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Estrie zone verte Automne 2013 Volume 6, numéro 3

Bulletin de l’actualité environnementale en Estrie

Dans ce numéro : Mot de la directrice

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Gala des Prix d’Excellence en environnement

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Propriétaires agricoles et tortue des bois Des résultats

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Sherbrooke s’adapte aux changements climatiques

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Essais et mémoires du CUFEDD 2013

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Le CREE s’invite dans la campagne électoral

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Entrée asphaltée : et si on faisait autrement

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Municipalités – Écohabitation Incitez à l’habitation durable sur votre territoire

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La permaculture et l'agroécologie Des solutions sensées aux problèmes modernes

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Pourquoi devenir membre du CREE

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Parc national du Mont-Mégantic © S. Giguère --

Bulletin environnemental du CREE — AUTOMNE 2013


Mot de la directrice Automne bien occupé et au revoir! Par Chantal Bouchard, directrice générale Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Comme à chaque année, l’automne est une période particulièrement effervescente au CREE. Voici un échantillon des événements organisés ou auxquels participe le CREE tout au long de cet automne 2013, et cela sans parler des divers projets en cours. Nous avions tout d’abord à organiser notre conseil d’administration hors Sherbrooke. Ce dernier a eu lieu le 5 septembre dernier à Lac-Mégantic, en présence de la mairesse Colette Roy-Laroche, de M. Robert Mercier, Directeur du service de l’Environnement de la ville, de M. Maurice Bernier préfet de la MRC du Granit, puis de la Mairesse de St-Ludger, Mme Diane Roy. Cette rencontre s’est révélée très intéressante et le CREE a eu l’occasion de réitérer son appui à la Ville de Lac-Mégantic suite à la catastrophe du 6 juillet dernier. Également depuis l’hiver dernier, nous participions à préparer l’organisation de la semaine de la mobilité durable avec plusieurs partenaires sherbrookois, tels la Société de Transport de Sherbrooke, le CHUS-IUGS, le Cégep de Sherbrooke, Transdev Limocar et le ministère des Transports. Dans le cadre de cette semaine, nous avons coordonné, pour une première édition, l’organisation de la 1ere édition journée du PARK(ing) Day à Sherbrooke. Cet événement a eu lieu le 20 septembre dernier. Le concept développé par Rebar, est un événement annuel qui se déroule dans 162 villes réparties dans 35 pays à travers le monde. Il rassemble artistes, citoyens, élus et organisations afin de transformer temporairement des cases de stationnement en lieux publics conviviaux. L’objectif principal de la réappropriation de ces cases est d’animer, de manière ludique et festive, un débat à propos du potentiel que pourraient offrir ces espaces de stationnement si nous en faisions une gestion optimale. Cet événement est donc l’occasion, une fois dans l’année, de mener une réflexion citoyenne sur le rôle de l’automobile dans sa monopolisation de l’espace public pour un usage privé (CRE de Montréal). À Sherbrooke cette année, 10 cases de stationnements ont été aménagées sur la rue Wellington Nord. Les participants, comme les citoyens, ont été charmés par

l’événement. La majorité des participants ont d’ores et déjà mentionné leur intérêt à participer à une édition 2014 et d’autres partenaires se sont dits prêts à se joindre à la prochaine édition. Par ailleurs, le Créneau ACCORD Bio-industries environnementales et le CREE ont organisé la 2e édition de l’avantmidi conférence sur la gestion des matières résiduelles, qui était cette année sous le thème : Peut-on créer de la richesse avec les matières résiduelles! Cet avant-midi a eu lieu le 15 octobre dernier à l'Hôtellerie Jardins de ville à Sherbrooke. Suite aux conférences, une visite de l’entreprise Sherbrooke OEM a eu lieu. Cette dernière s’est révélée fort intéressante et instructive. 44 personnes ont eu l’opportunité de participer à cette rencontre. Soulignons également le Mois du piéton (octobre) qui tire déjà à sa fin, de même que la Semaine de réduction des déchets (du 21 au 25 octobre). Enfin, une formation visant à informer les municipalités sur les façons d’inciter l’habitation écologique sur leur territoire est en préparation. Cette formation sera d’abord offerte à faible coût dans un premier temps aux 15 premières municipalités intéressées. Cette formation, proposée par ÉcoHabitation et coorganisée par le CREE, aura lieu le 22 novembre prochain au centre d’interprétation du Marais de la rivière aux cerises de Magog. Une des municipalités participantes aura la chance de gagner un accompagnement en ce sens offert par Écohabitation. En terminant, puisque ce bulletin constitue mon dernier avant le retour de Jacinthe Caron à la direction du CREE, je profite de l’occasion pour remercier Pierre Morency, président du Conseil d’administration (CA), les membres du CA, les membres du RNCREQ, les partenaires et tout particulièrement l’équipe du CREE (Antoni Daigle, adjoints aux communications et partenariats, Nicolas Balasi et Alexandre Demers, chargés de projets et responsables de bien d’autres tâches connexes J, Caroline Blain, commiscomptable, Jacinthe Caron, Justine Daniel, Nancy Squires, Geneviève Pomerleau, Nadya Chartier et Myriam Campeau) qui ont été d’une aide précieuse et m’ont épaulée tout au long de cette année qui s’est révélée fort enrichissante. Je garderai un excellent souvenir de mon passage au CREE. Merci à tout le monde et bonne continuité!

