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Le patrimoine du canton de Châteauneuf-la-Forêt

FONTAINES A DEVOTION

Guide de visite


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Sommaire

Avant-Propos Localisation (carte) 01 – Fontaine des 1000 diables 02 – Fontaine de Lajaumont 03 – La Pierre Randoulhère 04 – Fontaine de l’Espinassou 05 – Fontaine St-Nicolas d’Excidioux 06 – Fontaine du Buisson Blanc 07 – Fontaine Saint-Pardoux 08 – Fontaine Saint-Georges 09 – Fontaine Saint-Martin 10 – Fontaine Saint-Pierre 11 – Fontaine St-Nicolas de Puy Chat 12 – Les fontaines de Moussanas 13 – Fontaine Saint-Roch

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TEXTES ET PHOTOS : LISE JABET.

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Avant-propos BONNES FONTAINES Un climat humide, un sol tourmenté et peu perméable ont donné naissances à d’innombrables sources en Limousin. Nombre de ces sources sont désignées du nom familier de « bonnes fontaines », non pour la saveur, la pureté ou la composition de leur eau, mais parce qu’il leur a été attribué dans le passé ou parce qu’on leur prête encore des qualités thérapeutiques ou des bienfaits particuliers : protection ou guérison des humains ou du bétail, obtention d’une faveur, cessation de la sécheresse. Ce sont là des survivances du culte des eaux, l’un des plus vieux du monde. Grecs et Romains, Gaulois et Germains, ont vénéré les sources où vivaient leurs dieux tutélaires. Avec le christianisme les saints ont peu à peu remplacé les divinités païennes et ont donné un patronage à la plupart des fontaines à dévotions. Les récits légendaires imputent généralement la naissance d’une source ou sa sanctification à un épisode de la vie, au passage vrai ou supposé d’un saint. L’intervention progressive de la christianisation a cherché à supprimer le culte primitif, ou tout au moins à le détourner et, sans toujours y parvenir, a subordonner les sources bienfaisantes à des sanctuaires construits à proximité : église ou chapelle. De même elle s’est affirmée, presque toujours, par l’implantation d’une croix parfois fichée sur le rocher voisin, autre élément naturel associé dans la légende à l’origine de la source. En quelques cas la croyance assimile l’eau recueillie dans le creux de certains rochers à celle d’une fontaine bienfaisante.

Louis Bonnaud 4


Localisation

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Fontaine des 1000 diables

Etaient-ils 99 ? (Louis Bonnaud , BSAHL 79- page 81- édition 1942) ; 99 000 ou 100 000 ? (Hélène Colin : Guérir en Limousin – page 72) ; ou 1000 ? (carte de situation des captages de la commune de Châteauneuf) La fontaine aujourd’hui disparue n’était pas à proprement parler une fontaine à dévotion, mais une croyance particulière la caractérise : elle serait la seule en Limousin à faire allusion au Diable.

Elle se trouvait proche de la Croix de Serre en forêt de Châteauneuf, peu éloignée de la départementale 39 et coulait dans un sombre ravin.

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Louis Bonnaud raconte : La légende veut que pendant la nuit de carnaval ce coin sauvage de la forêt serve de lieu de rendezvous à tous les chats du voisinage qui viennent pour y faire le sabbat.

Certains habitants de Serre ou du Gourserol se rappellent encore les récits de leurs aïeux parlant de ce lieu maléfique où coupe-jarrets et détrousseurs hantaient les chemins guettant les retours de foire des paysans et où souvent rôdaient les loups.

Un captage de la source mis en service en 1949 alimente en eau une partie de Châteauneuf.

A cent mètres de la route, la prise d’eau N°1 ou Font Mère, au creux du ravin des Mille Diables s’atteint aisément par une allée forestière 7


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Fontaine de Lajaumont

Son appellation reste pour nous une interrogation. Existerait-t-il un lien avec la branche des seigneurs de Lajaumont possédant le modeste fief du repaire de Begogne à Roziers St Georges, vassale jusqu’en 1445 du seigneur de Châteauneuf ? Elle retient notre attention non pour des vertus curatives mais pour les services offerts aux habitants du Barry et pour la légende qui pourrait s’y rattacher. Située au pied des murailles Nordouest du château de Châteauneuf (dans les anciens fossés ?) – (voir plan Napoléon cicontre) elle est depuis quelques années la propriété de Mr de Tournemire.

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Maçonnée d’un appareillage grossier elle se fait discrète à l’ombre d’une grange en contrebas de la route Châteauneuf - Ste Anne.

La petite porte en bois qui la protège, lorsqu’elle s’entrouvre laisse apparaître une cavité circulaire d’environ 1,5 mètre de diamètre. En ce mois de janvier la hauteur d’eau atteint aisément un mètre.

Par un tuyau extérieur, en ciment, l’eau s’écoule avec un bon débit dans un bac rectangulaire peu profond avant de rejoindre les rigoles des prés irrigués vers la Combade.

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Elle alimentait un lavoir la jouxtant. Ce dernier en travaux de récurage pourrait être remis en eau par le propriétaire …

En juin 2008, projet réalisé : des truites et une carpe habitent les eaux claires de l’ancien lavoir.

Selon les dires de quelques personnes âgées qui se rappellent le siècle dernier, les qualités de l’eau de la fontaine de Lajaumont étaient appréciées : elle était bien meilleure que celle de la fontaine de la place du petit marché ! tout le monde la buvait. Et le lavoir se faisait lieu de rendez-vous pour les lessives et les commérages du quartier du Barry.

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Quant à la légende : saint Antoine de Padoue en visite au château de Châteauneuf (1226-1227) aurait étanché sa soif à la fontaine. Aucun texte ne confirme ce fait d’autant que l’apparition de l’Enfant Jésus à st Antoine dans une chambre du château demeure controversée. (voir parution N°3 SHC d’Eliane Vigé).


