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Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

Automne 2014 Vol. 8, no 1

Mot de la directrice Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie a fêté ses 25 ans au début de l’été, à l’occasion de son assemblée générale annuelle. Y étaient réunies une cinquantaine de personnes de toutes les générations du CREE. La simple présence de certaines personnes et le témoignage d’autres ont fait leur effet : le CREE est un organisme qui est né d’un réel besoin de solidarité entre les protecteurs de l’environnement estriens.

Et ça n’a pas changé! Même si aujourd’hui le CREE développe de plus en plus les volets « service-conseil » et mobilisation, il reste que son rôle principal est celui d’un « chien de garde » en matière d’environnement, un rôle qu’il joue avec une vingtaine d’autres organismes et regroupement sur le territoire estrien. Les dossiers Dans ce numéro : se suivent et se succèdent… au départ, c’était surtout les dossiers de transport/gestion des matières résiduelles et de risques de contamination Mot du président 2 des eaux. Aujourd’hui, on constate encore l’énorme traLes 25 ans du CREE 2 vail de sensibilisation et de représentation qu’il reste à faire pour une gestion plus saine de nos déchets. Rien Cinq ambassadeurs estriens en environnement 3 n’est réglé, mais on avance. Gala des prix d’Excellence en environnement

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Tour à vélo CSI

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Oiseaux aquatiques : un projet pilote d'effarouchement aux plages municipales de Sherbrooke

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Des résidus qui font pousser les forêts!

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Deux nouveaux joyaux dans la région de Corridor appalachien

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Un renouveau pour Concertaction

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Les essais du CUFE

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Avant-midi conférence sur la gestion des matières résiduelles

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Au fil des années, on a ajouté à notre porte-folio la question du transport des personnes et des marchandises, l’énergie, la protection des milieux naturels et humides, l’aménagement du territoire, le développement durable. Et ce sont encore ces dossiers, avec celui des matières résiduelles, qui seront à l’ordre du jour des prochains mois au CREE. En effet, vous entendrez toujours autant parler de nous cet automne, vous invitant à participer à nos activités ou à poursuivre votre belle implication pour un environnement toujours meilleur!


Le CREE en Action Mot du président Il y a six ans, finissant mes études universitaires, j’ai dû quitter la région contre mon gré pour trouver du travail, mais j’avais toujours en tête d’y revenir un jour. Cette région dans laquelle je suis profondément enraciné a un petit quelque chose de particulier. Est-ce la mentalité, le relief, les paysages? Je ne sais trop. Ce que je sais c’est que j’y suis attachée et que je veux contribuer à la protéger et à protéger son environnement. C’est pourquoi il y a 3 ans je me suis impliqué bénévolement au sein du CREE comme administrateur. Et c’est aussi pourquoi, aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je prends la présidence du CREE. Depuis cinq ans, je travaille activement dans le domaine de la protection de l’environnement. Je travaille auprès d’entrepreneurs et d’acteurs socioéconomiques de la région. Je constate chez eux une certaine sensibilité aux questions environnementales et au développement durable. Cependant, il reste beaucoup de travail à faire pour faire comprendre aux gens en quoi consiste la réelle intégration du développement durable pour une région. Protection de l’environnement et développement durable ne veulent pas dire que l’on cesse de développer ou que l’on développe moins. Ça veut surtout dire qu’on le fait autrement en considérant le bien-être des humains et de la planète.

Nous sommes entourés d’une équipe de permanents et d’administrateurs dynamiques et d’autres défis nous attendent : assurer l’intérim de la direction générale, entamer une réflexion sur la gouvernance et les orientations stratégiques de l’organisme à long terme dans le contexte de compressions budgétaires gouvernementales, intensifier l’influence de l’organisme à l’extérieur de Sherbrooke et assurer une relève bénévole pour l’implication dans les différents groupes de travail. En terminant, je tiens à souligner la généreuse contribution de mon prédécesseur à la présidence du CREE, Pierre Morency, qui, par son travail exemplaire pendant 3 ans, a su positionner avantageusement le CREE sur la scène environnementale estrienne. Au plaisir de vous rencontrer et de vous parler en personne!

