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L'édito

En

Actu : L'Edito • EN BREF

Un monde sans journalistes Sans se réfugier dans un corporatisme étriqué, essayons d’imaginer un monde sans journalistes. Le déferlement de haine contre les médias, favorisée par les fake news qui prolifèrent sur les réseaux sociaux, doit être décrypté avec lucidité par l’ensemble de la profession de journalistes. Eh oui. C’est un métier. Il se révèle cependant impératif de se livrer à une autocritique comme le précise Jean-François Kahn dans Le Monde alors que le mouvement des gilets jaunes s’étiole mais n’est pas près de cesser. Le baromètre de la confiance envers les médias réalisé par le groupe Kantar pour La Croix est au plus bas. Les journalistes sont jugés indépendants par seulement un quart des sondés. Cela justifie que la profession s’interroge sur les dérives du traitement de l’info spectacle qui avait atteint son paroxysme lors des attentats de 2015. Depuis les chaines d’infos continues, de nombreux médias ont pris

conscience des pièges de la surenchère. Globalement les chaines d’infos continues ont « fait le job ». L’extrême confusion des attentes des gilets jaunes n’a pas facilité la tâche des journalistes, éternels bouc-émissaires. Profitons de cette crise sociétale majeure pour renforcer dès l’école l’éducation aux médias. Ouvrir le dialogue avec le public. Les plus vifs détracteurs de la presse ignorent comment elle fonctionne. L’occasion nous est fournie de mettre en place une nouvelle approche du journalisme fondée sur l’expertise, l’éthique, la parfaite connaissance du numérique. C’est un vaste chantier. Mais il y va de notre avenir. Et peut-être de celui de la démocratie. Imaginons un monde sans journalistes. Il suffit de regarder les chaines de télévision de certaine dictatures. Paul Barelli, Président du CPM06

Sommaire

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L'Édito / En bref .................................... 2-3 Entre nous : Conseil d'administration CPM06.. 4-5 Culture : Fondation Maeght............................6 Moscovici et Sanchez.................................. 6 Monaco dans l'oeil de Wyl............................7 Expo Christine Spengler ....................... 8 Motor Film Festival .......................................9 Focus partenaire : DCF Côte d'Azur........ 10-11 Dossier : Journalistes/Gilets Jaunes..........12-15 N°102 - Mars 2019 Actu Photo ............................................... 16-17

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Paul Barelli / Rédacteur en chef adjoint : Vincent-Xavier Morvan / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet  Ont collaboré à ce numéro  : Abdellatif Azdine, Paul Barelli, Valery Hache, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan, Alexander Sandvoss Edition : Club de la Presse Méditerranée 06 / Maison des associations Comte de Falicon, 52 av. du Ray - 06100 Nice 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

Un nouveau DDSP pour les AlpesMaritimes

Jean-François Illy, précédemment directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) à Strasbourg, est le nouvel homme fort de la police sur la Côte d’Azur. Depuis le 1er février, il a succédé comme chef de la DDSP des AlpesMaritimes au contrôleur général Patrick Mairesse. Ce dernier, qui avait été installé en juin 2017 à Nice, a rejoint la Gironde en qualité de directeur départemental de la sécurité publique, coordonnateur de la zone Sud-Ouest. Le Club de la presse 06 souhaite au nouvel arrivant, en attendant de faire sa connaissance, la bienvenue dans la région

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Sortie du Médias Com'06 2019 La soirée de présentation du Médias Com'06 2019, l'annuaire des médias et de la communication dans les A-M et Monaco du CPM06, aura lieu le mercredi13 mars au Grand Château de Valrose, en partenariat cette année encore avec l'Université Nice Sophia-Antipolis (accès à la soirée sur invitation et réservation uniquement). L'édition 2019 sera en vente tout au long de la soirée au prix de 15 € (au lieu de 20 €)

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bref...

Actu : EN BREF

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Lilian Thuram à Nice le 7 mars avec les amis de la Liberté « On ne naît pas raciste, on le devient ». Tel est le thème de la conférence que donnera Lilian Thuram, le 7 mars prochain, à Nice. Organisée par Les Amis de la Liberté, la Fédération Paca des associations des outre-mer et le Centre de recherche de l’histoire des idées de l’Université de Nice, cette conférence se déroulera, à partir de 18h30, Amphi n°4, du campus Saint-Jean-d’Angely. Elle

(thuram.org). Son combat pour « nciter à la fraternité » selon l’expression d’Yves Coppens, membre du comité scientifique de la Fondation, rejoint celui des Amis de la Liberté, association d’éducation populaire, dont la devise est : « Aie le courage de savoir ! »

sera suivie d’une séance de dédicaces des ouvrages de Lilian Thuram, parmi lesquels son livre-hommage à Nelson Mandela.