La Pierre Randoulh è re

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Nous poursuivons la quête des eaux qui guérissent avec la Pierre Randoulhère. Ici pas de source, pas de fontaine mais une pierre creuse qui retient l’eau de pluie. A notre connaissance, pas de saint patron non plus mais un site régulièrement vénéré. Il faut gagner la pointe sud-est de la commune de Châteauneuf, en pleine forêt. Mr Lansade de Venouhant possède la parcelle où se dresse la roche. Comment l’atteindre pour une agréable balade ? Une proposition : partir de la Croix Chevaux (parking aisé) et par l’allée Bariaud, ombragée et odorante en été, suivre sur deux bons kilomètres la piste jaune VTT Mt Gargan N° 5. A hauteur d’un grand pré (joli panorama sur la droite), bifurquer sur le sentier de gauche en se repérant au marquage jaune et vert des arbres. Poursuivre sur environ 500 m. A droite, un bouquet de pins au milieu des feuillus attire l’attention. 11


Une pancarte. Nous découvrons « lo Peyro Roundoulhero », celle autour de laquelle au cours des dévotions on tourne trois fois (références à la sainte Trinité), selon M. Louis Bonnaud ; ou « lo Peyro Randoulhero » la pierre errante (randoulhar, en patois : errer, flâner - M. Albert Goursaud). Dans une éclaircie, au pied d’un petit tertre abrité par deux grands pins, un tableau assez insolite au 21ème siècle s’offre à nous. En premier plan, deux grosses pierres triangulaires et en fond, se détachant sur un parterre de jeunes houx, un petit champ planté de croix naines, maintenues chacune par un « pelio » noué. Nous en comptons plus d’une trentaine, frileusement serrées les unes contre les autres. L’état de fraîcheur de certaines petites chaussettes exvoto témoigne de visites récentes.

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Sur le premier rocher une vasque creusée en entonnoir, aux parois rugueuses et striées avait la singularité autrefois, d’être toujours remplie d’eau. En cette fin d’automne 2007 il n’en va pas de même : nous la découvrons complètement asséchée sous une bonne couche de feuilles mortes. Deux semaines plus tard, après quelques averses, l’eau déborde. L’eau de la Pierre Randoulhère est reconnue pour ses vertus curatives concernant les maladies de peau de la petite enfance : eczéma, impétigo et surtout croûte laiteuse du nourrisson (las rougnas). A la Pierre pas de processions mais des pèlerinages individuels ou en famille. On peut y venir pour faire simplement provision de l’eau miraculeuse. Plus couramment l’enfant malade est amené sur place et avec un chiffon, un mouchoir, une chaussette imbibés de l’eau qui guérit on frictionne les zones atteintes chez le petit malade. S’il n’a pu être déplacé, un vêtement qu’il a porté suffira. Les « pelios » deviendront ex-voto sur leurs petites croix de bois mort (30 à 35 cm) fichées en terre. En remerciements ou pour voir les vœux exaucés, des offrandes (pièces de monnaie présentes en février 2008) sont encore déposées sous la pierre où suinte l’humidité. 13


T émoignages Il y a 50 ou 60 ans... Mme D. : Parfois en été pendant les vacances nous montions à la Pierre Randoulhère avec ma grandmère. Une bouteille d’eau de la maison suivait. Si la pierre était à sec il fallait d’abord la nettoyer puis verser notre eau et attendre un moment. Quand ma grand-mère le jugeait bon, à l’aide d’une cuiller, elle regarnissait notre bouteille. L’eau miraculeuse remontait souvent avec nous à Paris.

Mr L : Je me rappelle avoir accompagné ma grandmère à la Pierre Randoulhère. Pour être sûr il fallait faire suivre de l’eau de Moussanas. Quant aux croix, attention ! Les deux branches n’étaient jamais clouées mais entaillées au couteau ou liées avec des herbes. Les chiffons s’accrochaient dessus.

Lo Peyro Roundoulhéro ? Survivance d’un rite païen honorant les dieux familiers celtes des sources et des pierres qui s’amalgamerait à la pratique d’un rite chrétien lié à st Nicolas et à st Jean ? En effet il faut noter la proximité du prieuré du Puy de Soulier (voir fontaine de l’Epinassou) et de Venouhant (St Jean de Venouhant fut annexe de la cure puis du prieuré St Michel à Châteauneuf. (l’abbé Lecler) ? 14


Fontaine de l’Espinassou

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Proche du village de Puy-de-Soulier, commune de Sussac, près de la limite de celle de Châteauneuf-la-Forêt se trouve la fontaine de l'Espinassou, dans un bois de résineux mais originellement près d'un chêne.

L'espinassou désigne en occitan l'aubépine blanche, utilisée comme marque de limites et l'endroit se trouve en effet à la frontière des paroisses ou communes de Châteauneuf et Sussac.

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Bien que son nom ne l'indique pas, cette fontaine était, comme celle d'Excidioux, l'objet d'un pèlerinage à Saint-Nicolas, le 9 mai, jour de la translation des reliques de ce dernier.

La présence à proximité d'un prieuré au Puy de Soulier et l'association de l'espinassou ou aubépine à la couronne d'épines du Christ, de même que le patronage de Saint-Nicolas, peuvent indiquer la christianisation d'un lieu de culte préchrétien.

Aujourd'hui repérable par une croix métallique la fontaine ne laisse passer qu'un mince filet d'eau. Ses vertus curatives concernent semble-t-il les rhumatismes, et étaient utilisées par les femmes jusqu'au milieu du XX° siècle. Louis Bonnaud décrit le rituel pratiqué encore en 1993, consistant en une offrande de fleurs, absorption de l'eau et aspersion de diverses parties du corps.

