chaque citoyen à prendre conscience de la valeur de l’espace urbain dédié à l’entreposage de ce bien qu’est l’automobile. Pour la première édition du PARK(ing) Day, l’objectif est d’obtenir la participation de 20 organismes ou individus qui auront été sollicités directement par le CREE. Dans une prochaine édition, nous souhaitons élargir les horizons en offrant l’opportunité à des citoyens de s’y inscrire librement. Pour cette année, nous visons la transformation de 20 cases de stationnement directement sur la rue Wellington Nord. C’est aux participants d’imaginer, le vendredi 20 septembre 2013, comment ils aimeraient se réapproprier l’espace public, dans un esprit festif et convivial. Par ailleurs, nous vous invitons à venir voir les différents sites de stationnement aménagés tout au long de cette journée. Pour plus d’information, nous vous invitons à consulter notre page web au : http://environnementestrie.ca/site/activites/transport/Par kingDay/ParkingDay.php

Le stationnement peut être un véritable outil de gestion de la mobilité et de l’aménagement durable si on ne le considère pas simplement comme un espace d’entreposage de la voiture. Avec 10 355 cases de stationnement à Sherbrooke, c’est 35 % du territoire que les Sherbrookois allouent au stationnement. Imaginez le potentiel de redéveloppement que pourrait offrir ces espaces si nous en faisions une gestion optimale. D’autant plus qu’ils ont des coûts très significatifs sur les finances des particuliers, des entreprises, des institutions et de la municipalité sans même parler de leurs impacts environnementaux sur les îlots de chaleur urbains et sur le ruissèlement des eaux. Source: www.flickr.com/photos/bikepgh/5020742017

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La Région en Action Une nouvelle usine pour le secteur environnemental Par Karianne Chouinard FEC Technologie Rares se font les compagnies spécialisées dans la récupération de matières dangereuses en Estrie. Pourtant, encore méconnue par les industries, FEC Technologie est une entreprise qui offre ce service depuis 2005. En plus d'œuvrer dans le domaine de la gestion de matières dangereuses, elle possède un second volet dans le traitement d'eau, qui permet aux entreprises estriennes de récupérer leurs eaux huileuses, communément appelée "coolant" ou "eau de coupe". Les huiles sont séparées des eaux afin d'être vendues.

prise y est installée depuis quelques années, a accepté leur projet d'un million $ pour la construction du tout nouveau centre de transfert dans le parc industriel de Magog. La construction d'une nouvelle usine permettra d'augmenter le nombre d'employés, la productivité, le service, la revalorisation de produits et surtout notre clientèle. Présentement elle s'étend de la Montérégie jusqu'à Trois-Rivières avec quelques clients américains. Aussi, un nouveau bâtiment plus adéquat sera favorable à tout ce qui attrait aux nouvelles normes et réglementations environnementales. De plus, une nouvelle usine permettra d'élargir nos fonctions de manière à pouvoir offrir un service en urgence environnementale.

Dernièrement, une bonne nouvelle s'est fait entendre pour cette compagnie. La ville de Magog, où cette entre-

Pour plus d'informations vous pouvez appeler Karianne Chouinard au 819 843-3550.

Le roseau appelé phragmite Par Claude Desautels, secteur lac Stukely Le roseau PHRAGMITE est cette plante que nous pouvons observer en abondance le long des autoroutes. Il se distingue par une tête en « plumeau » qui dispersera ses graines en automne (une tête peut compter environ 1 500 graines!). Il est une variété importée d’Europe. Le roseau des Amériques est beaucoup moins agressif et très peu présent au Québec (région de Valleyfield). C’est une plante envahissante dont il faut se débarrasser. Au Grand Lac St-François, dont une partie est situé dans le Parc National de Frontenac, en bordure de la Municipalité de Lambton, l’observation suivante a été faite : en 2002, l’inventaire de phragmite retraçait 61 colonies de phragmite couvrant 1,15 km autour du lac. En 2005, le nombre de colonies a presque doublé et l’étendue est rendue à 2,16 km. En 2011, on est rendu à 4,80 km de phragmite autour du lac.

Quel dégât! Le roseau phragmite est une plante envahissante et très difficile à détruire. C’est une plante qui tue toutes les autres plantes présentes, avec elle aucun animal ou presque ne peut y habiter, très nocif autant pour la flore que pour la faune même si la plante présente des caractéristiques intéressantes pour son système racinaire et l’absorption des phosphores. Il faut commencer à s’en occuper, il n’y a pas d’admiration pour un environnement encerclé par le phragmite! Déjà, nos autoroutes nous présentent un spectacle assez monotone et désolant à ce sujet. La Municipalité d’Eastman a placé cette plante sur la liste des plantes à détruire. Combattons le roseau phragmite. Il faut le couper fréquemment pour l’affaiblir, il faut surtout le couper dans la première partie du mois d’août pour empêcher qu’il forme ses graines (1 500 graines par plan), nous pouvons également cueillir les têtes en septembre pour les brûler mais la colonie va continuer l’année suivante.

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Une 2e édition pour la RanDONnée !

vation dans l'optique de la création d'une grande Ceinture et trame verte dans le Sud du Québec ».