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Après une brillante carrière internationale de footballeur marquée, en 1998, par un titre de champion du monde, Lilian Thuram a pris la tête d’une Fondation d’éducation contre le racisme

CPM06

Le Club de la Presse partenaire de la 34e édition des Journées du Film Italien Rendez-vous du samedi 16 au samedi 30 mars 2019 ! Un cinéma plusieurs fois récompensé à Cannes, et un évènement niçois qui n’a plus rien à prouver avec le meilleur des productions récentes. Cette année, nous découvrirons 52 projections réparties sur : - 16 films en VOSTF, inédits en France - 7 films inédits FR - 2 en compétition off éVÈNEMENTS À NE PAS MANQUER  : 16-03-19 (20H30) : soirée d’ouverture avec la projection du film Lo c’è, d’Alessandro Aronadio, une comédie avec Edoardo Leo et Margherita Buy.

21-03-19 (20H30) : avec la venue exceptionnelle du réalisateur Francesco Falaschi pour présenter son film Quanto Basta (Prix du Public, Toulouse 2018). 22-03-19 (18H30) : soirée autour du réalisateur Paolo Sorrentino, avec une conférence animée par la Dante Alighieri de Nice, suivie de son dernier film Loro (Silvio et les autres). 28-03-19 (20H30) : soirée en partenariat avec l’Association API 06/83, autour du film Sono Tornato de Luca Miniero. 30-03-19 (18H00) : soirée de clôture avec le film Made in Italy, très beau film du chanteur star Luciano Ligabue avec Stefano Accorsi, toujours excellent. A noter, l’exposition photographique

Ciao Italia ! (version itinérante), consacrée à l’histoire de l’immigration italienne en France de 1860 à 1960

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Josselyne Bélieu

Moya et le Carnaval Dans cet ouvrage de 172 pages, vous retrouverez presque toutes les réalisations de Patrick Moya pour le carnaval de Nice du milieu des années 1990 (St Roch, les parades...) aux années 2000. Découvrez ou redécouvrez les participations de Moya

au Carnaval de Nice avec des photos avec les chars et les grosses têtes en action, mais aussi avec des dessins et projets, comme pour le Carnaval de 2019. Le Cybercarnaval (ou carnaval virtuel), une création Patrick Moya à partir de 2009, ainsi

que le Queernaval ne sont pas oubliés dans ce quatrième tome de la Collection L’Encyclopédie du Moya Land, chez la Maison d’Edition Baie des Anges CPM06

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Moya et le Carnaval 172 pages couleurs -15 euros – Edition Baie des Anges


Actu Club • 4 • ACTU CLUB

Club de la Presse Méditerranée : le conseil d’administration réélu à l’unanimité

Lors de sa dernière assemblée générale, le Club de la Presse Méditerranée 06, regroupant journalistes et communicants des Alpes-Maritimes et des pays du pourtour méditerranéen, a renouvelé ses administrateurs pour l’année 2019. L’assemblée générale ordinaire s’est tenue jeudi 7 février dans les locaux de France Bleu Azur à Nice.

Une partie du Conseil d’administration, de gauche à droite : Philippe Bellissent, Pierre-Olivier Burdin, Vincent-Xavier Morvan, Jean-Michel Chevalier, Paul Barelli, Josselyne Belieu, Abdellatif Azdine, Jean-François Téaldi et Nicole Laffont. © Philippe Déjardin.

France Bleu Azur accueille le Club de la Presse

maison de la radio de France Bleu à Nice. Les membres du Club de la Presse ont été chaleureusement accueillis par son Les journalistes et communicants des directeur Thierry Sabourdy. Dans son disAlpes-Maritimes se sont retrouvés à la cours, le patron de France Bleu Azur rap-

pelle la grande nouveauté de la rentrée : le rapprochement de France Bleu Azur et France 3 Côte d’Azur pour offrir une matinale filmée et diffusée sur F3. Les chroniques, les reportages de la rédaction et


les rendez-vous quotidiens sont mis en image à la télé. La matinale de 7h est filmée en direct, place Grimaldi à Nice.

L’heure de l’élection

À l’issue de son discours, Thierry Sabourdy donne la parole à Paul Barelli, président du Club de la presse 06. Dans le studio où désormais la matinale est filmée, Paul présente le bilan général 2018 et passe le micro à Vincent-Xavier Morvan, vice-président, pour faire un point sur les actions du club entreprises dans l’année. Ce sera à Nicole Laffont, trésorière, de présenter le bilan financier plutôt positif du club. Paul Barelli reprend la parole pour ouvrir le vote de l’élection des onze administrateurs

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CPM06

Ont été élus :

Paul Barelli, correspondant du Monde, réélu Président du Conseil d’Administration. Vincent Xavier Morvan, Le Figaro, Elle : Vice-président Nicole Laffont, journaliste indépendante, ex. Nice-Matin : Trésorière Tanja Stojanov, journaliste culture : Secrétaire générale

Administrateurs :

Abdellatif Azdine, Le Patriote Josselyne Belieu, journaliste mutualiste Pierre-Olivier Burdin, Tribune Bulletin Côte d’Azur Jean Michel Chevalier, les Petites Affiches Robert Kudelka, France Bleu Benoît Ruiz, BFM TV Jean-François Tealdi, ex. France Télévisions. Philippe Bellissent, consultant en communication, a été réélu représentant du collège des communicants. Suppléant : Ivan Bellais, Relations Extérieures Côte d’Azur SNCF.


