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CARNET DE RECHERCHE 1 Péniche ou maison flottante: le point sur l’habitat flottant

ADELINE SAMSON Sujet libre _ Camondo 2011


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VILLA FLOTTANTE MAISON SUR PILOTIS

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MAISON FLOTTANTE

PENICHE

WATER HOUSE

HOUSE BOATILE A HELICE MAISON MARINE

CITE FLOTTANTE 3


// Sommaire INTRODUCTION /L’eau un moyen de vivre autrement

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ORIGINE

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1. 1

1. 2

Le concept Houseboat

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1. 3

Un mode de vie nomade

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Histoire de l’habitat flottant

1. PENICHE

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2. MAISON SUR PILOTIS

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3. MAISON FLOTTANTES

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4.iLES ARTIFICIELLES

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BIBLIOGRAPHIE / ICONOGRAPHIE

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«l’Arche», projet de ville flottante, Nils Darsonval

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// intro

L’eau, un moyen de vivre autrement Aujourd’hui, l’Homme est plus soucieux de l’environnement qui l’entoure, la tendance est à l’écologie et l’habitat évolue. On voit émerger de nouvelles pratiques, on recherche des séjours atypiques, loin des villes et en lien avec la nature. Se développent alors les cabanes dans les arbres,les hôtels sous l’eau ou encore les hôtels igloo. Malheureusement ce type d’habitat reste le plus souvent réservé aux courts séjours et non pour y vivre au quotidien. Il manque le confort et le standing attendu pour y habiter tout au long de l’année. Pour pallier à ces lacunes, il faudrait donc réussir à implanter une maison ordinaire dans un milieu peu ordinaire. Est ce que cela existe? Bien sûr que oui, et l’habitat sur l’eau en est une preuve.

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Péniche, maisons sur pilotis ou flottantes, de nombreuses solutions existent si on s’y connait un peu. Pour répondre aux questions que je me posais et faire le point sur les typologies d’habitat flottant qui exister, j’ai regroupé dans cet article quelques informations . Nous commencerons par les raisons qui nous poussent à habiter sur l’eau, les différents types d’habitats que l’on peut trouver ainsi que les normes, les lois et les techniques de constructions qui s’y rattachent. Nous aborderons également les rêves d’architectes sur l’eau, entre projet et utopie.


Pourquoi sur l’eau ?

l’eau n’est pas restée une simple source de vie mais a servi à la soif de conquête de l’Homme au XVII siècle. Elle lui à permis de voguer au-delà des terres déjà explorées et de découvrir de nouveaux horizons, poussé par la curiosité et l’intérêt pour ce qui l’entoure. Les longs périples ont nécessité de nouveaux aménagements dans les embarcations et ont entrainé de nouveaux modes de vie. Le développement des villes et du commerce maritime va également permettre de s’étendre sur les eaux. L’homme a toujours voulu conquérir son environnement. L’avancée sur la mer est une question actuelle, villes saturées, montée du niveau des eaux, nouveaux défis… Villes surchargées, esprits Robinson ou encore nécessité, ce sont autant de raisons qui poussent l’homme à s’installer sur l’eau.

L’eau est la source de toute vie, c’est un élément qu’il faut préserver. L’Homme en a besoin pour vivre et pour son bien-être, les plantes pour grandir, les poissons pour respirer… L’eau va influencer les modes de vie et obtenir un rapport privilégié avec l’Homme. Aujourd’hui, l’eau est au cœur de beaucoup de conversations, que ce soit au niveau de la pollution, de la montée des eaux à cause du réchauffement climatique ou de la diminution des sources d’eau douce. On voit également fleurir de plus en plus d’habitations construites sur l’eau qui vont de la petite embarcation à la résidence luxueuse. L’habitat sur l’eau est devenu un nouveau moyen d’exploiter son environnement et les ressources qu’il nous offre. Mais au final pourquoi l’Homme veut il vivre sur l’eau? De nombreuses civilisations vivaient entre terre et mer, refusant le sédentarisme et prônant le rapprochement à la nature. Par la suite

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VILLA FLOTTANTE MAISON SUR PILOTIS

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MAISON FLOTTANTE

PENICHE

WATER HOUSE

HOUSE BOATILE A HELICE MAISON MARINE

CITE FLOTTANTE 9


L ’Histoire de l’habitat flottant

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Histoire et géographie d’une tradition

// Origines

La tradition kashmiri affirme que le concept des houseboats fut inventé à la fin du XIXème siècle pour répondre au désir de colons et d’officiers anglais de s’établir au Cachemire. Le refus du Maha-raja de vendre des terres à des étrangers aurait donné l’idée à un certain M.T. Kennard d’aménager des bateaux de transports fluviaux en demeures coloniales flottantes.

aujourd’hui en plusieurs endroits du monde.

Sans remonter à l’Arche de Noé, pre-

mier houseboat de l’Histoire, il suffit de voir, au Soudan dans les marais du Nil, les immenses assem-blages de roseaux, habités, pour réaliser que l’idée n’est pas jeune. Dans un autre genre, on peut citer les témoignages de voyageurs européens au XVIIème et XVIIIème siècles qui rapportèrent des souvenirs émus des «bateaux-fleurs» qui étaient en fait des maisons de plaisir flottantes, une tradition chinoise ancestrale.

L’histoire est belle pour le Cachemire qui en a tiré un véritable attrait artistique jusqu’aux problèmes frontaliers avec le Pakistan.

Un concept vieux de plusieurs millénaires

Plus près de nous, en Europe, les toiles de peintres impressionn-istes présentent une déclinaison de ce qui ne s’appelait pas encore houseboats: guinguettes flottantes, bateaux-lavoirs, ateliers de peintres (Monet), piscines flottantes (du type Deligny), discrètes maisons de rendez-vous..