Par Stéphanie Beaudoin, Coordonnatrice- relations avec le milieu Corridor appalachien / Appalachian Corridor

Au-delà de l’effet rassembleur de la RanDONnée, il y a l’engagement de la communauté à prendre en main son patrimoine naturel. Car c’est ça l’intendance privée. Et de plus en plus, elle est rendue possible grâce à la participation de ceux-là même qui en bénéficient, qu’ils soient des résidents locaux, des villégiateurs ou des vacanciers qui profitent de la santé de nos paysages. Si vous vous reconnaissez dans cette description, et que vous souhaitez mettre l’épaule à la roue, sachez qu’il est encore temps de former une équipe ou qu’il est toujours temps de faire un don à la cause !

À l’automne 2012, c’est le corps et l’esprit nourris d’une nature abondante et de rencontres enrichissantes que des participants à la RanDONnée, un grand pas pour la conservation nous ont encouragés à reconduire cet événement bénéfice. Nous en sommes donc à réaliser les derniers préparatifs pour l’édition 2013, qui aura lieu très bientôt, le 15 septembre! Encore une fois cette année, les Cowboys Fringants parrainent l’événement. Jérôme Dupras, bassiste et président de la fondation environnementale du groupe, était présent l’an dernier. Il a été impressionné, tout comme nous, par la qualité des rencontres et de l’engagement des participants. If faut dire que la conservation en terres privées n’est pas la cause la plus facile à faire valoir auprès du grand public, étant encore peu connue.

Nous invitons également les amateurs de plein air à découvrir les sentiers du Canton de Potton, où se déroulera l’activité (réseaux de la Fiducie foncière de la vallée Ruiter et de Missisquoi Nord, à proximité du territoire protégé de la réserve naturelle des Montagnes-Vertes).

« Enfin, les mordus de grands espaces, les artisans de la protection de la biodiversité et les communautés locales, intendantes du territoire à protéger, ont une cause commune à laquelle se rallier à l’échelle régionale. La RanDONnée n’est pas seulement un événement de levée de fonds, c’est aussi l’occasion de rassembler ceux qui travaillent très fort à préserver nos milieux naturels mais n’ont pas souvent l’occasion de partager et de se retrouver dans une ambiance joviale et pleine d’espoir. » Jérôme en sait quelque chose, lui-même très occupé avec sa carrière combinée de musicien et de géographe-enseignant. Il ajoute qu’ « encourager les projets de Corridor appalachien et de ses partenaires assure la continuité de l’inno-

Les Cowboys Fringants ©Jocelyn Michel

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La Région en Action Un automne politique pour le transport en commun

est une nuisance majeure pour l'écosystème, une source de pollution et de gaz à effet de serre. Les citoyens doivent maintenant savoir qui compte faire quelque chose pour remédier à la situation.

Par le Comité pour le transport collectif dans la MRC de Memphrémagog Le transport collectif en milieu rural et semi-rural est possible. Il se pratique à travers le monde et ici même au Québec, dans Cet automne, les élections municipales seront une occasion les régions de Rimouski, Thetford Mines, Victoriaville et dans d'infléchir les politiques locales en faveur d'un développe- les Basses Laurentides, pour ne citer que quelques exemples. ment écoresponsable. Le Comité pour le transport collectif À plus forte raison a-t-il sa place dans les petites villes telles dans la MRC de Memphrémagog organisera une assemblée que Magog (qui ne possède pas de véritable réseau de transpublique où les candidats aux postes de maires et conseillers port en commun). Les seules considérations économiques ne seront invités à exposer leurs vues sur le transport en com- doivent pas arrêter la prise de décision: la MRC de Memmun et à prendre des engagements concrets quant à la mise phrémagog mérite ce service public. Elle ne doit pas être laisen place d'un véritable système de transport collectif dans la sée pour compte ni demeurer défavorisée par rapport aux MRC. autres régions. Ses citoyens ne sont pas de seconde zone. En novembre, nous voterons pour des élus municipaux et par le fait même pour ceux de la MRC car ce sont les maires qui nous y représentent et en élisent le préfet. Notre comité souhaite que les électeurs soient mieux informés, avant de voter, pour identifier les candidats sensibilisés et prêts à agir pour qu'une alternative à la voiture privée se développe à Magog et dans la MRC. Il est connu de tous que l'automobile privée

Dans le même sens, le comité poursuit la signature de sa pétition, qu'il compte remettre aux nouveaux élus municipaux en novembre. Il a aussi présenté un mémoire sur la mobilité durable au MTQ et attend la nouvelle politique ministérielle à l'automne. Pour plus d'informations, et pour signer la pétition, consultez le site www.transmemphre.com.

Un tournant vert pour des étudiants de génie de l’Université de Sherbrooke Par Sarah Bouchard Des étudiants de l’Université de Sherbrooke entreprennent un nouveau tournant vert pour un projet parascolaire de génie en vue d’une compétition internationale. Chaque année, des étudiants des génies électrique, mécanique et informatique, des communications et de l’administration se réunissent pour former une équipe pour le projet Formule SAE de l’Université de Sherbrooke. Les membres de l’équipe doivent concevoir un véhicule monoplace de course pour rivaliser avec d’autres étudiants universitaires des quatre coins du globe. Il s'agit de la première formule électrique à l'Université de Sherbrooke; depuis 1994, les étudiants construisaient une formule traditionnelle à gaz, soit à combustion interne. Ce changement n'est pas seulement bon pour l'environnement, mais permet aux membres de l'équipe d'avoir de nouveaux défis. « Nous cherchons à prouver que les technologies vertes, ou durables, ne sont pas gages de qualité moindre ou de performances inférieures », appuie l'équipe. Ce projet, bien qu'ambitieux, permettra aux membres de se dépasser et de briser le stéréotype des technologies vertes.