25 ans... déjà! Quelques souhaits pour la suite des choses Par Susan Taylor 1ere vice-présidente du CREE

Pour célébrer son 25e anniversaire, le CREE et ses membres se réunissaient le 19 juin dernier au magnifique Centre d'interprétation du Marais de la rivière-auxCerises de Magog. Vingt-cinq ans, ça se fête en grand avec des membres fondateurs et plusieurs autres gens clés dans la croissance et le développement du CREE. Mais surtout, ça se célèbre en regardant vers l'avenir. Plusieurs administrateurs et employés du CREE ont joué le jeu et ont fait part de leurs souhaits à saveur environnementale pour l'Estrie au terme de 25 autres années fructueuses pour le CREE. Comme les beaux esprits se rencontrent, un grand nombre de ces vœux partagent des similarités. À titre d'exemple, le transport durable est revenu à trois reprises. Nous souhaitons non seulement que l'automobile ne soit plus roi sur les routes, mais plutôt que la petite reine soit dominante! Que l'Estrie soit desservie gratuitement par les transports en commun, et que l'aménagement de nos municipalités ne soit plus fait en fonction de la voiture.

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Le CREE en Action 25 ans... déjà! Quelques souhaits pour la suite des choses (suite) L'alimentation est aussi très présente dans les vœux. Imaginez les bénéfices jaillissants d'une alimentation locale et biologique, accessible à tous peu importe leur niveau socio-économique... Des hommes et des femmes en meilleure santé puisque les aliments locaux ont une teneur plus riche en vitamines, un sol plus riche associée à des méthodes agricoles plus saines, une diminution des gaz à effets de serre puisque le transport est diminué. Une belle image, non? L'autre vœu est apparu à quelques reprises : que la qualité de l'environnement devienne primordiale aux yeux de tous, particulièrement aux décideurs. Que l'intégrité et la restauration de l'environnement soient tout aussi importantes que les critères économiques. Et que d'ici les 25 prochaines années nous cueillerons les fruits de cette vision.

Mais c'est celui de la directrice du CREE, Jacinthe Caron, qu'il faut partager intégralement avec vous, puisqu'il résume si bien les vœux de tous ceux qui ont partagé les leurs. Elle aime s'imaginer que les gens, dans leur vie personnelle et professionnelle, auront pleine conscience des impacts de leur choix sur leur environnement, que ce soit le type de véhicule choisi, le choix d'habiter plus près de leur travail, le choix d'aliments d'ici, le choix de réduire sa consommation en général versus celui de poursuivre la quête vers le « plus, plus, plus ». Parce que comprendre, c'est la première étape pour bien agir! Et vous, quels sont vos vœux à saveur environnementale pour l'Estrie pour les 25 prochaines années?

Cinq ambassadeurs estriens de l’environnement L’occasion des 25 ans du CREE était tout à fait appropriée pour reconnaître le travail acharné de plusieurs personnes qui se sont investies dans la cause environnementale au fil des ans. Le CREE a donc mené un sondage auprès d’une centaine d’estriens issus du milieu des affaires, de l’environnement, des médias, du monde municipal et de l’éducation, pour nommer la personne qui a eu l’impact le plus significatif en environnement dans les derniers 25 ans. Sont arrivés quasi ex-æquo cinq hommes qui ont reçu hier soir le titre d’Ambassadeurs de l’environnement. Manon Laporte, présidente du Jury du Gala des prix d’Excellence en environnement était accompagnée par Guy Fouquet, pour dévoiler le nom des gagnants. M. Fouquet en a profité pour glisser quelques mots sur la Fondation Estrienne en environnement qu’il préside.

Michel Montpetit, Ancien Directeur du Centre universitaire de formation en environnement . Jean-Claude Thibault, environnementaliste et président fondateur du RAPPEL. Jean-Guy Dépôt, environnementaliste et président du CREE durant plusieurs années. Pierre Morency, environnementaliste, président fondateur du regroupement national des CRE. André Nault, Président des AmiEs de la Terre de l’Estrie. Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

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Le CREE en Action Le 21e gala des Prix d’Excellence en environnement félicitera les actions durables le 28 octobre prochain! C’est une question de jours avant que ne soient dévoilés les finalistes des Prix d’excellence en environnement de cette année qui recevront leur prix devant une foule de quelques centaines de personnes. C’est toujours au Delta de Sherbrooke, un hôtel qui se démarque particulièrement par sa très bonne gestion des matières résiduelles, que seront présentés les projets, les finalistes et les lauréats des prix environnements de l’année. Animée par Luc Larochelle de la Tribune, la soirée a toutefois un deuxième volet : organisé par la Fondation estrienne en environnement, le gala récolte des fonds pour aider au financement de projets environnementaux. Ainsi, la Fondation a remis au fil des ans plusieurs milliers de dollars à de jeunes mobilisés pour la cause environnementale. Donc, le Gala des Prix d’excellence en environnement est sans aucun doute un événement annuel à ne pas manquer, qui plus est, une occasion de venir féliciter « live » les initiateurs d’initiatives environnementales.