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CULTURE La collection sous un nouvel CULTURE

angle à la Fondation Maeght de Saint-Paul La Fondation Maeght c’est d’abord un certain état d’esprit. Une façon très particulière de mettre en scène les artistes et de rendre hommage aux donateurs. Un nouvel accrochage permet de découvrir des œuvres nouvellement sorties des réserves ou récemment offertes. Un ensemble de morceaux choisis pour composer une symphonie inédite en ce lieu mythique. Une fois de plus on peut admirer la diversité et la richesse de l’une des plus importantes collections en Europe de peintures, sculptures, œuvres graphiques et dessins modernes et contemporains. Pas moins de quatre-vingts artistes sont représentés parmi lesquels les amis de

cœur de la Fondation : Georges Braque, Alexander Calder, Marc Chagall, Eduardo Chillida, Fernand Léger ,Joan Miró. Cet accrochage se réfère également aux grandes expositions récentes avec des œuvres de Gérard Gasiorowski,

Jacques Monory, Gérard Garouste, Lee Bay, Djamel Tatah, Marco Del Re, Louis Cane, Eduardo Arroyo, etc…. On mesure combien l’éclectisme s’impose ici comme une règle d’or, l’objectif étant de tisser des liens entre les principaux acteurs de la modernité sans parti pris, sans céder au goût du jour. Une belle leçon de modestie

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Nicole Laffont Jusqu’au 16 juin. « L’esprit d’une collection: Les donations ». Fondation Maeght, 623, chemin des Gardettes - Saint-Paul-de-Vence. Tel. : 04 93 32 81 63 info@fondation-maeght.com

Flora Moscovici et Linda Sanchez, rencontre inédite à la Villa Arson Un vaste espace, la galerie carrée de la Villa Arson, pour une rencontre inédite entre deux artistes qui ne se connaissaient pas auparavant. Tel est le pari de cette exposition qui naît donc d’un dialogue entre deux créatrices et le lieu qu’elles investissent. Le site de la Villa Arson a constitué le premier point d’ancrage des échanges de Flora Moscovici et Linda Sanchez autour des ambivalences qui se dégagent de l’architecture, entre labyrinthe, navire et forteresse . Les deux créatrices ont également joué sur les relations entre le bâti et le végétal, entre

les lignes des bâtiments et le foisonne-

ce lieu devenu un laboratoire pour les travaux des jeunes artistes à la pointe de la modernité. L’occasion également de visiter cette « Villa » historique, située sur les hauteurs de Nice, aujourd’hui Centre National d’Art Contemporain.et résidence d’artistes

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Nicole Laffont

ment des formes et des essence méditerranéennes présentes dans le jardin. Le résultat: une installation produite in situ , inédite, saisissante, à découvrir ce

« Dérobées ». Flora Moscovici et Linda Sanchez Villa Arson - 20 Avenue Stephen Liegeard, Nice. Tel.: 04 92 07 73 73


CULTURE • 7 •

Monaco dans l’œil de Wyl : fabuleux !

Un regard nouveau, sensible, inventif et introspectif sur Monaco. Le photographe Wyl s’est longuement promené en Principauté. Il a imaginé comment les tours et immeubles de luxe pouvaient prendre l’eau tant il est vrai que rien n’est immuable, que l’on ne se baigne jamais dans le même fleuve comme disait Héraclite et que la nature parfois crée des cataclysmes peu prévisibles. Et c’est avec art qu’il imprime sur ses clichés des sculptures empruntées aux classiques. Ainsi le baiser de Rodin fait face à cette somptueuse demeure qui, sur le célébrissime Rocher, abrite le tribunal. Et l’on conçoit ainsi différemment les

choses. Comme si cette façade encadrée d’escaliers élégants pouvait abriter quelque galanterie n’ayant que peu de rapport avec les procès qui s’y déroulent. « Vivre sur la Côte d’Azur, c’est être confronté au beau, à la lumière, à la douceur de vivre, à un patrimoine majestueux…mais c’est également côtoyer l’éphémère, le superficiel, et ne retenir au fond que l'essentiel : l’art, l’amour, la mémoire, le temps qui passe… w». Wyl oscille entre la création et la spiritualité. Très profond et abouti, son art renvoie à des questions métaphysiques essentielles. Comme le montrent ses portraits d’âmes riches de références univer-

selles et pourtant fortement singuliers. Magiques. Hormis un indéniable talent plastique, Wyl nous livre en filigrane une réflexion très humaine sur le destin des êtres et les paysages qui les habitent. A savourer et à méditer

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Nicole Laffont WYL. Uni-vers-photos. 1 rue Penchienatti. Nice. Tel 06 20 44 08 43


Culture •8•

Culture

Exposition Christine Spengler : L’Opéra du monde Du 15 février au 26 mai 2019, la Ville de Nice vous invite à découvrir l’exposition « Christine SPENGLER. L’Opéra du monde » au musée de la Photographie Charles Nègre, 1 place Pierre Gautier Nice. Tous les jours de 11h à 18h sauf le lundi, le dimanche de Pâques et le 1er mai.