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Gala des Prix d’excellence en environnement Une nouvelle vague de gagnants pour les 20 ans des Prix d’Excellence Des réalisations environnementales de premier plan pour la région de l’Estrie ont été soulignées à l’Hôtel Delta le 22 octobre dernier dans le cadre des 20 ans du Gala des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est. C’est en présence de près de 400 invités, sous la présidence d’honneur d’Éric Ashby, directeur général de l’usine Domtar de Windsor, et sous le regard attentif de M. Sylvain Roy, adjoint parlementaire au ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, de M. Guy Fouquet, président de la Fondation estrienne en environnement, de M. Luc Larochelle, fidèle animateur de la soirée, et de nombreux dignitaires que 24 finalistes ainsi que 8 gagnants se sont faits chaudement applaudir pour leur contribution. Voici la liste des gagnants du Gala cette année. Contribution personnelle Gisèle Lacasse Benoît Petite et moyenne entreprise Terraquavie

Grande entreprise IBM Canada, usine de Bromont

Un Gala écoresponsable Pour la 20e édition du Gala des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est, les organisateurs avaient mis la barre haute afin que l’évènement réponde à des standards élevés du développement durable et qu’il serve de modèle pour les autres évènements de la région. En plus de viser l’obtention de la certification niveau 3 de la norme du BNQ 9700-253 pour les évènements écoresponsables le Gala s’est vu remettre l’attestation carboresponsable. Cette attestation reconnaît les efforts d’une organisation pour sa gestion responsable de ses émissions de gaz à effet de serre. Les organisateurs ont décidé non pas simplement de compenser une fois pour les émissions émises, mais en triple . Une triple compensation a été décidé et sera compensé à la fois localement mais aussi à l’internationale dans des projets de plantations d’arbres.

Innovation Énerconcept Technologies Jeunesse École secondaire de Richmond Secteur agricole et forestier Club Agroenvironnemental de l'Estrie Groupe environnemental RAPPEL Secteur municipal Municipalité d’Eastman De plus, cette année le jury a décidé de mettre en évidence l’apport de deux candidatures non finalistes. Une première mention spéciale a été décernée dans la catégorie Innovation en développement durable à la Coopérative funéraire de l’Estrie. Une seconde mention, Coup de cœur, décernée par le jury est allée à la société hôtesse des jeux du Canada – Sherbrooke 2013. nisé afin d’inciter les participants à venir en covoiturage plutôt qu’en voiture solo. D’autres mesures ont été prévues pour diminuer les impacts négatifs et optimiser les impacts positifs . Le choix des fournisseurs, le choix du menu, la gestion des matières résiduelles ont été pris en compte. Comme rien n’est parfait et comme le développement durable est un processus d’amélioration continue les organisateurs veilleront sans relâche à améliorer les pratiques de leur évènement. D’ailleurs, dans les prochains jours les participants du gala recevront un sondage afin de nous faire part de leurs commentaires et suggestions pour les prochaines éditions.

Évidemment, le but des organisateurs n’étaient pas seulement de compenser financièrement leurs émissions, ils souhaitaient aussi mettre des actions concrètes en place dans le but de réduire leurs émissions de GES . Pour inciter à réduire les émissions de GES, un concours avait été orga-

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La Région en Action Propriétaires agricoles riverains et tortue des bois : des résultats

Par Stéphanie Beaudoin, Coordonnatrice- relations avec le milieu Corridor appalachien / Appalachian Corridor Depuis ses touts débuts en 2002, Corridor appalachien veille au maintien des populations de tortue des bois, une espèce rare et menacée. Le sud des Cantons-de-l’Est, où œuvre l’organisme de conservation, offre des habitats de grande qualité pour l’espèce. Pour en assurer la protection, Corridor appalachien a réalisé, au cours de la dernière décennie, divers projets et suivis auprès de différents secteurs de la population (villégiateurs, forestiers, propriétaires fonciers). C’est en 2009 que l’organisme lançait une initiative ciblant tout particulièrement les propriétaires de terres agricoles le long des rivières Missisquoi, Missisquoi Nord, Sutton et Tomifobia. Pourquoi les agriculteurs? Les résultats d’une étude réalisée en 1998 dans la région de Brome-Missisquoi (Saumure et Bider) suggèrent que l’on retrouve moins de jeunes tortues chez les tortues des

Une histoire probable… Une tortue des bois vit 30 ans, elle commence à pondre à 15 ans à raison de 10 œufs par année et à peine 1% de ses rejetons se rendent à l’âge adulte ; elle aura donc en moyenne mis au monde seulement 1,5 tortue qui deviendra adulte !

bois vivant en milieu agricole que dans les populations vivant en milieu forestier. De plus, dans un contexte agricole, les tortues présentent un taux de blessure à la carapace deux fois plus élevé qu’en milieu forestier. Plusieurs cas de collisions mortelles avec des lames de faucheuses à disque sont observés de même que des cas d’ensevelissement à la suite de travaux effectués en bordure de rivière. La tortue des bois est la plus terrestre de toutes les tortues d’eau douce au Québec : elle peut s’aventurer jusqu’à 300 m des cours d’eau. Comme seulement 1 % des bébés tortues atteignent la maturité sexuelle (l’âge vénérable de 13 ans), les effets de la mortalité d’une seule tortue mature peuvent comporter de graves conséquences sur la population entière. En effet, l’espèce comptant sur la viabilité des adultes pour se maintenir, un taux de mortalité de plus de 5 % de ceux-ci conduirait à son déclin. Les agriculteurs peuvent faire une différence majeure dans la survie des populations de tortues des bois. Pour leur fournir les outils appropriés, des mesures ont été proposées en 2010 par un panel de spécialistes de l’espèce provenant du milieu agricole et de celui de la conservation. Le projet En 2011, Corridor appalachien contactait plusieurs propriétaires et exploitants agricoles riverains pour les inviter à modifier leurs pratiques au bénéfice des populations menacées de tortues des bois, en augmentant la hauteur de fauche du foin et des prairies à un minimum de 10 cm (4 pouces), sur des bandes de 200 m de profondeur de chaque côté des rivières ciblées. À la suite des rencontres, 23 d’entre eux (sur 58 ciblés) se sont engagés à respecter cette mesure, couvrant ainsi près de 300 ha d’habitat pour les tortues.