Les billets sont disponibles maintenant au coût de 125$ ou de 800 $ pour une table de 8 personnes. Contactez le Conseil régional de l’environnement pour réserver les vôtres ou pour obtenir le formulaire d’inscription. Alexandre Demers info@fondationfee.ca 819-821-4357

Le Carrefour de solidarité internationale Le Carrefour de solidarité internationale est présent en Estrie depuis 1976. Il soutient des projets de développement en collaboration avec des partenaires estriens et internationaux qui répondent aux besoins identifiés par les populations les plus appauvries du Mali, du Pérou et d’Haïti. Il favorise les échanges entre des organisations et des communautés estriennes et du Sud afin que ces dernières puissent développer des liens de partenariat et ainsi élargir le mouvement de solidarité internationale en région. Le Carrefour de solidarité internationale permet à des jeunes volontaires de 18 à 35 ans de réaliser des expériences concrètes de coopération internationale auprès de ses partenaires du Sud, il sensibilise la population estrienne en général, et les jeunes en particulier, aux enjeux internationaux et à l’engagement citoyen. Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

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La Région en Action Relevez le défi Entreprise! Le 27 septembre, on pédale aussi pour l’environnement C’est le samedi 27 septembre, que se tiendra la 2e édition du Tour à vélo pour la solidarité internationale. Un événement-bénéfice, rassembleur et motivant qui permettra de soutenir les actions du Carrefour de solidarité internationale (CSI). En solo, en famille ou en équipe, la Fondation du CSI attend quelque 200 cyclistes sur la ligne de départ du 25 km ou du 50 km de ce grand tour solidaire. Et parce qu’on y pédalera aussi pour l’environnement, vous êtes invités à relever le Défi Entreprise de l’événement! Formez une équipe dans votre milieu de travail, inscrivez là directement en ligne, et profitez de cet événement rassembleur pour afficher votre solidarité tout en soutenant les actions de solidarité internationale du Carrefour de solidarité internationale.

On connaît bien évidemment l’aspect de solidarité avec les communautés outremer du travail mené par le Carrefour de solidarité internationale, mais saviez-vous qu’il ne s’agit que d’une des trois pierres d’assises de la mission de l’organisme? Toutes les actions du CSI, au Mali, au Pérou, en Haïti comme en Estrie reposent sur la solidarité internationale, la justice sociale et le développement durable. Cela se traduit au quotidien par de petits et de grands gestes, ici comme ailleurs. Pour le Carrefour de solidarité internationale, cela se concrétise dans la mise sur pied et l’appui de projets outremer qui permettent aux populations les plus appauvries d’assurer leur développement

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en protégeant et en valorisant leur milieu. À titre d’exemple :

au Mali, intégration de techniques culturales plus respectueuses de l’environnement comme la fertilisation à microdose, le compostage ou l’agriculture de conservation pour lutter contre l’érosion;

au Pérou, revitalisation de 500 mètres des rives du fleuve Chillòn au cours de la dernière année;

en Haïti : implantation de pratiques agrofestières (jardins-café sous couvert forestier) luttant contre l’érosion des sols et visant à revégétaliser les montagnes du nord-est d’Haïti.

Le Tour à vélo pour la solidarité internationale est un événement-bénéfice de la Fondation du CSI visant à soutenir les activités du Carrefour de solidarité internationale. Profitez de l’événement pour en apprendre un peu plus sur ses actions ici comme ailleurs, et pour soutenir l’organisme de solidarité internationale de votre région… qui partage aussi vos préoccupations. Pour plus d’infos et pour l’inscription : Contactez-nous : 819 566-8595 poste 34 touravelo@csisher.com Site web : www.csisher.com/touravelo Facebook : tourvelosolidarite.sherbrooke

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La Région en Action Oiseaux aquatiques : un projet pilote d'effarouchement aux plages municipales de Sherbrooke Depuis 2011, la ville de Sherbrooke met en œuvre de nombreuses actions visant l’amélioration de la qualité de l’eau des plages situées aux parcs Lucien-Blanchard et de la Plage-Municipale. L’échantillonnage rigoureux de l'eau des aires de baignade se poursuit, ainsi que de nombreuses autres actions : contrôle des oiseaux aquatiques, fermeture préventive de la plage Lucien-Blanchard lors de pluies, restriction de l’accès des oiseaux aux quais, et diffusion, aux baigneurs, de bons comportements à adopter à la plage.