Équipe FSS Racing

À l'automne, la Formule SAE recherche de nouveaux membres pour commencer la conception finale et la construction du véhicule. Le directeur technique du projet vise à finir la construction à l'hiver pour tester le tout au printemps. Ainsi, il sera possible de prévenir les bris en vue de la compétition Formule SAE en juin 2014, qui se tiendra au Nebraska aux États-Unis. À long terme, l’équipe de la Formule SAE vise à devenir une référence en électrification des transports, en faisant déjà partie de l'Association des transports électriques de l'Université de Sherbrooke (ATEUS). -14-

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dossier La décroissance contre le mythe de la société de consommation Par Odile Tirard-Collet Candidate à la maîtrise en environnement Université de Sherbrooke La décroissance. Qu’est-ce que c’est? Déjà en entendant le mot, on a une vague idée. Une question revient souvent : la décroissance, c’est la décroissance de l’économie, non? Telle que je l’ai abordée dans le cadre de mon essai, il s’agit d’un courant de pensée, d’un mouvement, qui s’articule autour d’une idée simple et complexe à la fois : s’opposer à la croissance économique, et ce, dans toutes ses formes, vertes ou non. Radicale, cette idée? En quelque sorte. Elle se construit tout de même autour d’un argumentaire empli d’évidences. Le système économique actuel est basé sur la croissance; sans croissance, c’est le chômage, la diminution des programmes sociaux, etc. Pourtant, les constats environnementaux sont explicites : nous produisons et consommons trop. En effet, l’empreinte écologique de la population mondiale, qui calcule la superficie nécessaire pour fournir les ressources et assimiler les déchets, excède la capacité de support de la planète Terre depuis les années 1980. Cette réalité en masque une autre d’autant plus criante: l’empreinte écologique est très largement attribuable aux habitants des pays « développés ». Un Canadien, par exemple, a une empreinte de 5 fois supérieures à celle d’un Africain. Il est dès lors manifeste que notre mode de vie ne peut être transposable à la population mondiale. Serions-nous dans l’erreur avec notre conception du développement? Est-il possible que ce dernier ne soit tout simplement pas durable? Les partisans de la décroissance, qui se qualifient eux-mêmes d’objecteurs de croissance, répondent par l’affirmative à ces questions. Par ailleurs, la critique se porte aussi sur le mode de vie inhérent à la société de consommation qui n’induit pas plus de bonheur au final. La décroissance nous propose de trouver de nouveaux repères en dehors de la consommation : de rechercher l’abondance dans les relations sociales plutôt que dans l’accumulation de biens matériels. Plus particulièrement ce qui m’a intéressée au cours de ma recherche, c’était de savoir, concrètement, ce que les objecteurs de croissance avancent comme solutions. Ces dernières permettent-elles réellement d’améliorer la qualité de l’environnement? La décroissance étant un mouvement porté par de multiples « voix », elle envisage la transition écologique de différentes façons. Il est tout de

même possible de faire ressortir certains éléments centraux. Les objecteurs de croissance proposent notamment de limiter la publicité et même de l’interdire; de réorganiser la production pour favoriser des modes plus respectueux de l’environnement et de poser un regard critique sur les innovations technologiques (pour ne garder que celles qui améliorent véritablement le bien-être); de relocaliser l’économie, la vie sociale et le politique; de limiter le temps de travail pour redonner du temps aux activités en dehors de la sphère économique ainsi que de réduire la consommation et les déplacements. Les objecteurs de croissance en appellent non pas seulement à diminuer la consommation, mais à changer en profondeur les paradigmes dominants, à revoir notre rapport au temps et à l’espace. Mes recherches me permettent de conclure que ces solutions permettent effectivement de limiter les pressions sur les écosystèmes. Par contre, une question demeure : peuvent-elles réellement être appliquées? La réponse reste ambiguë. De nombreux débats ont lieu, et cela, même au sein du mouvement, pour déterminer les modalités de la mise en œuvre. Comment organiser la mobilisation et la transition? Faut-il attendre qu’il y ait nécessité? Les expériences comme les écoquartiers ou les Villes en transition sont probablement ce qui ressemble le plus à la transition écologique proposée par les objecteurs de croissance. Mais il y a tout lieu de se questionner sur la possible transposition de ces modèles à une plus grande échelle. Quoi qu’il en soit, au terme de cet essai, je demeure convaincue d’une chose : la société de consommation, avec son idéologie qui nous pousse vers le « toujours plus » ne peut être soutenable à long terme. Il faut donc commencer à se questionner sur les modèles alternatifs avant qu’il ne soit trop tard. Pour en savoir plus : Ridoux, N. (2006). La décroissance pour tous. Lyon, Parangon. 155 p. Ariès, P. (2010). Décroissance et gratuité. Moins de biens, plus de liens. Villeurbanne, Éditions Golias, 155 p. Latouche, S. (2010). Le pari de la décroissance. Paris, Fayard, 302 p. (Pluriel). Jackson, T. (2010). Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable. Bruxelles, Édition De Boeck, 247 p. (Planète en jeu)