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La Région en Action Les agriculteurs qui ne se sont pas engagés à respecter cette mesure ont cité deux principaux facteurs influençant leur décision : la perte de rendement ou de revenus ainsi que le leur scepticisme par rapport à la présence de la tortue des bois sur leurs terres. En 2012, notre équipe réalisait le suivi auprès des agriculteurs engagés et obtenait les résultats suivants : 12 des 23 propriétaires engagés avaient fauché leurs champs (plus de 52 %). De ces 12 propriétaires, 8 avaient respecté la hauteur de coupe suggérée (plus de 66 %). Ceux qui n’avaient pas respecté la nouvelle mesure avaient eu recours, en majorité, à un contractant externe pour effectuer la fauche. Dans ces cas, il peut être difficile pour certains propriétaires de faire appliquer la mesure d’atténuation car les sous-traitants l’oublient parfois ou sont réfractaires à son application. Le changement de pratique est d’autant plus difficile à effectuer, tenant compte que le respect de la hauteur de coupe n’est pas contraignant dans les ententes de fauche avec un tiers et que les opérations de coupe ont souvent lieu sans que le propriétaire n’en connaisse la date exacte. La validation sur le terrain entreprise en 2012 a donc permis d’identifier les endroits où la hauteur de fauche n’a pas été augmentée, et d’en informer les propriétaires afin de corriger la situation lors de la prochaine coupe. Des recommandations Afin de contrer les facteurs limitant la hausse de la hauteur de fauche, il serait d’abord important de trouver un incitatif financier pouvant être octroyé aux producteurs agricoles qui désirent s’engager à appliquer cette mesure. De plus, la réalisation d’un inventaire de l’espèce sur les terres agricoles des zones ciblées permettrait de démontrer sa présence, et donc l’utilité de mettre en œuvre la mesure d’atténuation. Il est également suggéré d’accroître la participation des agriculteurs, dans une perspective plus globale, aux différentes initiatives de protection de la tortue des bois, afin d’obtenir commentaires et opinions, de les inclure dans le processus de décisions et de favoriser une plus grande volonté de participation.

Puisque plusieurs propriétaires engagés ont eu du mal à convaincre leur contractant de respecter la mesure de protection, il est essentiel de cibler cette clientèle au cours des années à venir. Il faudra donc établir un contact avec les contractants engagés à forfait pour la coupe des foins afin de les informer du projet en cours, de les sensibiliser à la protection de la tortue des bois et les inciter à respecter la mesure d’atténuation proposée. Finalement, la méthode d’ensilage en un jour pourrait faire l’objet d’une campagne de promotion. Cette méthode requiert de hausser la coupe du foin à 10 cm du sol pour accroître l’aération de l’andin et ainsi assécher plus rapidement la matière végétale. Ce faisant, la valeur nutritive du foin est plus élevée par la perte réduite de sucres et d’amidon dans le fourrage due à la respiration de la plante pendant la nuit. La concentration dans le temps des opérations au champ réduit le risque de contacts entre la machinerie et les tortues. Les prochaines étapes Cette année, en 2013, une autre phase de suivi auprès des propriétaires agricoles engagés est assurée. De plus, Corridor appalachien est présentement à définir un volet « exportation » au projet, afin d’en faire bénéficier une autre population de tortues des bois qui subirait les mêmes menaces ailleurs au Québec. En terminant, Corridor appalachien tient à souligner la réponse positive des propriétaires au projet et leur sensibilité au bon maintien des populations de l’espèce. Leur engagement saura sans doute améliorer la situation des populations de tortues des bois dans les secteurs visés. Rappelons que les exploitants agricoles jouent un rôle important dans le maintien d’une diversité biologique suffisante, nécessaire à l’équilibre des écosystèmes. Ces derniers sont au cœur du développement physique et économique de nos communautés.

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La Région en Action Sherbrooke s’adapte aux changements climatiques Par Jonathan Drouin Agent de projets en environnement Ville de Sherbrooke En septembre dernier, la Ville de Sherbrooke est devenue une des premières villes au Québec à se doter d’un plan d’adaptation aux changements climatiques approuvé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Avec les pluies torrentielles ayant causé de nombreux dégâts au début septembre et les inondations vécues au centre-ville de Sherbrooke ces dernières années, ce plan d’adaptation Inondation à Sherbrooke @ Ville de Sherbrooke arrive à point. En effet, ce dernier repose essentiellement sur le principe de gestion des risques et il a été précisé- aléas météorologiques (inondations, canicules, tempêtes) ment élaboré pour prévenir et pour limiter ces risques ain- et à leurs conséquences environnementales (glissement de terrain, refoulement d’égouts, bris de ponceaux, érosion si que les impacts des bouledes berges, etc.). versements météorologiques Comme montré sur le causés par les changements graphique, plus de la climatiques. moitié de ces actions En quoi consiste ce plan? concernent les épiCouvrant la période 2013sodes de précipita2023, celui-ci cible trois axes tions intenses, d’intervention prioritaires comme, notamment, ayant été établis en fonction inventorier et caractéde la réalité sherbrookoise : riser tous les pon Les épisodes de précipitaceaux et cartographier tions intenses plus fréles secteurs touchés quents. par des refoulements  Les épisodes de sécheresse Variations climatiques @Ville de Sherbrooke d’égouts lors de fortes et de canicules plus fréquents et étendus. pluies.  Les épisodes de tempête de pluie, de neige ou de verLa mise en œuvre des actions va bon train : déjà, plus de glas plus fréquents. 41 % d’entre elles sont amorcées ou complétées, comme De ces trois axes découlent 92 actions concrètes qui visent cartographier les îlots de chaleur et les îlots de fraîcheur à adapter notre milieu de vie aux impacts potentiels des sur le territoire. La majorité des actions restantes seront

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La Région en Action Sherbrooke s’adapte aux changements climatiques (suite…) instaurées à court terme, soit d’ici cinq ans. Évaluer la vulnérabilité des infrastructures essentielles et redéfinir la superficie des zones inondables en sont deux exemples. Un travail concerté Mentionnons que le plan d’adaptation aux changements climatiques a été conçu en étroite collaboration avec les différents services municipaux, ceci afin d’assurer sa cohérence, sa faisabilité et l’optimisation des ressources disponibles. Par ce plan, la Ville de Sherbrooke contribue pleinement à assurer le bien-être et la sécurité de la population, et ce, en toutes circonstances.