Nouveauté 2014

La première période d’effarouchement, au printemps, a servi à empêcher les bernaches de nidifier aux abords des plages et a dû cesser dès la naissance des oisillons. L'effarouchement a ensuite repris de la fin juillet à la fin août, cette fois pour éviter que les oiseaux se sentent en sécurité dans un lieu où leur présence n’est pas désirée, soit aux plages municipales et dans les parcs avoisinants (des Quatre-Pins et Jacques-Cartier). Bien qu’il soit trop tôt pour en tirer des conclusions, ce projet pilote semble déjà avoir montré son efficacité. En effet, les oiseaux aquatiques fuient rapidement à l’approche des chiens. Toutefois, n'oublions pas qu'assurer la qualité de l’eau des plages implique la collaboration de tous. Nous vous rappelons qu'une réglementation municipale interdit de nourrir les oiseaux aquatiques. Des affichettes portant le message « Ne pas nourrir les oiseaux » ont été fixées aux tables à pique-nique des parcs riverains pour sensibiliser la population à ce sujet. Nous invitons aussi les propriétaires de quais à privilégier un nettoyage écologique à sec de leur quai, plutôt que de le laver à grande eau. Ces gestes simples constituent autant de bons moyens de contribuer à améliorer la qualité de l’eau de nos plages.

© Ville de Sherbrooke

Toujours à l’affût de solutions innovatrices pour améliorer la qualité de l'eau des plages, la ville de Sherbrooke a eu recours, au printemps dernier, à des chiens « effaroucheurs ». En effet, la ville a fait appel à l’entreprise sherbrookoise Border Contrôle pour effaroucher les oiseaux aquatiques, plus particulièrement les bernaches puisque leurs excréments détériorent grandement la qualité de l'eau. Cette méthode, peu coûteuse, est efficace : la race de chiens utilisée, le Border Collie, ressemble au loup, un prédateur naturel de ces oiseaux. Mentionnons que les chiens sont dressés pour effaroucher les oiseaux, sans les toucher ni les blesser. © Ville de Sherbrooke

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La Région en Action Des résidus qui font pousser les forêts! Par Patrick Cartier, ingénieur forestier En matière d’environnement, l’usine Domtar de Windsor est toujours en quête de nouvelles idées pour réduire son empreinte écologique. L’usine s’est donné l’objectif, d’ici 2016, de valoriser – au lieu d’enfouir – plus de 95 % de ses résidus de production tels que la boue de chaux, les biosolides, les incuits et les cendres de la chaudière à biomasse. Un défi ambitieux, sur lequel les équipes d’approvisionnement en fibre, d’environnement et d’opérations travaillent de concert! Parallèlement, il y a les forêts privées de Domtar en Estrie et en Beauce qui ont obtenu la certification forestière et environnementale FSC en 2005. Ces terrains sont gérés en respect des règles du développement durable. L’une des stratégies repose sur la ligniculture où, chez nous, 5 % des propriétés qui s’étendent sur 160 000 hectares auront été aménagées en plantation de peupliers hybrides. Celles-ci combleront 5 % des besoins en fibres de l’usine alors qu’actuellement, 100 % des propriétés en comblent environ 15 %. En contrepartie, depuis le début de la certification forestière, plusieurs terrains sont conservés pour d’autres attributs que la production de bois (forêts anciennes, espèces menacées, etc.).

Voyons voir le lien entre les résidus de l’usine et ces plantations… Le peuplier hybride est une essence exigeante qui demande un sol profond, un pH élevé ainsi que de l’eau « non stagnante ». Force a été de constater que nos sols forestiers sont acides et peu fertiles ce qui ne rencontre pas les besoins du peuplier hybride. Pour remédier à ce problème, nous avons commencé un programme de valorisation sylvicole de biosolides dans nos plantations en 2009. De 15 000 à 20 000 tonnes de biosolides et de boue de chaux sont ainsi valorisées dans nos plantations de peupliers hybrides chaque année. Cette valorisation permet une croissance plus rapide des plantations de peupliers hybrides. On peut le constater en observant la photo d’une plantation de deux ans. Par le fait même, une captation accrue du carbone par les arbres en pleine croissance contribue à la lutte aux changements climatiques.