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Fontaine St-Nicolas d’Excidioux

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Au Nord de la commune de Neuvic-Entier, près de ses limites avec celles de Masléon et Bujaleuf, une source ou fontaine, proche du lieu-dit Excidioux, près du ruisseau de Vergnas dans un méandre de la Vienne, a d'abord été le site d'un culte néolithique en rapport avec ses propriétés curatives des rhumatismes et des maux de dents.

Ce culte fut christianisé et pérennisé sous le patronage de Saint Nicolas. Le culte de ce saint s'étant popularisé en Occident après le transfert de ses reliques à Bari en 1087, on peut dater des années suivant cette date l'instauration de son culte à Excidioux, affermi par un pèlerinage à la date de cette "translation", le 9 mai. 17


Un prieuré dit "Saint-Nicolas-de-Myre" doté d'une chapelle y fut établi sans doute au XI° siècle, le bâtiment est mentionné au XVI° puis disparaît, mais la dévotion populaire autour de la source se maintient.

En 1898 le secrétaire de la Société Archéologique et Historique du Limousin Louis Guibert tente de rétablir le faste du pèlerinage en construisant, sur un terrain qu'il acquiert près des sources, un nouvel oratoire doté d'une statue de Saint Nicolas dans le style sulpicien : .

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De nos jours (2007) la nouvelle chapelle reste entretenue …

… et des ex-voto récents témoignent de la persistance du recours aux vertus curatives de la fontaine et du saint

C'est aussi un agréable but de promenade La fontaine apparaît entretenue et bien alimentée.

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Fontaine du Buisson Blanc

C’est la plus haut perchée de notre périple. Quelle outrecuidance, à plus de 720 m d’altitude ! alors que ses consœurs se contentent, pour la plupart, des fonds de prairies ! Au sommet du Mont Gargan (731 m), la chapelle Notre Dame du Bon Secours la protège. Partir à la recherche de la Fontaine du Buisson Blanc reste un plaisir pour l’œil, pour les muscles et pour l’esprit. Monter l’allée de hêtres centenaires (plantés vers 1860) trapus et tourmentés coupe un peu le souffle. Parfois, que la pente est raide ! La chapelle en ruine se dresse sur un large terre-plein. Les rigueurs du climat ont eu raison de son élégante silhouette. Brève existence (1865-1950).

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En contournant le chevet de l’édifice une pancarte indique la direction de la fontaine

A quelques 200m et à droite du sentier, la fontaine apparaît. Elle a, dit-on, la particularité de ne jamais tarir. Début janvier 2008 la hauteur de l’eau voisine les 40 cm et le trop plein Une rampe aménagée en coule gentiment dans la pente. marches de rondins de bois Elle se présente comme une vasque facilite la descente. circulaire d’environ 1,50 m de diamètre aux parois bien définies grâce à un appareillage de pierres plates qui semble résister au temps. Nous sommes lundi, la fontaine a dû être visitée la veille (un dimanche très ensoleillé).

Trois pièces de menue monnaie d’euro, en équilibre sur des feuilles mortes, brillent sous l’eau. 21


Pourquoi « du Buisson Blanc » (boueissou blan) ? Sans doute parce que l’aubépine y fleurissait. C’était disait-on l’arbre de la Vierge et pour cette raison il portait bonheur. La foudre ne le frappait jamais. Le houx a remplacé l’épine blanche. Il sera bon de revenir en mai pour constater ou un renouveau ou une complète disparition des arbustes. La source était-elle déjà connue à l’époque romaine ? Monsieur le chanoine Pacaud rappelle bien des traces d’occupation romaine au sommet du Mont Gargan. « … Pour notre part une observation attentive et une prospection systématique… nous permettent de penser que s’élevait un vaste ensemble à caractère cultuel associé à une nécropole utilisée à l’époque gauloise jusqu’au milieu du III è siècle »…mais Aucun document ne permet de répondre à notre questionnement. Christianisée, la fontaine se rattache-t-elle au vocable de la Vierge Marie, au vocable de st Antoine ? aux deux ? Les vertus curatives de ses eaux s’appliqueraient aux maladies des yeux. Les pouvoirs légendaires s’adresseraient aux jeunes filles soucieuses de se marier dans l’année et d’après A. Goursaud « la dévotion devait se faire isolément, sans s’arrêter à la chapelle et autant que possible avant le jour ». La légende veut encore que st Antoine y ait guéri des écrouelles

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Fontaine St-Pardoux

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Beaucoup de fontaines ont cessé d’être entretenues et quand elles n’ont pas été comblées elles ont peu à peu disparu au milieu des ronces et des taillis. La Fontaine St Pardoux relève sans doute de la première catégorie.

Nous avons éprouvé quelques difficultés pour la localiser : la mémoire populaire, la transmission orale ne trouvant plus d’écho même auprès des personnes les plus âgées du village. Au terme de recherches en mairie et grâce à la collaboration de Mr Matinaud, maire, il a

Son existence est signalée par Mr. Louis Bonnaud (bulletin SAHL tome CXXXVI- 1954) par Mme Colin (Guérir en Limousin - 1970) par Mr Albert Goursaud (La Société rurale traditionnelle en Limousin – 1978) par Mr Pierre Louty (Limousin ensorcelé).

« Au nord-ouest de l’église de Sussac, derrière les maisons bordant la route de Châteauneuf, coule une source abondante connue sous le nom de été possible d’identifier le Pré St Pardoux fontaine St Pardoux, l’eau vive arrosant une puis sa source… comme le décrivait Mr vaste prairie. » Bonnaud 23


Masquée à la vue du passant, dans une prairie très pentue et marécageuse, sous des bouquets d’aulnes et de noisetiers, une source bondissante sort d’une excavation qui autrefois a pu être maçonnée. Une petite rigole d’écoulement, sorte de « chanau » alimente une « peissiro » où pousse le cresson.