Inondation à Sherbrooke @ Ville de Sherbrooke

Pour consulter le plan d’adaptation aux changements climatiques, visitez le sherbrooke.ca/environnement.

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Le CREE en action Commission sur les enjeux énergétiques du Québec de passage à Sherbrooke Par Antoni Daigle Adjoint aux communications et partenariats Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Le 9 octobre dernier la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, pilotée par le gouvernement du Québec s’est arrêté à Sherbrooke pour y entendre ce que la région avait dire par rapport aux enjeux énergétiques. Voilà maintenant presque 3 ans que le CREE informe et mobilise la région spécifiquement sur la question de notre dépendance au pétrole. Durant ces années, nous avons recueilli les préoccupations et recommandations d’une diversité d’intervenants régionaux. Souvent cloisonnés dans notre Sherbrooke, nous sommes allés sonder les acteurs de toute l’Estrie afin d’avoir un portrait juste de la situation. Nous avons entre autres tenus des consultations à Sherbrooke, Lac-Mégantic et à Magog. Le CREE a donc profité du passage de cette importante commission pour y déposer un mémoire. Ce mémoire est inspiré des travaux réalisés tels que le portrait énergétique de la région et du plan d’action régional pour diminuer notre dépendance au pétrole. Nous souhaitons que ce mémoire et nos travaux puissent soutenir l’élaboration de la prochaine politique énergétique et positionner les conseils régionaux de l’environnement du Québec comme des acteurs crédibles pour cette importante transition énergétique. La politique énergétique proposée ne repose pas que sur le développement de nouvelles technologies. Les changements proposés dans le document de consultation sont d’une ampleur inégalée. Rien à voir avec ce qu’a entraîné la nationalisation de l’électricité, ou encore la réalisation des grands chantiers hydroélectriques québécois. Cette fois-ci, toute la population québécoise est directement interpellée par de nécessaires changements d’habitudes et de comportements : se déplacer autrement, modifier les pratiques d’urbanisme, concevoir des bâtiments moins énergivores, produire plus efficacement, faire des choix de consommation responsables, etc. C’est là que les groupes environnementaux comme les CRE peuvent intervenir. Les CRE et son regroupement sont habiletés pour outiller nos décideurs et les acteurs socio-économiques pour faire face aux défis des enjeux énergétiques.

Notre vision 

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Faire de l’Estrie une vitrine technologique en matière de développement rural et urbain durable en s’appuyant sur le développement de compétences locales et l’adoption de pratiques innovantes. Favoriser le développement d'une politique qui promeut le transport durable et l’achat local / circuits courts. S’appuyer sur un réseau d’institutions d’enseignement et de recherche, complet et intégré.

Nos recommandations

 L’amélioration du bilan carbone et de l’efficacité énergétique des industries, commerces et institutions (ICI).  L’état et la mise à niveau des infrastructures de production, transformation et transport d’énergie qui présentent une certaine usure fassent l’objet d’études et d’une mise à niveau afin de limiter les impacts sociaux et environnementaux.  La promotion des transports collectif, actif et alternatif en améliorant l'offre, en développant les infrastructures et en facilitant les choix durables.  La réduction de la consommation de pétrole des parcs d’autobus publics.  Le développement de campagnes de sensibilisation pour appuyer les initiatives en lien avec la promotion des transports actif et collectif.  La promotion des circuits courts et de l'agriculture soutenue par la communauté.  Le soutien à la recherche, au développement et à la démonstration.  Le développement de nouveaux outils fiscaux pour diminuer la dépendance des municipalités aux revenus tirés des taxes foncières.

Nous vous rappelons que les conditions de succès pour élargir l’adhésion commune à notre vision de la future stratégie énergétique québécoise consistent dans un premier temps à reconnaître l’ampleur des défis et les opportunités. Toute la population québécoise sera directement interpellée par de nécessaires changements d’habitudes et de comportements. C’est pourquoi en second lieu il faudra prendre les moyens pour susciter l’adhésion de la population à cette nouvelle politique. Enfin, nous rappelons qu’il est important de déterminer dès maintenant qui sera responsable de mettre en œuvre ces réformes, quelles structures de gouvernance devront être modifiées ou mise en place pour y arriver, de voir à ce que les orientations et les décisions qui seront prises par l’ensemble des institutions concernées le soient dans le sens souhaité.

Nous vous rappelons ici la vision du CREE et nos principales recommandations issues des travaux mobilisateurs accom- Consultez notre mémoire complet sur notre site internet à plis en Estrie au cours des dernières années. La promotion l’adresse suivante : www.environnementestrie.ca de l'efficacité énergétique.