Un suivi de la croissance des arbres ainsi que de la concentration foliaire des arbres en azote, phosphore et autres nutriments est réalisé afin de s’assurer que les dosages sont optimisés et respectent les exigences du certificat d’autorisation émis par le ministère responsable de la protection de l’environnement. Et ce n’est pas terminé, cette année, nous commençons le chaulage des érablières avec nos cendres (voir photo). Des études montrent que la croissance des érables peut jusqu’à doubler et cet effet dure encore quinze ans après l’application.

© Domtar Inc.

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© Domtar Inc.

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La Région en Action Deux nouveaux joyaux dans la région de Corridor appalachien : Les réserves naturelles Zuyderland et Alton E. Peck! Saint-Denis-de-Brompton, « fut long et laborieux étant donné qu’il y avait 11 propriétaires à faire converger vers un seul projet » explique Guy Lizotte, conseiller en conservation pour Corridor appalachien. « Notre crainte était que les générations futures ne partageraient pas les mêmes valeurs envers la propriété que la première génération de propriétaires, et cette crainte nous a poussés vers l’action » raconte Andrew Tosh, président de l’association Alton E. Peck Park Inc.

© corridorappalachien – Maaïke Zuyderhoff

Corridor appalachien est un organisme de conservation sans but lucratif qui, depuis 2002, travaille à la protection des milieux naturels et de la biodiversité dans la région des Appalaches (sud des Cantons-de-l’Est). Sur l’ensemble du territoire d’action de Corridor appalachien, plus de 11 500 hectares de milieux naturels en terre privée sont désormais protégés à perpétuité, et ce grâce à la collaboration des propriétaires privés, des groupes de conservation locaux et nationaux et de plusieurs autres partenaires.

Les 11,3 ha de la réserve naturelle Alton E. Peck sont presque entièrement forestiers. Étant située à proximité du Petit Lac Brompton, la pression de développement pour des résidences secondaires ou permanentes sur cette propriété était indéniable et aurait pu affecter les milieux naturels. Corridor appalachien est profondément reconnaissant de ce geste extraordinaire posé par les propriétaires. Chaque projet a son importance et contribue à mettre de l’avant cette grande stratégie de conservation qui vise non seulement le maintien de nos milieux naturels, mais aussi la santé et le bien-être de nos communautés.

« C’est au-delà des mots! » s’exclame Maaïke Zuyderhoff lorsqu’on lui demande de réagir à la désignation de sa propriété en tant que réserve naturelle, maintenant protégée à perpétuité. « C’était un travail de longue haleine qui s’est finalement soldé par un beau succès grâce à la complicité et à la ténacité de plusieurs partenaires dont Corridor appalachien. » Cette nouvelle réserve de plus de 18 ha, qui porte le nom de Zuyderland, est située à Sutton, dans la région naturelle des Montagnes vertes du Nord. La valeur écologique de cette propriété, essentiellement forestière, est considérée très élevée. Le chemin vers la reconnaissance de la réserve naturelle Alton E. Peck, située dans la municipalité de Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

© corridorappalachien – Guy Lizotte et Andrew Tosh 8


La Région en Action Un renouveau pour Concertaction Estrie En mai dernier, lors d’une conférence de presse tenue au Pavillon des arts et de la culture de Coaticook, Concertaction Estrie a procédé au dévoilement de ses nouveaux services, de ses nouveaux partenaires financiers, et de sa nouvelle image. Au cours de l’événement, l’organisme a annoncé qu’elle sollicitera les différentes organisations municipales estriennes afin de les inviter à entreprendre des démarches intégrées en DD. C’est d’ailleurs une toute nouvelle clientèle avec qui l’organisme souhaite travailler dans les prochaines années. En plus, il sera possible pour elles de faire appel aux services de l’organisme dans le cadre de projets particuliers liés au DD : développement de stratégies de support à un projet d’habitations et de quartiers durables, de gestion de l’eau, de gestion des matières résiduelles, d’efficacité énergétique, etc. Par ailleurs, l’organisme a également fait valoir son nouveau service de formation destiné aux acteurs intéressés à appliquer et intégrer le DD dans leurs pratiques. Enfin, Concertaction Estrie a aussi dévoilé le nouveau logo associé à son nouveau nom de même que son site Internet amélioré.