Est-ce là, la fontaine décrite par Mme Colin « sorte de puits rectangulaire : 1 m de fond, 1,50 m de large » Du trop plein s’écoule une eau limpide et nerveuse, une rigole d’irrigation « uno lévo » la reçoit. Tels se présentent de nos jours les restes de la fontaine St Pardoux.

Pourquoi Fontaine St Pardoux ? Sans doute en corrélation avec le saint patron de la paroisse de Sussac longtemps appelée Saint Pardoux de Sussac et qui avant la révolution dépendait de l’abbaye de Solignac.

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Saint Pardoux, saint d’octobre, fêté aux alentours du 6, est considéré par certains comme un saint guérisseur des yeux. Aveugles, borgnes, lépreux dont la vue était affaiblie par la maladie se baignent les yeux dans l’eau des fontaines qui lui sont consacrées. A d’autres il apparaît comme saint protecteur du bétail (moutons en particulier).

Nous nous interrogeons : sous le vocable de St Pardoux quelles étaient (ou quelles sont encore) les véritables vertus de la source de Sussac ? Curatives ? Protectrices ? Des processions en liaison avec la statue du saint avaient-elles lieu ?

Mais, qui est Pardoux ? « Pardoux est le fils d’un paysan de la Marche (Creuse actuelle). Un jour qu’il allume un feu avec d’autres jeunes bergers près d’un vieux châtaignier creux, l’arbre s’abat sur lui et il perd la vue. Il trouve sa consolation en Dieu. Jeune adulte il vit en ermite. Il reçoit des visiteurs qui apportent des offrandes ou implorent une guérison. Lorsque le comte de Limoges fonde un monastère à Guéret vers 670 il confie la direction au jeune homme. Pardoux a le don de guérir et poursuit son action bienfaitrice. Il accomplit de nombreux miracles (empoisonnements, paralysie…) et meurt le dimanche 6 octobre 737 ». 25


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Fontaine Saint-Georges

La Fount St Georges, une des plus connues et des plus aisées à trouver. Quittant Roziers-StGeorges en direction de Châteauneuf par la D 39 il suffit de dépasser la petite route du cimetière et 50 m plus haut, à droite, en plein virage une pancarte signale la fontaine. Pour l’atteindre un conseil ! Une bonne partie de l’année il est prudent de se chausser de bottes et de surveiller si le pré où coule la source n’est pas occupé par un troupeau de Limousines. La période la plus propice aux dévotions se situe évidemment les jours proches de la fête du st patron le 23 avril. A cette occasion, un accord tacite passé entre la municipalité de la commune de Roziers et le fermier du pré, permet l’accès à la font St Georges. Soulignons qu’un employé communal assure alors le récurage de la fontaine, l’entretien des abords immédiats et la récolte des pièces de monnaie jetées dans l’eau (elles seront déposées à l’église). Découvrons la source ! Grimpons en haut du pré par le côté droit, le plus pentu. Repérons une petite croix rustique. A son pied une excavation naturelle peu profonde remplie d’eau. Le trop plein de la fontaine s’échappe, à petits flots. Sur le flanc gauche quelques pierres font barrage au ruissellement des eaux d’irrigation du pré. La plus large, plus plate, permet de s’agenouiller et de se pencher sur la fontaine au moment des dévotions. 26


La Fontaine St Georges, du nom du saint patron de la paroisse de Roziers. L’iconographie populaire a toujours représenté st Georges sur un cheval tuant le dragon de sa lance, mais n’oublions pas ses qualités de saint guérisseur. Ici on lui prête le pouvoir de guérir les rhumatismes, les maladies des enfants, celles du bétail. Dans un bulletin de la SAHL, tome LXXIX de 1941, relevons : « Les paysans y viennent en grand nombre, surtout avant l’aube. Ils ont coutume d’emporter de l’eau de la fontaine et d’y jeter des sous en offrande à st Georges. » (Mr. L.Dumazaud) Aujourd’hui, plus de procession, plus de messe comme par le passé, mais encore des visites, individuelles. Pour preuve en ce 24 avril 2008, lendemain de la st Georges, la croyance

locale subsiste : la barrière du bas du pré, largement ouverte, a vu passer des pèlerins. Un bouquet de fleurs printanières, une bougie de procession entièrement consumée, une branche de buis, deux « peillous » au pied de la croix, et, plusieurs pièces de monnaie au fond de l’eau, (en compagnie de têtards !...), rappellent que les dévotions ont encore lieu. Faudrait-il quitter la Fontaine St Georges sans rappeler la légende du Chevalier ? Trois éléments existants la soutiennent : la fontaine évoquée plus haut, l’abreuvoir ou bac de st Georges, ancienne cuve baptismale, face à l’église, enfin, le fauteuil du saint (qu’il faut chercher un peu dans le petit bois à gauche du pré de la fontaine). 27


La l égende Le chevalier st Georges qui aurait vécu un certain temps dans la région, faisait boire son cheval dans un grand bac monolithe qui se trouvait jadis à l’emplacement de la fontaine. A proximité, dans les rochers qui émergent en bordure du pré ,on peut voir l’anneau auquel il attachait son cheval lorsque, pour se reposer, il s’asseyait sur son « fauteuil », petit édifice composé de cinq pierres plates et bien conservé encore aujourd’hui. Le propriétaire du pré, ayant voulu un jour emporter le bac chez lui pour en faire un abreuvoir, le chargea sur une charrette tirée par deux bœufs. Mais lorsque l’attelage arriva devant l’église de Roziers, les bœufs ne purent plus avancer. On en attela deux autres devant, mais en vain. Force fut au paysan de décharger le bac devant l’église, et il y est resté. (D’après Mr Louis Dumazaud Bulletin SAHL 1941 tome 79) NB. Nous devons infirmer les écrits de Mr Dumazaud concernant le fauteuil qui est en fait constitué de trois grosses pierres tourmentées. 28