De fait il paraît évident que nos ancêtres du néolithique, dont on a retrouvé les traces de villages lacustres (vieux de plusieurs milliers d’années avant J.C.), se partageaient entre radeaux-abris et habitations sur pilotis comme cela est encore pratiqué

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Le concept «houseboat» En Angleterre, au XIXème siècle, les houseboats servaient aussi bien de club privé pour des étudiants que de loges privilégiées pour les grandes rencontres d’aviron entre Oxford et Cambridge. Des dizaines de houseboats avec terrasse couverte à l’étage étaient amenés de chaque côté de la rivière pour l’occasion et les canots à vapeur des traiteurs venaient livrer zakouskis et champagne. C’était aussi un véritable concours de houseboats fleuris, tradition qui se perpétue sur les eaux intérieures anglaises. Aujourd’hui, on trouve des houseboats statiques plus souvent dans la partie nord de l’Europe, sur les Broads d’East Anglia, sur les canaux hollandais, en Allemagne aussi ou encore sur le delta du Danube en Roumanie où l’on loge sur des Botels.

De l’autre côté de l’atlantique, les deux Amériques accueillent de nombreuses «communautés flottantes» mais évidemment entre le Nord et le Sud les moyens ne sont pas les mêmes. Sur la côte ouest des USA on trouve le célèbre Sausalito (ici vu d’avion) avec plus de 600 floating homes, non loin du non moins fameux Golden Gate Bridge de San Francisco; plus haut, à la frontière du Canada c’est Seattle autre rassemblement de houseboats souvent luxueux. Il est intéressant de noter qu’en 1929 les houseboats servirent de dernier refuge aux familles ruinées par le krach économique.. Sur les canaux de l’hexagone (aucun rapport avec la quadrature du cercle!) on rencontre, c’est vrai des pénichettes - d’ailleurs à l’origine introduites en France par des britanniques et des australiens - qui circulent sans permis pour un court voyage d’évasion, ou bien, le plus souvent en statique, des péniches transformées en habitations , mais bien peu de constructions spécifiquement étudiées pour vivre sur l’eau. Il est temps de s’y mettre sérieusement...

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// Origines

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Un mode de vie «nomade» ? Les pénichards sont parfois mal considérés par les « terrestres » qui les assimilent facilement à des marginaux, voire à des SDF. Il faut dire que certains bateaux ressemblent parfois à des taudis.

découvrant des paysages inconnus des automobilistes… Quoi de plus idyllique ? Cependant, cette liberté doit être pondérée par la vitesse permise sur les voies navigables, entre 4 et 15 km/h, sans tenir compte du temps passé aux écluses. Le voyage ThuinLiège nécessite une journée de navigation. En trois semaines de vacances, le pénichard ne va jamais bien loin… C’est pourquoi beaucoup deviennent sédentaires.

Pourtant, ce ne sont en rien des nomades. Ils ont le statut des mariniers ou des forains. Les péniches (comme les roulottes) sont immatriculées et l’Administration impose la possession d’une boîte aux lettres permettant de recenser, taxer, verbaliser… les habitants de l’eau.

Déménager, suite à un changement d’emploi, par exemple, reste un avantage, bien que l’on soit forcément limité aux voies d’eau navigables et qu’il faille trouver un nouveau point d’accroche disponible.

Posséder une maison mobile incite aux voyages, à se déplacer aisément pour le weekend ou les vacances. Changer de cadre en gardant ses meubles, assis sur sa terrasse en

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// Origines

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Une réponse au manque de terrains constructibles? Il est certain que l’idée de vivre sur l’eau n’est pas récente

sur le concept. Des hollandais, des danois et d’autres européens du nord commencent à réaliser de véritables villages flottants. En d’autres endroits du monde, la crainte de voir de plus en plus de terres inondées pousse aussi à s’y intéresser.

Aujourd’hui, que vous soyez acteur économique du tourisme, particulier ou institutionnel, ou simplement attirés par l’idée, vous verrez en tapant sur internet des mots clés tels que houseboat, floating home, maison flottante, que résider sur l’eau va être la solution pour beaucoup d’habitants de... la terre.

En France, pour le moment, chacun est libre de faire flotter ce qu’il veut sur une «eau close» lui appartenant (un étang privé non relié à un cours d’eau) or un houseboat est bel et bien un bateau-maison

Ce n’est pas un hasard si plusieurs petits pays (en territoire) se penchent sérieusement

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// Origines

En effet, dans les grandes métropoles le manque de place se fait sentir. On peut citer Tokyo ou encore Sao Paulo, des villes où chaque centimètre carré doit être rentabilisé. Notons que Tokyo possède une densité de population de 5 950 habitants/km² . Après avoir occupé l’espace au sol, ces villes se sont élevées en utilisant les hauteurs des tours et des building. L’étape suivante étant la construction sur l’eau, ces métropoles investissent pour s’étendre le long de leurs côtes. C’est ainsi que vont fleurir des îles artificielles, des house-boats ou encore des maisons flottantes

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PĂŠniche

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River HOUSEBOAT, eaux du Kerala , Cachemire Les lacs des montagnes et les canaux bordés de saules du Cauchemire ont toujours été sillonnées par des embarcations, mais les habitations flottantes y sont relativement récentes. En 1880, un anglais , M.T. Kennard, eut l’idée de créer des « maisons bateaux ». Un commerçant, Pandit Naraindas, agrandis et aménagea alors sa « doonga », la barque traditionnelle qui rappelle la gondole, afin d’acheminer ses produits jusqu’au domicile des Européens. Il rencontra un tel succès qu’il se lança bientôt dans la construction de bateaux , plus rentable.

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Les habitation flottantes étaient également une solution toute trouvée au problèmes de logement des Européens au siècles dernier. En effet ; le maharaja du cachemire refusait que les étrangers achètent des terres, une règle qui prévaut encore aujourd’hui. Pour les habitants du Cachemire , rien n’est plus naturel que de vivre sur l’eau. La maison flottant de ce colporteur, dans le vieux quartier de Srinagar , n’est qu’une parmi des centaines d’autres amarrées au bord du Jhelam , la rivère qui serpente à travers la ville.

// péniche

Ces longs et mince bateaux aux toits en fibre de coco et bambou qui transportent des marchandises sur les lagons bordés de palmiers et les eaux tranquilles du Kerala s’appellent des « kettuvalam », ce qui signifie littéralement des « bateaux attaché les uns aux autres  ». Depuis quelques années, ces embarcations modestes sont souvent modifiées et agrandies pour accueillir des touristes, mais les matériaux utilisés n’ont guère changé: une structure complexe en bambou posée sur des coques de jaques, remplis de pailles de bambou et le tout fixé avec des épaisses cordes en fibre de coco

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Depuis quelques année un tour opérateur ( Babu Varghese) a eu l’idée de réaménager et agrandir ces maisons flottantes pour des croisières. Il les a agrandies de deux à trois pièces et équipées de toilettes et de douches. Il a été souvent copié depuis , mai sil possède la plus grande flotte sillonnant les nombreux ports de la côte légendaire de Malabar.