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Essais et mémoires du CUFEDD 2013 L’électrocoagulation avec ANO2M, une technologie propre au service de l’environnement Par Ihsen Ben Salah L’objectif général de l’essai est de prouver que l’électroLes eaux usées contiennent des quantités élevées de pol- coagulation avec ANO2M est une technologie propre qui luants, nécessitant ainsi une attention adéquate avant rejoint bien les orientations de la politique québécoise de leur élimination, vu leurs effets néfastes sur la santé hu- gestion des matières résiduelles 2010--2015 (PQGMR). maine et sur l'environnement. Il existe plusieurs mé- Pour atteindre cet objectif, la technologie développée par thodes de traitement de ces eaux et généralement plu- E2Metrix est comparée à la coagulation conventionnelle sieurs technologies sont requises dans une chaîne de trai- par rapport aux critères suivants : usage de produits chitement. Parmi ces technologies, on distingue des solu- miques toxiques, émission de gaz à effet de serre (GES), qualité de la boue produite et volume de la boue protions physico--chimiques, duite. L’analyse comparatelles que la coagulation conventionnelle et l’élec- L’électrocoagulation avec ANO2M permet d’épargner tive des deux technologies étudiées est inspirée de la trocoagulation. La coagula- l’usage de produits chimiques, ce qui favorise la réméthode de Delphi. tion conventionnelle con-

duction de la gestion de ces matières dangereuses.

siste essentiellement à neutraliser ou à diminuer la charge électrique des colloïdes et à favoriser le rapprochement de ces derniers en vue de les agglomérer, et ce, par injection de produits chimiques toxiques appelés coagulants. Telle que conçue par E2Metrix, l’électrocoagulation avec ANO2M permet de réduire très significativement certains polluants présents dans les eaux usées, sans usage de produits toxiques.

Essais et mémoires d’intérêt!  Étude portant sur la recherche d'une procédure alternative pour la détection des cyanobactéries et des cyanotoxines  Comparaison coûts-bénéfices de la forestation urbaine comme stratégie d'atténuation des îlots de chaleur  La responsabilité sociétale des organisations : Proposition d'un modèle pour l'intégration de ISO 26000

L’électrocoagulation avec ANO2M permet d’épargner l’usage de produits chimiques, ce qui favorise la réduction de la gestion de ces matières dangereuses. De plus, les boues produites sont désinfectées et exemptes de produits chimiques, ce qui les rend conformes à être valorisables en fertilisants pour le sol, et permet de diminuer l’élimination des déchets. Par conséquent, c’est une technologie jugée propre qui rejoint bien l’orientation de la PQGMR.  Acceptabilité sociale des projets de biométhanisation dans une perspective de développement durable  Stratégies et mécanismes d'appui municipal pour une gestion responsable des matières résiduelles par les ICI  L'application des stationnements verts au Québec  Optimisation de la production du biodiesel à partir d'huiles de microalgues et d'huiles usées

 Évaluation de la pertinence de l'utilisation des herbicides en lien avec le développement durable

Afin de favoriser le partage d'information avec ceux qui recherchent des informations de pointe et des études en environnement, le CREE vous invite à visiter le site web du  La valorisation des sols peu contaminés du Quécentre universitaire de formation en environnement. bec http://www.usherbrooke.ca/environnement/publications-etnouvelles/essais-et-memoires/#c74501

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La Région en Action Activités de nettoyage 2013 entreprises et des citoyens. Cette aide précieuse nous permet de sensibiliser les citoyens à la protection de l’environnement en réalisant une action concrète.

Par Sarah-Claude Bergeron Lafontaine Action Saint-François Cet automne, Action Saint-François est de retour avec ses activités de nettoyage de berges. Pour une seconde année, la banque Royale RBC continue son financement pour la bonne poursuite de cette activité. Depuis le début, il y a 21 ans, nous avons retiré 483 tonnes de rebuts diverses. C’est assez surprenant tout ce que nous pouvons retrouver sur les sites: des carcasses de voitures, des baignoires, des laveuses, des pneus, des bouteilles, des jouets, etc. Ces objets peuvent être restés là plusieurs dizaines d’années, jusqu’à ce que nous arrivions. Les matériaux ramassés dont le métal, le plastique, le verre, les pneus et les rebuts ont été triés et nous en avons recyclé 73%.

Cet automne, nous poursuivons les activités dans plusieurs sites à Sherbrooke et à Magog. Les séances de nettoyage seront à tous les dimanches matins jusqu’à la mi-novembre et nous invitons toute la population à venir participer. Il vous faut un habillement adéquat pour le terrain et votre motivation. Nous fournissons le matériel et la bonne humeur. Il est conseillé de s’informer auprès de notre organisme pour s’inscrire et pour les détails des activités à l’adresse courriel : asf@asf-estrie.org ou par téléphone au 819-563-5362.

Nous avons parcouru 34 municipalités entre Magog, Drummondville, Stanstead, Sherbrooke, Coaticook, North Hatley pour visiter 78 cours d’eau dont la rivière StFrançois, le lac des Nations, le marais de la Rivière aux Cerises, la rivière Coaticook, la rivière Magog, la rivière Activité de nettoyage à Magog en 2012. © Action Saint-François Massawippi et plusieurs autres. Les activités de nettoyage sont possibles grâce à la présence de nombreux bénévoles. Depuis le début, nous avons eu 3755 présences bénévoles de tous les âges et de divers milieux dont des écoles, des organismes, des