10 000 $ chacun. Quant à eux, les Directions régionales des ministères de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, ainsi que de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec contribueront pour des montants respectifs de 30 000 $ et 10 000 $. Ces nouveaux partenariats permettront à Concertaction Estrie de maintenir le service d’accompagnement accessible pour les petites organisations. De plus, puisque plusieurs nouveaux partenaires sont maintenant impliqués, Concertaction Estrie sera en mesure d’étendre son service d’accompagnement sur l’ensemble du territoire estrien, une nouveauté pour l’organisme qui a été créé en 2010. Ainsi, la Ville de Sherbrooke et les MRC de Memphrémagog et du Val-Saint-François seront maintenant desservies. Les organisations qui souhaiteraient en savoir davantage sur les services de Concertaction Estrie sont invitées à consulter le site Internet de l’organisme et à contacter les conseillers. www.concertactionestrie.ca

Concertaction Estrie, anciennement connu sous le nom « SADC de l’Estrie », a également annoncé la participation financière de nouveaux partenaires pour les deux prochaines années dans le cadre de son projet d’accompagnement d’organisations sur la voie du DD. Les quatre Sociétés d’aide au développement de la collectivité de la région de l’Estrie (SADC du Haut-Saint-François, des Sources, région de Coaticook et région de Mégantic) demeurent les principaux partenaires du projet avec une participation de 120 000 $. Ils seront maintenant épaulés par la Conférence régionale des élus de l’Estrie pour un montant de 50 000 $ et des Centres d’aide aux entreprises (CAE Memphrémagog et Val-St-François) pour une contribution de

Concours « Au bouleau pour votre bande riveraine » Félicitations à Michel et à Louiselle Lebel, gagnants du concours « Au bouleau pour votre bande riveraine », organisé par la patrouille verte de la Ville de Sherbrooke. Ce concours, qui offre la chance de remporter une revégétalisation d’une valeur 500 $, sensibilise la population riveraine aux vertus tant esthétiques qu’environnementales d’une berge bien végétalisée. Le 5 août dernier, M. et Mme Lebel ont donc reçu l’aide de la patrouille verte pour planter de nouveaux végétaux sur la rive de leur propriété!

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Essais et mémoires d’étudiants Le mouvement des villes en transition Par Laurence Williams, étudiante au Baccalauréat en environnement UdeS Plusieurs villes dans le monde ont commencé à trouver des solutions aux enjeux planétaires liés au pic pétrolier et aux changements climatiques en incarnant le changement de paradigme dans leurs organisations, leurs systèmes alimentaires et leurs économies. Ces villes dites « en transition » prônent l'autonomie alimentaire, les circuits courts de consommation, l'économie locale, l'éducation populaire, l'équité et le respect de l'environnement. Elles ont rapidement créé un réel mouvement international qui a débuté principalement en Angleterre en 2006, dans les villes de Totnes et de Todmorden.

Un modèle à reproduire? La faible densité de population et l'abondance des ressources naturelles font du Québec et du Canada des régions idéales pour développer l'autosuffisance écologique, économique et alimentaire. En effet, la superficie, le climat tempéré, l'abondance des forêts, des terres arables et de l'étendue du réseau hydrographique font du territoire le lieu idéal pour entamer une transition énergétique. La grande région de Sherbrooke possède un potentiel agricole et social intéressant qui mérite d'être davantage mis de l'avant.

La ville de Sherbrooke pourrait tout à fait s'inspirer de ce modèle de société alternative pour se créer une identité propre dans sa préparation au pic pétrolier. Sherbrooke bénéficie d’une foule d'organismes communautaires actifs, d’une situation géographique idéale et pourrait obtenir son autonomie alimentaire avec une importante réorganisation des systèmes de production, de distribution, de transformation et de consommation. Les citoyens doivent discuter entre eux et définir de façon démocratique et collaborative leur vision d'une société en transition. L'implication citoyenne et la prise en charge des différentes branches d'implication sont primordiales. En ce sens, une modification du modèle électoral est de mise pour maximiser la représentativité et la participation citoyenne, et ainsi créer un « municipalisme libertaire11 ». Il est aussi important d'amener les organismes sociaux et environnementaux existants à converger vers le mouvement de transition, afin de centraliser les énergies dans la création plutôt que dans la réaction. Quant à l'autonomie alimentaire, il est primordial de « se départir de la programmation de nos besoins4 » et de changer nos références en matière d’alimentation pour atteindre cette autosuffisance. En effet, bien que les Québécois sont actuellement habitués et friands d’exotisme, de sucre et de gras, il faudra adapter notre consommation et nos goûts aux cultures locales. De plus, l’autoproduction nécessite un temps que les citoyens ne possèdent pas : il est impossible de travailler 35 heures par semaines tout en veillant à subvenir soi-même à ses besoins alimentaires12. C’est pourquoi il est important de modifier les contraintes qu’impose le moule social actuel pour donner les moyens aux citoyens de s'impliquer dans la transition. Par exemple, pourquoi ne pas intégrer une semaine des moissons au Québec, afin que chacun puisse accorder le temps nécessaire aux récoltes et à la transformation des produits de leur potager urbain ou périurbain? La région de l'Estrie possède une quantité importante de terres agricoles de qualité, mais seulement 12 % sont présentement dédiées aux cultures10. Si nous voulons atteindre une autosuffisance alimentaire estrienne, il nous faut revoir l'attribution des terres, maximiser l'autoproduction grâce à l'agriculture urbaine et mettre en place de nombreux leviers mobilisateurs.