Pour consulter l’essai : http://www.usherbrooke.ca/ environnement/publications-et-nouvelles/essais-et-memoires/

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1re édition du Tour à vélo du mont Orford pour la solidarité La Fondation du Carrefour de solidarité internationale est fière de vous inviter à sa première édition du Tour à vélo du mont Orford pour la solidarité qui aura lieu le 14 septembre 2013. Le départ se fera à l'Hôtel Chéribourg à Orford, et les cyclistes rouleront sur un trajet de 50 km autour du mont Orford. Près de 200 cyclistes sont attendus pour cet événement. L'événement de nature caritative vise à appuyer les activités du Carrefour de solidarité internationale (CSI), et s’inscrit dans sa campagne majeure de financement. Nous souhaitons que le Tour à vélo soit une activité qui devienne récurrente, afin de pallier le désengagement de l’État dans la coopération internationale, et ainsi assurer la pérennité des actions du Carrefour de solidarité internationale. Les participants au Tour à vélo pourront apprécier l'expérience interculturelle offerte sur place, avec de l’animation aux couleurs de chacun des pays d’intervention du Carrefour de solidarité internationale : Pérou, Mali, République dominicaine et Haïti. Les cyclistes rencontreront notamment des stagiaires de retour du Pérou qui pourront témoigner de leur expérience outre-mer tout en présentant photos, vidéo, musique et autres! Sur le trajet du Tour à vélo se trouve également la Savonnerie des Diligences, partenaire du CSI pour la transformation de ses produits à base de karité équitable du Mali, où les cyclistes pourront faire un arrêt interactif. Le Tour à vélo offre par ailleurs aux familles une expérience des plus divertissantes : pendant que maman, papa, grand frère ou grande sœur feront le tour à vélo, le reste de la famille pourra rester sur place pour profiter de toutes les installations de l'Hôtel Chéribourg. Piscines, salle de jeux, étang avec pédalos, mini-ferme, terrain de tennis, salle de conditionnement physique, bain nordique et plus encore seront à la disposition des cyclistes et de leurs invités!

Un Tour à vélo sous le signe de l’écoresponsabilité Fidèle à ses valeurs et à sa mission, le Carrefour de solidarité internationale s’est assuré, en partenariat avec la firme LEMAY CONSEILS, que cette première édition du Tour à vélo soit réalisée sous le signe de l’écoresponsabilité en mettant en place des actions inspirées des exigences de la norme en gestion responsable d’événement du Bureau de normalisation du Québec. Parmi les actions, soulignons un approvisionnement en produits locaux et équitables ainsi qu’une gestion responsable des déchets et de l’eau potable. En matière de réduction de gaz à effet de serre (GES), le CSI innove en compensant, via la plantation d’arbres sur le territoire estrien, les émissions des participants et du comité organisateur. L’engagement des cyclistes Les participants devront débourser 50 $ pour le Tour à vélo, et en échange, ils auront un dîner et une collation santé, l'encadrement sécuritaire et l'animation, une équipe de mécaniciens de vélo de Planète Sports Magog et des secouristes sur place, l’accès aux installations du Chéribourg, un rabais pour l'hébergement au Manoir des Sables, une gourde de vélo, la compensation carbone et un don de 25 $ à la Fondation du Carrefour de solidarité internationale avec un reçu d’impôts. Puis, chacun des participants s'engage à amasser un minimum de 50 $ de commandites. Chaque tranche de 50 $ accumulée donne droit à une chance de participer à un tirage pour gagner des prix. En sollicitant une tante, un voisin, leur dentiste ou leur collègue de travail, ils pourront leur faire connaître leur engagement, pour changer des vies, ici comme ailleurs! Pour vous inscrire: http://www.csisher.com/fr/touravelo.htm

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La Région en Action Des Jeux et un stage écoresponsables! Par Pascal Morin Service de placement et stage Université de Sherbrooke Si les organisateurs des Jeux d’été du Canada 2013 peuvent se targuer d’avoir tenu l’événement sportif le plus écoresponsable de l’histoire du pays, ils le doivent en partie à un stagiaire de l’Université de Sherbrooke, David Guérin. Embauché pour un stage rémunéré de 15 semaines à la session d’été 2013, soit des mois de mai à août, l’étudiant au baccalauréat en environnement a eu l’occasion de mettre en pratique ses connaissances apprises en classe, au grand plaisir de son superviseur Patrice Cordeau. L’étudiant, qui était adjoint à la coordination au développement durable, a aidé l’organisation sherbrookoise dans sa stratégie de développement durable, qui impliquait la certification d’Événement Responsable du Bureau de Normalisation du Québec, et une attestation Carboresponsable par Enviro-Accès et une accréditation d’évènement équitable de Fairtrade Canada. Pas trop mal pour un premier stage! «J’ai eu plusieurs mandats durant mon séjour aux Jeux, raconte fièrement David Guérin. Au départ, j’avais la responsabilité de préparer le dossier de candidature pour le gala reconnaissance de la Fondation estrienne en environnement. Ensuite, j’ai dû préparer le plan de gestion des matières résiduelles pour tous les sites de compétition (prendre entente avec la Ville pour les différents bacs, les horaires de collecte, etc.)