Fontaine St-Martin

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Une nouvelle fontaine en limite de communes, ChâteauneufLinards. Quelques habitants de Boulandie ou de Lavergne connaissent encore son existence mais n’en parlent que rarement. Tout près du village de Boulandie, sur la propriété de Mr. Maumot, en lisière du Bois Martin et au creux d’une légère dépression, une petite croix de bois peinte en blanc, signale un lieu de culte. A son pied, un trou circulaire d’environ un mètre de diamètre, aux parois brutes, modestement rempli d’eau (20 cm environ). C’est là, la « Fount

Sen Marti ». Des sapins et des noisetiers offrent leur ombrage au lieu de recueillement. Au pied de la croix pousse une fougère phégoptéris, un peu plus bas, une autre, une blechnum spicant, se mire dans l’eau. Des anémones et un pâle trèfle rappellent que le printemps va enfin arriver.

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La Fontaine St Martin se fait discrète et de nos jours doit servir essentiellement d’abreuvoir à la sauvagine. Une rigole d’écoulement se dirige vers une prairie en contrebas. Voici le moment de vérifier la légende : « partout où coule l’eau de la fontaine l’herbe ne pousse pas » (Mr Lucien Dumazaud). Menu, régulier, un filet d’eau s’échappe. Jamais la fontaine n’aurait tari. Mr Maumot qui connaît bien sa source, précise qu’en mai (sans date fixe) la fontaine reste encore un peu visitée. Pour ce faire, en 2008, il a dégagé les abords. Ces dernières décennies, deux frères, très dévots, habitants de Sautour le Grand, assuraient l’entretien. L’eau de la fount St Martin passait pour apaiser les douleurs et soigner le bétail. Bien que sous le vocable de saint Martin (saint de novembre), on venait en pèlerinage ou en dévotion au mois de mai. Autrefois les paysans pouvaient se déplacer d’assez loin (de la région d’Eymoutiers notamment). Les visites s’accompagnaient du cérémonial rituel : offrandes (fleurs, pièces de monnaie), provisions d’eau (à faire boire à la personne ou à la bête malade), dépôt d’ex-voto à la croix (souvent un vêtement). saint Martin, sacré évêque de Tours en 371, malgré son attrait pour la vie ecclésiastique fut un grand voyageur parcourant les campagnes. Il aurait séjourné en Limousin et fait une première halte à Boulandie. Mais là, victime des railleries et des vexations des bergères du village il aurait fui les lieux pour se réfugier à Salas (toujours dans la commune de Linards), plus tard encore à St Bonnet Briance. (D’après L. Dumazaud).

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Les Pierres de Saint Martin

Ne pas oublier qu’à proximité de la fontaine (200 m environ) un petit détour conduit au site des Pierres St Martin. Elles sont porteuses de différentes empreintes qui seraient celles d’un genou, des poings, du chapeau, des plis du pantalon de st Martin...

Anecdote recueillie auprès de Mr Maumot qui la tient de ses ancêtres : « Fin dix-neuvième, un soir d’hiver. Rentrant d’une veillée à Boulandie, un quidam, menuisier-charron de son état, traverse le bois Martin et à hauteur de la fontaine une voix s’élève : « Alors, feras tu comme les autres ? M’abandonneras-tu ? » Notre homme trouva la réponse sans tarder. De ses mains habiles il fit une croix et la planta au bord de la fontaine. » 31


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Fontaine Saint-Pierre

Au cœur du bourg de La Croisille deux fontaines au moins, distantes de quelques centaines de mètres, peuvent retenir l’attention. Fontaine St Eutrope ?

Fontaine St Pierre La fontaine ou Saint Pierre « Fount St Pé » semble avoir beaucoup plus marqué les esprits que sa voisine route de St Vitte. Mrs Lascaux et Gojat nous retracent son histoire dans leur ouvrage « Histoire de La Croisille sur Briance » (page 94) : Fontaine publique communale. En 1872 cédée à un particulier. De nouveau fontaine communale. Après 1900, murée et recouverte d’une dalle béton, l’environnement devenant particulièrement dangereux1 et insalubre. Une pompe (fabrication de Mr Mathieu ferronnier à Châteauneuf) puis une borne fontaine lui donneront un aspect définitif. Jadis, la fontaine St Pierre était recherchée pour ses vertus curatives. L’eau de la Fount St Pé était efficace pour le mal d’yeux2. Marcelle Delpastre cite cette fontaine dans sa carte mythique de la région 32


du Mt Gargan (page 109 Mrs Lascaut et Gojat). Notons que saint Pierre, saint de juin, est le patron de fontaines aux multiples vertus ! Témoignages : (1) : Mme B. a vécu toute son enfance à la Croisille, au centre du

village et se souvient : « La fontaine St Pierre était très dangereuse, c’était un puits. Nos institutrices, à la sortie de l’école de filles nous surveillaient redoutant toujours un accident. » (2) : Mr L. « Pour un sou j’allais remplir une bouteille d’eau à la Fontaine St Pierre et la rapportais à une personne âgée pour se frictionner. »

Fontaine St Eutrope ? La fontaine du quartier de la Vallade parfaitement identifiable se cache au fond d’une impasse humide. Il suffit d’emprunter la rue d’Hoffendorf en direction de St Vitte sur Briance et entre les numéros 21 et 23, Rue de la Fontaine, nous la localisons. Une maçonnerie rustique la ceinture, deux dalles plates la coiffent, une margelle monolithique au niveau du sol complète l’ensemble. Des fougères tapissent abondamment l’intérieur de l’édicule. Fin mars 2008 la hauteur de l’eau frise un mètre.