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Essais et mémoires d’étudiants Le mouvement des villes en transition (suite) Bref, dans une perspective de résilience, d'amélioration de la qualité de vie et de l'environnement, de libération de la dépendance au pétrole et d'autonomie alimentaire, il est intéressant d'organiser et d'entamer une transition énergique et sociale. Un événement citoyen se tiendra le 20 septembre 2014, au 170, rue Queen à Lennoxville, pour aborder cette thématique de la transition. Pour plus d'information sur l'événement, consultez le lien suivant : https://www.eventbrite.com/e/sherbrooke-ville-en-

Droits acquis en matière de réglementation municipale en environnement Par Éric Martel , étudiant à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke Le premier objectif de l’essai est de démontrer qu’une municipalité peut, grâce aux pouvoirs octroyés par le législateur, tenter de réparer les erreurs du passé et contraindre des détenteurs de droits acquis à réaménager leurs propriétés afin de limiter les impacts négatifs sur l’environnement. Malgré le principe général voulant qu’un titulaire de droits acquis puisse, sans entrave de la nouvelle loi, continuer l’état de fait qui existait avant son entrée en vigueur pour autant que le législateur n’ait pas prévu expressément le contraire, la jurisprudence reconnaît depuis longtemps qu’il n’y a pas de droits acquis en matière de protection de l’environnement. Depuis le 1er janvier 2006, les municipalités québécoises possèdent un large pouvoir en matière d’environnement en vertu de la Loi sur les compétences municipales. Cette loi est toutefois muette sur la possibilité pour une municipalité de restreindre les droits acquis. Une analyse selon la méthode moderne d’interprétation des dispositions pertinentes de cette loi permet d’établir que les municipalités possèdent le pouvoir implicite de régir la question des droits acquis lorsqu’elle réglemente en matière d’environnement. Il est toutefois important de faire une distinction entre un règlement qui proscrit une source de pollution directe (mobilière), par exemple le rejet de contaminants, Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

le bruit ou encore les odeurs, et un règlement qui oblige un propriétaire foncier à modifier immédiatement son immeuble pour prévenir un risque environnemental ou pour corriger une situation néfaste pour l’environnement (source de pollution immobilière). La distinction entre les sources de pollution revêt une importance capitale. C’est principalement dans le cas de la pollution mobilière que les tribunaux ont statué qu’il n’y avait pas de droits acquis. La raison est fort simple : l’impact environnemental négatif que le législateur veut contrer en adoptant ces normes est évident. Les cas de pollution immobilière sont plus complexes. Les problématiques environnementales auxquelles s’attaque le législateur en adoptant des normes contraignantes sont moins évidentes pour les néophytes. Le deuxième chapitre de l’essai présente les principaux règlements en matière d’environnement adoptés par les municipalités québécoises, les enjeux environnementaux sous-jacents à ceux-ci, les principes directeurs de la Loi sur le développement durable qu’ils touchent, et, pour les règlements traitant de sources de pollution immobilières, des propositions de dispositions réglementaires encadrant la question des droits acquis. À l’issue des analyses effectuées dans l’essai, certaines recommandations sont formulées et présentées au troisième chapitre. La première vise le législateur québécois et les autres les municipalités québécoises.

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Essais et mémoires d’étudiants Des sources d’information indispensables en environnement et développement durable! Par Isabelle Vallée, Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) Poursuivant sa mission d'améliorer les compétences et les connaissances en environnement au sein de la société dans une perspective de développement durable, le Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) de l’Université de Sherbrooke a mis en ligne, il y a quelques semaines, un Échoblogue et un module de visualisation interactive des essais et mémoires.