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YACUMAMA LODGE, fleuve Yarapa , Pérou

Situé sur le fleuve Yarapa au Pérou; il n’a fallu que

8 jours pour construire ce gîte flottant à des étudiants en architecture. Mi-maison, mi-bateau, confortablement arrondis. Son toit en chaume prend des allures de dreadlocks blondes coiffées non pas d’une mais de trois casquette successives. Certes , il fait sourire, mais c’est un sourire indulgent, un sourire de bonheur, en particulier quand on s’imagine assis sur ce grand siège à dossier ovale, sur le pont, sous l’avancée du toit, un endroit idéal pour observer la vie du fleuve. La conception et la réalisation de ce gîte touristique intègre aussi bien les dimensions anthropo-

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logique, archéologique qu’environnementale. Ce gîte flottant combine des technique traditionnelles et des innovations importées, comme la succession des toits en métal. Dans cet environnement très humide, il faut absolument combiner protection et ventilation. La superstructure est faite en bois local que l’on appelle « le bois de fer  », un terme générique qui désigne en réalité plusieurs sorte de bois issus de différentes partie du monde. En l’occurrence , il s’agit sans doute du gaïac, trois fois plus dur que le chêne, qui pousse en Amérique du sud, mais aussi ailleurs. Quoi qu’il en soit, ce bois est non seulement très dur, mais aussi très dense, suffisamment pour couler... du coup, le radeau qui porte la maison est posé sur des rondins d’un mètre en balsa, abattu sur le site. Le toit est un mélange de nouvelle technique ( structure métallique) et de technique locale traditionnelles( toit chaume en pente). Cela abritent la construction des pluies torrentielles qui tombent en averse courtes et violentes et servent aussi à réfléchir la lumière vers l’intérieur, en évitant la chaleur qui résulterait d’un éclairage direct. Il contribuent également à créer un effet de cheminée thermique qui ventile la structure et la rafraîchit.


De l’extérieur, les pénichards sont perçus comme des gens originaux, voire marginaux. Le fait de vivre sur l’eau est en effet à l’opposé du mode de vie commun. Toutefois, contrairement aux idées reçues, leur habitat possède toutes les commodités offertes par la société. Ce sont simplement des gens qui préfèrent vivre un peu à l’écart du monde, plus proches de la nature. Ce milieu fait oublier aux visiteurs comme à ses habitants le stress de la vie active. Il s’agit d’un des éléments les plus souvent mis en avant par les pénichards. D’autres, au contraire, expriment par ce moyen leur besoin de se distinguer. Le cadre, et plus particulièrement l’eau, apportent cette sensation d’apaisement retrouvée lors des vacances. Il est également plaisant de profiter des rayons du soleil jusqu’au fond de la cale du matin au soir, puisque les péniches ne sont presque jamais amarrées les unes aux autres. Généralement, une prairie ou un bois s’étendent à proximité, renforçant le contact avec la nature.

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Il va de soi que les pénichards aiment l’eau. Ses reflets animent l’intérieur du logement, son clapotis est apaisant, le faible mouvement ses vagues rythme la vie à bord. Mais tout n’est pas si rose, cet élément apporte aussi ses tracas. Le plus gros survient lors des crues : les troncs ou les carcasses dérivants pourraient endommager la coque. L’eau a la force d’arracher la passerelle et les amarres . Le moment le plus dangereux, finalement, est la décrue. Si l’eau est sortie de son lit et que le bateau l’a suivie, il pourrait se retrouver échoué sur le quai. Néanmoins, tout cela ne décourage nullement les habitants du fleuve..

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// péniche

La plupart du temps, les occupants des bateaux-logements franchissent le pas après un coup de cœur. Il arrive souvent, lors d’une promenade le long d’un fleuve ou d’un canal, que les passants accostent les pénichards qui dînent ou travaillent sur le pont de leur bateau. La discussion s’engage, suivie d’une visite de la péniche… et c’est à ce moment que le charme opère. L’intérieur du logement doit répondre à des exigences physiologiques et psychologiques, tels que le besoin de chaleur, de lumière, d’intimité… Il doit se constituer d’espaces de jour, d’espaces de nuit et d’espaces sanitaires, permettant à chacun de posséder son domaine privé, tout en disposant de zones propices à la vie commune. L’originalité de l’habitat donne la sensation de possibilités d’aménagement (intérieur et extérieur) sans limite, surtout face à la rigidité de la réglementation urbanistique. En effet, les bateaux ne sont pas soumis à une quelconque unité architecturale ou esthétique.

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L e bateau

formé une barge de trente-neuf  mètres de long  sur un un corps  de cinq  mètres de large un long espace ouvert pour de vie et de travail. Les  hublots  et les soudures des  murs  visibles sur les faces exterieures  nous  rappellent  que nous  sommes sur  l’eau avec une écriture constrctive qui appartient au domaine naval.  Le  plancher  en planches rappelle  le pont d’un  navire. Le réservoir d’eau est caché derrière une bibliothèque  en bois  teinté  sombre,  au-dessus duquel  il y a un  plancher  intelligemment  conçu et une mezzanine avec table de conférence.

fluvial revisité Il ya quelque chose de lourd  et  encombrant  sur  l’aspect  d’une  barge. Avec son  long corps faible et ses arcs large elle se situe à l’opposé  du style  raffiné et luxueux du  yacht.  De plus la barges  connote l’odeur  de  pétrole  et de  goudron,  et  portent souvent les traces de leurs nombreux voyages le long des rivières ou des canaux le long des centres industriels .Pourtant , malgrès cela à la fin de leur vie lorsqu’elle deviennent inutilisable ( hors service)  les barges trouvent  assez souvent  des acheteurs prêts à les restaurer minutieusement en maisons ou encore en bateau-mouche avec des intérieurs incomparables Un  exemple  fascinant  est la  reconversion d’une barge par les designers belges Bettens Walter et Siegrid Demmyttenarae.Ils ont trans-

La reconversation est particulierement astucieuse. Nous somme , comme pour les péniches précédente, dans un systeme d’habitation à surface minimal et donc une utilisation réflechis et pensée de chaque espace et de la relation entre chacun.