Le trop plein se fraie un chemin vers les prés, et à la sortie de la fontaine le cresson se fait envahissant. 33


Faux capillaire, langue de cerf, anémones, lychnis, véronique et trèfle abondent Sommes-nous face à la fontaine St Eutrope citée par Mme Colin ou Mr Goursaud ? Et qui, comme toutes les fontaines sous ce vocable soulageait les manchots, les boiteux, les estropiés ? Datant de 1893 une photo de procession à La Croisille. Une procession qui vient de la route de St Vitte et se dirige vers la place. Serait-ce en relation avec notre fontaine ? A vrai dire, la fontaine n’est plus actuellement désignée que sous le nom de Fontaine. Quelques résidents de La Vallade se rappellent être allés puiser l’eau, au seau, pour les besoins domestiques, mais cela remonte à quelques décennies. Mr Lascaut, dans son enfance relate avoir passé des moments passionnants à traquer les loches à la fourchette d’étain dans le ruisseau qui sortait de la fontaine et allait grossir le rio Poulard. Cependant, il devait suivre les recommandations de sa mère pour ne pas s’estropier à la fontaine. Dans le bulletin de la SAHL, tome CXX (pages 178 à196), de 1992 Mr Bonnaud gomme toute ambiguïté : Anniversaire de St Eutrope : pèlerinage de Compreignac… …Un abri construit en 1884 sur les fondations d’une ancienne chapelle dédiée à St Blaise et à St Eutrope, non loin du village de la Monge, et une fontaine proche, accueillent chaque année de nombreux pèlerins. Cette fontaine située à peu de distance du lieu-dit La Crouzille, a été indiquée plusieurs fois par erreur dans la commune de La Croisille sur Briance (Michel Coissac puis Albert Goursaud et Hélène Colin recopiant sans doute le premier). Sous le vocable de St Eutrope ou source anonyme il n’en demeure pas moins que la fontaine identifiée au quartier de la Vallade conserve un charme bucolique presque suranné et qu’en visitant La Croisille elle mérite un petit détour, ne serait-ce que pour la richesse de sa flore. 34


Fontaine St Nicolas du Puy Chat

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Dans le canton voici la troisième bonne fontaine sous le patronage de st Nicolas. Rappelons que vers 1092 une église dédiée à st Nicolas (mort aux alentours de 340) s’élève au sommet du Mont Ceix voisin de Chamberet. Naissent alors des pèlerinages très fréquentés pour y vénérer une relique du saint et pour se rendre aux fontaines à dévotion du site

Les trois paroisses du sud-est de la Haute Vienne : Châteauneuf, Neuvic et Sussac, à vol d’oiseau proches du haut lieu de culte, connaîtront les mêmes dévotions à leurs bonnes fontaines.

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Jadis au Puy Chat, en bordure de la route de Roziers-SaintGeorges, … « …on voyait un affleurement rocheux assez important dont dépassait un bloc de pierre qui portait les marques laissées par saint Nicolas lors de son passage… plus bas une bonne fontaine. » (1) Le rocher a été détruit pour devenir pierre à bâtir et la parcelle de terrain (actuel N° 1607 - nouveau plan cadastral) où il était implanté, mise en culture. La fontaine déplacée puis comblée, disparaîtra. Cependant à l’heure actuelle, une dizaine de mètres en contrebas de l’emplacement connu, une source (ou la source ?) est captée. Dans la pente de la châtaigneraie, sur la parcelle communale N° 1831 nous découvrons une Font Mère où l’eau arrive, généreuse. Une canalisation en part qui permet d’alimenter en eau l’ancien corps de ferme de Mr Piquet, tout en bas du Puy Chat. C’est un droit d’eau

parfaitement reconnu nous dira-t-il. Fontaine de St Nicolas ? Des témoignages confirment ce vocable, Mmes Durand et Vigé les ont précieusement recueillis auprès de Mr et Mme Dumazaud propriétaires du champ, de Mme Suzanne Freisseix qui les tenait de sa Grand-mère âgée de 76 ans en 1973, de Mr Péjout. (2) 36


En 2008, Monsieur Péjout octogénaire du Petit Bueix, nous accompagnant, retrouve sans hésitation l’emplacement de la bonne fontaine. « Je l’ai connue là, au revers du talus, dans l’alignement des cerisiers. » Il allait à l’école de garçons au bourg de Châteauneuf, à pied bien sûr, et partant du Petit Bueix empruntait les raccourcis. Il passait tous les jours près de la fontaine. Etant enfant il se rappelle avoir vu des pièces au fond de l’eau. (1) De Mr Bonnaud : bulletin de la SAHL N°113 de 1986 p. 255 (2) Du même auteur : bulletin de la SAHL N°131 de 2003 p. 386 (Fontaines à dévotions dédiées à st Nicolas)

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Les fontaines de Moussanas LA FONT CHARETIER

Automne 2007 Il faut gagner la Combe au Charetier (appellation du plan de 1832) pour retrouver les traces de la fontaine car la source se serait perdue depuis bon nombre d’années.

En bordure de châtaigneraie, au fond de la prairie de Mr Taubregeas (actuelle parcelle 862) nous atteignons un « carrefour des eaux ».