Christine Spengler est un monument de la photo de guerre. Mais plus encore. Cette femme singulière au courage exceptionnel qui a frôlé la mort à plusieurs reprises est une grande artiste et une écrivain. Elle manie l’ironie tel un défi lorsqu’elle affirme : « Je demande à partir en reportage mais on ne me le propose pas ! ». A Nice, avec humilité, elle a expliqué son travail et son parcours. L’exposition « L’opéra du monde », comme le livre qui l’accompagne, renvoie à une conception simple et réfléchie de la photographe  : « Un opéra, c’est tragique et magnifique à la fois. » Cet opéra grandiose, qui couvre trente années de conflits, révèle deux facettes intimement liées de son travail : toutes ses couleurs viennent de la guerre. Christine Spengler a trouvé grâce à la photo le moyen de « briser les frontières entres les vivants et les morts ». Christine Spengler est cette fille de bonne famille qui, en 1970, grimpa à bord d'une Land Rover avec son jeune frère Eric pour une traversée quasiment suicidaire du Sahara. Avides d'absolu, ils ont fini par rejoindre leurs héros, les Toubous, qui se battaient dans le Tibesti, zone désertique du nord du Tchad, contre l'armée française. Ce furent les premières images de la grande reporter de guerre. Christine

Spengler a ensuite vécu l'horreur : la dévastation, les massacres au ProcheOrient, au Salvador ou au Rwanda. Dans les pages de Paris Match ou du New York Times, elle a rendu compte de scènes terribles. Comme cette gamine agenouillée à côté du cadavre de sa mère sur le carrelage nu de l'hôpital de Phnom Penh (1976), dans le Cambodge ravagé par les Khmers rouges.

2016), prise dans la « jungle » de Calais, montre le visage souriant d'un homme, encadré dans la fenêtre en plastique d'un abri de fortune qu'il a transformé en œuvre d'art. Son existence a été marquée par un drame intense. En 1973, son frère Eric se suicide. Elle revêt les habits du deuil - à Beyrouth on la surnomme l'« aswada » (la femme en noir) -, côtoie la mort partout où le monde se déchire. Quelques années plus tard, s'identifiant à toutes les victimes qu'elle a photographiées, elle s'inspire du travail de consolation des veuves iraniennes ayant perdu leurs maris dans la guerre contre l'Irak. Comme elles, Christine Spengler décore alors avec des fleurs, mais aussi des coquillages et des objets loufoques, les portraits de son frère mais aussi de tous ses chers disparus ou personnages admirés, telle Marguerite Duras. Elle plante ainsi celui de sa grand-mère dans une tarte aux myrtilles. Ces photomontages baroques arborent les couleurs de Pedro Almodóvar. L’exposition traduit la furieuse envie de vivre de Christine Spengler

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Ses clichés en noir et blanc, en grand format, font souvent preuve d'un humour dénonçant l’absurdité des conflits. Une de ses photos les plus récentes (janvier

Paul Barelli


Culture

CULTURE • 9 •

Nice : Le « Riviera Motorcycle Film Festival » Un public résolument international !

Pour sa deuxième édition, l’unique festival français du genre qui s’est tenu du 15 au 17 février à l’Espace Magnan, a confirmé une sélection de films de belle teneur en dépit d’un budget a minima. Un palmarès percutant. Cette année encore, s’y sont rejoints plusieurs réalisateurs et producteurs internationaux, ainsi qu’un public de passionnés venus de Belgique, Bulgarie, Italie, Portugal, New-York, Québec… et bien entendu, de plusieurs départements français. Son atout, intéresser un public pas forcément motard. Tout un esprit. Le marathon a débuté par une soirée « Warm Up » de présentation organisée

Palmarès - Prix du Long-métrage : « Au Nom du Père » de Stéphane Paquin (Québec-Canada-53’) retraçant la carrière fantastique du pilote Miguel Duhamel, ayant remporté le plus de courses de toute l’histoire de l’American Motorcycle Associations, soit 86 victoires toutes catégories confondues qui lui permettront de mettre huit championnats à son actif. - Prix du Moyen & Court-métrage : « Parts & Labor » de Benjamin Galland (EtatsUnis, 23’) évoquant une relation père-fils difficile et aimante. Greg, un préparateur de motos d’époque, propre et sobre, a fait une trêve avec les démons de son passé violent. Jusqu’au jour où réapparaît Tim, le fils qu’il a délaissé il y a plusieurs décennies, de retour d’une peine de prison qui lui a valu des années de souffrance et de ressentiment. Père et fils devront se pardonner ou mourir.

la veille au Ma Nolan’s Irish Pub sur le port de Nice. Pour l’occasion, le musicien et producteur du film « Be Continental Circus » se produisait avec son groupe « Lara Palmers & The Indian Runners ». S’en suivirent trois jours de projection réunissant deux films hors compétition (dont « Vitesse oblige », un des tout premiers de Jacques Doillon), cinq longsmétrages, et douze moyens & courts-

métrages, tous projetés en français ou sous-titrés. Les délibérations s’avérèrent difficiles pour le jury au point de créer une mention spéciale dédiée à un film exceptionnel dont les liens avec la moto furent longuement discutés. Un bilan d’autant plus positif