Ship-ping, Ghent, Belgique Constuite en 1957, reconversion 1999-2000

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Lehigh Valley Railroad Barge , Red Hook, Brooklyn,New York, USA,1914

Au milieu du XIXe siècle, les marais de la région en plein essor industriel de Brooklyn sur le front de mer de l'East River et New York Harbor furent asséchés pour construire ce qui était à l'époque un complexe portuaire ultramoderne. Aujourd'hui, les entrepôts de briques vides témoignent de son âge d'or Heureusement à un certain nombre d’initiatives culturelles ont été faite sur le front de mer, et ont peu à peu modifier son image de crise et de privation.

Une des attractions principales est la Lehigh Valley Railroad Barge #79 amarré au crochet rouge depuis 1998, restauré et entretenu par la famille tranchant comme un monument historique. Il est effectivement possible de vivre sur la barge; mais l’autorisation officielle n’est pas disponible à New York où, contrairement aux tremblements de terre de San Francisco, il n’y a pas cette tradition de la péniche sur les bords fluviaux. La barge de deux étages, dix mètres de large et trente mètres de long, à des point en commun avec les navires qui naviguent confortablement équipées des

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rivières de l’Europe. Tandis que la sous-structure, grossièrement construite de lourdes poutres, semble avoir plus en commun avec des cabanes en rondins de la construction navale. La superstructure est dépourvu de toute prétention architecturale. Les toilettes fonctionnent encore avec la technologie préindustrielle de seaux et les réservoirs mais cela contribue néanmoins à l’atmosphère historique authentique de la barge qui possède un avantage incomparable sur toute construction terrestres : l’échelle, une vue imprenable sur la statue de la liberté et à l’horizon de Manhattan. Actuellement, il abrite le Musée du secteur riverain et sert de «salle de classe flottante et le chaland SHOWBOAT». Barge # 79 a été sauvé de Edgewater, NJ en 1985, après neuf années de l’enlèvement de la boue, le calfeutrage et les réparations, la barge a été quasiment retourné à son état d’origine 1914. Visiteurs apprendre de première main l’histoire du remorqueur et la barge «Acconage Era» (1860-1960) et comment la nourriture et des marchandises ont été transportés avant la construction de ponts et de tunnels d’aujourd’hui.

// péniche

Lehigh Valley Railroad Barge # 79 était le seul exemple en bois de ce type qui à subsisté. Aujourd’hui devenu le «Waterfront Museum»depuis 1985

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Trilobis 65, 2001 projet de Giancaria

veau de la mer. Le niveau inférieur est à 1,4 mètre audessus de niveau de la mer et accueille la zone de jour avec tous les services et permet l’accès de l’extérieur. Le troisième niveau est situé à 0,8 mètre au-dessous

Conçu par Giancarlo Zema pour permettre à n’importe qui de vivre à la fois dans un environnement unique et dans un habitat écologique, le Trilobis 65 est une structure semi-submersible de 20 mètres de long idéale pour les abords d’une marina ou d’une île. Pour cela il a été conçu avec quatre niveaux séparés reliés par un escalier en spirales. Le niveau supérieur est à 3,5 mètres au-dessus de ni-

du niveau de la mer, semi-émergé, il est consacré à la zone de nuit. Finalement, à 3 mètres au-dessous du niveau de la mer, totalement submergé, il y a le «globe» sous-marin d’observation, une pièce intime et réservée à la méditation.

Eco-tech Loftboat , Ghent, Belgique, Construction 1967, convertion 2000 - 2004, Cuypers & Q Architecten

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Houseboat Colony ,2009,Oslo, projet d’Espen Erikstad Le designer Espen Erikstad a pensé la peniche autrement. Il a analyser que Oslo ( Norvège) tout comme àamsterdam aurait besoin principalement pour la communauté étudiante de logement et a proposé ce projet Chaque unité est très propre et spacieuse et également très attractive. Il s’agit d’un duplex avec des chambres spacieuses et l’espace social ou au travail. Pour un logement étudiant, il semble très extravagant mais ravirai plutôt les globes-trotter. Plutôt prospectiviste et osé je trouve tout de fois l’idée intéressante et une bonne piste à dévellopper. C’est un bon mix ambitieux de la peniche , du yacht et ma maison flottante.

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TubiQ ,2009 projet de Teknokat Marine

TubiQ est le concept d’un maison flottante

dans où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent . Construit avec de l’aluminium et fibre de verre, cette construction robuste offre une fonctionnalité ultime avec la sécurité complète contre les intempéries et la mer dure. Pour le week-end ou les vacances, cette maison flottante selon le concepteur sera sans doute considéré comme sans égal parmi toute la gamme des personnes.

qui définit un nouveau mode de vie sur l’eau en utilisant le concept d’une maison traditionnelle qui peut flotter et naviguer sur l’eau. Ce concept témoigne d’une vie élégante dans le sens classique du terme avec tous les équipements requis et présente une nouvelle dimension de la vision novatrice. TubiQ est un habitat flottant complètement modifiable où les gens peuvent vivre

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TubiQ est un concept modulaire qui combine la dynamique et l’élégance d’un bateau d’une surface habitable raffinés au moins à deux niveaux. Un tubiQ est composé de différents modules interchangeables qui peuvent être montés et reliés entre eux de différentes manières. Dans les limites de la tubiQ peut être conçu dans son intégralité par le client (longueur, hauteur, le design intérieur et le nombre et la taille des chambres).