Une pêcherie où poussent joncs et cresson, alimentée par deux sources, permet de remplir généreusement un grand abreuvoir pour le bétail. 38


A peine 20 mètres plus bas, dans l’alignement d’une haie de coudriers, au pied de deux monticules de terre de déblaiement : un petit trou d’eau ; des pierres lui font barrage. Dans les racines de la cépée de noisetier qui le touche un reste de mur en pierres sèches est enchâssé ; la main de l’homme du XXIème siècle n’a pu réussir à le détruire complètement. En le libérant du lierre et des ronces qui le ceinturent il devient identifiable. Serions-nous sur l’emplacement de l’ancienne fontaine de la Font Charetier ? Certains témoins l’affirment. Tout le laisserait supposer, car nouvel indice : l’herbe de la Vierge y pousse exubérante, comme elle y poussait autrefois. « Il ne fallait surtout pas la couper en faisant les foins, çà portait malheur » fait remarquer Mr Pautou qui habite tout près. Printemps 2008 Des sources taries depuis plusieurs années viennent de réapparaître. Notre petit trou d’eau au pied de son mur a énormément grossi, on dirait bien une fontaine. Mais…pour combien de temps? 39


L’eau de la Font Charetier était bonne pour apaiser les douleurs, les rhumatismes en particulier. Les dévotions avaient lieu en mai, nombreuses autour du 9. André Déléger dépositaire de toutes les traditions locales signalait : « La font Chartier soignait toutes sortes de maux : on s’y rendait le 1er mai, on déposait des branches de lilas dans l’eau et on frottait les parties malades avec un peillou mouillé de l’eau de la fontaine » (http://linards.ifrance.com / Actualités, article du 18/09/2004 Société Historique du Canton de Châteauneuf-la-Forêt - Antenne de Linards).

Témoignages : Mr Lafarge, qui a toujours vécu au village, se souvient : « Enfant je suis monté à la source avec ma grand mère. Il fallait se munir d’un chiffon que l’on trempait dans l’eau, il servait à frotter les parties douloureuses et s’attachait ensuite à une petite croix, faite sur place de deux branches de noisetier puis piquée au bord de la fontaine. » Mme Lhéritier, elle aussi habitant Moussanas depuis sa naissance raconte : « J’accompagnais ma grand-mère à la fontaine. Nous y montions des bouquets de boules de neige et de lilas. Quand les fleurs trempaient dans l’eau ma grand-mère disait ses prières. » Mr Taubregeas qui venait en vacances chez ses grands parents se rappelle avoir vu des ex-voto suspendus aux branches du noisetier de la source. Pour que revive la fontaine il serait disposé à laisser un accès à partir de chez lui (au 8 Puy de Moussanas), durant l’absence du troupeau de son fermier. De même, avec de l’aide, il n’exclurait pas une remise en état de l’emplacement présumé de la fontaine.

LA FONTAINE DES YEUX

OU

FONTAINE DE COMBE L’ABEILLE

Discrètement cachée à la vue du passant, presque enfouie sous les chablis de sapins de la tempête de 1999 il faut aller à sa rencontre. Quelques initiés seulement connaissent encore son existence. De taille modeste, c’est de nos jours un trou circulaire d’environ 1,50 m de diamètre et de 30 à 40 cm de profondeur, rempli d’eau. Quelques pierres font barrage et le trop plein suit doucement la pente du bois en direction du village de Moussanas. 40


Là encore pas d’indications, pas de fléchage, mais de loin un repère : le château d’eau de la Vigne Robert. Sur la D16, quittant Châteauneuf, atteindre la bifurcation Buffengeas-Linards et à gauche emprunter la piste VTT N°5 Mt Gargan, elle descend vers Moussanas. Au bout de 200 m environ, longer un petit bois de sapins sur 50 m, et à droite, s’enfoncer d’une dizaine de mètres dans le sous-bois. En cherchant un peu on découvre la Fontaine de Combe l’Abeille. Cette dernière a pris le nom du lieu-dit de la parcelle 420 (Plan Napoléon de 1832), parcelle désignée alors comme une châtaigneraie. Les descendants de Mr J. Freisseix en sont les propriétaires. On parle plus communément de la « fontaine des yeux ». On lui prête encore ce pouvoir même si, depuis l’abandon de la font Charetier, on lui a attribué celui de guérir …les rhumatismes. L’époque des visites se situait autour des dix premiers jours de mai, surtout le 1er et le 9. Les femmes souvent suivies des enfants arrivaient à la fontaine avec leurs offrandes : essentiellement des fleurs de saison : boules de neige, pivoines, lilas. Témoignage : « Etant petite j’avais mal aux yeux et ma grand-mère pensait que l’eau de la fontaine pouvait me faire du bien. Je l’ai parfois suivie. Avec un peillou bien trempé dans l’eau guérisseuse je me baignais les yeux mais avant, nous avions déposé un bouquet au bord de la fontaine et ma grand-mère avait murmuré ses prières en patois. » 41


Les fontaines de Moussanas avaient-elles un saint patron ? Si oui, lequel ? Mme Colin, avant nous, s’est interrogée et n’a pu recueillir que les propos de son guide de la ferme voisine: « dans le temps, on disait que Sainte Valérie était passée par là et qu’on voyait son sentier vers Sussac où on appelle cellelà, là-bas, la fontaine de l’Epinassou ».

Les fontaines de Moussanas étaient-elles un jalon sur la longue route de st Nicolas vers le Mt Ceix ?