temporaires sur les différents sites de compétition. Ces stations ont été développées avant mon arrivée en stage grâce à un partenariat avec la firme d’ingénierie sherbrookoise Gératek», explique le stagiaire. Ce sont finalement moins de 35 000 bouteilles de plastique qui ont été utilisées durant les compétitions, soit une réduction de 90 % par rapport aux derniers jeux. Ce travail colossal n’aurait jamais été possible sans le travail des 300 bénévoles de l’équipe verte, tient à rappeler David. D’ailleurs, celle-ci a aussi grandement contribué à l’atteinte de l’objectif de valoriser 80 % des matières résiduelles produites durant les Jeux. «Les efforts de sensibilisation ont porté leurs fruits, raconte fièrement le formateur et recruteur de l’équipe verte. Certains sites ont même eu un taux de détournement de 90 %.» Un superviseur ravi Patrice Cordeau, qui est également conseiller en environnement et développement durable à l'Université de Sherbrooke, a grandement apprécié sa collaboration avec l’étudiant. «David s’exprime très bien et il a rempli avec brio son principal mandat, soit de recruter et de former une grosse équipe de bénévoles, lance-t-il. Il s’est énormément investi dans l’organisation et n’a jamais compté ses heures. C’était un beau défi les Jeux du Canada et il a sauté dedans à pieds joints!»

«J’ai aussi fait des présentations dans les écoles pour recruter les bénévoles de l’équipe verte Cascades et ensuite les rencontres de formation avec Catherine Villeneuve, qui est étudiante à la maîtrise», enchaîne-t-il avec enthousiasme. Moins de bouteilles d’eau La réduction du nombre de bouteilles d’eau de plastique était au cœur des préoccupations des organisateurs de la plus grande manifestation sportive à avoir eu lieu en sol sherbrookois. En 2011, aux derniers jeux d’été qui ont eu lieu à Charlottetown à l’Île du Prince-Édouard, pas moins de 400 000 bouteilles avaient été utilisées durant les deux semaines de compétition. L’ambitieux objectif de David et de ses collègues était de diminuer ce chiffre à 200 000. «Pour y arriver, nous avons installé 28 stations d’eau

© Université de Sherbrooke

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La Région en Action Projet de caractérisation du bassin versant de la rivière Eaton Par Jérôme Simard Technicien en aménagement MRC du Haut-Saint-François La MRC Le Haut-Saint-François en partenariat avec la Conférence régionale des élus de l’Estrie est fière de présenter le projet de caractérisation du bassin versant de la rivière Eaton réalisé dans le cadre du fonds de financement pour les projets sur la qualité de l’eau en Estrie. Touchant l’une des plus importantes rivières du territoire, ce projet structurant vise à diagnostiquer l’état du bassin versant de la rivière Eaton. Cet exercice permettra à terme de cibler, inventorier et cartographier les secteurs concernés par des problématiques d’érosion des berges, les tronçons de cours d’eau affectés par des problèmes d’écoulement des eaux, les zones de dépôt de sédiments, les zones à potentiel d’inondation ainsi que les tronçons de cours d’eau dynamiques. À la caractérisation du bassin versant de la rivière Eaton s’ajoutera également celle du bassin versant de la rivière au Saumon dont la réalisation est prévue au cours de l’année 2013.

Saumon serviront d’outil de connaissance permettant de déterminer un indice de gravité relié aux différentes problématiques et à prioriser les interventions à réaliser par la MRC et les municipalités afin de corriger celles-ci. De plus, une connaissance plus fine de ces deux bassins versants aura pour avantage de permettre des interventions préventives évitant du coup de laisser des problématiques s’aggraver dans le temps, diminuant ainsi le recours à des interventions plus lourdes à l’intérieur des cours d’eau. Il en résultera au final un impact moindre et une diminution des coûts d’intervention. Afin de réaliser ces deux projets qui s’échelonneront jusqu’à la fin de l’année 2013, la MRC a mandaté la firme Aménagements Natur’Eau Lac inc., spécialisée en mesure de contrôle de l’érosion et en travaux en milieux hydriques ainsi que dans la protection et la restauration d’habitats aquatiques. Cette firme, composée de biologistes et de professionnels en environnement, est responsable de nombreux travaux de stabilisation de berges, d’aménagement de cours d’eau et d’ouvrages en milieux hydriques. Cette firme cumule près de dix années d’expérience en la matière.

Ces sous-bassins versants de la rivière Saint-François sont reconnus à l’intérieur du plan directeur de l’eau du COGESAF et différents objectifs visant l’amélioration de la qualité de l’eau y sont associés. Les projets de caractérisation des bassins versants des rivières Eaton et au