- Mention spéciale du Jury : « Back to Berlin » de Catherine Lurie (Angleterre, 59’), où inspirés par les motards héroïques du maccabia des années trente (jeux olympiques juifs), onze motocyclistes transportent la flamme jusqu’au stade olympique de Berlin en arborant le drapeau israélien sur tout leur trajet depuis TelAviv. Un haut moment symbolique. On y découvre la résonance glaciale déclenchée dans chacun des pays européens concernés par ce road-movie, alors que chaque motard découvre ou révèle comment sa famille a survécu. - Prix du Public : « Au Nom du Père ».

ter pour L’Equipe, il fut aussi le premier journaliste moto en France diplômé d’une école de journalisme. Auteur de nombreux ouvrages sur le monde de la moto (Tourist Trophy, Continental Circus…), ainsi que de biographies (Christian Léon, Barry Sheene…), Jacques Bussillet continue à intervenir activement pour la presse spécialisée.

Le jury 2019 Le Président du jury : Jacques Bussillet, véritable encyclopédie vivante du monde de la moto, ancien rédacteur en chef de Moto Journal, repor-

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Josselyne Bélieu.

Les membres du jury : - Nicole Barbaroux, formatrice et Présidente de l’Association Esprit Motard 06. - Pierre Bracaleone, journaliste moto et rédacteur en chef de RAD Magazine Online. - Didier de Radiguès, ancien pilote professionnel multi-champion GP, instructeur, commentateur TV et photographe d’art. - Lydia Trugio-Beaumont, pilote pluridisciplinaire et fondatrice du Mag’Motardes.


PARTENAIRE • 10 •

PARTENAIRE

DCF Nice Côte d'Azur : une femme au pouvoir

Les Dirigeants Commerciaux de France (DCF) est une association professionnelle et amicale de femmes et d'hommes qui constituent le premier réseau d'entrepreneurs et d'experts de la fonction commerciale. À ce titre, chaque membre contribue, par son action locale, régionale et nationale, à promouvoir et valoriser une fonction commerciale. Laurence Barruel maîtrise les subtilités du monde commercial. Cette jeune femme, très motivée par tout ce qui a trait aux entreprises, privilégie le contact humain dans son approche professionnelle. Elle croit aux vertus du dialogue et de l’écoute : « il ne faut jamais négliger le facteur humain » souligne-telle. Elle est consciente que la fonction commerciale souffre parfois d’une image négative en France. Profession précaire, difficile, les préjugés à son encontre sont nombreux. Elle regroupe pourtant de nombreux métiers d'une grande richesse et « c’est un moteur indispensable à la croissance et au développement des entreprises ! », poursuit-elle. Laurence Barruel veut susciter de nombreuses adhésions au bureau DCF, Dirigeants Commerciaux de France Nice Côte d’Azur dont elle a pris la présidence en décembre. Elle rem-

place Mickaël Rolland, élu en janvier 2017, qui restera au sein du bureau jusqu’à la prochaine élection. La nouvelle présidente sera en poste jusqu'en janvier 2021. Elle dispose d’un atout : son

expérience comptable. Laurence Barruel vit depuis 18 ans en Italie où elle a intégré un cabinet d’expertise comptable

à Vintimille à propos duquel elle explique : « J’ai créé un département qui est destiné à la clientèle française. Nous accueillons les entreprises françaises, plutôt des grandes, qui souhaitent investir sur le marché italien. Nous les conseillons au plan fiscal, comptable et gestion du personnel ». Il y a actuellement un millier d’entreprises françaises sur le marché italien. Laurence Barruel, dans l’immédiat, se fixe une priorité  : le recrutement de nouveaux cadres commerciaux de grands groupes afin d’apporter de la diversité au sein des DCF. Dans cette perspective, une grande soirée est prévue le 14 mars (cf. encadré). Un évènement phare. La présidente s’assigne également pour objectif de renforcer les partenariats des DCF Nice Côte d’Azur qui compte déjà La Poste, JC Decaux, l’Apave ou l’Allianz Riviera.


PARTENAIRE• 11 •

Autre ambition de Laurence Barruel : rajeunir la délégation Nice Côte d’Azur. Il existe déjà les DCF juniors qui regroupent les moins de 30 ans : « Le vice-président de l’association qui a luimême moins de 30 ans impulse un rythme différent au comité directeur ». Troisième objectif : féminiser la délégation. Quand Laurence Barruel a fait son entrée au DCF, en 2008, elle était la seule femme avec la présidente. « Aujourd’hui, le comité directeur est à parité, il y a autant de femmes que d’hommes, indique-t-elle. Et sur l’ensemble des membres,

on était à 20 % de femmes et je pense que nous atteindrons les 40 % sur 2019. C’est une petite révolution au sein de notre association, mais positive. Car les adhérents sont ravis que les femmes puissent apporter une vision différente ». Enfin, Laurence Barruel ouvre, parallèlement, la délégation Nice Côte d’Azur à d’autres professions que le commercial, par exemple des directeurs techniques informatiques de startup