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Élections Municipales 2013 Le CREE s’invite dans la campagne électorale Par Alexandre Demers, Chargé de projet Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Après avoir organisé avec succès un débat en 2009 entre les différents candidats au poste de maire pour la Ville de Sherbrooke, voilà maintenant que le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) souhaite entendre les positions et les engagements électoraux en matière d’environnement des candidats aux postes de maires des différentes municipalités de l’Estrie. Selon les sondages, l’environnement n’est jamais bien loin dans les priorités citoyennes, mais pourtant les gens qui s’en préoccupent n’ont pas toujours accès aux différentes positions des candidats qui se présentent à eux. Donc, pour que les électeurs puissent être au courant des positions de leurs candidats aux postes de maires sur les enjeux environnementaux, le CREE a élaboré un questionnaire à leur intention. Six thèmes ont été abordés dans le questionnaire. Changements climatiques , qualité de l’eau, gestion des matières résiduelles, mobilité durable, espaces verts – milieux humides et développement durable. Accompagnées d’une mise en contexte les questions ont été envoyées aux candidats aux postes de maires. Malheureusement, pour des raisons logistiques et de ressources, le questionnaire n’a pas été envoyé dans l’ensemble des municipalités de l’Estrie. Seule quelques municipalités ont été visées. En voici le contenu :

1. Qu’entendez-vous faire pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre de votre ville/ municipalité ? 2. Quelle est votre vision des stratégies à privilégier dans votre municipalité pour densifier le cœur de votre ville ou village, et pour ralentir l'étalement urbain ?

@ Directeur général des élections du Québec (DGEQ)

3. Êtes-vous pour la fluoration de l’eau potable de votre ville/municipalité ? 4. Que prévoyez-vous faire pour améliorer la qualité de l’eau de votre ville/municipalité?

5. Quelles mesures entendez-vous prendre pour mettre fin d’ici 2020 à l’enfouissement des matières putrescibles/compostables des citoyens, mais aussi des industries, commerces et institutions présents sur votre territoire. 6. Quelles mesures entendez-vous prendre pour favoriser la mobilité durable de votre ville/ municipalité? 7. Considérant qu’il est primordial de conserver les milieux humides, qu’entendez-vous faire pour votre municipalité/ville? 8. Quelles mesures entendez-vous mettre sur pied une fois élu afin de faire de votre municipalité une ville durable ? Les réponses reçues seront communiquées aux médias locaux et dans les différents réseaux du CREE et de ses partenaires. Nous espérons pouvoir éclairer et informer les citoyens sur un enjeu pour lequel les municipalités ont d’importantes compétences.

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La Région en Action La Coop Santé Eastman et les environs vers une approche intégrant les bonnes pratiques environnementales Par Claire Garon, M. Env.Membre du comité de consultation, Coop Santé Eastman et les environs. Une coopérative, c’est essentiellement une entreprise qui répond aux besoins de ses membres et leur appartient. Dans le cas de la Coop Santé Eastman et les environs, il s’agit d’une association de personnes, volontairement et solidairement réunies pour répondre à un besoin commun : offrir de l’information et des services de santé de première ligne dans leur communauté.

D’ailleurs, la réduction de l’empreinte écologique a déjà débuté. À preuve, les locaux qui accueillent la Coop sont installés dans une maison déjà existante, située au cœur du village d’Eastman. Le propriétaire de l’immeuble a redonné vie à la maison en effectuant les mises à niveau pour permettre l’aménagement de trois salles d’examen, un secrétariat, une salle d’attente et une salle pour le personnel. Autre mesure pour réduire l’impact environnemental : la Coop a acquis, à très bon prix, des équipements en parfait état d’une clinique de la RiveSud de Montréal qui fermait ses portes.

Depuis le début de l’année, la Coop Santé Eastman et les environs prend réelleLa mobilisation des ment son envol. Forte des membres de la Coop, de appuis financiers de la l’équipe de soins, de même Caisse Desjardins du Lacque celle des autres détenMemphrémagog, du CLD teurs d’intérêts, comme par de la MRC de Memexemple les fournisseurs, phrémagog, des municipaconstituera une étape imlités d’Austin, d’Eastman, portante à franchir et à de St-Étienne-de-Bolton maintenir. et de Stukely-Sud, la Coop La Coop Santé Eastman veraccueille, jusqu’à présent ra à effectuer des choix écoquelque 470 membres et logiques et durables pour est confiante d’être en ses approvisionnements. On mesure d’ouvrir ses élaborera des stratégies portes d’ici la fin de l’aupour éviter le suremballage tomne 2013 avec 600 Coop Santé Eastman © ClaIre Garon des fournitures; l’utilisation membres. L’objectif pour de produits de nettoyage écologiques de niveau sanil’an 1 est d’atteindre 700 membres. L’objectif pour l’antaire sera préconisée pour diminuer les rejets nocifs née 1 est d’atteindre 700 membres. dans l’eau. Enfin, on portera une attention soutenue à la Dans ce projet, le conseil d’administration, supporté par gestion des matières résiduelles. le comité de consultation, a accepté le principe d’intégrer une approche environnementale comme partie pre- Pour la Coop Santé Eastman, la saine gestion environnementale de son organisation passe par une approche nante de la fonctionnalité de la Coop. intégrée, bien sûr, mais également par des choix réaPrendre le virage vert et en santé listes et une perspective d’amélioration continue. À la Coop Santé Eastman et les environs, on est cons- Pour information, pour obtenir un formulaire d’adhécient que prodiguer des soins de santé génère des im- sion ou pour nous rejoindre : pacts sur notre environnement. Ce que nous voulons instaurer, ce sont des bonnes pratiques environnemen- Adresse : 15, rue Lapointe, Case Postale 165, Eastman, tales qui permettront de diminuer l’empreinte écolo- J0E 1P0 www.coopsanteeastman.com gique des activités de la Coop. Courriel : info@coopsanteeastman..com

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La Région en Action 20 ans plus tard et 1 million de cartouches vides récupérées Par Stéphane Yelle, président-directeur général Laserpro

tions fortement axées sur le développement durable. Sa clientèle dépasse largement le territoire des Cantons-del'Est, des clients de la région torontoise démontrent bien

Laserpro qui célèbre sa vingtième année est une entre-

la croissance continue de Laserpro. Par l’utilisation de car-

prise sherbrookoise qui se spécialise dans le recyclage de

touches recyclées, certains de ses clients importants réali-

cartouches d’encres. Notre équipe est très heureuse d’an-

sent des économies qui vont au-delà de 50 000 $ par an-

noncer qu’elle a récupéré plus d’un million de cartouches

née.

d’encre vides au cours de son histoire.