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La Région en Action Le temps des engagements Par André Nault Les AmiEs de la terre de l'Estrie Le premier de l'An est le temps des promesses mais la rentrée est le temps des engagements. La rentrée scolaire se prête à l'engagement. La liste des problèmes environnementaux se fait longue et un engagement qui porterait fruit serait dans l'achat de produits agroalimentaires locaux. Engagés dans des causes environnementales, chacun de vous, membres du CREE, avez posé des gestes afin de réduire cette litanie de problèmes environnementaux. L'achat d'aliments de producteurs locaux sert deux objectifs, le premier, savoir qui produits nos aliments et le deuxième, réduire le kilomètrage de notre assiette. L'industrie agroalimentaire nous facilite l'achat du prêt à manger et ce, sans trop savoir ce que l'on mange. Les additifs, sucre, sauce, farine, sel, colorant, présents dans ce prêt à manger nous éloigne de l'origine du produit que nous voulons. Le marché de solidarité régionale des AmiEs de la terre de l'Estrie vous offre des produits locaux sans ces additifs, quelque peu encombrants pour le tour de

taille. La connaissance du producteur devient essentielle si l'on veut savoir ce que l'on mange. Le marché vous offre cette connaissance. Deuxièmement, la très grande majorité, 80%, de nos producteurs sont en de ça de 30 kilomètres de Sherbrooke. Le rassemblement des producteurs au même endroit, sur un site internet, www.atestrie.com facilite l'achat de ces produits locaux sans additifs. Vous pourrez y trouver toute la gamme des produits nécessaires à notre alimentation. Des pâtes alimentaires, des produits de la forêt, de la viande bio ou à l'herbe, de l'agneau, de la chèvre, du porc, du poisson d'Eastereford, des produits du soya, des pousses sur terre, des œufs, des farines bio, des produits laitiers, du miel, des fromages de chèvre, brebis et de vache, des fruits frais ou congelés, du poulet d'une petite productrice, des légumes bio, du pain bio et du café du Carrefour de solidarité internationale et autres produits sur place.

© Les AmiEs de la terre de l'Estrie -19-

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La Région en Action La permaculture et l'agroécologie Des solutions sensées aux problèmes modernes Par Jonathan Pineault Écomestible La permaculture et l'agroécologie sont des approches apparues dans les années 70 face à la destruction massive des sols et de la biodiversité par l'agriculture industrielle et chimique.

La permaculture a été fondée en Australie, vers la fin des années soixante par Bill Mollison et David Holmgren. C'est une approche au design des systèmes humains basée sur l'observation. Elle peut s'appliquer autant à votre jardin potager, qu'à un nouveau développement résidentiel ou à une ferme laitière. Trois principes fondateurs composent l'éthique centrale : obtenir une récolte, soigner la terre et redistribuer les surplus. Le non-travail du sol est préconisé pour bâtir la fertilité naturelle. La conception des systèmes agronomiques sous cette approche tente d'incorporer toutes les strates végétatives pour la production de nourriture : les arbres à noix, les arbres et arbustes fruitiers, les annuelles et vivaces comestibles, les racines, les vignes et les champignons. Toutes ces récoltes sont organisées pour augmenter les interrelations bénéfiques toujours en diminuant la compétition entre les espèces. De plus, les systèmes sont organisés en zones d'utilisation : les éléments qui doivent être fréquemment récoltés ou entretenus sont aménagés près de l'entrée de la maison, tandis que ceux qui sont récoltés une fois l'an sont éloignés du bâtiment principal.

Plutôt que de régler les problèmes un à un au moyen de technologies coûteuses qui causent d'autres problèmes (serres hydroponiques sophistiquées, produits chimiques et OGM), plusieurs sont solutionnés par l'adoption de l'agroécologie et de la permaculture. Ces deux approches contribuent à reconstruire les sols, stocker l'eau, enrayer l'érosion, réaménager des habitats pour la faune tout en produisant de la nourriture, en ville comme en campagne. Le Québec a connu sa révolution verte comme ailleurs en adoptant l'agriculture chimique et mécanisée. Le scénario alarmant est classique : destruction des habitats naturels, extinction des espèces (le monarque est le prochain sur la liste), érosion des sols, etc. Tous les palliés gouvernementaux doivent adopter largement l'agroécologie et la permaculture pour relocaliser la production de nourriture : parcs publics avec jardins forestiers fruitiers, fermes sans labour, haies brisevent, vergers diversifiés, etc. La ville de Seatle aux États-Unis inaugure sa première forêt nourricière publique et le gouvernement français a annoncé une recherche extensive sur l'agroécologie. De notre côté, nous avons commencé notre premier projet d'agroécologie cette année, ainsi que nos premiers jardins forestiers résidentiels : visitez notre page Facebook pour visualiser nos projets au www.facebook.com/ ecomestible.

L'agroécologie est plus connue chez nos cousins français. Pierre Rabis en est un digne représentant, militant depuis plus de 40 ans pour changer les pratiques culturales et aller au-delà du simple biologique. L'agroécologie vise à remplacer une tâche humaine (fertilisation, contrôle des ravageurs) par un service de l'écosystème. Ainsi, dans un champ de céréales, en plantant des haies diversifiées, nous pourrons obtenir en même temps des insectes pollinisateurs, des insectes prédateurs, des oiseaux insectivores, une haie brise-vent et même une récolte de noix! Les techniques proposées sont très largement à la portée des paysans et des fermes mécanisées. Il s'agit d'allier la science moderne à la reconstruction de la biosphère (écologie) et à la production de nourriture (agronomie). Ainsi, la fabrication de compost de haute qualité est à la portée de tous, et ce, sous tout climat.