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CPM06

14 mars : la soirée évènement des DCF Nice Côte d’Azur La soirée du 14 mars des DCF qui va se dérouler dès 18h30 à l’Allianz Riviera va réunir le monde de l’entreprise de la Côte d’Azur. Elle commencera par une présentation des DCF Nice Côte d’Azur et les objectifs de 2019. Point fort : à 18h45, Jean Muller, le président national des DCF, qui est également Directeur général délégué commerce et développement de Jean Claude Decaux (numéro 1 du mobilier urbain) tiendra une conférence sur un thème d’actualité : « L’intelligence commerciale, le moteur de la performance de votre entreprise ». La conférence sera suivie d’un débat avec le public. Durant cette soirée il sera question du concours de la semaine de la performance commerciale des entreprises, qui devient « DCF Awards ». Cette formule renouvelée permettra de mettre en lumière les entreprises

qui valorisent la fonction commerciale et développent l'intelligence commerciale. Les entreprises pourront candidater à partir de mi-mars dans l'une des quatre catégories suivantes: TPE/PME, entreprises de taille intermédiaire (ETI), start-up, entreprises sociales et solidaires. A l’automne 2019, les entreprises les plus performantes seront sélectionnées et mises à l’honneur lors de soirées de remise de trophées organisées par les associations DCF. Les meilleurs dossiers seront sélectionnés pour concourir à la finale nationale DCF Awards qui aura lieu à Paris le 30 janvier 2020. La soirée du 14 mars à Alllianz s’achèvera par un cocktail dinatoire avec DJ.

Le Club de la Presse 06 remercie ses partenaires 2019


DOSSIER Gilets jaunes / journalistes : pourquoi tant de haine ?

Ce dossier d’Intermed est consacré au traitement médiatique du mouvement social des gilets jaunes. Récit des difficultés rencontrées par nos confrères. Des journalistes ont été agressés par certains gilets jaunes, des casseurs ou certains membres des forces de l’ordre. Intermed s’efforce de décrypter les causes de l’hostilité anti-journalistes.


DOSSIER

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Journalistes : la nécessaire remise en question Qui aurait imaginé, il y a six mois, qu’une telle haine allait déferler sur les journalistes ? Insultes, menaces de viol, jets de projectiles, coups, scènes de lynchage… Après plusieurs agressions de journalistes, des agents de protection accompagnent des équipes de télévision ou de radio lors de mobilisations de « gilets jaunes ». Une « escalade de la haine » dénoncée par l’ONG Reporters sans frontières, qui héberge sur son site la pétition #Libresdinformer, lancée par des collectifs de journalistes et de citoyens pour défendre le droit d’informer. La méfiance à l’encontre de cette profession est aussi ancienne que le journalisme. Depuis son avènement il y a plus de quatre siècles, la presse est l’objet d’attaques incessantes. Cette critique des médias est salutaire dans une démocratie. Le phénomène social majeur des « gilets jaunes » a désigné les journalistes comme complices du pouvoir, accusés d’avoir ignoré les souffrances de toute une frange de la population. Dans ce contexte de crise sociale où la presse est prise à partie, les indicateurs du 32e Baromètre de la confiance dans les médias réalisé par le groupe Kantar pour La Croix sont en chute libre. Si l’intérêt pour l’actualité remonte (à 67 %, + 5 points), les journalistes sont jugés indépendants par seulement un quart des sondés et la confiance envers les différents médias est au plus bas.

« Journalistes collabos »

Aux cris de « journalistes collabos, on aura votre peau ! », certains « gilets jaunes » ont agressé des confrères. Certains policiers en ont fait de même. La situation est sans précédent. « Ce n’est plus la presse mais son pluralisme, et la démocratie qui sont remis en cause, s’est indigné Vincent Lanier, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ). Aucune colère ne saurait justifier la violence contre les journalistes ». La fureur antimédiatique des « gilets jaunes » englobe souvent, à tort, tous les journalistes qui font bien leur travail et tous ceux qui, encore plus nombreux, regrettent de ne pas pouvoir le faire mieux. Le Club de la Presse Méditerranée 06 soutient naturellement la profession. Nous avons, depuis notre création en 1997, œuvré afin d’assurer une meilleure connaissance de notre métier auprès du public. Sans se réfugier dans un corporatisme de repli, le Club de la Presse Méditerranée 06 a organisé dès 2015 de nombreuses conférences-débats sur la révolution numérique et ses conséquences pour les journalistes ; sur le traitement des massacres terroristes par les médias ou encore la lutte contre les fake news. Dans le contexte violent actuel, une des missions de notre club relève d’une impérieuse urgence : ouvrir le champ de la réflexion sur le rôle des médias. Et amorcer une nécessaire remise en question de notre profession. La révolution numérique a favorisé la mobilisation des « gilets jaunes », en particulier par le biais des réseaux sociaux.