Avec ses 16 employés, Laserpro compte doubler sa pro-

Lorsqu’elle fut fondée en 1994, Laserpro recyclait et fabri-

duction annuelle au cours des prochaines années afin de

quait quelques 360 cartouches recyclées par année. Au-

répondre aux besoins des organisations soucieuses de

jourd'hui, la gestion de cartouches vides s’élève à plus de

l’environnement.

100 000 annuellement pour alimenter la fabrication et la vente d’environ 10 000 cartouches Laserpro qui se retrouvent un peu partout au Québec. Au cours des 20 dernières années, l’entreprise a également vu le nombre de

Par l’utilisation de cartouches recyclées, certains de ses clients importants réalisent des économies qui vont au-delà de 50 000 $ par année.

modèles fabriqués passer de 3 à plus de 100 modèles

différents. Pour continuellement élargir sa gamme de produits et s’assurer de livrer un produit de qualité équivalente à la cartouche d’origine, Laserpro doit sans cesse faire de la

Pour en savoir davantage, nous vous invitons à consulter leur site web www.laserpro.ca et visualiser leur vidéo corporatif qui explique le processus de recyclage.

recherche et développement. Grâce à sa recherche et développement, Laserpro a lancé au cours des 5 dernières

Stéphane Yelle, président-directeur général de Laserpro,

années, la production de plusieurs cartouches pour les

est fière de sa réussite en matière de recyclage et de créa-

imprimantes à laser couleur au soulagement d’un bon

tion d’emplois.

nombre de ses clients qui peuvent économiser jusqu’à 300 $ pour un ensemble de cartouches.

Une solution environnementale La qualité et le respect environnemental de ses cartouches ont d’ailleurs permis à l’entreprise de décrocher des contrats d’envergure avec des entreprises et institu-

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Le CREE en action Entrée asphaltée : et si on faisait autrement 10 000$ alors que nous avons des toiles pour couvrir l'entrée l'hiver...

Entrée de grilles alvéolées avec bandes de roulement @ Blog ZéroCO2 (http://www.zeroco2.com/)

Par Alexandre Demers, Chargé de projet Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Nouvellement propriétaires, ma conjointe et moi avons discuté un moment au sujet de l'entrée en gravier de notre demeure. Ni l'un ni l'autre n'étions accoutumés à ce type de recouvrement en ville. Notre réflexe était d'évaluer l'option d'asphalter la cour, puisqu'elle nécessitait un peu d'amour pour la remettre en état. Je me suis surpris à me demander « pourquoi l'asphalte? » Par habitude? Certes, ce recouvrement est populaire, mais cela n'en justifie en rien le choix. Pour faire comme le voisinage? Plusieurs entrées du quartier, j'estime à près de 15 %, sont comme la nôtre. Aucun risque de ce sentir exclus. Par réglementation? Bien que certaines municipalités se soient dotées de règlement prohibant les entrées de gravier, ici, ce n'est pas le cas. S'il faut rendre à César ce qui lui revient, reconnaissons d'abord l'asphalte pour ce qu'elle est. Elle offre un certain esthétisme aux yeux d'une majorité, elle nécessite relativement peu d'entretien jusqu'à son remplacement et, lorsqu'une entrée n'existe pas encore, elle est relativement abordable. En hiver, il faut reconnaître qu'il est plus facile d'enlever la neige. De là à payer entre 5 000$ et

En contre partie, l'asphalte est imperméable et contribue au ruissellement, tout en appauvrissant les nappes souterraines : pour plusieurs municipalités, cela se traduit par une explosion du volume d'eau arrivant à l'usine d'épuration, engendrant des coûts de traitement supplémentaires. Pas surprenant que Sherbrooke se soit attaquée aux gouttières reliées au système d'aqueduc. C'est d'ailleurs l'une des actions identifiées dans son Plan d'adaptation aux changements climatiques. Parfois, ce ruissellement se transforme en inondations lors de fortes pluies. Il suffit de penser à certains stationnements, ou à tout un centre-ville, qui se transforme en baignoire par moment. De plus, l'asphalte participe à l'augmentation localisée de la température, ces fameux îlots de chaleur. En somme, la transformation du pétrole entrant dans la composition de l'asphalte produit des gaz à effet de serre, tout en se présentant comme une utilisation peu judicieuse d'une ressource non-renouvelable alors que des alternatives existent. D'ailleurs, nous nous sommes demandés quelles étaient ces alternatives,. D'abord, les entrepreneurs consultés étaient tous du même avis : peu importe la solution retenue, il faudra absolument avoir un excellent fond qui sera stable tout en permettant l'évacuation de l'eau. Il en va de la stabilité et de la durabilité de l'entrée.

Et pour le recouvrement? Prenons un exemple concret : mon voisin devait refaire sa cour, car l'asphalte s'était déchirée avec les années. C'est suite à un épisode de « La vie en vert » qu'il a été inspiré. Il a opté pour une transformation radicale de son entrée : l'asphalte a complètement été retirée, puis une surface de gravier a été aménagée sous le porche. Deux bandes de roulement en gravier font le pond à la rue. Entre les bandes, il a semé du trèfle. Résultat : une surface perméable, claire, fraîche. Il existe également d'autres alternatives. Certaines s'appa-

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Le CREE en action Municipalités — écohabitation

(Suite...) Entrée asphaltée : et si on faisait autrement Incitez à l’habitation durable sur votre territoire rentent à l'asphalte, mais elles sont plus perméables à l'eau (asphalte poreux), ce qui diminue partiellement le problème de ruissellement. Dans la même veine, il existe des pavés perméables, cousins du pavé uni, tout en laissant l'eau s'infiltrer dans le sol. Il faudra une sous-couche perméable plutôt que l'habituel mélange étanche et les pavés utilisés seront espacés pour permettre à l'eau de s'y infiltrer.