© Écomestible

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La Région en Action Stratégie agroenvironnementale de l’UPA 2010-2020 Par Valéry Martin Conseillère aux communications Fédération de l’UPA-Estrie La protection de l’environnement constitue une préoccupation bien réelle en agriculture. Chaque jour, les producteurs et productrices agricoles posent des gestes concrets dans leur ferme pour protéger et conserver les ressources naturelles des campagnes québécoises. Ce virage vert n’a pas été improvisé, il est plutôt le fruit d’une action concertée, initiée depuis maintenant près de 20 ans par l’Union et ses groupes affiliés. Voici les grandes lignes de la Stratégie agroenvironnementale de l’UPA 20102020. Consciente de l’importance de développer une agriculture durable qui répond aux grands enjeux d’aujourd’hui et poursuivre le travail amorcé en matière d’agroenvironnement auprès de ses membres, l’UPA entend continuer à assumer son leadership dans le cadre d’une stratégie renouvelée pour les 10 prochaines années. Notre engagement Promouvoir auprès des producteurs agricoles l’adoption de pratiques favorisant le développement d’une agriculture durable ainsi qu’une cohabitation harmonieuse avec l’ensemble de la société québécoise. Les principaux enjeux ciblés La stratégie s’articule autour des quatre grands enjeux suivants :  L’amélioration de la qualité de l’eau et la mise en valeur de la biodiversité;  La protection des cultures;  La réduction des gaz à effet de serre et le développement des énergies renouvelables;  La cohabitation harmonieuse par rapport aux activités agricoles. Les principes à la base de notre démarche La réalisation des actions découlant de la stratégie repose sur les principes suivants :

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La mobilisation et l’approche volontaire des producteurs agricoles; La concertation avec le milieu et l’appui d’un réseau de partenaires pour la réalisation de projets à l’échelle du bassin versant;

Des progrès significatifs Entreposage adéquat des fumiers – 90 % des lisiers et des fumiers sont aujourd’hui entreposés de façon sécuritaire pour l’environnement. Valorisation des engrais de ferme – 90 % des entreprises agricoles possèdent aujourd’hui un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF). Celui-ci permet un meilleur enrichissement des terres en utilisant adéquatement les engrais de ferme. Diminution du phosphore et du potassium – Les applications d’engrais minéraux de phosphore et de potassium à l’hectare ont diminué respectivement de 46 % et 50 %. Pour des terres en bonne santé – Les techniques de conservation des sols sont désormais utilisées sur plus de la moitié (48 %) des superficies en culture annuelle. Moins de pesticides à l’hectare – Le recours aux pratiques en lutte intégrée telles que l’utilisation rationnelle des pesticides, le dépistage aux champs, etc., a permis de réduire les applications de pesticides (matière active à l’hectare) de 33 %. En 2007, plus de la moitié des fermes (51 %) adoptaient l’une de ces méthodes, alors que ce taux était de 33 % en 1998. Protection des cours d’eau – En 2007, 94 % du cheptel québécois n’avait pas accès aux cours d’eau comparativement à 68 % en 1998. Source : Suivi 2007 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec

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La Région en Action Activités de nettoyage dans le bassin versant de la rivière Saint-François

Par Action Saint-François Action Saint-François débutera cet automne ses activités de nettoyage. Pour une deuxième année consécutive, l’organisme a eu l’honneur de recevoir une subvention de 3000 $ provenant du projet Eau Bleue de la banque RBC. Ce programme permet à des organismes à but non lucratifs d’accomplir des projets visant à améliorer et à conserver la qualité de l’eau potable de notre planète. L’organisme tient donc à souligner cette précieuse aide financière. Grâce à l’aide de la RBC, Action Saint-François pourra réaliser 12 activités de nettoyage dans le bassin versant de la rivière Saint-François. Une dizaine d’activités seront effectuées dans la région de Magog en zone humide et deux autres activités seront réalisées dans la région sherbrookoise.

© Action Saint-François

Action Saint-François fait appel, une fois de plus, à tous les citoyens qui souhaiteraient faire un geste concret pour l’environnement, à participer à l’une des activités de nettoyage de cet automne. Le calendrier d’activités sera disponible sur le site Web de l’organisme dès la mi-août au www.asf-estrie.org. Si vous désirez vous inscrire à l’une des activité vous pouvez écrire à l’adresse suivante : revegetalisation@asf-estrie.org.

© Action Saint-François

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La Région en Action Des actions concrètes pour des plages municipales en santé promotion de comportements préventifs à adopter à la plage, notamment dans son «Petit guide des plages» (sherbrooke.ca/plages) et lors d’animations dans les écoles. Se laver les mains après la baignade et éviter de se baigner en cas de blessure ouverte font partie des bonnes pratiques à adopter lors de séjours à la plage.

Par Christine Fliesen Chef de Division Environnement Ville de Sherbrooke

Contrôle des oiseaux aquatiques Leur présence aux abords des aires de baignade augmente la présence de coliformes fécaux. Afin de réduire leur impact sur la qualité de l’eau, la Ville de Sherbrooke a adopté un Plan de gestion des oiseaux aquatiques, © Ville de Sherbrooke comprenant notamment l’installation de barrières visant à dissuader les bernaches de séjourner près de la rive. De l’effarouchage et de la sensibilisation à l’importance de ne pas nourrir les oiseaux aquatiques sont également réalisés.