Autocritique des médias

« Une autocritique des médias s’impose », comme le souligne Jean-François Kahn dans Le Monde. La couverture des gilets jaunes a généré des débats dans les rédactions. Dès la mi-décembre, Laurent Guimier, le vice-PDG d’Europe 1, et son conseiller Guy Birenbaum faisaient leur « média culpa » dans une tribune aux Échos, confessant un manque de terrain et un trop-plein de « journalisme de commentaire », et invitant les médias à se « réinvestir dans des missions » délaissées. Des discussions ont également été ouvertes à TF1 ou BFMTV. L'historien des médias Alexis Lévrier commente dans Midi Libre le désamour de l'opinion publique pour les journalistes et même la haine : « La critique radicale des médias a contribué à créer les gilets jaunes, assure-t-il. Cette critique risque de fabriquer le pire : un monde sans journalistes. On peut s’en passer. C’est techniquement possible. Il y aura de toutes façons des médias : on peut tous devenir des producteurs avec un smartphone. Les “gilets jaunes” fabriquent leur propre enfer. Ils en seront les premières victimes ». Mais le travail journalistique a cette utilité qu’il va confronter les sources pour faire la part entre la vérité et le mensonge. C’est en ce sens-là que les journalistes sont irremplaçables. Il parait que les cimetières sont remplis de gens irremplaçables !

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Paul Barelli


DOSSIER Témoignages

Christophe Napoli, journaliste pigiste pour plusieurs médias audiovisuels sur la Côte d’Azur « Le premier souvenir que j’ai ce sont les ronds-points de SaintIsidore à Nice et celui d’Antibes où, d’entrée, ça s’est corsé, avant même qu’au niveau national les premières difficultés des journalistes à travailler sur le mouvement soient relayées. Quand j’arrivais, notamment pour BFM, on nous faisait comprendre que c’était clairement pas la chaîne qui était appréciée par les manifestants. Ensuite je suis allé dans le Var où, progressivement, on a identifié certains secteurs où on pouvait bosser, des rondspoints avec des manifestants plus ouverts à la discussion. Sur certains ronds-points on a même été très bien accueilli, c’est pour ça que je pense que dans ce mouvement il y a vraiment un côté pluriel. Je suis allé il y a quelques jours au Cannet-des-Maures, il y a un groupe qui nous appelle, qui nous envoie des communiqués pour qu’on vienne et qu’on relaye leurs idées. Ce ne sont vraiment pas les mêmes profils qu’à Saint-Isidore, par exemple. Sur certains rondspoints, ils nous imposaient des

conditions comme par exemple de dire “ Nous, on fera que du direct ”, qui sont inacceptables. L’épisode le plus grave a eu lieu à Vintimille, au péage de l’autoroute, avec des intimidations de la part d’un individu qui m’a empêché de travailler sous peine de menaces d’action violente à mon égard. Dès que je voulais faire un plan, il se mettait devant moi et me disait “ je te rappelle que tu n’as pas le droit de travailler ”. C’était très menaçant et cela a abouti à mon départ du lieu sans avoir pu travailler. Un journaliste de Nice-Matin a porté plainte contre ce même individu pour des exactions commises cette fois à Nice, et je me suis joint à cette plainte, qui a valu à l’intéressé un rappel à la loi et une interdiction de manifester. Il suffisait de peu de choses, ce jour-là, pour que ça en vienne au physique. Aujourd’hui, les gilets jaunes semblent plus disposés à nous rencontrer, ils nous disent en off qu’ils ont maintenant davantage besoin de couverture médiatique pour continuer à exister. Ils en ont compris l’intérêt. Le plus dur est passé au niveau des tensions avec

les journalistes, qui a culminé avec des agressions physiques et des lynchages, même si aujourd’hui on travaille toujours avec des agents de sécurité. Ce que je retiens, au final, c’est une grande difficulté à travailler, une hostilité globale, et sur le rapport qu’ils ont avec les médias, globalement, et sans dire qu’ils sont forcément tous anti-médias, sur leur rapport à la vérité, ils me semblent quand même beaucoup influencés par les fake news. Ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’ils sont très enclins à consommer des fausses informations, il y a une grande porosité entre le mouvement et tout un tas de théories du complot, le pacte de Marrakech, par exemple, on en a entendu parler pendant des jours. Ça, c’est un peu inquiétant. À la limite, la haine des médias, on n’a pas à être aimé ou pas aimé, mais ils ne nous croient plus, et ça c’est inquiétant. Enfin, dernière chose, je me dis qu’on a fait aussi des erreurs, on a trop souvent tendu le micro sans réfléchir, en laissant parfois passer des propos qui pouvaient tomber sous le coup de


DOSSIER

la loi, et je pense qu’à un moment il aurait été pertinent de mieux doser nos couvertures, sur des journées entières on a été dans l’ultra-factuel même quand il n’y avait plus grandchose à raconter. On a eu une

infobesité, une volonté de trop en faire sur ce mouvement qui, certes, était nouveau, mais qui ne concerne plus que quelques milliers de personnes. Par rapport à d’autres mouvements qui n’ont pas eu la

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même exposition médiatique, on en a peut-être trop fait. » Propos recueillis par V.-X. M.

Vincent-Xavier Morvan, Le Figaro « J’ai été amené à couvrir, notamment pour Le Figaro, la quasi-totalité des journées de manifestation des gilets jaunes dans la région, que ce soit les défilés du samedi à Nice, l’occupation des ronds-points comme celui de Cagnes-sur-Mer, la venue à Nice, pour une conférence, d’Etienne Chouard, qui est un peu l’idéologue du mouvement, en tout cas celui auquel se réfèrent ceux qui prônent le référendum d’initiative citoyenne, le fameux RIC, sans oublier une excursion dans le Var pour suivre une visite ministérielle auprès de gilets jaunes du cru, à Fréjus. Si nombre de confrères m’ont rapporté, dans la région, leurs difficultés à travailler pendant ces quinze journées, je dois bien dire que pour ma part je n’ai jamais été victime ne serait-ce que d’intimidations de la part des gilets jaunes que j’ai été appelé à faire témoigner pour mes articles.