THE LAST RESORT, 2010 projet de Rafael Schmidt

Dans le même esprit que cette idée, le jeune designer suisse Rafael Schmidt a imaginé le projet, «The Last Resort», un concept de maisons flottantes mobiles totalement autonomes qui permettent d’envisager de nouvelles manière de vivre.

http://www.tubiq.eu/

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Le concept d’une maison classique et de l’architecture de natation mobile ne peut pas être facilement fusionnées. Il ne fait aucun doute qu’une nouvelle typologie est à inventer en ce qui concerne la facilité d’utilisation, et des techniques spatiales. Les exigences formelles et conceptuelles d’être en mouvement stand en opposition avec le désir de se sentir en même temps à la maison. Vivre sur l’eau doit être repensé. Comme son nom l’indique, le projet «dernier recours» suit la stratégie de dernier recours et tente de remettre en question les concepts connus et familiers. Le programme est organisé sur deux niveaux. Pour être en mesure d’avoir une hauteur suffisante de 2,50 m à l’étage supérieur, dormir couchettes, matériel technique et les trappes sont intégrées dans le pont inférieur. Ils servent de «chambres extension» de l’étage supérieur: Les lits et les canapés sont encastrés dans le sol et peut être ouvert tant que de besoin. Le externes mesure sont 5m x 15m. Dans la zone avant, il ya une terrasse couverte, là, vous pouvez trouver un escalier menant au toit. Ensemble, la cuisine et la salle de séjour sous forme d’une salle généreuse ouverte. La salle de bains se compose d’un noyau séparant les deux chambres de la salle de séjour. La chambre peut être séparée par des panneaux coulissants et utilisé séparé-

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ment comme une étude. Dans l’ensemble, il ya six lits (dont 2 lits superposés). Le horizontale, la forme ondulée du front de mer est source d’inspiration pour la conception du projet. En outre, il sert de moyen d’orientation pour les résidents. Le paysage peut être comprise comme une extension de la salle de séjour. Par conséquent, une vue imprenable sur le paysage améliore la qualité spatiale de la conception. Deux surfaces (plancher et plafond) cadre de l’expérience «nature», elles forment la marge supérieure et inférieure de l’image. Depuis la hauteur et la forme des niveaux peut varier, la perspective et vue sur le paysage ne cessent de changer. Le plancher, par exemple, se penche vers le bas à un moment donné et disparaît dans l’eau. À un autre moment, le toit des courbes vers le sol, créant ainsi un «moment du baiser». À un autre endroit, il se déploie en vue de faire de la place pour l’escalier. Tout cela génère un jeu de formes qui, avec la houle, le vent et les résultats de réflexion de l’eau dans la nature une expérience intense

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Maison sur pilotis

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// Maison sur pilotis Sur le même principe de construction, il existe les maisons sur pilotis. L’habitation est soutenue par des pieux plantés dans le sol. Ce procédé a de nombreux avantages car il permet une isolation homogène, limite le coût des fondations, créé une ventilation permanente sous la maison évitant ainsi l’accumulation de Radon. Cependant il n’est pas toujours possible d’implanter ces édifices où on le souhaite, les zones de construction sur l’eau ou en bord de berge étant souvent des terrains considérés non constructibles cela pose le problème du permis de construire, obligatoire pour ce type d’habitation. Il faut donc se référer au PLU (plan local d’urbanisme) de la commune qui prendra en compte la protection contre les risques mis en œuvre, la surface de votre habitat , la taille… pour vous délivrer le permis de construire.

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Hotel le méridien, Bora Bora, Polynésie , 1998 Jean Hugues Tricard & DL2A Didier Lefort Architectes associés

Hôtel Intercontinental Thalasso et Spa a mis en place un système de climatisation unique, qui utilise de l’eau de mer des profondeurs pour refroidir ses 80 maisons sur pilotis. La commune de Bora Bora a obtenu, en octobre dernier, le pavillon bleu, récompense dé-

cernée pour ses efforts en matière de protection de l’environnement, et ce pour la saison 2007-2008. Les quatre hôtels InterContinental de Polynésie française viennent de se voir décerner la certification internationale la plus reconnue en matière d’écotourisme et

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// Maison sur pilotis

de développement durable Gérée par EC3 Global, filiale du Sustainable Tourism Cooperative Research Centre (STCRC), la plus importante organisation de recherche sur le tourisme durable dans le monde, le programme Green Globe évalue chaque année de manière indépendante les performances environnementales des entreprises touristiques dans dix domaines distincts, depuis la consommation d’énergie jusqu’à l’engagement auprès des communautés sur place, en passant par le recyclage des déchets.

Les quatre hôtels InterContinental de Polynésie dépassent les critères de référence fixés par Green Globe dans neuf de ces dix domaines. Particulièrement salué, le nouvel InterContinental Bora Bora Resort & Thalasso surpasse même les indicateurs de «Meilleures pratiques» - basés sur des critères encore plus exigeants - dans quatre secteurs déterminants : les économies d’eau, le tri des déchets, l’engagement communautaire et le recours aux produits de nettoyage écologiques.

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// Maison sur pilotis Les Pays bas ont longrtemps lutté contre les éléments en bâtissant des digues Aujourd’hui, la tendance est à vivre sur l’eau. Ces constructions reposent sur un système qui leur permet de s‘élever de 5 mètres 50, tout en restant stables en cas de montée des eaux. Deux gros piliers de bétons servent de point d’amarrage au sol. Et les habitations glissent de haut en bas, le long de ces points d’ancrage.’‘ Des architectes se concentrent sur des maisons amphibies en aluminium et en bois capables de résister à une élévation du niveau de la mer de plus de 4 mètres. Elles sont bâties sur des sortes de radeaux de béton creux qui flottent en cas de crues

Lotissement flottant; Maasbommel, Pays bas, Factor Architecten BV

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// Maison sur pilotis

Installation pour la biennale , Venise, 2002

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Plan Tij ,2004 projet de

Klunter Architecten

L’élaboration du plan Tij implique transitions entre l’eau et la terre ferme à différents niveaux. Les maisons seront construites sur les quatre «crêtes ruisseau» (lits de ruisseaux vieille gauche à sec par le règlement de la tourbe tourbière environnante lorsque le polder a été créé). Cela va créer un contraste entre la campagne le long des digues dans la région et la compacité du développement. Dans l’espace entre les crêtes du ruisseau, cours d’eau et des peuplements d’arbres forment un lien entre le principal pays ouvert et la marge dense vert du Parc Wantij. La creation de cette cité pavillonaire flottante est mal organisé à mon goùt, finalment les habitants ont vue sur leurs voisin et non sur la nature.