Depuis 2011, la Ville de Sherbrooke met en œuvre de nombreuses actions visant l’amélioration de la qualité de l’eau des plages situées au parc Lucien-Blanchard et au parc de la Plage-Municipale (située dans le secteur de Deauville). Nombre de ces actions visent la plage du parc LucienBlanchard, laquelle est située en rivière et en milieu urbain, ce qui la rend particulièrement sensible aux fortes précipitations. Ces dernières peuvent provoquer une détérioration rapide de la qualité de l’eau. Pour cette raison, la Ville de Sherbrooke a adopté une procédure de fermeture préventive consistant à fermer la plage sans attendre les résultats d’analyses bactériologiques, et ce, aussitôt que des quantités et des intensités de pluie précises sont enregistrées. Comportements préventifs lors de la baignade Par ailleurs, la Ville de Sherbrooke fait, depuis 2012, la

Maintien d’un échantillonnage rigoureux Compte tenu de la rigueur déployée pour le suivi de la qualité de l’eau de ses plages, la Ville de Sherbrooke a décidé de ne pas adhérer au programme Environnement-Plage en 2013. Elle poursuit cependant son échantillonnage quotidien à la plage du parc Lucien-Blanchard. Puisque l’eau du parc de la Plage-Municipale a un historique montrant d’excellents résultats, la Ville de Sherbrooke a opté pour deux échantillonnages par semaine à cette plage. Les résultats sont néanmoins partagés avec les intervenants de la Santé publique et du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. La Ville de Sherbrooke continue de ne ménager aucun effort pour fournir à la population des aires de baignade propres et sécuritaires! Pour connaître leur statut : sherbrooke.ca/plages.

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La Région en Action Réseau Environnement 11 septembre 2013 - Visite industrielle en Estrie C’est avec un grand plaisir que Réseau Environnement Estrie et Solution Eau Air Sol - Sherbrooke vous invitent à sa visite industrielle et soirée réseautage, le 11 septembre prochain à 17 h 00. Lors de cet évènement vous aurez l’occasion d’assister à une conférence sur l’innovation régionale sur la valorisation et gestion des sols contaminés. De plus, une visite des installations de notre centre de traitement vous sera offerte. Évidemment, cette activité de réseautage sera l’opportunité idéale de discuter et échanger avec différents intervenants du domaine de l’environnement. Un cocktail dinatoire sera servi dans une ambiance conviviale et festive! Comme l’activité se déroulera entièrement à l’extérieur (sous chapiteau au besoin), nous vous invitons malgré tout à vous vêtir selon les caprices de la météo. Merci de nous confirmer votre participation par le biais d’un courriel au : araymond@solution-eas.com avant le 30 août prochain. Nous comptons sur votre présence pour faire de cet évènement une réussite! Pour plus d’information : http://www.reseau-environnement.com/fr/evenements/visite-industrielle-en-estrie

© Réseau Environnement Estrie

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Invitation à la Journée nationale de l’arbre Invitation à la Journée nationale de l’arbre Depuis vingt ans déjà, Arbres Canada intervient auprès des gouvernements, des collectivités et des particuliers afin de les encourager à rendre le Canada plus vert et plus sain pour ses habitants. C’est à la demande d’Arbres Canada qu’une motion a été présentée par monsieur Royal Galipeau (député provincial) à la Chambre des Communes, le 2 mars 2011, visant à proclamer le mercredi de chaque Semaine nationale de l'arbre et des forêts la Journée nationale de l'arbre.

tions visant à assainir, restaurer, aménager et protéger les écosystèmes riverains et aquatiques. Une fois les arbres mis en terre, Action St-François immortalisera l’événement sur photo, nous permettant ainsi d’admirer le résultat final de nos efforts déployés. Ces photos seront disponibles sur le site internet du CREE.

Cette année, le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) souhaite faire un geste spécial en vous invitant à participer à la Journée nationale de l’arbre qui aura lieu ce 25 septembre 2013. La Journée nationale de l’arbre est l’occasion de souligner l’importance de la présence des arbres dans notre environnement : les arbres purifient l’air. Chaque arbre planté aide à atténuer les changements climatiques, absorbant les émissions de dioxyde de carbone tout en produisant de l’oxygène. Les arbres rafraîchissent naturellement les villes durant l’été, fournissent de l’ombre lorsqu’il fait très chaud et offrent un habitat naturel pour la faune. Nous vous proposons de participer en grand nombre à cet événement en effectuant un don de 10$. Chaque don amassé permettra ainsi de revégétaliser notre belle région de l’Estrie, et ce, en collaboration avec Action StFrançois. Action St-François est un regroupement de citoyens qui se préoccupent de la qualité des cours d’eau dans le bassin versant de la rivière Saint-François. Cet organisme sans but lucratif a vu le jour en 1992 et son objectif principal est de mettre en œuvre des ac

© CREE

Pour participer à la Journée nationale de l’arbre, envoyez un courriel à projets@environnementestrie.ca ou communiquez avec nous au 819 821-4357. Il nous fera plaisir de vous donner de plus amples détails. Nous vous remercions pour votre générosité et vous invitons à partager cette information au plus grand nombre de personnes possibles. Nous vous encourageons à demeurer actif dans la préservation de notre bel environnement, et ce, dans l’intérêt de tous.

La Journée nationale de l’arbre aura lieu ce 25 septembre 2013. -25-

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