Travaillant pour la presse écrite, je suis certes moins exposé que les médias audiovisuels. En revanche, j’ai eu constamment le sentiment d’une très grande méfiance de leur part à l’égard des médias. Ainsi, à Cagnes-sur-Mer, l’une des meneuses du rond-point m’a interdit de photographier les pages de son cahier de doléances, alors que je souhaitais simplement le faire pour éviter d’avoir à recopier plusieurs pages. Plus tard, en la recroisant, la confiance s’est peu à peu installée et elle revenue à de meilleurs sentiments, en voyant que ses propos n’avaient pas été déformés dans la presse. Mais combien de fois n’ai-je pas entendu des gilets jaunes dire aux médias que de toutes façons, leurs témoignages ne seraient pas relayés ? Il m’est arrivé de leur demander pourquoi BFM, particulièrement dénoncée dans leurs propos, les dérangeait à ce point, alors que j’avais pour ma

part plutôt le sentiment que cette chaîne d’info avait abondamment relayé leur message. Les gilets jaunes l’admettent, mais affirment que leurs propos y sont tronqués. Ils ne se reconnaissent pas dans les extraits diffusés. On trouve chez eux la même méfiance pour les médias que celle qu’ils peuvent éprouver pour les élus, notamment. Nous représentons un système qu’ils rejettent à un point tel qu’eux-mêmes refusent de désigner des représentants : aucun des leaders que j’ai interrogés n’a jamais accepté le qualificatif de « responsable » que nous, journalistes, avons parfois besoin de leur accoler pour informer précisément le lecteur. Mais en refusant de s’organiser, d’élire des délégués au sein de leur mouvement, les gilets jaunes se privent de tout espoir de faire déboucher leur mouvement sur autre chose qu’un cri de révolte. »

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Abdellatif Azdine, Le Patriote « Cela s’est produit un samedi matin de décembre sur un rond-point tenu par des gilets jaunes à Niceouest. Au moment où j’interviewe un retraité du mouvement, un homme se dirige vers moi et m’agresse en aboyant : “ Tu es journaliste, toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? Tu travailles pour qui ? ” Je lui réponds calmement. Il continue en utilisant des menaces à caractère raciste. “ Tu viens d’où ? … On est prêt et nous sommes nombreux, avec tous ces ‘’muzz’’qui nous envahissent. ” Je lui demande tranquillement de

qui il parle, pourquoi sont-ils prêts et si cela a un lien avec le mouvement des gilets jaunes. Il évoque ses missions comme militaire, ces amis d’armes tombés devant lui sous le feu des barbares, lui-même aurait échappé à la mort. Ses derniers mots en ma présence auront été “ Vous nous faites chier, on est chez nous. ” Le retraité intervient et lui demande de se calmer et de s’éloigner. Je suis soulagé, je ne savais pas de quelle manière notre entretien allait finir. L’intéressé retournera ralentir les voitures qui

passent au rond-point. Cela n'exprimait pas uniquement une agression contre la presse, mais aussi une agression raciste. La liberté de la presse est la colonne de notre démocratie. Il faut la protéger. On peut ne pas être d’accord avec un article, mais cela ne devrait aucunement octroyer une autorisation d’agresser. Et puis, il faut le dire, certains ont une responsabilité, ils donnent une arme idéologique à des gens qui, un jour, passent à l’acte. »

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ACTUPHOTO La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photo-journalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale. Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale .

CI-CONTRE : 86e Fête du Citron de Menton : Les Mondes Fantastiques, défilé du Carnaval le 17 février 2019. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss CI-DESSOUS : 86e Fête du Citron de Menton : Les Mondes Fantastiques,16 février 2019. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss


CI-CONTRE : Menton, France - February 18, 2018 : 85th Lemon Festival in Menton : Bollywood / Carnival Parade 85e Fête du Citron de Menton : Bollywood, défilé du Carnaval, 18 février 2018. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss

CI-DESSUS : Une femme déguisée en «Marianne», symbole national de la République, se tient devant une gendarme lors d’une manifestation sur les Champs-Élysées à Paris des « gilets jaunes » le 15 décembre 2018. © AFP PHOTO / Valéry HACHE CI-DESSOUS : The queen's float parading during the Nice carnival parade on February 26, 2019 in Nice, southeastern France. Le char de la reine défilant lors du défilé du carnaval de Nice le 26 février 2019 à Nice. © AFP PHOTO / Valéry HACHE


Sortie le 13 mars 2019 en commande sur www.clubpresse06.com

INTERMED n°102 - mars 2019  

Edito : Un monde sans journalistes En bref : Un nouveau DDSP pour les Alpes-Maritimes / Sortie du Médias Com'06 2019 / Lilian Thuram à Nice...

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