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// Maison sur pilotis

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Maison flottantE

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Tout ce qui n’est pas sur pilotis flotte...

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C’est au Cambodge, sur le lac Tonlé Sap que l’on trouve les plus grands villages flottants du monde. Plus d’un million de personnes vivent sur des terres inondables et sont obligés selon les saisons de se regrouper en villages flottants Sur le Tonlé Sap, l’école est flottante, l’église est flottante, tout comme la salle de billard, la mairie, le dispensaire, le dentiste, mais aussi le karaoké, le resto-grill, le terrain de basket, le poste de police et les enclos à cochon A l’heure de la sortie des écoles, c’est l’embouteillage des pirogues attendant leur progéniture avec des mères qui se garent (aussi là-bas!) en double file et gênent la circulation.. Bien sur au Cambodge les habitants n’ont pas vraiment d’autre solution que de vivre sur l’eau. En Europe ou en Amérique du Nord c’est encore un choix privilégié, nonconformiste, une recherche d’indépendance, de calme, au plus près d’une nature sereine. Par chez nous, quelques quais ou rives accueillent des résidences flottantes, le plus souvent des péniches aménagées soumises à des contraintes sévères et coûteuses sur les voies navigables de France. Nos amis anglais sont plus cool avec les narrowboats et les houseboats

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// Maison flottante


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Villa Näckros, Stafan Strindberg, Suède

// Maison flottante Cette résidence flottante est située sur la côte est de la Suède. Ce type de maison n’est aucunement dépourvu de commodité ni de vaste espaces, et qui plus est , elle possède des avantages qui sont:une vue sur l’eau et le paysage et une grande une tranquilité. Le volume de la demeure devait être stable. La méthode utilisée et qui par la suite a été brevetée, est celle du béton et l’architecture d’une coque de bateau qui proportionne la stabilité requise. L’espace qui en résulte est lumineux et grâce aux différents niveaux, la maison est très spacieuxe.

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// Maison flottante

Baneke, van der Hoeven, Architekten Pays bas.

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Quotidienneté sur l’eau

En Hollande, il est souvent commun de vivre sur l’eau sur un bateau ou dans une maison flottante, bien qu’actuellement l’on cherche à adapter ce type de logement à la vie moderne. Cette maison flottante dessinée par un jeune couple, dispose de toutes les commodités d’une demeure traditionnelle. Cette dernière est organisée en deux niveaux : l’un d’entre eux regroupe les pièce de jour c’est à dire, le salon, la cuisine, le bureau, etc... Quant à l’autre niveau qui se trouve au dessous de la ligne de flottaison, il réunis les chambres, les salles de bains et la salle de jeux.

Baneke, van der Hoeven, Architekten Pays bas.

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// Maison flottante

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// Maison flottante

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// Maison flottante // Maison flottante

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Houseboat in Seattle

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// Maison flottante

Les espaces externes fonctionnenet comme des terrasses afin de pouvoir profiter de la vue; les canoës et les barques y sont po-

sés. La baie vitrée laisse entre la lumière dans le saloon, même s’il ne s’agit pas d’un jour enso leillé.

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// Maison flottante Révision des concepts

L’un des objectif de ce projet a été de modifier le concept de maison flottante et de la voir dans une autre perspective. Le modèle typique australien de maison flottante se base sur une struture en bois qui est posée sur des pontons. A cette occasion, il a été construit un petit pavillon au centre d’une plate -forme. Les portes de ce pavillon sont majoritairement en verre et coullisantes, ce qui permet de gagner de l’espace et d’avoir un champs de vision de 360°, la cuisine et la salle à manger sont situé à l’avant et les chambres et la salle de bain à l’arrière.

Boathouse, Drew Heath Sydney

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// Maison flottante

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Ă droite : maison flottante pour artistes, Bouroullec, Chatou

A gauche: Waanark, Jord den Hollander Amsterdam, 2000-2002

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// Maison flottante // Maison flottante

Dans le cadre de l’Ile des Impressionnistes en bord de Seine, un projet d’habitation flottante pour artistes est né. Ce qui a présidé au projet : - S’intégrer au site

- Profiter du cadre avec simplicité et élégance. Ils ont repris la lignée ouverte par de grands architectes comme Mies Van Der Rohe, Jean-Marie Prouvé etc…

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// Maison flottante

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// Maison flottante

Floating houses, by British columbia, Canada.

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// Maison flottante

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// Maison flottante

Anthenea Aquasphère, J-M Ducancelle, 2001

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// Maison flottante

N 55 Spaceforme and floating platform, copenhague, 1999

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Semi water houses Vpenburg, Architectuurstudio Herman Hertsberger, 2002

Watervilla Middel burg, Architectuurstudio Herman Hertsberger, 1998

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// Maison flottante

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Water Dwellings, Marlies Rohmer, Amsterdam,projet 2001-2003

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// Maison flottante

// Maison flottante

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// Maison flottante

Floating homes, Gr端ntuch Ernst Architectes, Berlin, 2002

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Wo 29 lounger,waterstudio Ljurg, 2002-2005

Floating Homes H20, Forster Traitzsch Architects, Berlin, 2002-2005

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// Maison flottante

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テ四e artificiellE

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L’habitat flottant est déjà une réalité La construction de Citadel - premier complexe flottant résidentiel imaginé par Koen Olthuis de Waterstudio - devrait commencer en 2010 sur le polder de Westland aux Pays-Bas. L’ensemble immobilier proposera 60 apparte-

ments autour d’une cour centrale, un parking et une route flottante. Les matériaux choisis : béton flottant, façade en panneaux d’aluminium ainsi qu’un système de climatisation par l’eau et des serres pour la fourniture d’énergie verte, feront de ce complexe un modele d’architecture environnementale.