Écho-Blogue Voir l'environnement en pratique Nouvelle plateforme d’information, mais également d’échange avec la communauté, l’Écho-Blogue a pour objectif de faire, ensemble, évoluer les connaissances et la prise de conscience des enjeux environnementaux contemporains. Les billets et articles contenus dans l’Écho-Blogue sont rédigés par des étudiantes et étudiants des programmes de 1er et 2e cycles du CUFE, encadrés par des enseignantes et des enseignants experts dans leur domaine.

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La première série d’articles publiés traite d’enjeux et de solutions liés aux changements climatiques et à la pollution de l’air. Au cours des prochains mois, les lecteurs pourront choisir à travers une gamme de plus en plus diversifiée de thématiques environnementales et de développement durable. Dans le cadre de leurs cours, ces étudiantes et étudiants ont l’occasion d’explorer et d’approfondir diverses facettes des enjeux environnementaux de notre société. Le désir de partager ces connaissances est tout aussi réel que le besoin pour les personnes qui font partie de l’environnement et qui y évoluent, d’être informées et de discuter de ces enjeux.

Suggestions de lecture Une épicerie carbo-responsable Par Christian Lacoste, dans le cadre du cours ENV 510Changements climatiques et pollution de l’air. Politique municipale de gestion écologique des eaux pluviales des toits plats Par Nelly Felter, dans le cadre du cours ENV 714Changements climatiques et énergie. http://www.usherbrooke.ca/blogues/echo-blogue/

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Essais et mémoires d’étudiants Un nouvel outil virtuel de consultation des essais et mémoires maintenant accessible! Par Isabelle Vallée, Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) Source inestimable d'information de qualité, le module de visualisation interactive des essais et mémoires réalisés par les étudiantes et les étudiants de la maîtrise en environnement du CUFE est à votre portée! Créé dans le but d’offrir un nouvel outil de recherche adapté à différents contextes (universités, établissements collégiaux, grand public, entreprises, OBNL, etc.), le module a comme principal avantage d’extrapoler aisément les essais et mémoires relatifs à un sujet qui vous intéresse. Dans une ère où l’information abonde, où la quantité d’information à traiter est très importante, la visualisation permet d’accélérer l’exploration de nombreuses données et des tendances. Ainsi, en un seul clic, il est maintenant possible d’identifier tous les documents traitant de développement durable, par exemple. Pour raffiner la recherche, il suffit de cliquer sur la bulle souhaitée pour constater que plusieurs sous-sujets s’y rattachent. La grosseur des bulles vous renseigne sur la quantité d’information de qualité disponible pour chacun des sujets. L’exploration se fait donc de façon intuitive et dynamique. Les catégories ont des titres plus englobants, permettant de faire une recherche dans une optique plus large que par mots-clés, ceux-ci étant souvent très précis et s’adressant davantage à un public qui désire faire ressortir un élément très particulier. Les essais et les mémoires répertoriés peuvent être librement utilisés, à la condition d'attribuer les références à l'auteur en citant son nom.

Suggestion de lecture Bannissement du bois de l'élimination : le cas du secteur CRD, des ICI et des zones urbaines et municipales de l'Estrie Par Pauline Nazaret, Récipiendaire du « Prix d'excellence pour l'essai 2013-2014 » - Directeur : Jean-Jacques Caron http://www.usherbrooke.ca/environnement/fr/publications/essais-et-memoires/ Bonne lecture!

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À l’agenda

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Devenez membre du cree Nous sommes le réseau des acteurs en environnement de la région Pourquoi être membre? En devenant membre du CREE vous j oignez votre voix à celle des acteurs qui font la promotion de la protection de l’environnement et du développement durable en Estrie. Le CREE travaille avec des organismes, des entreprises privées, des institutions, des réseaux, des instances gouvernementales et municipales et des citoyens afin d’améliorer la performance environnementale de notre région. Nos créneaux actuels sont : 

La gestion des matières résiduelles

La réduction des gaz à effet de serre

Le transport durable

L’énergie

La protection des milieux naturels

La gestion environnementale et le développement durable

Avantages d’être membre  Vous êtes branchés sur l’actualité environnementale de la région;  Vous bénéficiez de notre support et de notre expertise pour démarrer ou faire rayonner vos projets environnementaux;  Vous recevez notre bulletin d’information environnementale « Estrie Zone Verte » et vous pouvez y contribuer par un article ou une annonce;  Vous faites entendre votre voix et opinions en joignant le Conseil d’administration et nos comités de travail thématiques;

 Vous obtenez les rabais sur nos activités de formation;  Vous êtes associé à un organisme qui prône la protection de l’environnement par la collaboration.

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