Au Mont-Ceix, près Chamberet en Corrèze:

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de


Fontaine Saint Roch

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Autrefois, chaque 16 août, de nombreux fidèles de Masléon et de ses environs se retrouvaient à l’église paroissiale Notre Dame, pour assister à la messe en l’honneur de saint Roch, patron secondaire de la paroisse. Les dévotions se poursuivaient alors en procession vers les prés jusqu’à la fontaine du saint située à 500 ou 600 m de l’église. Le temps aidant, la ferveur déclinant, l’office ne fut plus suivi que d’une descente à la source, cheminement individuel pour adresser une prière à st Roch et déposer une obole dans l’eau guérisseuse. On prêta, et on prête toujours à st Roch (saint d’août canonisé au 16ème siècle seulement) le pouvoir de guérir de la peste ceux qui l’invoquaient. En Limousin son culte évolua. De guérisseur des hommes il devint protecteur des animaux (1) et enfin saint agraire pouvant faire tomber la pluie ou protégeant les plantes contre le phylloxéra et les maladies contagieuses. (Cf. la légende de St Roch dans la publication de C. Piate « Petite histoire de Masléon» pages 35 et 36.) Aujourd’hui comment localiser la fount St Roch ? Elle a disparu. Fort heureusement sa source demeure. (Voir plan cadastral Masléon section A feuille N°1 ; Les Charbonnières N° 38) Au flanc d’un vallon marécageux où le bétail s’enlisait jusqu’au garrot, les propriétaires : Mme et Mr Bourriquet, Mme Enat procèdent à des travaux de drainage et d’assainissement. 43


Ils ont protégé la source au moyen d’une grosse buse et ont canalisé ses eaux qui ressortent dans un large bac cimenté, en bas de la prairie. Dans la gelée matinale de janvier, les rameaux de ronces éclaboussés par l’eau jaillissante se sont parés de brillantes pendeloques de glace. Mais…l’eau de la source fume !

Les membres de la famille Enat-Bourriquet, attachés aux coutumes ancestrales (2), nourrissent le projet de redonner vie à la fontaine. Ils seraient enclins à remettre la source à l’air libre, leurs travaux d’assainissement terminés.

Ils possèdent une statue de st Roch qu’ils verraient bien prendre place dans une niche à l’emplacement de l’ancienne fontaine. Le public pourrait alors avoir accès au lieu de dévotion, au moins les 15 et 16 août. 44


(1) - saint Roch guérisseur des animaux « La tradition raconte qu’une dame propriétaire dans le village (La Courrière de Champsac) voyait tout le bétail de ses domaines atteint d’une maladie contagieuse qui le décimait et reconnaissant l’impuissance de le guérir par les moyens ordinaires eut recours à st Roch ? Elle fit le vœu de bâtir en l’honneur du saint une chapelle et de lui donner tout le terrain environnant, lui demandant en retour, de ramener la santé dans ses étables. Elle fut exaucée » Un oratoire fut bien construit, un linteau de porte d’entrée daté de 1532 en atteste. (d’après Albert Goursaud : La Société rurale traditionnelle en Limousin tome 2 page 523)

(2) - Parmi leurs souvenirs de famille une photo : le récurage de la fontaine vers 1960, et quelques pièces de monnaie oxydées, partie d’un modeste trésor !

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P l u s d ’i n f o s Plus d’informations sur l’histoire du canton de Châteauneuf la Forêt : Commandez les fascicules de la Société Historique et retrouveznous sur le Net. 1 Le presbytère de Linards, 1668 - 1913 2 Linards, Sautour, Le Duveix, documents d’archives du XIII° au XIX° siècles. 3 Les routes de Linards, 1788 - 1913 4 Découvertes archéologiques à Linards 5 L’insurrection de Linards, 6 décembre 1851 6 L’impôt de 1789, taille, rentes et dîmes à Linards 7 Le village et prieuré du Duveix de 1100 à 1914 8 Essai de chronologie et de toponymie 9 Les archives notariales de Linards, 1767-1789 10 Les bâtiments publics de Linards Vol.I 11 Les bâtiments publics de Linards Vol. II 12 Seigneur et tenanciers de Meyrat aux XVII° XVIIIsiècles 13 La Révolution et ses conséquences à Linards, 1789 - 1851 14 Les possessions ecclésiastiques à Linards 15 La vie quotidienne au XVIII° s. d'après les inventaires du notaire de Linards 16 La commune de Linards d'après les plans féodaux du XVIII° siècle 17 Terre et société à Linards d'après l'état des fonds de 1753, et microtoponymie 18 Faits divers et société à Linards de 1848 à 1914 19 Vie et personnel politique à Linards au XIX°s. 20 Rythmes démographiques à Linards, 1739-1789 21 Le régime féodal à Linards de 1354 à 1789 22 Les linardais devant la justice au XIX° siècle 23 Rythmes démographiques à Linards, 1793 1892

1 L’église de Châteauneuf ou «les péripéties d’une construction » 2-Le quartier de Ste Marie la Claire 3-Recherche sur les origines d’une légende «St Antoine de Padoue aurait eu une vision de l’Enfant Jésus au château de Châteuneuf la forêt » 4-Clin d’œil 1ère partie : l’état des villages de la commune de Châteauneuf la forêt il y a 160 ans. 5-Clin d’œil 2ème partie : l’état du bourg de Châteauneuf la forêt il y a 160 ans. 6-Firmin et Amédée TARRADE et les élections législatives de 1889 à 1928. 7-La Combade (1ère partie). 8-La Combade (2ème partie). 9-Tramways et ligne 4 (1ère partie) 10-Recueil et essai de traduction des mots et expressions en patois de Châteauneuf et des environs. 11-Tramways et ligne 4 (2ème partie). 12-Concentré d’articles «30 ans de la vie de Châteauneuf la forêt à travers la presse locale de 1852 à 1883. 13-Clin d’œil sur les dix communes du Canton de Châteauneuf la forêt.

Société Historique du Canton de Châteauneuf-la-Forêt Mairie de Châteauneuf - 8 place du 8 mai 1945 87130 Châteauneuf-la-Forêt Site Internet : http://canton-chateauneuf.ifrance.com 46


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Les fontaines à dévotion Les 10 églises du canton

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Châteauneuf-fontaines  

Guide de visite des fontaines à dévotion du canton de Châteauneuf la Forêt

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