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// Île Artificielle Habiter dans des immeubles flottants en serait une autre ? Pourquoi pas, encore faut-il que ce soit justifié. Pourquoi construire sur l’eau tant qu’on a des solutions terrestres ? D’un autre côté, l’homme vit au bord des littoraux et c’est toujours à qui aura accès à la mer, aura la meilleure vue. Le problème de construire sur l’eau n’est pas de réaliser une structure flottante et de relier toutes les canalisations. On sait évacuer de l’eau propre en mer, ce qui ne coûterait pas plus cher que sur terre et on peut imaginer un simple raccordement au réseau et des bateaux qui viennent chercher des poubelles. Dans ce cas, effectivement, construire deviendrait bien moins onéreux. Ce qui coûte cher est la protection par rapport à l’environnement marin. Si on construit un petit projet sur un lac tout le temps étale, on n’a pas

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de soucis majeurs et on doit parvenir à des prix sensiblement les mêmes que sur terre, voire moins puisqu’il n’y a pas de foncier. Par contre, si on doit se protéger par rapport à la haute mer, au moins 15m en Méditerranée et 20m dans l’Atlantique, il faut alors concevoir des ouvrages très très lourds. Construire sur l’eau n’est pas cher à condition de trouver des endroits abrités. C’est la principale contrainte. Dans des endroits très protégés aux eaux relativement calmes, vous pouvez mettre des petites maisons qui n’ont pratiquement aucune protection par rapport à la mer. Un terrain bien placé en bord de mer est onéreux, pas la maison qu’on met dessus.


A-t-on déjà des exemples de quartiers sur l’eau ? On a déjà mentionné les quartiers flottants d’Asie. On peut imaginer le développement de quartiers modernes sur l’eau. Encore faut-il trouver la raison. Le premier quartier de Fontvieille (Monaco) a été construit sur remblais. J’ai travaillé sur la deuxième phase, soit un espace flottant de 400m sur 400m destiné à devenir un quartier de ville avec des commerces, des habitations, des écoles, etc.. Cela a du sens à Monaco à cause du prix du terrain. Monaco a besoin de s’agrandir et les Monégasques ne peuvent pas faire autrement. D’ailleurs, ils sont en train de mettre en place un P.O.M., un Plan d’Occupation de la Mer, car ils se sont aperçus que les architectes et urbanistes faisaient des projets en essayant de les insérer dans le site mais sans savoir où. Or, le fait de mettre en place un POM est extraordinaire, cela veut dire que la mer va être occupée. Je suis convaincu que si on a aujourd’hui un POM à Monaco, il y en aura bientôt partout. La

construction flottante sur l’eau devient une réalité. Au Canada et au Etats-Unis, il y a des quartiers entiers de maisons flottantes. C’est déjà de l’urbanisme parce que vous avez des appontements, des services, des évacuations des eaux. Ce n’est donc même plus de la prospective puisque de tels plans d’urbanisme existent déjà. Dès la fin des années 1990, l’émir Sheik Mohammed décide de faire de Dubaï la première destination de tourisme de luxe et d’augmenter sa façade littorale en construisant les plus importantes îles artificielles du monde. Ci-contre une vision aérienne de la première des trois Palm Islands, dont la réalisation a nécessité plus de cinq ans de travaux ininterrompus, 92 millions de mètres cubes de sables et 7 millions de tonnes de rochers. L’organisation écologique WWF s’inquiète de l’impact que ces vastes opérations de dragage peuvent avoir sur l’environnement marin

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// Île Artificielle Travaillant depuis plus de vingt ans sur des projets pour « vivre demain sur l’eau », Jean-Philippe Zoppini est sur le point de finaliser son rêve d’architecte avec la réalisation de l’île AZ (A pour Alstom, Z pour Zoppini) qui doit être inaugurée lors de l’exposition universelle de Shanghai, en 2010. Reste cependant à trouver les 2 milliards qui permettront à cette île d’acier (d’une circonférence de 1 000 mètres et située 78 mètres au-dessus du niveau de la mer) de voguer librement à l’abri de toutes les pollutions comme le souhaite son concepteur.

L’île artificielle de Palm Jumeirah, à Dubaï

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L’île AZ destinée à voguer au large des eaux territoriales


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// Île Artificielle Et du quartier à la ville ? Des îles artificielles près des centres permettraient de densifier une ville tout en évitant l’étalement géographique. Pour moi, ce n’est pas du tout imaginaire. En 20 ans, j’ai vu les choses évoluer. Il y a 20 ans, à Monaco, on disait «le flottant, ce n’est pas sérieux». Au final, ils ont fait du flottant. En France, la loi littorale est très bien mais il faudrait peut-être l’aménager car il y a des choses qui se font à Barcelone qu’on ne peut pas faire en France. On pourrait créer une petite ville artificielle qui irait en grossissant, comme une ville du far west. Vous commencez par le centre ville où vous mettez une église et les commerces et il n’y a plus qu’à ajouter les éléments au fur et à mesure. Au Japon, un projet très ambitieux avait été nominé dans la baie d’Osaka. Il s’agissait de commencer par faire une ville, mi flottante mi gravitaire, puis une autre et une troisième etc., toutes reliées par un train à très grande vitesse. On peut voir des prémices d’un tel projet dans le dé-

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veloppement des champs pétroliers où des dizaines de plates-formes sont reliées entre elles par des systèmes de passerelles. Ce sont certes des endroits pour travailler, comme nos usines en France étaient des endroits pour travailler, qu’elles soient belles ou pas. Or, aujourd’hui, une qualité architecturale s’est mise en place et les usines sont dessinées avec le souci de cette qualité architecturale. Il suffirait d’un tout petit plus pour que les gens qui travaillent sur ces plates-formes puissent faire venir leurs familles. Les hôtels flottant existent depuis longtemps dans l’off shore. Toutes ces platesformes reliées ensemble forment une petite ville, il suffit d’y créer un lieu de vie. Ne l’oublions pas, c’est souvent l’industrie qui fut à l’origine du développement urbain, on peut penser que le même phénomène s’appliquerait ici.