Écohabitation, en partenariat avec le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie et le Centre d’interprétation du Marais de la Rivière-aux-cerises, propose une formation portant sur les incitatifs à l’habitation durable. Cette formation s’adresse principalement aux urbanistes et directeurs des services de la planification et du développement urbain, mais également aux élus municipaux qui se veulent figure de proue sur leur territoire.

Au programme :

Pavés perméables @ Blog ZéroCO2 (http://www.zeroco2.com/)

Les grilles alvéolées peuvent aussi être la solution pour vos besoins. En béton ou en plastic recyclé, il s'agit d'une structure qui permet de résister au passage de votre voiture, tout en offrant des ouvertures laissant l'eau infiltrer le sol et où l'on peut semer un peu de verdure. Évitez le gazon, assoiffé d'eau et qui nécessite d'être coupé régulièrement, en optant pour le trèfle ou certaines variétés de thym. Cette solution a été installée sur le campus principal de l'Université de Sherbrooke, près de la faculté des sciences.

   

Les 5 axes d’action Les intérêts et avantages pour les municipalités Les moyens d’action à votre disposition Des exemples concrets desquels s’inspirer

Le 22 novembre prochain, de 8h30 à 16h30, soyez des nôtres. Inscrivez-vous dès maintenant. Plus de détails à venir sous peu sur le site du CREE.

En bref, j'en conclue que c'est principalement parce que nous sommes habitués à l'asphalte qu'elle est omniprésente dans presque toutes les cours. Et nous là dedans? Au final, nous conservons notre entrée en gravier pour l'instant. La seule option qui nous tente est celle que notre voisin a adoptée : encore moins de gravier et plus de verdure.

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La Région en action La permaculture et l'agroécologie — Des solutions sensées aux problèmes modernes Par Jonathan Pineault, permaculteur Écomestible

La permaculture et l'agroécologie sont des approches apparues dans les années 70 face à la destruction massive des sols et de la biodiversité par l'agriculture industrielle et chimique. La permaculture a été fondée en Australie, vers la fin des années soixante par Bill Mollison et David Holmgren. C'est une approche au design des systèmes humains basées sur l'observation. Elle peut s'appliquer autant à votre jardin potager, qu'à un nouveau développement résidentiel ou à une ferme laitière. Trois principes fondateurs composent l'éthique centrale : obtenir une récolte, soigner la terre et redistribuer les surplus. Le non-travail du sol est préconisé pour bâtir la fertilité naturelle. La conception des systèmes agronomiques sous cette approche tente d'incorporer toutes les strates végétatives pour la production de nourriture : les arbres à noix, les arbres et arbustes fruitiers, les annuelles et vivaces comestibles, les racines, les vignes et les champignons. Toutes ces récoltes sont organisées pour augmenter les interrelations bénéfiques toujours en diminuant la compétition entre les espèces. De plus, les systèmes sont organisés en zones d'utilisation : les éléments qui doivent être fréquemment récoltés ou entretenus sont aménagés près de l'entrée de la maison, tandis que ceux qui sont récoltés une fois l'an sont éloignés du bâtiment principal. L'agroécologie est plus connue chez nos cousins français. Pierre Rabis en est un digne représentant, militant depuis plus de 40 ans pour changer les pratiques culturales et aller au-delà du simple biologique. L'agroécologie vise à remplacer une tâche humaine (fertilisation, contrôle des ravageurs) par un service de l'écosystème. Ainsi, dans un champ de céréales, en plantant des haies diversifiées, nous pourrons obtenir en même temps des insectes polli-

nisateurs, des insectes prédateurs, des oiseaux insectivores, une haie brise-vent et même une récolte de noix! Les techniques proposées sont très largement à la portée des paysans et des fermes mécanisées. Il s'agit d'allier la science moderne à la reconstruction de la biosphère (écologie) et à la production de nourriture (agronomie). Ainsi, la fabrication de compost de haute qualité est à la portée de tous, et ce, sous tout climat. Plutôt que de régler les problèmes un à un au moyen de technologies coûteuses qui causent d'autres problèmes (serres hydroponiques sophistiquées, produits chimiques et OGM), plusieurs sont solutionnés par l'adoption de l'agroécologie et de la permaculture. Ces deux approches contribuent à reconstruire les sols, stocker l'eau, enrayer l'érosion, réaménager des habitats pour la faune tout en produisant de la nourriture, en ville comme en campagne.

Le Québec à connu sa révolution verte comme ailleurs en adoptant l'agriculture chimique et mécanisée. Le scénario alarmant est classique : destruction des habitats naturels, extinction des espèces (le monarque est le prochain sur la liste), érosion des sols, etc. Tous les palliés gouvernementaux doivent adopter largement l'agroécologie et la permaculture pour relocaliser la production de nourriture : parcs publics avec jardins forestiers fruitiers, fermes sans labour, haies brise-vent, vergers diversifiés, etc. La ville de Seatle aux États-Unis inaugure sa première forêt nourricière publique et le gouvernement français a annoncé une recherche extensive sur l'agroécologie. De notre côté, nous avons commencé notre premier projet d'agroécologie cette année, ainsi que nos premiers jardins forestiers résidentiels : visitez notre page Facebook pour visualiser nos projets au www.facebook.com/ ecomestible.

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Parc national du Mont-Mégantic © S. Giguère -18-

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Bulletin automne 2013  
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