L’océan, nouvelle frontière de l’urbanisme Digues flottantes, îles artificielles, aéroports posés sur la mer,... Créer des quartiers urbains sur l’eau ne relève plus de la science-fiction. Le Japon, Monaco et Dubaï, entre autres, se sont déjà jetés à l’eau tandis qu’une multinationale française de la construction anticipe l’avenir. Venise, cité lacustre la plus célèbre au monde, s’enfonce lentement dans le sol. La ville projette donc de construire des digues immergées qui permettraient, en cas de grosses marées ou d’élévation du niveau de la mer, de fermer les trois ouvertures de la lagune vers la mer. Venise est le symbole de la volonté des hommes, de tous temps, à gagner des terres sur la mer, qu’il s’agisse des cités flottantes répandues en Asie ou des Polders en Hollande. Aujourd’hui, plus de 50% de l’humanité vit à moins de 30 kilomètres des côtes. Si l’édification de véritables quartiers urbains flottants semble relever de la science-fiction, le besoin, voire la nécessité de construire sur l’eau s’impose, dans certains cas, dès maintenant. Effectivement, une multitude de projets et d’objets de recherche en cours semble valider l’idée, qu’en la matière, les mers et océans sont les nouvelles frontières de l’urbanisme.

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// Île Artificielle

«l’Arche», projet de ville flottante, Nils Darsonval

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l’eau. Dans la baie d’Osaka, au Japon, l’aéroport a été construit sur l’eau et un projet, primé en 1995, imaginait de le relier par TGV à la terre via différentes plates-formes d’habitations. Le Japon est d’ailleurs devenu le spécialiste de l’île artificielle. L’armée britannique étudie actuellement un projet d’aéroport militaire flottant. Les Seychelles construisent également des îles artificielles, sans compter une zone de 300 hectares, gagnée sur l’océan déjà en cours d’aménagement Le manque de place et son corollaire, un prix de foncier exorbitant, comme à Monaco, au Japon ou à Hong Kong, ne sont pas les seules raisons incitant des pays ou des villes à se développer sur l’eau. Il est aussi question de prestige comme à Dubaï, dans les Emirats Arabes Unis, qui construit de gigantesques marinas et planchent sur plusieurs projets d’habitat lacustre (dont un centre de villégiature sur une île artificielle ou encore, au même endroit, Palm Island, une île artificielle en forme de palmier de cinq kilomètres de diamètre). Aux Canada et aux Etats-Unis, de véritables quar-

Plan d’Occupation de la Mer (P.O.M.)

Le

dernier projet en date est en train de prendre corps dans la principauté de Monaco. L’installation d’une digue flottante apte à recevoir les bateaux de croisière vient d’être amarrée sur le port. Cette digue ne fait qu’anticiper de futurs aménagements ambitieux. En effet, après avoir déjà construit un nouveau quartier, Fontvieille, sur des remblais, les autorités monégasques ont établi un Plan d’Occupation de la Mer (P.O.M.) qui en dit long sur leur volonté d’extension. Or, les profondeurs, environ 90m, interdisent désormais la technique du remblai. Les nouveaux aménagements, Fontvieille II, seront donc flottants. Les Monégasques sont loin d’être les seuls à imaginer leur futur développement urbain sur

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// Île Artificielle tiers constitués d’habitations flottantes ont vu le jour sur le pacifique. L’urbanisme marin, flottant ou non, est donc bien une réalité d’aujourd’hui. De fait, on peut imaginer sans peine que le développement d’habitat urbain sur l’eau permettrait de densifier des villes côtières sans qu’elles aient besoin de s’étaler, rendant ainsi l’accès au centre ville plus aisé. Ce type d’habitat, les îles artificielles notamment, permettrait également un développement lié au tourisme, tout en préservant les paysages originels de la côte et l’âme de la ville ou du village, âme qui attire les touristes jusqu’à ce que les promoteurs en aient défiguré le visage. Ainsi, le littoral resterait intact, seule la vue de la plage serait transformée.

L’île artificielle de Cotai totalement dédiée au jeu

Enfin, la construction de telles îles dans les eaux internationales permettraient de donner un accès à la mer aux pays enclavés voire de créer de micro-états indépendants (il suffit qu’ils soient reconnus par la communauté internationale).

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Peu de contraintes techniques

terranée, de 20m dans l’océan atlantique, ce qui implique la construction de structure lourdes.

Techniquement,

construire sur l’eau, en flottant ou non, ne pose pas de challenges particuliers. La technique du remblai est connue depuis la nuit des temps et, depuis le développement des plates-formes pétrolières off shore, on maîtrise très bien les structures flottantes. D’ailleurs, le champs pétrolier Ecofisk en Mer du Nord est une première préfiguration de ce que pourraient à l’avenir être une ville flottante. En effet, les plates-formes d’Ecofisk sont toutes reliées entre elles par des passerelles - des plates-formes d’exploitation et de stockage aux quartiers de vie des hommes qui travaillent dessus - et il ne faudrait que peu d’aménagements architecturaux pour que soient développés sur ces plates-formes de véritables lieux de vie. En fait, la seule véritable contrainte est la résistance aux éléments. Hors endroits protégés, de telles structures doivent résister à des vagues de 15m en Médi-

Le principal obstacle en France et en Europe est d’ordre réglementaire, donc politique. En effet, la loi du littoral interdit la construction d’îles artificielles fixes dans les eaux territoriales. C’est ainsi qu’un tel projet fut refusé au large de St Tropez sur la Côte d’Azur et que ce qui est possible à Monaco ne l’est pas à Nice. Or, il devient de plus en plus difficile aujourd’hui de construire de nouveaux ports de plaisance et de plus en plus de villes ne savent plus où mettre les bateaux. Là encore, il semble pourtant que des îles artificielles ancrées à quelques encablures des côtes résoudrait le problème. Enfin, le prix du foncier n’allant pas baisser, surtout en bord de mer, surtout alors que l’on s’achemine de plus en plus vers une société de loisirs et, nécessi-

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// Île Artificielle té souvent faisant loi, il est permis de penser que des îles artificielles en France pourraient voir le jour dans un avenir proche. La preuve, une multinationale française de construction est aujourd’hui en pourparler avec

Jean-Philippe Zoppini, l’architecte de l’Ile d’AZ, pour un partenariat concernant la construction des immeubles du projet. Une telle société ne se lance pas ainsi dans un tel projet à la légère. C’est sans doute qu’elle a anticipé l’avenir.

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Références ...

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// Bibliographie

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// Bibliographie

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FLOATING HOUSE  

Pour répondre aux questions que je me posais et faire le point sur les typologies d’habitat flottant qui exister, j’ai regroupé dans cet art...

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